16/08/2023. Sur le Covid, pourquoi ce silence persistant?

La mise à jour bi-mensuelle du rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la pandémie mondiale de COVID-19 révèle qu’au cours des quatre dernières semaines, le nombre d’infections a augmenté de 80 pour cent et qu’ont été signalé 1,5 million de nouveaux cas de COVID-19.

La plupart de ces cas proviennent de la Corée du Sud, qui constitue une exception, non pas en ce qui concerne l’intensité de la pandémie mais par le sérieux de la collecte et de la communication de statistiques à ce sujet. L’OMS met en garde: «Actuellement, les cas signalés ne représentent pas exactement les taux d’infection en raison de la réduction des tests et de la notification à l’échelle mondiale. Le nombre cumulé de cas signalés à l’OMS approche les 770 millions.

Par ailleurs le nombre de décès approche les sept millions. Toutefois, si l’on tient compte des décès non signalés dans les pays dont le système d’information sanitaire est insuffisant, l’estimation acceptée atteint le chiffre de 24,6 millions de décès, soit 3,5 fois plus que les chiffres officiels.

La version EG.5 du virus, surnommée Eris par certains scientifiques, est actuellement la plus scrutée car elle pourrait être porteuse du rebond. Les rassemblements estivaux et la baisse d’immunité peuvent aussi jouer, selon certains experts.

Ce sous-variant Eris de la famille Omicron, membre du lignage XBB, semble plus transmissible que d’autres en circulation – probablement sous l’effet de nouvelles mutations génétiques -, et peut-être plus capable d’échapper aux défenses immunitaires.

« On l’a identifié en Inde, mais aussi dans d’autres pays d’Asie, en Amérique du Nord, en Europe, où il tend à supplanter les précédentes souches dominantes », selon Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’université de Genève.

À ce stade, les preuves disponibles ne suggèrent pas que l’EG.5 présente des risques supplémentaires pour la santé publique par rapport aux autres lignées descendantes d’Omicron en circulation. Mais le risque demeure qu’un variant plus dangereux émerge et provoque une hausse soudaine des cas et des décès »,

Concernant l’émergence de ce dernier variant, EG5 (responsable de 17 pour cent de tous les cas dans le monde), et d’autres souches fortement mutées, Tedros Adhanom Ghebreyesus , responsable de l’OMS, a mis en garde: «Le risque d’émergence d’un variant plus dangereux qui pourrait provoquer une augmentation soudaine du nombre de cas et de décès demeure… Aujourd’hui, sur les conseils du comité de surveillance, je publie des recommandations permanentes à l’intention des pays dans sept domaines majeurs. Ces recommandations renforcent les conseils que l’OMS a donnés aux pays dans son plan stratégique de préparation et de riposte au COVID-19 publié en mai.

Ces recommandations comprennent le suivi et le dépistage du COVID-19 dans la population, la mise en œuvre de mesures visant à réduire le risque de transmission, la collaboration avec les agences nationales de santé publique pour suivre les nouvelles souches, l’établissement de rapports sur l’efficacité des vaccins et la réalisation de recherches essentielles pour comprendre les causes et le traitement des syndromes post-viraux. En outre, j’ai demandé que soient communiquées les tendances en matière de taux d’infection, de gravité de la maladie et de décès »

Situation aux États-Unis

Pour s’assurer que les citoyens oublient le COVID, l’administration Biden et le Congrès ont systématiquement mis fin à toutes les dépenses publiques consacrées au dépistage et à la vaccination, ce qui signifie qu’une personne devra dépenser en moyenne 11 dollars pour chaque test rapide à domicile du COVID-19 et débourser entre 110 et 130 dollars pour les derniers vaccins contre le COVID, même si cette personne est sans emploi et est à peine capable de subsister sur le plan économique.

Selon les données sur les eaux usées de Biobot Analytics, https://biobot.io/ qui est devenue la principale source de suivi du COVID, la vague qui a commencé à la mi-juin s’est poursuivie dans tout le pays, avec une augmentation massive des nouveaux cas au cours de la deuxième moitié du mois de juillet.

Dans tout le pays, les niveaux de SARS-CoV-2 dans les eaux usées ont été multipliés par 2,5 par rapport à leur niveau le plus bas en juin. Plus récemment, les hospitalisations et les admissions dans les unités de soins intensifs ont augmenté, confirmant les données relatives aux concentrations détectées dans les eaux usées. Des résultats similaires en provenance d’Italie et du Royaume-Uni confirment les dangers de l’inaction face au SRAS-CoV-2.

