04/09/2024  IQM Quantum Computers devrait investir en France

Le 13 mai 2024 l’entreprise finlandaise IQM Quantum Computers (IQM), a annoncé un plan visant à installer en France une unité industrielle de production de calculateurs et de puces quantiques . Cette annonce a été faite lors du Sommet Choose France (Choisissez la France) sous le présidence du Président de la République et de Bruno Le Maire ministre de l’Economie et des Finances.

Cette annonce est passée presque inaperçue de grand public, pourtant elle pourrait avoir des conséquences considérables. IQM est un des leaders mondiaux dans le domaine encore peu connu du calcul quantique .

On lit dans la revue scientifique Live Science :

« Scientists in Finland say they have made inroads toward « fault-tolerant » quantum computing after achieving record-low error rates in a prototype quantum processor — potentially paving the way to more practical and stable quantum computers.

In a statement, researchers at IQM Quantum Computers said their technology had broken ground in two key areas: the accuracy of operations between qubits — the most basic units of quantum information — and the stability of qubits over time.

These factors determine the precision and durability of quantum operations in a device. High accuracy, or fidelity, between qubits allows for more precise calculations and fewer errors. Meanwhile, the stability, or « coherence, » between qubits ensures that quantum information is maintained long enough to perform calculations.

IQM representatives said scientists had achieved 99.9% fidelity in two-qubit gate operations and hit a new record in « qubit relaxation time, » meaning the time it takes for a qubit to lose its quantum state.

In a statement, researchers at IQM Quantum Computers said their technology had broken ground in two key areas: the accuracy of operations between qubits — the most basic units of quantum information — and the stability of qubits over time.

These factors determine the precision and durability of quantum operations in a device. High accuracy, or fidelity, between qubits allows for more precise calculations and fewer errors. Meanwhile, the stability, or « coherence, » between qubits ensures that quantum information is maintained long enough to perform calculations.

IQM representatives said scientists had achieved 99.9% fidelity in two-qubit gate operations and hit a new record in « qubit relaxation time, » meaning the time it takes for a qubit to lose its quantum state.

https://www.livescience.com/technology/computing/prototype-quantum-processor-boasts-record-99-9-qubit-fidelity

Voir aussi

La course à l’informatique quantique continue de plus belle, avec de nombreuses entreprises et des laboratoires qui se livrent une lutte acharnée pour produire les premiers processeurs quantiques matures. Tout récemment, ce sont les ingénieurs finlandais d’IQM Quantum Computers qui sont revenus à la charge avec une nouvelle puce qui se distingue par sa précision impressionnante, mais surtout par sa stabilité record.

Tout l’enjeu de l’informatique quantique, c’est de réussir à dompter les qbits, les unités logiques qui servent de base à toute cette technologie par analogie avec les bits de l’informatique conventionnelle. Or, ces objets sont particulièrement capricieux.

Contrairement aux bits classiques qui ne peuvent prendre que deux valeurs binaires (0 ou 1), les qbits peuvent exister dans un état intermédiaire grâce au phénomène de superposition quantique. En stockant ainsi des informations complexes sous forme de différences subtiles dans l’état quantique de la matière, il est possible de réaliser des opérations complètement inabordables pour l’appareil grâce auquel vous lisez cet article…

… ou du moins, c’est le cas sur le papier. Pour qu’ils puissent faire leur office, il faut maintenir ces qbits dans cet état de superposition, mais également d’intrication quantique. C’est un phénomène à travers lequel plusieurs particules se retrouvent corrélées de telle manière que leurs états quantiques sont interdépendants, même lorsqu’elles ne sont pas physiquement liées. Mesurer l’état d’une de ces particules revient aussi à déterminer instantanément l’état des autres, quelle que soit la distance qui les sépare.

Lorsque ces deux critères sont remplis, on obtient un système dit « cohérent», et maintenir cette cohérence est le principal défi auquel cette technologie est confrontée aujourd’hui. Ces ensembles de qbits superposés et intriqués sont des entités incroyablement délicates ; la moindre perturbation peut faire s’écrouler cette harmonie fragile et rendre le système inexploitable. Tout l’enjeu, c’est donc de créer un environnement extrêmement stable où les qbits peuvent rester cohérents sur une longue durée pour réaliser diverses opérations avec une grande précision.

https://www.journaldugeek.com/2024/09/03/le-processeur-quantique-dune-entreprise-finlandaise-bat-un-record-de-stabilite/

03/09/2024 Elections régionales du 1er sept 2024 en Allemagne. Que peut-on en retenir ?

Le 1er septembre 2024, deux élections ont eu lieu dans les länder de Thuringe et de Saxe en Allemagne. Que faut-il en retenir dans l’immédiat, en attendant les résultats définitifs ?

Conformément aux prévisions, le parti d’extrême-droite AfD a effectué une percée en arrivant en tête dans le premier et en deuxième dans le second, à plus de 30 % des voix. La coalition sociale-démocrate-Verts-libéraux au pouvoir a, elle, essuyé une défaite. Le parti de l’ancienne députée Die Linke Sahra Wagenknecht créé en janvier dernier, a suscité la surprise en totalisant plus de 10 % des voix dans les deux régions.

L’extrême droite allemande de l’AfD a pour la première fois remporté dimanche 1er septembre un scrutin régional, dans le Land de Thuringe (Est). Dans la Saxe voisine, où un scrutin a également lieu, ce parti est au coude à coude avec les conservateurs de la CDU pour la première place, selon des sondages de sortie des urnes.

Les scores respectifs sont entre 30,5 % et 33,5 % des voix en Thuringe, et entre 30 % et 31,5 % dans la Saxe,

 Il s’agit de scores sans précédent pour ce parti qui représentent un nouveau coup dur pour la fragile coalition du chancelier Olaf Scholz.

Ces Land ne représentent pas toute l’Allemagne. On rappelera qu ‘ils sont issus de l’ancienne Allemagne de l’Est ou RDA sous tutelle communiste. Mais avec les difficultés actuelles de l’Allemagne fédérale, ils sont de plus en plus écoutés

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui combat la politique d’accueil des réfugiés a aussitôt revendiqué le pouvoir dans le Land de l’ex-RDA où elle devance très largement ses adversaires. L’AfD a reçu un « mandat clair pour gouverner », selon le co-dirigeant du parti au niveau national Tino Chrupalla, se disant prêt « à negocier avec tous les partis » pour trouver une majorité absolue.

