23/10/2024 Le plus petit des dinosaures connus


Présents sur l’ensemble des continents dès la fin du Trias, les dinosaures comprennent des formes très diverses d’animaux terrestres et volants, bipèdes et quadrupèdes, carnivores et herbivores, ayant développé toute une série d’innovations squelettiques et tégumentaires telles que des cornes, des crêtes, des plaques et des plumes. Les dinosaures comptent parmi eux les animaux les plus grands et les plus lourds ayant existé sur la terre ferme. Néanmoins, un grand nombre de dinosaures ne dépassait pas la taille d’un être humain et certains d’entre eux étaient plus petits qu’une poule.

Le plus connus d’entre les petits dinosaures est Compsognathus . Ce nom qui signifie « mâchoire élégante » désigne un petit dinosaure bipède rapide et agile, aux longs membres postérieurs. Depuis le bout de son museau jusqu’à l’extrémité de sa longue queue, il mesurait jusqu’à 1,4 mètre mais ne pesait pas plus de 3,5 kg.

Il vivait en Europe, à la fin du Jurassique, il y a environ 150 millions d’années. Le spécimen de Canjuers (Var), découvert au début des années 1970, est le dinosaure le plus complet connu en France.

Ses membres antérieurs possédaient trois doigts portant de longues griffes. Ses dents recourbées et dentelées étaient parfaitement adaptées pour saisir les proies : des vertébrés de petite taille et des insectes.

La remarquable fossilisation de ce Compsognathus retrouvé à Canjuers permet de distinguer, au niveau des côtes, les restes de petits lézards ingurgités lors d’un dernier repas ! Des empreintes de peau sont également visibles au niveau de la treizième vertèbre de la queue.

La cambrure du cou et de la queue que l’on observe sur ce spécimen apparaît, après la mort de l’animal et au cours de sa décomposition, du fait de la perte de l’élasticité d’un ligament reliant toutes les vertèbres.

Les compsognathidés sont représentés dans les sédiments du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur d’Europe, de Chine, de Mongolie et d’Amérique du Sud.

Actuellement, Compsognathus longipes n’est connu que par deux spécimens :

  • l’holotype découvert dans les célèbres calcaires de Solnhofen en Allemagne
  • et le spécimen de Canjuers qui est deux fois plus grand que l’allemand.

23/10/2024 Le suicide démographique de l’Afrique

Alors que la population mondiale va franchir les 7 milliards d’habitants en 2011, celle de l’Afrique était d’environ 1,05 milliards en juin. Mais les choses devraient rapidement changer puisque dans les années à venir l’accroissement de la population africaine sera particulièrement important, notamment au sud du Sahara où la population devrait passer d’un peu plus de 600 millions d’habitants en 2000 à près de 3,4 milliards en 2100. Alors que la population mondiale se sera stabilisée autour des 10 milliards, celle du continent pourrait avoir quadruplé, en passant de 800 millions  à 3,6 milliards d’habitants.

Ces  dernières projections de l’Institut national d’études démographiques (Ined, France) ne devraient pas passer inaperçues. Surtout si on les conjuguait avec les prévisions concernant le réchauffement climatique.

L’Afrique est un continent déjà durement frappé par la sécheresse. A l’exception de la ceinture équatoriale, l’aridité menace partout, l’eau se faisant de plus en plus rare, tant pour les usages agricoles que pour les utilisations industrielles et domestiques. Il existe déjà des guerres de l’eau dans plusieurs régions. Comment ne s’aggraveraient-elles pas ? Il sera inutile de compter sur les Institutions Internationales pour établir un peu d’équilibre. En cas de crise, le chacun pour soi y est la règle.

La situation démographique sera d’autant plus grave qu’elles relève de traditions centenaires sinon millénaires selon lesquelles la règle de 5 à 6 enfants par femme était une nécessité impérieuse. Toutes les religions mondiales imposent de forts taux de natalité. Mais ailleurs qu’en Afrique, elles ont allégé leurs pressions. Par ailleurs les femmes dans la plupart des pays ont obtenu le droit à un minimum de contrôle des naissances. Ce n’est pas le cas en Afrique où règne encore l’image de la mère de famille entourée de nombreux enfants.