Un rapport publié dans Fortune révèle que dans tout le pays, l’absentéisme des élèves a augmenté à un rythme record. Nombre de ces élèves invoquent la maladie, la détresse économique et un environnement scolaire hostile, conséquence du manque de personnel dans les écoles, ainsi qu’un sentiment général d’anxiété et de dépression au sein de la communauté, qui fait que les écoles semblent moins accueillantes.

Outre la crise sociale qui frappe les écoles en raison du sous-financement chronique et des bas salaires des enseignants et du personnel auxiliaire, l’impact de l’infection et de la réinfection sur le bien-être des jeunes est un élément négatif majeur. Dans une étude du Lancet publiée en juillet, les chercheurs ont constaté que les déficits cognitifs consécutifs à l’infection par le SRAS-CoV-2 étaient détectables près de deux ans plus tard dans un sous-ensemble de personnes étudiées.

Parmi les enfants et les adolescents atteints de COVID longue durée, des troubles graves du sommeil, de la fatigue extrême à l’effort, des difficultés à se souvenir, de l’incapacité à trouver les mots justes ou à travailler avec les chiffres et les nombres étaient fréquents. Ils se sont également plaints de bourdonnements d’oreilles persistants, d’étourderie, de douleurs thoraciques et de douleurs articulaires.

Une récente étude de population menée en Australie auprès de personnes fortement vaccinées a révélé qu’une personne interrogée sur cinq déclarait des symptômes de COVID longue durée trois mois après une infection confirmée du variant Omicron. Une autre étude réalisée par des chercheurs de l’Institut national de la santé (NIH) indique que le syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS), qui se traduit par une accélération du rythme cardiaque, des vertiges, une faiblesse et des troubles cognitifs en position assise ou debout, peut apparaître six à huit mois après une infection au COVID-19.

L’annonce de la fin de la pandémie était motivée par des décisions politiques basées uniquement sur les intérêts économiques . Non seulement la pandémie de COVID se poursuit à un rythme dangereux, faisant planer la perspective d’un virus évoluant de manière à échapper à tous les vaccins et traitements disponibles mais elle engendre également une invalidité chronique de masse à laquelle les agences de santé publique et l’ensemble de l’appareil politique tournent le dos. C’est le cas notamment en ce qui ce que l’on nomme le Covid Long

Pour en savoir plus sur le Covid Long, voir LE TEMPS

http://Cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(23)00534-1?

15/08/2023 Un nouvel argument en faveur d’une théorie de la gravitation modifiée MOND

La matière noire sera-t-elle oubliée? Malgré des centaines de chercheurs et de colossaux investissements, les hypothétiques particules censées la composer n’ont jamais été découvertes. Si bien que certains astrophysiciens privilégient des théories alternatives comme la théorie MOND (théorie de la dynamique newtonienne modifiée), énoncée dans les années 1980 par le physicien israélien Mordehai Milgrom. Selon ce dernier, les équations de Newton ne sont plus valables lorsque les accélérations deviennent très faibles. Il introduit alors une faible modification de ces équations : l’accélération décroît en 1/r et non 1/r² ‘est une des versions de cette théorie, AQUAL qui semble aujourd’hui validée par des résultats obtenus par Kyu-Hyun Chae, de l’université Sejong de Séoul, en Corée du Sud.

Kyu-Hyun Chae a analysé les données astrométriques du satellite Gaia, de l’Agence spatiale européenne (ESA), chargé de cataloguer le mouvement de centaines de millions d’étoiles de la Voie lactée. Il s’est plus particulièrement intéressé aux interactions à laquelle se livrent les étoiles binaires à longue période entre elles.

Ces couples stellaires, où les deux astres sont suffisamment distants l’un de l’autre, constituent un choix particulièrement judicieux pour tester les théories MOND, explique l’astronome à Sciences et Avenir  que nous remercions pour cet article

https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/un-pas-vers-monde-avec-ce-nouvel-argument-en-faveur-d-une-theorie-de-la-gravitation-modifiee_173127:

« La dynamique des orbites binaires n’est pas affectée par la matière noire (si son existence était prouvée) et la gravité peut donc être testée directement dans la limite des faibles accélérations avec ces étoiles. En effet, l’espace entre les deux étoiles est si petit que la quantité de matière noire qui pourrait s’y trouver est tout à fait négligeable. La version 3 du catalogue Gaia fournit des mesures très précises des vitesses et des distances projetées dans le ciel pour un grand nombre de binaires. Il s’agit d’un ensemble de données sans précédent. C’est pourquoi, avec d’autres chercheurs, nous les utilisons pour tester la gravité. »  

Pour son travail, Kyu-Hyun Chae a recensé plus de 20.000 couples d’étoiles situées jusqu’à une distance de 650 années-lumière de la Terre.

