19/06/2023. Un embryon humain synthétique

Le terme de synthétique ne doit pas être confondu avec celui d’artificiel. Il signifie dans le cas évoqué ici que ce sont des éléments provenant d’un organisme humain qui ont été prélevés et ré- assemblés dans l’équivalent plus sophistiqué d’un tube a essai pour reconstituer des éléments d’embryon humain

Rappelons par ailleurs que chez l’espèce humaine le stade embryonnaire commence à la fécondation et dure huit semaines. Le stade fœtal va de la 10e semaine de grossesse jusqu’à la naissance.

Ces précisions permettent de relativiser la portée d’une information que publie le Dailymail du 19 juin 2023, référencée in fine. Selon l’article, des chercheurs du Gurdon Institute de l’Université de Cambridge (UK) ont réussi à créer un modèle d’embryon humain doté de battements de cœur et de traces de sang, ceci afin d’étudier les événements marquant les premières semaines de vie. Mais il ne s’agit pas selon eux d’amorcer la réalisation d’un fœtus humain synthétique.

Ce modèle synthétique a été réalisé à partir de cellules-souches humaines, mais sans faire appel à des œufs et du sperme pour réaliser une fertilisation. Il s’agit d’une réplique des cellules qui apparaissent dans la 3e et la 4e semaine de la grossesse , mais dépourvues de la capacité de développement en fœtus.

Par ailleurs, en dépit des pulsations sanguines équivalentes à ce que seront plus tard les battements de cœur, la structure n’a pas les éléments nécessaire à la création d’un placenta et d’une vésicule ombilicale tels qu’ils apparaissent dans un embryon naturel.

Dans celui-ci les cellules cardiaques apparaissent généralement le 23e jour après la fécondation et les globules rouges dans le mois.

Référence

https://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-12208967/Scientists-create-model-human-embryo-heartbeat.html

Gurden Institute
https://www.gurdon.cam.ac.uk/

18/06/2022 Contrôler des robots par la pensée

Chez les humains comme chez la plupart des animaux supérieurs capables de marcher au sens propre, c’est une aire spécialisée du cerveau qui transmet aux nerfs moteurs prenant leur origine dans l’épine dorsale les commandes nécessaires à la marche. Si, notamment à la suite d’un accident tel qu’ un accident de la route, cette transmission est rompue, la victime se retrouve incapable d’utiliser ses jambes pour marcher.

Des chercheurs de l’Institut Fédéral Suisse de Technologie ont eu l’idée de remplacer la liaison détruite cerveau-épine dorsale par ce qu’ils ont nommé une Brain Spine Interface (BRI) numérique. Celle-ci consiste en deux implants en forme de disque de 5 cm de diamètre greffés à la surface du cerveau et envoyant des messages informatiques provenant d’un petit calculateur porté dans un sac à dos. Ce dispositif communique sans fil (par radio) en cas de marche en utilisant un casque porté sur la tête du sujet.

Ce dernier a l’impression de commander des mouvements de marche par la pensée d’une façon globale, sans qu’il ait besoin de commander de façon coordonnée chacun des nerfs et muscles impliqués dans la marche.

L’équipe envisage maintenant d’utiliser ce dispositif pour un contrôle du bras et la main dans le cas d’une paralysie du membre supérieur . La réalisation sera plus difficile compte-tenu de la complexité de celui-ci.

Ainsi la perspective d’un robot entièrement commandé par la pensée d’un humain se rapproche peu à peu. Elle sera indispensable pour une exploration spatiale approfondie

Reference

Walking naturally after spinal cord injury using a brain–spine interface

Nature  volume618,  pages 126–133 (2023)

Abstract

A spinal cord injury interrupts the communication between the brain and the region of the spinal cord that produces walking, leading to paralysis. Here, we restored this communication with a digital bridge between the brain and spinal cord that enabled an individual with chronic tetraplegia to stand and walk naturally in community settings. This brain–spine interface (BSI) consists of fully implanted recording and stimulation systems that establish a direct link between cortical signals and the analogue modulation of epidural electrical stimulation targeting the spinal cord regions involved in the production of walking. A highly reliable BSI is calibrated within a few minutes. This reliability has remained stable over one year, including during independent use at home. The participant reports that the BSI enables natural control over the movements of his legs to stand, walk, climb stairs and even traverse complex terrains. Moreover, neurorehabilitation supported by the BSI improved neurological recovery. The participant regained the ability to walk with crutches overground even when the BSI was switched off. This digital bridge establishes a framework to restore natural control of movement after paralysis.



