19/02/2025 Iter. Succès important du CEA

Des scientifiques ont franchi un jalon important sur la voie de la fusion nucléaire en maintenant un plasma pendant plus de 22 minutes – un record – dans le réacteur opéré par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Cadarache (Bouches-du-Rhône), a annoncé l’organisme mardi. Un résultat qui améliore de 25 % le précédent record de durée, obtenu par le tokamak chinois East, il y a quelques semaines. 

Promesse d’une énergie propre, sûre, peu coûteuse et quasi inépuisable, la fusion nucléaire fait l’objet de recherches fondamentales depuis des décennies. Elle consiste à reproduire les réactions qui se produisent au cœur des étoiles, en assemblant deux noyaux d’atomes dérivés de l’hydrogène. C’est le processus inverse de la fission, utilisée dans les centrales nucléaires actuelles, qui consiste à casser les liaisons de noyaux atomiques lourds.

Le tokamak West du CEA est parvenu à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes le 12 février. Il bat ainsi très largement le record précédent de durée de plasma obtenu dans un tokamak. Cette avancée démontre que la connaissance des plasmas et leur maîtrise technologique sur de longues durées sont devenues bien plus matures, laissant espérer que des plasmas de fusion puissent être stabilisés sur de longues durées dans des machines comme Iter.

Communiqué du CEA

Le tokamak West du CEA est parvenu à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes le 12 février. Il bat ainsi très largement le record précédent de durée de plasma obtenu dans un tokamak. Cette avancée démontre que la connaissance des plasmas et leur maîtrise technologique sur de longues durées sont devenues bien plus matures, laissant espérer que des plasmas de fusion puissent être stabilisés sur de longues durées dans des machines comme Iter.

Un projet scientifique futuriste et sans précédent est en plein essor à Cadarache, au cœur de la Provence. Réunissant des pays peu habitués à collaborer comme l’Inde, la Chine, la Russie, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Europe, le consortium ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) construit pièce par pièce ce qui deviendra peut-être le prototype de l’énergie de demain.

Plutôt que fissionner les atomes lourds comme l’uranium, ITER va fusionner des atomes légers dérivés de l’hydrogène. Avec pour perspectives des ressources illimitées (l’hydrogène est abondant et gratuit) et l’absence de déchets radioactifs qui posent problème aux centrales actuelles, l’énergie de fusion pourrait bouleverser le lancinant problème de l’énergie.

Atteindre une telle durée est un jalon essentiel pour des machines comme Iter, qui devront maintenir des plasmas de fusion pendant plusieurs minutes. Il faut en effet maîtriser le plasma, instable par nature, et s’assurer que les composants placés face à lui sont capables de supporter ses rayonnements, sans dysfonctionner ni le polluer.

Ce sont deux des objectifs que se fixent les chercheurs du CEA et qui expliquent le record actuel.

Dans les prochains mois, l’équipe de West compte prolonger ses efforts, en atteignant de très longues durées de plasma, de l’ordre de plusieurs heures cumulées, mais aussi en chauffant ce plasma à encore plus haute température pour se rapprocher au mieux des conditions attendues dans les plasmas de fusion.

18/02/2025 Découverte de deux jeunes étoiles complètement glacées

Des astronomes japonais ont découvert dans une région éloignée de la Voie Lactée deux objets jamais observés jusqu’à présent. Il semble s’agir de deux jeunes étoiles complètement enfermées dans une enveloppe de glace. Elles sont suffisamment éloignées l’une de l’autre pour appartenir à un même système ou avoir été formées par un processus identique.

Les astronome japonais avaient fait appel au télescope spatial japonais AKARI qui scanne la Voie Lactée en lumière infrarouge. Mais celui-ci n’a pas assez de résolution pour permettre d’identifier ces objets.

Ils reprirent leurs observation en faisant appel à un radiotélescope beaucoup plus puissant, l’Atacama Large Millimiter/submillimeter Array (ALMA) au Chili. Mais sans plus de succès. Les observations d’ALMA montrèrent seulement que ces objets étaient relativement petits par rapport aux nuages de gaz chauds voisins qui ont entre 1 à 10 fois la taille de notre système solaire et qu’ils étaient composés de monoxyde de carbone et monoxyde de silicium résultant généralement de violentes explosions cosmiques.

Cependant l’abondance de glace ne parait pas compatible avec l’hypothèse d’une explosion ou de mécanismes de production d’étoiles analogues. Ces objets ont des propriétés contradictoires, suffisamment froids pour produire de la glace, et suffisamment chauds pour émettre en infrarouge comme une étoile.

Des observations pour rechercher des objets semblables se poursuivront en faisant appel au James Webb Space Telescope.

Voir arXiv.doi.org/n3n4

18/02/2025 Les viroïdes sont-ils vivants ?

En 1967 le virologueTheodor Diener découvrit dans un tube à essai où il avait isolé l’agent causant la maladie de la pomme de terre dite maladie des tubercules en fuseau que ce n’était pas un virus comme il le pensait, mais un organisme encore plus petit.

