01/10/2024 Des sous-marins français pour la Hollande

Le lundi 30 septembre, le PDG de Naval Group https://fr.wikipedia.org/wiki/Naval_Group s’est rendu aux Pays-Bas afin de signer un contrat pour quatre sous-marins . Il s’agit de la version conventionnelle (propulsion diesel-électrique) du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) français Barracuda de classe Suffren.

La signature de cet accord à 5,6 milliards d’euros s’est déroulée à Den Helder en présence de Gijs Tuinman, secrétaire d’État à la Défense des Pays-Bas, selon  La Presse de la Manche. L’information a été confirmée par Naval Group à BFM Business.

« Avec la signature de ce contrat de livraison, nous confirmons officiellement que la route vers de nouveaux sous-marins passe par la France et les Pays-Bas », a déclaré Gijs Tuinman, secrétaire d’État néerlandais à la défense, lors de la signature du contrat.

Selon Jan Willem Hartman, commandant du COMMIT, l’agence gouvernementale néerlandaise chargé des achats d’armement, les sous-marins français donneront « à la Marine royale néerlandaise une longueur d’avance dans le domaine de la lutte sous-marine« .

Ces quatre navires seront livrés à la marine néerlandaise en deux phases. Les deux premiers sous-marins, nommés Orka et Zwaardvis, seront remis en 2034. Les deux suivants, Barracuda et Tijgerhaai, seront livrés en 2039.

Selon Jan Willem Hartman, commandant du COMMIT, l’agence gouvernementale néerlandaise chargé des achats d’armement, les sous-marins français donneront « à la Marine royale néerlandaise une longueur d’avance dans le domaine de la lutte sous-marine ».

Cette signature est une victoire industrielle pour le chantier français Naval Group. Celui-ci était face à deux concurrents de taille: l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et le néerlandais Damen associé au suédois Saab. La France aura finalement fourni l’offre la plus compétitive.

Le Black Sword Barracuda BSB de la marine française

. Pour séduire les Pays-Bas, Naval Group a proposé des dérivés à propulsion diesel-électrique des sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda de la marine française. Même s’il ne part pas d’une page blanche et pourra s’appuyer sur l’expérience emmagasinée pour les bâtiments de classe Suffren, l’industriel français se lance un défi avec ce prototype, et ce dans un court laps de temps (à horizon 2035).

Plus petit que le Suffren et ses sisterships (82 mètres contre 99,5 mètres), le BSB promet, à la Marine néerlandaise, « une grande capacité énergétique grâce à une technologie de batterie la plus moderne, des capacités améliorées pour les opérations des forces spéciales. Le tout, avec un risque de détection jugé minimal »

. « Grâce à leurs capacités opérationnelles étendues et équipés des technologies les plus récentes, ces sous-marins joueront un rôle clé dans la protection des eaux territoriales du pays et des lignes de communication maritimes, qui sont essentielles à la liberté commerciale », ajoutait Naval Group, lors de l’annonce du contrat, le 15 mars 2024.

Par ailleurs, la Cour des comptes néerlandaise, dans un rapport sur le processus d’attribution, a clairement validé la décision du gouvernement, affirmant que celle-ci a été prise « dans le respect des règles ».

L’annonce avait fait grand bruit, le 15 mars 2024. Après de longues tractations et un appel d’offres âprement disputé, les Pays-Bas choisissaient Naval Group afin de renouveler sa flotte sous-marine et ses vieillissants bâtiments de la classe Walrus.

Naval group
https://fr.wikipedia.org/wiki/Naval_Group s

Note

Avantages et inconvénients d’un sous-marin diesel par rapport au nucléaire

Selon le type de mission à réaliser, chaque type de sous-marin présente des caractéristiques qui le rendent approprié pour ce type de mission.

Il faut distinguer fondamentalement deux groupes principaux selon le mode de propulsion utilisé. Le premier groupe est celui du sous-marin conventionnel, qui utilise des générateurs diesel pour charger les batteries grâce à la procédure de plongée en apnée lorsqu’il est immergé et à induction en surface lorsqu’il navigue en surface.

Le deuxième groupe principal est constitué des sous-marins nucléaires, qui utilisent un réacteur nucléaire lequel alimente une turbine à vapeur fournissant une énergie électrique illimitée pour propulser le sous-marin.

Le sous-marin conventionnel présente les caractéristiques suivantes par rapport au sous-marin nucléaire:

Il est plus petit et donc plus manœuvrant par faibles fonds, ce qui permet de mener des opérations de renseignement avec plus d’agilité et de sécurité.