17/06/2023. Comment disparaitront les ecdysozoaires marins…

Des sociétés minières ont commencé à draguer des aires sous-marines de l’océan Pacifique situées à des profondeurs de – 4.000 m afin d’en remonter des nodules de manganèse, de nickel et de chrome qui s’y trouvent en grande quantités. Il s’agit de la zone dite Clarion- Clipperton (CCZ) d’une superficie équivalente à deux fois celle de l’Inde.

Une première étude faite à la hâte a montré que cette opération mettra en danger, voire fera disparaître plus de 5.000 espèces marines dont 92% jusqu’ici inconnues. Cette étude a été conduite par une équipe du Natural History Museum de Londres sous la direction de Muriel Rabone. Parmi ces espèces, six seulement avaient été étudiées jusqu’alors, dont un concombre de mer, un nématode et une éponge carnivore.

Les nématodes, ou vers ronds et effilés, constituent un embranchement de vers non segmentés. Classés parmi les ecdysozoaires, ils sont recouverts d’une épaisse cuticule. Ils représentent une part très importante de la diversité biologique sur terre et constituent, en nombre d’individus, les 4/5 du règne animal.  Leur présence dans les mers est bien moins étudiée.

Muriel Rabone qui a suivi ces dragages estiment que 6 à 8.000 espèces encore inconnues se trouvent dans la zone Clarion-Clipperton. Elles risquent de rester inconnues indéfiniment.

Pour en savoir plus

Current Biology
https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(23)00534-1?

Summary
The global surge in demand for metals such as cobalt and nickel has created unprecedented interest in deep-sea habitats with mineral resources. The largest area of activity is a 6 million km2 region known as the Clarion-Clipperton Zone (CCZ) in the central and eastern Pacific, regulated by the International Seabed Authority (ISA). Baseline biodiversity knowledge of the region is crucial to effective management of environmental impact from potential deep-sea mining activities, but until recently this has been almost completely lacking. The rapid growth in taxonomic outputs and data availability for the region over the last decade has allowed us to conduct the first comprehensive synthesis of CCZ benthic metazoan biodiversity for all faunal size classes. Here we present the CCZ Checklist, a biodiversity inventory of benthic metazoa vital to future assessments of environmental impacts. An estimated 92% of species identified from the CCZ are new to science (436 named species from a total of 5,578 recorded). This is likely to be an overestimate owing to synonyms in the data but is supported by analysis of recent taxonomic studies suggesting that 88% of species sampled in the region are undescribed. Species richness estimators place total CCZ metazoan benthic diversity at 6,233 (+/−82 SE) species for Chao1, and 7,620 (+/−132 SE) species for Chao2, most likely representing lower bounds of diversity in the region. Although uncertainty in estimates is high, regional syntheses become increasingly possible as comparable datasets accumulate. These will be vital to understanding ecological processes and risks of biodiversity loss.

17/06/2023 Quel lanceur succédera à Ariane 6 ?

Le lanceur Ariane 6 de l’Agence spatiale européenne doit remplacer la fusée Ariane 5 à compter de 2023. Les études sur la prochaine génération de lanceur ont été lancées avant même le premier vol d’Ariane 6. L’objectif prioritaire de cette nouvelle fusée est de diviser le cout de lancement par deux par rapport à Ariane 6 avec des modalités de lancement simplifiées et plus souples.

Après six décennies de largesse, l’astronautique s’oriente désormais vers des lanceurs en grande partie réutilisables. Il suffira après usage de les nettoyer, de les recharger en carburant et de les coiffer d’une nouvelle charge utile avant de les refaire décoller. En dépit des défis techniques qu’implique cette option du recyclage, les économies sont telles qu’elle déclasse en termes de coûts l’ancienne méthode – celle des fusées à usage unique.

Viendra ensuite dans un premier temps Thémis .

Themis est conçu par ArianeWorks (CNES/ArianeGroup) pour préfigurer le premier étage du futur lanceur Ariane Next qui succédera à Ariane 6. Une phase initiale de développement et d’essai a été engagée sous contrat de l’ESA en 2020.

Themis mesurera 30 mètres de haut pour 3,5 mètres de diamètre et sera équipé de 3 moteurs Prometheus développés par ArianeGroup pour l’ESA. La construction de ces moteurs se fera notamment en impression 3D et leur propulsion sera le couple d’ergols oxygène/méthane.

