28/11/2024 L’hypothèse du miroir. L’univers serait accompagné d’un « anti-univers »

L’Univers semble plus simple que ce que les théories actuelles ne l’imaginent. Les observations récentes, des vastes étendues cosmiques aux plus petites particules, ne révèlent pas la complexité attendue par les scientifiques. Ce constat remet en question les grands modèles de la cosmologie moderne, comme la théorie des cordes et l’inflation cosmique.

Depuis des décennies, la théorie des cordes suggère que l’Univers est composé de minuscules boucles de matière en vibration. Mais pour fonctionner, elle introduit des dimensions supplémentaires de l’espace, invisibles et repliées sur elles-mêmes. L’inflation, de son côté, propose que l’Univers aurait connu une expansion fulgurante juste après le Big Bang. Ceci expliquerait pourquoi il semble aussi uniforme. Cependant, malgré leurs qualités théoriques, ni l’une ni l’autre de ces hypothèses n’a reçu de preuves concrètes jusqu’à présent.

Deux physiciens, dont Latham Boyle, proposent une alternative simple et audacieuse: un Univers symétrique où le Big Bang aurait créé un « reflet temporel ». Dans leur hypothèse du « miroir », l’Univers serait accompagné d’un anti-univers, évoluant en sens inverse dans le temps, tout en respectant une symétrie appelée CPT, un principe qui équilibre la matière et l’antimatière dans le temps et l’espace.

Ce modèle du « miroir » pourrait expliquer plusieurs énigmes de la cosmologie moderne. Il donnerait, par exemple, une réponse élégante à l’énigme de la matière noire. Selon cette réponse, des particules hypothétiques appelées neutrinos « droitiers », invisibles sauf par leur influence gravitationnelle, pourraient constituer cette matière. Et cette hypothèse est vérifiable: si elle est exacte, un des trois types de neutrinos connus devrait être sans masse, une propriété en cours d’examen par les chercheurs.

Les chercheurs se sont aussi intéressés à la question de l’entropie, un concept lié à l’organisation de l’Univers. Selon eux, un Univers simple, plat et en expansion, comme celui que nous observons, serait l’état le plus probable et le plus stable. Cette approche, fondée sur des calculs de probabilité, pourrait expliquer pourquoi notre Univers est aussi uniforme, sans avoir besoin de recourir à l’inflation.

Mieux encore, des variations quantiques dans cet Univers « miroir » suffiraient à expliquer la formation des structures observées, comme les galaxies, sans engendrer d’ ondes gravitationnelles jusqu’à maintenant non détectées de façon incontestable.

Référence

[Submitted on 5 Aug 2024]

On Interstellar Quantum Communication and the Fermi Paradox

Latham Boyle

Since it began \cite{CocconiMorrison}, the search for extraterrestrial intelligence (SETI) has focused on interstellar \emph{classical} communication. Recently, Berera \cite{Berera:2020rpl} pointed out that, at certain frequencies, photon qubits can retain their quantum coherence over interstellar (and even intergalactic) distances, raising the prospect of interstellar \emph{quantum} communication. This is an intriguing possibility, since quantum communication permits certain tasks that would be impossible with classical communication, and allow exponential speed-ups for others. (We suggest some motivations in the interstellar context.) But quantum coherence alone is not sufficient for quantum communication: here, for the first time, we analyze the \emph{quantum capacity} Q of an interstellar channel. We point out that, to have non-zero quantum capacity Q>0, interstellar communication over a distance L must use wavelengths λ<26.5cm (to avoid depolarization by the cosmic microwave background), and \emph{enormous} telescopes of effective diameter D>0.78λL−−−√ (to satisfy quantum erasure constraints). For example, for two telescopes of diameter D on Earth and Proxima Centauri, this implies D>100km! This is a technological threshold that remains to be crossed in order for reliable one-way quantum communication to become possible, and suggests a fundamental new resolution of the Fermi paradox.


The Fermi paradox is the discrepancy between the lack of conclusive evidence of advanced extraterrestrial lifeand the apparently high likelihood of its existence

27/11/2024 Des Rafale F5 et des drones de combat pour la Marine française

En juillet 2021, l’amiral Vandier , chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], s’était inquiété d’une possible réduction de la flotte de chasseurs-bombardiers embarqués Rafale Marine [ou RFM] dans les années à venir, en raison de l’usure des appareils les plus anciens [ceux entrés en service en 2002.

Rappelons que la Marine nationale fut la première à mettre en œuvre des Rafale F1 dotés uniquement de capacités air-air en 2001. Actuellement, elle en possède 42 exemplaires, portés au standard Rafale Marine F3R.

« Nous sommes vigilants quant à l’âge moyen de notre flotte [17 ans à l’époque] afin qu’il ne diverge pas trop de celui l’armée de l’Air [alors de 12 ou 13 ans], ce qui nous exposerait à des problèmes de communauté de flotte », avait-il insisté

Mais la LPM 2024-30 avait fait l’impasse sur le renouvellement partiel des Rafale M F3R de la Marine étant donné qu’il avait été décidé de donner la priorité à d’autres dépenses;

Entré en service en 2002, le Rafale Marine, aujourd’hui au standard F3, est l’avion de combat le plus moderne en service en France (certains disent dans le monde). Avion polyvalent doté d’une capacité d’intervention à long rayon d’action avec ravitaillement en vol, il s’agit d’une arme adaptable destinée à une grande diversité de missions :

  • pénétration et attaque au sol par tous les temps
  • capacité de ravitailleur
  • attaque à la mer par tous temps et à distance de sécurité
  • reconnaissance tactique et stratégique
  • dissuasion nucléaire.

La Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 étant en cours d’élaboration, l’amiral Vandier souligna de nouveau la nécessité de renouveler une partie des Rafale M lors de ses auditions parlementaires liées à l’armée de l’Air et de l’Espace, afin, notamment, de lui permettre de remplacer les appareils prélevés sur sa dotation pour honorer les contrats conclus avec la Grèce et la Croatie. C’est pourquoi par compensation tous les Rafale commandés au titre des 4e et 5e tranches de production [82 avions au total] lui seront destinés.

La Marine avait plaidé pour être la première servie quand l’avion de combat de nouvelle génération [NGF, New Generation Fighter], issu du programme SCAF [Système de combat aérien du futur], serait opérationnel. Mais ceci ne devrait pas être le cas avant… 2040.

C’était sans compter sur le standard F5 du Rafale, dont le développement a été confirmé par la LPM 2024-30. Devant être capable d’emporter le futur missile de croisière à capacité nucléaire ASN4G, le Rafale F5 sera très différent des précédents standards. En effet le radar, les contre-mesures électroniques et le calculateur nécessaire à la connectivité auront été modernisés . Les capacités de calcul permettant de traiter des centaines de milliers d’informations nécessitent un câblage que le Rafale actuel n’est pas capable de supporter.

En octobre 2024, le ministère des Armées a annoncé que les premières commandes relatives au développement du Rafale F5 ainsi qu’à celui du drone de combat [UCAV] censé l’accompagner avaient été récemment notifiées aux industriels concernés.

Le programme « Rafale F5 » donnera l’opportunité à la Marine nationale de remplacer une partie de ses avions de combat embarqués. Il est prévu de notifier la 6e tranche de production du Rafale en 2029. Celle-ci sera composée d’avions au standard F5. Parmi les 45 avions devant être commandés, 12 seront destinés à la Marine nationale soit l’équivalent de la dotation d’une flottille.

Selon le ministère des Armées, le Rafale F5 est « attendu pour 2030 ». Il « vise à améliorer les capacités opérationnelles des forces aériennes françaises, autant pour les missions conventionnelles que pour les missions liées à la dissuasion nucléaire, en réponse à l’évolution rapide des menaces »

De plus , pour la Marine nationale, le Rafale F5 sera aussi l’occasion de renforcer le groupe aérien embarqué [GAe] du porte-avions Charles de Gaulle, ainsi que celui de son successeur, le PA NG, grâce au drone de combat avec lequel il sera associé.

Pour en savoir plus

Rafale F5 https://www.defense.gouv.fr/dga/actualites/rafale-standard-f5-premieres-commandes-notifiees-aux-industriels

Drone aérien embarqué marine nationale
https://croixdeguerre-valeurmilitaire.fr/marine-nationale-les-drones-aeriens-embarques-une-plus-value-operationnelle/

26/11/2024 La « fuite atmosphérique » de l’eau sur Mars

Mars, autrefois une planète analogue à la Terre c’est à dire comportant des océans et des fleuves, présente aujourd’hui un paysage aride et désertique. Les caractéristiques de sa surface témoignent d’un passé où l’eau coulait abondamment :

Au cours des 3 derniers milliards d’années, une partie de cette eau s’est infiltrée dans le sous-sol martien. Le sort du reste est demeure une énigme pendant des années. John Clarke, chercheur au Center for Space Physics de l’Université de Boston, dirige une équipe déterminée à résoudre ce problème.

Selon lui, pour comprendre la quantité d’eau présente jadis et son évolution, il faut étudier comment les atomes d’eau s’échappent dans l’espace, Cette fuite atmosphérique est au cœur des recherches actuelles sur Mars.

L’analyse des données recueillies par les satellites Hubble et MAVEN a permis à son équipe de suivre le taux actuel d’échappement des atomes d’hydrogène de l’atmosphère martienne. En extrapolant ces informations, ils ont pu retracer la perte d’eau de la planète au fil du temps, offrant ainsi une image plus nette de Mars durant son passé plus humide et chaud.

La photodissociation de l’eau sur Mars

Sur Mars, la lumière solaire décompose les molécules d’eau dans l’atmosphère en atomes d’hydrogène et d’oxygène. Ce processus, appelé photodissociation, libère deux types d’hydrogène : l’hydrogène ordinaire et un isotope plus lourd, le deutérium. En raison de sa masse supérieure, le deutérium s’échappe plus lentement de l’atmosphère martienne que ne le fait l’hydrogène normal.

Au fil du temps, il s’est échappé davantage d’hydrogène ordinaire que de deutérium, ce qui entraîne une augmentation du rapport deutérium/hydrogène dans l’atmosphère. La mesure de ce ratio permet aux scientifiques d’estimer la quantité d’eau autrefois présente sur Mars.

Les recherches récentes ont révélé que l’atmosphère de la planète est bien plus dynamique qu’on ne le pensait il y a une décennie. Elle se réchauffe et se refroidit rapidement, parfois en quelques heures seulement. Cette turbulence est influencée par la distance variable de Mars par rapport au Soleil, distance qui fluctue jusqu’à 40% au cours d’une année martienne.