Cette situation ne sera pas sans conséquences géopolitique majeures. Les raisons qui poussent aujourd’hui une partie de la population africaine à émigrer, en faisant la fortune de nombreux » passeurs, seront de plus en plus fortes. Mais en face, les pays plus riches fermeront de plus en plus leurs frontières. Il en résultera inévitablement des conflits armés aux conséquences encore peu prévisibles.

La France n’échappera pas à ces tensions. Dans les banlieues urbaines les populations issues de l’immigration, selon l’expression, se partageront sans doute entre la volonté d’un accueil plus large aux immigrés francophones et au contraire un refus accru de telles arrivées, qui pèseront sur des équilibres économiques déjà difficiles.

22/10/2023 Détection d’un rayon cosmique de très haute énergie provenant du vide interplanétaire

Un rayon cosmique de très haute énergie provenant du vide interplanétaire a été récemment détecté par les astronomes, à un niveau rarement atteint : 240 exa-électron-volts (soit 240 et 18 zéro), plus d’un million de fois supérieur à celle obtenue par les accélérateurs de particules.

Pour se faire une idée du phénomène, il faut s’intéresser à deux aspects : la composition du rayon cosmique, et son trajet dans l’espace. Les rayons cosmiques contiennent « des particules chargées (protons, noyaux d’hélium, noyaux d’atomes plus lourds etc…) qui proviennent de l’espace, mais aussi d u soleil. Ils circulent dans notre galaxie et même dans l’espace intergalactique.

Certains pénètrent dans le système solaire, et même au niveau de la Terre, comme le rayon cosmique surpuissant détecté en 2021 dans le désert de l’Utah et nommé Amaterasu, du nom de la déesse du soleil dans la mythologie japonaise. Pour détecter ces phénomènes, il faut avoir des « instruments dotés de vastes zones de collecte », C’est le cas dans le désert de l’Utah, avec le télescope Array.

Les compteurs en service en  2021 ont estimé qu’Amaterasu était le deuxième rayon cosmique le plus doté en énergie jamais enregistré, après le célèbre « Oh my god » détecté en 1991.

En plus de l’observatoire américain, il existe un autre détecteur mesurant les rayons cosmiques : l’observatoire Pierre-Auger, en Argentine. Or les analyses des deux observatoires ne concordent pas. Ils ne sont pas d’accord sur la mesure exacte de l’énergie du rayon.  Le flux des rayons cosmiques ultra-énergétiques est de l’ordre d’une particule par siècle et par kilomètre carré de détecteur. Le réseau de l’Utah couvre une surface de 700 kilomètres carrés. Il devrait donc détecter environ 700 rayons cosmiques ultraénergétiques par siècle. Or ce n’est pas le cas.

Moins le rayon cosmique est doté en énergie, plus la fréquence de détection s’accélère. « En énergie, il y a 14 ordres de grandeur. Niveau flux, il y en a 30. Les particules de plus basse énergie sont beaucoup plus fréquentes, de l’ordre de plusieurs par secondes et par centimètre carré », selon un expert.

Pour l’heure, Amaterasu pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, notamment sur sa provenance. Les auteurs de la publication scientifique dans Science dont on trouvera ci-dessous l’abstract, ont essayé de remonter à l’origine du rayon. Sans succès.

Ils en ont déduit que le rayon cosmique provient d’une sorte de no man’s land dans l’espace, sans vraiment de galaxie identifiée ou de trous noirs massifs. Une conclusion qui invite à la prudence.

 « On ne connaît pas bien la composition d’Amaterasu, elle donne des indications sur le parcours du rayon. Il y a aussi une incertitude sur le calcul de son énergie. Enfin, les particules chargées sont déviées par le champ magnétique de notre galaxie. Mais nous avons une incertitude sur la structure du champ, donc sur la direction d’arrivée ».

