18/10/2024 L’ESA participera à la mission spatiale d’étude des ondes gravitationnelles LISA

Le 25 janvier 2024, le « Science Program Committee » de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a annoncé l’adoption de la mission LISA, un projet spatial ambitieux de détection d’ondes gravitationnelles depuis l’espace.

Composé de trois satellites distant de 2,5 millions de km formant un interféromètre laser géant en orbite héliocentrique, la mission mesurera les infimes variations de l’espace-temps provoquées par le passage des ondes gravitationnelles. La décision du 25 janvier donne le feu vert pour la réalisation des instruments en vue d’un lancement à l’horizon 2035-2037.

L’objectif de la mission LISA est la détection des ondes gravitationnelles basses fréquences (entre 0,1 et 100 mHz), émises par les phénomènes les plus violents de l’Univers tels que la coalescence de trous noirs supermassifs. Ses observations permettront à la fois de répondre à des questions de physique fondamentale (gravitation en champ fort, physique de l’Univers primordial, etc.), d’astrophysique (origine des trous noirs, formation et évolution des objets binaires compacts de notre Galaxie, etc.) et de cosmologie (expansion de l’Univers, nature de l’énergie noire, etc.). La mission doit durer 6 ans.

Le projet LISA est mené par un consortium international réunissant quelques 200 laboratoires et près de 2000 personnes. En Europe, il est  coordonné par l’ESA et les agences spatiales nationales comme le CNES en France. L’IN2P3 est impliqué depuis 2005 dans ce projet majeur, qui mobilise des équipes dans six de ses laboratoires : l’APC, le CPPM, IJCLab, le L2IT, l’IP2I et le LPCC.

L’importance de cette mission est telle qu’il faille regretter d’attendre tant d’années avant sa mise en place. Certes certains délais sont incompressibles mais ce n’est pas le cas pour tous

Références

https://www.nationalgeographic.fr/espace/quest-ce-quune-onde-gravitationnelle

https://fr.wikipedia.org/wiki/Laser_Interferometer_Space_Antenna

X

17/10/2024 Une structure étrange se déplace lentement dans les fonds marins du Pérou.

Dans un article publié par la revue Science, un groupe de géologues de l’université du Maryland, dirigé par Jingchuan Wang, explique qu’en envoyant des ondes sonores pour réaliser des cartes sismiques de la région, ils ont identifié une masse de manteau se déplaçant étonnamment lentement sous la plaque Nazca, qui borde elle-même la plaque continentale d’Amérique du Sud.

Leur découverte pourrait expliquer pourquoi cette région est en train de créer la chaîne de montagnes méso-océanique qui connaît la croissance la plus rapide au monde : les « East Pacific Ranges ».

Des analyses plus poussées ont permis d’acquérir de nouvelles certitudes. On sait que la plus grande partie du volume de la Terre est constituée de roches silicatées chauffées, prises en sandwich entre une croûte externe mince et froide et un noyau chaud. Cette couche de minéraux partiellement fondus, appelée manteau, s’écoule par cycles, selon un processus lent qui dure des dizaines de millions d’années en raison des différences extrêmes de température entre le dessus et le dessous. À ce stade, la matière plus dense et plus froide est attirée vers l’intérieur, plus chaud, dans un processus appelé subduction.

Dans cette région, la plaque de Nazca est en subduction sous l’Amérique du Sud. Cependant, du côté ouest de la plaque se trouvent la dorsale méso-océanique à croissance rapide et un point chaud géologique sous les îles de Pâques, ainsi qu’un mystérieux fossé structurel entre le Pacifique central et le Pacifique oriental.

Comme l’explique le Dr Wang, ils ont constaté que dans cette région, les matériaux s’enfonçaient à une vitesse inférieure de moitié à la vitesse attendue, « ce qui suggère que la zone de transition du manteau peut agir comme une barrière et ralentir le mouvement des matériaux à travers la Terre« .