Il lui fallu quatre ans pour démontrer qu’il s’agissait d’une simple molécule d’ADN qui infectait les cellules des pommes de terre avant de se reproduire. Il suggéra de la nommer un viroïde. Il s’agissait de l’agent réplicant le plus simple jusqu’alors identifié. Celui-ci élargissait ainsi d’un coup notre compréhension de ce qu’est la vie.

Curieusement cette découverte n’eut alors aucun écho. Ce fut seulement tout récemment en 2020 que le sujet des viroïdes fut abordé à nouveau par Benjamin Lee du National Center for Biotechnology Information à Bethesda, Maryland.

Depuis, ce fut une explosion de découvertes. On connaît aujourd’hui des milliers d’organismes et de microorganismes dotés de noms exotiques tels qu’obélisques, ribozyvirus et satellites. On les découvre partout mais on ignore le plus souvent leur rôle exact, non plus que leur éventuelle dangerosité.

Mais comme il s’agit de réplicateurs sous la forme la plus simple, ils obligent à repenser notre définition de la vie. On peut estimer d’ailleurs qu’ils remontent à l’origine même de celle-ci sur la Terre.

Note

Les viroïdes consistent en une séquence d’ARN sans même l’enveloppe d’une capside. Comme les virus ils se rerpduisent en entrant dans une cellule hote et en détournant ses modes de reproduction.

Les viroïdes infectent l’intérieur des cellules en tant que particules d’ARN uniquement, sans capside ni enveloppe. Ils n’ont qu’un seul ARN circulaire qui contient très peu de nucléotides (250 à 400), leur génome s’organise en bâtonnet (génome à 70 % apparié) mais la séquence nucléotidique ne code aucune protéine. Contrairement aux virus dont l’ARN peut être copié dans le cytoplasme ou le noyau, l’ARN des viroïdes est copié dans le noyau ou dans les chloroplastes, selon la famille. Cette réplication se fait grâce aux enzymes de la cellule hôte comme les ARN polymérases.

A la différence des agents subviraux comme les acides nucléiques satellites ou les virusoïdes, ils se répliquent de manière autonome et ne dépendent pas de la coinfection avec un virus assistant. Ils infectent les plantes avec un spectre d’hôte plus ou moins large et provoquent des pathologies telles qu’une réduction de la croissance allant jusqu’à la déformation, la nécrose, la chlorose, le rabougrissement et même la mort de la plante.

    Wikipedia

    17/02/2025 L’altermagnétisme

    Les conclusions d’une étude conduite par des chercheurs de l’ETH Zurich, publiée à l’automne dernier dans Nature, nous informent de l’existence d’un nouveau type de magnétisme. Leurs travaux s’inscrivent dans la continuité de ceux entrepris depuis quelques années pour mieux comprendre ce phénomène apparemment banal avec lequel nous interagissons tout au long de notre vie

    Ce point commun, c’est qu’ils sont magnétiques pour la même raison. Ce que l’on ignore parfois, c’est qu’il existe une autre façon de rendre un matériau magnétique.

    Au milieu des années 1960, un physicien japonais du nom de Yosuke Nagaoka a imaginé un type de magnétisme d’un nouveau genre. Il faisait interagir des électrons dans un matériau expérimental. Celui-ci était obtenu en superposant des couches atomiquement minces de deux matériaux semi-conducteurs différents, le diséléniure de molybdène et le disulfure de tungstène.

    Afin d’en étudier les propriétés magnétiques, les scientifiques l’ont éclairé au moyen d’une lumière laser et ont mesuré la force avec laquelle la lumière était réfléchie. Puis, ils ont rempli le matériau d’électrons et ont mesuré la magnétisation correspondante.

    Ils ont constaté que, jusqu’à un remplissage d’un électron par site de l’isolant connu sous le nom d’isolant de Mott), le matériau restait paramagnétique, c’est-à-dire doté d’une faible aptitude à s’aimanter. Alors qu’ils continuaient d’intégrer des électrons au réseau, le matériau s’est brusquement comporté comme ferromagnétique (un matériau est ferromagnétique si tous ses moments magnétiques contribuent positivement à son aimantation.

    Dans un matériau ferromagnétique, tous les spins peuvent être alignés par l’application d’un champ magnétique et le rester après la suppression de celui-cicréant ainsi une aimantation rémanente. Cette aimantation peut être inversée par l’application d’un autre champ magnétique, ce qui permet d’utiliser ces matériaux comme mémoires informatiques. La technique a donné naissance à la spintronique, dans laquelle les informations sont codées par le spin des électrons plutôt que par la charge.

    Dans les années 1930, il était apparu qu’il était courant que les spins d’atomes voisins s’orientent dans des directions opposées, de sorte que leur aimantation nette s’annulait (antiferromagnétisme). Parce que cette disposition décalée des spins est beaucoup plus stable que la dispositio uniforme, les matériaux antiferromagnétiques sont presque impossibles à aimanter.