Il est plus discret que le sous-marin nucléaire, puisque le réacteur lui-même et ses systèmes de refroidissement génèrent plus de bruit à basse vitesse qu’un sous-marin classique.

Au contraire, ses inconvénients fondamentaux sont:

La fatigue de l’équipage, car l’espace disponible est bien moindre que dans un sous-marin nucléaire et les conditions de vie à bord sont beaucoup plus dures. La fatigue affecte la concentration des équipages, provoquant une démotivation et même des erreurs par manque de motivation.

La capacité des batterie. Elle pose problème car le sous-marin est toujours limité par celle-ci et leur charge dépend de la situation tactique .

Contrairement aux sous-marins nucléaires, l’air n’est pas renouvelé. Dès lors, il y a épuisement de l’oxygène , par respiration et combustion. Dans le même temps le taux de dioxyde de carbone augmente à cause de la respiration humaine, de l’utilisation de la cuisine et des aléas de la vie quotidienne comme l’ouverture d’une canette de soda,

Le monoxyde de carbone s’accumule par combustion incomplète des gaz d’échappement du moteur qui sont rejetés dans le sous-marin, augmentation de la vapeur d’eau due à la respiration, à l’évaporation des cales et à la cuisson,

Il peut également y avoir présence de gaz ( fréon) et de polluants issus de réservoirs sanitaires, des peintures, des solvants,

Dans le cas de la charge de la batterie, le H2 peut augmenter et dans le pire des cas, si l’eau salée est mélangée à l’électrolyte des batteries H2SO4, du Chlore peut se former, ce qui serait dangereux sinon mortel pour l’équipage à des concentrations même faibles.

Sa vitesse maximale est de 20 nœuds pour les 40 nœuds atteints par le nucléaire, bien qu’il soit vrai que lorsqu’un sous-marin navigue à ces vitesses, il est pratiquement aveugle et excessivement indiscret, devant s’arrêter ou redescendre à des vitesses sous-marines conventionnelles pour pouvoir écouter ce qui l’entoure.

Par contre, atteindre des vitesses aussi élevées leur permet d’échapper à certaines torpilles des années 90 et même de la première décennie du 21e siècle, mais non à la dernière génération comme la torpille DM2A42 dont la vitesse peut atteindre 45 nœuds. Il lui est également impossible d’échapper à la torpille russe Shkval.–

Son autonomie est toujours inférieure à celle du sous-marin nucléaire, car il doit recharger ses batteries en fonction de la décharge qu’il a subie au cours de sa mission et, également, renouveler l’air vicié à l’intérieur du sous-marin.

Rappelons que la Chine aurait récemment perdu son dernier sous-marin nucléaire, pour des raisons non communiquées à ce jour
https://www.dailymotion.com/video/x96cqeu

30/09/2024 Un nouveau gouvernement en France. Pour quoi faire ?

Il est étonnant de constater que le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, se montre incapable de proposer au pays des objectifs dans des domaines où pourtant la France dispose d’atouts encore mal valorisés.

Le premier de celui-ci est l’hydrogène, ou pour être plus précis l’hydrogène dit vert produit par une source ne contribuant pas à l’augmentation de l’effet de serre. Le parc de centrales nucléaires à fission de la France (en attendant la fusion prévue pour une trentaine d’années) , lui permet d’obtenir en grande quantité de l’hydrogène résultant de l’électrolyse d’une partie de l’eau de refroidissement.

Or cet hydrogène peut alimenter des moteurs à explosion d’abord utilisables dans le transport routier lourd ou l’agriculture puis dans l’automobile.

Ainsi Ashok Leyland en Inde a réalisé les premiers essais de son camion hydrogène, le H2-ICE, l’été dernier. Le Ashok Leyland H2-ICE est alimenté par l’hydrogène. Celui-ci  conserve une architecture globale similaire à un moteur à combustion diesel conventionnel, contribuant ainsi à une migration plus rapide vers des sources d’énergie plus propres à un coût inférieur

Le second domaine d’excellence pour la France pourrait être le spatial. À l’occasion de sa visite au Centre Spatial Guyanais à Kourou, le président de la République a annoncé le soutien financier du Gouvernement à hauteur de 500 millions d’euros pour 10 projets stratégiques, marquant ainsi l’engagement de la France dans la compétition spatiale mondiale.

