21/09/2024 Certaines des bactéries dont on identifie l’ADN sur l’ISS pourraient avoir une origine extraterrestre

La question est d’une importance scientifique et philosophique qui n’échappera pas. Une réponse affirmative voudrait dire que la vie sur Terre ne serait pas apparue spontanément, comme certains scientifiques continuent à l’affirmer. Elle aurait été apportée, il y a quelques milliards d’années, par des astéroïdes provenant de l’espace profond.

La Station Spatiale Internationale (ISS) est emplie de bactéries apportées par les équipages successifs. Il semble que celles-ci puissent y muter, ce qui inciteraient certains observateurs à leur attribuer une origine extraterrestre. Mais il apparaît vite que ces bactéries ont une origine plus modeste. Elles proviennent des toilettes de la station et en souillent l’extérieur.

L’article dont nous publions ci-dessous le résumé et les références développe une autre hypothèse. La vie, en l’espèce des bactéries et des virus, pourrait provenir de l’espace. Elle pourrait d’ailleurs continuer à le faire, mais en de si faibles quantités que nous ne pourrions pas les observer aujourd’hui.

Ceci veut dire aussi que des espèces vivantes complexes, analogues à l’espèce humaine ou radicalement différentes, pourraient un jour être identifiées dans les milliards de planètes extérieures au système solaire. Il s’agit d e l’hypothèse de la panspermie.

Voir https://www.nationalgeographic.fr/espace/origines-de-la-vie-sur-terre-les-cinq-briques-de-ladn-decouvertes-dans-des-meteorites

L’analyse récente de ce que l’on nomme la poussière cosmique « cosmic dust » recouvrant certaines parties extérieures de la Station Spatiale a permis de relancer cette hypothèse. On y a trouvé de l’ADN provenant principalement de bactéries du genre Mycobacteria . Celles-ci pourraient évidemment avoir été apportées par des courants d’air chaud ascendants originaires des mer de Barents et Kara. Mais elles pourraient tout aussi bien provenir de l’espace extraterrestre.

En ce cas les scientifiques considèrent que loin d’être détruites par une traversée spatiale, des bactéries se trouvant sur un astéroïde stérile sans compétition avec d’autres organismes, pourraient se multiplier et prospérer bien plus vite que sur la Terre. De plus les radiations cosmiques, loin de les détruire, pourraient les aider à muter dans le bon sens, favorisant leur adaptation sur de nouvelles planètes

Voir

World Ocean and the Earth in Cosmic Dust at the International Space Station

https://www.researchgate.net/publication/324638360_The_DNA_of_Bacteria_of_the_World_Ocean_and_the_Earth_in_Cosmic_Dust_at_the_International_Space_Station

T. V. Grebennikova, 1 , 2 A. V. Syroeshkin, 2 E. V. Shubralova, 3 O. V. Eliseeva, 1 L. V. Kostina, 1 N. Y. Kulikova, 1 , 1 M. A. Morozova, 2 A. G. Yuzhakov, 1 I. A. Zlatskiy, 2 , 4 M. A. Chichaeva, 2 and O. S. Tsygankov 5

Abstract

Cosmic dust samples from the surface of the illuminator of the International Space Station (ISS) were collected by a crew member during his spacewalk. The sampler with tampon in a vacuum container was delivered to the Earth. Washouts from the tampon’s material and the tampon itself were analyzed for the presence of bacterial DNA by the method of nested PCR with primers specific to DNA of the genus Mycobacteria, DNA of the strains of capsular bacteria Bacillus, and DNA encoding 16S ribosomal RNA. The results of amplification followed by sequencing and phylogenetic analysis indicated the presence of the bacteria of the genus Mycobacteria and the extreme bacterium of the genus Delftia in the samples of cosmic dust. It was shown that the DNA sequence of one of the bacteria of the genus Mycobacteria was genetically similar to that previously observed in superficial micro layer at the Barents and Kara seas’ coastal zones. The presence of the wild land and marine bacteria DNA on the ISS suggests their possible transfer from the stratosphere into the ionosphere with the ascending branch of the global electric circuit. Alternatively, the wild land and marine bacteria as well as the ISS bacteria may all have an ultimate space origin.

Scientists think that bacteria come out of hiding once in outer space. In a sterile environment without other organisms around, they multiply and thrive. Instead of killing them, cosmic radiation may also help them to mutate. They may be able to grow faster than they normally could on Earth.

21/09/2024. IQM Quantum Computers (IQM) choisit la France

IQM Quantum Computer leader mondial dans le domaine en pleine croissance de la conception et de la construction des calculateurs quantiques, a annoncé lors du sommet Choose France du 13 mai 2024 sa décision d’installer en France une unité industrielle pour l’élaboration et la construction de calculateurs et de chips quantiques.

Bruno Le Maire, encore ministre de l’Economie des Finances  et de la Souveraineté industrielle et numérique, a salué et encouragé cette initiative dont la France avait besoin comme un premier pas dans le développement de start-up maitrisant le quantique, ce nouveau domaine scientifique et technique.