Ils ont déterminé que cette épaisse structure de pierre était plus froide et plus dense que celles des régions voisines. De plus, elle semble être un morceau fossilisé d’un ancien fond marin « qui s’est enfoncé dans la Terre il y a environ 250 millions d’années. Elle nous donne un aperçu du passé de la Terre que nous n’avions jamais eu auparavant« , explique l’auteur principal.

Les travaux indiquent que, parce qu’ils ne fondent pas aussi complètement que le manteau environnant, les vestiges de ce qui était autrefois un plancher océanique triasique font saillie plus profondément dans les couches plus chaudes du manteau, entraînant la saillie des matériaux dans des structures appelées superplumes.

« Les simulations géodynamiques ont attribué la géométrie et la stabilité des structures du manteau inférieur à leurs interactions directes avec la plaque subductrice« , expliquent les auteurs. En fait, ils pensent que cette série d’anomalies, orientées dans le sens est-ouest, pourrait aider à raconter l’histoire de la plaque Nazca et la façon dont elle s’est déplacée au cours de l’histoire.

Quoi qu’il en soit, le simple fait d’avoir détecté ces impacts anciens dans le sol permettra peut-être d’en savoir plus sur la façon dont les mécanismes internes de la planète façonnent la surface du monde aujourd’hui.

https://actu.purebreak.com/news/une-decouverte-digne-d-un-film-de-science-fiction-cette-structure-etrange-se-deplace-lentement-dans-les-fonds-marins-du-perou-elle-est-la-depuis-l-epoque-des-dinosaures/

Référence

Mesozoic intraoceanic subduction shaped the lower mantle beneath the East Pacific Rise

Science Advances
27 Sep 2024
Vol 10, Issue 39

DOI: 10.1126/sciadv.ado1219

Abstract

The Pacific large low-shear-velocity province (LLSVP), as revealed by cluster analysis of global tomographic models, hosts multiple internal anomalies, including a notable gap (~20° wide) between the central and eastern Pacific. The cause of the structural gap remains unconstrained. Directly above this structural gap, we identify an anomalously thick mantle transition zone east of the East Pacific Rise, the fastest-spreading ocean ridge in the world, using a dense set of SS precursors. The area of the thickened transition zone exhibits faster-than-average velocities according to recent tomographic images, suggesting perturbed postolivine phase boundaries shifting in response to lowered temperatures. We attribute this observation to episodes of Mesozoic-aged (250 to 120 million years ago) intraoceanic subduction beneath the present-day Nazca Plate. The eastern portion of the Pacific LLSVP was separated by downwelling because of this ancient oceanic slab. Our discovery provides a unique perspective on linking deep Earth structures with surface subduction.

16/10/2024 Des batteries miniatures fonctionnant à l’énergie atomique

L’entreprise chinoise Betavolt Technology a présenté le 8 janvier 2024, un nouveau concept de batterie miniature révolutionnaire. Sans charge et sans besoin d’entretien, cette batterie à énergie atomique pourrait avoir une durée de vie allant jusqu’à un demi-siècle. Développée depuis mi-2021, la batterie miniature à énergie atomique chinoise allie deux technologies inédites : la désintégration nucléaire de l’isotope 63 du nickel et le tout premier module à semi-conducteur en diamant de 4ème génération.

L’énergie libérée lors de la désintégration du nickel-63 est recueillie puis convertie en électricité grâce à des convertisseurs semi-conducteurs en diamant. Le diamant est utilisé ici en partie pour ses propriétés de grande résistance aux températures et aux rayonnements élevés. La batterie dans sa structure est un empilement de modules. Chaque module étant constitué d’au moins deux couches de convertisseur en diamant monocristallin de 10 µm d’épaisseur et d’une couche de 2 µm de nickel 63. Les groupes de modules sont ensuite connectés en parallèle ou en série. Cette multiplication en dizaine, voire centaines de modules peut être ajustée par la suite en fonction des besoins attendus. La taille minimale de la batterie doit être de 3x3x0,03mm3.