Ces découvertes ont conduit à deux conclusions majeures :

– L’atmosphère de Mars est bien plus dynamique qu’on ne le pensait il y a une décennie. Elle se réchauffe et se refroidit rapidement, parfois en quelques heures seulement. Cette turbulence est influencée par la distance variable de Mars par rapport au Soleil, qui fluctue jusqu’à 40% au cours d’une année martienne.

– Lorsque Mars est plus proche du Soleil, les molécules d’eau s’élèvent plus rapidement dans l’atmosphère, libérant de l’hydrogène et du deutérium à haute altitude.

Ces variations saisonnières expliquent pourquoi les taux d’échappement de l’hydrogène et du deutérium varient considérablement tout au long de l’année martienne.

Mars, avec la Terre et Vénus, se trouvent dans la « zone habitable » du système solaire, où de l’eau liquide existe ou pourrait exister. Chacune de ces planètes a évolué dans des conditions très différentes, offrant aux scientifiques des laboratoires naturels pour étudier l’évolution des planètes et la présence éventuelle de vie dans les systèmes planétaires proches.

Adapté de https://armees.com/la-nasa-sait-enfin-ce-quil-est-advenu-de-toute-leau-sur-mars/#google_vignette

25/11/2024 Le Centre chinois d’Hypergravité et d’Expérimentations Interdisciplinaires (CHIEF)


Le gouvernement chinois vient de confirmer officiellement l’existence d’un Centre d’Hypergravité et d’Expérimentations Interdisciplinaires (CHIEF), situé à Hangzhou (Chine). Capable de créer des forces de gravité des milliers de fois supérieures à la force de gravité régnant à la surface de la Terre, ce Centre est conçu pour explorer des processus que seule une telle intensité peut révéler.

Il offrira aux scientifiques des outils sans précédents pour étudier la matière et les forces de la nature sous des conditions d’hypergravité. Ceci devrait permettre de résoudre des problèmes scientifiques complexes et d’avancer dans la compréhension de phénomènes naturels extrêmes.

Ce nouveau dispositif pourrait non seulement transformer notre approche de la physique fondamentale, mais aussi ouvrir la voie à des applications pratiques jusqu’ici inabordables.

Le CHIEF permettra ainsi d’étudier comment différents matériaux et structures se comportent sous des pressions extrêmes, offrant ainsi des perspectives nouvelles sur des phénomènes tels que  la formation des montagnes ou les mécanismes permettant l’effondrement t des barrages hydroélectriques. Il s’agira de prévoir et de comprendre les catastrophes naturelles  avant qu’elles ne surviennent.

Au-delà de ses applications en géologie et physique, le CHIEF aura des répercussions dans des domaines aussi variés que la biotechnologie, la chimie et l’ingénierie. dans la conception de matériaux plus résistants et efficaces.

Le CHIEF est envisagé comme une plateforme ouverte, encourageant la collaboration scientifique internationale afin de maximiser son potentiel de découvertes. Cette ouverture vers la communauté internationale témoigne de la volonté de la Chine de jouer un rôle central dans les avancées scientifiques mondiales et de favoriser un partage global du savoir.

Ce projet est présenté par Pékin comme illustrant l’engagement du pays envers la science avancée et son potentiel pour redéfinir notre approche des phénomènes naturels et technologiques. Le CHIEF est vu comme un tremplin vers l’exploration de domaines encore inexplorés de la science.

Note

1 900 fois la gravité de la Terre. Voici l’ampleur de la puissance de l’installation d’hypergravité centrifuge et d’expérimentation interdisciplinaire (CHIEF) récemment activée à Hangzhou, en Chine, rapporte Interesting Engineering dans un article publié le 18 novembre 2024.

1,900 times Earth’s gravity: China activates world’s most advanced hypergravity facility
https://interestingengineering.com/innovation/china-worlds-most-advanced-hypergravity-facility

La Chine vient de mettre en marche la machine hypergravitationnelle la plus puissante au monde. Installée à Hangzhou, la capitale de la province du Zhejiang, dans l’est de la Chine. L’installation a pour ambition de devenir une plateforme « d’expérimentation scientifique à grande échelle intégrant l’hypergravité dans un environnement extrême », a détaillé le gouvernement d’Hangzhou dans un communiqué publié le 21 décembre 2022.

Développée par l’université du Zhejiang, cette installation a pour but de combler « un vide dans les installations d’expérimentation en hypergravité de très grande taille en Chine ». Grâce au CHIEF, le pays entend offrir « un soutien immense au développement et à la vérification des principales technologies d’ingénierie ainsi qu’à la recherche dans les sciences de pointe liées à la matière », assurent les autorités de Hangzhou.

Une fois totalement achevée, la plateforme comprendra trois centrifugeuses à hypergravité primaires et des unités embarquées, détaille Interesting Engineering. Ces machines ont été conçues pour faire tourner des conteneurs à une vitesse si élevée qu’elle entraîne les matériaux les plus lourds vers les extrémités, recréant des conditions d’hypergravité, décrit le South China Morning Post dans un article publié le 17 novembre 2024.

Si la première centrifugeuse est effective, les deux autres machines et les unités embarquées sont encore en cours d’installation.

