10/12/2025 (3) L’amélioration de la vision par des implants oculaires

Une lentille intra-oculaire, ou implant oculaire, est une lentille localisée à l’intérieur de l’œil, pouvant soit remplacer le cristallin, soit être placée en avant ou en arrière de l’iris. Le but est ainsi d’éviter le port de lunettes. En général, l’implant fait suite à une chirurgie de la cataracte lors de laquelle le cristallin naturel a été extrait. L’idée est de focaliser les rayons lumineux sur la rétine afin de donner une vision nette.

Ces implants ont pour objectif de rester toute la vie à l’intérieur de l’œil et ne demandent pas de soins particuliers. Ils peuvent être en hydrogelacryliquesilicone ou plexiglas. Au décours de la chirurgie de la cataracte, la plupart des troubles de la vision peuvent être traités : l’hypermétropie, la myopie et l’astigmatisme. Parfois certains systèmes optiques présents dans les implants permettent aussi d’améliorer la presbytie dans les conditions définies par le chirurgien ophtalmologiste. C’est le cas notamment des lentilles multifocales, c’est-à-dire traitant plusieurs pathologies à la fois, comme l’association d’hypermétropie et presbytie par exemple. Actuellement, la majorité des défauts peuvent être corrigés grâce au laser, mais l’implant oculaire reste une alternative très efficace lorsque le cristallin est opacifié (cataracte) ou lorsque ce défaut visuel est trop important pour le laser.

Voir aussi

Newscientist , p 10,,,, 1 novembre 2025

10/12/2025 La gravité quantique

La théorie qui bouleverserait les fondements de notre Univers ! (La gravitation quantique à boucles)

1:34:35

Définition et enjeux

La gravité quantique est une discipline théorique qui cherche à unifier la physique quantique, régissant les phénomènes microscopiques, avec la relativité générale, décrivant la gravité à grande échelle. L’objectif est de produire une théorie cohérente capable de décrire l’univers à toutes les échelles, en reproduisant correctement les effets extrêmes observés dans les trous noirs ou lors du Big Bang, où la densité d’énergie et la courbure de l’espace-temps sont énormes.

Le défi principal provient de l’incompatibilité conceptuelle entre ces deux théories :

  • La mécanique quantique postule un temps absolu et uniforme et des interactions par échange de quanta.
  • La relativité générale traite l’espace-temps comme un tissu dynamique dont la géométrie varie avec la matière et l’énergie.

Principales difficultés

  1. Renormalisation et divergences :
    Les tentatives de quantifier directement la gravité via un graviton conduisent à des valeurs infinies d’énergie, impossibles à éliminer par renormalisation classique.
  2. Différences d’échelle :
    Les effets quantiques gravitationnels apparaissent à l’échelle de Planck, inaccessible aux technologies actuelles, rendant les vérifications expérimentales extrêmement difficiles.
  3. Décalage conceptuel :
    Une théorie unifiée doit concilier les notions de temps, d’espace et de causalité entre le monde microscopique et macroscopique.

Approches théoriques

Plusieurs cadres ont été proposés :

  1. Théorie des cordes (M-théorie) :
    • Les particules sont interprétées comme des cordes vibrantes.
    • Intègre naturellement la gravité et les autres forces dans un cadre quantique.
    • Prévoit des théories de supergravité comme approximation aux basses énergies.
  2. Gravité quantique à boucles (LQG) :
    • Modélise l’espace-temps comme un réseau de « boucles » discrètes.
    • Indépendante d’un espace-temps de fond préexistant.
    • Ne cherche pas à unifier toutes les forces, seulement la gravitation.
  3. Modèles émergents :
    • Gravité comme phénomène ondulatoire ou entropique.
    • Des interactions collectives de fonctions d’onde ou des effets entropiques pourraient expliquer la gravité sans quantifier directement le champ.
  4. Expériences d’intrication gravitationnelle :
    • On prévoit de tester indirectement la nature quantique de la gravité en observant des corrélations entre masses intriquées.

Perspectives et défis futurs

  • Mesures à l’échelle microscopique : premiers succès dans la détection de la gravité pour des neutrons ou des condensats atomiques, ouvrant la voie à des tests expérimentaux.
  • Applications potentielles : cryptographie quantique, calculs avancés et compréhension des trous noirs.
  • Exploration internationale : la recherche progresse aux États-Unis, en Europe, en Chine et au Japon, mêlant compétitivité et collaboration scientifique.

Conclusion

La gravité quantique reste l’un des défis les plus ambitieux de la physique contemporaine, conjuguant une profondeur mathématique, des enjeux expérimentaux et des implications cosmologiques. Les progrès récents, qu’ils soient théoriques ou technologiques, indiquent que la frontière pour tester et comprendre la gravité quantique pourrait être atteinte dans les prochaines décennies, mais beaucoup de mystères restent à élucider.

Références principales : Wikipédia, Perimeter Institute, articles récents de Nature et Futura sur les expériences et théories de gravité quantique (2025).

La Chine met en sommeil son projet de superaccélérateur de particules

Reprise d’un article source ci-dessous

La suspension par la Chine de son grand projet d’accélérateur de particules créé une « opportunité » pour que le projet européen en compétition puisse aller de l’avant, a estimé la cheffe du plus grand laboratoire de physique d’Europe, le Cern. 

Les autorités chinoises avaient annoncé il y a dix ans vouloir entamer la construction du plus grand accélérateur de particules du monde, le CEPC, une installation dont l’objectif est de permettre aux scientifiques d’en savoir davantage sur le fonctionnement de l’univers.

La suspension par la Chine de son grand projet d’accélérateur de particules créé une « opportunité » pour que le projet européen en compétition puisse aller de l’avant, a estimé la cheffe du plus grand laboratoire de physique d’Europe, le Cern. 

Les autorités chinoises avaient annoncé il y a dix ans vouloir entamer la construction du plus grand accélérateur de particules du monde, le CEPC, une installation dont l’objectif est de permettre aux scientifiques d’en savoir davantage sur le fonctionnement de l’univers.

Le CEPC devait être bien plus grand que le principal accélérateur du Cern enterré de part et d’autre de la frontière franco-suisse près de Genève : le grand collisionneur de hadrons (LHC), le plus grand du monde, qui fait se fracasser des particules lancées les unes contre les autres dans un anneau de 27 km à des vitesses phénoménales.

Ces collisions ont permis d’identifier en 2012 le boson de Higgs considéré comme la clef de voûte de la structure fondamentale de la matière et surnommée la « particule de Dieu ».

Le Cern ambitionne de construire un accélérateur bien plus grand, le Futur Collisionneur circulaire (FCC), doté d’un anneau d’une circonférence de 90,7 km, à une profondeur moyenne de 200 m, avec pour enjeu d’expliquer ce qui compose 95% de l’énergie et de la matière dans l’univers observable ou encore l’abondance de matière par rapport à l’antimatière.

Le FCC, dont la mise en service pourrait avoir lieu à la fin de la décennie 2040, est toutefois jugé démesuré par ses détracteurs, d’autant que la Chine était jusqu’à peu aussi engagée dans la course mais avec un projet moins cher pour une longueur similaire d’environ 100 km.

La voie semble être désormais libre pour le Cern.

« L’Académie chinoise des Sciences, qui filtre les projets, a décidé de donner le feu vert à un collisionneur plus petit, de basse énergie, plutôt qu’au collisionneur plus grand, le CEPC, qui est en compétition directe avec le Cern », a expliqué Mme Gianotti.Le FCC, dont la mise en service pourrait avoir lieu à la fin de la décennie 2040, est toutefois jugé démesuré par ses détracteurs, d’autant que la Chine était jusqu’à peu aussi engagée dans la course mais avec un projet moins cher pour une longueur similaire d’environ 100 km.

La voie semble être désormais libre pour le Cern.

« L’Académie chinoise des Sciences, qui filtre les projets, a décidé de donner le feu vert à un collisionneur plus petit, de basse énergie, plutôt qu’au collisionneur plus grand, le CEPC, qui est en compétition directe avec le Cern », a expliqué Mme Gianotti.

En Chine, Wang Yifang, le directeur de l’Institut de physique des hautes énergies de l’Académie chinoise des Sciences, a confirmé à l’AFP que le CEPC n’était pas inclus dans le prochain plan quinquennal.

« Nous prévoyons de soumettre à nouveau le CEPC pour examen en 2030, à moins que le FCC ne soit officiellement approuvé avant cette date, auquel cas nous chercherons à rejoindre le FCC et abandonnerons le CEPC », a-t-il dit.

Pour la cheffe du Cern, « c’est une opportunité : tout d’abord parce que si le projet chinois avait été approuvé maintenant, il aurait eu des chances de démarrer beaucoup plus tôt que le FCC ».

Il « est intéressant aussi de savoir que, si le FCC était approuvé, les Chinois abandonneraient leur projet pour venir travailler avec nous », a souligné l’Italienne, à qui succèdera le physicien britannique Mark Thomson en janvier.

Dans la région franco-genevoise, le collectif d’associations Co-cernés, réunissant des opposants au FCC, a en revanche appelé le Cern à stopper son projet, faisant valoir que si un super collisionneur présentait un réel intérêt scientifique, la Chine n’y aurait sans doute pas renoncé ».

auteur

apo/ag/bd

07/12/2025L’autisme a-t-il permis le passage de l’animal à l’homme (homo sapiens) ?

Pour commencer à répondre à cette question voyez deux articles.

l’un sur un mathématicien français de gén icin francais de génie
https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9dric_Villani

L’autre sur l’Autisme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Autisme

08/12/2025 Manque de pluralisme. Définition

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique a déjà sanctionné Cnews pour des informations ou des contenus problématiques, mais aucune sanction n’a été prononcée pour manquement aux règles de pluralisme.

