24/08/2023 Le programme Africa Hydromet Program

Depuis juin 2015 , en Afrique, The World Bank Group, The Global Facility for Disaster Reduction and Recovery et d’autres partenaires ont décidé de coopérer pour améliorer la résistance au changement climatique, préserver la disponibilité en eau douce et d’une façon générale lutter contre les désastres dus au réchauffement des températures prévu par les experts dans les prochaines décennies.

Il en est résulté le programme Africa Hydromet Program, programme Hydrométéorologique pour l’Afrique. Depuis son lancement le programme a pu améliorer les services hydrométéorologique dans 15 Etats africains et quatre centres régionaux pour l’Etude du climat ont été créés.

Mais il faudrait faire beaucoup plus, produire des prévisions de meilleure qualité concernant l’observation du climat à long terme comme d’une année sur l’autre et les recommandations sur les conduites à adopter. Si rien de sérieux n’est fait, le nombre des migrants climatiques à travers l’Afrique comme vers l’Europe ne cessera pas d’augmenter.

Rappelons que l’Afrique compte actuellement 2 milliards d’habitants approximativement, chiffre qui devrai passer à 4 milliards à la fin du siècle compte tenu d’une taux de naissance de 6 enfants par femme.

Pour en savoir plus

https://www.worldbank.org/en/programs/africa_hydromet_program

23/08/2023 La National Ignition Facility (USA) maitrisera-t-elle la fusion nucléaire avant la France ?

Les scientifiques de la National Ignition Facility aux Etats-Unis viennent d’annoncer que le laboratoire sous tutelle du gouvernement fédéral aurait le 30 juillet 2023 réussi pour la première fois au monde une expérience où l’énergie produite par une opération de fusion nucléaire serait supérieure à celle utilisée par les lasers pour produire la réaction.

Faut-il souligner l’importance de cette démonstration ? La fusion nucléaire, une fois produite à l’échelle industrielle, devrait être capable de fournir, conjointement avec les énergies naturelles, une grande part de l’énergie dont l’humanité aura besoin dans les prochaines années sans contribuer au réchauffement climatique.

La fusion est obtenue en chauffant deux isotopes de l’hydrogène, généralement du deutérium et du tritium, obtenus à partir de lithium, à une température suffisamment élevée pour que leurs noyaux atomiques fusionnent. Ils fournissent ainsi de l’hélium et d’importantes quantités d’énergie sous forme de neutrons. L’opération ne produit pas de CO2 ni de déchets radioactifs.

Le deutérium existe en quantité suffisante dans la nature. Ce n’est pas le cas du tritium. Il n’existe actuellement qu’un stock de tritium d’une vingtaine de kilos, issu du fonctionnement d’un certain type de réacteur de fission (CANDU) et réparti entre différentes installations nucléaires. C’est dans ce stock qu’ITER en France puisera lors de sa phase de lancement. Pour répondre aux besoins des futures centrales de fusion industrielles, il sera essentiel en effet de pouvoir produire du tritium à partir de la réaction de fusion.

La réaction de fusion deutérium-tritium (D-T) libèrera des neutrons à haute énergie ainsi que des atomes d’hélium. Tandis que le plasma demeurera confiné par les champs magnétiques du tokamak, les neutrons, qui sont électriquement neutres, s’échapperont et seront absorbées par les « modules de couverture » qui tapissent la paroi.

La présence de lithium dans ces modules de couverture déclenchera la réaction suivante: le neutron incident sera absorbé par l’atome de lithium, lequel se recombine alors en un atome de tritium et un atome d’hélium. On peut ensuite extraire le tritium de la couverture, le recycler dans le plasma et le rendre à sa fonction de combustible.

On appelle « couvertures tritigènes » les couvertures qui contiennent du lithium. La réaction de fusion permet ainsi de produire du tritium de manière continue. Une fois la réaction de fusion amorcée dans un tokamak, il suffira pour l’entretenir de l’alimenter en deutérium et en lithium, deux éléments disponibles en abondance.