Une fois totalement achevée, la plateforme comprendra trois centrifugeuses à hypergravité primaires et des unités embarquées, détaille Interesting Engineering. Ces machines ont été conçues pour faire tourner des conteneurs à une vitesse si élevée qu’elle entraîne les matériaux les plus lourds vers les extrémités, recréant des conditions d’hypergravité, décrit le South China Morning Post dans un article publié le 17 novembre 2024.

Si la première centrifugeuse est effective, les deux autres machines et les unités embarquées sont encore en cours d’installation.

24/11/2024 La course à l’espace

Les deux dernières guerres mondiales avaient montré qu’elles avaient entraîné un développement sans précédent des nations qui y avaient participé, y compris, après un certain délai, de l’Allemagne et du Japon. Aujourd’hui beaucoup se demandent si ce que l’on pourrait appeler la course à l’espace n’apporterait pas les mêmes bénéfices, avec un coût humain infiniment moindre.

En simplifiant beaucoup, nous dirions que la course à l’espace comporterait trois composantes, développer l’économie spatiale, découvrir et exploiter les planètes proches, commencer à concrétiser l’homme de demain, dit parfois superhumain ou homme synthétique.

L’économie spatiale englobe toutes les activités et ressources qui contribuent à l’exploration, la recherche, la compréhension, la gestion et l’utilisation de l’espace. Ce secteur fournit une infrastructure critique sur Terre, contribue à la collecte de données scientifiques fondamentales pour la prise de décision et soutient le bien-être de la société. Mais des défis abondent, de la durabilité de l’utilisation actuelle de l’espace à la nécessité d’une coopération internationale pour garantir sans conflits l’ accès aux ressources.

La découverte et l’exploitation non destructives des planètes proches dites planètes rocheuses et de leurs satellites, correspond à développer sur ces planètes des stations humaines durables et respectueuses de leur environnement. Il s’agira le plus souvent au début de stations robotisées, mais à terme elles devraient pouvoir accueillir des humains, pour des temps plus ou moins longs. La Lune comme Mars et ses satellites seront visés en premier.

Le problème du développement d’un superhumain ou homme de synthèse sera bien plus complexe. Il s’agira de mettre en place des sociétés humaines capables de vivre et de prospérer sur la Terre comme sur les planètes voisines sans renier leurs valeurs initiales, mais en y ajoutant d’autres qu’il faudra progressivement découvrir et enseigner aux Terriens.

L’exemple de la préhistoire humaine n’est à cet égard pas éclairant. L’Homo sapiens a écrasé touts les espèces d’homme l’ayant précédé, le dernier en date étant l’homme du Néandertal avec lequel il aurait très bien pu coopérer autrement que par des viols furtifs dans l’ombre des cavernes.

24/11/2024 Le système planétaire TRAPPIST-1

Le système planétaire le plus étudié en dehors du système solaire se trouve à 40 années lumière de celui-ci. Il est constitué de sept planètes rocheuses, comme la Terre, orbitant autour de l’étoile TRAPPIST-1 dans la zone habitable de celle-ci. En mars 2023, une première image réalisée par le Webb Telescope fut obtenue.

Une analyse de la planète TRAPPIST -b, la plus intérieure du système, ne permit pas d’y observer d’atmosphère. Mais il n’est pas exclu d’y découvrir plus tard des conditions favorables à la présence d’une vie semblable à celle que l’on connait sur Terre.

En février 2016, une étude plus approfondie des sept planètes du système suggéra que quelques unes- d’entre elles pouvaient disposer de beaucoup plus d’eau que n’en contiennent les océans terrestres. Cette eau se présente sous forme de vapeur sur la planète la plus proche de leur étoile, sous forme d’eau liquide et de glace sur les plus éloignées. Par la suite, une étude plus approfondie des sept planètes a permi d’obtenir leur densité, densité voisine de celle de la Terre. TRAPPIST-1 est donc le système planétaire le mieux connu en dehors du système solaire.

Enfin, une étude conduite en 2021 montra que si toutes les planètes du système contenaient comme la plupart des planètes rocheuses du fer, de l’oxygène, du magnésium et de la silice, les proportions en étaient différentes de celles connues sur la Terre, si bien que la densité globale était inférieure de 8% par rapport à celle connue sur la Terre.

Référence

  • Article
  • Published: 27 March 2023
  • Thermal emission from the Earth-sized exoplanet TRAPPIST-1 b using JWST
  • Thomas P. Greene, and others
  • Nature volume618, pages 39–42 (2023)
Abstract

The TRAPPIST-1 system is remarkable for its seven planets that are similar in size, mass, density and stellar heating to the rocky planets Venus, Earth and Mars in the Solar System1. All the TRAPPIST-1 planets have been observed with transmission spectroscopy using the Hubble or Spitzer space telescopes, but no atmospheric features have been detected or strongly constrained. TRAPPIST-1 b is the closest planet to the M-dwarf star of the system, and it receives four times as much radiation as Earth receives from the Sun. This relatively large amount of stellar heating suggests that its thermal emission may be measurable. Here we present photometric secondary eclipse observations of the Earth-sized exoplanet TRAPPIST-1 b using the F1500W filter of the mid-infrared instrument on the James Webb Space Telescope (JWST). We detect the secondary eclipses in five separate observations with 8.7σ confidence when all data are combined. These measurements are most consistent with re-radiation of the incident flux of the TRAPPIST-1 star from only the dayside hemisphere of the planet. The most straightforward interpretation is that there is little or no planetary atmosphere redistributing radiation from the host star and also no detectable atmospheric absorption of carbon dioxide (CO2) or other species.

https://www.nature.com/articles/s41586-023-05951-7

https://science.nasa.gov/exoplanets/trappist1/

23/11/2024. La Terre perd son eau douce plus vite que prévu.