Il a été rejoint en ce sens par‍ Bruno Bonnell, président du plan d’investissement France 2030

De son coté, Laurent Saint Martin, Directeur Général de Business France, s’est engagé à accompagner IQM dans ce projet visant à installer de France une production industrielle dans ce domaine en plein développement du quantique

Enfin le Dr Neil Abroug qui occupait auparavant le poste de coordinateur national de la stratégie d’accélération sur le quantique, et avait pris les fonctions de responsable du domaine quantique au sein de l’Inria, en septembre 2024, a assuré IQM du soutien de la France

« Nous avons structuré et pérennisé l’effort de recherche publique autour de projets majeurs visant à faire de la France un leader dans le domaine du quantique. Plus généralement ce sera l’écosystème européen du quantique qui aura besoin d’initiatives européenne s’intégrant dans le EU Chips Act

Regrettons ici que dans l’interminable procédure de formation d’un nouveau gouvernement en France, nul n’ait jugé bon d’évoquer cette question comme requérant l’attention gouvernementale, plutôt que des banalités telles que l’augmentation du niveau de vie

https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/europe-fit-digital-age/european-chips-act_en

https://www.meetiqm.com/

21/09/2024. La France bien placée dans la course à l’énergie osmotique

L’énergie osmotique, ou énergie bleue, ou encore l’énergie de gradients de salinité (SGE – salinity gradient energy), est l’énergie dégagée lors de la rencontre entre deux eaux avec des concentrations en sel différentes (entre l’eau de mer et l’eau d’une rivière par exemple). À l’issue du processus ne reste que de l’eau saumâtre.

Cette énergie a été inscrite en 2022 dans la directive de l’Union européenne sur les énergies renouvelables comme une source d’énergie renouvelable au même titre que d’autres énergies renouvelables telles que l’énergie solaire ou éolienne. L’énergie osmotique pourrait jouer un rôle important dans la production d’énergie renouvelable car, contrairement à l’éolien et au solaire, elle peut être produite en continu, tout en ayant une densité énergétique comparable.

En France, le besoin d’une telle énergie n’est pas prioritaire, compte tenu des perspectives de la fission nucléaire dernière génération et surtout de la future fusion où la France joue un rôle pilote. Néanmoins son aptitude à maîtriser la filière de l’énergie bleue, compte tenu de ses atouts géographiques entre la mer (salée)et l’eau douce d’origine fluviale représente un atout exceptionnel, qu’il faudra absolument exploiter.

Aussi bien une première centrale osmotique pilote à échelle industrielle devrait être prochainement inaugurée dans le delta du Rhône. Il a fallu moins de 10 ans à la start-up Sweetch Energy, en collaboration avec la Compagie Nationale du Rhone et EDF Hydro pour mettre au point ce projet reposant sur le principe de la diffusion ionique nano-osmotique.

Voir https://www.bdi.fr/fr/sweetch-energy-deploie-filiere-energie-osmotique/

Cette centrale pilote de quelques centaines de m2 devrait générer 4 terawattheures, de quoi alimenter en électricité 2 millions d’habitants.

Pour en savoir plus, voir
SCIENCES et AVENIR, oct 2024 p 60
voir aussi
https://www.meretmarine.com/fr/energies-marines/energie-osmotique-le-potentiel-est-gigantesque

21/09/2024. Imprimer un local commercial en trois dimensions

C’est ce que propose aujourd’hui la société américaine Alquist 3 D. Celle-ci vient d’annoncer qu’en partenariat avec le grand distributeur Walmart, elle venait de réaliser le plus grand local commercial connu à ce jour présentant la particularité d’avoir été imprimé en 3 dimensions dans un ciment résistant aux séismes. Les imprimantes étaient de petits bétonneuses capables d’opérer au ras du sol comme au sommet des murs grâce à des « jambes » réglables en hauteur suivant les instructions données par le programme. Apparemment rien n’était prévu pour incorporer au local un plafond résistants aux intempéries.

S’agira-t-il de l’amorce d’une révolution dans l’immobilier, chacun pouvant à terme demander à des robots de leur concevoir et réaliser en 3 dimensions des locaux d’habitation répondant aux spécifications les plus exigeantes ? A prori cela n’aurait rien d’impossible, concernant du neuf réalisé en dehors des villes ou des quartiers existants.

On voit mal au contraire de tels robots opérant dans un habitat urbain déjà en place. Les architectes ne sont pas menacés de chômage.

Selon Alquist « In December of 2021, Alquist became synonymous with 3D concrete printing (3DCP) by completing the first owner-occupied 3D printed home in the world.  Alquist uses 3D printing technology to create exceptional designs while lowering the cost of housing and infrastructure. After 6+ years of research, and working with multiple machines and materials, Alquist continues to be a leader in the industry.

Alquist’s approach to 3DCP has been unique in our emerging industry. As 3DCP continued to emerge, Alquist took the route of becoming a construction company – as opposed to a manufacturer. Our goal is to become experts on a wide variety of printers, materials, and methods to expand our understanding and gain insightful knowledge of the best practices for the future of this industry. Alquist is the only 3DCP company that knows to work directly with local city officials, passcode and permitting, and successfully print a home using multiple printers and/or materials.

Note.

La méthode n’est pas innovante. https://www.youtube.com/watch?v=dJIzlgT0e8E

Mais en France elle n’avait pas vraiment décollé.