D’autres hypothèses sur la provenance des rayons cosmiques sont étudiées par les scientifiques. Avec la matière  accrétée par des trous noirs massifs au centre des galaxies, la formation  de jets de matière à très grande vitesse  pourrait produire des rayons cosmiques. Par ailleurs, des galaxies très actives avec beaucoup d’étoiles qui se forment et qui explosent peuvent émettre des rayons cosmiques de très haute énergie.

Référence

An extremely energetic cosmic ray observed by a surface detector array

Telescope Array Collaboration

Science
23 Nov 2023 Vol 382, Issue 6673pp. 903-907

DOI: 10.1126/science.abo5095

Editor’s summary

Cosmic rays are charged particles from space. At low energies, they mostly originate from the Sun, whereas at high energies, they are expected to be emitted by nearby active galaxies. The Telescope Array Collaboration now reports the detection of a cosmic ray event with an energy of about 240 exa–electron volts, more than a million times higher than that achieved by artificial particle accelerators. Such high-energy particles should experience only small deflections by foreground magnetic fields, but tracing back the arrival direction shows no obvious source galaxy. The authors suggest that the foreground magnetic fields might be stronger than expected, or there could be unknown particle physics at high energies. —Keith T. Smith

Abstract

Cosmic rays are energetic charged particles from extraterrestrial sources, with the highest-energy events thought to come from extragalactic sources. Their arrival is infrequent, so detection requires instruments with large collecting areas. In this work, we report the detection of an extremely energetic particle recorded by the surface detector array of the Telescope Array experiment. We calculate the particle’s energy as 244±29 stat. −76+51syst. exa–electron volts (~40 joules). Its arrival direction points back to a void in the large-scale structure of the Universe. Possible explanations include a large deflection by the foreground magnetic field, an unidentified source in the loc al extragalactic neighborhood, or an incomplete knowledge of particle physics.

21/10/2024 Nettoyer les basses couches de l’espace terrestre sub-orbital.

La start-up française Dark créée en 2021 a lancé un projet ambitieux qui pourrait changer les règles du jeu dans la défense spatiale. Son objet : proposer une technologie capable de neutraliser les satellites espions et de nettoyer les débris en orbite basse. Dans un domaine jusqu’ici dominé par des puissances spatiales établies. Il s’agirait non seulement de réduire les risques de collisions en orbite, mais aussi de limiter les possibilités de surveillance non autorisée en redéfinissant ainsi les frontières de la guerre spatiale et de l’espionnage.

Au cœur du projet se trouve l’Interceptor, un système conçu pour engager et neutraliser rapidement des objets en orbite terrestre basse. Cet appareil est capable de désorbiter un satellite ou un débris en moins de 24 heures. Le fonctionnement de l’Interceptor représente une avancée majeure par rapport aux méthodes traditionnelles, qui sont souvent coûteuses, lentes et limitées par des fenêtres de lancement très spécifiques.

L’une des principales innovations de Dark réside dans la méthode de déploiement de l’Interceptor. Plutôt que d’utiliser des lanceurs sol-sol, l’entreprise a opté pour un système de largage depuis un avion. Cette méthode offre une plus grande flexibilité et permet d’agir rapidement sans être entravé par les conditions météorologiques, souvent un obstacle majeur pour les lancements de fusées.

L’Interceptor lui-même mesure 15 mètres de long et est équipé de cinq bras robotiques articulés. Ils sont conçus pour capturer et maintenir fermement les objets visés. Cette capture est le premier pas vers une réduction de la vitesse orbitale de l’objet de 20 à 30 %, ce qui est nécessaire pour lancer une descente contrôlée vers l’atmosphère terrestre où l’objet se désintégrera de manière sécurisée. Ce processus, d’une durée approximative de quatre heures et demie, se terminera par une élimination écologique dans le point Nemo, le lieu le plus isolé du Pacifique, déjà utilisé comme cimetière de débris spatiaux.