Une équipe internationale de scientifiques, utilisant les observations des satellites allemands de la NASA, a trouvé des preuves que la quantité totale d’eau douce de la Terre a fortement diminué à partir de mai 2014 et qu’elle est restée faible depuis. 

Dans un rapport publié dans Surveys in Geophysics, dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract les chercheurs ont suggéré que ce changement pourrait indiquer que les continents de la Terre sont entrés dans une phase durablement plus sèche.

Entre 2015 et 2023, les mesures par satellite ont montré que la quantité moyenne d’eau douce stockée sur Terre (qui comprend les eaux de surface liquides telles que les lacs et les rivières, ainsi que l’eau des aquifères souterrains) était inférieure de 1 200 kilomètres cubes aux niveaux moyens enregistrés entre 2002 et 2014, a déclaré Matthew Rodell, l’un des auteurs de l’étude et hydrologue au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland. « C’est deux fois et demie le volume perdu dans le lac Érié.

La baisse de la disponibilité mondiale en eau douce signalée dans l’étude a commencé par une grande sécheresse dans le nord et le centre du Brésil, suivie peu après par une série de grandes sécheresses en Australasie, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Europe et en Afrique. La hausse des températures océaniques dans le Pacifique tropical de la fin 2014 à 2016, qui a culminé avec l’un des événements El Niño les plus importants depuis 1950, a entraîné des changements dans les courants-jets atmosphériques qui ont modifié les conditions météorologiques et les précipitations dans le monde entier.

Cependant, même après la disparition d’El Niño, l’eau douce mondiale ne s’est pas rétablie. En fait, signalent les chercheurs, 13 des 30 sécheresses les plus intenses observées se sont produites depuis janvier 2015.

Selon le météorologue Michael Bosilovich, du centre Goddard de la NASA, le réchauffement de la planète fait que l’atmosphère retient davantage de vapeur d’eau, ce qui se traduit par des précipitations plus extrêmes. Si les précipitations annuelles et les chutes de neige ne changent pas radicalement, les périodes prolongées entre les fortes précipitations permettent au sol de s’assécher et de se compacter. Cela réduit la quantité d’eau que le sol peut absorber lorsqu’il pleut.

« Le problème des précipitations extrêmes est que l’eau finit par s’écouler au lieu d’être absorbée et de reconstituer les réserves d’eau souterraine ».

À l’échelle mondiale, les niveaux d’eau douce sont restés constamment bas depuis le phénomène El Niño de 2014-2016, tandis qu’une plus grande quantité d’eau reste piégée dans l’atmosphère sous forme de vapeur d’eau.

« La hausse des températures augmente à la fois la hausse des températures, l’évaporation des eaux de surface dans l’atmosphère et la capacité de rétention d’eau de l’atmosphère, ce qui accroît la fréquence et l’intensité des conditions de sécheresse ».

Bien qu’il y ait des raisons de penser que la chute brutale de l’eau douce est en grande partie due au réchauffement climatique, il peut être difficile d’établir un lien définitif entre les deux facteurs. Les prévisions climatiques comme les mesures et modèles les utilisant, sont toujours imparfaits.

Référence

Matthew Rodell et al, An Abrupt Decline in Global Terrestrial Water Storage and Its Relationship with Sea Level Change, Surveys in Geophysics (2024). 

https://link.springer.com/article/10.1007/s10712-024-0986

As observed by the Gravity Recovery and Climate Experiment (GRACE) and GRACE Follow On (GRACE-FO) missions, global terrestrial water storage (TWS), excluding ice sheets and glaciers, declined rapidly between May 2014 and March 2016. By 2023, it had not yet recovered, with the upper end of its range remaining 1 cm equivalent height of water below the upper end of the earlier range. Beginning with a record-setting drought in northeastern South America, a series of droughts on five continents helped to prevent global TWS from rebounding. While back-to-back El Niño events are largely responsible for the South American drought and others in the 2014–2016 timeframe, the possibility exists that global warming has contributed to a net drying of the land since then, through enhanced evapotranspiration and increasing frequency and intensity of drought. Corollary to the decline in global TWS since 2015 has been a rise in barystatic sea level (i.e., global mean ocean mass). However, we find no evidence that it is anything other than a coincidence that, also in 2015, two estimates of barystatic sea level change, one from GRACE/FO and the other from a combination of satellite altimetry and Argo float ocean temperature measurements, began to diverge. Herein, we discuss both the mechanisms that account for the abrupt decline in terrestrial water storage and the possible explanations for the divergence of the barystatic sea level change estimates.