Le programme vise des objectifs économiques et technologiques, mais aussi environnementaux. S’intégrant à une stratégie d’écoconception de la filière Ariane, Themis doit valider des solutions de réduction de l’empreinte environnementale pour les prochaines générations de lanceurs, par exemple par l’utilisation de méthane biosourcé localement en Guyane comme carburant.

À Kourou, l’ensemble de lancement du lanceur Diamant désaffecté depuis 1975 reprendra du service en accueillant les essais de Callisto en 2024 puis de Themis en 2025. Themis s’appuie sur le développement du véhicule expérimental Callisto,plus petit, conçu en coopération entre le CNES, le DLR et la JAXA japonaise

Ariane Next .

Ce nom de code désigne la future fusée de l’Agence spatiale européenne développée par ArianeGroup. Ce lanceur partiellement réutilisable devrait succéder à Ariane 6 à compter de la décennie 2030. L’objectif du nouveau lanceur est de diviser les coûts de lancement par deux par rapport à Ariane 6. L’architecture privilégiée est celle de la fusée Falcon 9  de Space X soit un premier étage réutilisable atterrissant verticalement, un moteur commun aux deux étages. Le carburant sera un mélange de méthane et d’oxygène liquide. Les premiers démonstrateurs technologiques sont en cours de développement.

L’architecture proposée pour Ariane Next reprend la formule mise au point par SpaceX avec son lanceur Falcon 9 : un premier étage réutilisable qui, après s’être séparé du deuxième étage, revient se poser sur Terre à la verticale.

Cet étage utilisera plusieurs moteurs-fusées à ergols liquides : le prototype de ceux-ci est le démonstrateur Prometheus, en cours de développement, qui brûle un mélange de méthane et d’oxygène liquide. Le méthane liquide est moins énergétique que l’hydrogène liquide utilisé par le moteur Vulcain d’Ariane 6, mais il peut être stocké à des températures plus élevées (-161°C contre -253°C pour l’hydrogène), ce qui permet d’alléger et de simplifier le réservoir et les circuits d’alimentation et d’éviter la fragilisation par l’hydrogène ; sa densité est bien plus élevée que celle de l’hydrogène (420 kg/m3 contre 70 kg/m3), ce qui permet de diminuer la taille du réservoir et de ne nécessiter qu’une seule turbopompe au lieu de deux (commune à celle de l’oxygène liquide).

En parallèle, dans l’optique de réaliser un lanceur réutilisable, il faudra emporter plus de carburant pour freiner, se stabiliser et se diriger en vue de l’atterrissage (environ 30 % d’ergols supplémentaires). Le lanceur utiliserait sept ou neuf moteurs de ce type pour le premier étage et un moteur unique pour le second étage. L’objectif est de diviser par deux les coûts de lancement comparé à ceux d’ Ariane 6.

Désormais, la première jambe de Themis, confiée à une entreprise suisse, s’est envolée de Payerne pour subir des tests aérodynamiques en France, au terme desquels elle sera expédiée en Laponie suédoise, avec ses trois sœurs jumelles qui seront livrées en mai. Le premier «hop-test» (saut de puce d’essai d’une centaine de mètres de haut) de Themis et de ses pieds suisses aura lieu au printemps 2024.

La suite du programme se déroulera à Kourou, en Guyane française. Il s’agira de passer d’une petite fusée de démonstration à un engin capable de mettre des satellites sur orbite. L’enjeu n’est rien de moins que de développer un successeur au nouveau lanceur conventionnel Ariane 6, dont le premier vol est prévu cette année. Ce lanceur réutilisable, dont le nom de code actuel est Ariane Next, devrait entrer en service vers 2035. Il devrait permettre de diviser par deux les coûts de lancement.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ariane_Next

Note

Projet intermédiaire Prometheus

Le projet s’étend de 2019 à 2025 avec comme dates importantes :

  • 2019 : approbation par le conseil ministériel de l’ESA
  • 2020 – 2021 : essais de remplissage et de mise au point des opérations
  • 2022 : premiers moteurs Prometheus et essais à feu
  • 2023 – 2024 : vols verticaux à basse altitude à Kiruna (Suède)
  • 2025 : profils de vol d’un premier étage à 60 km depuis Kourou (Guyane)
  • Après 2025 : ajout de nouvelles technologies, domaine de vol étendu (Kourou)

16/06/2023. Que fera l’Ukraine des F-16 américains ?