    Récemment, des dispositifs spintroniques ont été constitués à partir de matériels antiferromagnétiques : bien que plus difficiles à manipuler, leurs spins peuvent basculer jusqu’à 1 000 fois plus rapidement que ceux des ferromagnétiques, ce qui permet un stockage et un traitement des informations plus performants et plus économes en énergie..

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    En 2018, à la recherche d’un matériau qui serait à la fois spintronique et antiferromagnétique, le physicien Libor Šmejkal a étudié à l’université Johannes-Gutenberg de Mayence les propriétés du dioxyde de ruthénium RuO2. Ses calculs suggèrent qu’il ne devrait pas avoir d’aimantation permanente de ce matériau, analogue à celle d’unn un matériau antiferromagnétique normal. Par contre, soumis à un courant électrique il devrait se comporter comme un matériau ferromagnétique : les forces magnétiques dans le matériau dévieraient les électrons du courant, conduisant à une forte tension dans la direction perpendiculaire.

    En 2020, une équipe chinoise a confirmé expérimentalement ces propriétés paradoxales du dioxyde de ruthéniuum. En 2021, Šmejkal  a créé le terme d’altermagnétisme et proposé une explication : dans ces matériaux, un atome sur deux est tourné de 90° et son spin de 180°

    Selon les prévisions théoriques, plus de 200 composés chimiques devraient être altermagnétiques. Les preuves expérimentales ont été recherchées activement, dans l’espoir de développer de nouveaux dispositifs électroniques.

    En 2023, le comportement altermagnétique a été est confirmé pour 14 matériaux (les mieux étudiés étant le dioxyde de ruthénium RuO2 et le tellurure de manganèse MnTe5)

    Référence

    Nature
    February 2024 New type of magnetism splits from convention
    https://www.nature.com/articles/d41586-024-00190-w

    17/02/2025 L’altermagnétisme

    Les conclusions d’une étude conduite par des chercheurs de l’ETH Zurich, publiée à l’automne dernier dans Nature, nous informent de l’existence d’un nouveau type de magnétisme.

    Il existe un point commun entre chacun des aimants avec lesquels nous avons interagi au cours de notre vie. Ce point commun, c’est qu’ils sont magnétiques pour la même raison. Ce que l’on ignore parfois, c’est qu’il existe une autre façon de rendre un matériau magnétique.

    Au milieu des années 1960, un physicien japonais du nom de Yosuke Nagaoka a imaginé un type de magnétisme d’un nouveau genre. Il faisait interagir des électrons dans un matériau expérimental. Celui-ci était obtenu en superposant des couches atomiquement minces de deux matériaux semi-conducteurs différents : le diséléniure de molybdène et le disulfure de tungstène.Afin d’en étudier les propriétés magnétiques, les scientifiques l’ont éclairé au moyen d’une lumière laser et ont mesuré la force avec laquelle la lumière était réfléchie. Puis, ils ont rempli le matériau d’électrons et ont mesuré la magnétisation correspondante.

    Ils ont constaté que, jusqu’à un remplissage d’un électron par site du réseau moiré (aussi connu sous le nom d’isolant de Mott), le matériau restait paramagnétique, c’est-à-dire doté d’une faible aptitude à s’aimanter. Alors qu’ils continuaient d’intégrer des électrons au réseau, le matériau s’est brusquement comporté comme ferromagnétique (un matériau est ferromagnétique si tous ses moments magnétiques contribuent positivement à son aimantation.

    Dans un matériau ferromagnétique, tous les spins peuvent être alignés par l’application d’un champ magnétique et le rester après sa suppression, créant ainsi une aimantation rémanente. Cette aimantation peut être inversée par l’application d’un autre champ magnétique, ce qui permet d’utiliser ces matériaux comme mémoires informatiques. Cette technique a donné naissance à la spintronique, dans laquelle les informations sont codées via le spin des électrons plutôt que par la charge.

    Dans les années 1930, il était apparu qu’il était beaucoup plus courant que les spins d’atomes voisins s’orientent dans des directions opposées, de sorte que leur aimantation nette s’annule (antiferromagnétisme). Parce que cette disposition décalée des spins est beaucoup plus stable que la disposition uniforme, les matériaux antiferromagnétiques sont presque impossibles à aimanter.

    récemment, des dispositifs spintroniques ont été constitués à partir d’antiferromagnétiques : bien que plus difficiles à manipuler, leurs spins peuvent basculer jusqu’à 1 000 fois plus rapidement que ceux des ferromagnétiques, ce qui permet un stockage et un traitement des informations plus performants et plus économes en énergie1.