Reporters sans frontière a produit une nouvelle enquête visant à démontrer que ces manquements, avec une orientation clairement marquée à l’extrême droite, existent. Les chiffres de RSF sont contestés par l’Arcom.

CNews est une émission de plus en plus regardée, si l’on en croit les sondages. Cela tient non seulement aux talents de son responsabilité d’édition, mais au fait qu’elle a plusieurs fois montré qu’elle n’obéissant pas systématique aux consignes de venant directement d’Emmanuel Macron.

Celle-ci visent à sanctionner CNews pour manque de pluralisme. Mais que sigifiiie ce terme? Et comment juger du pluralisme d’une émmission?

Le pluralisme de l’information garantit l’expression d’une diversité de points de vue, de courants d’opinion et de pensée. Il repose sur l’indépendance des médias vis-à-vis des influences économiques, sociales et politiques, garantissant ainsi la liberté d’information et la protection du droit à une presse libre.

Présentation générale du principe

Sources constitutionnelles

Le Conseil constitutionnel affirme avec constance que le pluralisme joue un rôle essentiel dans la préservation de la démocratie.

Ainsi, constituent des objectifs de valeur constitutionnelle :

Mais ce n’est qu’en 2008 qu’a été introduite explicitement à l’article 34 de la Constitution la mention selon laquelle « la loi fixe les règles concernant […] la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias. ». Le pluralisme est ainsi reconnu comme un principe à valeur constitutionnelle, aux côtés de la liberté et de l’indépendance des médias.

Sources européennes

25Le pluralisme est protégé par l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne qui énonce que « la liberté des médias et leur pluralisme sont respectés ».

L’Union européenne a d’abord pris en compte les enjeux liés au pluralisme dans le secteur audiovisuel en adoptant la directive 2010/13/UE relative aux services de médias audiovisuels (SMA).

Elle a ensuite réaffirmé sa volonté de renforcer et de protéger l’indépendance éditoriale ainsi que le pluralisme au sein de tous les médias, par l’adoption du règlement sur la liberté des médias (EMFA) du 11 avril 2024.

Pluralisme et diversité des médias

Deux formes de pluralisme doivent être distinguées.

1. Le pluralisme « externe » exige la présence d’une diversité d’acteurs médiatiques sur le marché (journaux, chaînes de radio et chaînes de télévision, services de presse en ligne, etc.), représentant des lignes éditoriales variées et qui ont des propriétaires différents (Conseil constitutionnel ; 18 septembre 1986, n°86-217 DC , considérant 11).

2. Le pluralisme « interne » concerne spécifiquement les médias audiovisuels. Il garantit une représentation variée des courants de pensée et des opinions dans la programmation. Par la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication (Loi Léotard), le législateur a confié à une autorité administrative indépendante, désormais l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM), la mission de garantir le pluralisme « interne ».

Contrôle des concentrations

Garantir le pluralisme des médias, c’est éviter qu’un nombre restreint de personnes physiques et morales puisse exercer une influence disproportionnée sur la formation de l’opinion.

Le contrôle sectoriel des concentrations médias s’articule avec le contrôle, par l’Autorité de la concurrence, des règles de droit commun des concentrations du code de commerce et poursuit l’objectif constitutionnel de pluralisme.

Une opération de concentration est réalisée lorsque deux entreprises de presse antérieurement indépendantes fusionnent, lorsqu’elles créent une entreprise commune ou lorsqu’une entreprise prend le contrôle d’une ou plusieurs autres.

Pour le secteur de la presse, l’article 11 de la loi n°86-897 du 1er août 1986 portant réforme du régime juridique de la presse limite le contrôle, direct ou indirect, qu’une personne physique ou morale ou qu’un groupement de personnes physiques ou morales peut exercer sur certaines publications. Cette limitation concerne uniquement les publications quotidiennes imprimées d’information politique et générales (IPG), et plafonne ce contrôle à 30 % de la diffusion sur le territoire national de toutes les publications quotidiennes imprimées de même nature.

La loi n°86-1067 du 30 septembre 1986 envisage quant à elle un dispositif anti-concentration « plurimédias », garantissant le pluralisme à l’échelle nationale, régionale et locale :

Pour prévenir les atteintes au pluralisme à l’échelle nationale, lesarticles 41-1 et 41-1-1 de cette loi prennent en compte le fait d’« éditer ou contrôler une ou plusieurs publications quotidiennes imprimées d’information politique et générale représentant plus de 20 % de la diffusion totale, sur le territoire national, des publications quotidiennes imprimées de même nature ». Un groupe ne peut être ainsi dans plus de deux des trois situations visées à ces articles, qui sont, outre celle précitée :

  • éditer un ou plusieurs services de télévision hertzienne numérique desservant au moins 4 millions d’habitants ;
  • et éditer une ou plusieurs stations de radio desservant au moins 30 millions d’habitants.

Pour prévenir les atteintes au pluralisme à l’échelle régionale et locale, les articles 41-2 et 41-2-1 de la même loi considèrent, entre autres, le fait d’« éditer ou contrôler une ou plusieurs publications quotidiennes imprimées, d’information politique et générale, à caractère national ou non, diffusées dans cette zone ». Là encore, un groupe ne peut être dans plus de deux des trois situations visées par ces articles, qui sont, outre celle précitée :

  • éditer un ou plusieurs services de télévision hertzienne numérique, à caractère national ou non, reçus dans la zone considérée ;
  • et éditer une ou plusieurs stations de radio dont l’audience potentielle cumulée, sur cette zone, dépasse 10 % du total des audiences potentielles cumulées.

Soutien public au pluralisme

L’État soutient le pluralisme de la presse écrite à travers le régime économique de la presse, composé d’aides directes et indirectes.

Ces aides publiques ciblent principalement les publications qualifiées d’information politique et générale (IPG).

La notion d’actualité politique et générale implique un contenu constitué :

  • d’informations à caractère politique : relatives aux rapports entre les États, au fonctionnement des institutions, aux problèmes d’ordre social, moral ou administratif qui intéressent la vie de la cité ;
  • d’informations à caractère plus général : traitant de sujets divers, sans en privilégier aucun, susceptibles de susciter l’intérêt d’un public large et varié.

Les publications d’information publique et générale couvrent en principe tout le champ de l’actualité, qu’elle soit politique, économique, sociale, scientifique, culturelle, sportive, ou relative à d’autres thèmes divers, pour autant que les informations et les commentaires ainsi apportés tendent à éclairer le jugement des citoyens. Il importe en outre que la publication apporte des commentaires, c’est-à-dire une analyse critique des événements ou faits exposés. 

O5/12/2025 Des étoiles peuvent-elles apparaitre dans l’espace intergalactique?

La réponse est positive. Cet espace compote d’importantes quantités de gaz apparus aux origines de l’univers. Ce gaz est peu dense mais dans certaines contions il peut acquérir un densité suffisante pour faire apparaitre des étoiles. On parle d’étoiles primitives ou d’étoiles intergalactiques.

Voir Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89toile_intergalactique

(à suivre)

Une galaxie manquant de gaz pour fermer de nouvelles étoiles

Référence

RN AAS

The following article isOpen access

Deep Imaging of the Very Isolated Dwarf Galaxy NGC 6789

Ignacio Trujillo, Sergio Guerra Arencibia, Ignacio Ruiz Cejudo, Mireia Montes, Miguel R. Alarcon, and Miquel Serra-Ricart

Published November 2025 • © 2025. The Author(s). Published by the American Astronomical Society.
Research Notes of the AASVolume 9Number 11Citation Ignacio Trujillo et al 2025 Res. Notes AAS 9 303DOI 10.3847/2515-5172/ae1cbeAuthorsFiguresReferences

Abstract

We present deep optical imaging of the extremely isolated dwarf galaxy NGC 6789, obtained with the new 2 m Two-meter Twin Telescope at Teide Observatory. Despite its location in the Local Void, NGC 6789 exhibits surprising recent central star formation equivalent to approximately 4% of its total stellar mass. The origin of the gas necessary for this level of star formation remains unknown. Our data reach surface brightness limits of 29.8, 29.4, and 28.9 mag arcsec−2 in the Sloan gr, and i filters, respectively, and reveal no evidence of tidal features or merger remnants down to ∼30 mag arcsec−2 (or equivalently, at a radial distance larger than 1.6 kpc). The galaxy’s undisturbed outer elliptical morphology suggests that its recent central star formation was likely produced by either in-situ residual gas or by the accretion of external pristine gas not associated with a minor merging activity.

Emmanuel Macron en Chine

Emmanuel Macront termine  en ce moment une visite diplomatique et commercial en Chine à l ‘invitation du président Chinois Xi Jinping

De bonnes relations avec la Chine, qui intervient en permanence pour améliorer les relations entre la Russie de Vladimir Poutine et l’Union européenne, sont une priorité pourr la France.

De plus la présence de nombreux citoyens chinois en France est là pour rappeler que de bons échange économiques entre la France e t la Chine sont indispensables pour les deux pays.

Un évènement nouveau important à cet égard concerne la découverte récente en Chine d’importantes quantités de minerais aurifères. Mais l’or n’a qu’un intérêt lointain pour la Chine. Ce n’est e les terre rares dont elle découvre constamment la prsence. Leurs gisements font une partie de sa puissance économique.