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué la « décision historique » du président américain de fournir des F-16 Fighting Falcon à l’Ukraine. Il a précisé que cela « renforcerait considérablement notre armée dans le ciel ». Qu’en sera-t-il exactement ?

Depuis que la Russie a envahi son pays en février 2022, Zelensky a plaidé pour l’obtention d’avions de combat occidentaux, mais les États-Unis se sont toujours montrés réticents. Ils ont longtemps affirmé qu’ils n’enverraient pas les chasseurs parce que cela risquait de trop irriter la Russie et que des avions à réaction n’étaient pas nécessaires à l’effort de guerre de l’Ukraine.

Pourtant, les États-Unis avaient les mêmes préoccupations concernant les craintes d’escalade russe lors de la livraison d’autres catégories d’armes, comme l’obusier M777, les lance-roquettes HIMAR, les systèmes de défense aérienne Patriot et les chars M1A1. La Russie a protesté après l’introduction de chacun d’entre eux, mais n’a pas pris d’autres mesures.

Comme on pouvait s’y attendre, la Russie a mis en garde samedi contre les « risques colossaux » encourus par les États-Unis en cas d’envoi de F-16, sans toutefois préciser de quels risques il s’agissait. Selon toute probabilité, les Russes n’intensifieront pas la guerre simplement en raison de la présence de F-16 aux mains des Ukrainiens.

Sur le fond, la volte-face de l’administration Biden sur ce point soulève de nombreuses questions, dont la principale est de savoir dans quelle mesure ces avions peuvent aider l’Ukraine à gagner sa guerre. Tout d’abord, il faudra beaucoup de temps pour former correctement les pilotes et les équipes de maintenance ukrainiens afin qu’ils soient en mesure de faire voler les chasseurs au combat et de les maintenir en état de navigabilité. En février, le sous-secrétaire à la Défense Colin Kahl a déclaré qu’il faudrait entre 18 et 24 mois pour former les pilotes et les équipes de maintenance, acheminer les cellules et les livrer sur place.

Une évaluation de l’US Air Force qui avait fait l’objet d’une fuite laisse entendre que le temps de formation pourrait être de quatre mois seulement. Si cela était vrai cela permettrait aux pilotes d’acquérir une capacité minimale pour piloter les jets, mais ils seraient loin d’être compétents en matière de combat aérien. Le processus visant à rendre aptes au vol les avions reçus, puis à les livrer avec l’ensemble des fournitures d’entretien, des pièces de rechange et des munitions, s’étendra probablement jusqu’en 2024.

Par ailleurs, si le F-16 est comme la Rafale français le meilleur avion de combat de quatrième génération au monde, son efficacité première repose sur le fait qu’il n’est qu’un des élément d’un système intégré de commandement et de contrôle de la gestion de la bataille, composé de capteurs. Si l’avion est capable de fonctionner seul, il est beaucoup moins performant sans moyens d’acquisition supplémentaires, tels que l’AWACS E-3 Sentry, avion-radar volant à distance du front et assistant les pilotes de chasse pour analyser la situation tactique et les menaces. À ce jour, il n’a pas été question de fournir de telles capacités à l’Ukraine.

De plus, le F-16 n’est pas un avion furtif. Il a été livré pour la première fois à l’Air Force en 1979 et il est vulnérable aux défenses aériennes russes, telles que les systèmes de défense aérienne S-300 et S-400. L’une des raisons pour lesquelles l’armée de l’Air ukrainienne a joué un rôle si minime dans cette guerre est son incapacité à neutraliser les réseaux de défense aérienne russes. Bien que le F-16 soit plus performant que les MiG-29 utilisés par les Ukrainiens, il reste vulnérable aux attaques de ceux-ci.

Enfin, la question se pose de savoir qui fournira les avions. Si Washington veut autoriser l’utilisation de F-16 produits aux États-Unis malgré les inconvénients, c’est un choix qu’il peut faire. Mais ce sont d’autres nations riches, comme celles d’Europe, qui devraient fournir les cellules, et non les États-Unis.

D’un point de vue tactique, il ne fait aucun doute que le F-16 est une excellente plate-forme aérienne et qu’il constituera une amélioration par rapport aux chasseurs ukrainiens existants. Mais il n’y a aucune raison de s’attendre grâce à eux à un changement radical de la situation de Kiev dans la guerre actuelle. Les 40 à 50 avions à réaction supplémentaires que l’Ukraine demande ne changeraient pas fondamentalement le cours de celle-ci.