20/09/2024. Des scientifiques ont « vu » la gravité pour la première fois

Nous ne doutons pas de l’existence de la force de gravité ou gravitation. C’est grâce à elle que les objets que nous lâchons tombent au sol et souvent se brisent. C’est aussi grâce à elle, plus concrètement nous nous tenons debout.

Rappelons qu’en 1905 Albert Einstein publie la théorie de la relativité restreinte. Dix ans plus tard, c’est la relativité générale qui lui succède. Depuis plus d’un siècle, ces grandes lois régissent le fonctionnement de notre compréhension de l’univers. Souvent remise en question, elles n’ont été contredites qu’à de rares occasions. L’une d’elles a d’ailleurs valu le prix Nobel au français Alain Aspect.

Malgré l’épreuve du temps, les théories d’Einstein sont toujours au cœur de l’actualité scientifique, notamment le concept de la « gravitation »
Aujourd’hui, pour mieux appréhender ce concept, des scientifiques ont voulu « voir » la gravité à l’œuvre. Ils ont à cette fin construit une expérience grandeur nature.

Concrètement, ils ont préparé  une barre d’aluminium de 1,8 tonne. Ils se sont ensuite efforcé de la refroidir autant que possible (pour atteindre son état quantique le plus bas). La dernière étape de cette expérience a été de lancer des ondes gravitationnelles produites expérimentalement en laboratoire sur le cylindre d’aluminium.

Avec la force de la gravité, l’objet allait se déformer par endroit. Ces légers changements devaient permettre de mieux comprendre comment la gravité agit sur des éléments de base. C’est bien ce qui s’est produit.

Les détails de ces travaux de recherche ont été publiés au début du mois dans la revue Nature. C’est le physicien Germain Tobar de l’Université de Stockholm qui est à l’origine de la rédaction de cet article. On peut en retrouver ci-dessous les références et l ‘abstract.

L’article est accessible dans sa version complète ici

Ce travail sur la gravité n’est pas seulement de la recherche fondamentale. Mieux comprendre la gravité permettrait aux scientifiques de la relier aux autres forces connues, qui agissent sur l’infiniment petit.

Les avancées scientifiques de l’entre deux-guerre avaient permis deux avancées majeures.La première, nous l’avons vu plus haut, c’est  la théorie de la relativité générale d’Einstein. La seconde, ce sont les lois de la physique quantique . Ces dernières régissent la façon dont les particules agissent à des échelles microscopiques.

Depuis près d’un siècle, les scientifiques du monde entier tentent de relier ces deux mondes, que tout oppose. Il s’agirait de trouver une théorie qui fonctionne à la fois pour l’infiniment grand et l’infiniment petit. Baptisée « théorie du tout », ce concept scientifique n’a pas encore livré tous ses secrets, mais la communauté scientifique espère que des expériences sur la gravité permettront de relier ces deux mondes

Référence

nature  

  1. nature communications  
  2. articles  
  • Published: 22 August 2024
  • Detecting single gravitons with quantum sensing

Nature Communications 

volume15, Article number: 7229 (2024) 

Abstract

The quantization of gravity is widely believed to result in gravitons – particles of discrete energy that form gravitational waves. But their detection has so far been considered impossible. Here we show that signatures of single graviton exchange can be observed in laboratory experiments. We show that stimulated and spontaneous single-graviton processes can become relevant for massive quantum acoustic resonators and that stimulated absorption can be resolved through continuous sensing of quantum jumps. We analyze the feasibility of observing the exchange of single energy quanta between matter and gravitational waves. Our results show that single graviton signatures are within reach of experiments. In analogy to the discovery of the photo-electric effect for photons, such signatures can provide the first experimental clue of the quantization of gravity.

20/09/2024 Détection d’un rayon cosmique d’une énergie exceptionnelle

Un rayon cosmique de très haute énergie provenant du vide cosmique a été détecté par les astronomes à un niveau rarement atteint : 240 exa-électron-volts soit plus d’un million de fois supérieur à celui obtenu par les accélérateurs de particules artificiels

La revue Science a publié sur ce sujet un article en date du 23 novembre 2023 dont nous reprenons in fine les références et l’abstract.

Pour se représenter le phénomène, il faut s’intéresser à deux aspects :

  • la composition du rayon cosmique  (protons, noyaux d’hélium, noyaux d’atomes plus lourds etc…) qui proviennent du cosmos,mais aussi du soleil.
  • et son parcours. Ils viennent de notre galaxie et même au-delà 

Certains pénètrent le système solaire, et même l’atmosphère terrestre au niveau de la Terre comme le rayon cosmique surpuissant détecté en 2021 dans le désert de l’Utah et nommé Amaterasu, du nom de la déesse du soleil dans la mythologie japonaise. Pour détecter ces phénomènes, il faut avoir des  instruments dotés de vastes zones de collecte. C ’est le cas dans le désert de l’Utah, avec le télescope Array.