La viabilité de ce projet ambitieux est soutenue par un financement important. Dark a levé 11 millions de dollars auprès de plusieurs fonds d’investissement, notamment le fonds français Eurazeo et le fonds californien Long Journey Ventures. Ces investissements sont cruciaux pour le développement du moteur cryogénique Sheitan de l’Interceptor et d’autres technologies nécessaires à la précision et à la fiabilité des interceptions.

L’ambition de Dark est de mettre en place d’ici 2030 un système pleinement opérationnel capable de mener jusqu’à vingt missions par an. Le potentiel de marché pour ces services est vaste, englobant non seulement la gestion des débris spatiaux mais aussi divers aspects de la sécurité militaire.

Si les plans de Dark se réalisent, l’entreprise pourrait devenir un acteur indispensable de la défense spatiale mondiale. L’Interceptor offre une solution potentielle aux défis croissants liés à la surveillance et à la sécurité en orbite, visant à une transformation significative des stratégies de sécurité nationale et internationale.

Source : Dark

21/10/2024 La guerre mondiale des drones

On trouve sur le site français Force militaire une liste des meilleurs drones de combat au monde (UAV) classés selon différents critères, charge utile embarquée, armements, performances, etc.

https://force-militaire.fr/blogs/blog-militaire/drone-militaire#:~

Comme on le sait, ce type d’armes a longtemps été négligé en France, tant en ce qui concerne l’offensive que la défensive . Aujourd’hui elle s’efforce de rattraper son retard. Ainsi Sébastien Lecornu, ministre des Armées et des Anciens Combattants, a annoncé le développement d’un drone de combat furtif qui accompagnera la future évolution F5 du Rafale après 2030 et sera adapté au combat collaboratif.

Le combat collaboratif, qui consiste à accompagner les avions de chasse avec des drones de combat sur les théâtres d’opérations, est l’une des principales évolutions qui marqueront les forces aériennes des grandes armées du monde dans les prochaines années. Ce futur drone français sera complémentaire du prochain Rafale version F5 et adapté au combat collaboratif, le drone pouvant potentiellement être commandé par le pilote de l’avion de chasse. Dassault précise que le drone incorporera les technologies les plus récentes de furtivité, de contrôle autonome et de communication. Il sera doté d’une grande polyvalence et sera évolutif pour s’adapter à l’évolution des menaces futures.

Ce drone bénéficiera, en outre, des acquis du programme nEUROn, https://en.wikipedia.org/wiki/Dassault_nEUROn, premier démonstrateur technologique européen de drone de combat furtif.

Initié en 2003, le programme nEUROn a réuni les ressources aéronautiques de six pays européens, sous la maîtrise d’œuvre de Dassault Aviation. Le premier vol a eu lieu en décembre 2012. Plus de 170 vols d’essais ont été effectués à ce jour.

« Le couple Rafale F5 et drone de combat, avec leurs évolutions futures, doit assurer à la France, comme le Mirage IV en son temps, son indépendance et sa supériorité capacitaire pour les prochaines décennies »,selon Éric Trappier. PDG de Dassault Aviation.

Ceci sera-t-il suffisant et surtout assez précoce . Au regard des données actuelles, 2030 est une date lointaine. Les drones concurrents évolueront. Par ailleurs le besoin se fait déjà sentir, comme le montrent les actuels combats de l’Ukraine avec la Russie, de drones non seulement aériens, mais terrestres tous terrains, maritimes et sous-marins.

Ces drones seront de plus autonomes. Ce terme cache une réalité géante. Ils seront de plus en plus capables de prendre seuls les décisions d’ouverture du feu.

Que les militaires se rassurent. Avec les progrès permanents de la robotique intelligente, tant sur Terre que dans l’Espace planétaire et interplanétaire, les besoins et les solutions ne manqueront pas Ils y trouveront toujours de quoi satisfaire leurs propres exigences.