D’après son étude, publiée dans la revue The Astrophysical Journal, dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, lorsque deux étoiles tournent l’une autour de l’autre avec des accélérations inférieures à environ un nanomètre par seconde carré, elles commencent à s’écarter de la prédiction de la loi universelle de la gravitation de Newton et de la relativité générale. L’accélération observée est en effet d’environ 30 à 40 % supérieure aux prédictions.

gaia Crédit : Kyu-Hyun Chae

A gauche : un système d’étoiles doubles. Crédit : Wikipedia. A droite : Anomalies gravitationnelles observées dans 20.000 binaires. Crédit : Kyu-Hyun Chae.

L’amplification de l’accélération mesurée correspond bien aux prédictions de la théorie MOND. Plus exactement, elle est en accord avec la théorie AQUAL qui « a été proposée juste après MOND et qui est une théorie lagrangienne spécifique de la gravité modifiée« selon Kyu-Hyun Chae.

Mieux, pour rendre compte correctement du facteur d’amplification de l’accélération, il faut également compter sur l‘effet de champ externe (EFE) qui stipule que les mouvements d’un objet dans le cosmos ne doivent pas seulement dépendre de la masse de cet objet mais aussi de l’attraction gravitationnelle de toutes les autres masses de l’Univers. Il s’agit d’une autre prédiction de MOND qui entre en totale contradiction avec le principe d’équivalence d’Einstein, lequel affirme que tous les corps soumis à un même champ gravitationnel tombent à la même vitesse dans le vide. Et donc que le mouvement des étoiles dans une galaxie doit être indépendant d’un champ gravitationnel uniforme externe.

Référence

Breakdown of the Newton–Einstein Standard Gravity at Low Acceleration in Internal Dynamics of Wide Binary Stars

The Astrophysical JournalVolume 952Number 2


https://iopscience.iop.org/article/10.3847/1538-4357/ace101

Abstract

A gravitational anomaly is found at weak gravitational acceleration gN ≲ 10−9 m s−2 from analyses of the dynamics of wide binary stars selected from the Gaia DR3 database that have accurate distances, proper motions, and reliably inferred stellar masses. Implicit high-order multiplicities are required and the multiplicity fraction is calibrated so that binary internal motions agree statistically with Newtonian dynamics at a high enough acceleration of ≈10−8 m s−2. The observed sky-projected motions and separation are deprojected to the 3D relative velocity v and separation r through a Monte Carlo method, and a statistical relation between the Newtonian acceleration gN ≡ GM/r2 (where M is the total mass of the binary system) and a kinematic acceleration g ≡ v2/r is compared with the corresponding relation predicted by Newtonian dynamics. The empirical acceleration relation at ≲10−9 m s−2 systematically deviates from the Newtonian expectation. A gravitational anomaly parameter δobs−newt between the observed acceleration at gN and the Newtonian prediction is measured to be: δobs−newt = 0.034 ± 0.007 and 0.109 ± 0.013 at gN ≈ 10−8.91 and 10−10.15 m s−2, from the main sample of 26,615 wide binaries within 200 pc. These two deviations in the same direction represent a 10σ significance. The deviation represents a direct evidence for the breakdown of standard gravity at weak acceleration. At gN = 10−10.15 m s−2, the observed to Newton-predicted acceleration ratio is . This systematic deviation agrees with the boost factor that the AQUAL theory predicts for kinematic accelerations in circular orbits under the Galactic external field.

14/08/2023 Futures difficultés économiques et politiques de la Chine

Sources
Diverses dont World Socialist Web Site

Selon les dernières données officielles publiées cette semaine, les exportations chinoises ont chuté de 14,5 pour cent en juillet par rapport à l’année précédente. Cette chute, la plus importante depuis le début de la pandémie de COVID-19 au début de l’année 2020, n’est qu’un des indices économiques qui confirment les difficultés de la deuxième économie mondiale et du premier exportateur.

Les exportations chinoises ont diminué de 12,4 pour cent au cours de chacun des trois derniers mois, chutant de 12,4 pour cent. Les importations ont également chuté de 12,4 pour cent en juillet et de 6,8 pour cent en juin, reflétant à la fois une baisse des dépenses de consommation et une contraction de la demande d’importation de matière première et autres entrants de la part des fabricants.

Certes, les chiffres officiels de l’inflation publiés hier montrent que, contrairement à une grande partie du reste du monde, les prix sont globalement en baisse en Chine. L’indice des prix à la consommation a baissé de 0,3 pour cent en glissement annuel en juillet, alors qu’il était resté stable en juin. L’indice des prix à la production, qui mesure le prix des marchandises à la sortie de l’usine, a encore baissé de 4,4 pour cent en juillet.