    Récemment, en 2018, à la recherche d’un matériau qui serait à la fois spintronique et antiferromagnétique, le physicien Libor Šmejkal a étudié à l’université Johannes-Gutenberg de Mayence les propriétés du dioxyde de ruthénium RuO2. Ses calculs suggèrent qu’il ne devrait pas avoir d’aimantation permanente de ce matériau, comme un matériau antiferromagnétique normal. Par contre, soumis à un courant électrique il devrait se comporter comme un matériau ferromagnétique : les forces magnétiques dans le matériau dévieraient les électrons du courant, conduisant à une forte tension dans la direction perpendiculaire.

    En 2020, une équipe chinoise a confirmé expérimentalement ces propriétés paradoxales du dioxyde de ruthéniuum. En 2021, Šmejkal  a créé le terme d’altermagnétisme et proposé une explication : dans ces matériaux, un atome sur deux est tourné de 90° et son spin de 180°

    Selon les prévisions théoriques, plus de 200 composés chimiques devraient être altermagnétiques. Les preuves expérimentales ont été recherchées activement, dans l’espoir de développer de nouveaux dispositifs électroniques.

    En 2023, le comportement altermagnétique a été est confirmé pour 14 matériaux (les mieux étudiés étant le dioxyde de ruthénium RuO2 et le tellurure de manganèse MnTe5)

    Référence

    Nature February 2024

    New type of magnetism splits from convention

    https://www.nature.com/articles/d41586-024-00190-w

    16/02/2025 Mesurer la taille des neutrinos

    Voir précédemment
    https://europesolidaireeu.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=12226&action=edit

    Les neutrinos dont des particules élémentaires dont la masse est tellement faible qu’ils sont quasiment impossibles à détecter. Chaque seconde, ils sont 60 milliards à traverser chaque centimètre carré de notre planète (y compris les corps humains) sans laisser de trace.

    Issus de phénomènes astrophysiques extrêmes, comme les explosions d’étoiles, les neutrinos interagissent très peu avec la matière et peuvent donc voyager quasi éternellement sans être modifiés.

    Aujourd’hui cependant, une première mesure directe de la taille des neutrinos suggère qu’ils sont au moins aussi grands que le noyau d’un atome. Mais ils peuvent être potentiellement des milliards de fois plus grands.

    Une des difficultés dans la mesure de la taille des neutrinos tient au fait que, selon la mécanique quantique, les particules en général ne sont pas sphériques au sens propre. Ce sont des ondes qui vibrent en voyageant dans l’espace.

    Les physiciens mesurent la taille d’une particule en observant son paquet d’ondes (wave packet). Il s’agit d’une étendue bien définie à l’intérieur de laquelle les ondes vibrent fortement et à l’extérieur de laquelle la particule s’efface brutalement .

    Mesurer le paquet d’ondes d’ un neutrino est difficile parce que ces particules interagissenr rarament avec la matière ordinaire. Jusqu’à présent le paquet d’ondes a été calculé indirectement, avec des marges d’incertitue variant de 1 à des milliards.

    Cependant récemment  Joseph Smolsky de la Colorado School of Mines et ses collègues ont découvert que les neutrinos sont au moins des centaines de fois plus grands que précédemment estimé soit plus grands que les noyaux des atomes courants.

    Pour cela, ils ont mesuré du beryllium radioactif au moment où il se dégradait en lithium, processus dit capture d’électron. Quand ceci se produit, un élecrton de l’atome de beryllium se combine avec un proton du noyau en produisant un neutron. L’atome est alors propulsé dans une certaine direction en générant un neutrino dans la direction opposée.

    En plaçant dans des détecteurs supraconducteurs très précis le beryllium au moment où il se transformait en lithium ils ont pu mesurer avec précision les atomes de lithium et en inférer les propriétés du neutrino.

    Ils ont découvert que les neurinos mesuraient au moins 6 picomètres, soit des centaines de fois plus que le noyau de l’atome.

    Evaluer l’importance du paquet d’ondes du neutrino est important dans la perpective de la construction de futurs détecteurs de neutrinos capables de mesurer combien souvent le neutrino oscille ou switch, selon trois types de mesure. Mieux connaitre les oscillation des neutrinos sera important pour déterminer le rapport entre matière et antimatière dans l’univers

    Référence

    NewScientist
    https://www.newscientist.com/article/2468207-how-big-is-a-neutrino-were-finally-starting-to-get-an-answer/

    15/02/2025 Le principe cosmologique

    Le principe cosmologique est un pilier fondamental de la physique moderneIl stipule que, à grande échelle, l’univers est homogène et isotrope, c’est-à-dire qu’il présente les mêmes propriétés quelle que soit la direction dans laquelle on l’observe.

    Depuis des siècles, l’humanité s’interroge sur la nature de l’univers. Est-il homogène et symétrique, ou présente-t-il des irrégularités cachées ? Une récente étude s’est attaquée à cette question en analysant la direction de rotation des ondes gravitationnelles émises par des fusions de trous noirs. Ses résultats pourraient avoir des implications profondes sur notre compréhension de la physique fondamentale et de la formation de l’univers.