La victoire de l’AfD en Thuringe constitue une première dans le pays depuis l’après-guerre, même s’il est improbable que la formation dirige la région. Car tous les autres partis annoncent refuser de s’allier avec lui. L’AfD pourrait tenter de négocier avec les conservateurs de la CDU, arrivés deuxième en Thuringe avec 24,5 % et premier en Saxe (de 31,5 % à 32 %).

Mais les démocrates-chrétiens de l’ex-chancelière Angela Merkel ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne s’allieront pas avec l’ AfD pour former une majorité gouvernementale dans les parlements des deux régions « Les électeurs savent que nous ne faisons pas de coalition avec l’AfD », selon Carsten Linnemann de la CDU, reconnaissant que trouver une majorité parlementaire « ne sera pas facile ».

Ces élections avaient valeur de test dans ces deux régions de l’ex-RDA, bastions électoraux de l’extrême droite. Elles see sont déroulés dans un contexte particulièrement tendu. L’immigration, la sécurité intérieure, mais aussi le refus des aides à l’Ukraine ont dominé la campagne. Ils ont eu lieu peu après un triple meurtre au couteau imputé à un Syrien à Solingen. une ville de l’ouest de l’Allemagne. Ce drame a bouleversé le pays et relancé un vif débat sur le contrôle de l’immigration

Les dirigeants de l’AfD ont cherché à capitaliser sur le choc suscité par l’attaque de Solingen,, accusant les gouvernements fédéraux successifs d’avoir semé le « chaos ».

Vote par conviction

Les analyses montrent que les électeurs votent pour le parti d’extrême-droite par conviction et non simplement par protestation. L’AfD est considérée comme plus compétente que d’autres pour lutter contre l’immigration ou assurer la sécurité. Le parti répond aux inquiétudes de nombreux électeurs, aux frustrations d’Allemands de l’Est qui se sentent délaissés même si leur situation matérielle n’est pas mauvaise.

Un nouveau venu, le parti BSW de l’ancienne égérie d’extrême gauche Sahra Wagenknecht, fait une percée spectaculaire. Il est crédité de scores entre 12 % et 16 % dans les deux Länder, et pourrait se poser en arbitre dans la formation à venir des gouvernements régionaux.

Aussi bien l’AfD que le BSW ont séduit par leur discours virulent contre l’immigration et en appelant à mettre un terme aux livraisons d’armes à l’Ukraine. Cette position est très populaire dans ces régions de l’ex-RDA communiste où la peur de la guerre reste profondément ancrée.

Les premiers résultats confirment aussi un nouveau revers majeur du gouvernement de coalition du chancelier avec les Verts et les libéraux du FDP, à un an des élections législatives de 2025. Les Sociaux-démocrates, les Verts et les Libéraux atteignent ensemble moins de 15 % dans chacune de ces deux régions. Déjà à un faible niveau lors du précédent mandat, le SPD enregistre un score entre 6,5 et 8,5 %.

Les Verts, eux, sont exclus du Parlement de Thuringe, et les libéraux du FDP ne seraient plus représentés dans aucune des assemblées régionales. Ces Länder, qui disposent d’importantes prérogatives dans le système allemand en matière d’éducation ou de sécurité, pourraient être gouvernés par de larges alliances hétéroclites associant droite et gauche.

Si l’AfD ne parvient pas à former un gouvernement, grâce à son tiers des sièges au parlement régional, elle disposera en revanche d’une minorité de blocage. Cela notamment pour des décisions importantes comme une réforme de la constitution ou la nomination de juges.

Annexe 1 Le poids des Turcs en Allemagne

Selon les statistiques, la communauté turque compte 2 710 000 personnes dont 1 658 083 citoyens turcs vivant en Allemagne (2011) et 840 000 citoyens allemands d’origine turque ayant au moins un parent turc, le reste de la communauté provenant des minorités turques d’autres pays, principalement de Grèce et de Bulgarie.

Les Turcs qui ont immigré en Allemagne ont amené leur culture avec leur langue, leur religion, leur nourriture et leurs arts. Ces traditions culturelles ont également été transmises à leurs descendants qui maintiennent ces valeurs. En conséquence, les Turcs d’Allemagne ont également exposé leur culture à la société allemande. Ceci est particulièrement perceptible dans le paysage en développement du pays, avec de nombreux restaurants turcs, épiceries, maisons de thé et mosquées dispersées en Allemagne. De plus, les Turcs en Allemagne ont également été exposés à la culture allemande comme en témoigne l’influence qu’il a exercée dans le dialecte turc parlé par la communauté turque en Allemagne.

Le turc est la deuxième langue la plus parlée en Allemagne, après l’allemand. Il a été apporté au pays par des immigrés turcs qui le parlent comme première langue. Ils ont principalement appris l’allemand à travers l’emploi, les médias de masse et les milieux sociaux, et il est maintenant devenu une langue secondaire pour beaucoup d’entre eux. Néanmoins, la plupart des immigrés turcs ont transmis leur langue maternelle à leurs enfants et à leurs descendants. En général, les Allemands d’origine turque deviennent bilingues à un âge précoce, apprenant le turc à la maison et l’allemand dans les écoles publiques.

L’allemand parlé par les travailleurs étrangers turcs est parfois qualifié de « Gastarbeiterdeutsch » du fait que ceux-ci maîtrisent mal les règles de base de la langue. Par exemple, le verbe employé se retrouve en position finale alors qu’il devrait être à la position 2 dans une phrase de base allemande (« ich bahnhof gehen » plutôt que « ich gehe zum Bahnhof »)

La langue turque est influencée par l’allemand et y sont ajoutées des structures grammaticales et syntaxiques allemandes. Les parents encouragent généralement leurs enfants à améliorer leurs compétences en turc en assistant à des cours privés ou en choisissant le turc comme matière à l’école. Dans certains Länder, le turc constitue une épreuve optionnelle pour l’Abitur.