Pour la suite, la procédure actuellement utilisée, dite du confinement magnétique, utilise de puissants aimants pour maintenir en place sous une coupole de protection une capsule contenant une petite quantité d’hydrogène, ceci jusqu’à ce que la réaction se déclenche. Les lasers doivent produire à cette fin des températures supérieures à celles du soleil. On estime que la fusion ne sera rentable que si elle fournit au moins cent fois plus d’énergie que n’en consommeront les lasers et l’hydrolyse de l’eau nécessaire à l’obtention de l’hydrogène.

Cependant, il ne faut pas s’illusionner. Le type de fusion nucléaire envisagé nécessitera des hectares d’installations industrielles, l’extraction, le raffinage et le transport du lithium n’auront rien de facile. Obtenir de l’hydrogène par électrolyse de l’eau sera très consommateur d’électricité et parfois risqué compte tenu des possibilités d’explosion. Enfin les neutrons émis dégraderont rapidement les réacteurs, nécessitant leur remplacement régulier et le stockage sécurisé des rebuts. (merci à Sam Edge, de Ringwood, Hampshire, UK, pour ces remarques)

Pour en savoir plus

Voir Financial Times
https://www.ft.com/content/a9815bca-1b9d-4ba0-8d01-96ede77ba06a

Voir korii
https://korii.slate.fr/tech/energie-fusion-nucleaire-epuise-deja-carburant-tritium-20-kilos-reserves-terre-lithium-6

Voir ITER
https://www.iter.org/fr/sci/fusionfuels

22/08/2023 Mission européenne Euclid: éclairer l’invisible

La mission européenne Euclid a décollé, le 2 juillet 2023 depuis la Floride à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Avec cette mission, l’Agence spatiale européenne ESA compte apporter des réponses (éclairantes) à deux grandes énigmes, celles de la matière noire et de l’énergie sombre.

Wikipedia En cosmologie, l’énergie sombre ou énergie noire (en anglais : dark energy) est une forme d’énergie hypothétique remplissant uniformément tout l’Univers et dotée d’une pression négative, elle se comporte comme une force gravitationnelle répulsive. L’existence de l’énergie sombre est nécessaire pour expliquer, dans le cadre du modèle standard ΛCDM, diverses observations astrophysiques, notamment l’accélération de l’expansion de l’Univers détectée au tournant du xxie siècle. L’énergie sombre ne doit pas être confondue avec la matière noire qui, au contraire, ne remplit pas uniformément l’Univers et qui interagit normalement (forces attractives) avec la gravitation.

Malgré une densité très faible (de l’ordre de 10−29 g/cm3), l’énergie sombre serait une composante majeure de l’Univers, représentant environ 68 % de la densité d’énergie totale de celui-ci.

Sa nature reste aujourd’hui encore inconnue. Il peut s’agir simplement de la constante cosmologique induite par la relativité générale qui aurait une valeur non nulle. Il existe d’autres hypothèses, menant soit à une modélisation différente de la matière (quintessencek-essence, modèles unifiés de matière et d’énergie sombre), soit à une modélisation différente de la gravitation (gravité f(R), champs scalaires, cosmologie branaire). Le choix entre ces différentes hypothèses dépend essentiellement des contraintes apportées par l’observation, notamment des supernovas de type Ia, du fond diffus cosmologique ou des oscillations acoustiques des baryons. L’existence de l’énergie sombre est par ailleurs contestée par divers modèles cosmologiques alternatifs au modèle standard ΛCDM, la considérant comme un simple artefact ad hoc rappelant l’hypothèse de l’éther luminifère de la fin du 19e siècle.

L’énergie noire est considérée comme accélérant l’expansion de l’univers. Elle représenterait 68% de la matière de l’univers , selon la relation E =mc2. La matière noire pour sa part est considérée comme constituant 26% de la matière de l’univers. Cependant les scientifiques ne sont pas certains aujourd’hui de ce que représentent ces concepts. Euclid devra apporter des débuts de réponse dans ces deux domaines.

Pour cela Euclid devra faire une carte en trois dimensions de l’Univers sombre (le temps étant la 3e dimension) en observant des milliards de galaxies dans un rayon de 10 milliards d’années-lumière, soit un tiers de la voûte céleste. Ceci devrait permettre de préciser comment l’univers s’est étendu et quelles structures il a formé depuis ce temps. Ceci devrait aussi permettre de mieux comprendre ce que sont réellement l’énergie noire, la matière noire et la gravité.