    Le principe cosmologique est un pilier fondamental de la physique moderne. Il repose sur l’idée selon laquelle à grande échelle, l’univers est homogène et isotrope, c’est-à-dire qu’il présente les mêmes propriétés quelle que soit la direction dans laquelle on l’observe. Cela implique qu’aucune orientation particulière ne devrait être favorisée, notamment en ce qui concerne la rotation des objets cosmiques.

    En d’autres termes, quand on observe les mouvements des galaxies, des étoiles ou des trous noirs, on vois autant de rotations dans le sens des aiguilles d’une montre que dans le sens inverse. On parle de symétrie miroir, une propriété qui garantit qu’il n’existe pas de préférence pour une orientation rotative donnée.

    Le deuxième concept est celui de la symétrie. En cosmologie, ce principe indique que tout processus physique reste identique, même si le temps recule, si l’espace est inversé ou si les particules sont remplacées par des antiparticules.

    Mais que se passe-t-il si cet univers n’est que le jumeau d’un autre univers qui s’est formé en même temps à ce point et qui s’est développé dans la direction opposée ?

    C’est la proposition audacieuse récemment formulée par un groupe de cosmologistes du Perimeter Institute, un institut de physique théorique au Canada dirigée par les professeurs Neil Turok et Latham Boyle, qui répond à cette question.

    https://perimeterinstitute.ca/news/a-mirror-universe-might-tell-a-simpler-story-neil-turok

    Dans l’anti-univers qu’ils proposent, comme cet anti-univers se déplace dans la direction opposée au nôtre, le temps se déplace également dans la direction opposée. Cette hypothèse, aussi complexe qu’elle puisse paraître, est une tentative de ses auteurs d’expliquer, de manière plus simple et plus économique, plusieurs mystères du cosmos, dont l’énigmatique matière noire.

    Deux concepts sont essentiels pour comprendre l’idée d’un anti-univers. Le premier concerne le modèle standard de la physique des particules, la théorie qui décrit les particules fondamentales dont l’univers est constitué et les forces qui les font interagir les unes avec les autres.

    Selon le modèle standard, chaque fois qu’une particule de matière apparaît, sa contrepartie d’antimatière, une particule identique avec une charge différente, apparaît également. Cela signifie que la même quantité de matière et d’antimatière aurait a été produite lors du Big Bang.

    Le deuxième concept est celui de la symétrie. En cosmologie, ce principe indique que tout processus physique reste le même, si le temps recule, si l’espace est inversé ou si les particules sont remplacées par des antiparticules.

    Dans l’étude menée par le Perimeter Institute, les auteurs se sont penchés sur un type de symétrie appelé CPT, les initiales pour charge, parité et temps.

    Cette symétrie indique que si la charge, l’image et le temps d’une interaction entre particules sont inversés, l’interaction se comportera de la même manière que précédemment.

    Ainsi, la symétrie qui s’applique aux particules, selon les auteurs de l’étude, pourrait également s’appliquer à l’univers dans son ensemble, ouvrant la possibilité d’un univers symétrique.

    « L’univers dans son ensemble est symétrique par rapport à la CPT », écrivent les auteurs .

    Selon cette hypothèse, le Big Bang est un point de départ d’où proviennent l’univers et son image miroir.

    « Nous suggérons que l’univers avant le Big Bang est l »anti-vers de l’univers après le Big Bang », déclarent les auteurs.

    « Pour le moment nous pensons que l’anti-vers est une véritable image miroir reflétée dans le temps, avec des particules et des anti-particules échangées », a déclaré Latham Boyle à la BBC.

    Selon ce point de vue, l’antivers n’est pas un univers indépendant, mais simplement un reflet de notre univers.

    « Nous avons un ‘anti-self’ dans l’autre univers, mais il n’est pas indépendant. Si tu choisis de manger des œufs au petit-déjeuner, ta version de l’anti-verse ne peut pas choisir de manger du bacon au petit-déjeuner. Si tu prends des œufs au petit-déjeuner, il devra prendre des anti-œufs au petit-déjeuner », explique Latham. Boyle.

    Et le temps dans l’anti-univers ?

    Selon la proposition de Latham Boyle et de ses collègues, le Big Bang est comme un miroir qui inverse non seulement l’image, mais aussi le sens du temps.

    Des deux côtés de l’univers, le temps s’éloigne du Big Bang, mais d’un côté la flèche du temps va vers la droite, et de l’autre elle va vers la gauche.

    « Chaque côté de l’univers pense que c’est parfaitement normal. Ils croient tous les deux que leur temps est en train d’avancer. De notre point de vue, dans l’anti-vers, le temps recule, mais pour eux, c’est nous qui allons dans l’autre sens », dit Latham . Boyle.

    Cette idée offre une autre possibilité: c’est peut-être nous qui sommes dans l’anti-univers et qui ne le savons pas.

    Se pose une autre question : est-il possible de voyager dans cet anti-univers ?