La sélection des 10 projets lauréats, répartis dans différentes catégories, illustre la diversité des efforts entrepris. Trois projets concernent le développement de mini et micro lanceurs, quatre sont dédiés à la démonstration de services de lancement, trois soutiendront le développement de constellations de satellites, tandis qu’un dernier projet vise à assurer le maintien en orbite d’un satellite opérationnel.

Michel Barnier n’a pas dit un mot de tout cela. Pour le moment il a confirmé vouloir augmenter certains impôts, face à une situation budgétaire plus dégradée qu’escomptée, en ciblant « ceux qui peuvent contribuer à cet effort », soit les entreprises et les très riches, et en préservant « ceux qui sont sur le terrain, qui travaillent, qui produisent ».

28/09/2024 Le PANG. Premières commandes

La Direction générale de l’armement (DGA) a lancé la commande de «  prestations à longs délais d’approvisionnements », en l’occurrence la partie chaufferie nucléaire, du futur porte-avions de nouvelle génération qui remplacera le « Charles de Gaulle » en 2038.

Ce Porte-avions nouvelle génération (Pang) de la Marine nationale, qui prendra le relais du Charles de Gaulle, n’arrivera qu’en 2038, mais le travail attendu des industriels a déjà commencé.

Une nouvelle étape vient d’être franchie puisque la Direction générale de l’armement (DGA) a notifié une commande de 600 millions d’euros auprès de plusieurs entreprises pour les  prestations à longs délais d’approvisionnements  du futur Pang concernant la partie propulsion nucléaire.

Ces commandes concernent sans surprise Naval group et les Chantiers de l’Atlantique, via leur société conjointe MO porte-avions, ainsi que le spécialiste du nucléaire Technicatome, indique le ministère des Armées dans un communiqué mardi 30 avril.

Au salon Euronaval, le design quasi-définitif du prochain PANG a été dévoilé. Le navire mesurera 310 mètres de long, et pèsera 75 000 tonnes – contre 42 500 tonnes pour le Charles de Gaulle. Le porte-avions pèsera également lourd sur le budget des armées, autour de cinq milliards d’euros, mais c’est le prix à payer pour construire le plus grand bateau de guerre d’Europe, qui emploiera 2 000 marins à son bord.

PANG Images

https://www.nae.fr/en-images-le-porte-avions-pang-devoile-son-design-au-salon-euronaval/

28/09/2024 Le Liban doit pouvoir compter sur l’appui français

Rappelons que le 28 avril 1920, la France a été officiellement investie par la Société des Nations d’un « mandat pour la Syrie et le Liban » (en fait un protectorat). Elle va transformer ces anciennes provinces ottomanes en deux Républiques laïques… non sans officialiser le communautarisme religieux.

En conséquence de la 2e guerre mondiale, en novembre 1943, prenait fin le mandat sur la Syrie et le Liban que la conférence de San Remo avait confié, en avril 1920, à la France et que celle-ci exerça au nom de la Société des Nations.

Allié traditionnel de la France, le Liban continue à partager avec celle-ci de nombreux intérêts.

Les premiers sont culturels et linguistiques.

La Francophonie reste vivace au Liban malgré une présence accrue de l’anglais dans l’environnement économique, médiatique et une coexistence croissante des deux langues dans le domaine éducatif. La promotion de la langue française au Liban est considérée comme un impératif stratégique par les deux pays.

Par ailleurs, iI existe plus de 50.000 citoyens de nationalité libanais vivant en France. Ils entretiennent d’excellentes relations avec la population française (sans mentionner l’existence des célèbres « restaurants libanais »)

Les seconds intérêts communs sont économiques et financiers.

Ainsi on peut lire dans un document officiel récent de la Direction du Trésor française

En dépit de la crise, les échanges franco-libanais se maintiennent à un niveau non-négligeable.

Notre commerce bilatéral (hors hydrocarbures) se redresse depuis deux ans. Les exportations françaises de biens vers le Liban, relativement diversifiées, se sont élevées à 370 M€ en 2023 (soit 0,06% des exportations françaises totales). En baisse tendancielle depuis le déclenchement de la crise libanaise (-51% par rapport à 2018), nos exportations ont diminué en 2023 (-7,4%), après une reprise en 2022 (+26%). Cette baisse est largement imputable à la diminution drastique des ventes de produits pétroliers raffinés (-89%). Les exportations françaises hors hydrocarbures ont ainsi progressé de +3,2% en 2023.