Au début des années 1990, un nouveau sociolecte appelé « Kanak Sprak » ou « Türkendeutsch » a été inventé par l’auteur germano-turc Feridun Zaimoğlu pour se référer au dialecte « ghetto » allemand parlé par la jeunesse turque. Elle constitue une forme d’allemand avec des éléments de turc que les jeunes issus des milieux à forte concentration immigrée parlent, indépendamment de leurs origines ethniques.

Certains jeunes dont les parents sont Allemands emploient aussi ce dialecte qui devient en quelque sorte leur marque d’appartenance à leur quartier. Ce dialecte se manifeste par l’utilisation d’un vocabulaire simple, une omission des prépositions et des articles et une simplification des verbes couramment employés par des variantes formées des verbes faire, aller et venir (machen, gehen, kommen) par exemple : ich mach dich Krankenhaus (je te fais hôpital) pour dire ich werde dich schlagen (je vais te battre). Une utilisation d’expressions à caractère sexuel comme formes d’insulte en langue turque est aussi privilégiée par les locuteurs de ce dialecte6.

Un autre phénomène, celui du « mixing » est audible chez les jeunes des quartiers multiethniques. Cette forme de langage est surtout employée par les groupes dits des « Powergirls », qui se composent de jeunes filles de 15 à 22 ans nées de parents turcs parlant bien souvent un allemand de base. Elles semblent privilégier ce dialecte pour communiquer entre elles. Le « mixing » se manifeste par des phrases avec des mots allemands et turcs en proportion presque égale regroupés en segments qui alternent au fur et à mesure que le locuteur parle. Cette forme d’expression est revendiquée par les « Powergirls », comme façon de sortir de la microsociété des Turcs de leur quartier, qui les limite bien souvent à un rôle de femme au foyer, tout en se démarquant de la majorité allemande qui se montre parfois réfractaire à les considérer comme Allemandes. Elles se créent une nouvelle identité à travers ce dialecte

Cependant, avec la formation d’une classe moyenne turque en Allemagne, il y a un nombre croissant de personnes d’origine turque qui maîtrisent l’utilisation de l’allemand standard, en particulier dans les universités et les arts.

Annexe 2. Les milieux djihadistes en Allemagne

Dans cette étude, l’auteur, M. Guido Steinberg, analyse les milieux djihadistes en Allemagne. L’année 2016 a marqué l’apogée du terrorisme islamiste avec une série de cinq attentats. Mais aujourd’hui encore, le milieu reste dangereux et continue d’évoluer. ›

Jusqu’en 2012, le djihadisme était moins présent en Allemagne par rapport aux autres pays d’Europe occidentale. Avec sa diffusion croissante, surtout parmi les musulmans et musulmanes turcs et kurdes, le mouvement a gagné en résonance dans le pays. › Le groupe « Millatu Ibrahim » (en français Communauté d’Abraham), fondé en 2011 et dans lequel se sont recrutés nombre des premiers combattants allemands en Syrie, constitue un précurseur important. La campagne « Lies! » (Lis !) lancée fin 2011 ainsi que les mosquées djihadistes concernées ont été d’autres catalyseurs de la radicalisation et du recrutement. ›

Les combattants allemands en Syrie n’ont pas de profil socio-économique clairement identifiable. Bien que certains indices laissent penser que la marginalisation sociale et le désavantage économique jouent un rôle, de nombreux djihadistes ont une formation académique ou un baccalauréat universitaire ou professionnel. › Parmi les quelque 1 070 combattants allemands en Syrie, environ 80 pour cent ont rejoint l’organisation de l’État islamique . Un milieu allemand s’est développé à Raqqa et ses membres sont restés en contact étroit entre eux. Les membres allemands étaient pleinement intégrés dans l’organisation. Leur présence au sein de la police secrète de l’EI en est la preuve. ›
Par ailleurs, la perspective historique montre à quel point les autorités allemandes en charge de la sécurité sont dépendantes des renseignements provenant de la surveillance informatique fournis par les États-Unis.

L’architecture de la sécurité, particulièrement fragmentée en Allemagne, est également problématique. À plus long terme, il y a un risque de « sous-traiter » aux États-Unis de larges aspects de la lutte contre le terrorisme en Allemagne.

02/09/2024 La future mission Europa Clipper de la Nasa

Europa Clipper est une mission spatiale de la Nasa en cours de développement. Son l’objectif est l’étude d’Europe, une des lunes de Jupiter. Europe constitue un objectif scientifique de premier plan depuis que les données fournies par la sonde Galileo à la fin des années 1990 ont permis de déterminer qu’il existait un océan d’eau liquide sous sa surface glacée, océan qui pourrait abriter des formes de vie.

Mais la mission d’exploration, qui doit se dérouler dans une région de l’espace fortement irradiée par sa proximité avec Jupiter, est complexe et les projets élaborés à la suite de cette découverte se sont longtemps heurtés à l’absence de moyens financiers suffisants.

Le projet Europa Clipper est le quatrième proposé mais, contrairement à ses prédécesseurs, il reçoit l’appui du Congrès américain au milieu de la décennie 2010. Il prévoit le lancement d’une sonde spatiale de six tonnes emportant 350 kg d’instruments scientifiques, dont un radar permettant de sonder l’océan sous la glace. La sonde spatiale devra effectuer un transit d’environ 5,5 ans comprenant un recours à l’assistance gravitationnelle  de Mars  et de la Terre (Technique MEGA, pour Mars-Earth Gravity Assist) avant de se placer en orbite autour de Jupiter.

La partie scientifique de la mission comporte 45 survols d’Europe sur une période de 3,5 ans. Le coût du projet est évalué en 2018 à 3,1 milliards de dollars en ne prenant pas en compte le coût de lancement.

Les études préliminaires sont engagées en 2015 et la NASA prend la décision de lancer le développement en février 2017. La date de lancement sera autour d’octobre 2024, pour une arrivée prévue le 11 avril 2030. Le lanceur choisi est le Falcon Heavy de SpaceX.