    « Nous ne pouvons pas passer de l’autre côté du miroir. Pour cela, il faudrait pouvoir voyager dans le passé. Autrement dit, il faudrait voyager dans l’espace-temps, traverser la singularité du Big Bang et ressortir de l’autre côté« , dit Latham Boyle.

    Leur proposition offre un aperçu stimulant de trois concepts fondamentaux de la cosmologie : la matière noire, l’inflation après le Big Bang et les ondes gravitationnelles.

    La matière noire est un ingrédient mystérieux qui constitue 25 % de l’univers, mais jusqu’à présent, personne n’a pu observer ce qu’elle est ou de quoi elle est faite. En revanche, elle se remarque par l’influence gravitationnelle qu’elle exerce sur le cosmos.

    Au fil des ans, les scientifiques ont proposé plusieurs théories pour expliquer ce qu’est la matière noire, mais personne n’a encore trouvé de réponse convaincante.

    Selon quelques-unes des réponses possibles, la matière noire est constituée d’une particule que nous ne connaissons pas encore, c’est-à-dire qu’elle est en dehors du modèle standard.

    L’étude de Latham Boyle offre toutefois une réponse « moins coûteuse » à l’énigme de la matière noire.

    Le modèle standard décrit les particules fondamentales dont l’univers est constitué. Sa proposition est que pour expliquer la matière noire, il n’est pas nécessaire d’imaginer de nouvelles particules.

    Des neutrinos droitiers ?

    Une réponse pourrait être de dire que la matière noire est composée de « neutrinos droitiers », une variété de neutrinos, une particule qui fait partie du modèle standard.

    L’existence des « neutrinos droitiers » n’a pas encore été prouvée, mais selon Latham Boyle, de nombreux scientifiques s’accordent à dire que ceux-ci pourraient faire partie du modèle standard.

    Jusqu’à présent, les neutrinos connus sont « gauchers », en référence à la direction dans laquelle ils tournent . Mais dans un univers symétrique, on s’attendrait à ce qu’un neutrino droit, c’est-à-dire un antineutrino, existe également, écrit l’astrophysicien Paul Sutter, dans un article du portail Live Science, dans lequel il passe en revue l’étude de Latham Boyle.

    Ces neutrinos droitiers seraient largement invisibles et ne pourraient être détectés que par la gravité.

    « Or, une particule invisible qui inonde l’univers et n’interagit que par le biais de la gravité ressemble beaucoup à la matière noire », explique Latham Sutter.

    Le professeur Joseph Formaggio, un physicien qui étudie le rôle des neutrinos en cosmologie, dit trouver intéressante la proposition de Latham Sutter pour expliquer la matière noire.

    « J’aime son modèle minimaliste », a déclare à la BBC le Pr Formaggio, qui n’a pas participé à la recherche et qui dirige la division de la physique nucléaire expérimentale et de la physique des particules au Massachusetts Institute of Technology..

    « Habituellement, en physique des particules, on peut expliquer beaucoup de phénomènes en introduisant de nouvelles particules, interactions et champs. Il est donc facile de se perdre. Mais cette recherche adopte une approche différente, elle n’apporte rien de plus que ce que nous avons déjà observé », conclut le Pr . Formaggio,

    Pas d’inflation, pas d’ondes gravitationnelles ?

    Enfin, l’étude remet en question l’existence de l’inflation cosmologique et des ondes gravitationnelles primordiales.

    Le modèle de Latham Boyle remet en question l’existence d’une période d’expansion rapide de l’univers après le Big Bang, un concept connu sous le nom d’inflation.

    Cette inflation, à son tour, aurait pu créer des ondes gravitationnelles primordiales, qui sont des ondulations se propageant dans le tissu de l’espace-temps, comme les ondulations générées par un caillou jeté dans un lac.

    La proposition de Latham Boyle soutient qu’au lieu de l’inflation, la matière de l’univers s’est étendue de manière moins forcée, sans qu’une « époque inflationnaire toire » nécessaire.

    Ainsi, selon ce modèle, s’il n’y a pas eu d’inflation, il n’y a pas eu non plus d’ondes gravitationnelles primordiales.

    En 2015, des ondes gravitationnelles ont été détectées pour la première fois. Mais Latham Boyle prévient toutefois que celles-ci correspondent à des événements bien plus tardifs que le Big Bang, il ne s’agit donc pas d’ondes gravitationnelles primordiales.

    15/02/2024 Détection d’un neutrino d’une énergie exceptionnelle

    Cette découverte d’un neutrino d’une énergie inédite d’environ 220 pétaélectronvolts (PeV), soit trente fois supérieure à celle de tous les neutrinos précédemment détectés à l’échelle mondiale, est exceptionnelle.