Les compteurs se sont affolés en 2021 en constatant qu’Amaterasu était le deuxième rayon cosmique le plus doté en énergie jamais enregistré, après le bien nommé « Oh my god » détecté en 1991

En plus de l’observatoire américain, il existe un autre détecteur mesurant les rayons cosmiques : l’observatoire Pierre-Auger, en Argentine. Et l’analyse des deux écoles ne concorde pas. « Les deux observatoires détectent ces rayons cosmiques mais ils ne sont pas d’accord sur la mesure exacte de leur énergie. Le flux des rayons cosmiques ultra-énergétiques est de l’ordre d’une particule par siècle et par kilomètre carré de détecteur. Le réseau de l’Utah couvre une surface de 700 kilomètres carrés. Il devrait donc détecter environ 700 rayons cosmiques ultraénergétiques par siècle. »

Moins le rayon cosmique est doté en énergie, plus la fréquence de détection s’accélère. « En énergie, il y a 14 ordres de grandeur. Niveau flux, il y en a 30. Les particules de plus basse énergie sont beaucoup plus fréquentes, de l’ordre de plusieurs par secondes et par centimètre carré .

Pour l’heure, Amaterasu pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, notamment sur sa provenance. Les astronomes ont essayé de remonter à l’origine du rayon. Sans succès. Ils en ont déduit que le rayon cosmique venait d’une sorte de no man’s land dans l’espace, sans vraiment de galaxie identifiée ou de trous noirs massifs.

Mais cette conclusion invite à la prudence. On ne connaît pas bien la composition d’Amaterasu, or celle ci donne des indications sur le parcours du rayon. Il y a aussi une incertitude sur le calcul de son énergie. Enfin, les particules chargées sont déviées par le champ magnétique de notre galaxie.

D’autres hypothèses sur la provenance des rayons cosmiques sont étudiées par les scientifiques. Avec la matière « accrétée » par des trous noirs massifs au centre des galaxies, la formation « de jets de matière à très grande vitesse » pourrait produire des rayons cosmiques.

Une autre piste  suggère que ces rayons proviennent de galaxies très actives avec beaucoup d’étoiles qui se forment et qui explosent. Dans l’activité de ces galaxies, il peut se produire des rayons cosmiques de très haute énergie.

Une chose est sûre. C’est en découvrant et en analysant des rayons cosmiques rares comme Amaterasu que les chercheurs viendront à bout du mystère.

Référence

Research Article
ASTROPARTICLE PHYSICS

An extremely energetic cosmic ray observed by a surface detector array

Telescope Array Collaboration

Science

23 Nov 2023 Vol 382, Issue 6673pp. 903-907

DOI: 10.1126/science.abo5095&

  • Editor’s summary

Cosmic rays are charged particles from space. At low energies, they mostly originate from the Sun, whereas at high energies, they are expected to be emitted by nearby active galaxies. The Telescope Array Collaboration now reports the detection of a cosmic ray event with an energy of about 240 exa–electron volts, more than a million times higher than that achieved by artificial particle accelerators. Such high-energy particles should experience only small deflections by foreground magnetic fields, but tracing back the arrival direction shows no obvious source galaxy. The authors suggest that the foreground magnetic fields might be stronger than expected, or there could be unknown particle physics at high energies. —Keith T. Smith

Abstract

Cosmic rays are energetic charged particles from extraterrestrial sources, with the highest-energy events thought to come from extragalactic sources. Their arrival is infrequent, so detection requires instruments with large collecting areas. In this work, we report the detection of an extremely energetic particle recorded by the surface detector array of the Telescope Array experiment. We calculate the particle’s energy as 244±29 stat. −76+51syst. exa–electron volts (~40 joules). Its arrival direction points back to a void in the large-scale structure of the Universe. Possible explanations include a large deflection by the foreground magnetic field, an unidentified source in the loc al extragalactic neighborhood, or an incomplete knowledge of particle physics.

20/09/2024 Homo naledi enterrait-il ses morts ?

Homo naledi est une espèce éteinte d’hominines découverte en 2013 en Afrique du Sud par le paléoanthropologue américain Lee Rogers Berger. La découverte fut annoncée en septembre 2015. Les fossiles ont été trouvés dans les Grottes de Rising Star, près de Johannesbourg, en Afrique du Sud. La découverte et l’analyse de nouveaux restes trouvés dans une seconde chambre a été faite en mai 2017 par John Hawks.

Homo naledi présente des traits le rapprochant du genre Australopithecus, avec notamment une petite taille et un faible volume crânien, mais aussi le rapprochant des premiers représentants du genre Homo, avec lesquels il partage d’autres caractéristiques. Il vivait il y a environ 250.000 ans. Ceci en fait un contemporain des premiers Hommes mais aussi des derniers Néandertaliens.

Il possédait un petit cerveau typique des premiers hominiens. Il apparu qu’il utilisait le feu sans doute pour s’éclairer ou se chauffer dans les caves humides et froides dans lesquelles il vivait.

En juin 2023 éclata une controverse entre chercheurs sur le point de savoir s’il utilisait du feu pour s’éclairer ou se chauffer dans ces caves . De même enterrait il ses morts ? Voir ci dessous un article publié à cette occasion.