22/11/2024 Pour un futur collisionneur circulaire au CERN

Un demi-siècle après sa présentation, le Modèle Standard de la Physique des Particules reste une bonne description mathématique de la Matière visible dans l’univers et de ses interactions https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_standard_de_la_physique_des_particules

Il a été élaboré après un grand nombre de mesures précises réalisées au Large Electron Positron Collider (LEP), du Centre Européen de Recherche Nucléaire CERN situé près de Genève et depuis désaffecté https://home.cern/science/accelerators/large-electron-positron-collider

La découverte du Boson de Higgs au Grand Collisionneur de Hadrons du CERN https://home.cern/fr/science/accelerators/large-hadron-collider renforce le besoin de l’installation par le CERN d’un futur Collisionneur Circulaire (Future Circular Collider FCC) qui prendrait le relais du LHC après la mise en sommeil de celui-ci

Deux études dont on trouve ci-dessous les références sont désormais disponibles pour préciser ce projet :

L’étude sur un Futur collisionneur circulaire (étude FCC) a pour but la conception de collisionneurs de particules haute performance qui pourraient succéder au LHC après la fin de son exploitation à haute luminosité.

L’étude de faisabilité du FCC en cours, dont l’achèvement est prévu en 2025, vise à déterminer la viabilité technique et financière du FCC au CERN, en s’intéressant en particulier aux aspects géologiques, à l’impact environnemental, à la conception des infrastructures, au génie civil et aux détecteurs, ainsi qu’à la R&D sur les technologies devant assurer l’efficience et la durabilité des collisionneurs proposés.

Prévisions du projet

Le projet prévoit un nouveau tunnel d’une circonférence de 90,7 km, d’une profondeur moyenne de 200 m, et huit sites en surface pour réaliser au plus quatre expériences. Le tunnel abriterait initialement le FCC-ee, un collisionneur électron-positon permettant des mesures de précision dans le cadre d’un programme de recherche mené sur une période 15 ans à compter du milieu de la décennie 2040. Une deuxième machine, le FCC-hh, serait alors installée dans le même tunnel, réutilisant ainsi l’infrastructure existante, comme lorsque le LHC a remplacé le LEP. Le FCC-hh vise à atteindre des énergies de collision de 100 TeV, en faisant entrer en collision des protons et également des ions lourds ; il pourrait être en service jusqu’à la fin du XXIesiècle. 

Calendrier indicatif :

  • 2025 : achèvement de l’étude de faisabilité du FCC
  • 2027–2028 : décision des États membres du CERN et des partenaires internationaux
  • Décennie 2030 : début de la construction
  • Milieu de la décennie 2040 : le FCC-ee entre en service pour une durée d’environ 15 ans
  • Décennie 2070 : le FCC-hh entre en service pour une durée d’environ 25 ans 

Rappel historique : la proposition scientifique du LHC a été présentée en 1984 ; il a fallu 10 ans pour que le projet soit approuvé, et 25 ans pour que les aimants soient développés et installés.

21/11/2024 Du volcanisme actif sur Vénus

Il est pratiquement impossible depuis la Terre d’observer la surface de notre voisine, la planète Vénus. Ceci tient à l’épaisse couche de nuages qui la recouvre en permanence. L’atmosphère de Vénus a été découverte en 1761 par le polymathe russe Mikhaïl Lomonossov. Elle est plus dense et plus chaude que celle de la Terre. La température et la pression à la surface sont respectivement de 740 kelvins (467 °C) et 93 bar.

Des nuages opaques faits d’acide sulfurique se trouvent dans l’atmosphère, rendant l’observation optique de la surface impossible. Les informations concernant la topographie de Vénus ont été obtenues exclusivement par image radar. Les principaux gaz atmosphériques de Vénus sont le dioxyde de carbone et le diazote. Les autres composants sont présents seulement sous forme de trace. (wikipedia)

L’atmosphère de Vénus est en état de super-rotation. La totalité de l’atmosphère accomplit une circonvolution de la planète en seulement quatre jours terrestres.

Malgré les conditions difficiles existant à la surface, la pression et la température atmosphérique à environ 50 km au-dessus de la surface de la planète sont presque les mêmes que celles de la Terre, faisant de sa haute atmosphère la zone la plus comparable aux conditions terrestres existant dans le Système solaire

Le jour sidéral de Vénus est de 243 jours terrestres. Les vents soufflent à près de 100 m/s. Près de chaque pôle se trouve une structure anticyclonique  appelée vortex polaire. Chaque vortex a deux centres et présente une forme en S caractéristique (wikipedia)

Vénus, au contraire de Mars, est volcaniquement très active. Mais ceci n’a pu être observé qu’entre 1990 et 1994, dans le cadre de la mission américaine Apollo. Le satellite de la Nasa Magellan y avait utilisé son radar pour cartographier en détail la surface de Vénus. Ce travail a généré des quantités considérables d’images qui n’ont pu être analysées que récemment par de puissants calculateurs.


Ces résultats viennent d’être présentés le 15 mars 2024 à la Lunar and Planetary Conference de Houston (LPSC 2024 – Lunar and Planetary Science Conference https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2023/

En examinant des zones de la surface de Vénus qu’ils estimaient pouvoir être volcaniquement les plus actives, les chercheurs trouvèrent un cratère participant du système volcanique Maat Mons où se trouve un volcan de 8.000 m, le plus élevé de la planète et toujours actif. Ils y identifièrent un cratère et ce qui leur parut être des coulées de lave résultant d’éruptions volcaniques.

Constater que Vénus est au moins localement, volcaniquement active, est particulièrement utile au moment où les satellites de l’ESA Envision et Veritas de la Nasa préparent des missions visant à mieux connaître, grâce au radar et à la spectroscopie, la surface et le sous-sol de la planète.