A cet égard il rappeler que les terres rares de Bayan Obo et Baotou, constituent pour la Chine et notamment la Mongomie intérieure, un enjeu technologique mondial

Le développement des nouvelles technologies civiles et militaires et la transition énergétique rendent les terres rares – une famille de minerais aux propriétés spécifiques – indispensables dans de nombreux secteurs. Grâce à un profond dumping social et environnemental et au contrôle de 37 % des réserves, la Chine réalise 58 % de la production mondiale. Face à la réaction des pays occidentaux aux tentatives d’instrumentalisation géopolitique de son quasi-monopole, la Chine construit une filière cohérente et intégrée, de l’extraction au produit final ; tout en se dotant d’un géant mondial China Rare Earth Group.

Dans un contexte international de fortes rivalités géoéconomiques et géostratégiques, la mine de Bayan Obo est un site minier d’un intérêt majeur (45 % prod. mondiale). Il alimente la base industrielle, technologique et scientifique de la ville de Baotou, élevée au rang de capitale chinoise et mondiale des terres rares. Mais du fait de ses coûts sociaux et de ses très lourds préjudices environnementaux, la question de la soutenabilité du modèle chinois de croissance est de plus en plus aigüe dans la région.

Pour en savoir plus lire

Bayan Obo et Baotou : un système minier au cœur des grands enjeux technologiques mondiaux

Nous sommes au nord de la Chine, dans la Région autonome de Mongolie intérieure. L’image couvre un espace géographique organisé en trois bandes parallèles.

Au nord s’étendent les vastes plateaux de la Mongolie intérieure du Yin Chan perchés à 1.500 ou 1.600 m. d’altitude. C’est à Bayan Obo que se trouve le district des terres rares. La ville se trouve à seulement 80 km de la frontière avec la République de Mongolie. La chaîne des Yin – ou Yin Chan – s’étend sur 1.000 km. et limite au sud le terrible désert de Gobi. Couverts par une vaste steppe, ces plateaux descendent vers le nord et la dépression endoréique du Tengge Rinaori (hors image) dans laquelle se jette par exemple l’Aibugai River qui passe à Bailingmiao. A l’inverse, au sud ces plateaux tombent sur la gouttière du Fleuve jaune par la Daqing Shan qui est assez élevée puisqu’elle culmine à 2.950 m et est entaillée par plusieurs rivières importantes, dont la Kundulum River qui arrose Baotou.

Au Sud s’étendent les vastes plateaux de l’Ordos perché entre 1.300 et 2.500 m d’altitude. On y distingue bien la ville et le grand bassin charbonnier de Dongsheng.  Il fait partie d’un vaste ensemble productif qui constitue un des plus importants gisements charbonniers au monde.

Au centre enfin, l’image est traversée d’ouest en est par une vaste gouttière topographique. Celle-ci est empruntée par le puissant Fleuve jaune. Faisant figure d’oasis dans un espace régional particulièrement aride, elle est dominée par la ville de Baotou, qui est la 2em ville de Mongolie intérieure.

Dans cette région située à seulement 560 km à l’ouest de Pékin, nous sommes déjà dans ce que le géographe Thierry Sanjuan définit comme la « Chine de l’Ouest » des périphéries continentales et ici frontalières. Sur l’espace couvert par l’image au nord de Baotou, environ cinq Murailles, ou grands systèmes défensifs contre les attaques nomades, furent successivement construites entre 400 av JC., durant la période des Royaumes combattants, jusqu’à 1234. Ils définissant ainsi pendant des siècles cet espace comme un vaste Limes impérial afin, en particulier, de protéger la grande boucle que dessine le Fleuve jaune vers le nord à partir de Lanzhou et dont on couvre ici la partie la plus septentrionale. Il convient par contre de noter que la plus fameuse d’entre elle, la Grande Muraille Ming (1368/1644), a été par la suite construite sensiblement plus au sud pour des raisons stratégiques. Nous sommes là dans une zone qui fut longtemps une zone de confins impériaux.

Au plan administratif et géopolitique, nous sommes dans la Région autonome chinoise de Mongolie intérieure, dont la capitale Hothhot se trouve à quelques kilomètres à l’est (hors image). Cette Région couvre 1,1 million de km2 et est peuplée de 24 millions d’habitant (20 hab./km2), dont officiellement 80 % de Hans et 17 % de Mongols. Si comme partout en Chine, le territoire est découpé en préfectures et districts, le terme de « bannière » ou « bannière autonome » y est souvent utilisé comme pour la Bannière de Darhan Muminggan qui entoure le district des terres rares de Bayan Obo.

Un espace aride, un axe stratégique

Nous sommes dans un espace dominé par un climat froid semi-aride ou aride marqué par l’hyper-continentalité avec des températures très froides ou très chaudes. Dans la ville de Baotou, au centre de l’image, on passe de -11°C en moyenne au mois de janvier à + 23°C en juillet, soit un gradient de 34°C, avec des records sensibles de froid (- 31°C) ou de chaleur (+ 39°C). La ville reçoit seulement 300 mm de précipitation par an, pour l’essentiel en juillet/aout alors que six mois de l’année sont dominés par une sécheresse marquée en recevant moins de 10 mm de précipitations. L’eau est donc rare.

Comme le montre bien l’image, cet espace aride alternent déserts rocheux et sableux, telle la bande au sud-ouest de l’image, auréole de steppes semi-désertiques et dépressions éoliennes salines. Comme pour le Nil qui traverse le Sahara, le Fleuve jaune – ou Huang He – doit son écoulement pérenne aux volumes d’eau accumulés à sa source à 4.800 m. dans la Cordillère du Bayan Har des plateaux tibétains. Mais avant d’atteindre la Grande plaine plus à l’est,  il perd une partie considérable de son débit en traversant cette grande zone aride ; des pertes largement amplifiées aujourd’hui par une surexploitation de plus en plus inquiétantes de ses ressources.

Malgré ces fortes contraintes, la région est un des laboratoires chinois du développement des énergies renouvelables. Dans l’éolien, grâce aux vents puissants de l’anticyclone sibérien qui soufflent une large partie de l’année mais y aggravent l’aridité et y accélèrent l’érosion des sols. On trouve ainsi de nombreux champs d’éoliennes, en particulier dans les plateaux du Yin Shan (zooms 2 et 3). Dans l’énergie solaire, grâce à un taux d’ensoleillement annuel de 74 % ou 3.200 heures par an. On peut ainsi remarquer la présence de nombreux champs de capteurs solaires ; dans les dunes de sables au sud le Baotou, les concepteurs ont même dessiné un cheval au galop visible de l’espace en forme de clin d’œil. Pour autant ces valorisations demeurent difficiles du fait de l’intermittence de ces ressources et de l’éloignement des principaux centres de consommation qui impose la construction de réseaux de transport couteux et vulnérables.

Historiquement, cette zone des confins mongols est intégrée difficilement à la Chine et fait l’objet de nombreuses recompositions géopolitiques internes ; le découpage actuel de la Province – après de nombreux remaniements – datant ainsi seulement de 1979. Depuis des siècles, l’axe Pékin/Hohhot/ Baotou/ Yinchuan utilisant la vallée du Fleuve jaune est un axe majeur vers la gouttière du Gansu, le Xinjiang et l’Asie centrale.  Le premier désenclavement ferroviaire intervient entre 1905 et 1923 avec la construction de la ligne Pékin/ Jining/Hohhot/ Baotou. En 1955 les bons rapports entre la Chine populaire et l’URSS se traduisent par l’ouverture de la ligne Pékin/ Baotou/ Ulan Bator, la capitale de la République de Mongolie, elle-même reliée par le Transibérien à Irkoutsk depuis 1947. Dans la région, le fait urbain est bien d’origine chinoise et est né du chemin de fer puis de la mine.

Deux systèmes bien individualisés

Cette géographie et cette histoire structurent durablement l’organisation régionale autour de deux systèmes spatiaux bien distincts mais solidaires. Ils témoignent à l’échelle régionale des nettes hiérarchies multiformes organisant l’espace interne de l’immense Chine et de rapports centre(s)/périphéries particulièrement vifs.

Premièrement, ces hauts plateaux arides sont historiquement l’univers du monde pastoral nomade mongol, aujourd’hui totalement réduit par les processus de sédentarisation même si l’élevage (caprins, ovins…) peut parfois perdurer (cf. zoom 2). Sous-peuplés, voire désertiques, ils sont devenus aujourd’hui de grands pourvoyeurs de minerais autour d’isolats urbains spécialisés : Bayan Obo sur les terres rares au nord, Dongsheng et son bassin charbonnier sur les plateaux de l’Ordos au sud. Nous sommes là dans des espaces-déchets – les wastelands des géographes M-N Carré et F-M Le Tourneau – fondés sur une consommation courtermiste et dégradée d’espace et de ressources reposant sur le mythe de l’abondance, de l’immensité et de la sous-occupation humaine.

A l’inverse, deuxièmement, la vallée du Fleuve jaune apparait bien mise en valeur par une agriculture irriguée, parfois depuis le XVIIème siècle, et accueille l’agglomération de Baotou. Seconde ville de Mongolie intérieure, elle domine et organise largement l’ensemble de l’économie régionale, en particulier avec le boom des terres rares dont elle devient la capitale chinoise et qui l’a fait accéder progressivement au plan fonctionnel à un statut métropolitain.

Les terres rares : un ensemble de ressources minérales stratégiques

Le terme de « terres rares » désigne 17 éléments chimiques – scandium, yttrium et quinze lanthanides dont cérium, dysprosium, europium, indium, néodymium, praséodymium, terbium… – très peu connus du grand public mais dont les propriétés sont très recherchées. Pour autant, ces métaux ne sont pas moins abondants que l’or, l’argent, le cuivre ou le zinc. Mais leurs propriétés – stabilité thermique, conductivité électrique, magnétisme fort… – en font aujourd’hui des éléments incontournables pour de nombreuses applications stratégiques. Ces marchés de niche sont en effet pilotés par l’innovation, car ils jouent un rôle essentiel dans l’industrie de défense, la haute technologie ou la transition énergétique.