Mais ceci n’est pas bon signe. La chute des prix est une preuve supplémentaire du fait que le rebond attendu des dépenses de consommation à la suite de la levée par le gouvernement de la quasi-totalité des restrictions COVID-19 au début de l’année ne s’est pas produit. Tout au long de l’année, la Chine s’est trouvée au bord de la déflation, un indicateur de stagnation économique.

Le régime du Parti communiste chinois (PCC) s’est fixé un objectif modeste de croissance économique de 5 pour cent. il s’agirait de la croissance la plus faible depuis 1990. Même l’objectif de 5 pour cent est aujourd’hui remis en question. La croissance du deuxième trimestre de cette année a été de 6,3 pour cent par rapport à la même période de l’année dernière, alors que les principaux centres de production, tels que Shanghai, étaient sous le coup des mesures entreprises pour combattre le COVID-19.

Le président chinois Xi Jinping et les dirigeants du PCC sont manifestement préoccupés par l’état de l’économie, notamment en raison des risques de troubles sociaux. Lors de sa réunion du mois dernier, le Politburo du PCC a admis que l’économie avait fait des « progrès tortueux » depuis la levée des restrictions due au COVID-19. Il a promis « d’optimiser concrètement l’environnement de développement des entreprises privées », en réduisant les restrictions imposées aux promoteurs immobiliers et autres sociétés privées.

Le déclin des exportations chinoises et le ralentissement économique ne sont pas seulement le résultat d’une faible croissance mondiale et d’un commerce mondial chancelant, mais aussi de la guerre économique menée par les États-Unis pour détruire l’économie chinoise et, en particulier, paralyser ses industries de haute technologie. Le président américain Joe Biden a non seulement maintenu les droits de douane punitifs imposés à la Chine par son prédécesseur Trump, mais il a aussi considérablement élargi la portée des interdictions imposées aux entreprises chinoises de haute technologie et à la vente de puces informatiques de pointe et d’équipements de fabrication de puces à la Chine, au nom de la « sécurité nationale ».

Biden a intensifié l’attaque contre les industries chinoises de haute technologie en signant des mesures visant à interdire aux entreprises américaines et aux sociétés de capital-risque d’investir dans des sociétés chinoises impliquées dans des technologies de pointe, notamment dans le développement de semi-conducteurs, d’ordinateurs quantiques et de certaines applications de l’intelligence artificielle.

Loin d’être étroitement ciblées, comme le prétend Washington, les interdictions ont une portée considérable et sont conçues pour paralyser la capacité de la Chine à concurrencer les applications commerciales et militaires de haute technologie. De plus, comme pour les interdictions précédentes, les États-Unis font pression sur leurs alliés d’Europe et d’Asie pour qu’ils leur emboîtent le pas.

Washington considère la Chine comme la principale menace à son hégémonie mondiale et ne reculera devant rien, y compris la guerre, pour faire céder Pékin. Le fait même que la guerre économique menée par lui le soit au nom de la « sécurité nationale » laisse penser que les États-Unis se préparent rapidement à un conflit militaire avec la Chine, alors même qu’ils intensifient la guerre contre la Russie.

Face à l’incertitude croissante créée par la guerre économique américaine, les entreprises mondiales diversifient de plus en plus leurs bases de production dans ce que l’on appelle la « Chine plus un » The “China Plus One” strategy refers to a business strategy adopted by companies, especially multinational corporations, to diversify their production and supply chain activities by adding an alternative manufacturing or sourcing location to China.— en d’autres termes, elles conservent certaines usines en Chine, en particulier pour l’énorme marché chinois, tout en délocalisant une grande partie de la production ailleurs. Bien que de nombreux facteurs soient sans doute en jeu, les exportations chinoises vers les États-Unis ont chuté de 23 pour cent d’une année sur l’autre en juillet, alors que les exportations vers les États-Unis en provenance du Mexique, du Canada, du Viêt Nam et d’autres pays ont fortement augmenté.

Le ralentissement économique de la Chine génère indubitablement de vives tensions sociales et politiques. Le tournant du PCC vers la restauration capitaliste à partir de 1978 reposait idéologiquement sur l’affirmation que le marché élèverait le niveau de vie de l’ensemble de la population. À l’apogée de l’expansion économique chinoise, l’appareil du PCC considérait qu’une croissance économique de 8 pour cent était la référence pour un taux d’emploi élevé et la stabilité sociale.