Ces thèmes sont au cœur du programme de l’ESA Cosmic Vision https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/ESA_s_Cosmic_Vision
What are the fundamental physical laws of the Universe? et How did the Universe originate and what is it made of?

22/08/2023 L’homme des glaces était chauve

Une nouvelle analyse du génome de l’homme des glaces révèle qu’il avait sans doute la peau et les yeux foncés et une calvitie.

Il est mort il y a 5 300 ans et les paléoanthropologues ne s’accordent pas pour expliquer la cause de sa mort. Pour certains, il aurait été assassiné, victime d’une flèche tirée d’une trentaine de mètres alors qu’il fuyait un groupe hostile. D’autres prétendent qu’il serait mort de froid et d’épuisement, perdu dans une montagne où il n’aurait jamais du s’aventurer.

Découvert en 1991 dans un glacier de val Senales, en Italie, à 3 210 mètres d’altitude, Ötzi est sans doute le représentant du Néolithique le plus célèbre et le plus étudié au monde. Une étude publiée dans la revue Cell Genomics rend aujourd’hui compte d’une nouvelle analyse de son génome.

Le cadavre d’Ötzi est une momie accidentelle. Elle est restée prisonnière des glaces dans des conditions de conservation exceptionnelles pendant plus de 5 000 ans. Son analyse a fait l’objet de très nombreuses publications scientifiques et a beaucoup appris sur les populations européennes du Néolithique.

Références

https://www.cell.com/cell-genomics/fulltext/S2666-979X(23)00174-X

Summary

The Tyrolean Iceman is known as one of the oldest human glacier mummies, directly dated to 3350–3120 calibrated BCE. A previously published low-coverage genome provided novel insights into European prehistory, despite high present-day DNA contamination. Here, we generate a high-coverage genome with low contamination (15.3×) to gain further insights into the genetic history and phenotype of this individual. Contrary to previous studies, we found no detectable Steppe-related ancestry in the Iceman. Instead, he retained the highest Anatolian-farmer-related ancestry among contemporaneous European populations, indicating a rather isolated Alpine population with limited gene flow from hunter-gatherer-ancestry-related populations. Phenotypic analysis revealed that the Iceman likely had darker skin than present-day Europeans and carried risk alleles associated with male-pattern baldness, type 2 diabetes, and obesity-related metabolic syndrome. These results corroborate phenotypic observations of the preserved mummified body, such as high pigmentation of his skin and the absence of hair on his head.

21/08/2023 Se préparer à une collision entre la Galaxie d’Andromède et la Voie Lactée

A l’échelle de l’univers observable, qui est expansion, les rencontres entre galaxies et amas de galaxies sont rares, voire impossibles. Pourtant, on sait depuis longtemps que la galaxie d’Andromède et la Voie lactée sont en route de collision.

Mais comment s’effectuera la rencontre ? Violemment avec une fusion entre les deux galaxies ou simplement en se frôlant l’une l’autre ? Un système solaire comme le nôtre sera-t-il confronté avec un système équivalant provenant d’Andromède ?

Les collisions entre galaxies sont fréquentes dans l’univers observable. Elles étaient même plus fréquentes il y a des milliards d’années qu’aujourd’hui et elles participaient au processus d’évolution cosmique ayant conduit du Big Bang au vivant dont la planète Terre est encore largement pourvue. Mais comment des collisions entre galaxies sont-elles possibles alors qu’Hubble et surtout Lemaître ont montré que l’univers observable était en expansion ?

C’est parce que c’est à l’échelle du Cosmos et non pas entre les galaxies, que l’espace est en expansion. Les galaxies des amas sont liées entre elles par la force de gravité à la façon dont les planètes gravitent autour du Soleil. De la même façon qu’un géocroiseur peut entrer en collision avec la Terre, il n’est donc pas exclu qu’une galaxie puisse entrer en collision avec une autre. On sait que cela s’est déjà produit dans l’histoire de la Voie lactée et de la galaxie d’Andromède

Grâce aux observations d’Hubble, les astronomes sont cependant parvenus à lever les incertitudes sur l’avenir de la Voie lactée et d’Andromède. Dans 4 milliards d’années la collision sera bel et bien frontale. Les simulations informatiques prédisent même que les deux galaxies finiront par fusionner en donnant une grande galaxie elliptique. Il sera de même avec les trous noirs situé au cœur des deux galaxies . Selon les calculs, l’orbite du Soleil changera certainement aussi pour cesser d’être circulaire. Dans 6 milliards d’années, le disque de la Voie lactée aura totalement disparu sur la voûte céleste qui aura totalement changé d’aspect. 