Ceci explique que durant ce dernier quart de siècle la production mondiale a explosé : elle passe de 80 000 t. en 1995 à 240.000 en 2020, selon l’U.S Geological Survey. Représentant actuellement 90 % du marché des terres rares, le néodyme est ainsi essentiel à la fabrication d’aimants permanents pour les radars militaires, les moteurs de voitures électriques, les rotors d’éoliennes ou les vibreurs de téléphone. L’indium et l’yttrium ont des propriétés optiques mobilisées pour la fabrication des écrans tactiles de smartphones… Du fait de leur position nodale au cœur des technologies bas-carbone en plein développement, les besoins en terres rares devraient d’ici 2050 augmenter dans une fourchette de 2,5 à 10.

Au total, les chaînes d’approvisionnement de pans entiers du système productif mondial – militaire, aéronautique, électronique, télécommunications, automobile, énergie, nucléaire… – dépendent de ces terres rares. Selon l’US. Congressional Research Service, chaque chasseur F-35 emporte l’équivalent de 427 kg de terres rares dans ses équipements et composants, un sous-marin nucléaire de classe Virginia 4,2 tonnes. Dans ce contexte, on comprend que Washington signe en 2018 avec l’Australie et en 2020 avec le Canada des accords bilatéraux afin de sécuriser ses approvisionnements futurs.

L’extraction de ces minerais ne pose pas de problème majeur en dehors du fait qu’il faut extraire des masses énormes de roches pour disposer au final de volumes assez limités. Par contre, les opérations de concassage pour réduire les roches en poudre puis, surtout, les processus d’extraction et de raffinage pour en extraire les terres rares sous forme d’oxydes sont techniquement difficiles, nécessitent d’énormes quantités d’eau et sont extrêmement polluantes comme on peut facilement le constater sur les images (zooms 2 et 3).

Sur le marché mondial des terres rares et au-delà de ses réserves minières considérables, la Chine va se construire comme puissance minière de premier rang en survalorisant ces dernières décennies deux atouts majeurs : la disposition d’une vaste main d’œuvre à bon marché, le large sacrifice de ses équilibres environnementaux.

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Si les premières ressources de terres rares sont découvertes en 1927 à Bayan Obo, il faut attendre la période d’industrialisation maoïste pour voir lancer la production de concentrés de terres rares. Mais surtout, dès les années 1980/1990, Pékin décide de faire des terres rares un levier de puissance mondiale. Édicté comme domaine de souveraineté, l’État y interdit l’entrée de toute entreprise étrangère, engage la lutte dans la région contre l’extraction illégale et les trafics illicites (cf. nombreuses micro-mines abandonnées), baisse les taxes à l‘exportation pour favoriser ses champions nationaux sur le marché mondial face à la concurrence étrangère. Ces choix reposent donc sur une claire vision stratégique de long terme.

Entre 1985 à 1995, la production chinoise explose en passant de 8500 à 48 000 tonnes, et de 21,4 % à 60 % de la production mondiale, au détriment des Etats-Unis et de l’Australie. Cette stratégie lui permet jusqu’en 2010 de disposer d’un quasi-monopole mondial : elle réalise alors 90 % de la production mondiale de terres rares.

Face à la forte pression chinoise sur les coûts de production, on assiste en effet progressivement – comme dans bien d’autres activités productives – dans le cadre d’une nouvelle division internationale du travail, à l’abandon des opérations par les autres pays. Qu’ils soient producteurs comme les Etats-Unis (cf. fermeture de la grande mine de Mountain Pass au sud-ouest de Las Vegas) ou raffineurs comme la France (La Rochelle) au profit des importations. La Chine devient en effet le seul pays à accepter des coûts environnementaux très élevés liés à la mobilisation de techniques productives médiocres mais peu chères.

















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04/12/2025 La France et la Chine

Emmanuel Macrontermine i en ce moment une visite diplomatique et commercial en Chine à l ‘invitation du président Chinois Xi Jinping

De bonnes relations avec la Chine, qui intervient en permanence pour améliorer les relations entre la Russie de Vladimir Poutine et l’Union européenne, sont une priorité paor la France.

De plus la présence de nombreux citoyens chinois en France est là pour rappeler que de bons échange économiques entre la France e t la Chine sont indispensables pour les deux pays. Ceci ne doit faire oublier à la France que de bonnes relations avec la puissance mimitaire et économique chinoise lui sont indispensablesLes Etatsunis ont faite depuis longtemps la meme consastation.Plus l’Union europénne dans son senble stend à s’éloigner économiquement des Etats Unis, plusplus les entreprises américaines auront tendance à coopérer avec leurs homoloques chinoise.

Un évènement nouveau important à cet égard concerne la découverte récentes de’importante quantités de minerais aurifères. Mais l’or n’a quun intéret lointain pour la Chine. On sait peu pourtantque les terre rares dont elle découvre constemment la prsence de noeux gisement font une partie de sa puissance économique.

A cet égard il rappeler : les terres rares de Bayan Obo et Baotou, Constituent pour la Chine et notamment la Mongomie intérieure, un élément de puissance considérableun enjeu technologique mondial

Le développement des nouvelles technologies civiles et militaires et la transition énergétique rendent les terres rares – une famille de minerais aux propriétés spécifiques – indispensables dans de nombreux secteurs. Grâce à un profond dumping social et environnemental et au contrôle de 37 % des réserves, la Chine réalise 58 % de la production mondiale. Face à la réaction des pays occidentaux aux tentatives d’instrumentalisation géopolitique de son quasi-monopole, la Chine construit une filière cohérente et intégrée, de l’extraction au produit final ; tout en se dotant d’un géant mondial China Rare Earth Group.

Dans un contexte international de fortes rivalités géoéconomiques et géostratégiques, la mine de Bayan Obo est un site minier d’un intérêt majeur (45 % prod. mondiale). Il alimente la base industrielle, technologique et scientifique de la ville de Baotou, élevée au rang de capitale chinoise et mondiale des terres rares. Mais du fait de ses coûts sociaux et de ses très lourds préjudices environnementaux, la question de la soutenabilité du modèle chinois de croissance est de plus en plus aigüe dans la région.

Pour en savoir plus lire

Bayan Obo et Baotou : un système minier au cœur des grands enjeux technologiques mondiaux

Pour en savoir plus, lire

Nous sommes au nord de la Chine, dans la Région autonome de Mongolie intérieure. L’image couvre un espace géographique organisé en trois bandes parallèles.

Au nord s’étendent les vastes plateaux de la Mongolie intérieure du Yin Chan perchés à 1.500 ou 1.600 m. d’altitude. C’est à Bayan Obo que se trouve le district des terres rares. La ville se trouve à seulement 80 km de la frontière avec la République de Mongolie. La chaîne des Yin – ou Yin Chan – s’étend sur 1.000 km. et limite au sud le terrible désert de Gobi. Couverts par une vaste steppe, ces plateaux descendent vers le nord et la dépression endoréique du Tengge Rinaori (hors image) dans laquelle se jette par exemple l’Aibugai River qui passe à Bailingmiao. A l’inverse, au sud ces plateaux tombent sur la gouttière du Fleuve jaune par la Daqing Shan qui est assez élevée puisqu’elle culmine à 2.950 m et est entaillée par plusieurs rivières importantes, dont la Kundulum River qui arrose Baotou.

Au Sud s’étendent les vastes plateaux de l’Ordos perché entre 1.300 et 2.500 m d’altitude. On y distingue bien la ville et le grand bassin charbonnier de Dongsheng.  Il fait partie d’un vaste ensemble productif qui constitue un des plus importants gisements charbonniers au monde.

Au centre enfin, l’image est traversée d’ouest en est par une vaste gouttière topographique. Celle-ci est empruntée par le puissant Fleuve jaune. Faisant figure d’oasis dans un espace régional particulièrement aride, elle est dominée par la ville de Baotou, qui est la 2em ville de Mongolie intérieure.

Dans cette région située à seulement 560 km à l’ouest de Pékin, nous sommes déjà dans ce que le géographe Thierry Sanjuan définit comme la « Chine de l’Ouest » des périphéries continentales et ici frontalières. Sur l’espace couvert par l’image au nord de Baotou, environ cinq Murailles, ou grands systèmes défensifs contre les attaques nomades, furent successivement construites entre 400 av JC., durant la période des Royaumes combattants, jusqu’à 1234. Ils définissant ainsi pendant des siècles cet espace comme un vaste Limes impérial afin, en particulier, de protéger la grande boucle que dessine le Fleuve jaune vers le nord à partir de Lanzhou et dont on couvre ici la partie la plus septentrionale. Il convient par contre de noter que la plus fameuse d’entre elle, la Grande Muraille Ming (1368/1644), a été par la suite construite sensiblement plus au sud pour des raisons stratégiques. Nous sommes là dans une zone qui fut longtemps une zone de confins impériaux.

Au plan administratif et géopolitique, nous sommes dans la Région autonome chinoise de Mongolie intérieure, dont la capitale Hothhot se trouve à quelques kilomètres à l’est (hors image). Cette Région couvre 1,1 million de km2 et est peuplée de 24 millions d’habitant (20 hab./km2), dont officiellement 80 % de Hans et 17 % de Mongols. Si comme partout en Chine, le territoire est découpé en préfectures et districts, le terme de « bannière » ou « bannière autonome » y est souvent utilisé comme pour la Bannière de Darhan Muminggan qui entoure le district des terres rares de Bayan Obo.