Cette batterie pourrait être déployée dans le futur dans divers secteurs comme l’aérospatiale, l’Intelligence artificielle, le médicale, les systèmes MEMS (systèmes microélectromécaniques), la robotique et même dans la téléphonie.

Zhang Wei, le président directeur-général de Betavolt, a déclaré : « le premier produit, que la société lancerait, serait le BV100, qui est la première batterie nucléaire au monde à être produite en série. La puissance est de 100 microwatts, la tension de 3V et le volume de 15x15x5mm3, plus petit qu’une pièce de monnaie. Plusieurs de ces batteries peuvent être utilisées en série et en parallèle. L’entreprise prévoit de lancer une batterie de 1 watt en 2025. Si les politiques le permettent, les batteries à énergie atomique peuvent permettre à un téléphone portable de ne jamais être chargé ».

En outre, la société assure que la batterie ne prendra pas feu, n’explosera pas et ne produit aucun rayonnement externe grâce au diamant. Après la période de désintégration du nickel-63, celui-ci devient stable et non radioactif, ce qui réduirait les menaces pour l’environnement en terme de pollution, ainsi que les processus de recyclage coûteux.

D’autres concepts de batteries sont déjà à l’étude par la société chinoise avec l’utilisation du strontium-90, le prométhium-147 et le deutérium, qui pourraient avoir une puissance plus élevée et une durée de vie de 2 à 30 ans. ■

Référence

nature 

Article

  • Published: 18 September 2024

  • Micronuclear battery based on a coalescent energy transducer
  • Kai Li, and others
  • Nature volume 633, pages811–815 (2024)
  • Abstract
  • Micronuclear batteries harness energy from the radioactive decay of radioisotopes to generate electricity on a small scale, typically in the nanowatt or microwatt range1,2. Contrary to chemical batteries, the longevity of a micronuclear battery is tied to the half-life of the used radioisotope, enabling operational lifetimes that can span several decades3. Furthermore, the radioactive decay remains unaffected by environmental factors such as temperature, pressure and magnetic fields, making the micronuclear battery an enduring and reliable power source in scenarios in which conventional batteries prove impractical or challenging to replace4. Common radioisotopes of americium (241Am and 243Am) are α-decay emitters with half-lives longer than hundreds of years. Severe self-adsorption in traditional architectures of micronuclear batteries impedes high-efficiency α-decay energy conversion, making the development of α-radioisotope micronuclear batteries challenging5,6. Here we propose a micronuclear battery architecture that includes a coalescent energy transducer by incorporating 243Am into a luminescent lanthanide coordination polymer. This couples radioisotopes with energy transducers at the molecular level, resulting in an 8,000-fold enhancement in energy conversion efficiency from α decay energy to sustained autoluminescence compared with that of conventional architectures. When implemented in conjunction with a photovoltaic cell that translates autoluminescence into electricity, a new type of radiophotovoltaic micronuclear battery with a total power conversion efficiency of 0.889% and a power per activity of 139 microwatts per curie (μW Ci−1) is obtained.

Note

Une concurrence américaine n’ a pas tardé à se faire connaitre

https://www.geo.fr/sciences/apres-la-chine-les-etats-unis-aussi-developpent-une-batterie-nucleaire-pouvant-tenir-50-ans-221733

16/10/2024 Des calculateurs quantiques travaillant à des températures ambiantes

L’ informatique quantique se se heurte depuis ses débuts à un obstacle majeur : l’instabilité des qubits, ces bits quantiques ultrasensibles aux perturbations extérieures. Une équipe internationale de chercheurs propose une solution pour surmonter ce défi, en utilisant les propriétés des fermions de Majorana dans des conditions particulières précisées dans le texte ci-dessous.