Pour en savoir plus, voir

Constraining Dark Energy from Local Group dynamics

D. BenistyA.-C. DavisN.W. Evans (Cambridge)

This Letter develops a method to constrain the Cosmological Constant Λ from binary galaxies, focusing on the Milky Way and Andromeda. We provide an analytical solution to the two-body problem with Λ and show that the ratio between the Keplerian period and TΛ=2π/(cΛ−−√)≈63.2 Gyr controls the importance of effects from the Cosmological Constant. The Andromeda-Milky Way orbit has a period of ∼20 Gyr and so Dark Energy has to be taken into account. Using the current best mass estimates of the Milky Way and Andromeda galaxies, we find the Cosmological Constant value based only on the Local Group dynamics to be lower then 5.44 times the value obtained by Planck. With future astrometric measurements, the bound on the Cosmological Constant can be reduced to (1.67±0.79)ΛPL. Our results offer the prospects of constraints on Λ over very different scales than previously. The Local Group provides also a completely novel platform to test alternative theories of gravity. We illustrate this by deriving bounds on scalar-tensor theories of gravity over Megaparsec scales.

Comments:ApJL, submitted
Subjects:Cosmology and Nongalactic Astrophysics (astro-ph.CO); Astrophysics of Galaxies (astro-ph.GA)
Cite as:arXiv:2306.14963 [astro-ph.CO]
 (or arXiv:2306.14963v1 [astro-ph.CO] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2306.14963 Focus to learn more
Related DOI:https://doi.org/10.3847/2041-8213/ace90b Focus to learn more

21/08/2023 Que sont les métaux étranges ?

Le monde de la physique quantique s’est longtemps confronté à un mystère persistant concernant les « métaux étranges ». Aujourd’hui, un nouvel éclairage se profile, offrant une perspective inattendue et innovante sur ces matériaux singuliers.

Le Center for Computational Quantum Physics (CCQ) du Flatiron Institute à New York, sous la direction d’Aavishkar Patel, a mis en lumière un mécanisme éclaircissant les propriétés distinctives des métaux étranges.

Dans une publication datant du 18 août dans la revue Science (Voir ci dessous références et abstract), A. Patel et son équipe dévoilent leur théorie sur ces métaux atypiques, apportant une réponse à l’un des plus grands défis de la physique de la matière condensée.

Le comportement étrange des métaux se retrouve dans de nombreux matériaux quantiques, y compris certains qui, moyennant de petites modifications, peuvent devenir des supraconducteurs (matériaux dans lesquels les électrons circulent avec une résistance nulle à des températures suffisamment basses). Cette relation suggère que la compréhension des métaux étranges pourrait aider les chercheurs à identifier de nouveaux types de supraconductivité.

La nouvelle théorie démontre pourquoi la résistivité électrique de ces métaux est proportionnelle à la température, même à des températures extrêmement basses. Ainsi, ces métaux résistent davantage à l’électron que les métaux conventionnels comme l’or ou le cuivre à température égale.

Elle repose sur la combinaison de deux propriétés des métaux étranges. Premièrement, leurs électrons peuvent s’enchevêtrer les uns dans les autres par la mécanique quantique, liant ainsi leurs avenits, et ils restent enchevêtrés même lorsqu’ils sont séparés fut-ce à grande distance. Deuxièmement, les métaux étranges présentent une disposition non uniforme des atomes, semblable à un patchwork.