Pour en savoir plus (référence Wiipedia)

Europe est un satellite de Jupiter dont le diamètre est proche de celui de la Lune (3 121 kilomètres). Mais contrairement à cette dernière, sa surface, constituée d’une couche de glace sillonnée de fissures et d’arêtes entrecoupées de zones lisses et comportant peu de cratères d’impact, reflète une activité intense et récente. Plusieurs indices semblent montrer qu’Europe comporte sous sa couche de glace un océan d’eau liquide résultant du réchauffement suscité par les forces de marée qu’exerce Jupiter sur sa lune. Celles-ci sont particulièrement importantes car Europe est à la même distance de la planète géante que la Lune de la Terre, mais Jupiter est 318 fois plus massive que notre planète. La pression exercée par les forces de marée sur les roches entraîne leur échauffement, permettant sans doute la présence d’eau liquide malgré une température extérieure qui ne dépasse jamais −150 °C. L’océan souterrain pourrait constituer une zone habitable et héberger des micro-organismes. Pour cette raison, l’étude d’Europe par une sonde spatiale a été identifiée comme une mission prioritaire par les deux derniers rapports scientifiques décennaux de 2003 et 2011 consacrés aux sciences planétaires1.

Les deux sondes spatiales du programme Voyager sont les premières dans les années 1970 à avoir révélé les formations étranges présentes à la surface d’Europe. Mais ces engins spatiaux n’ont pu fournir que des images à faible résolution qui soulevaient plus de questions qu’elles n’apportaient de réponses. La sonde spatiale Galileo, qui a séjourné dans le système jovien de 1995 à 2003, a effectué 11 survols d’Europe et a permis d’obtenir des images et des spectres à haute résolution de différentes régions de sa surface. Ces observations ont permis d’émettre l’hypothèse d’un océan souterrain. Certaines formations à la surface permettent de penser que des échanges ont lieu entre celle-ci et l’océan souterrain. Selon les données fournies par le magnétomètre de Galileo, le déplacement d’Europe dans le champ magnétique de Jupiter induit un champ magnétique propre à la lune qui pourrait être créé par des courants électriques circulant dans les eaux salées de l’océan souterrain. L’irradiation des particules chargées en surface pourrait créer des oxydants qui, s’ils étaient transportés dans l’océan, pourraient servir de source d’énergie à des formes de vie simples1.

À l’issue de la mission de Galileo, il subsiste de nombreuses inconnues car les instruments de Galileo n’étaient pas adaptés à l’étude de la lune Europe. Ainsi, la mesure de la gravité via l’effet Doppler a permis de déterminer qu’Europe était recouvert d’une couche d’eau ou de glace d’une épaisseur comprise entre 80 et 150 km sans qu’on sache quelle est la proportion d’eau liquide. Il n’existe pas non plus de signe évident d’activité géologique même si des panaches de vapeur d’eau ont peut-être été aperçus par le télescope spatial Hubble. Bien que la modélisation des fractures qui sillonnent la surface progresse, les scientifiques n’arrivent pas à conclure sur les processus à l’œuvre. On ne dispose pas de suffisamment d’éléments non plus pour déterminer si Europe dispose de sources d’énergie suffisantes pour entretenir la vie dans son océan intérieur

Les deux sondes spatiales du programme Voyager sont les premières dans les années 1970 à avoir révélé les formations étranges présentes à la surface d’Europe. Mais ces engins spatiaux n’ont pu fournir que des images à faible résolution qui soulevaient plus de questions qu’elles n’apportaient de réponses. La sonde spatiale Galileo, qui a séjourné dans le système jovien de 1995 à 2003, a effectué 11 survols d’Europe et a permis d’obtenir des images et des spectres à haute résolution de différentes régions de sa surface. Ces observations ont permis d’émettre l’hypothèse d’un océan souterrain. Certaines formations à la surface permettent de penser que des échanges ont lieu entre celle-ci et l’océan souterrain. Selon les données fournies par le magnétomètre de Galileo, le déplacement d’Europe dans le champ magnétique de Jupiter induit un champ magnétique propre à la lune qui pourrait avoir été créé par des courants électriques circulant dans les eaux salées de l’océan souterrain. L’irradiation des particules chargées en surface générerait des oxydants qui, s’ils étaient transportés dans l’océan, serviraient de source d’énergie pour des formes de vie simples.

01/08/2024 Des roches saturées d’eau sur Mars ?

La recherche d’eau sur Mars, accessible et en quantité suffisante pour satisfaire de façon permanente les besoins de futures missions humaines, devient aujourd’hui une priorité. A cet égard des données fournies par le Mars Insight Lander de la Nasa apportent des indications intéressantes .

Il pourrait se trouver d’importantes réserves d’eau à une profondeur de 10 à 20 km dans certaines zones particulières sous l’équateur martien. L’étude de la propagation spontanée des ondes sismiques identifiées dans ces régions semble bien montrer que le sous-sol est composé de roches saturées d’importantes quantités d’eau. Extraire cette eau et la remonter en surface ne devrait pas être facile, mais plus facile qu’importer l’équivalent de la Terre.

Par ailleurs dans ces poches d’eau pourraient se trouver des espèces vivantes anaérobies, c’est-à-dire pouvant se passer d’oxygène.

Source

https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2409983121

Liquid water in the Martian mid-crust

Vashan Wright and other Authors

Edited by David Kohlstedt, University of Minnesota, Minneapolis, MN; received May 18, 2024; accepted July 1, 2024

August 12, 2024
121 (35) e2409983121

Abstract

Large volumes of liquid water transiently existed on the surface of Mars more than 3 billion years ago. Much of this water is hypothesized to have been sequestered in the subsurface or lost to space. We use rock physics models and Bayesian inversion to identify combinations of lithology, liquid water saturation, porosity, and pore shape consistent with the constrained mid-crust (∼11.5 to 20 km depths) seismic velocities and gravity near the InSight lander. A mid-crust composed of fractured igneous rocks saturated with liquid water best explains the existing data. Our results have implications for understanding Mars’ water cycle, determining the fates of past surface water, searching for past or extant life, and assessing in situ resource utilization for future missions.