20/10/2024 Nucléaire. Première fusion réussie

La National Ignition Facility (NIF) à Livermore, en Californie, a récemment franchi une étape décisive dans la quête d’une énergie propre et illimitée. Le 5 décembre 2022, les scientifiques ont réussi à obtenir l’ignition de fusion, un exploit longtemps considéré comme inaccessible. Cette percée ouvre la voie à une nouvelle ère énergétique, potentiellement capable de répondre aux défis climatiques actuels.

Le processus mis en œuvre par la NIF implique l’utilisation de :

192 lasers ultra-puissants
Une capsule de diamant contenant du deutérium et du tritium
Un minuscule cylindre en or

Cette configuration permet de reproduire les conditions extrêmes qui règnent au cœur du soleil.

Lors de l’expérience, les atomes d’hydrogène ont fusionné pour former de l’hélium, libérant une énergie de 3,15 MJ, supérieure aux 2,05 MJ fournis par les lasers. Ce résultat net positif marque un tournant dans l’histoire de la fusion nucléaire 

Perspectives.

Malgré l’enthousiasme suscité par cette avancée, de nombreux obstacles restent à surmonter avant que la fusion nucléaire ne devienne une réalité industrielle.

Les scientifiques doivent maintenant relever le défi de la reproductibilité et de la stabilité du processus. La fusion nécessite en effet des conditions extrêmement précises et difficiles à maintenir sur de longues périodes.

Les estimations concernant le délai nécessaire pour développer des centrales à fusion rentables varient considérablement :

ScénarioDélai estimé
Optimiste5 ans
Réaliste20-30 ans
PessimistePlus de 50 ans

Parallèlement aux efforts de la NIF, d’autres pays investissent massivement dans la recherche nucléaire. Par exemple, la Chine va construire 11 nouveaux réacteurs nucléaires, démontrant son engagement dans ce domaine stratégique.

Implications

La course à la maîtrise de la fusion nucléaire revêt une importance géopolitique considérable. Les nations qui parviendront à développer cette technologie pourraient acquérir un avantage stratégique majeur en termes d’indépendance énergétique et d’influence internationale. démontrant son engagement dans ce domaine?

Sur le plan environnemental, la fusion nucléaire promet des avantages significatifs par rapport aux énergies fossiles et même à la fission nucléaire :

.Absence d’émissions de gaz à effet de serre
Risques de sécurité moindres
Production de déchets radioactifs limitée et à courte durée de vie

Par contre, certains experts mettent en garde contre un optimisme excessif. Ils soulignent que la transition vers une économie basée sur la fusion nécessiterait des investissements considérables et une refonte complète des infrastructures énergétiques mondiales existantes.

Questions éthiques

La sphère de diamant nucléaire à laser soulève également des questions éthiques fondamentales. Les risques potentiels liés à la manipulation de technologies aussi avancées doivent être soigneusement évalués. La communauté scientifique et les décideurs politiques font face à une responsabilité accrue pour garantir que ces innovations servent le bien commun sans compromettre la sécurité globale.

En définitive, la quête d’une énergie propre et abondante par le biais de la fusion nucléaire incarne à la fois les espoirs et les craintes de notre époque. Si elle réussit, cette technologie pourrait transformer radicalement notre rapport à l’énergie et notre impact sur l’environnement. Toutefois, le chemin vers cette révolution énergétique reste semé d’embûches, nécessitant une collaboration internationale sans précédent et une réflexion approfondie sur les implications à long terme de ces avancées technologiques.

Référence

https://lenergeek.com/2024/10/20/pays-joue-feu-sphere-diamant-nucleaire-laser-inquiete-experts/

19/10/2024 Des molécules prébiotiques circulent d’une planète à l’autre au sein de l’univers 

La vie est apparue sur terre à la suite d’une évolution spontanée de molécules chimiques suffisamment complexes pour pouvoir s’agréger spontanément et se reproduire sous la forme de l’ARN et de l’ADN qui sont les briques de base de la vie intelligente telle que nous la connaissons, y compris l’espèce humaine elle-même.