Historiquement peu élevées (48 M€ en moyenne sur 2011-2021), nos importations depuis le Liban ont progressé de +27% en 2023, à 98 M€. Elles sont principalement composées d’équipements électriques et ménagers (53%) et de produits agroalimentaires (18%). Ainsi, notre solde bilatéral est resté excédentaire en 2023, à 271 M€, soit un niveau non-négligeable pour un marché de la taille du Liban.

La part de marché française s’élève à 1,8%. La France se situe au 15ème rang des fournisseurs du Liban, loin derrière la Chine (11,8%), la Suisse (10%), la Grèce (9,6%) et la Turquie (7,8%). La France se situe à égalité avec le Royaume-Uni mais demeure derrière l’Italie (6,3%), les Etats-Unis (4%), l’Allemagne (3,1%) et l’Espagne (2,3%).

La présence économique française s’accroît.

Les IDE français au Liban demeurent limités mais semblent se maintenir en dépit de la crise. Le stock s’élevait à 539 M€ fin 2022, soit près d’1% des IDE totaux au Liban et 0,04% du stock total d’IDE français à l’étranger. La crise ne semble pas se traduire par des désinvestissements marqués (+34 M€ en 2020, +55 M€ en 2021 et -50 M€ en 2022). En parallèle, le stock d’IDE libanais en France s’élevait à 1,3 Md€ fin 2022.

Au plan qualitatif, la présence économique française est toutefois significative, avec 50 entreprises implantées employant plus de 6300 personnes (dont un quart dédié à des activités d’outsourcing) :

1/ Deux groupes sont positionnés sur des secteurs stratégiques : (i) CMA-CGM (gestionnaire des terminaux à conteneurs des ports de Beyrouth et Tripoli, mais aussi investisseur dans l’industrie agroalimentaire) ; (ii) TotalEnergies (2ème distributeur de carburant du pays) ;

2/ Des entreprises françaises ont localisé de la main d’œuvre (trilingue, qualifiée et compétitive depuis la crise) généralement destinée à couvrir d’autres marchés de la région : PublicisThales, mais aussi CMA-CGM, qui a basé à Beyrouth son hub numérique ainsi qu’un centre de services partagés. CMA-CGM est ainsi devenu en 2023 le 1er employeur privé du pays ;

3/ Deux entreprises françaises ont une implantation industrielle, issue d’acquisition de sociétés locales : Saint-Gobain (usine de produits pour le BTP) et Nexans (usine de câbles) ;

4/ Enfin, certains groupes ont une empreinte historique : EDF (ingénieur-conseil d’Electricité du Liban), Air France (partenariat avec la compagnie libanaise MEA et une liaison quotidienne Beyrouth-Paris), Orange (joint-venture avec l’Etat libanais), AXASanofiVeoliaBureau VeritasLegrand et L’Oréal. 

La communauté d’affaires française est dynamique. Le Comité CCEF, composé de 20 membres, se réunit sur un rythme mensuel. Deux chambres de commerce sont également actives : (i) la CCI France-Liban basée à Beyrouth ; (ii) la chambre de commerce franco-libanaise (CCFL) basée à Paris. Business France a fermé son bureau en 2018 et deux prestataires ont été homologués pour conseiller les PME à l’export : la CCI France-Liban et le cabinet d’intelligence économique MASRI. En outre, la French Tech Beirut a été relabellisée en 2023 avec l’objectif d’accroître les liens entre les écosystèmes techniques français et libanais.  

L’évolution du modèle économique libanais vers des secteurs productifs (numérique, industrie légère, agriculture) présentera des opportunités pour nos entreprises : (i) sur le marché libanais ; (ii) sur des activités de sous-traitance ; (iii) en nouant des partenariats avec des groupes libanais pour cibler des marchés régionaux.

28/09/2024 Hesbollah? Un peu d’intelligence s’il vous plait.

Le 27 septembre 2024, nous nous demandions si  » Israël pourrait tenir longtemps contre une coalition militaire Iran-Hesbollah-Hamas »

https://wordpress.com/post/europesolidaire.eu/10216

La réponse n’a pas tardé. Nous lisons sur le site de Libération du 28 septembre 2024:

« Au lendemain d’une série de violentes frappes ciblant le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah, dans la banlieue sud de Beyrouth, l’armée israélienne a annoncé avoir «éliminé» le responsable de la milice pro-iranienne ».

Autrement dit, le redoutable Hassan Nasrallah n’avait rien trouvé de mieux, pour combattre Israël, qu’aller se cacher dans un quartier connu du tout Beyrouth où il se pensait à l’abri des bombardements israéliens.