« Cette interaction entre l’entrelacement et la non-uniformité est un phénomène inédit ; jamais considéré auparavant pour aucun matériau », précise Aavishkar Patel. Il ajoute que ce simple constat démontre que la complexité autrefois attribuée aux métaux étranges était mal orientée

Référence

Universal theory of strange metals from spatially random interactions

SCIENCE

17 Aug 2023 Vol 381, Issue 6659 pp. 790-793

https://www.science.org/doi/10.1126/science.abq6011

Editor’s summary

Many correlated electron systems, such as cuprates and heavy fermion materials, host an unusual type of metallic state called the strange metal. Strange metals have transport and thermodynamic properties with temperature dependences that differ from those of ordinary metals. Devising a theory that describes all of these properties correctly remains challenging. Patel et al. achieved this goal by introducing disorder in the coupling constants of a model of strongly interacting systems. —

Abstract

Strange metals—ubiquitous in correlated quantum materials—transport electrical charge at low temperatures but not by the individual electronic quasiparticle excitations, which carry charge in ordinary metals. In this work, we consider two-dimensional metals of fermions coupled to quantum critical scalars, the latter representing order parameters or fractionalized particles. We show that at low temperatures (T), such metals generically exhibit strange metal behavior with a T-linear resistivity arising from spatially random fluctuations in the fermion-scalar Yukawa couplings about a nonzero spatial average. We also find a T ln(1/T) specific heat and a rationale for the Planckian bound on the transport scattering time. These results are in agreement with observations and are obtained in the large N expansion of an ensemble of critical metals with N fermion flavors.


20/08/2022 Le muon, une particule élémentaire bien particulière

Cette particule encore peu connue en dehors des physiciens, est le muon Le muon est, selon le modèle standard de la physique des particules, une particule élémentaire de charge électrique négative. Une fois apparue elle est instable en ce sens qu’elle se désintègre radioactivment en quelques 2 millonieme de seconde. Le muon a pour spin 1/2 et a les mêmes propriétés physiques que l’électron, mise à part sa masse, 207 fois plus grande , C’est la raison pour laquelle on l’appelle parfois « électron lourd »). Les muons sont des fermions de la famille des leptons, comme les électrons et les taus. Les muons sont notés μ−. L’antimuon, l’antiparticule associée au muon, est notée μ+ et est chargée positivement.

De nombreuses expériences sont menées quotidiennement dans des accélérateurs de particules pour comprendre les propriétés exotiques des muons Au laboratoire national des accélérateurs Fermi (FermiLab) près de Chicago , les muons sont mis évidence grâce à des oscillations inattendues, aussi appelées moments magnétiques, qui pourraient perturber l’ensemble des connaissances dans la physique des particules.

Le muon y apparaît poussé par un type de matière et d’énergie encore complètement inconnu de la physique .  Si le résultat s’avère correct, cette découverte représentera une réelle avancée dans la physique des particules depuis les 50 dernières années, lorsque les premières théories ont été développées.

L’expérience faite sur l’anneau Muon 2-g du FermiLab consiste en l’accélération et la collision de deux particules non élémentaires (ou composites) dans des conditions de champ magnétique intense et de très basses températures (-267 °C). Cette collision produit une force de 13 téraélectronvolts  et l’apparition d’une particule, le muon, qui va osciller lorsqu’il se déplace au travers du champ magnétique. Une fois apparu, le muon est instable et va se désintégrer radioactivement en 2.2 millionièmes de seconde 6. Les muons sont également dotés d’un spin, qui leur procure une propriété d’oscillation sous l’effet d’un champ magnétique 

Les chercheurs ayant mené les expériences au FermiLab ont remarqué que l’oscillation de ces muons était inhabituelle et déviait de ce que le modèle standard prédit. Celui-ci, développé en 1970, décrit 3 des 4 forces fondamentales existantes dans l’univers . Dans le modèle standard de la physique des particules, des calculs très stricts sur la façon dont les muons doivent se déplacer sont établis.

Par ailleurs, une hypothèse de la physique quantique soutient que les particules peuvent soudainement apparaître et influencer un élément avec lequel elles interagissent avant de disparaître à nouveau.

19/08/2022 Dépenses militaires comparées prévues pour l’année 2024

Etats-Unis

La loi sur l’autorisation de la défense nationale autoriserait 886 milliards de dollars de dépenses militaires pour l’année fiscale à venir.