Aujourd’hui, l’objectif de croissance économique est de 5 pour cent et le chômage augmente. Le taux officiel de chômage urbain pour le mois de juillet était de 5,4 pour cent, mais ce chiffre n’inclut pas les très nombreux migrants internes des zones rurales — environ 280 millions de travailleurs — qui affluent vers les villes pour y trouver une main-d’œuvre bon marché dans les secteurs de la fabrication et de la construction. Les travailleurs migrants sont traités comme des citoyens de seconde zone, qui n’ont pas droit aux services essentiels dans les villes où ils travaillent et sont les premiers à être licenciés.

Le chômage des jeunes en milieu urbain est bien plus élevé, atteignant un taux record de 21,3 pour cent pour les 16-24 ans en juin, selon les statistiques officielles. Cependant, de nombreux jeunes, en particulier les millions de nouveaux diplômés de l’université, abandonnent tout simplement le marché du travail, ou « s’allongent pour ne rien faire » selon l’expression chinoise, malgré les exhortations du gouvernement à accepter n’importe quel emploi subalterne et mal rémunéré. Zhang Dandan, économiste à l’université de Pékin, a estimé que le taux de chômage réel des jeunes en mars pourrait avoir atteint 46,5 pour cent. Et c’est sans compter la situation dans les zones rurales.

L’aliénation des jeunes est alimentée par l’énorme fossé social entre les riches et les pauvres généré par les processus de restauration capitaliste. Alors que le nombre de milliardaires en dollars en Chine n’a parfois été dépassé que par celui des États-Unis, de larges pans de la population luttent pour survivre avec des revenus très faibles. En 2020, le premier ministre chinois Li Keqiang a déclaré que 600 millions de personnes vivaient avec moins de 1 000 yuans (143 dollars américains) par mois, soit moins de 5 dollars par jour.

Le président Xi, qui est conscient des tensions sociales explosives qui se développent, a fait de la « prospérité commune » un slogan clé de son troisième mandat, faisant pression sur l’oligarchie des entreprises pour qu’elle contribue à l’enrichissement de la société, tout en se vantant d’avoir mis fin à la pauvreté absolue en Chine. Si l’extraordinaire expansion économique de la Chine a permis d’améliorer le niveau de vie d’une grande partie de la population, des inégalités sociales flagrantes subsistent et le sort des pauvres s’aggrave à mesure que l’économie s’effondre. La réaction de l’appareil bureaucratique du PCC a été d’exiger que les médias donnent une tournure positive aux mauvaises nouvelles économiques et de censurer les vidéos et les images de pauvreté terrible apparaissant sur les médias sociaux.

Le marasme économique et les tensions sociales qui se développent en Chine ne sont qu’une expression de l’aggravation de la crise du capitalisme à l’échelle internationale, y compris aux États-Unis. En outre, dans une économie mondiale qui a été profondément intégrée par les processus de production mondialisée au cours des quatre dernières décennies, les mesures de guerre commerciale prises par les États-Unis pour exacerber l’effondrement de l’économie chinoise seront mal ressenties d’une manière ou d’une autre.

Les mesures de relance chinoises prises à la suite de la crise financière mondiale de 2008-2009 ont joué un rôle crucial dans la reprise de l’économie mondiale, tout comme les exportations chinoises pendant la période initiale de la pandémie de COVID-19. Aujourd’hui, alors que l’économie mondiale ralentit dans un contexte d’instabilité financière croissante, la Chine, couverte de dettes et qui est confrontée à une guerre commerciale punitive de la part des États-Unis, n’est plus en mesure de jouer le même rôle.

Nous ajouterons pour notre part que le réchauffement climatique prévu pour les prochaines années ne fera accroître les difficultés chinoises. Une grande partie du territoire agricole actuel se désertifiera, tandis que le débit des fleuves nourriciers (énumérés ci-dessous) se rétrécira

FleuveLongueurSurface bassin versantDébit
Bassin versant de l’Amour
Songhua1 434 km557 180 km22 463 m3/s
Argoun1 620 km164 500 km²340 m3/s
Bassin versant du Liao
Liao1345 km232 000 km2500 m3/s
Bassin versant du Hai He
Hai He1 329 km318 200 km2717 m3/s
Bassin versant du Fleuve Jaune
Fleuve Jaune5464 km752 443 km22 571 m3/s
Wei He818 km135 000 km2
Bassin versant du Huai He
Huai He1 078 km174 000 km21 110 m3/s
Bassin versant du Yangzi Jiang
Yangzi Jiang6 380 km1 800 000 km230 000 m3/s
Gan885 km81 600 km21 667 m3/s
Han885 km174 300 km22 156 m3/s
Xiang856 km94 815 km22 070 m3/s
Yuan864 km89 163 km22 158 km²/s
Wu1150 km80 300 km21 108 m3/s
Min735 km134 000 km22 850 m3/s
Jialing1 119 km160 000 km22 130 m3/s
Yalong1 323 km128 444 km21 914 m3/s
Bassin versant du Rivière des Perles
Rivière des Perles2 200 km409 458 km29 500 m3/s
Xi2 197 km409 480 km26 965 m3/s

14/08/2023 Détection en octobre 2022 du sursaut gamma le plus brillant jamais observé à ce jour.