Tsahal n’a pas eu besoin pour localiser Nasrallah afin de l’éliminer de moyens de renseignements électroniques très sophistiqués (electronic intelligence) . Il lui a suffi de faire appel à des moyens rudimentaires de « human intelligence ».

Avec de tels adversaires, Israël pourra longtemps encore dormir tranquille.

27/09/2024 Israel pourrait-il tenir longtemps contre une coalition militaire Iran-Hesbollah-Hamas?

L’Iran est sur tous les fronts. Alors que le pays aide la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, il apporte également son soutien au Hezbollah dont le conflit avec Israël ne cesse de s’intensifier ces derniers jours.

Par ailleurs, la semaine dernière, l’Iran organisait son défilé militaire annuel et a fait des annonces concernant de nouveaux équipements. Un nouveau missile balistique à longue portée , 4000 km, le Jihad, ainsi qu’une version améliorée de son drone Shahed-136 – qui a été largement utilisé par la Russie en Ukraine – ont été présentés. Ils s’inscrivent dans la politique de modernisation de l’arsenal iranien.

Dans le même temps, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a prôné la destruction d’Israël, qu’il qualifie de « tumeur cancéreuse ». Il avait promis une réaction d’envergure le 31 juillet dernier, après la mort du  chef politique du Hamas Ismaïl Haniyeh tué lors d’une frappe ciblée à Téhéran : « Il est de notre devoir de venger le sang qui a été versé sur notre territoire ».

Le nouveau président, Massoud Pezeshkian, qui a assisté au défilé annuel à Téhéran,  a pour sa part déclaré : « Nos capacités défensives et de dissuasion se sont tellement développées que même les démons ne songeraient pas à une agression contre notre cher Iran ». Les deux armes évoquées ci-dessus visent à démontrer que l’Iran veut jouer un rôle militaire dans cette région du monde.

Reste désormais à connaître les évolutions du missile « Jihad » à propergol solide qui a été conçu et fabriqué par la branche aérospatiale des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique. Selon l’agence de presse iranienne Irna, ce missile à combustible liquide aurait une portée opérationnelle de 1 000 kilomètres et pourrait transporter une ogive d’environ 600 kg. Il se distingue également par sa rapidité et sa précision.

Dans le même temps, le Hamas et le Hezbollah ont montré qu’ils disposaient chacun d’une véritable armée de 30.000 hommes entrainés et équipés à l’occidentale. Leurs chefs se disent prêts à se battre contre Tsahal, l’armée israélienne. Celle-ci il est vrai, disposerait d’un appui aérien national que n’a pas l’Iran.

27/09/2024. Pourquoi l’Homme de Néandertal a-t-il disparu ?




Les raisons de la disparition de Néandertal font encore débat, et aucune hypothèse n’est parvenue à faire consensus. De -400 000 à -40 000 ans environ, Néandertal peuplait une bonne partie de l’Europe et de l’Asie. Ces représentants du genre Homo ont été les premiers humains préhistoriques découverts au 19e siècle. Ils ont longtemps côtoyé Homo sapiens  avant leur 
extinction.

De plus il apparaît aujourd’hui qu’ils avaient inventé l’outil de pierre, le langage symbolique et peut-être le feu pour chauffer les cavernes où ils s’abritaient. Pour ces raisons, entre autres, les hypothèses autour de leur disparition sont toujours nombreuses.

Hypothèses

Plusieurs hypothèses ont été avancées sur la disparition de cette espèce. Certains scientifiques ont pu émettre l’idée qu’Homo sapiens était plus adapté que lui à son environnement, et plus intelligent. Mais cette supposition, considérée comme trop simpliste, a été écartée : l’étude des restes fossiles montre, en effet, qu’il avait sûrement des capacités cognitives proches des nôtres. Il était tout aussi capable qu’Homo sapiens de s’adapter à son environnement.

D’autres théories ont tenté d’expliquer l’extinction de Néandertal par l ‘ apparition d’une maladie spécifique à cette espèce ou par ou par la diminution de leur fertilité ou par des guerres avec Homo sapiens  avec Homo sapiens. Or, aucune maladie n’aurait pas pu être à l’origine de la disparition des Néandertaliens puisque leur déclin n’a pas été brutal.

Aucune preuve n’est venue étayer la seconde hypothèse : la cohabitation entre Néandertal et Homo sapiens s’est  passée sans guerre notables et les données génétiques provenant d’analyses du génome de Néandertal ont permis de montrer que la population était déjà en décroissance démographique avant l’arrivée de Sapiens sur le territoire. Enfin, l’hypothèse de la baisse de la fertilité n’est pas démontrable.