01/08/2024 Une exoplanète déformée comme un œuf par l’attraction provenant de l’étoile autour de laquelle elle orbite

La Limite de Roche définit la distance minimum en dessous de laquelle deux corps orbitant l’un autour de l’autre ne sont pas déformés par les forces d’attraction et peuvent conserver une forme sphérique résultant de leur propre gravité https://fr.wikipedia.org/wiki/Limite_de_Roche

Avec le nouveau spectromètre spatial dit Keck Planet Finder situé à Hawai https://www2.keck.hawaii.edu/inst/kpf/ , des chercheurs ont observé la déformation en forme de crêpe ou d’oeuf que sous l’influence des forces de marée subissait l’exoplanèteTOI-6255~b (GJ 4256) orbitant en 5-7 heures autour d’une étoile analogue à notre soleil 

Reconstituer les conditions régnant sur cette planète ne donne pas envie d’y aller :2.000 degrés C en surface, des océans de roches fondues en sous-sol et un soleil 80 fois plus grand en apparence que le nôtre.

Référence

[Submitted on 30 Jul 2024
An Earth-sized Planet on the Verge of Tidal Disruption

Fei Dai and others, 

Abstract

TOI-6255~b (GJ 4256) is an Earth-sized planet (1.079±0.065R⊕) with an orbital period of only 5.7 hours. With the newly commissioned Keck Planet Finder (KPF) and CARMENES spectrographs, we determined the planet’s mass to be 1.44±0.14 M⊕. The planet is just outside the Roche limit, with Porb/PRoche = 1.13 ±0.10. The strong tidal force likely deforms the planet into a triaxial ellipsoid with a long axis that is ∼10\% longer than the short axis. Assuming a reduced stellar tidal quality factor Q′⋆≈107, we predict that tidal orbital decay will cause TOI-6255 to reach the Roche limit in roughly 400 Myr. Such tidal disruptions may produce the possible signatures of planet engulfment that have been on stars with anomalously high refractory elemental abundances compared to its conatal binary companion. TOI-6255 b is also a favorable target for searching for star-planet magnetic interactions, which might cause interior melting and hasten orbital decay. TOI-6255 b is a top target (Emission Spectroscopy Metric of about 24) for phase curve observations with the James Webb Space Telescope.

Comments:18 pages, 7 figures, 5 tables, accepted to AAS Journals. The first RV mass measurement from the Keck Planet Finder
Subjects:Earth and Planetary Astrophysics (astro-ph.EP); Solar and Stellar Astrophysics (astro-ph.SR)
Cite as:arXiv:2407.21167 [astro-ph.EP]
 (or arXiv:2407.21167v1 [astro-ph.EP] for this version)

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31/08/2024 L’Iran et ses alliés les Houthuis s’en prennent directement à l’Occident

Le 21 aout 2024 le pétrolier MV Sounion battant pavillon grec subissait une attaque houthie  à environ 77 miles nautiques à l’ouest du port yéménite de Hodeidah, Il en est résulté une  explosion massive et un risque de catastrophe environnementale

Les rebelles Houthis proches de l’Iran viennent d’annoncer avoir fait exploser des charges sur le Sounion, un tanker grec attaqué le 21 août en mer Rouge, au large du Yémen. Des vidéos non datées et diffusées par eux montrent des explosions sur le pont suivies de colonnes de fumée. Parti d’Irak afin d’acheminer des hydrocarbures jusqu’en Grèce, le pétrolier avait été touché par des attaques de drones et des missiles, selon les affirmations des Houthis. -(comme quoi les drones et les missiles sont devenus l’arme du pauvre)

La frégate française Chevalier Paul était intervenue dans le cadre de la mission européenne Aspides pour évacuer les 25 membres d’équipage et les rapatrier à la base navale de Djibouti.

Selon Tyler Durden dans ZeroHedge.com 
L’Occident sera confronté à de graves conséquences si l’agression des Houthis soutenue par l’Iran dans le sud de la mer Rouge persiste. Au-delà de la menace d’inflation causée par les perturbations du transport maritime et la montée en flèche des tarifs des conteneurs en raison du détournement des navires marchands autour du cap de Bonne-Espérance en Afrique, le jeu à long terme est encore plus inquiétant : la “crédibilité et la dissuasion” de l’Amérique s’érodent rapidement. Cette faiblesse perçue pourrait encourager la Chine à aggraver les conflits en mer de Chine méridionale, sentant un Occident affaibli s’empêtrer de plus en plus dans de multiples conflits, notamment ceux en Ukraine et au Moyen-Orient. »

https://www.zerohedge.com/military/clear-sign-collapse-american-credibility-deterrence

Voir aussi

https://x.com/mercoglianos/status/1827074505505960328?

31/08/2024 Macron démission

La France traverse actuellement une crise politique grave du fait de l’abus que fait Emmanuel Macron de son irresponsabilité politique.

Désormais celui-ci est partout, se prononce sur tout, décide de tout- et qui plus est avec un air très satisfait de lui. Or il n’ a été élu qu’à une faible majorité. Rappelons qu’au second tour de l’élection présidentielle 2022, organisé les 23 et 24 avril. Emmanuel Macron n’a emporté l’élection qu’avec 58,54% des suffrages exprimés.

Marine Le Pen avait recueilli 41,46% des suffrages exprimés. Le taux d’abstention  s’était élevé à 28,01% des inscrits, on dénombrait 2,2 millions de votes blancs (6,35% des votants).

Aujourd’hui, selon les sondages, la majorité présidentielle , son opposition d’extrême-droite et son opposions de gauche se partagent pour un tiers chacune les préférences des électeurs. Ainsi de facto, les deux tiers des électeurs n’ont pas voix au chapitre.

Quand il s’agit de questions militaires ou diplomatiques, ceci n’est pas anormal, tant du moins que le président reste globalement conforme aux traditions et volontés du pays.

Mais la vie politique est faite de nombreuses décisions moins importantes, mais essentielles, fiscalité, subventions, équilibres régionaux, sans mentionner les questions de politique industrielle ou de recherche scientifique. Qu’Emmanuel Macron soit le seul décideur, sans même de débats politiques sérieux, ne fut-ce qu’à l’Assemblé Nationale, relève de la dictature. Imaginerait-on le Roi d’Angleterre se comporter de la même façon ?

Note

Sous les IIIe et IVe Républiques, le Gouvernement dirigeait la politique de la Nation, et non le Président. Les constituants de 1958 ont poursuivi cette tradition d’irresponsabilité politique du Président. Or, les pouvoirs du Président de la Ve République sont autrement importants.