Logiquement, ce processus qui a demandé sur la Terre quelques milliards d’années à se déployer, n’aurait eu ou n’aura pas de difficultés à se reproduire de façon presque identique sur les milliers de milliards de planètes habitables que l’on découvre progressivement dans l’univers visible. Il est donc tout-à fait raisonnable de penser que, selon la formule célèbre, l’Homme n’est pas seul dans l’univers.

Cependant, il a fallu du temps pour que la vie et l’homme apparaissent spontanément sur la Terre. Il en faudrait encore plus que cette vie se généralise dans les planètes habitables. Pourrait-on alors imaginer que la vie apparue sur une planète puisse être transportée sur d’autres planètes, sous la forme notamment de molécules prébiotiques prêtes à se développer. Concernant la Terre, pourrait-on imaginer que la vie terrestre y soit venu d’ailleurs, transportée notamment par des astéroïdes.

On sait que cette hypothèse séduisante avait été abandonnée, compte tenu du fait que l’espace interplanétaire est soumis à des températures et des radiations mortelles pour la vie telle que nous la connaissons.

Or l’on apprend aujourd’hui que des chercheurs de l’Imperial Collège London viennent de découvrir que des fragments de l’astéroïde Ryugu rapportés sur terre en 2020 par la sonde spatiale japonaise Hayabusa 2 comportaient des microfractures résultant du froid interplanétaire dans lesquelles se trouvaient des produits chimiques organiques nécessaires à la vie ainsi que de l’eau sous forme de glace.

Cette glace peut redevenir de l’eau enrichie d’éléments prébiotique en se vaporisant au cas où l’astéroïde tomberait sur la Terre, notamment dans les océans. Elle aurait pu ainsi ensemencer la planète, au cas où celle-ci n’aurait pas encore contenu de vie.

Ce n’était pas encore de la vie, mais pourrait y conduire dans une jeune planète

Référence

Nature Astronomy doi.org/nktc

  1. nature  
  2. nature astronomy  
  3. articles  
  4. article

Evidence from 162173 Ryugu for the influence of freeze–thaw on the hydration of asteroids

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Evidence from 162173 Ryugu for the influence of freeze–thaw on the hydration of asteroids

Matthew J. GengeNatasha V. AlmeidaMatthias van Ginneken
Lewis Pinault, Penelope J. Wozniakiewicz & Hajime Yano 

Nature Astronomy (2024)Cite this article

Abstract

Hydrated asteroids are likely to be main source of water for the terrestrial planets. The controls on the extent of asteroid hydration, however, are poorly understood. Here we report the discovery of multiple fracture and vein sets in a sample from the C-type asteroid 162173 Ryugu that acted as pathways for the migration of distal fluids during its aqueous alteration. Early veins in Ryugu are decorated with framboidal magnetite, while later veins caused metasomatism of wall rocks. Both veins and fractures have cuspate geometries and complex intersecting geometries consistent with freeze–thaw fractures formed during experiments. We show that freeze–thaw is effective in fracturing C-type asteroids to up to 300 km in diameter and is thus crucial in the outwards migration of fluids in ice-bearing asteroids. Freeze–thaw is likely, therefore, to determine the distribution of mineral-hosted water in asteroids throughout the Cosmos

Voir aussi

NewScientist 19 october 2024, p 17

19/10/2024. Les plantes et le refroidissement climatique à la fin de l’ordovicien


Les fossiles indiquent que les premières plantes à pousser sur terre sont apparues il y a 475 millions d’années, au cours de la période ordovicienne. On ne dispose que de restes fossilisés de petits fragments de plantes, mais on ne sait  pas comment les morceaux s’assemblent .

 Cependant on peut dire sans risque de se tromper que ces plantes étaient très petites et ressemblaient probablement aux hépatiques et aux mousses, leurs plus proches parents vivants.