Deux lignées de Néanderthaliens

En septembre 2024, une équipe de recherche a annoncé dans la revue Cell Genomics, la découverte d’un corps néandertalien dans la grotte Mandrin, un site préhistorique qui se trouve dans la Drôme. Ce type de découverte est rarissime : la dernière fois que des restes néandertaliens ont été exhumés en France remonte à 1978.

Les fouilles archéologiques ont mis au jour une trentaine de dents, des os de mandibule, des phalanges ou des fragments de crâne. L’individu a été surnommé Thorin, en référence à un personnage du Hobbit de J. R. R. Tolkien.

D’après les analyses génétiques, il appartiendrait à une population jusqu’alors inconnue de l’espèce Homo neanderthalensis. Thorin pourrait alors correspondre à une branche différente de néandertaliens. Mais rien en fait ne confirme l’isolement génétique de cette population .

Celui-ci est peu probable. Comment croire que ces néanderthaliens ne se soient pas déplacés pendant des dizaines de milliers d’années. Or, aucun site préhistorique, que ce soit La Ferrassie, Saint-Césaire ou Goyet en Belgique, ne montre une continuité de stationnement pendant autant de temps .

De plus, le fait que ces populations soient assez éloignées les unes des autres ne veut pas dire qu’il n’y avait pas des échanges de gènes entre elles , échanges qui relèveraient de simples échanges sexuels entre les groupes.

Or les données génétiques de Thorin, bien que remarquables pour un reste humain ancien, ne sont peut-être pas d’assez bonnes qualité pour détecter de tels mélanges. On ne peut doc pas conclure qu’il n’y avait pas eu des échanges avec les autres populations. Par ailleurs, les comparaisons ont été réalisées sur des populations néandertaliennes qui n’étaient pas contemporaine les une des autres.

Qu’en est-il de la consanguinité  et des dégénérescences pouvant en provenir? Comme c’est le cas chez d’autres populations de Néandertaliens, la consanguinité était présente au sein de celles-ci. « Cela ne signifie pas pour autant qu’il y avait des unions entre apparenté très proche, entre cousins ou frères et sœurs. Quand on analyse une population de petite taille, on retrouve forcément plus de consanguinité que dans une grande population.

Or, si les Néandertaliens étaient plutôt des populations de petite taille il est difficile d’en faire véritablement une cause de leur extinction au regard du peu d’éléments dont nous disposons à ce jour.

Pour conclure, plusieurs hypothèses ont été avancées sur la disparition de cette espèce. Certains scientifiques ont pu émettre l’idée qu’Homo sapiens était plus adapté que lui à son environnement, et plus intelligent. Mais cette supposition, considérée comme trop simpliste, a été écartée : l’étude des restes fossiles montre, en effet, qu’il avait sûrement des capacités cognitives proches des nôtres. Il était tout aussi capable qu’Homo sapiens de s’adapter à son environnement.

Images

https://www.gettyimages.fr/photos/neanderthal

Texte de référence

Long genetic and social isolation in Neanderthals before their extinction Ludovic SlimakTharsika Vimala Andaine Seguin-Orlando, Olivier Dutour18, Thomas Higham∙ Martin Sikora

We present the discovery of a Neanderthal body and its genome• It is one of the last representatives of these populations in Eurasia. It belongs to an unknown lineage, isolated for 50 ka . It is similar to Gibraltar Neanderthals, with whom it forms a specific branch

Summary

Neanderthal genomes have been recovered from sites across Eurasia, painting an increasingly complex picture of their populations’ structure that mostly indicates that late European Neanderthals belonged to a single metapopulation with no significant evidence of population structure. Here, we report the discovery of a late Neanderthal individual, nicknamed “Thorin,” from Grotte Mandrin in Mediterranean France, and his genome. These dentognathic fossils, including a rare example of distomolars, are associated with a rich archeological record of Neanderthal final technological traditions in this region ∼50–42 thousand years ago. Thorin’s genome reveals a relatively early divergence of ∼105 ka with other late Neanderthals. Thorin belonged to a population with a small group size that showed no genetic introgression with other known late European Neanderthals, revealing some 50 ka of genetic isolation of his lineage despite them living in neighboring regions. These results have important implications for resolving competing hypotheses about causes of the disappearance of the Neanderthals.