NB. Merci à Les crises dont les contributions ont été précieuses

16/06/2023 Faut-il négliger la menace de guerre nucléaire que vient de formuler un conseiller de Vladimir Poutine ?

Un texte russe, présenté avec toute la solennité nécessaire pour lui donner sa signification, envisage l’emploi du nucléaire par la Russie.  On y verra notamment un avertissement solennel aux élites occidentales. L’article est écrit d’ailleurs sur un ton pessimiste qui indique bien le peu d’espoir qu’il soit entendu. 

De plus l’hypothèse est présentée non pas comme conditionnelle, mais comme une fatalité nécessaire et inévitable, autrement dit comment, avec un peu de nucléaire, d’éviter la guerre totale

On pouvait lire le 26/10/2022 dans la Rossiyskaya Gazeta un article  du professeur Sergei Karaganov, président honoraire du Conseil russe de la politique étrangère et de défense et superviseur académique à l’École d’économie internationale et d’affaires étrangères de l’École supérieure d’économie (HSE) de Moscou. Sergei Karaganov est un ancien conseiller présidentiel de Boris Eltsine et de Vladimir Poutine. Il dirige le Conseil sur la Politique Étrangère et de Défense, un think tank moscovite réputé. 

Cet article a suscité un grand débat parmi les experts russes en matière d’armes nucléaires, leur rôle et les conditions de leur utilisation. Certaines personnalités ont réagi avec consternation, tandis que d’autres se sont montrées moins critiques, voire enthousiastes

On trouvera ci-dessous l’original de l’article en russe, suivi de sa traduction anglaise en .pdf

https://rg.ru/2022/10/26/osypavshijsia-mir-uroki-na-budushchee.html
traduction
https://karaganov.ru/content/images/uploaded/93cbe52061d860665ef70cd5dffdae22.pdf

Merci à De Defensa

15/06/2023 Qu’est-ce que la  » théorie presque quantique « ou « almost quantum theory » ? 

Nous lisons dans le Newscientist du 4 mars 2023, p.39, que cette nouvelle hypothèse sera prochainement mise à l’épreuve des tests. Si elle les passe avec succès, il s’agira de la révolution scientifique du 23e siècle.

Curieusement il est difficile à ce jour d’en obtenir une description précise. Nous en trouvons une présentation sommaire dans un courrier des lecteurs , en réponse à la question What is « almost quantum theory »? Why is it regarded as much stranger than regular quantum theory?

https://www.quora.com/What-is-almost-quantum-theory-Why-is-it-regarded-as-much-stranger-than-regular-quantum-theory

Nous traduisons ci-dessous, en résumant certains passages

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On ne peut plus parler aujourd’hui de dualité onde-particule. L’onde et la particule sont deux façons naïves d’interpréter les champs quantiques. Il y a un champ pour chaque type de particule ; photon, électron, etc.. Ces champs sont partout. Pour extraire une particule d’un champ, il faut fournir de l’énergie à celui-ci. Il atteint ainsi un plus haut état d’énergie. Ces états sont ce que l’on interprète comme des particules.

Les points du champ où l’on fournit de l’énergie sont ce que l’on appelle des particules. Comme l’énergie se propage le long du champ, il semble que la particule se déplace Certains champs demandent plus d’énergie que d’autres pour créer des particules. La quantité d’énergie nécessaire est proportionnelle à la masse de la particule. Le boson de Higgs est plus massif que l’électron. C’est pourquoi il a été si difficile de le faire apparaître. Il a fallu pour cela construire une très grande machine, le Large Hadron Collider

En physique, on parle régulièrement de champs : champ magnétique, champ électrique, champ gravitationnel… Plus généralement, on peut même être emmené à parler des « champs quantique », qui sont utilisés en physique quantique pour décrire le monde.

Ceci dit il pourrait être utile d’expliquer ce qu’est un champ, en physique ou en math, et comment ils sont utilisés en sciences pour expliquer des phénomènes divers.

Modèle corpusculaire en physique classique

Dans la physique classique, ou Newtonienne, on parle de particules. Les protons, les électrons, ce sont des particules. On peut les voir comme des petites billes de matière élémentaire qui composent tous les matériaux que l’on voit.