La controverse est venu du fait qu’il a été reproché à certains de ces chercheurs de n’avoir pas soumis leurs articles au traditionnel contrôle par les pairs (pair review) d’usage en ces occasions. Un autre élément de controverse tient au fait que les auteurs de l’étude se firent accompagner de cinéastes qui on depuis publié un documentaire intitulé « Unknown Cave of Bones » https://www.netflix.com/title/81473682

Référence

No scientific evidence that Homo naledi buried their dead and produced rock art

https://doi.org/10.1016/j.jhevol.2023.103464G

Introduction

The Rising Star Cave system has yielded a stunning concentration of hominin remains estimated to belong to more than 15 individuals representing all age groups, assigned to a new species, Homo naledi (Berger et al., 2015; Dirks et al., 2015). Previous publications (e.g., Dirks et al., 2015; Randolph-Quinney, 2015), as well as popular interviews with the team leaders have suggested that H. naledi was engaged in deliberate disposal of the dead. However, other researchers have cited geological, taphonomic and paleontological evidence to suggest that natural formation scenarios may account for skeletal accumulations, such as a natural death trap, water transport of bodies/body parts and carnivore activity (e.g., Val, 2016; Stiner, 2017; Egeland et al., 2018; Pettitt, 2022).

In June of 2023, the journal eLife hosted three reviewed pre-prints by the Rising Star research team claiming that the Dinaledi and Hill Antechamber skeletal remains indicate deliberate burial practices and the production of associated rock art (Berger et al., 2023a, 2023b; Fuentes et al., 2023)1. Both the reviewed and previously unreviewed pre-prints were accompanied by a strong media campaign that quickly spread the revolutionary idea that the small-brained (∼450–600 cc) hominins found deep in the Rising Star Cave system were capable of complex funerary behaviors equivalent to those attributed to larger-brained (∼1400 cc) hominin species, Homo sapiens and Homo neanderthalensis. The media hype that accompanied both the unreviewed and reviewed, though currently unmodified, pre-prints at the time of this writing, triggered strong public controversy and an immediate debate about ‘modern human behavior’ but also about the way in which scientific work is communicated and perceived by the public (e.g., Gibbons, 2023; Petraglia et al., 2023; Zimmer, 2023). Here we will examine the evidence for the alleged burials and the purported rock art presented in the three reviewed pre-prints together with a consideration of the open reviews published alongside them. The peer reviews were unanimous in considering the evidence inadequate in its present form. Despite this, these versions remain available and communicated to the press and social media without yet integrating any of the referee’s comments.

Here we argue that the evidence presented so far is not compelling enough to support the deliberate burial of the dead by H. naledi nor that they made the purported engravings. Substantial additional documentation and scientific analyses are needed before we can rule out that natural agents and post-depositional processes are responsible for the accumulation of bodies/body parts and to prove the intentional excavation and filling of pits by H. naledi. Moreover, detailed analyses are needed to demonstrate that the so-called ‘engravings’ are indeed human-made marks and that, like the purported evidence of fire use, they can be securely linked to H. naledi. Our commentary also offers a brief insight on the state of the field regarding the importance of responsible social communication and the challenges brought by new models of scientific publication.

19/09/2024 Sabotage par Israël de téléphones portables au Liban

Selon le Pr Clive Jones, directeur de l’Institute for Middle Eastern and Islamic Studies de l’université de Durham (Royaume-Uni)., le sabotage par Israël à distance de téléphones portables ou bipeurs de militants du Hezbolla qui ont explosé le mardi 17 septembre au Liban, a tué plus de 10 personnes et blessé des milliers de membres de la milice libanaise pro-iranienne.

Comment va riposter la milice chiite libanaise qualifiée de terroriste par les autorités européennes et nord-américaines, mais soutenue par l’Iran. Le régime des Mollah a laissé ce soin au Hezbollah lui-même. Il promet de punir Israël. L’ ambassadeur de l’Iran au Liban figure parmi les 2 800 personnes blessées dans l’explosion de leurs bipeurs.

Sur le front diplomatique, Washington s’est directement adressé à l’Iran, mercredi, pour lui demander d’éviter une « escalade » du conflit. En effet, les États-Unis, tout comme Israël et le reste du monde, savent qu’en frappant le Hezbollah, c’est aussi le pouvoir iranien qui est atteint par contre coup dans son image de chef d’un réseau de milices régionales qui lui sont affiliées, estime Clive Jones,

En premier lieu, l’Iran est souvent perçue comme une sorte de chef d’orchestre contrôlant en coulisses les mouvements comme le Hezbollah, les Houthis au Yémen ou encore le Hamas à Gaza. À ce titre, le fait que des bipeurs probablement piégés par les services de renseignement israéliens aient pu arriver entre les mains du Hezbollah pour y exploser peut être perçu comme une faillite majeure des services de sécurité iraniens

On peut penser en effet que l’Iran soit intervenue dans la commande des nouveaux bipeurs censés assurer la sécurité des communications entre les militants du Hezbollah. 

Dans cette hypothèse, les services de renseignement israéliens ont probablement réussi à identifier qui, en Iran, était en charge de superviser le choix des bipeurs et qui devait suivre l’acheminement du matériel »

En outre, mettre en place une opération aussi sophistiquée et inédite a du demander au moins six mois de préparation et d’exécution à Israël, estime Clive Jones. Autrement dit, « Il lui a fallu activer des réseaux humains à la fois au Liban et en Iran pendant un certain temps pour s’assurer que le plan se déroule correctement ».