    La découverte a été faite grâce au Télescope Neutrino du Kilomètre Cubique (KM3NeT). Encore en construction, il est réparti sur deux sites: ARCA, dédié à l’astronomie des hautes énergies, à 3.450 mètres de profondeur au large de la Sicile (Italie) et ORCA, optimisé pour étudier les propriétés fondamentales du neutrino, à 2.450 m de profondeur au large de Toulon dans le Var

    L’impact de ce neutrino a eu la résonance d’un séisme. C’est littéralement ce qu’ont enregistré les détecteurs de l’expérience dite KM3NeT/ARCA. 

    La découverte, qui vient de faire l’objet d’un article dans la revue Nature (Voir référence ci-dessous), fait l’effet d’une véritable bombe chez les astrophysiciens.

    Comme ces neutrinos interagissent très peu avec la matière et peuvent voyager quasi éternellement sans être modifiés, ils constituent des messagers précieux pour étudier les phénomènes qui les émettent. Le revers de la médaille, c’est qu’ils sont presque impossibles à attraper. Pour preuve, des milliards de milliards d’entre eux nous traversent en permanence sans que l’on s’en rende compte. CNRS

    Malgré leur abondance dans l’Univers, les neutrinos n’interagissent que très peu avec la matière ce qui rend ces « particules fantômes » difficiles à détecter. Pour espérer en capter quelques-uns au passage, il faut un volume d’eau considérable- au moins un kilomètre cube, l’équivalent de 400.000 piscines olympiques.

    Référence

    Nature
    NEWS
    12 February 2025
    Record-breaking neutrino is most energetic ever detected

    Although still under construction, the sea-floor KM3NeT detector spotted a neutrino 20 times more powerful than any previously detected.

    • 12 February 2025
    • Davide Castelvecchi
    • others
    • Astrophysicists have observed the most energetic neutrino ever. The particle — which probably came from a distant galaxy — was spotted by the Cubic Kilometre Neutrino Telescope (KM3NeT), a collection of light-detecting glass spheres on the floor of the Mediterranean Sea, on 13 February 2023. Researchers monitoring the telescope did not notice the detection until early 2024, when they completed the first analysis of their data. They unveiled it as a potentially record event last year at a conference in Milan, Italy, but did not disclose details such as the timing, direction or energy of the neutrino.

    “We had to convince ourselves that it wasn’t something strange or weird with the telescope,” says Paschal Coyle, a neutrino physicist at Aix-Marseille University in France and KM3NeT spokesperson. The result was published on 12 February in Nature, and will be described in four preprints due to be posted on the arXiv preprint server.

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    14/02/2025 L’énergie sombre

    On considère que l’énergie sombre constitue l’essentiel de l’univers. Néanmoins personne n’est encore capable de dire ce en quoi elle consiste. En 2026, dans l’Arizona, le Dark Energy Spectroscopic Instrument (DESI) devrait fournir des indices en ce sens.

    Il a été conçu notamment pour montrer comment cette force avait évolué au fur et à mesure que l’univers se transformait. Il risque de montrer en fait l’étendue de notre ignorance concernant l’espace temps et son évolution., tant passée que contemporaine.

    Les chercheurs disposeront à cette date des données collectées pendant les trois années de fonctionnement de DESI. Elles concernent la façon dont 31 millions de galaxies ont évolué dans cette période en formant des amas (cluster) et comment l’énergie sombre à la source de cette évolution se serait ralentie comme on le soupçonne actuellement.

    Un premier regard semble montrer aujourd’hui que l’énergie sombre aurait été plus forte dans le passé. Mais ceci à ce jour ne suffit pas pour remettre en cause le modèle cosmologique traditionnel selon lequel l’énergie sombre serait une constante. Aussi les cosmologistes se disent très pressés de voir ce que peuvent apporter les données de DESI en ce domaine .

    Il existe de nombreux autres problèmes pour lesquels les données du Spectroscope sont attendues avec impatience. Il y a ainsi les éventuelles variations dans la constante de Hubble qui mesure la vitesse de l’expansion de l’univers.

    Un autre problème, encore plus important, que DESI pourrait contribuer à résoudre serait l’évaluation de la présence et de la masse des « particules fantômes » que sont les neutrinos. Ils n’interagissent pratiquement pas avec les autres particules, mais jouent un rôle déterminant dans les nouvelles hypothèses concernant l’univers.

    Référence

    Voir sur ces sujets les travaux de la française Nathalie Palanque Delabrouille
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathalie_Palanque-Delabrouille

    13/02/2025 Les viroïdes

    Découverts par T. O. Diener en 1971 et quasiment ignorés à l’époque, les viroïdes sont des molécules d ‘ARN (acide ribonucléaire) non codantes et infectieuses capables de se multiplier et de se propager dans un organisme .