Nommé  GRB 221009A, ce sursaut gamma a rayonné en quelques dizaines de secondes une énergie supérieure à celle produite par le soleil durant les dix milliards d’années de son existence .

GRB 221009A aussi connu sous le nom de Swift J1913.1+1946 a été conjointement découvert par le Neil Gehrels Swift Observatory et le Fermi Gamma-ray Space Telescope en octobre 2022. Sa distance a été estimée à 2,4 milliards d’années-lumière. Il proviendrait de la constellation Sagitta et a duré 10 heures. Il a saturé les détecteurs de rayons gamma de la plupart des observatoires spatiaux, ce qui lui a valu le surnom de The boat « brightest of all time”.

Si les rayons gamma avaient été dirigés directement vers la Terre, ils auraient détruit une partie significative de l’atmosphère terrestre, notamment la couche d’ozone qui la protège desrayons cosmiques. Les conséquences sur la vie terrestre sont encore mal étudiées, mais elles auraient été considérables.

Il est étonnant de voir l’indifférence avec laquelle a été perçu cet évènement dans le grand public

Pour en savoir plus

https://www.space.com/brightest-gamma-ray-burst-ever-results

Voir aussi Wikipedia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sursaut_gamma

13/08/2023 L’espace-temps n’oublie jamais

Quand deux trous noirs entrent en collision au plus lointain de l’univers, ils émettent un court instant des ondes gravitationnelles. Celles-ci peuvent aujourd’hui être reçues et observées dans les deux détecteurs mis en place à cette fin, en Amérique Ligo Laser Interferometer Gravitational Wave Observatory et Virgo en Italie,

Les signaux reçus sont peu nombreux et très faibles. Par contre ils font apparaître un phénomène que ne soupçonnaient pas initialement les physiciens et qui a été nommé mémoire gravitationnelle. Ce terme signifie que les particules qui vibrent dans les ondes gravitationnelles ne retournent jamais à leur position de départ. Elles se trouvent très faiblement déplacées. Ceci est attribué au fait que l’espace temps qui conjugue les trois dimensions de l’espace et celle du temps est en permanence allongé sur ces trois dimensions et comprimé par celle du temps, ceci du fait de l’onde gravitationnelle

L’hypothèse d’une trace permanente dans l’espace temps laissée par le passage des ondes gravitationnelle a laissé longtemps les scientifiques sceptiques jusqu’à ce qu’elle soit confirmée par les interféromètres.

En relativité générale, les trous noirs sont désignés par deux nombres, leur masse et leur spin. Les paramètres supplémentaires sont nommés des cheveux (hairs) ) Si les chercheurs ne trouvent pas assez de cheveux, cela confirmerait la relativité d’Einstein, mais serait inquiétant pour les projets de gravité quantique. Ceux-ci postulent l’existence de particules quantiques dites soft particules identiques sinon voisines aux soft particules

12/08/2023 Le mystère de la langue froide (cold tongue)

Référence A mystery in the Pacific New Scientist 5 august 2023 p.37

On appelle langue froide équatoriale « equatorial cold tongue » une étroite bande de l’océan Pacifique oriental qui n’a cessé de se refroidir depuis 30 ans, contrairement au reste des mers et océans du globe. Elle s’étend vers l’ouest sur des milliers de miles marins à partir des côtes de l’Equateur. Depuis 30 ans cette région n’a cessé de se refroidir d’un demi-degré en moyenne, au contraire du réchauffement observable dans toutes les mers du monde.

La cause du refroidissement n’est pas connue. On a soupçonné les vents alizés qui pourraient emporter l’eau chaude de surface provoquant une remontée de l’eau froide sous marine, Mais les alizées soufflent depuis des siècles sans que ce phénomène ait pu être observé. La fonte des glaciers du pôle sud autour de l’Antarctique pourrait jouer un rôle, mais là encore il faudrait le prouver. Par ailleurs, le phénomène sera-t-il durable ?