Ce modèle fonctionne bien pour beaucoup de choses, mais n’explique pas tout non plus. Il n’explique pas, par exemple, comment les particules peuvent interférer entre elles.

On sait depuis environ un siècle que les particules ont toutes également une composante ondulatoire. On sait faire diffracter des électrons, des neutrons…

On dit que ces éléments ont une dualité onde-particule, bien que ce ne soit pas un concept pratique pour travailler : si on considère que c’est une particule, une partie de la théorie ne marchera pas. Et inversement, si l’on a besoin de considérer la particule comme une onde, seules certaines équations pourront être appliquées.

Ceci n’est pas acceptable en physique : une équation devrait pouvoir s’appliquer n’importe quand, n’importe où.

La physique quantique a donc introduit la notion de paquet d’ondes : des sortes de particules-ondes qui regrouperaient les deux composantes de la matière sous un même modèle mathématique. Ces paquets d’ondes agissent sur des champs quantiques.

Notion des champs quantiques

En plus du problème de la réalité physique des particules élémentaires, il faut étudier la façon dont ces dernières interagissent.

Par exemple, deux particules massiques interagissent par une force attractive — la force gravitationnelle — parce qu’on a considéré qu’il y avait un champ gravitationnel partout et qui véhicule l’information de la masse, et provoque le déplacement des deux particules l’une vers l’autre, ce que nous appelons « force d’attraction gravitationnelle ».

Dans ce cadre, le champ gravitationnel est un champ. Mais qu’est un champ ?

Notion de champ en math

Prenez un repère à deux ou trois dimensions, peu importe. Visualisez un point dans ce repère, n’importe lequel. Associez à ce point une valeur, n’importe laquelle.
Faites la même chose pour un autre point, puis un autre. En fait, à chaque point dans ce repère, associez une valeur. Quand vous avez fait ça, vous avez un champ.

Un champ représente un repère sur lequel on a associée une valeur à chaque point.

Par exemple : prenez la pièce où vous vous situez, puis mettez l’origine (0 ; 0 ; 0) dans un des coins. Maintenant, chaque endroit de la pièce possède des coordonnées. Enfin, à chaque endroit de la pièce, associez-y la température en ce point. On obtient alors une cartographie de la température dans votre pièce : mathématiquement, cette cartographie constitue un champ : le champ de température.

On peut associer plusieurs valeurs à un même point. Dans notre exemple, en plus de la température, on peut associer la pression atmosphérique, l’hygrométrie, la pureté de l’air, le taux de CO2, etc.
On a alors un repère avec une multitude de champs.

On peut aussi avoir un champ de vecteur, permettant donc d’associer un vecteur à tout point de l’espace. Par exemple, si l’on associe à chaque point de l’espace la vitesse du vent en ce point, on obtient un champ de vecteur.

Ces différents champs peuvent être liés : ainsi, le vecteur vitesse, ou encore l’hygrométrie en un point va dépendre de la pression et de la température de l’air des points alentours.

Ce travail est ce qui est fait en météorologie : à l’aide des relevés physiques (température, pression, hygrométrie) on peut déterminer s’il va y avoir du vent, dans quel sens, ou encore prédire l’évolution de l’hygrométrie, de la pluie, bref, prévoir le temps qu’il fera dans les heures ou jours qui viennent.

La météo réelle en un lieu peut être décomposée en plusieurs paramètres modélisés par des champs : vent, température, pression, hygrométrie…

On peut aussi associer des tenseurs à chaque point (un objet plus général que les scalaires et les vecteurs).

Un champ est donc quelque chose comme une carte de valeurs (scalaires, vecteurs, tenseurs…) dans un repère. Chaque point du repère possède donc une valeur donnée. En mesurant différents champs pour différentes grandeurs, on peut modéliser des phénomènes plus complexes.

Usage des champs en physique

Prenez le champ de température dans une pièce : vous savez maintenant ce que ça veut dire : il s’agit de voir des nombres — la température — associés à chaque point de la pièce.

Maintenant, si vous allumez une bougie à un endroit, la température va être très haute à l’endroit où se trouve la flamme. Le champ de températures rendra compte de ça, avec des valeurs de température nettement plus hautes aux coordonnées où se trouve la flamme de la bougie.

Inversement, si vous observez la carte des températures de la pièce et que vous voyez que la température monte de façon importante à un endroit bien précis, vous pouvez déduire que quelqu’un a allumé une bougie à cet endroit.