Source : Truthout, Jake Johnson, Common Dreams

Le Sénat américain a adopté sa version de la loi sur l’autorisation de la défense nationale [National Defense Authorization Act ou NDAA lors d’un vote bipartite massif jeudi, après avoir rejeté la demande du sénateur Bernie Sanders de réduire de 10 % les dépenses militaires.

Seuls 11 sénateurs, dont Sanders (Indépendant-Vermont), ont voté contre l’adoption finale de la NDAA, qui autoriserait un montant record de 886 milliards de dollars de dépenses militaires pour l’année fiscale à venir, dont plus de 844 milliards de dollars pour le Pentagone et environ 32 milliards de dollars pour les programmes d’armement nucléaire du ministère de l’Energie.

Le Congressional Budget Office a estimé au début du mois que les forces nucléaires américaines coûteraient à la nation 756 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, soit plus de 75 milliards de dollars par an. À titre de comparaison, le plan d’annulation de la dette étudiante, refusé par la Cour suprême le mois dernier, aurait coûté 30 milliards de dollars par an sur dix ans, selon le ministère de l’Education.

Russie

Selon un document du gouvernement examiné par l’agence de presse Reuters, la Russie aurait doublé son objectif de dépenses de défense pour 2023, à plus de 90 milliards d’euros, soit un tiers de toutes les dépenses publiques.

Entre 2011 et 2022, la Russie a consacré un minimum de 13,9 % et un maximum de 23 % de son budget à la défense. Depuis le début de l’année, la Russie a déjà dépensé 57,4 % du nouvel objectif budgétaire de dépenses de défense, selon le document.

France

Après plusieurs semaines de débats, la loi de programmation militaire 2024-2030 a été définitivement adoptée par le Parlement ce jeudi 13 juillet. Le texte prévoit une enveloppe de 413,3 milliards d’euros sur 7 ans pour les armées.

Conclusion

Etats-Unis: Environ 870 milliards de dollars de dépenses militaires pour 2024
Russie: Environ 90 milliards d’euros pour 2024
France: Environ 60 milliards d’euros pour 2024

18/08/2023 Les ondes gravitationnelles. Une possible mémoire de l’espace-temps

Les ondes gravitationnelles ont été prédites et décrites théoriquement par Albert Einstein de 1916 à 1918 par analogie avec l’émission et la propagation des ondes lumineuses dans un champ électromagnétique lorsque l’on agite une charge.Ce sont des ondes se propageant dans le tissu élastique de l’espace-temps dont les déformations et la courbure sont gouvernées par les équations de la relativité générale. Elles se propagent à la vitesse de la lumière en transportant de l’énergie. On peut les comparer à des déformations due à la propagation des ondes à la surface de l’eau lorsqu’on y jette un caillou.

Un phénomène similaire devrait se produire dans le champ de gravitation constitué par la courbure de l’espace-temps lorsque certaines configurations de masses sont animées de certains mouvements. Tout comme les ondes électromagnétiques, les ondes gravitationnelles transportent de l’énergie, de la quantité de mouvement et du moment cinétique.

On a commencé à penser sérieusement à partir des années 1960 qu’il devait être possible de développer une astronomie gravitationnelle prometteuse car les ondes gravitationnelles sont très pénétrantes et elles peuvent nous renseigner sur des phénomènes astrophysiques extrêmes que l’on trouve associés à des astres compacts comme les étoiles à neutrons et les trous noirs mais aussi le Big Bang.

Les projets Ligo et Virgo

La découverte en 1974 d’un premier pulsar binaire par Russell Hulse et Joseph Taylor (prix Nobel 1993) a permis de démontrer indirectement l’existence de ces ondes mais il restait à construire des instruments capables de les détecter directement. C’est ainsi que sont nés les projets d’interféromètre Ligo, aux États-Unis, et Virgo en Europe.

Les signaux reçus des deux interféromètres sont encore peu nombreux, faibles et difficiles à interpréter . Par contre ils font apparaître un phénomène que ne soupçonnaient pas initialement les physiciens et qui a été nommé mémoire gravitationnelle.