Cette question n’est pas sans importance au vu des incendies qui ravagent actuellement la Californie ou l’Australie. Selon Pedro DiNezio, de l’University of Colorado Boulder, il s’agit de la plus importante énigme posée actuellement par la science du climat



Les cerveaux des enfants de paranthropes atteignaient une taille adulte dès l’âge de trois ans

C’est l’une des principales découvertes d’une équipe internationale de paléoanthropologues à partir des fossiles de quatre individus, datant de deux millions d’années environ, retrouvés en Afrique du Sud. Nous publions ci-dessous le résumé et les références de leur article, paru dans Science Advances du 3 mai 2023

Le paranthrope. Information disponible sur Internet

Paranthropus robustus est une espèce éteinte du genre Paranthropus, qui vivait en Afrique australe de 2 à 1,5 million d’années  bp Il a été découvert en 1938 à Kromdraai, en Afrique du Sud. D’autres sites préhistoriques d’Afrique du Sud, tels Swartkrans et Drimolen, ont ensuite livré des restes fossiles de cette espèce

Décrite en 1938 par le sud-africain Robert BroomParanthropus robustus fut la seconde espèce d’hominine définie (après Australopithecus africanus en 1925), et la première du genre Paranthrope. Le fossile TM 1517 trouvé en 1938 à Kromdraai par le collégien Gert Terblanche est l’holotype de l’espèce. Robert Broom découvrit en 1948 à Swartkrans des fossiles plus conséquents qu’il attribua à la même espèce. Il fallut néanmoins attendre 1994 pour trouver à Drimolen le crâne le plus complet de Paranthropus robustus connu à ce jour, DNH 7, dit Eurydice.

Phylogénie des genres actuels et fossiles d’Homininés :

 Homininae   Dryopithecini   † Dryopithecus (les Dryopithèques)
 Gorillini   Gorilla (les Gorilles)
 Hominini   Panina   Pan (les Chimpanzés)
 Hominina 
 † Ardipithecus (Ardi)

 † Sahelanthropus (Toumaï)

 † Australopithecus (Little FootLucy, etc.)

 † Paranthropus (Crâne noir)

 Homo (les Humains)


Les Paranthropes sont caractérisés par des crânes très robustes capables de produire une forte pression masticatoire, et par de grosses dents jugales, couvertes de la plus épaisse couche d’émail connue chez les hominidés. Le volume endocrânien du spécimen SK 1585 est estimé à 476 cm3.

Le squelette post-crânien de Paranthropus robustus est comparable à celui des autres Paranthropes et Australopithèques, et témoigne d’une bipédie, avec un certain degré d’arboricolisme conservé au niveau des membres supérieurs.

Paranthropus robustus présenterait un fort dimorphisme sexuel, avec des mâles sensiblement plus gros et plus robustes que les femelles. Sur la base de 3 spécimens, les mâles auraient eu une taille moyenne de 132 cm et les femelles de 110 cm. Sur un échantillon de 4 spécimens, les mâles auraient pesé en moyenne 42 kg et les femelles 30 kg2.

L’anatomie du squelette de Paranthropus robustus suggère que cette espèce avait un régime végétarien..

Les éclats de pierre et les galets taillés associés aux fossiles de Paranthropus robustus suggèrent que cet hominidé utilisait des outils et était peut-être capable d’en fabriquer .

Article
Hominin fossils from Kromdraai and Drimolen inform Paranthropus robustus craniofacial ontogeny

JOSÉ BRAGA  and others

SCIENCE ADVANCES

3 May 2023

Vol 9, Issue 18

DOI: 10.1126/sciadv.ade7165

  • Abstract

Ontogeny provides critical information about the evolutionary history of early hominin adult morphology. We describe fossils from the southern African sites of Kromdraai and Drimolen that provide insights into early craniofacial development in the Pleistocene robust australopith Paranthropus robustus. We show that while most distinctive robust craniofacial features appear relatively late in ontogeny, a few do not. We also find unexpected evidence of independence in the growth of the premaxillary and maxillary regions. Differential growth results in a proportionately larger and more postero-inferiorly rotated cerebral fossa in P. robustus infants than in the developmentally older Australopithecus africanus juvenile from Taung. The accumulated evidence from these fossils suggests that the iconic SK 54 juvenile calvaria is more likely early Homo than Paranthropus. It is also consistent with the hypothesis that P. robustus is more closely related to Homo than to A. africanus.

11/08/2023 Prochain effondrement de l’AMOC


Le courant nord-atlantique dit AMOC Atlantic meridional overturning circulation devrait selon les simulations de deux océanologues s’arrêter progressivement d’ici le milieu du 21e siècle. Cet arrêt était initialement prévu pour le début du 22e siècle.