Idem, si vous voyez que cette « anomalie » de température change de coordonnées au fil du temps, vous pouvez en déduire assez simplement que quelqu’un est en train déplacer la bougie au sein de la pièce.

Si cette anomalie de température disparaît subitement, alors c’est que la bougie a été éteinte.

Ceci est un exemple très simple pour étudier un champ en fonction d’un paramètre physique.

On peut aussi associer des tenseurs à chaque point (un objet plus général que les scalaires et les vecteurs).

Un champ est donc quelque chose comme une carte de valeurs (scalaires, vecteurs, tenseurs…) dans un repère. Chaque point du repère possède donc une valeur donnée. En mesurant différents champs pour différentes grandeurs, on peut modéliser des phénomènes plus complexes.

Notion des champs quantiques en physique quantique

Plus haut, dans notre exemple du vide traversé par un photon, on considère une particule, le photon, et on le modélise par une perturbation sur le champ électromagnétique.

Mais si l’on faisait l’inverse ? Si on considérait que le photon n’était, dans sa description la plus fondamentale, qu’une perturbation sur des champs et que l’on modélisait cette perturbation comme une particule ?

En physique quantique, dans la théorie quantique des champs, c’est ce que l’on fait : on considère non plus les particules comme des petites billes de matière condensées, mais comme des perturbations présentes à la surface d’un champ quantique. La « petite particule » est alors une description simpliste, censée être plus intuitive.

Dans ce cadre de la théorie quantique des champs, l’univers est rempli de différents champs : électrique, magnétique, gravitationnels, et une particule correspond à une excitation sur ces différents champs.

Par exemple :

  • une perturbation positive sur le champ électrique et une perturbation sur le champ gravitationnel, correspond par exemple à un proton ;
  • si seul le champ gravitationnel est perturbé, c’est un neutron : en effet, un neutron possède une masse, mais pas de charge, et seul le champ de gravitation sera alors perturbé ;
  • si la perturbation ne concerne que les champs électriques et magnétiques et pas le champ gravitationnel, on peut conclure que l’on a à faire à un photon, qui n’a pas de masse.

En physique quantique, on travaille avec ce genre de choses. On ne parle plus de particules comme des billes de matière mais comme des ondes ponctuelles : les fameux paquets d’ondes évoluant à travers un ou plusieurs champs quantiques et réagissant avec

Si l’on résume, on peut voir l’univers comme un canevas rempli avec différents calques, correspondant aux différents champs quantiques : le champ électrique, le champ magnétique, le champ gravitationnel, etc.

Chaque point de cet espace est donc caractérisé par une valeur correspondant à l’intensité du champ électrique, magnétique, gravitationnel, etc. à cet endroit :


14/06/2023. Comment voit la coquille Saint-Jacques ?

La coquille Saint-Jacques européenne Pecten maximus, vit habituellement dans les eaux tempérées de la Manche. Elle présente une singularité peu connue : elle dispose implantée tout long de son « manteau » ( l’organe qui entoure les tissus mous de la coquille Saint-Jacques, et qui sécrète sa coquille externe) d’une rangée d’« ocelles », des yeux élémentaires de couleur bleu-vert. Elle en possède environ 200. https://theconversation.com/cette-coquille-saint-jacques-vous-regarde-167727

Les biologistes ont longtemps considéré que les ocelles d’une coquille lui permettaient de capter les différences de luminosité dans son milieu ambiant, au mieux certains mouvements lents. Récemment, les résultats d’une étude menée par des chercheurs israéliens ont prouvé que les ocelles de la coquille présentent une complexité remarquable par comparaison à l’œil humain.

Ces yeux élémentaires sont dotés ainsi à la fois d’une lentille et d’un miroir concave, tel un télescope, qui focalisent les sources de lumière sur une double rétine permettant la création d’images complexes. La première rétine réagirait à des éléments relativement sombres et en mouvement, déclenchant des réflexes de défense ou de fuite. Les images produites par la seconde rétine restent quant à elles plus énigmatiques pour l’instant, mais on sait qu’elles concernent davantage la périphérie du champ de vision : elles pourraient fournir des informations utiles pour contrôler et guider les mouvements de la coquille Saint-Jacques lorsqu’elle se déplace rapidement, par hydropropulsion, ou encore lui permettre d’évaluer les caractéristiques statiques de son habitat.