Un espace aride, un axe stratégique

Nous sommes dans un espace dominé par un climat froid semi-aride ou aride marqué par l’hyper-continentalité avec des températures très froides ou très chaudes. Dans la ville de Baotou, au centre de l’image, on passe de -11°C en moyenne au mois de janvier à + 23°C en juillet, soit un gradient de 34°C, avec des records sensibles de froid (- 31°C) ou de chaleur (+ 39°C). La ville reçoit seulement 300 mm de précipitation par an, pour l’essentiel en juillet/aout alors que six mois de l’année sont dominés par une sécheresse marquée en recevant moins de 10 mm de précipitations. L’eau est donc rare.

Comme le montre bien l’image, cet espace aride alternent déserts rocheux et sableux, telle la bande au sud-ouest de l’image, auréole de steppes semi-désertiques et dépressions éoliennes salines. Comme pour le Nil qui traverse le Sahara, le Fleuve jaune – ou Huang He – doit son écoulement pérenne aux volumes d’eau accumulés à sa source à 4.800 m. dans la Cordillère du Bayan Har des plateaux tibétains. Mais avant d’atteindre la Grande plaine plus à l’est,  il perd une partie considérable de son débit en traversant cette grande zone aride ; des pertes largement amplifiées aujourd’hui par une surexploitation de plus en plus inquiétantes de ses ressources.

Malgré ces fortes contraintes, la région est un des laboratoires chinois du développement des énergies renouvelables. Dans l’éolien, grâce aux vents puissants de l’anticyclone sibérien qui soufflent une large partie de l’année mais y aggravent l’aridité et y accélèrent l’érosion des sols. On trouve ainsi de nombreux champs d’éoliennes, en particulier dans les plateaux du Yin Shan (zooms 2 et 3). Dans l’énergie solaire, grâce à un taux d’ensoleillement annuel de 74 % ou 3.200 heures par an. On peut ainsi remarquer la présence de nombreux champs de capteurs solaires ; dans les dunes de sables au sud le Baotou, les concepteurs ont même dessiné un cheval au galop visible de l’espace en forme de clin d’œil. Pour autant ces valorisations demeurent difficiles du fait de l’intermittence de ces ressources et de l’éloignement des principaux centres de consommation qui impose la construction de réseaux de transport couteux et vulnérables.

Historiquement, cette zone des confins mongols est intégrée difficilement à la Chine et fait l’objet de nombreuses recompositions géopolitiques internes ; le découpage actuel de la Province – après de nombreux remaniements – datant ainsi seulement de 1979. Depuis des siècles, l’axe Pékin/Hohhot/ Baotou/ Yinchuan utilisant la vallée du Fleuve jaune est un axe majeur vers la gouttière du Gansu, le Xinjiang et l’Asie centrale.  Le premier désenclavement ferroviaire intervient entre 1905 et 1923 avec la construction de la ligne Pékin/ Jining/Hohhot/ Baotou. En 1955 les bons rapports entre la Chine populaire et l’URSS se traduisent par l’ouverture de la ligne Pékin/ Baotou/ Ulan Bator, la capitale de la République de Mongolie, elle-même reliée par le Transibérien à Irkoutsk depuis 1947. Dans la région, le fait urbain est bien d’origine chinoise et est né du chemin de fer puis de la mine.

Deux systèmes bien individualisés

Cette géographie et cette histoire structurent durablement l’organisation régionale autour de deux systèmes spatiaux bien distincts mais solidaires. Ils témoignent à l’échelle régionale des nettes hiérarchies multiformes organisant l’espace interne de l’immense Chine et de rapports centre(s)/périphéries particulièrement vifs.

Premièrement, ces hauts plateaux arides sont historiquement l’univers du monde pastoral nomade mongol, aujourd’hui totalement réduit par les processus de sédentarisation même si l’élevage (caprins, ovins…) peut parfois perdurer (cf. zoom 2). Sous-peuplés, voire désertiques, ils sont devenus aujourd’hui de grands pourvoyeurs de minerais autour d’isolats urbains spécialisés : Bayan Obo sur les terres rares au nord, Dongsheng et son bassin charbonnier sur les plateaux de l’Ordos au sud. Nous sommes là dans des espaces-déchets – les wastelands des géographes M-N Carré et F-M Le Tourneau – fondés sur une consommation courtermiste et dégradée d’espace et de ressources reposant sur le mythe de l’abondance, de l’immensité et de la sous-occupation humaine.

A l’inverse, deuxièmement, la vallée du Fleuve jaune apparait bien mise en valeur par une agriculture irriguée, parfois depuis le XVIIème siècle, et accueille l’agglomération de Baotou. Seconde ville de Mongolie intérieure, elle domine et organise largement l’ensemble de l’économie régionale, en particulier avec le boom des terres rares dont elle devient la capitale chinoise et qui l’a fait accéder progressivement au plan fonctionnel à un statut métropolitain.

Les terres rares : un ensemble de ressources minérales stratégiques

Le terme de « terres rares » désigne 17 éléments chimiques – scandium, yttrium et quinze lanthanides dont cérium, dysprosium, europium, indium, néodymium, praséodymium, terbium… – très peu connus du grand public mais dont les propriétés sont très recherchées. Pour autant, ces métaux ne sont pas moins abondants que l’or, l’argent, le cuivre ou le zinc. Mais leurs propriétés – stabilité thermique, conductivité électrique, magnétisme fort… – en font aujourd’hui des éléments incontournables pour de nombreuses applications stratégiques. Ces marchés de niche sont en effet pilotés par l’innovation, car ils jouent un rôle essentiel dans l’industrie de défense, la haute technologie ou la transition énergétique.

Ceci explique que durant ce dernier quart de siècle la production mondiale a explosé : elle passe de 80 000 t. en 1995 à 240.000 en 2020, selon l’U.S Geological Survey. Représentant actuellement 90 % du marché des terres rares, le néodyme est ainsi essentiel à la fabrication d’aimants permanents pour les radars militaires, les moteurs de voitures électriques, les rotors d’éoliennes ou les vibreurs de téléphone. L’indium et l’yttrium ont des propriétés optiques mobilisées pour la fabrication des écrans tactiles de smartphones… Du fait de leur position nodale au cœur des technologies bas-carbone en plein développement, les besoins en terres rares devraient d’ici 2050 augmenter dans une fourchette de 2,5 à 10.

Au total, les chaînes d’approvisionnement de pans entiers du système productif mondial – militaire, aéronautique, électronique, télécommunications, automobile, énergie, nucléaire… – dépendent de ces terres rares. Selon l’US. Congressional Research Service, chaque chasseur F-35 emporte l’équivalent de 427 kg de terres rares dans ses équipements et composants, un sous-marin nucléaire de classe Virginia 4,2 tonnes. Dans ce contexte, on comprend que Washington signe en 2018 avec l’Australie et en 2020 avec le Canada des accords bilatéraux afin de sécuriser ses approvisionnements futurs.

L’extraction de ces minerais ne pose pas de problème majeur en dehors du fait qu’il faut extraire des masses énormes de roches pour disposer au final de volumes assez limités. Par contre, les opérations de concassage pour réduire les roches en poudre puis, surtout, les processus d’extraction et de raffinage pour en extraire les terres rares sous forme d’oxydes sont techniquement difficiles, nécessitent d’énormes quantités d’eau et sont extrêmement polluantes comme on peut facilement le constater sur les images (zooms 2 et 3).

Sur le marché mondial des terres rares et au-delà de ses réserves minières considérables, la Chine va se construire comme puissance minière de premier rang en survalorisant ces dernières décennies deux atouts majeurs : la disposition d’une vaste main d’œuvre à bon marché, le large sacrifice de ses équilibres environnementaux.

La Chine : la construction d’une puissance minière de 1er rang sur le dumping social et environnemental

Si les premières ressources de terres rares sont découvertes en 1927 à Bayan Obo, il faut attendre la période d’industrialisation maoïste pour voir lancer la production de concentrés de terres rares. Mais surtout, dès les années 1980/1990, Pékin décide de faire des terres rares un levier de puissance mondiale. Édicté comme domaine de souveraineté, l’État y interdit l’entrée de toute entreprise étrangère, engage la lutte dans la région contre l’extraction illégale et les trafics illicites (cf. nombreuses micro-mines abandonnées), baisse les taxes à l‘exportation pour favoriser ses champions nationaux sur le marché mondial face à la concurrence étrangère. Ces choix reposent donc sur une claire vision stratégique de long terme.

Entre 1985 à 1995, la production chinoise explose en passant de 8500 à 48 000 tonnes, et de 21,4 % à 60 % de la production mondiale, au détriment des Etats-Unis et de l’Australie. Cette stratégie lui permet jusqu’en 2010 de disposer d’un quasi-monopole mondial : elle réalise alors 90 % de la production mondiale de terres rares.

Face à la forte pression chinoise sur les coûts de production, on assiste en effet progressivement – comme dans bien d’autres activités productives – dans le cadre d’une nouvelle division internationale du travail, à l’abandon des opérations par les autres pays. Qu’ils soient producteurs comme les Etats-Unis (cf. fermeture de la grande mine de Mountain Pass au sud-ouest de Las Vegas) ou raffineurs comme la France (La Rochelle) au profit des importations. La Chine devient en effet le seul pays à accepter des coûts environnementaux très élevés liés à la mobilisation de techniques productives médiocres mais peu chères.





