L e Gulf Stream qui contribue au réchauffement de l’Atlantique nord, pourrait également s’effondrer. Mais il en résulterait paradoxalement pour l’Europe des hivers glacials.

Cette simulation est contestée par d’autres chercheurs.

Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Atlantic_meridional_overturning_circulation

Bigthink https://bigthink.com/strange-maps/gulf-stream-collapse-amoc

Référence

Nature Communications 

volume14, Article number: 4254 (2023) 

Abstract

The Atlantic meridional overturning circulation (AMOC) is a major tipping element in the climate system and a future collapse would have severe impacts on the climate in the North Atlantic region. In recent years weakening in circulation has been reported, but assessments by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), based on the Climate Model Intercomparison Project (CMIP) model simulations suggest that a full collapse is unlikely within the 21st century. Tipping to an undesired state in the climate is, however, a growing concern with increasing greenhouse gas concentrations. Predictions based on observations rely on detecting early-warning signals, primarily an increase in variance (loss of resilience) and increased autocorrelation (critical slowing down), which have recently been reported for the AMOC. Here we provide statistical significance and data-driven estimators for the time of tipping. We estimate a collapse of the AMOC to occur around mid-century under the current scenario of future emissions.

11/08/2023. Nations Unies. World Drug Report.

Ce rapport, diligenté par l’ONU, est présenté chaque année lors d’une Journée spéciale consacré à la lutte contre les abus de stupéfiants et les trafics illicites

https://www.unodc.org/unodc/en/data-and-analysis/world-drug-report-2023.html

  • The 2023 World Drug Report presents the latest global, regional, and subregional estimates and trends in drug demand and drug supply in an interactive online format through interactive graphs, infographics, and maps. Booklet 1 is an executive summary that presents points of special interest and policy implications based on the key findings presented in the online segment and Booklet 2. Booklet 2 focuses on contemporary issues related to drugs, including synthetic drugs, online drug sales, medical cannabis regulation, psychedelic substances, drug crime in the Amazon Basin, substance use disorders among forcibly displaced populations, and innovations and modifications of services for people who use drugs during the COVID-19 pandemic.

10/08/2023 Au Niger, un coup d’Etat américain contre la France

Le récent coup d’Etat au Niger a été conduit par une « junte » d’officiers supérieurs nigériens menée par le Brig. Gen. Moussa Salaou Barmou . Or celui-ci était depuis longtemps, comme vient de le révéler le Wall Street Journal en date du 9 août 2023 un favori de Washington au prétexte de mener la lutte contre les groupes djihadistes nombreux dans la région.

Voir https://www.wsj.com/articles/niger-coup-us-trained-general-65b5ecd6

Il y a deux jours, le général Barmou a reçu à Niamey, accompagné de trois adjoints la sous-secrétaire d’Etat Victoria Nuland. Celle-ci s’était déplacée en urgence pour offrir selon elle sa médiation en vue d’une sortie de crise, la France ayant échoué dans son projet de représailles militaires contre les putschistes.

Le 7 août, à partir de Niamey, Victoria Nuland s’est prêtée à un point de presse dans lequel elle a insisté sur l’importance pour les Etats-Unis de la relation bilatérale avec le Niger et les défis posés à la poursuite de cette coopération par le coup d’Etat du 26 juillet.

Dans ce long compte-rendu disponible en ligne https://www.state.gov/acting-deputy-secretary-of-state-victoria-nuland-on-the-situation-in-niger/ on peut lire

«Le Secrétaire m’a demandé d’entreprendre ce voyage parce que nous voulions parler avec franchise aux personnes responsables de cette contestation de l’ordre démocratique afin de voir si nous pouvions essayer de résoudre ces questions par la diplomatie, si nous pouvions lancer des négociations et aussi pour clarifier au maximum les enjeux de nos relations et de nos appuis dans tous les domaines que nous serons obligés d’interrompre si la démocratie n’est pas restaurée»

Ceci veut-il dire que les Américains interviennent au Niger comme proxies ou relais de la France, afin de laisser celle-ci continuer à s’approvisionner librement en minerai d’uranium. Nous ne le pensons pas. L’ Amérique n’a aucune sympathie pour l’énergie nucléaire française, qui concurrence avec succès son propre pétrole.

Elle n’a pas non plus de sympathie pour ce qui reste de la France-Afrique, que représentaient ses relations avec le Niger d’avant le coup d’Etat. Une Afrique dominée par la CIA, face à une future Afrique que dominera la Russie (groupe Wagner…) ou la Chine, lui convient beaucoup plus que l’ancienne France-Afrique. La France, qu’elle le veuille ou pas, n’a plus sa place en Afrique.