Source

SCIENCE VOL. 358, NO. 6367
The image-forming mirror in the eye of the scallop 

We typically think of eyes as having one or more lenses for focusing incoming light onto a surface such as our retina. However, light can also be focused using arrays of mirrors, as is commonly done in telescopes. A biological example of this is the scallop, which can have up to 200 reflecting eyes that focus light onto two retinas. Palmer et al. find that spatial vision in the scallop is achieved through precise control of the size, shape, and packing density of the tiles of guanine that together make up an image-forming mirror at the back of each of the eyes.

Abstract

Scallops possess a visual system comprising up to 200 eyes, each containing a concave mirror rather than a lens to focus light. The hierarchical organization of the multilayered mirror is controlled for image formation, from the component guanine crystals at the nanoscale to the complex three-dimensional morphology at the millimeter level. The layered structure of the mirror is tuned to reflect the wavelengths of light penetrating the scallop’s habitat and is tiled with a mosaic of square guanine crystals, which reduces optical aberrations. The mirror forms images on a double-layered retina used for separately imaging the peripheral and central fields of view. The tiled, off-axis mirror of the scallop eye bears a striking resemblance to the segmented mirrors of reflecting telescopes.


14/06/2023 A propos de l’actuelle montée de l’extrême droite en Allemagne ?

Un récent sondage organisé en Allemagne par l’institut You Gouv Poll a montré que 20% du corps électoral allemand voterait pour le parti d’extrème-droite AfD (Alternative for Germany) faisant de celui-ci la seconde force politique derrière le CDU de centre droit (28%) et devant le SPD (19%) du Chancelier Olaf Scholz.

Beaucoup en Allemagne considèrent cet événement comme un tremblement de terre politique. Pour eux l’actuelle coalition CDU, SPD et Verts, du fait du système de représentation proportionnelle en vigueur en Allemagne, n’a plus de mandat pour gouverner, après seulement un an et demi d’exercice du pouvoir.

Est-ce à dire qu’une nouvelle majorité, comprenant l’AFD et le Nationaldemokratische Partei Deutschlands qui regroupe toute l’extrême droite jusqu’aux Néonazis, serait envisageable ? L’exemple de la Suède et de la Finlande où ce phénomène vient de se produire, ne l’exclut pas. Le retour de la récession en Allemagne, ainsi que la forte croissance du nombre des demandeurs d’asile, va en ce sens. Il suffirait de quelques crimes commis en Allemagne par de tels demandeurs d’asile, pour que la tendance politique change du tout au tout .

Qu’adviendra-t-il alors de l’amitié franco-allemande, considérée jusqu’ici comme la pierre angulaire de l’Union européenne ? On voit mal Emmanuel Macron, dans l’actuelle compétition avec Marine Le Pen, suivre l’Allemagne dans de telles aventures.

12/06/2023. Nos lecteurs trouveront ici quelques précisions concernant les travaux évoqués par le récent article du Newscientist daté du 4 mars 2023 « Another level of weirdness »

Une nouvelle hypothèse dite almost quantum theory
The theory predicts, not the probabilities of a measurement result, but only whether or not a result is possible.
In this study we have identified a set of correlations, named almost quantum, that, despite being strictly larger than the quantum set, seems to satisfy all device-independent principles proposed so far to single out quantum correlations. This set is consistent and has an efficient numerical characterization. Feb 20, 2015.
https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-94-017-7303-4_3#:~:text=The%20theory%20predicts%2C%20not%20the,not%20a%20result%20is%20possible.

Macroscopic reality
A glance beyond the quantum model
Miguel Navascués and Harald Wunderlich
Published:11 November 2009
https://doi.org/10.1098/rspa.2009.0453
Abstract
One of the most important problems in physics is to reconcile quantum mechanics with general relativity, and some authors have suggested that this may be realized at the expense of having to drop the quantum formalism in favour of a more general theory. Here, we propose a mechanism to make general claims on the microscopic structure of the Universe by postulating that any post-quantum theory should recover classical physics in the macroscopic limit. We use this mechanism to bound the strength of correlations between distant observers in any physical theory. Although several quantum limits are recovered, such as the set of two-point quantum correlators, our results suggest that there exist plausible microscopic theories of Nature that predict correlations impossible to reproduce in any quantum mechanical system.

The principle of Information Causality
by M Pawlowski · 2009 ·  Here, we introduce the principle of Information Causality. It states that information that Bob can gain about a previously completely …
https://arxiv.org/abs/0905.2292

A suivre