Les fermions de Majorana sont des particules subatomiques qui sont leurs propres antiparticules. Cela signifie que, contrairement à d’autres particules (comme par exemple l’électron qui a une antiparticule appelé positron), un fermion de Majorana n’a pas d’ anti-fermion de Majorana

Découverts dans les années 1930 par le physicien italien Ettore Majorana, ces fermions restaient surtout théoriques, bien que certains indices expérimentaux aient suggéré leur présence dans des systèmes de matière condensée (comme les supraconducteurs).

Aujourd’hui une équipe, dirigée par Babak Seradjeh, professeur de physique à l’Université de l’Indiana à Bloomington, s’est intéressée à leur comportement au sein de supraconducteurs soumis à des stimulations énergétiques cycliques. Cette opération transforme les fermions de Majorana en fermions de Majorana de Floquet (FMF), dotés d’états distincts influençant le courant électrique de manière unique.

Leurs travaux ont révélé que les FMF ralentissent les oscillations électriques dans certains supraconducteurs, ce qui pourrait fortement renforcer la stabilité des systèmes quantiques.

L’étude a révélé un autre phénomène capital : la possibilité de contrôler la force (ou l’intensité) du courant électrique qui traverse un supraconducteur (appelé courant Josephson) en modifiant un paramètre particulier du matériau, appelé « potentiel chimique ».

Ce potentiel est un paramètre qui détermine la quantité d’énergie nécessaire pour ajouter ou retirer une particule telle un électron dans le matériau. En ajustant ce paramètre, les chercheurs peuvent influencer le comportement des particules à l’intérieur du supraconducteur, ce qui change la façon dont le courant circule dans celui-ci et permet de mieux contrôler ce dernier.

Si ces travaux demeurent encore théoriques, les simulations informatiques en confirment la validité. Ceci offre par conséquent aux chercheurs du monde entier une perspective pour explorer de nouvelles propriétés contrôlables dans les systèmes quantiques. À terme, ces avancées pourraient entrainer la réalisation d’ordinateurs quantiques non seulement plus rapides, mais aussi plus fiables.

L’objectif est d’obtenir des supraconducteurs fonctionnant à température ambiante, soit environ 20-25° C, loin des températures proches du zéro absolu (-273,15° C) actuellement nécessaires. Ceci bouleverserait complètement les perspectives dans de nombreuses technologies:  énergie, électronique, espace, etc.

L’étude a été révisée et acceptée pour publication dans la revue Physical Review Letters  On en trouve ci-dessous les références et l’abstract, datés du 25 septembre 2024

https://journals.aps.org/prl/accepted/4507fY45Zeb1918f70dc8662573fd67573bb6ddc8

Josephson-current signatures of unpaired Floquet Majorana fermions

Phys. Rev. Lett.
Rekha Kumari, Babak Seradjeh, and Arijit Kundu
Accepted 5 September 2024

Abstract

We theoretically study the transport signatures of unpaired Floquet Majorana fermions in the Josephson current of weakly linked, periodically driven topological superconductors. We obtain analytical expressions for the occupation of the Floquet Majorana fermions in the presence of weak coupling to thermal reservoirs, and show that, similar to undriven topological superconductors, for sufficiently low temperatures and large systems the Josephson current involving Floquet Majorana fermions is 4⁢𝜋-periodic in the phase difference across the junction and depends linearly on the coupling between superconductors. Moreover, unlike the static case, the amplitude of the Josephson current can be tuned by setting the unbiased chemical potential of the driven superconductors at multiple harmonics of the drive frequency. As a result, we uncover a for driven superconductors. We confirm our analytical expressions for Josephson current, the occupation of Floquet bands, and a perturbative analysis of the quasienergies with numerically exact results.

15/10/2024 Vivons-nous dans un multivers quantique sans avoir observé son étrangeté ?