Ce terme signifie que les particules qui vibrent dans les ondes gravitationnelles ne retournent jamais à leur position de départ. Elles se trouvent très faiblement déplacées et d’une façon continue. Ceci est attribué au fait que l’espace temps qui conjugue les trois dimensions de l’espace et la dimension du temps est en permanence allongé dans ces trois dimensions et rétréci dans la dimension du temps, le tout du fait de l’onde gravitationnelle .

Ces dernières années les cosmologistes David Garfinkle de l’Université d’Oakland et Andrew Strominger à Harvard ont décidé de mettre cette mémoire en évidence. En cas de succès, selon eux, les conséquences scientifiques de cette découverte seraient considérables. La mémoire gravitationnelle en résultant ferait apparaire une symétrie jusqu’ici cachée qui imprégnerait l’ensemble de l’univers. De plus la théorie de la gravité quantique censée faire la synthèse entre la Relativité générale d’Einstein et la mécanique quantique, y trouverait des bases solides.

Rappelons que la gravité quantique est une branche de la physique théorique tentant d’unifier la mécanique quantique et la relativité générale. Une telle théorie permettrait notamment de comprendre les phénomènes impliquant de grandes quantités de matière ou d’énergie sur de petites dimensions spatiales, tels que les trous noirs ou l’origine de l’Univers.

L’approche générale utilisée pour obtenir une théorie de la gravité quantique est d’examiner les symétries et indices permettant de combiner la mécanique quantique et la relativité générale en une théorie globale unifiée.

Pour en savoir plus

[Submitted on 10 May 2022 (v1), last revised 22 Feb 2023 (this version, v2)]

Black-hole ringdown as a probe of higher-curvature gravity theories

Hector O. SilvaAbhirup GhoshAlessandra Buonanno[
Submitted on 10 May 2022 (v1), last revised 22 Feb 2023 (this version, v2)]

Detecting gravitational waves from coalescing compact binaries allows us to explore the dynamical, nonlinear regime of general relativity and constrain modifications to it. Some of the gravitational-wave events observed by the LIGO-Virgo Collaboration have sufficiently high signal-to-noise ratio in the merger, allowing us to probe the relaxation of the remnant black hole to its final, stationary state – the so-called black-hole ringdown, which is characterized by a set of quasinormal modes. Can we use the ringdown to constrain deviations from general relativity, as predicted by several of its contenders? Here, we address this question by using an inspiral-merger-ringdown waveform model in the effective-one-body formalism, augmented with a parametrization of the ringdown based on an expansion in the final black hole’s spin. We give a prescription on how to include in this waveform model, the quasinormal mode frequencies calculated on a theory-by-theory basis. In particular, we focus on theories that modify general relativity by higher-order curvature corrections, namely, Einstein-dilaton-Gauss-Bonnet (EdGB), dynamical Chern-Simons (dCS) theories, and cubic- and quartic-order effective-field-theories (EFT) of general relativity. We use this parametrized waveform model to measure the ringdown properties of the two loudest ringdown signals observed so far, GW150914 and GW200129. We find that while EdGB theory cannot be constrained with these events, we can place upper bounds on the fundamental lengthscale of cubic- (ℓcEFT⩽38.2 km) and quartic-order (ℓqEFT⩽51.3 km) EFTs of general relativity, and of dCS gravity (ℓdCS⩽38.7 km). The latter result is a concrete example of a theory presently unconstrained by inspiral-only analyses which, however, can be constrained by merger-ringdown studies with current gravitational-wave data.

17/08/2023 La femme de Jésus

Jésus avait une femme, qu’il préférait à ses disciples, tous des hommes. C’est ce qu’affirme le gnosticisme.

Le courant de pensée gnostique a été profondément influencé par la pensée philosophique et religieuse du monde grec. Ses premières manifestations sont antérieures à la naissance du christianisme. Son fondateur, Simon le Mage, n’était pas chrétien. Ce n’est qu’ultérieurement, au deuxième siècle de notre ère, que le gnosticisme est devenu l’un des courants hérétiques du christianisme. Il a donné naissance à de nombreux textes dont l’Évangile de Philippe qui date au plus tôt des années 150 après J.-C., et l’Évangile de Thomas qui suscite aujourd’hui beaucoup de curiosité .

