06/10/2024 Face à l’Islamisme les Juifs sont-ils encore en sécurité en France?

La France comprend la plus forte communauté juive d’Europe avec un peu moins de 500.000 Juifs, selon un index portant sur 12 pays européens publié en juin 2022 dans le cadre d’une rencontre organisée par l’Association juive européenne (EJA). Cependant, la France est l’un des pays européens dans lequel la communauté juive se sent le moins en sécurité, en dépit des actions menées par l’État.

Cet index de la « qualité de vie juive », réalisé à partir de sondages et études menées par l’Institute for Jewish Policy Research de Londres et par la European Union Agency for Fondamental Rights, auprès de 16 000 Juifs européens en 2018, croise quatre ensembles de données : le sentiment de sécurité ressenti par la communauté juive, l’attitude de la population vis-à-vis des Juifs et Israël, l’antisémitisme et enfin la « performance du gouvernement » (statistiques sur les incidents antisémites, lieux de mémoire de l’Holocauste, budgets destinés à la sécurité des sites juifs, liberté de culte et préservation des pratiques juives telles que la circoncision et l’abattage rituel, etc…)

Au « classement général » la France arrive à la 10e position (68/100), loin derrière l’Italie (1re place avec 79/100) et la Hongrie (2e) mais devant la Pologne (11e) et la Belgique (12e place avec 60/100). Pourtant, « le gouvernement de la France a une bonne performance » par les actions menées par l’État (score de 83/100), « mais en dépit de cela, la communauté juive exprime un fort sentiment d’inquiétude » pour sa sécurité (31/100), selon Daniel Staetsky, auteur de cet index, statisticien à l’Institute for Jewish Policy Research.

Comme possibles explications, il cite les « attaques terroristes antisémites » comme la tuerie de l’école juive Otzar Hatorah à Toulouse en 2012 ou l’attaque contre l’Hypercacher dans l’Est parisien en janvier 2015.

Rappelons que le 19 février 2019, mille personnalités, juives ou non juives, participaient au Carrousel du Louvre au traditionnel dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Il y avait les dignitaires communautaires, des ministres, d’anciens Premiers ministres, des personnalités des arts et quelques autres. 200 gendarmes et policiers sécurisent les lieux, L’inquiétude était perceptible : récemment, à Paris, des portraits de Simone Veil avaient été tagués de croix gammées, le philosophe Alain Finkielkraut a été bousculé dans une manifestation de gilets jaunes et les arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi sciés.

Dans un discours d’une trentaine de minutes, Emmanuel Macron avait affiché sa détermination. Il avait promis l’adoption par la France d’une définition de l’antisémitisme élargie à l’antisionisme comme le souhaite le Crif. Il avait annonce le vote d’une proposition de loi contre la haine sur Internet et lancé l’idée d’un audit sur la déscolarisation des enfants juifs des écoles publiques.

Aujourd’hui, cinq ans ont passé,. Les deux premières mesures sont entrées en vigueur, mais pas l’audit, Aujourd’hui encore, nul ne sait combien d’enfants juifs ont quitté l’école de la République par sentiment d’insécurité. 

Depuis plusieurs années déjà dans certains départements, en Seine-Saint-Denis en particulier, on constate que des enfants juifs quittent l’école publique parce qu’ils ne s’y sentent plus en sûreté, les parents préférant les scolariser dans des écoles confessionnelles juives ou privées catholiques. A la fin des années 1990, puis dans un rapport datant de 2004 portant sur « les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires », Jean-Pierre Obin, inspecteur général de l’Education nationale, mentionne des proviseurs qui organisent le transfert d’élèves juifs vers le privé faute de pouvoir en assurer la sécurité. Mais personne ne sait avec précision combien ils sont, ni où. La ségrégation est à l’œuvre.

Des données comme les inscriptions dans les écoles juives communautaires, fournissent une indication, mais elles ne sont que partielles. Parfois, des familles déménagent mais sans renoncer à l’école publique. Parfois, elles choisissent le privé catholique.

Dans le même temps le nombre d’actes antisémites n’a cessé d’augmenter: soit 887 actes antisémites au 1er semestre 2024 en Franc. Les actes antisémites ont quasiment triplé depuis le début de l’année, avec « 887 faits » recensés au premier semestre, vient d’indiquer le ministre démissionnaire de l’Intérieur Gérald Darmanin, alors qu’ils étaient 304 au cours de la même période en 2023

« L’antisémitisme, qui a toujours existé, désormais ne se cache plus. Il est une insulte aux morts, aux blessés, aux humiliés et à notre Histoire », a-t-il souligné lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes de l’attentat de la rue des Rosiers, au cœur du quartier historique juif de Paris, qui avait fait six morts et 22 blessés après l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg, puis une fusillade dans le quartier. « La justice n’est pas encore passée sur ce crime ignoble et antisémite », a ajouté Gérald Darmanin, alors qu’un seul des quatre suspects de l’attaque du 9 août 1982 est aux mains de la justice française.

 Réitérant le « soutien indéfectible du gouvernement aux juifs de France », il a estimé que « ce sont les mots qui nourrissent aujourd’hui l’antisémitisme qui nous touche tous » et « qui nous pressent de mener un combat culturel ». Face à la montée de  l’antisémitisme, « comment des hommes politiques peuvent considérer qu’il est résiduel ? » a ajouté le ministre démissionnaire, dans une allusion à des propos du leader LFI Jean-Luc Mélenchon.

L’Islam en France

L’islam est aujourd’hui la deuxième religion en France après le catholicisme en nombre de pratiquants, la troisième en nombre de lieux de culte après le protestantisme. La communauté musulmane française est aussi la première en Europe. Essentiellement issues de l’immigration connue par la France à partir des années 1960, les populations musulmanes sont aujourd’hui souvent de deuxième, de troisième voire de quatrième génération.

En l’absence de recensements officiels portant sur la religion, il est assez difficile de chiffrer avec précision leur nombre en France. Les évaluations les plus récentes se situent dans une fourchette allant de 4,1 millions de musulmans (selon une estimation de l’Observatoire de la laïcité en 2019) à 8,4 millions de personnes ayant une « origine musulmane » (selon une estimation de François Héran en 2017) en fonction des méthodes de calcul retenues pour les estimations.

Le Pew Research Center estimait en 2017 que les musulmans étaient 5,72 millions en 2016 en France, soit 8,8 % de la population. Par projection, le même centre de recherche estime qu’en 2050 en France entre 12,7 % et 18 % de la population sera musulmane, ce nombre variant en fonction de la quantité d’immigration vers la France

NB. Selon une étude de l’université Prince Sultan (en) de Riyad (Arabie saoudite), la France sera à majorité musulmane d’ici 2135. Faut-il le croire?

Dans un rapport de l’INED et de l’Insee dont les résultats ont été publiés en 2023, parmi la population de 18 à 59 ans en France métropolitaine, il y avait en 2019-2020, 10 % de personnes se déclarant musulmanes (contre 51 % se déclarant sans religion et 38 % se déclarant chrétiens)

La grande majorité des musulmans de France appartient au courant principal de l’islam, le sunnisme.

Les musulmans Français ne sont pas tous antisémites. Seuls le sont ceux qui se croient mobilisés dans une guerre pour la conquête du pouvoir telle que définie par l’organisation dite Etat Islamique encore très présente en France comme en Europe méditerranéenne. Rappelons cependant la formule répétée à satiété dans certains banlieues européennes : Il n ‘y a de bons juifs que morts

Voir https://fr.timesofisrael.com/les-gens-aiment-les-juifs-morts-titre-dara-horn/

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