Une simulation réalisée par Joseph Schindler de l’Université de Barcelone semble répondre par l’affirmative. Pour rechercher ce qu’il en est, il s’appuya sur les équations de la théorie quantique qui ne donnent pas une description claire des objets et de leurs comportements, mais les présente comme un ensemble flou de possibilités.. Elles ne deviennent définitives que seulement après une « observation » de l’objet. De la même façon, il est impossible de dire ce que faisait l’objet avant d’être observé.

Le théorie quantique semble nous obliger à ne jamais vivre que dans le présent immédiat. Ceci ne correspond en rien à notre expérience du monde.

L’interprétation dites des  mondes multiples , « many worlds interprétation » , élimine le flou en posant que toutes possibilités sont valables, mais que chacune d’elles ne se réalise que dans un monde différent des autres. Notre monde classique peut être l’un de ceux-ci.

Cette idée doit être conjuguée avec celle des « histoires décohérentes » pour qui chaque processus physique peut être décomposé en une séquence d’événements qui arrivent dans des temps définis. Ceci permet aux objets quantiques d’avoir une mémoire précise de leur comportement passé.

Sur cette base, Schindler et son collègue Strasberg élaborèrent un modèle mathématique permettant d’évaluer combien souvent le multivers peut fournir de telles histoires non-ambigues. Le modèle comportait une version simplifiée contenant deux objets quantiques pouvant échanger de la chaleur.

Sur cette base, ils examinèrent comment rendre ces deux objets plus grands, ce jusqu’à plusieurs milliers de particules, augmentant leurs chances d’appartenir à un monde classique. Ils découvrirent que ceci se produisait à chaque fois et rapidement, C’est une bonne nouvelle pour ceux désirant vivre dans un monde classique.

Mais inévitablement le modèle a été contesté comme non pertinent

Voir aussi

Philipp StrasbergJoseph Schindler https://journals.aps.org/prx/accepted/c6079K14Re414904373c9230e7799ad324ffa474c

15/10/2024 Découverte d’une galaxie ancienne plus riche en gaz cosmique qu’en étoiles

Grâce au télescope spatial James Webb de la NASA, des astronomes ont observé une galaxie primitive dite eGS-NDG-9422 présentant un étrange signal lumineux, qui pourrait être produit par le gaz cosmique éclipsant ses étoiles.  Âgée d’environ environ un milliard d’années après le Big Bang, cette galaxie pourrait renseigner sur l’évolution galactique entre les premières étoiles de l’univers et les galaxies plus établies.

Pour le chercheur Alex Cameron, de l’Université d’Oxford, qui a analysé ces données les modèles informatiques de nuages de gaz cosmiques chauffés par des étoiles chaudes et massives, au point que le gaz dépasse l’éclat des étoiles, correspondaient parfaitement aux observations du télescope. L’observation parait anodine mais elle précise comment des étoiles sont apparues dans un univers ne contenant que du gaz (gaz cosmique constitué d’hydrogène à 89 % , de 9 % d’hélium et 2 % d ‘éléments plus lourds (appelés métaux dans le langage astronomique).

Dans l’univers local, les étoiles massives typiques ont des températures comprises entre 40 000 et 50 000 degrés Celsius. Selon l’équipe de chercheurs, la galaxie 9422 contient des étoiles dont la température dépasse 80 000 degrés Celsius. Ceci signifierait que cette galaxie se trouve au milieu d’une phase de formation d’étoiles à l’intérieur d’un nuage de gaz dense qui produit de nombreuses étoiles chaudes et massives. Le nuage de gaz reçoit de grandes quantités de photons de lumière provenant des étoiles, ce qui explique qu’il brille désormais de cette façon

Le gaz nébuleux qui brille plus que les étoiles est intéressant parce qu’il s’agit de quelque chose qui avait été prédit dans les environnements de la première génération d’étoiles de l’univers, que les scientifiques classent comme des étoiles de Population III.