Si se vérifiait l’hypothèse d’une faillite du renseignement iranien – qui aurait, par exemple, mal vérifié l’intégrité des bipeurs, cela pourrait « créer des tensions et des problèmes de confiance entre le Hezbollah et l’Iran« , estime Shahin Modarres.

Il s’agirait alors d’un coup dur supplémentaire porté à la capacité du renseignement iranien à rivaliser avec celui d’Israel. « On savait déjà que l’appareil sécuritaire iranien n’avait pas beaucoup de mystère pour les services de renseignement israélien« , affirme Mesrob Kassemdjian, spécialiste du Moyen-Orient et du Hezbollah au SOAS (École des études orientales et africaines) à l’université de Londres.

Il rappelle, en effet, que dès 2017, Israël s’était targué d’avoir subtilisé à l’Iran des documents secrets relatifs au programme nucléaire. Ensuite, entre 2010 et 2020, plusieurs scientifiques iraniens ont été assassinés à l’intérieur du pays, probablement par des agents israéliens. Enfin, en juillet 2024, le chef politique du Hamas Ismaïl Haniyeh a été tué à Téhéran.

Mais le renseignement israélien avait peu de temps auparavant manifesté une incompétence qui avait beaucoup fai parle. Il n avais pas été capable de prévoir le massacre dans des conditions horribles de centaines de jeunes gens israéliens faisant la fête dans une rave party.

https://www.tvanouvelles.ca/2023/10/09/les-details-horribles-du-massacre-de-260-fetards-en-israel-par-le-hamas

18/09/2024 Hommage à Boualem Samsal

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, nous empruntons à Wikipedia cette bonne présentation

https://fr.wikipedia.org/wiki/Boualem_Sansal

Boualem Sansal, né le 15 octobre 1949 à Theniet El Had, petit village des monts de l’Ouarsenis, est un écrivain algérien d’expression française, principalement romancier mais aussi essayiste. Censuré en Algérie à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place, il publie ses ouvrages dans d’autres pays tels que la France ou l’Allemagne. Il est le lauréat de plusieurs prix littéraires, dont le grand prix du roman de l’Académie française 2015 pour son roman 2084 : la fin du monde.

Le père de Boualem Sansal, Abdelkader Sansal, est issu d’une famille aisée du Rif ayant fui le Maroc pour l’Algérie, et sa mère Khadjidja Benallouche a reçu une éducation et une instruction « à la française »1. Boualem Sansal a une formation d’ingénieur de l’École nationale polytechnique d’Alger ainsi qu’un doctorat d’économie.

Il a été enseignantconsultantchef d’entreprise et haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie algérien. Il est limogé en 2003 pour ses prises de position critiques contre le pouvoir en place particulièrement contre l’arabisation de l’enseignement2.

Son ami Rachid Mimouni (1945-1995) l’encourage à écrire. Boualem Sansal, bien que grand lecteur, ne se vouait pas à l’écriture. Il commence pourtant à écrire en 1997, alors que la guerre civile algérienne bat son plein. Il cherche à entrer dans l’esprit de ses compatriotes, pour tenter de comprendre puis d’expliquer ce qui a mené à l’impasse politique, sociale et économique de son pays, et à la montée de l’islamisme3.

En 1999, il publie son premier roman, Le Serment des barbares, qui reçoit le prix du premier roman et le prix Tropiques. Il y écrit :

« L’Université […], elle enseigne en arabe, ce qui se conçoit, à des étudiants qui ne pratiquent que leur langue et c’est marre

4 : l’algérien, un sabir fait de 

tamazight, d’un arabe venu d’ailleurs, d’un 

turc médiéval, d’un français XIXe et d’un soupçon d’anglais new-age

5. »

Cet ouvrage connaît un très grand succès de librairie : Boualem Sansal est invité au printemps 2000 au festival du premier roman de Chambéry et, en été, au festival « Les Nuits & les Jours » de Querbes. Depuis, il multiplie les rencontres avec ses lecteurs, en France ou en Allemagne.

Son livre Poste restante, Alger, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté2, mais il décide de rester en Algérie. Il publie Petit éloge de la mémoire, récit épique de l’aventure berbère.

En 2003, Boualem Sansal est rescapé du séisme meurtrier qui a touché sa région à Boumerdès. Après avoir été porté disparu pendant un certain temps, il est retrouvé grâce à un appel lancé par la télévision algérienne.

Son troisième romanDis-moi le paradis, publié en France en 2003, est une description de l’Algérie post-coloniale, à travers les portraits de personnages que rencontre le personnage principal, Tarik, lors de son voyage à travers ce pays. Le ton est très critique envers le pouvoir algérien, se moquant de Boumédiène, critiquant ouvertement la corruption à tous les niveaux de l’industrie et de la politique, l’incapacité à gérer le chaos qui a suivi l’indépendance, et attaquant parfois violemment les islamistes. Ce livre est l’une des raisons qui conduisent le pouvoir à limoger l’auteur de son poste au ministère algérien de l’Industrie.