Le climat a radicalement changé à la fin de l’Ordovicien. On est passé d’un climat plus chaud qu’aujourd’hui (sans glace) à une période glaciaire. Les périodes glaciaires sont assez rares dans l’histoire de la Terre et ce qui a donné naissance à la glaciation ordovicienne a toujours été un mystère.

Cependant alors que l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone provoque le réchauffement climatique, l’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère provoque un refroidissement global.

 L’un des principaux mécanismes d’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère est l’altération des silicates : la réaction chimique entre les minéraux silicatés des roches et le dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

L’hypothèse selon laquelle les plantes non vasculaires (mousses) augmentent les taux d’altération des silicates a été testée. Or ces plantes simples augmentent effectivement l’altération des minéraux silicatés. Ces mesures des taux d’altération des silicates ont été incorporées dans les  modèles informatiques du climat de la période ordovicienne.

Ceci a montré  que l’apparition des premières plantes terrestres à l’Ordovicien aurait bien provoqué une diminution spectaculaire du dioxyde de carbone atmosphérique. Ceci  aurait provoqué un refroidissement climatique et contribué au déclenchement de l’ère glaciaire de la fin de l’Ordovicien. 

Rappelons que les plantes jouent un rôle essentiel dans les systèmes climatiques en extrayant le dioxyde de carbone de l’atmosphère de deux manières : tout d’abord, les plantes effectuent la photosynthèse, qui convertit le dioxyde de carbone en biomasse végétale laquelle stocke le carbone. Ensuite, les plantes augmentent les taux d’érosion des silicates. Cette réaction chimique décompose les roches, et ce faisant, éliminent le dioxyde de carbone de l’atmosphère.

On savait  que le refroidissement spectaculaire de la planète il y a 300 à 200 millions d’années était le résultat de l’évolution de grandes plantes dotées de grands systèmes racinaires qui ont provoqué de grands changements dans ces deux processus.  

Mais l’apparition des premières plantes terrestres a eu un effet bien plus tôt, soit 100 millions d’années plus tôt.

Aujourd’hui la disparition de vastes zones de végétation, qui servent de réservoirs de carbone, augmentera les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et provoquera des changements climatiques pouvant être dramatiques.

Les plantes ont un rôle régulateur central dans le contrôle du climat : elles l’ont fait hier, elles le font aujourd’hui et elles le feront certainement à l’avenir. Si nous continuons à détruire la végétation de la Terre, en abattant des forêts et en asséchant des zones humides, nous subirons un changement climatique dramatique : l’opposé d’une ère glaciaire. C’est ce qu’on appelle le réchauffement climatique.

Adapté de

Nature
First plants cooled the Ordovician
https://www.nature.com/articles/ngeo1390
Nature Geoscience volume5, pages 86–89 (2012)

19/10/2024 L’extinction de masse de l’ordovicien

L’Ordovicien (485–444 Ma) est une période géologique caractérisée par la concomitance d’une glaciation majeure et de l’une des 5 plus grandes extinctions de masse de l’histoire de la Terre.

La Terre connaît une première grande crise à la fin de l’Ordovicien-Silurien, lorsque la vie était exclusivement marine. Elle serait due à un intense épisode de glaciation et aurait provoqué la disparition de 60 à 70% des espèces.

Parmi les groupes d’animaux marins fortement affectés par cette phase d’extinction, on trouve:

La disparition d’une grande partie de ces espèces serait liée à un épisode de glaciation ayant entraîné une baisse du niveau marin.

C’est du moins l’hypothèse proposée pour le premier épisode d’extinction. Car la crise de l’Ordovicien se divise en deux pulses. Et les causes du deuxième épisode sont beaucoup plus troubles. Il pourrait notamment être associé à un événement anoxique, c’est-à-dire à une diminution drastique du taux d’oxygène dans l’eau de mer.

Le taux d’oxygène dans les océans est en effet un facteur très important. Sa diminution vers des conditions d’anoxie déstabilise les écosystèmes, impactant sévèrement la vie marine. Pendant plusieurs décennies, les chercheurs pensaient que seul un épisode de réchauffement climatique pouvait engendrer une anoxie des océans. Mais de plus en plus d’études montrent que des climats froids peuvent également créer des conditions anoxiques.