« Nous savons que cette galaxie n’a pas d’étoiles de population III, car les données de Webb montrent une trop grande complexité chimique. Cependant, ses étoiles sont différentes de celles que nous connaissons : les étoiles exotiques de cette galaxie pourraient nous aider à comprendre comment les galaxies sont passées du stade d’étoiles primordiales aux types de galaxies déjà connues».

12/10/2024 Le concept de matière noire serait-il inutile à notre compréhension de l’univers

Depuis la formulation de la théorie de la relativité générale par Einstein, il est admis que la gravité, la plus faible des 4 forces régissant  l’Univers (les autres étant la force forte, la force faible, la force électromagnétique) nécessitait une masse substantielle. Or la masse des galaxies visibles n’était pas jugée suffisante pour permettre à la gravité de s’y exercer.

Autrement dit, ces galaxies n’étaient pas assez lourdes pour attirer vers leur centre les différents astres les composant. D’où la persistance de formes, aussi diverses que gracieuses. Avec une masse suffisantes, les astres composant une galaxie seraient tombées vers leur centre en formant autant de boules compactes. Il serait même possible d’imaginer qu’avec le temps , toutes les galaxies tomberaient les unes sur les autres en formant une sphère gigantesque.

Comme ce n’est pas le cas, la plupart des physiciens ont supposé l’existence d’une matière invisible pour nos instruments, dite matière noire, qui constituerait  environ 24% de la masse de l’Univers. Ce serait elle qui donnerait sa cohésion à l’univers. Mais si cette approche a longtemps dominé la pensée cosmologique, elle pourrait être remise en cause.

Aujourd’hui, Richard Lieu, professeur de physique et d’astronomie à l’Université de l’Alabama à Huntsville propose une théorie qui retient l’ attention https://www.uah.edu/science/departments/physics/faculty-staff/dr-richard-lieu

Selon lui, certaines galaxies pourraient être maintenues cohérentes non pas par de la matière noire, mais par des défauts topologiques formés lors de transitions de phase dans l’univers primitif. Ces structures denses et compactes pourraient exercer une attraction gravitationnelle sans nécessiter de masse.

NB On nomme défaut topologique une configuration souvent stable de matière que certaines théories prédisent avoir été formée lors des transitions de phase de l’univers primitif.

Lorsque l’Univers refroidit, survient une transition de phase du premier état à l’autre de plus basse énergie. Sa valeur est telle que c’est son énergie qui domine l’expansion de l’Univers,

Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9faut_topologique#:~:text=En%20cosmologie%2C%20un%20d%C3%A9faut%20topologique,phase%20de%20l’univers%20primitif.

Ces défauts topologiques se présenteraient sous diverses formes, notamment des cordes cosmiques Les cordes cosmiques sont des défauts topologiques qui se seraient formés dans l’Univers primordial. Ces cordes interagissent entre elles et forment des boucles. Ces boucles oscillent et perdent de l’énergie en émettant des ondes gravitationnelles.

Une autre forme serait celle de coquilles sphériques. Pour Richard Lieu ces coquilles pourraient être constituées d’une couche intérieure de masse positive et d’une couche extérieure de masse négative, avec une masse totale nulle. Cette configuration engendrerait une force gravitationnelle significative, remettant en question la nécessité de la matière noire.

Le phénomène de courbure gravitationnelle de la lumière, généralement attribué à la présence de masse selon la relativité générale, serait en réalité influencé par ces défauts topologiques. Richard Lieu explique que la lumière traversant ces coquilles subirait une légère déviation vers leur centre, un effet cumulatif simulant la présence de matière noire. Ainsi la matière noire n’existerait pas en tant que telle

Malgré son impact potentiellement révolutionnaire sur le monde de la physique, cette théorie est loin de clore le débat sur la matière noire. Richard Lieu lui-même admet que de plus amples recherches sont nécessaires pour comprendre les mécanismes précis de ces défauts topologiques et leur capacité à influencer la gravité à grande échelle. C’est donc pour le moment une hypothèse mais qui demande encore à être validée.