Cette procédure du contreseing ministériel sur l’ensemble des actes présidentiels apparaissait tout à fait adaptée dans des régimes où le rôle du président de la République était, somme toute, assez réduit.

Cependant, dès lors qu’avec la Constitution de 1958 celui-ci devient la « clef de voûte » et le garant (art. 5) des institutions, l’irresponsabilité du Président apparaît en décalage avec l’importance des pouvoirs qui lui sont dévolus, notamment lorsque le Président exerce les pouvoirs propres à sa fonction (ex : dissoudre l’Assemblée nationale).

Cette procédure du contreseing ministériel sur l’ensemble des actes présidentiels apparaissait tout à fait adaptée dans des régimes où le rôle du président de la République était assez réduit.

Dès lors qu’avec la Constitution de 1958 celui-ci devient la « clef de voûte » et le garant (art. 5) des institutions, l’irresponsabilité du Président apparaît en décalage avec l’importance des pouvoirs qui lui sont dévolus, notamment lorsque le Président exerce les pouvoirs propres à sa fonction (ex : dissoudre l’Assemblée nationale).

Cependant, la révision constitutionnelle du 23 février 2007, en réformant le statut du Président, a introduit un mécanisme de responsabilité politique.

Elle a mis en place, à l’article 68 de la Constitution, une procédure très encadrée de destitution, destinée à sanctionner les atteintes que le comportement du chef de l’État pourrait porter à la fonction présidentielle, « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ».

La destitution peut être prononcée par le Parlement réuni en Haute Cour. Il ne s’agirait donc pas d’une sanction pénale, mais politique, dont la conséquence serait de mettre un terme au mandat du chef de l’État et à l’inviolabilité qui lui est reconnue, pour la durée de ses fonctions, par l’article 67 de la Constitution.

Les possibilités de mettre en cause la responsabilité du Président par cette procédure sont toutefois malheureusement très restrictives.

30/08/2024 LUCA, notre ancêtre à tous

Le dernier ancêtre commun universel est le plus récent organisme dont sont issues toutes les espèces vivant actuellement sur Terre. Le terme en anglais Last Universal Common Ancestor a pour acronyme LUCA.(WIkipedia)

LUCA aurait vécu il y a 3,3 à 4,2 milliards d’années. Il ne doit pas être confondu avec le premier organisme vivant, ni avec l’ancêtre le plus récent de toutes les formes de vie ayant jamais vécu sur Terre (y compris celles aujourd’hui disparues). La complexité des ARN et des protéines qu’il comportait implique qu’il était lui-même issu d’une lignée évolutive plus ancienne, et qu’il cohabitait probablement avec d’autres formes de vie qui n’ont pas laissé de descendants actuels.

LUCA était un organisme assez complexe, déjà issu d’une longue évolution marquée par la sélection naturelle.

L’hypothèse conduisant à ce concept de LUCA est que tous les êtres vivants sont issus d’une même lignée divergente d’ancêtres communs, remontant jusqu’à l’époque où la seule reproduction était la division cellulaire. Cela implique l’existence dans le passé lointain d’une cellule telle que tous les êtres vivants actuels en descendent et qu’au moins deux de ses cellules filles ont un descendant vivant aujourd’hui (autrement, sa seule cellule fille avec une descendance actuelle serait LUCA, le véritable point de divergence du vivant commençant à la génération suivante).

L ‘ADN que l’on retrouve aujourd’hui chez tous les êtres vivants présente de telles similarités qu’il est est tentant de l’attribuer à un ancêtre commun apparu il y a quelques milliards d’années, qui fut appela LUCA.

Aujourd’hui une nouvelle étude interdisciplinaire menée à l’Université de Bristol (UK) sous le responsabilité de Philip Donoghue https://www.bristol.ac.uk/people/person/Philip-Donoghue-4fd2d6ef-3986-4566-97e4-7ae7db296525/
professeur de paléontologie permet de mieux comprendre ce que fut LUCA

L’étude part de l’hypothèse que toutes les séries génétiques que l’on retrouve chez les êtres vivants aujourd’hui dérivent de façon ininterrompue des gènes de LUCA. En remontant cette évolution, on pourrait découvrir ce que fut LUCA.

Il s’agit en pratique d’une tâche très difficile, parce que des séries ont été perdues ou ont fusionné différemment de ce que l’on pourrait croire à première vue. Néanmoins un modèle hypothétique du génome de LUCA a été obtenu. Celui-ci laisse entendre que LUCA fut un organisme bien plus complexe que ce que l’on croyait .

Les chercheurs estiment que 2.600 gènes codant pour des protéines dans les organismes d’aujourd’hui remontent à LUCA, alors que leur nombre était estimé précédemment à 80. Ceci signifie, sauf erreur, que LUCA vivait il y a 4,2 milliards d’années, alors que la formation de la Terre comme planète habitable daterait de 4,5 milliards d’années .

En fait, LUCA n’aurait pas du survivre à la dernière période de bombardement lourd de débris spatiaux subi par la Terre , supposée s’être produite il y a 3,8 milliards d’années.

Mais peut-être que disposant de gènes protégeant des radiations UV les créatures vivant à la surface des océans, était-il un organisme marin, ce qui l’aurait protégé. D’autres gènes suggèrent qu’ii vivait d’hydrogène. Enfin, il paraissait protégé des attaques microbiennes par un système de défense dit CRISPR très étudié aujourd’hui dans la lutte contre les virus

Mais LUCA ne devait-il pas être un organisme isolé mais déjà le représentant de tout un ecosystème

Référence

The nature of the last universal common ancestor (LUCA), its age and its impact on the Earth system have been the subject of vigorous debate across diverse disciplines, often based on disparate data and methods. Age estimates for LUCA are usually based on the fossil record, varying with every reinterpretation. The nature of LUCA’s metabolism has proven equally contentious, with some attributing all core metabolisms to LUCA, whereas others reconstruct a simpler life form dependent on geochemistry. Here we infer that LUCA lived ~4.2 Ga (4.09–4.33 Ga) through divergence time analysis of pre-LUCA gene duplicates, calibrated using microbial fossils and isotope records under a new cross-bracing implementation. Phylogenetic reconciliation suggests that LUCA had a genome of at least 2.5 Mb (2.49–2.99 Mb), encoding around 2,600 proteins, comparable to modern prokaryotes. Our results suggest LUCA was a prokaryote-grade anaerobic acetogen that possessed an early immune system. Although LUCA is sometimes perceived as living in isolation, we infer LUCA to have been part of an established ecological system. The metabolism of LUCA would have provided a niche for other microbial community members and hydrogen recycling by atmospheric photochemistry could have supported a modestly productive early ecosystem.