Référence

Share on Surface changes observed on a Venusian volcano during the Magellan mission

Science
15 Mar 2023

Vol 379, Issue 6638 pp. 1205-1208

DOI: 10.1126/science.abm7735

Signs of volcanic activity on Venus

Numerous volcanoes have been identified on the surface of Venus, but none has been observed to erupt, so it has been unclear whether volcanic activity has ceased. Herrick and Hensley examined locations on Venus that were observed two or three times by the radar instrument on the Magellan spacecraft when it was searching for changes between the images caused by ongoing volcanic activity. The authors identified a volcanic vent that enlarged and changed shape in the 8-month gap between two radar images and a possible lava flow running downhill from the vent. The results are interpreted as active volcanism on Venus. —KTS

Abstract

Venus has a geologically young surface, but it is unknown whether it has ongoing active volcanism. From 1990 to 1992, the Magellan spacecraft imaged the planet’s surface, using synthetic aperture radar. We examined volcanic areas on Venus that were imaged two or three times by Magellan and identified an ~2.2-square-kilometer volcanic vent that changed shape in the 8-month interval between two radar images. Additional volcanic flows downhill from the vent are visible in the second-epoch images, although we cannot rule out that they were present but invisible in the first epoch because of differences in imaging geometry. We interpret these results as evidence of ongoing volcanic activity on Venus.

21/11/2024 L’équation de Drake

L’équation de Drake ou formule de Drake, est une proposition mathématique qui estime le nombre potentiel de civilisations extraterrestre dans notre galaxien avec lesquelles nous pourrions entrer en contact. Le principal objet de cette équations est de déterminer ces facteurs, afin de connaître le nombre probable de ces civilisations. (source Wikipedia)

Cette formule a été suggérée par l’astronome américain Frank Drake en 1961 et concerne les sciences telles que l’exobiologie, la futurobiologie, l’astrosociologie, ainsi que le projet SETI.

Dans l’état actuel de nos connaissances, l’estimation de la plupart des paramètres de la formule reste très incertaine, si bien qu’en fonction des choix adoptés, le résultat peut être bien inférieur à 1 (auquel cas nous serions probablement les seuls êtres technologiquement avancés dans la Galaxie), ou au contraire atteindre plusieurs centaines ou milliers voire davantage.

Le principal intérêt de cette formule est donc, pour l’instant, de montrer qu’une question semblant relever de la science fiction peut être appréhendée de façon scientifique, et ramenée à l’estimation de paramètres astronomiques ou probabilistes définis.

Sept paramètres

L’équation de Drake dit que le nombre N probable de civilisations dans notre galaxie est égal au produit de sept paramètres :

N=R∗ × fp × ne × fl × fi × fc × L

  • R* est le nombre d’étoiles qui se forment annuellement dans notre galaxie ;
  • fp est la part des étoiles dotées de planètes ;
  • ne est l’espérance du nombre de planètes potentiellement propices à la vie par étoile ;
  • fl est la part de ces planètes où la vie apparaît effectivement ;
  • fi est la part de ces planètes où apparaît la vie intelligente ;
  • fc est la part de ces planètes capables et désireuses de communiquer ;
  • L est la durée de vie moyenne d’une civilisation, en années.

Ainsi, avec N>1 nous ne sommes probablement pas seuls. Si N est suffisamment grand, nous pourrions entrer en contact avec les civilisations extraterrestres les plus proches (une distance de x années-lumière implique un temps d’acheminement des signaux de x années).

Les scientifiques, de nos jours, ont des désaccords considérables sur les valeurs que peuvent prendre ces paramètres. Les valeurs utilisées par Drake et ses collègues en 1961 sont,

  • R* = 10 /an ;
  • fp = 0,5 ;
  • ne = 2 ;
  • fl = 1 ;
  • fi = fc = 0,01 ;
  • L = 10 000 ans.

Ce qui donne N = 10 civilisations en mesure de communiquer dans la Galaxie

Discussion

La valeur de R* est la moins discutable.

Celle de fp est plus incertaine mais plus constante que les autres valeurs.

Avant la découverte de nombreuses exoplanètes au début des années 2000, les scientifiques pensaient que ne était plus importante, mais la découverte de nombreuses géantes gazeuses aux orbites proches de leur étoile sème le doute sur les planètes qui peuvent être propices à une vie aussi rapprochée de leur étoile.

D’autres font cependant observer que l’échantillon des exoplanètes découvertes jusqu’à présent n’est absolument pas représentatif : il est normal de commencer par la détection des objets les plus gros, et les exoplanètes telluriques (rocheuses, semblables à la Terre) restent à découvrir.

De plus, la plupart des étoiles de notre galaxie sont des naines rouges, qui possèdent un faible rayonnement ultraviolet, rayonnement qui a contribué à l’évolution de la vie terrestre. Par contre, elles possèdent un violent rayonnement, principalement en rayons X, non favorable à la vie telle que nous la connaissons (des simulations suggèrent également que ce rayonnement érode l’atmosphère des planètes). La possibilité de vie sur des satellites de planètes géantes gazeuses (par exemple Europe, le satellite de Jupiter) renforce de manière incertaine ce cas de figure.