En 2005, s’inspirant de son histoire personnelle, il écrit Harraga6 (harraga signifie « brûleur de route », surnom que l’on donne à ceux qui partent d’Algérie, souvent en radeau dans des conditions dramatiques, pour tenter de passer en Espagne). Pour la première fois, les personnages principaux sont deux femmes : Lamia, médecin pédiatre qui vit dans la misère à Alger, et Cherifa qu’elle recueille alors que cette dernière est enceinte de cinq mois7. Encore une fois, le ton est très critique envers le pouvoir algérien8 : l’argent du pétrole coule à flots, mais l’argent étant accaparé par une minorité de dirigeants, le peuple est dans la misère et les jeunes vont tenter leur chance ailleurs, pendant que ceux qui ne peuvent pas partir restent dans la misère et la peur.

Son roman Le Village de l’Allemand, sorti en janvier 2008, est censuré en Algérie, car il fait le parallèle entre islamisme et nazisme. Le livre raconte l’histoire du SS Hans Schiller, qui fuit en Égypte après la défaite allemande, et se retrouve ensuite à aider l’Armée de libération algérienne, pour finalement devenir un héros de guerre et se retirer dans un petit village perdu9. Le livre s’inspire d’un destin réel, découvert par la presse dans les années 1980.

En mars 2008, il choisit de se rendre au Salon du livre de Paris, malgré la polémique soulevée dans le monde arabe quant au choix d’Israël comme invité d’honneur et l’appel au boycott venant des pays arabes et de certains intellectuels10. Il s’en explique par la formule :

« Je fais de la littérature, pas la guerre », ajoutant : « La littérature n’est pas juive, arabe ou américaine, elle raconte des histoires qui s’adressent à tout le monde

10. »

Ce choix aggrave sa situation en Algérie.

En 2011, il publie un livre très personnel, écrit trois mois après la mort de sa mère11. Ce nouveau roman, Rue Darwin, est l’histoire d’une famille prise dans la guerre d’Algérie et dont le personnage de Yaz ressemble beaucoup à Sansal ; la rue Darwin est une rue où l’auteur a vécu dans son enfance, à cent mètres de la maison d’Albert Camus11.

En février 2012, il fait partie du jury de la Berlinale 2012, sous la présidence de Mike Leigh12 et, en mai de la même année, participe à la troisième édition du Festival international des écrivains à Jérusalem, suscitant de nombreuses critiques dans le monde arabe13,14. Il fait un récit plein d’humour de son voyage15.

En 2018, il participe à l’écriture d’un ouvrage commun, Le Nouvel Antisémitisme en France, sous la direction de Philippe Val, dans lequel il écrit que le gouvernement français participe « au plan de conquête de la planète par la soumission de ses habitants à l’islam », ce que lui reproche Nicolas Lebourg16, chercheur et membre à l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès17.

Il publie une nouvelle fable futuriste et prophétique, Le Train d’Erlingen ou La Métamorphose de Dieu chez Gallimard, réflexion sur les crises migratoires et la montée en puissance de l’islamisme en Europe. Il déclare :

« Oui, l’Europe a peur de l’islamisme, elle est prête à tout lui céder. […] La réalité en boucle n’a pas d’effet sur les gens, en apparence du moins. On l’a vu en Algérie durant la décennie noire : les gens qui, au début, s’émouvaient pour une victime du terrorisme ont fini après quelques mois de carnage par ne ressentir d’émotion que lorsque le nombre des victimes par jour dépassait la centaine, et encore devaient-elles avoir été tuées d’une manière particulièrement horrible. Terrible résultat : plus les islamistes gagnaient de terrain et redoublaient de cruauté, moins les gens réagissaient. L’info tue l’info, l’habitude est un sédatif puissant et la terreur, un paralysant violent

18. »

En 2011, Boualem Sansal habite près d’Alger, dans la ville de Boumerdès11.

Prix littéraires[

  • En 1999, il est le lauréat du Prix du premier roman et du Prix des Tropiques pour son roman Le Serment des barbares
  • En 2007, il reçoit le prix Édouard-Glissant19, destiné à honorer une œuvre artistique marquante de notre temps selon les valeurs poétiques et politiques du philosophe et écrivain Édouard Glissant.
  • En 2008, il est lauréat du grand prix RTL-Lire pour son roman Le Village de l’Allemand.
  • Le 9 juin 2011, il remporte le prix de la paix des libraires allemands, pour la manière dont il « critique ouvertement la situation politique et sociale de son pays20. »
  • En 2012, il reçoit le prix du roman arabe pour son livre Rue Darwin, avec l’opposition des ambassadeurs arabes qui financent le prix21,22. Il reçoit aussi le prix du roman-news pour ce même roman.
  • Le 13 juin 2013, l’Académie française lui décerne le grand prix de la francophonie23. Il reçoit cette même année le prix Jean-Zay pour son essai Gouverner au nom d’Allah.
  • Il obtient en 2015 le Grand prix du roman de l’Académie française pour son roman 2084 : la fin du monde publié chez Gallimard. Ce roman de science-fiction crée un monde fondé sur l’amnésie et la soumission à un dieu unique. Inspiré par 1984 d’Orwell, le pouvoir religieux extrémiste a lancé une nouvelle langue, l’abilang : « L’abilang n’était pas une langue de communication comme les autres puisque les mots qui connectaient les gens passaient par le module de la religion. »
  • En 2018, il reçoit le prix international de la laïcité de l’association française Comité Laïcité République24.
  • Le 23 avril 2022, il reçoit le Prix Méditerranée pour son roman Abraham ou La cinquième Alliance, troisième écrivain algérien à le recevoir après Tahar Djaout et Kamel Daoud, trois écrivains engagés contre les excès du pouvoir algérien ou de l’islamisme25.
  • Le 4 juin 2023, il reçoit le prix de la Licra (fédération de Paris) et, le 15 juin 2023, il reçoit le prix Constantinople à Paris pour l’ensemble de son oeuvre.
  • Engagements et prises de position