25/09/2024. Google va-t-il dominer le monde ?

Il est souvent dit que celui qui maîtrisera les ordinateurs quantiques dominera le monde. En sera-t-il ainsi pour Google ? Ses chercheurs annoncent avoir franchi un pas décisif dans la maîtrise des ordinateurs quantiques en leur permettant de corriger eux-mêmes leurs erreurs
Sur un calculateur numérique classique, les unités de calcul ou bits peuvent générer des erreurs dues à de multiples causes inévitables, telles que des erreurs de lecture. Mais les bits ne peuvent avoir que deux valeurs, zéro et 1. L’erreur consistant par exemple à prendre un zéro pour un 1 ou l’inverse peut être relativement facilement détectée et corrigé par un programme automatique de correction d’erreurs.

Il n’en est plus de même dans les calculateurs quantiques où les bits quantiques ou qubits peuvent prendre une infinité de valeurs entre le zéro et le 1. Le nombre des erreurs possibles devient lui-aussi infini. Autrement dit, aucun programme ne peut les corriger. Ajouter des qubits à l’ordinateur ne fera qu’ajouter des erreurs aux erreurs.

Pour résoudre cette difficulté, les ingénieurs de Google ont imaginé une solution consistant à regrouper un certain nombre de qubits pour en faire un « qubit  logique » unique.

Cette technique dite « surface code correction » permet d’ajouter des qubits pour leur permettre d’agir comme un qubit logique unique. Dans cette méthode, plutôt que directement vérifier la valeur d’un qubit unique, il est possible d’observer les propriétés relatives des qu-bits physiques de différentes façons pouvant faire apparaître là où des erreurs se seraient produites.

Voir https://www.quera.com/glossary/surface-codes

Pour en dire plus sur cette méthode qui est moins simple qu’il ne semble, on se référera à l’article dont on trouvera les références ci-dessous.

Cependant, la méthode ne pourrait être efficace que si elle réduisait le taux d’erreurs à 1 pour 1 million d’opérations. Il faudra réaliser pour ce faire des calculateurs quantiques comportant bien plus de qubits qu’ils n’en ont actuellement, soit pour être précis 1457

Référence

[Submitted on 24 Aug 2024]

Quantum error correction below the surface code threshold

(149 additional authors not shown)

Rajeev AcharyaLaleh Aghababaie-BeniIgor AleinerTrond I. AndersenMarkus AnsmannFrank AruteKunal AryaAbraham AsfawNikita AstrakhantsevJuan AtalayaRyan BabbushDave BaconBrian BallardJoseph C. BardinJohannes BauschAndreas BengtssonAlexander BilmesSam BlackwellSergio BoixoGina BortoliAlexandre BourassaJenna BovairdLeon BrillMichael BroughtonDavid A. BrowneBrett BucheaBob B. BuckleyDavid A. BuellTim BurgerBrian BurkettNicholas BushnellAnthony CabreraJuan CamperoHung-Shen ChangYu ChenZijun ChenBen ChiaroDesmond ChikCharina ChouJahan ClaesAgnetta Y. ClelandJosh CoganRoberto CollinsPaul ConnerWilliam CourtneyAlexander L. CrookBen CurtinSayan DasAlex DaviesLaura De LorenzoDripto M. DebroySean DemuraMichel DevoretAgustin Di PaoloPaul DonohoeIlya DrozdovAndrew DunsworthClint EarleThomas EdlichAlec EickbuschAviv Moshe ElbagMahmoud ElzoukaCatherine EricksonLara FaoroEdward FarhiVinicius S. FerreiraLeslie Flores BurgosEbrahim ForatiAustin G. FowlerBrooks FoxenSuhas GanjamGonzalo GarciaRobert GascaÉlie GenoisWilliam GiangCraig GidneyDar GilboaRaja GosulaAlejandro Grajales DauDietrich GraumannAlex GreeneJonathan A. GrossSteve HabeggerJohn HallMichael C. HamiltonMonica HansenMatthew P. HarriganSean D. HarringtonFrancisco J. H. HerasStephen HeslinPaula HeuOscar HiggottGordon HillJeremy HiltonGeorge HollandSabrina HongHsin-Yuan HuangAshley HuffWilliam J. HugginsLev B. Ioffe et al.