Par ailleurs, de nouvelles recherches menées par des scientifiques de l’Université d’Oxford et de l’Université d’Exeter ont montré que l’ invasion des terres par les plantes au cours de la période ordovicienne (il y a 488 à 443 millions d’années) a refroidi le climat et déclenché une série de périodes glaciaires.

Adapté de

Nature
First plants cooled the Ordovician
https://www.nature.com/articles/ngeo1390
Nature Geoscience volume5, pages 86–89 (2012)

18/10/2024 Les chats essaient de nous comprendre bien plus que nous le croyons

Une étude menée sur des chats domestiques montre que ceux-ci sont capables d’associer des mots et des images. Il serait donc possible que , contre toute apparence, ils connaissent des mots de notre vocabulaire quotidien.

Au cours des cinq dernières années, les chercheurs ont beaucoup appris sur les chats et leur rapport au langage humain. Par exemple, on sait depuis 2019 qu’ils connaissent leur nom, et, depuis 2022, le nom des humains avec qui ils vivent et ceux  des autres chats qu’ils ont l’habitude de fréquenter.

Aujourd’hui, une nouvelle étape vient d’être franchie : d’après une étude dont les résultats sont publiés dans Scientific Reports, dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, “les chats apprennent à associer les images et les mots plus rapidement que n’y parviennent les bébés”

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont entraîné 31 chats adultes à un apprentissage similaire à celui des bébés. Chaque félin, placé devant un écran, regardait une image diffusée pendant neuf secondes en même temps qu’il entendait un message enregistré par son maître dans lequel celui-ci prononçait quatre fois un même mot en japonais:“keraru” pour une licorne bleu et blanc, “parumo” pour un soleil rouge. La leçon était renouvelée plusieurs fois. Le chat n’obtenait pas de récompense – caresse ou nourriture – pour sa participation.

Ensuite, il devait regarder les mêmes images, mais cette fois, le mot prononcé était parfois erroné. En analysant la réaction de l’animal, les scientifiques ont pu savoir si ce dernier faisait bien une association entre une image et un nom.

“De façon surprenante, la grande majorité des chats a appris chaque association mot-image après seulement deux leçons de neuf secondes. La plupart des enfants de 14 mois ont besoin de quatre leçons de quinze secondes, au cours desquelles les mots sont répétés 7 fois, et non 4”, indique Science.

Interrogée par Science la spécialiste du développement du langage Janet Werker nuance la comparaison, rappelant que les tests des enfants sont plus difficiles : des mots de trois syllabes prononcés de façon exagérée par leur maître pour les chats, des mots d’une syllabe prononcés à vitesse normale par des voix inconnues pour les bébés.

Référence

  1. nature  
  2. article
  • Published: 04 October 2024
  • Rapid formation of picture-word association in cats
  • Saho Takagi, others

Scientific Reports 
volume14, Article number: 23091 (2024) 

Abstract

It is well known that dogs are capable of following human verbal instructions. However, very little is known about the equivalent ability in cats. In this study, we used a switched stimuli task to examine whether cats rapidly form picture-word association, which is a fundamental ability for word learning. We presented cats with two meaningless picture-word combinations, in the habituation phase. Then, on half of the trials we switched the combination (switched condition), but the other half of the trials remained as before (non-switched condition). If cats rapidly form picture-word association, they were expected to look at the monitor for longer in the switched condition, reflecting detection of the change. We used human speech as stimuli in Exp.1, and mechanical sounds (electronic sounds) in Exp.2. Cats expressed detection of the switched combination in Exp.1, where human speech and objects were paired. However, in Exp.2 where non-social sounds and objects were paired, there was no statistical difference between switched and non-switched conditions, although there was a main effect of condition when the data from the two experiments were pooled. These results demonstrate that cats can rapidly form picture-word association. Further research should investigate whether domestication has played a role in this ability.