29/08/2024 Un nouveau mécanisme de refroidissement pour les transistors de graphène

Des physiciens viennent de mettre en évidence un nouveau mécanisme de refroidissement pour les composants électroniques en graphène déposés sur du nitrure de bore. L’efficacité de ce mécanisme leur a permis d’atteindre pour la première fois des intensités électriques à la limite intrinsèque de conduction du graphène.

Du supercalculateur au smartphone, les concepteurs de matériel informatique sont confrontés à un défi majeur : évacuer toujours plus de chaleur pour éviter la dégradation voire même la destruction des composants électroniques. La physique est impitoyable : en augmentant la densité de composants sur une puce vous augmentez nécessairement la dissipation d’énergie et donc l’échauffement. Aujourd’hui, avec les matériaux lamellaires de la famille du graphène, cette question devient particulièrement aiguë, car les composants ne sont constitués que d’une seule couche d’atomes

Dans ce contexte, en réalisant un transistor à base de graphène déposé sur un substrat de nitrure de bore, des physiciens du Laboratoire Pierre Aigrain (CNRS/ENS/UPMC/Univ. Paris Diderot) ont mis à jour un nouveau mécanisme de refroidissement 10 fois plus efficace que la simple diffusion de la chaleur. Ce mécanisme, qui exploite la nature bidimensionnelle des matériaux ouvre un véritable « pont thermique » entre le graphène et le substrat.

Les chercheurs ont démontré l’efficacité de ce mécanisme en faisant circuler dans le graphène des niveaux de courant électrique encore inexplorés, à la limite intrinsèque du matériau et cela sans aucune dégradation du dispositif. Ce résultat, publié dans Nature Nanotechnology, constitue un pas important vers le développement de transistors électroniques hautefréquence à base de graphène.

Pour réaliser cette expérience, les physiciens ont tout d’abord fabriqué un transistor à base de graphène. À cet effet, ils ont déposé le graphène sur un large cristal de nitrure de bore de quelques dizaines de nanomètres d’épaisseur lui-même déposé sur une plaque en or servant de thermostat. Ils ont alors fait fonctionner ce transistor à des intensités électriques croissantes et mesuré à la fois la température des électrons et celle du cristal. La température des électrons a été déduite de la mesure des fluctuations haute fréquence du courant électrique. La température du cristal de nitrure de bore a été mesurée par spectroscopie Raman. Leur première surprise a été d’observer que seuls les électrons s’échauffent, épargnant ainsi la structure cristalline du matériau. Les chercheurs ont ensuite observé l’allumage d’un mécanisme de refroidissement des électrons ultra-efficace au-delà d’un seuil de tension. Ils ont expliqué ce phénomène par l’anisotropie diélectrique de la couche de nitrure de bore. Cette anisotropie confère à cet isolant la propriété remarquable de posséder des modes mixtes lumière-vibration appelés polaritons hyperboliques qui se propagent dans l’épaisseur du matériau dans un régime interdit à la plupart des autres isolants. Ces modes « hyperboliques » ouvrent un véritable pont thermique entre le graphène et l’électrode arrière garantissant un refroidissement 10 fois plus efficace que la simple diffusion de la chaleur.

L’équipe du LPA a montré que l’efficacité de ce mécanisme est décuplée lorsque le transistor entre dans le régime de Zener-Klein, obtenu sous très fort champ électrique dans du graphène de haute mobilité électronique. Dans ce nouveau régime, d’intérêt tout particulier pour des applications d’amplification à haute fréquence, les électrons sont directement pompés de la bande de valence à la bande de conduction par effet tunnel. Dans ces conditions, ils se couplent de manière optimale aux modes hyperboliques, permettant à la chaleur de passer directement au substrat sans endommager le réseau du graphène.

Note.

Rappelons que les semi-conducteurs sont des matériaux qui se situent entre un conducteur et un isolant : ils gèrent et contrôlent le flux de courant dans l’électronique. Ils sont souvent fabriqués à partir de matières premières comme le silicium et le germanium, l’arséniure de gallium ou le carbure de silicium.

Leur production reste un processus complexe : selon AMD, concepteur et vendeur de microprocesseurs« il faut des années de recherche et développement pour concevoir, développer, produire, commercialiser une gamme de semi-conducteurs ». Pour leur fabrication, il faut traiter du sable, le purifier, le liquéfier à 1 700 degrés pour obtenir des lingots de silicium, qui sont ensuite découpés en wafers (« gaufrettes »), de toutes petites galettes de silicium.

Avec la mondialisation et pour baisser les coûts, les acteurs se sont presque tous spécialisés dans une partie de leur chaîne de production : dans les brevets de conception (ARM), dans la conception et la vente (Qualcomm, Nvidia, Broadcom), dans la fabrication (TSMC, Global Foundries). Quelques rares entreprises maîtrisent encore toute la chaîne, comme Samsung et Intel, mais aussi les européennes STMicroelectronics et Infineon. Toutes ne produisent pas le même type de composants et certaines, comme le taïwanais TSMC, sont hyperspécialisées dans des puces très demandées, rendant leur fabrication encore plus stratégique.

Nous lisons dans Le Monde
https://www.lemonde. Le Monde fr/economie/article/2021/10/22/semi-conducteurs-que-sont-ces-puces-electroniques-dont-la-penurie-perturbe-l-economie-mondiale_6099502_3234.html

Les semi-conducteurs sont un marché en croissance quasi continue : en 2020, il représentait 442 milliards de dollars (380 milliards d’euros, + 5,4 % par rapport à 2019) et devrait continuer à croître de 17, 3 % en 2021.