Bayan Obo et Baotou : un système minier au cœur des grands enjeux technologiques mondiauxLes hauts plateaux désertiques de Mongolie intérieure traversés par le Fleuve jaune

Nous sommes au nord de la Chine, dans la Région autonome de Mongolie
intérieure. L’image couvre un espace géographique organisé en trois
bandes parallèles.Au nord s’étendent les vastes plateaux de la Mongolie intérieure du
Yin Chan perchés à 1.500 ou 1.600 m. d’altitude. C’est à Bayan Obo que
se trouve le district des terres rares. La ville se trouve à seulement
80 km de la frontière avec la République de Mongolie. La chaîne des Yin –
ou Yin Chan – s’étend sur 1.000 km. et limite au sud le terrible désert
de Gobi. Couverts par une vaste steppe, ces plateaux descendent vers le
nord et la dépression endoréique du Tengge Rinaori (hors image) dans
laquelle se jette par exemple l’Aibugai River qui passe à Bailingmiao. A
l’inverse, au sud ces plateaux tombent sur la gouttière du Fleuve jaune
par la Daqing Shan qui est assez élevée puisqu’elle culmine à 2.950 m
et est entaillée par plusieurs rivières importantes, dont la Kundulum
River qui arrose Baotou.Au Sud s’étendent les vastes plateaux de l’Ordos perché entre 1.300
et 2.500 m d’altitude. On y distingue bien la ville et le grand bassin
charbonnier de Dongsheng.  Il fait partie d’un vaste ensemble productif
qui constitue un des plus importants gisements charbonniers au monde.Au centre enfin, l’image est traversée d’ouest en est par une vaste
gouttière topographique. Celle-ci est empruntée par le puissant Fleuve
jaune. Faisant figure d’oasis dans un espace régional particulièrement
aride, elle est dominée par la ville de Baotou, qui est la 2em ville de
Mongolie intérieure.Dans cette région située à seulement 560 km à l’ouest de Pékin, nous
sommes déjà dans ce que le géographe Thierry Sanjuan définit comme
la « Chine de l’Ouest » des périphéries continentales et ici
frontalières. Sur l’espace couvert par l’image au nord de Baotou,
environ cinq Murailles, ou grands systèmes défensifs contre les attaques
nomades, furent successivement construites entre 400 av JC., durant la
période des Royaumes combattants, jusqu’à 1234. Ils définissant ainsi
pendant des siècles cet espace comme un vaste Limes impérial afin, en
particulier, de protéger la grande boucle que dessine le Fleuve jaune
vers le nord à partir de Lanzhou et dont on couvre ici la partie la plus
septentrionale. Il convient par contre de noter que la plus fameuse
d’entre elle, la Grande Muraille Ming (1368/1644), a été par la suite
construite sensiblement plus au sud pour des raisons stratégiques. Nous
sommes là dans une zone qui fut longtemps une zone de confins impériaux.Au plan administratif et géopolitique, nous sommes dans la Région
autonome chinoise de Mongolie intérieure, dont la capitale Hothhot se
trouve à quelques kilomètres à l’est (hors image). Cette Région couvre
1,1 million de km2 et est peuplée de 24 millions d’habitant (20
hab./km2), dont officiellement 80 % de Hans et 17 % de Mongols. Si comme
partout en Chine, le territoire est découpé en préfectures et
districts, le terme de « bannière » ou « bannière autonome » y est
souvent utilisé comme pour la Bannière de Darhan Muminggan qui entoure
le district des terres rares de Bayan Obo. 

Un espace aride, un axe stratégique

Nous sommes dans un espace dominé par un climat froid semi-aride ou
aride marqué par l’hyper-continentalité avec des températures très
froides ou très chaudes. Dans la ville de Baotou, au centre de l’image,
on passe de -11°C en moyenne au mois de janvier à + 23°C en juillet,
soit un gradient de 34°C, avec des records sensibles de froid (- 31°C)
ou de chaleur (+ 39°C). La ville reçoit seulement 300 mm de
précipitation par an, pour l’essentiel en juillet/aout alors que six
mois de l’année sont dominés par une sécheresse marquée en recevant
moins de 10 mm de précipitations. L’eau est donc rare.Comme le montre bien l’image, cet espace aride alternent déserts
rocheux et sableux, telle la bande au sud-ouest de l’image, auréole de
steppes semi-désertiques et dépressions éoliennes salines. Comme pour le
Nil qui traverse le Sahara, le Fleuve jaune – ou Huang He – doit son
écoulement pérenne aux volumes d’eau accumulés à sa source à 4.800 m.
dans la Cordillère du Bayan Har des plateaux tibétains. Mais avant
d’atteindre la Grande plaine plus à l’est,  il perd une partie
considérable de son débit en traversant cette grande zone aride ; des
pertes largement amplifiées aujourd’hui par une surexploitation de plus
en plus inquiétantes de ses ressources.Malgré ces fortes contraintes, la région est un des laboratoires
chinois du développement des énergies renouvelables. Dans l’éolien,
grâce aux vents puissants de l’anticyclone sibérien qui soufflent une
large partie de l’année mais y aggravent l’aridité et y accélèrent
l’érosion des sols. On trouve ainsi de nombreux champs d’éoliennes, en
particulier dans les plateaux du Yin Shan (zooms 2 et 3). Dans l’énergie
solaire, grâce à un taux d’ensoleillement annuel de 74 % ou 3.200
heures par an. On peut ainsi remarquer la présence de nombreux champs de
capteurs solaires ; dans les dunes de sables au sud le Baotou, les
concepteurs ont même dessiné un cheval au galop visible de l’espace en
forme de clin d’œil. Pour autant ces valorisations demeurent difficiles
du fait de l’intermittence de ces ressources et de l’éloignement des
principaux centres de consommation qui impose la construction de réseaux
de transport couteux et vulnérables.Historiquement, cette zone des confins mongols est intégrée
difficilement à la Chine et fait l’objet de nombreuses recompositions
géopolitiques internes ; le découpage actuel de la Province – après de
nombreux remaniements – datant ainsi seulement de 1979. Depuis des
siècles, l’axe Pékin/Hohhot/ Baotou/ Yinchuan utilisant la vallée du
Fleuve jaune est un axe majeur vers la gouttière du Gansu, le Xinjiang
et l’Asie centrale.  Le premier désenclavement ferroviaire intervient
entre 1905 et 1923 avec la construction de la ligne Pékin/
Jining/Hohhot/ Baotou. En 1955 les bons rapports entre la Chine
populaire et l’URSS se traduisent par l’ouverture de la ligne Pékin/
Baotou/ Ulan Bator, la capitale de la République de Mongolie, elle-même
reliée par le Transibérien à Irkoutsk depuis 1947. Dans la région, le
fait urbain est bien d’origine chinoise et est né du chemin de fer puis
de la mine. 

Deux systèmes bien individualisés

Cette géographie et cette histoire structurent durablement
l’organisation régionale autour de deux systèmes spatiaux bien distincts
mais solidaires. Ils témoignent à l’échelle régionale des nettes
hiérarchies multiformes organisant l’espace interne de l’immense Chine
et de rapports centre(s)/périphéries particulièrement vifs.Premièrement, ces hauts plateaux arides sont historiquement l’univers
du monde pastoral nomade mongol, aujourd’hui totalement réduit par les
processus de sédentarisation même si l’élevage (caprins, ovins…) peut
parfois perdurer (cf. zoom 2). Sous-peuplés, voire désertiques, ils sont
devenus aujourd’hui de grands pourvoyeurs de minerais autour d’isolats
urbains spécialisés : Bayan Obo sur les terres rares au nord, Dongsheng
et son bassin charbonnier sur les plateaux de l’Ordos au sud. Nous
sommes là dans des espaces-déchets – les wastelands des géographes M-N
Carré et F-M Le Tourneau – fondés sur une consommation courtermiste et
dégradée d’espace et de ressources reposant sur le mythe de l’abondance,
de l’immensité et de la sous-occupation humaine.A l’inverse, deuxièmement, la vallée du Fleuve jaune apparait bien
mise en valeur par une agriculture irriguée, parfois depuis le XVIIème
siècle, et accueille l’agglomération de Baotou. Seconde ville de
Mongolie intérieure, elle domine et organise largement l’ensemble de
l’économie régionale, en particulier avec le boom des terres rares dont
elle devient la capitale chinoise et qui l’a fait accéder
progressivement au plan fonctionnel à un statut métropolitain. 