Au regard de la vie sur Terre, il est plausible que fl soit proche de un car la vie sur Terre semble avoir commencé presque immédiatement après que les conditions l’ont rendue possible, suggérant que l’abiogenèse est relativement facile une fois que les conditions sont favorables. Par ailleurs, on découvre sur Terre de plus en plus d’organismes vivants dits extrémophiles parvenant à survivre dans des conditions extrêmes (fonds marins, caldéras, environnement soufrés, etc.) Ce facteur n’en reste pas moins très discutable.

Une donnée qui aurait un impact majeur serait la présence controversée de vie (primitive) sur Mars indépendamment de la vie sur Terre, plaiderait en faveur d’une valeur élevée pour ce facteur.

fi, fc et L sont plus petits que supposés fi a été modifié depuis la découverte du fait que l’orbite du système solaire dans la Galaxie est circulaire et est restée en dehors du bras de la Galaxie pendant des centaines de millions d’années, évitant les radiations des novas. En outre, les satellites rares comme la Lune semblent contribuer à la conservation de l’hydrogène en brisant la croûte terrestre, provoquant une magnétosphère, par vagues de chaleur et de mouvements, et stabilisant l’axe de rotation de la planète.

De plus, puisqu’il semble que la vie se soit développée  juste après la formation de la Terre, l’explosion cambrienne dans laquelle une grande diversité de formes de vie multicellulaires s’est transformée en êtres pluricellulaires, apparaît un temps considérable après la formation de la Terre, ce qui suggère la possibilité que des conditions particulières sont nécessaires pour que cela arrive. Des scénarios, comme la Terre boule de neige, ou la recherche parmi les événements d’extinction ont suggéré la possibilité quevie sur Terre soit relativement fragile. Une fois encore, la controverse sur le fait que la vie soit apparue sur Mars, puis y ait disparu, affecterait les estimations de ces facteurs.

L’astronome Carl Sagan a conjecturé que les valeurs de tous les facteurs, hormis celle de la durée de vie d’une civilisation, doivent être relativement élevées, et le facteur déterminant est de savoir si une civilisation possède ou non la capacité technologique d’éviter l’auto-destruction. Dans le cas de Sagan, l’équation de Drake a été une motivation de son intérêt pour les problèmes environnementaux et son activité de communication sur les dangers des armes nucléaires.

À partir de l’année 2001, la valeur 50 peut être attribuée à R* avec le même degré de confiance dont Drake a usé en 1961 en lui donnant la valeur 10. ]La chose remarquable à propos de l’équation de Drake est que, en insérant des valeurs plausibles pour chaque paramètre, on obtient généralement une valeur N >> 1.

Ce résultat a été source de l’intérêt pour le projet SETI concernant la recherche de vies extraterrestres. Cependant, cela est en conflit avec la valeur observée de N = 1, soit une seule forme de vie intelligente dans la Voie lactée, la nôtre.

Ce conflit est aussi formulé dans le paradoxe de Fermi, celui-ci ayant été le premier à suggérer que notre compréhension de ce qu’est une valeur « conservative » (prudente) pour quelques paramètres peut être excessivement optimiste, ou que quelques autres facteurs peuvent intervenir en ce qui concerne la destruction d’une vie intelligente.

D’autres hypothèses donnent des valeurs de N inférieures à 1, mais quelques observateurs croient que c’est encore compatible avec les observations dues au principe anthropique : peu importe combien est basse la probabilité qu’une  galaxie donnée ait une vie intelligente, la galaxie dans laquelle nous nous trouvons doit avoir au moins par définition une espèce intelligente. Il pourrait y avoir des centaines de galaxies dans notre amas sans aucune vie intelligente, mais évidemment nous ne sommes pas dans ces galaxies pour observer ce fait.

Estimations actuelles des paramètres de l’équation de Drake

On tentera ici de lister les meilleures estimations à l’époque actuelle (2004) pour les paramètres de l’équation de Drake ; ils sont susceptibles de changer si de meilleurs résultats sont trouvés.

fc est la fraction de ces planètes désireuses de communiquer

R* est le taux de formation de nouvelles étoiles dans notre galaxie → estimé par Drake à dix par an : R* = 10 an−1

fp est la fraction de ces étoiles possédant des planètes → estimé par Drake à 0,5

ne est le nombre moyen de planètes par étoile potentiellement propices à la vie (avec l’indice e pour earth-like (« semblable à la Terre »)) → estimé par Drake à 2

fl est la fraction de ces planètes sur lesquelles la vie apparaît effectivement (avec l’indice l pour life (« vie »)) → estimé par Drake à 1. En 2002Charles H. Lineweaver et Tamara M. Davis (de l’université de Nouvelle-Galles du Sud et avec le Centre australien d’astrobiologie) ont estimé fl > 0,33 utilisant un argument statistique basé sur le temps qu’a mis la vie pour se développer sur Terre. Avec un temps déterminé approximativement 10 % des systèmes planétaires dans notre galaxie sont propices à la vie, ayant des éléments lourds, étant loin des supernovas et étant stables dans leur relations pendant une période suffisante.

fi est la fraction de ces planètes sur lesquelles apparaît une vie intelligente → estimé par Drake à 0,01. Cependant, les systèmes planétaires dans l’orbite galactique avec une exposition aux radiations aussi basse que le Système solaire sont plus de 100 000 fois plus rares.

fc est la fraction de ces planètes désireuses de communiquer