01/08/2023 Accélérer le passage à la fusion nucléaire

La France importe plusieurs milliers de tonnes d’uranium chaque année pour faire fonctionner son parc de centrales nucléaires de 1ère génération dite à fission L’uranium est un minerai. Les mines françaises ont fermé depuis longtemps faute de réserves. Dans les années 1970, deux compagnies nationales se donc installé au Niger, une ancienne colonie française. Elles exploitent deux mines dans la région du désert d’Arlit, proche de l’Algérie : l’une, à ciel ouvert et l’autre, souterraine. En 2008, 43 % de l’uranium produit par l’exploitant Orano, qui a succédé à Areva, provenaient du Niger. 

Depuis quelques années, Orano extrait un peu moins au Niger. On est passé de 43 % en 2008 à 30 % d’uranium extrait au Niger en 2021, soit 2 000 tonnes par an. L’une des deux mines a fermé en 2021 car les réserves se sont épuisées , l’autre restera exploitée jusqu’en 2040. Une troisième mine nigérienne aurait dû ouvrir mais son exploitation a été repoussée car le cours de l’uranium sur les marchés a chuté depuis la catastrophe de Fukushima. La mettre en route en respectant les impératifs écologiques n’est pour l’instant pas assez rentable pour l’entreprise. Depuis quelques années, Orano extrait donc de l’uranium surtout au Kazakhstan qui est le principal fournisseur mondial, et au Canada depuis 1999.

Or, qu’en sera-t-il de l’uranium nigérien, alors que le Quai-d’Orsay a annoncé le 1er août que la France avait commencé l’évacuation de ses ressortissants. Cette décision se justifie du fait des « violences qui ont eu lieu contre notre ambassade avant-hier et la fermeture de l’espace aérien qui laisse nos compatriotes sans possibilité de quitter le pays par leurs propres moyens ». Quelque 600 Français se trouvent actuellement sur place au Niger, dont un certain nombre travaille chez Orano. Que vont-ils devenir et que va devenir la production d’uranium ? Faudra-t-il faire appel à des forces spéciales de l’armée française pour les protéger ?

A terme, cette dépendance de la France à l’égard de l’uranium justifierait que le pays fournisse davantage de ressources au projet Iter consacré au remplacement de la fission nucléaire par la fusion. Voir notre article du 11/03/2023 La France doit maintenir son avance mondiale en matière de fusion nucléaire

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