Les terres rares : un ensemble de ressources minérales stratégiques

Le terme de « terres rares » désigne 17 éléments chimiques –
scandium, yttrium et quinze lanthanides dont cérium, dysprosium,
europium, indium, néodymium, praséodymium, terbium… – très peu connus
du grand public mais dont les propriétés sont très recherchées. Pour
autant, ces métaux ne sont pas moins abondants que l’or, l’argent, le
cuivre ou le zinc. Mais leurs propriétés – stabilité thermique,
conductivité électrique, magnétisme fort… – en font aujourd’hui des
éléments incontournables pour de nombreuses applications stratégiques.
Ces marchés de niche sont en effet pilotés par l’innovation, car ils
jouent un rôle essentiel dans l’industrie de défense, la haute
technologie ou la transition énergétique.Ceci explique que durant ce dernier quart de siècle la production
mondiale a explosé : elle passe de 80 000 t. en 1995 à 240.000 en 2020,
selon l’U.S Geological Survey. Représentant actuellement 90 % du marché
des terres rares, le néodyme est ainsi essentiel à la fabrication
d’aimants permanents pour les radars militaires, les moteurs de voitures
électriques, les rotors d’éoliennes ou les vibreurs de téléphone.
L’indium et l’yttrium ont des propriétés optiques mobilisées pour la
fabrication des écrans tactiles de smartphones… Du fait de leur
position nodale au cœur des technologies bas-carbone en plein
développement, les besoins en terres rares devraient d’ici 2050
augmenter dans une fourchette de 2,5 à 10.Au total, les chaînes d’approvisionnement de pans entiers du système
productif mondial – militaire, aéronautique, électronique,
télécommunications, automobile, énergie, nucléaire… – dépendent de ces
terres rares. Selon l’US. Congressional Research Service, chaque
chasseur F-35 emporte l’équivalent de 427 kg de terres rares dans ses
équipements et composants, un sous-marin nucléaire de classe Virginia
4,2 tonnes. Dans ce contexte, on comprend que Washington signe en 2018
avec l’Australie et en 2020 avec le Canada des accords bilatéraux afin
de sécuriser ses approvisionnements futurs.L’extraction de ces minerais ne pose pas de problème majeur en dehors
du fait qu’il faut extraire des masses énormes de roches pour disposer
au final de volumes assez limités. Par contre, les opérations de
concassage pour réduire les roches en poudre puis, surtout, les
processus d’extraction et de raffinage pour en extraire les terres rares
sous forme d’oxydes sont techniquement difficiles, nécessitent
d’énormes quantités d’eau et sont extrêmement polluantes comme on peut
facilement le constater sur les images (zooms 2 et 3).Sur le marché mondial des terres rares et au-delà de ses réserves
minières considérables, la Chine va se construire comme puissance
minière de premier rang en survalorisant ces dernières décennies deux
atouts majeurs : la disposition d’une vaste main d’œuvre à bon marché,
le large sacrifice de ses équilibres environnementaux. 

La Chine : la construction d’une puissance minière de 1er rang sur le dumping social et environnemental

Si les premières ressources de terres rares sont découvertes en 1927 à
Bayan Obo, il faut attendre la période d’industrialisation maoïste pour
voir lancer la production de concentrés de terres rares. Mais surtout,
dès les années 1980/1990, Pékin décide de faire des terres rares un
levier de puissance mondiale. Édicté comme domaine de souveraineté,
l’État y interdit l’entrée de toute entreprise étrangère, engage la
lutte dans la région contre l’extraction illégale et les trafics
illicites (cf. nombreuses micro-mines abandonnées), baisse les taxes à
l‘exportation pour favoriser ses champions nationaux sur le marché
mondial face à la concurrence étrangère. Ces choix reposent donc sur une
claire vision stratégique de long terme.Entre 1985 à 1995, la production chinoise explose en passant de 8500 à
48 000 tonnes, et de 21,4 % à 60 % de la production mondiale, au
détriment des Etats-Unis et de l’Australie. Cette stratégie lui permet
jusqu’en 2010 de disposer d’un quasi-monopole mondial : elle réalise
alors 90 % de la production mondiale de terres rares.Face à la forte pression chinoise sur les coûts de production, on
assiste en effet progressivement – comme dans bien d’autres activités
productives – dans le cadre d’une nouvelle division internationale du
travail, à l’abandon des opérations par les autres pays. Qu’ils soient
producteurs comme les Etats-Unis (cf. fermeture de la grande mine de
Mountain Pass au sud-ouest de Las Vegas) ou raffineurs comme la France
(La Rochelle) au profit des importations. La Chine devient en effet le
seul pays à accepter des coûts environnementaux très élevés liés à la
mobilisation de techniques productives médiocres mais peu chères.































Bayan Obo et Baotou : un système minier au cœur des grands enjeux technologiques mondiauxLes hauts plateaux désertiques de Mongolie intérieure traversés par le Fleuve jaune

Nous sommes au nord de la Chine, dans la Région autonome de Mongolie
intérieure. L’image couvre un espace géographique organisé en trois
bandes parallèles.Au nord s’étendent les vastes plateaux de la Mongolie intérieure du
Yin Chan perchés à 1.500 ou 1.600 m. d’altitude. C’est à Bayan Obo que
se trouve le district des terres rares. La ville se trouve à seulement
80 km de la frontière avec la République de Mongolie. La chaîne des Yin –
ou Yin Chan – s’étend sur 1.000 km. et limite au sud le terrible désert
de Gobi. Couverts par une vaste steppe, ces plateaux descendent vers le
nord et la dépression endoréique du Tengge Rinaori (hors image) dans
laquelle se jette par exemple l’Aibugai River qui passe à Bailingmiao. A
l’inverse, au sud ces plateaux tombent sur la gouttière du Fleuve jaune
par la Daqing Shan qui est assez élevée puisqu’elle culmine à 2.950 m
et est entaillée par plusieurs rivières importantes, dont la Kundulum
River qui arrose Baotou.Au Sud s’étendent les vastes plateaux de l’Ordos perché entre 1.300
et 2.500 m d’altitude. On y distingue bien la ville et le grand bassin
charbonnier de Dongsheng.  Il fait partie d’un vaste ensemble productif
qui constitue un des plus importants gisements charbonniers au monde.Au centre enfin, l’image est traversée d’ouest en est par une vaste
gouttière topographique. Celle-ci est empruntée par le puissant Fleuve
jaune. Faisant figure d’oasis dans un espace régional particulièrement
aride, elle est dominée par la ville de Baotou, qui est la 2em ville de
Mongolie intérieure.Dans cette région située à seulement 560 km à l’ouest de Pékin, nous
sommes déjà dans ce que le géographe Thierry Sanjuan définit comme
la « Chine de l’Ouest » des périphéries continentales et ici
frontalières. Sur l’espace couvert par l’image au nord de Baotou,
environ cinq Murailles, ou grands systèmes défensifs contre les attaques
nomades, furent successivement construites entre 400 av JC., durant la
période des Royaumes combattants, jusqu’à 1234. Ils définissant ainsi
pendant des siècles cet espace comme un vaste Limes impérial afin, en
particulier, de protéger la grande boucle que dessine le Fleuve jaune
vers le nord à partir de Lanzhou et dont on couvre ici la partie la plus
septentrionale. Il convient par contre de noter que la plus fameuse
d’entre elle, la Grande Muraille Ming (1368/1644), a été par la suite
construite sensiblement plus au sud pour des raisons stratégiques. Nous
sommes là dans une zone qui fut longtemps une zone de confins impériaux.Au plan administratif et géopolitique, nous sommes dans la Région
autonome chinoise de Mongolie intérieure, dont la capitale Hothhot se
trouve à quelques kilomètres à l’est (hors image). Cette Région couvre
1,1 million de km2 et est peuplée de 24 millions d’habitant (20
hab./km2), dont officiellement 80 % de Hans et 17 % de Mongols. Si comme
partout en Chine, le territoire est découpé en préfectures et
districts, le terme de « bannière » ou « bannière autonome » y est
souvent utilisé comme pour la Bannière de Darhan Muminggan qui entoure
le district des terres rares de Bayan Obo. 

Un espace aride, un axe stratégique

Nous sommes dans un espace dominé par un climat froid semi-aride ou
aride marqué par l’hyper-continentalité avec des températures très
froides ou très chaudes. Dans la ville de Baotou, au centre de l’image,
on passe de -11°C en moyenne au mois de janvier à + 23°C en juillet,
soit un gradient de 34°C, avec des records sensibles de froid (- 31°C)
ou de chaleur (+ 39°C). La ville reçoit seulement 300 mm de
précipitation par an, pour l’essentiel en juillet/aout alors que six
mois de l’année sont dominés par une sécheresse marquée en recevant
moins de 10 mm de précipitations. L’eau est donc rare.Comme le montre bien l’image, cet espace aride alternent déserts
rocheux et sableux, telle la bande au sud-ouest de l’image, auréole de
steppes semi-désertiques et dépressions éoliennes salines. Comme pour le
Nil qui traverse le Sahara, le Fleuve jaune – ou Huang He – doit son
écoulement pérenne aux volumes d’eau accumulés à sa source à 4.800 m.
dans la Cordillère du Bayan Har des plateaux tibétains. Mais avant
d’atteindre la Grande plaine plus à l’est,  il perd une partie
considérable de son débit en traversant cette grande zone aride ; des
pertes largement amplifiées aujourd’hui par une surexploitation de plus
en plus inquiétantes de ses ressources.Malgré ces fortes contraintes, la région est un des laboratoires
chinois du développement des énergies renouvelables. Dans l’éolien,
grâce aux vents puissants de l’anticyclone sibérien qui soufflent une
large partie de l’année mais y aggravent l’aridité et y accélèrent
l’érosion des sols. On trouve ainsi de nombreux champs d’éoliennes, en
particulier dans les plateaux du Yin Shan (zooms 2 et 3). Dans l’énergie
solaire, grâce à un taux d’ensoleillement annuel de 74 % ou 3.200
heures par an. On peut ainsi remarquer la présence de nombreux champs de
capteurs solaires ; dans les dunes de sables au sud le Baotou, les
concepteurs ont même dessiné un cheval au galop visible de l’espace en
forme de clin d’œil. Pour autant ces valorisations demeurent difficiles
du fait de l’intermittence de ces ressources et de l’éloignement des
principaux centres de consommation qui impose la construction de réseaux
de transport couteux et vulnérables.Historiquement, cette zone des confins mongols est intégrée
difficilement à la Chine et fait l’objet de nombreuses recompositions
géopolitiques internes ; le découpage actuel de la Province – après de
nombreux remaniements – datant ainsi seulement de 1979. Depuis des
siècles, l’axe Pékin/Hohhot/ Baotou/ Yinchuan utilisant la vallée du
Fleuve jaune est un axe majeur vers la gouttière du Gansu, le Xinjiang
et l’Asie centrale.  Le premier désenclavement ferroviaire intervient
entre 1905 et 1923 avec la construction de la ligne Pékin/
Jining/Hohhot/ Baotou. En 1955 les bons rapports entre la Chine
populaire et l’URSS se traduisent par l’ouverture de la ligne Pékin/
Baotou/ Ulan Bator, la capitale de la République de Mongolie, elle-même
reliée par le Transibérien à Irkoutsk depuis 1947. Dans la région, le
fait urbain est bien d’origine chinoise et est né du chemin de fer puis
de la mine. 