Quantum error correction provides a path to reach practical quantum computing by combining multiple physical qubits into a logical qubit, where the logical error rate is suppressed exponentially as more qubits are added. However, this exponential suppression only occurs if the physical error rate is below a critical threshold. In this work, we present two surface code memories operating below this threshold: a distance-7 code and a distance-5 code integrated with a real-time decoder. The logical error rate of our larger quantum memory is suppressed by a factor of Λ = 2.14 ± 0.02 when increasing the code distance by two, culminating in a 101-qubit distance-7 code with 0.143% ± 0.003% error per cycle of error correction. This logical memory is also beyond break-even, exceeding its best physical qubit’s lifetime by a factor of 2.4 ± 0.3. We maintain below-threshold performance when decoding in real time, achieving an average decoder latency of 63 μs at distance-5 up to a million cycles, with a cycle time of 1.1 μs. To probe the limits of our error-correction performance, we run repetition codes up to distance-29 and find that logical performance is limited by rare correlated error events occurring approximately once every hour, or 3 × 109 cycles. Our results present device performance that, if scaled, could realize the operational requirements of large scale fault-tolerant quantum algorithms.

Comments:10 pages, 4 figures, Supplementary Information
Subjects:Quantum Physics (quant-ph)
Cite as:arXiv:2408.13687 [quant-ph]
 (or arXiv:2408.13687v1 [quant-ph] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2408.13687 Focus to learn more

25/09/2024 A la recherche des anciennes populations du Groenland

Wandel Dal dans la péninsule dite de la Terre de Peary (Peary Land), au Groenland, est situé à 800 km du pôle nord dans le désert arctique. Personne n’y a vécu dans les derniers 700 ans. Mais il n’en fut pas toujours ainsi. Il y a 4.500 ans la zone était habitée par les premiers Groenlandais. Ils vivaient là sous la tente toute l’année durant. Ils se nourrissaient quand ils le pouvaient de bœufs musqués, d’oiseaux et de petits mammifères marins. Mais ils vivaient surtout de la pèche.

Or subitement ils disparurent, pour des raisons qui restent à découvrir, peut-être du fait d’épidémies ou de la simple consanguinité.

Aujourd’hui, un projet interdisciplinaire dit de Wandel Dal vise à mieux connaître les raisons de cette disparition. Plus précisément, le projet recherche des ossements humains ayant appartenu à ces peuples, pour essayer d’éclaircir le mystère. Or les chercheurs n’ont encore rien trouvé « même pas les os d’un petit doigt ». Que faisaient-ils de leurs morts ?

Ceci est un phénomène exceptionnel, car les autres populations ayant vécu au Groenland ont laissé derrière elles de nombreux ossements. Selon Frederik Fuuja Larsen, un des responsables du projet, cela tient peut-être au fait que les populations de la Terre de Peary, venues par la mer et nourries par elle, y rejetaient les cadavres de leurs morts par reconnaissance.

https://polarjournal.ch/fr/2024/02/08/le-mystere-de-wandel-dal/

25/09/2024. Les robots humanoïdes sont l’avenir de l’exploration spatiale

Le robot humanoïde Valkyrie réalisé pour la Nasa en cinq exemplaires a été conçu pour assister les cosmonautes humains dans l’exploration de la Lune, de Mars et de ses satellites . Pour ce faire, il devra dans un premier temps utiliser sans modifications tous les équipements et instruments utilisés par les équipages humains. Dans l’immédiat il pourra être employé sur Terre pour accomplir des missions jugées trop dangereuses pour être confiées à des opérateurs humains. Deux exemplaires sont actuellement en cours de tests.

Les bras, mains et jambes de ces robots sont proches de l’humain, bien que considérablement plus robustes. Ils peuvent exécuter des manipulations complexes inaccessibles à des humains. Mais leur principale originalité est le dispositif leur permettant d’apprendre à voir le monde comme le ferait un opérateur humain. Ils disposent pour cela d’un casque en VR (virtual reality).

Ce casque peut être porté par un opérateur humain qui l’utilise dans telle ou telle situation d’une façon conforme à celle qui devrait être celle du robot dans cette situation. Lorsque le robot reprend le casque et l’emploie son tour, il se comporte comme le ferait cet opérateur humain. Les tâches que le robot apprend ainsi à exécuter peuvent alors être de plus en plus sophistiquées et humaines.

Actuellement, Walkyrie travaille sur Terre, soumis à la force de gravité terrestre, mais quand il travaillera dans l’espace, sans gravité ou avec des gravités plus faibles, il n’aura pas besoin de jambes aussi solides que sont les siennes actuellement. Par contre il emploiera toutes les ressources permises par le langage artificiel telles que les large language models et ChatGPT.

Référence