    Composés exclusivement d’un ARN circulaire de 246 à 401 nucléotides, les viroïdes sont environ vingt fois plus petits que le génome du virus de la mosaïque du tabac (tobacco mosaic virus, TMV) et six fois plus petits que le génome du virus de l’hépatite delta (hepatitis delta virus, HDV) humaine décrits comme étant les plus petits agents infectieux connus à ce jour. (

    Contrairement aux virus, les viroïdes ne codent pour aucune protéine et, par conséquent, ne sont pas encapsidés. La capside est l’enveloppe protéinique d’un virus enfermant son matériel génétique.  Ils ont donc la capacité de s’accumuler in vivo sous forme d’acides nucléiques circulaires « nus ».

    En raison de la forte auto-complémentarité de leur séquence nucléotidique, leur ARN génomique se replie dans une conformation compacte et fortement structurée. Malgré leur petite taille et leur simplicité, les viroïdes peuvent infecter un large éventail d’espèces végétales et induire des pathologies souvent à terme mortelles chez plusieurs hôtes. Leurs effets peuvent varier d’asymptomatique à létal, en fonction des hôtes et des viroïdes.

    Depuis plusieurs décennies, les biologistes tentent de comprendre comment de tels ARN circulaires peuvent affecter le fonctionnement cellulaire et induire une pathologie . En effet, la modification d’un seul nucléotide du viroïde du tubercule en fuseau de la pomme de terre (potato spindle tuber viroid, PSTVd) peut entraîner une augmentation de sa pathogénicité passant d’un état non infectieux à létal.

    Cette découverte fondamentale a permis d’identifier plusieurs motifs structuraux impliqués dans l’induction de la maladie, notamment les structures en épingle à cheveux (incluant des boucles au sein de l’ARN). Leur importance a été confirmée lorsque les chercheurs ont découvert que des plants de tomates transgéniques exprimant une construction en épingle à cheveux du PSTVd (se composant de répétitions inversées) présentaient des symptômes similaires aux viroïdes.

    L’étude de la pathogénicité des viroïdes a alors pris un tournant en évaluant le rôle de l’interférence par l’ARN (iARN) dans la pathogénicité des viroïdes. Entre-temps, d’autres études sur les interactions viroïde-hôte ont révélé différentes facettes de la pathogénicité des viroïdes, telles que l’expression différentielle de certains gènes de l’hôte induite par l’infection d’un viroïde ou encore l’interaction directe d’un viroïde avec des protéines de l’hôte.

    Des pertes considérables

    Les viroïdes sont à l’origine de pertes considérables à l’échelle mondiale chez les espèces végétales monocotylédones et dicotylédones comme chez les plantes herbacées et ligneuses. Des études menées sur le terrain et en serre ont démontré que les viroïdes se transmettent par différentes voies : par des outils agricoles contaminés, par contact entre les plantes, par les semences, par le pollen et par les insectes. À l’heure actuelle, il n’existe pas de mécanisme de résistance naturelle connu contre les viroïdes, c’est pourquoi la lutte repose sur la détection moléculaire et l’éradication des plantes infectées.

    Bien que les viroïdes soient connus comme des agents pathogènes destructeurs, certains viroïdes n’induisent pas automatiquement de pathologies sévères tandis que d’autres peuvent entraîner la mort de la plante hôte. Par exemple, le viroïde australien de la vigne (australian grapevine viroid, AGVd) n’est pas connu pour induire des symptômes chez ses plantes hôtes (vignes). À l’inverse, les infections par le viroïde cadang cadang du cocotier (coconut cadang-cadang viroid, CCCVd) entraînent la mort de celui-ci .

    La plupart des espèces de viroïdes induisent des symptômes chez des plantes hôtes où l’intensité peut varier en fonction de l’intensité de l’infection, la réduction du nombre de fleurs, le changement de la forme et de la couleur des fleurs et des fruits et la stérilité sont également observés .

    Comme les viroïdes se déplacent à travers les tissus par l’intermédiaire du phloème ou tissu conducteur dela sève, ils sont également connus pour affecter le système racinaire en réduisant son volume et en provoquant des malformations (par exemple, les tubercules en forme de fuseau provoqués par le PSTVd chez la pomme de terre)

    En raison de la simplicité des viroïdes, leur structure est utilisée comme critère fondamental pour la classication et la taxonomie. La taxonomie permet l’organisation systématique et cohérente des organismes selon leurs caractéristiques prédéterminées (structure secondaire, motif ARN répété, etc.). Les viroïdes sont répliqués par des polymérases à ARN de l’hôte En utilisant une matrice d’ARN, ces polymérases à ARN dépendante de l’ADN sont alors sujettes à un taux d’erreur beaucoup plus élevé. De ce fait, les viroïdes s’accumulent chez les hôtes sous forme de populations hétérogènes de variants de séquences étroitement liées et légèrement différentes les unes des autres, appelées « quasi-espèces »

    Il est donc important de tenir compte de la variabilité des séquences lors de la classication des viroïdes. Bien que les viroïdes diffèrent des virus sur plusieurs aspects essentiels, leur classication est officiellement réglementée par le Comité international de taxonomie des virus (ICTV, https://talk.ictvonline.org/).