La demande est tirée par plusieurs marchés : celui des mémoires qui permettent de stocker l’information ; celui des smartphones et de leurs infrastructures avec le déploiement de la 5G ; celui de l’industrie automobile (voitures électriques, voitures autonomes, contrôle des airbags, des distances de sécurité ; contrôle du moteur, de la batterie, système « start and stop », climatisation…) ; l’industrie des loisirs, avec les consoles de jeux vedettes du marché (Playstation 5 et Xbox Series X) ; l’Internet of Things (« Internet des objets », ou IoT) qui permet à des objets d’échanger des informations et de communiquer entre eux ; l’intelligence artificielle et le big data, avec des processeurs spécifiques, comme Xeon Ice Lake d’Intel.

Rendues indispensables à l’économie mondiale, ces puces électroniques sont devenues un enjeu stratégique majeur pour les grandes puissances de la planète
au cœur de la bataille que se livrent les Etats-Unis et la Chine pour la domination du secteur des hautes technologies. Si bien que les difficultés actuelles sont aussi héritières de la décision prise en septembre 2020 par Washington de restreindre la vente de technologies à SMIC, le géant chinois des semi-conducteurs, pour contrer les ambitions hégémoniques de Pékin.

La concentration géographique des lieux de production de ces puces est aujourd’hui un sujet d’inquiétudes. Une étude réalisée en avril 2021 par la Semiconductor Industry Association et le Boston Consulting Group a révélé qu’environ 75 % de la capacité mondiale de fabrication de semi-conducteurs, par exemple, est concentrée en Chine et en Asie de l’Est, une région considérablement exposée à une forte activité sismique et à des tensions géopolitiques. Et que 100 % de la capacité mondiale de fabrication des semi-conducteurs les plus avancés (inférieurs à 10 nanomètres) est actuellement située à Taïwan (92 %) et en Corée du Sud (8 %).

La multiplication des difficultés a poussé ces derniers mois les puissances mondiales à réagir pour diminuer cette dépendance. En février, Joe Biden a signé un décret présidentiel afin de sécuriser les filières d’approvisionnement américaines en puces. Les Etats-Unis ont aussi convaincu TSMC de construire une usine de dernière génération dans l’Arizona.

De son côté, Pat Gelsinger, le patron d’Intel, le géant américain du secteur, a prédit que la pénurie risquait de se poursuivre jusqu’en 2023. Dans ce contexte, il a annoncé la construction à venir de deux usines de semi-conducteurs aux Etats-Unis et la formation d’une nouvelle division aux Etats-Unis et en Europe, baptisée Intel Foundry Services, une branche de services pour les fonderies spécialisées dans ces matériaux.

En septembre, lors du salon de l’automobile de Munich, Pat Gelsinger a annoncé qu’il pourrait investir jusqu’à 80 milliards d’euros en Europe au cours des dix prochaines années afin de développer les capacités de production de semi-conducteurs sur le continent. Son groupe devrait dévoiler d’ici à la fin de l’année l’emplacement de deux nouvelles grandes usines en Europe.

La Chine, elle aussi, s’en préoccupe : sans les puces américaines, ni Alibaba ni Huawei ne seraient devenus des géants mondiaux. La Chine produit 36 % de l’électronique mondiale, mais les entreprises chinoises ne fournissent que 7,6 % des semi-conducteurs vendus à travers le monde. Raison pour laquelle Xi Jinping place « l’indépendance technologique » au cœur de nombre de ses discours ainsi que du 14e plan quinquennal (2021-2025).

L’Union européenne (UE) étudie un European Chips Act », loi européenne sur les semi-conducteurs pour défendre sa souveraineté technologique : d’ici à 2030, l’UE ambitionne de produire 20 % des semi-conducteurs dans le monde, soit un doublement de sa part actuelle.

Emmanuel Macron pour la France a présenté un plan d’investissement de 30 milliards d’euros dont six milliards seront consacrés à développer une production nationale de composants-clés,

29/08/2024 Devrons nous laisser à la Chine le monopole des robots humanoïdes intelligents

Avec 1,412 milliard (2022) de Chinois, la Chine dépasse en termes démographiques toutes les puissancs mondiales, y compris l’Inde et les Etats-Unis. Cela lui donnerait un avantage indéniable en cas de conflit militaire.

Mais elle dispose aussi de la même supériorité dans le cas des robots humanoides dits intelligents. L’on dit qu’ils sont intelligents en ce sens qu’ils sont équipés des toutes dernières versions d’Intelligence Artificielle IA.

Comme le révèle un article du quotidien hongkongais South China Morning Post publié le 3 novembre 2023, le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) a publié un rapport de neuf pages à destination des industries du pays. L’objectif est de les appeler à établir un système d’innovation pour les robots humanoïdes, réaliser des percées dans plusieurs technologies clés et garantir l’approvisionnement sûr et efficace des composants essentiels d’ici à 2025.

Ceci devrait, selon les responsables politiques, placer la Chine au premier rang mondial en matière de robots humanoïdes intelligents avant 2030. De plus, le MIIT a affirmé que les industries devront apporter un soin tout particulier au cerveau et aux membres de ces machines.

La volonté de la Chine de devenir un leader mondial dans le domaine des robots humanoïdes intelligents témoigne de son ambition technologique et de son désir de dominer un marché en pleine expansion. Si l’objectif immédiat est d’améliorer la sécurité et l’efficacité dans des secteurs tels que les services d’urgence, il est clair que ce projet pourrait avoir des implications bien plus vastes à long terme.

Les États-Unis et d’autres puissances mondiales devront surveiller de près ces développements, car ils pourraient redéfinir non seulement le futur du travail humain, mais aussi celui de la défense et de la sécurité mondiale.

L’évolution rapide de cette technologie soulève des questions cruciales sur les usages futurs et les régulations nécessaires pour encadrer ces nouvelles formes d’intelligence artificielle et de robotique.

Dans le domaine spatial et plus particulièrement dans le but d’établir des bases de longue durée sur la Lune et sur Mars le recours à de tels robots intelligents se révèle d’ores et déjà indispensable vu l’impossibilité de protéger durablement des cosmonautes humains des différents types de radiation.