Deux systèmes bien individualisés

Cette géographie et cette histoire structurent durablement
l’organisation régionale autour de deux systèmes spatiaux bien distincts
mais solidaires. Ils témoignent à l’échelle régionale des nettes
hiérarchies multiformes organisant l’espace interne de l’immense Chine
et de rapports centre(s)/périphéries particulièrement vifs.Premièrement, ces hauts plateaux arides sont historiquement l’univers
du monde pastoral nomade mongol, aujourd’hui totalement réduit par les
processus de sédentarisation même si l’élevage (caprins, ovins…) peut
parfois perdurer (cf. zoom 2). Sous-peuplés, voire désertiques, ils sont
devenus aujourd’hui de grands pourvoyeurs de minerais autour d’isolats
urbains spécialisés : Bayan Obo sur les terres rares au nord, Dongsheng
et son bassin charbonnier sur les plateaux de l’Ordos au sud. Nous
sommes là dans des espaces-déchets – les wastelands des géographes M-N
Carré et F-M Le Tourneau – fondés sur une consommation courtermiste et
dégradée d’espace et de ressources reposant sur le mythe de l’abondance,
de l’immensité et de la sous-occupation humaine.A l’inverse, deuxièmement, la vallée du Fleuve jaune apparait bien
mise en valeur par une agriculture irriguée, parfois depuis le XVIIème
siècle, et accueille l’agglomération de Baotou. Seconde ville de
Mongolie intérieure, elle domine et organise largement l’ensemble de
l’économie régionale, en particulier avec le boom des terres rares dont
elle devient la capitale chinoise et qui l’a fait accéder
progressivement au plan fonctionnel à un statut métropolitain. 

Les terres rares : un ensemble de ressources minérales stratégiques

Le terme de « terres rares » désigne 17 éléments chimiques –
scandium, yttrium et quinze lanthanides dont cérium, dysprosium,
europium, indium, néodymium, praséodymium, terbium… – très peu connus
du grand public mais dont les propriétés sont très recherchées. Pour
autant, ces métaux ne sont pas moins abondants que l’or, l’argent, le
cuivre ou le zinc. Mais leurs propriétés – stabilité thermique,
conductivité électrique, magnétisme fort… – en font aujourd’hui des
éléments incontournables pour de nombreuses applications stratégiques.
Ces marchés de niche sont en effet pilotés par l’innovation, car ils
jouent un rôle essentiel dans l’industrie de défense, la haute
technologie ou la transition énergétique.Ceci explique que durant ce dernier quart de siècle la production
mondiale a explosé : elle passe de 80 000 t. en 1995 à 240.000 en 2020,
selon l’U.S Geological Survey. Représentant actuellement 90 % du marché
des terres rares, le néodyme est ainsi essentiel à la fabrication
d’aimants permanents pour les radars militaires, les moteurs de voitures
électriques, les rotors d’éoliennes ou les vibreurs de téléphone.
L’indium et l’yttrium ont des propriétés optiques mobilisées pour la
fabrication des écrans tactiles de smartphones… Du fait de leur
position nodale au cœur des technologies bas-carbone en plein
développement, les besoins en terres rares devraient d’ici 2050
augmenter dans une fourchette de 2,5 à 10.Au total, les chaînes d’approvisionnement de pans entiers du système
productif mondial – militaire, aéronautique, électronique,
télécommunications, automobile, énergie, nucléaire… – dépendent de ces
terres rares. Selon l’US. Congressional Research Service, chaque
chasseur F-35 emporte l’équivalent de 427 kg de terres rares dans ses
équipements et composants, un sous-marin nucléaire de classe Virginia
4,2 tonnes. Dans ce contexte, on comprend que Washington signe en 2018
avec l’Australie et en 2020 avec le Canada des accords bilatéraux afin
de sécuriser ses approvisionnements futurs.L’extraction de ces minerais ne pose pas de problème majeur en dehors
du fait qu’il faut extraire des masses énormes de roches pour disposer
au final de volumes assez limités. Par contre, les opérations de
concassage pour réduire les roches en poudre puis, surtout, les
processus d’extraction et de raffinage pour en extraire les terres rares
sous forme d’oxydes sont techniquement difficiles, nécessitent
d’énormes quantités d’eau et sont extrêmement polluantes comme on peut
facilement le constater sur les images (zooms 2 et 3).Sur le marché mondial des terres rares et au-delà de ses réserves
minières considérables, la Chine va se construire comme puissance
minière de premier rang en survalorisant ces dernières décennies deux
atouts majeurs : la disposition d’une vaste main d’œuvre à bon marché,
le large sacrifice de ses équilibres environnementaux. 

La Chine : la construction d’une puissance minière de 1er rang sur le dumping social et environnemental

Si les premières ressources de terres rares sont découvertes en 1927 à
Bayan Obo, il faut attendre la période d’industrialisation maoïste pour
voir lancer la production de concentrés de terres rares. Mais surtout,
dès les années 1980/1990, Pékin décide de faire des terres rares un
levier de puissance mondiale. Édicté comme domaine de souveraineté,
l’État y interdit l’entrée de toute entreprise étrangère, engage la
lutte dans la région contre l’extraction illégale et les trafics
illicites (cf. nombreuses micro-mines abandonnées), baisse les taxes à
l‘exportation pour favoriser ses champions nationaux sur le marché
mondial face à la concurrence étrangère. Ces choix reposent donc sur une
claire vision stratégique de long terme.Entre 1985 à 1995, la production chinoise explose en passant de 8500 à
48 000 tonnes, et de 21,4 % à 60 % de la production mondiale, au
détriment des Etats-Unis et de l’Australie. Cette stratégie lui permet
jusqu’en 2010 de disposer d’un quasi-monopole mondial : elle réalise
alors 90 % de la production mondiale de terres rares.Face à la forte pression chinoise sur les coûts de production, on
assiste en effet progressivement – comme dans bien d’autres activités
productives – dans le cadre d’une nouvelle division internationale du
travail, à l’abandon des opérations par les autres pays. Qu’ils soient
producteurs comme les Etats-Unis (cf. fermeture de la grande mine de
Mountain Pass au sud-ouest de Las Vegas) ou raffineurs comme la France
(La Rochelle) au profit des importations. La Chine devient en effet le
seul pays à accepter des coûts environnementaux très élevés liés à la
mobilisation de techniques productives médiocres mais peu chères.

04/12/2025 Corruption à grande échelle dans l’Union européenne

L’Union européenne compte officiellement 27 capitales : celles de tous ses Etats membres. Mais elle ne dispose pas de « sa » capitale à proprement parler : ses institutions sont éparpillées entre Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg et Francfort.

Or qu’apprend-on le 5 décembre 2025? Un vaste scandale de corruption secoue l’Union européenne après la mise en cause de l’ex-cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini et de plusieurs hauts fonctionnaires. Soupçonnés de fraude, de favoritisme et de conflit d’intérêts lors d’appels d’offres publics, ils ont été interpellés en Belgique avant d’être relâchés.

L’Union européenne est confrontée à ce qui s’annonce comme son plus grave scandale de corruption depuis plusieurs décennies. Le 2 décembre, l’ancienne cheffe de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, a été interpellée en Belgique, en même temps que deux autres hauts responsables européens, dans le cadre d’une enquête sur un appel d’offres suspect lié à la création d’une académie diplomatique financée par l’UE.

L la gravité de l’affaire rappelle le choc institutionnel de 1999, lorsque la Commission présidée par Jacques Santer avait été contrainte à la démission collective en raison d’accusations de malversations financières. Les faits reprochés sont lourds : fraude, corruption dans les marchés publics, conflit d’intérêts et violation du secret professionnel.

La procureure européenne précise que l’appel d’offres en question, réalisé entre 2021 et 2022, aurait bénéficié au Collège d’Europe, dirigé à l’époque par Mogherini, grâce à l’accès anticipé à des informations confidentielles. Outre l’ancienne cheffe de la diplomatie, l’affaire concerne également Stefano Sannino, ex-secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure, et Cesare Degratti, directeur administratif du Collège. Tous trois ont été remis en liberté après leur audition, les autorités estimant qu’ils ne présentaient pas de risque de fuite.

En savoir plus sur RT en français: https://francais.rt.com/international/127980-scandale-corruption-bruxelles-union-europeenne-plongee-dans-la-tourmente

Si la corruption des institutions et de l’administration européenne s’était limité à l’affaire citée, ce serait moindre mal. Mais en fait elle régnait depuis les débuts et dans tous les domaines. En France il avait fallu plus d’un siècle pour commencer à l’éliminer. L’Inspection des Finances et la Cour des Comptes y passait l’essentiel de leurs empois du temps. Mais ils savaient très bien que les responsable de la corruption pouvaient trouver à a Bruxelles les appuis nécessaires pour poursuivre leurs affaires.

Faut-il s’en étonner lorsque l’on sais que dans pratiquement une bonne moitié des capitales de l’UE la corruption des administrati n’est pas combattue comme elle l’est en France et en Allemagne.?

C’est par les mêmes moyens , notamment dans les marchés publics civils et dans le domaines de la Défense que les intérêts américains se sont imposés