Référence

UAH researcher shows, for the first time, gravity can exist without mass, mitigating the need for hypothetical dark matter

https://www.uah.edu/science/science-news/18668-uah-researcher-shows-for-the-first-time-gravity-can-exist-without-mass-mitigating-the-need-for-hypothetical-dark-matter

12/10/2024 La présence de la France dans le quantique se confirme

  Eviden , branche du groupe Atos spécialisée dans le calcul avancé, a annoncé un partenariat avec IQM Quantum Computers pour promouvoir l’adoption de l’informatique quantique. Un ordinateur quantique, IQM Spark, a été installé dans l’usine d’Eviden à Angers, permettant aux clients de se familiariser avec la programmation et les applications quantiques. Cet ordinateur offre une haute-fidélité pour les opérations à un ou deux qubits, garantissant des applications fiables et précises. L’installation d’IQM Spark vise à rendre l’informatique quantique plus accessible et à encourager son adoption. Les utilisateurs auront un accès physique complet à la machine ainsi qu’un accès à distance via un cloud privé d’Eviden. Les centres de recherche, universités et acteurs industriels pourront ainsi mieux comprendre les technologies quantiques et expérimenter avec elles.

La communauté R&D d’Eviden et l’équipe de conseil en informatique quantique bénéficieront également de cet accès pour améliorer les applications et l’intégration avec les clusters de calcul haute-performance. L’ordinateur quantique fait partie de l’offre Qaptiva d’Eviden, un environnement complet pour le développement d’applications quantiques. Le Dr Cédric Bourrasset, directeur mondial des activités HPC-IA et informatique quantique chez Eviden, a souligné l’importance de cette installation pour la feuille de route quantique d’Eviden. Le Dr Mikko Välimäki, co-directeur général d’IQM Quantum Computers, a exprimé son enthousiasme pour ce partenariat qui accélérera le déploiement commercial de l’informatique quantique. Sylwia Barthel de Weydenthal, vice-présidente chez IQM Quantum Computers, a ajouté que ce partenariat facilitera les opportunités de formation et d’expérimentation pour les futurs innovateurs quantiques en France.

Voir

IQM Quantum Computers https://www.meetiqm.com/

Eviden https://eviden.com/fr-fr/

Programme qaptiva

IQM Quantum Computers https://mesinfos.fr/38000-grenoble/choose-france-qui-est-cette-start-up-finlandaise-qui-va-investir-a-grenoble-199074.html

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/france-2030-point-d-etapes-trois-ans-apres-le-lancement-de-la-strategie-nationale-des-technologies-95121

voir aussi

https://www.meetiqm.com/newsroom/press-releases/iqm-quantum-computers-launches-iqm-spark-for-universities-and-labs

https://www.securities.io/companies-in-quantum-computing/#:~:text=1.,International%20Business%20Machines%20Corporation%20(IBM)IQM Quantum Computers, https://www.meetiqm.com/

Eviden https://eviden.com/fr-fr/

Programme qaptiva

IQM Quantum Computers https://mesinfos.fr/38000-grenoble/choose-france-qui-est-cette-start-up-finlandaise-qui-va-investir-a-grenoble-199074.html

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/france-2030-point-d-etapes-trois-ans-apres-le-lancement-de-la-strategie-nationale-des-technologies-95121

https://www.meetiqm.com/newsroom/press-releases/iqm-quantum-computers-launches-iqm-spark-for-universities-and-labs

https://www.securities.io/companies-in-quantum-computing/#:~:text=1.,International%20Business%20Machines%20Corporation%20(IBM)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordinateur_quantique#:~:text=Le%20nombre%20d’environ%2050,pour%20simuler%20son%20%C3%A9quivalent%20quantique.