Du 6 au 8 octobre 2012, Boualem Sansal et l’écrivain israélien David Grossman se retrouvent à Strasbourg, avec le soutien du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, et lancent « L’appel de Strasbourg pour la paix » dans le cadre du 1er Forum mondial de la démocratie organisé par le Conseil de l’Europe. Près de 200 écrivains venant de cinq continents ont depuis signé cet appel, et se sont déclarés prêts à s’engager pour faire progresser la paix et la démocratie partout dans le monde.

Sansal est connu pour ses propos critiques envers toute forme de religion, et l’islam en particulier :

« La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L’islam est devenu une loi terrifiante, qui n’édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu’il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l’islam

11. »

Il met régulièrement en garde contre la progression de l’islamisme, particulièrement en France. À la fondation Varenne, le 13 décembre 2016, il déclare :

« [Les Algériens sont] inquiets parce qu’ils constatent jour après jour, mois après mois, année après année, que la France ne sait toujours pas se déterminer par rapport à l’islamisme : est-ce du lard, est-ce du mouton, est-ce de la religion, est-ce de l’hérésie ? Nommer ces choses, elle ne sait pas, c’est un souci. Pendant ce temps, le boa constrictor islamiste a largement eu le temps de bien s’entortiller, il va tout bientôt l’étouffer pour de bon

26. »

Il écrit : « La vérité se tient mieux dans le silence27 » ; ainsi que : « Dieu appartient à qui s’approprie son message28. » Et, dans 2084 : la fin du monde : « La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n’est plus fort qu’elle pour faire détester l’homme et haïr l’humanité. »

Sansal est très critique envers les pouvoirs :

« 

Bouteflika est un autocrate de la pire espèce […] C’est pourtant lui que les grandes démocraties occidentales soutiennent et à leur tête la 

France de Sarkozy10. » Il ajoute : « Je pense souvent à l’exil mais où, chez Bush, chez Sarkozy ? Remplacer un malheur par un autre n’est pas ce qu’on peut appeler une bonne décision 10. »

Et, dans Dis-moi le paradis, il s’en prend aussi à « la bêtise souveraine » :

« Vinrent les guerres, toutes les guerres, les mouvements de population, les holocaustes, les famines, les déclarations solennelles, les liesses propices aux mensonges, les longues attentes sur le qui-vive, puis les guerres reprirent, les clivages de fer, les vieilles haines ressuscitées, les exils, les exodes, et encore les mots qui blessent, les mots qui tuent, les mots qui nient. Mais toujours, inchangée dans la 

guerre ou la 

paix de l’entre-deux, marchant en tête, discourant à perte de vue, pontifiante et grossière : la bêtise souveraine

29. »

En décembre 2023, il est signataire de la tribune controversée N’effacez pas Gérard Depardieu visant notamment à défendre la présomption d’innocence de Gérard Depardieu, alors accusé de violagression sexuelle et harcèlement sexuel30.

Œuvres

[

Romans

Nouvelles

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  • 2001 : La Voix, Gallimard / Le Monde
  • 2004 : La Femme sans nom, Littera et l’Aube
  • 2005 : « La Vérité est dans nos amours perdues », dans Des nouvelles d’Algérie, éd Métailié
  • 2005 : « Homme simple cherche évènement heureux », Le Monde
  • 2005 : « Tous les bonheurs ne valent pas le déplacement », Magazine des Beaux Arts
  • 2006 : « La Terrible Nouvelle », Le Monde
  • 2008 : « Ma mère » in Ma mère (collectif), Chèvrefeuille étoilée
  • 2008 : Rendez-vous à Clichy-sous-Bois : Mohand ou La mort au coin de la rue in Des nouvelles de la banlieue (collectif), Textuel/Ivre d’images

Essais

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  • 2006 : Poste restante : Alger : lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, éd. Gallimard, « Folio » n° 4702
  • 2007 : Petit éloge de la mémoire : quatre mille et une années de nostalgie, éd. Gallimard, « Folio » n° 4486
  • 2013 : Gouverner au nom d’Allah : islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe, éd. Gallimard
  • 2017 : L’Impossible Paix en Méditerranée, avec Boris Cyrulnik, dialogue animé par José Lenziniéditions de l’Aube
  • 2020 : France-Algérie, résilience et réconciliation en Méditerranée, avec Boris Cyrulnik, dialogue , éditions Odile Jacob, (I