12/10/2024 Des jets astrophysiques des centaines de fois plus étendus que la Voie Lactée

Une paire de jets astrophysiques jaillissant d’un trou noir lointain vient d’être observée par des astronomes de l’université de Hertfordshire (UK). Cet ensemble que ses découvreurs ont nommé Porphyrion s’étend sur une longueur de 220 fois la Voie Lactée. Il provient d’un trou noir situé dans une galaxie lointaine, à une distance de 6,3 milliards d’année-lumière de la Terre. Ceci veut dire que la lumière qui nous parvient aujourd’hui avait commencé son voyage dans un univers qui n’avait que la moitié de son âge actuel.

Ce jet a été observé, de même que de nombreux autres analogues, en utilisant le LOFAR. Il s’agit d’un interféromètre constitué de plus de 50 000 antennes en Europe réparties en 52 stations » https://fr.wikipedia.org/wiki/LOFAR

Pour produire ce jet, le trou noir en question avait du engloutir le poids de matière correspondant à celui de notre soleil pendant 1 milliard d’années. Pendant que la matière tombait dans le trou noir, une partie en était tordue et accélérée par le champ magnétique du trou noir, puis rejetée dans l’espace sous la forme d’un jet.

Selon les chercheurs, il reste difficile aujourd’hui de comprendre comment de tels systèmes se forment et persistent. Les ordinateurs actuels n’ont pas la puissance nécessaire pour en permettre la simulation. Le futur ordinateur quantique en sera-t-il capable?

Nous lisons dans Wikipedia

Un jet astrophysique (ci-après « jet ») est un phénomène très souvent observé en astronomie, lorsque des nuages de matière se forment le long de l’axe de rotation d’un objet compact. Alors que les jets sont toujours le sujet de recherches en cours pour comprendre leur formation et leur fonctionnement, les deux hypothèses les plus probables de leur origine sont les interactions dynamiques à l’intérieur d’un disque d’accrétion, ou un procédé en lien avec un objet central très dense (tel qu’un trou noir ou une étoile à neutrons). Lorsque la matière est éjectée à une vitesse proche de la vitesse de la lumière, ces objets sont appelés « jets relativistes », à cause des effets importants de la relativité restreinte. Les plus grands jets sont ceux qui proviennent des trous noirs dans les galaxies actives telles que les quasars ou les radiogalaxies. D’autres systèmes peuvent également abriter des jets tels que les étoiles variables cataclysmiques, les binaires X et les étoiles variables de type T Tauri. Les objets de Herbig-Haro sont générés par les interactions des jets dans le milieu interstellaire. Les jets bipolaires ou jets peuvent aussi être liés aux proto-étoiles (jeunes étoiles en formation)1, ou aux étoiles évoluées appelées protonébuleuses planétaires (souvent sous la forme de nébuleuses bipolaires).

Référence
nature  Published: 18 September 2024

Black hole jets on the scale of the cosmic web

Abstract

When sustained for megayears (refs. 1,2), high-power jets from supermassive black holes (SMBHs) become the largest galaxy-made structures in the Universe3. By pumping electrons, atomic nuclei and magnetic fields into the intergalactic medium (IGM), these energetic flows affect the distribution of matter and magnetism in the cosmic web4,5,6 and could have a sweeping cosmological influence if they reached far at early epochs. For the past 50 years, the known size range of black hole jet pairs ended at 4.6–5.0 Mpc (refs. 7,8,9), or 20–30% of a cosmic void radius in the Local Universe10. An observational lack of longer jets, as well as theoretical results11, thus suggested a growth limit at about 5 Mpc (ref. 12). Here we report observations of a radio structure spanning about 7 Mpc, or roughly 66% of a coeval cosmic void radius, apparently generated by a black hole between  and 6.3 Gyr after the Big Bang. The structure consists of a northern lobe, a northern jet, a core, a southern jet with an inner hotspot and a southern outer hotspot with a backflow. This system demonstrates that jets can avoid destruction by magnetohydrodynamical instabilities over cosmological distances, even at epochs when the Universe was 7 to  times denser than it is today. How jets can retain such long-lived coherence is unknown at present.