On ne sait pas trop quand est apparu le gnosticisme. C’est un courant de pensée profondément influencé par la pensée philosophique et religieuse du monde grec. Ses premières manifestations sont antérieures à la naissance du christianisme. Son fondateur, Simon le Mage, n’était pas chrétien. Ce n’est qu’ultérieurement, au deuxième siècle de notre ère, que le gnosticisme est devenu l’un des courants hérétiques du christianisme. Il a donné naissance à de nombreux textes dont l’Évangile de Philippe qui date au plus tôt des années 150 après J.-C., et l’Évangile de Thomas qui suscite aujourd’hui beaucoup de curiosité et de fascination.

De fait, l’Évangile de Philippe fait référence à Myriam de Magdala (Marie-Madeleine) et la présente comme la compagne de Jésus. Il dit d’abord (sentence 32)

: « Trois marchaient toujours avec le Seigneur : Marie, sa mère, et la sœur de celle-ci, et Myriam de Magdala que l’on nomme sa compagne, car Myriam est sa mère, sa sœur et sa compagne ».

Et quelques pages plus loin (sentence 55), il précise : « Le Seigneur aimait Myriam (c’est-à-dire Marie-Madeleine) plus que tous les disciples et il l’embrassait souvent sur la bouche. Les autres disciples le virent aimant Myriam et lui dirent “Pourquoi l’aimes-tu plus que nous ?”. Le Sauveur répondit “Comment se fait-il que je ne vous aime pas autant qu’elle ?” ».

Nous allons tenter de comprendre comment l’Évangile de Philippe a pu rapporter ces propos et de quelle manière on peut les éclairer. Cela permettra, sinon de conclure que Jésus avait une compagne, du moins de découvrir certains aspects de la pensée gnostique.

Qui était Marie-Madeleine ?

Peut-on déjà dire, d’après les Évangiles canoniques, que Marie-Madeleine a une place particulière auprès de Jésus ? Marie (dite Madeleine) faisait partie des femmes de Galilée qui suivaient Jésus et l’assistaient de leurs biens, par gratitude pour une guérison obtenue. Le surnom de Madeleine, accordé à Marie signifie probablement qu’elle était originaire de Magdala . Jésus l’avait libérée de sept démons, ce qui ne signifie pas forcément qu’elle était une pécheresse.

Marie-Madeleine était-elle également Marie de Béthanie (la sœur de Lazare et de Marthe qui écoute religieusement Jésus pendant que Marthe s’affaire à lui préparer un repas) ou encore la pécheresse anonyme qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux) ?

On peut en douter. L’Évangile de Jean distingue soigneusement Marie-Madeleine de Marie de Béthanie. Et on ne peut pas davantage identifier Marie-Madeleine à la pécheresse de Luc car lorsque Luc la présente , il ne fait aucun lien avec sa pécheresse. Les trois femmes étaient donc vraisemblablement distinctes. Pourtant, par la suite, elles ont souvent été confondues. C’est pourquoi on a fait de Marie-Madeleine l’archétype de la pécheresse (peut-être même de la prostituée) repentante et pardonnée.

Ce qui est clair en tout cas, c’est que les Évangiles donnent une grande place à Marie-Madeleine. Elle fait partie des femmes qui assistent à la crucifixion de Jésus et découvrent le tombeau vide. De plus, et surtout, selon Matthieu, Marc et Jean, Marie-Madeleine figure parmi les femmes qui, les premières, reçoivent l’annonce de la résurrection, avant les disciples. Selon l’Évangile de Jean, elle a même eu le privilège d’assister à la première apparition de Jésus en personne C’est elle qui va ensuite annoncer la résurrection du Christ aux disciples, en particulier à Pierre.

Ce n’est pas un hasard. Le récit de l’Évangile de Jean est très attentif aux préséances au moment de la résurrection car elles sont significatives du rang qui, dans l’Église primitive, devait être accordé à Pierre et à Jean (le disciple que Jésus aimait), ainsi qu’à Marie-Madeleine, à qui il a voulu donner une place prépondérante.

Marie-Madeleine a une place fondamentale et même première, y compris par rapport à Pierre, ce qui est révélateur des conflits entre le courant du christianisme « orthodoxe » (représenté par Pierre) et le courant gnostique (représenté par Marie-Madeleine).

Donnons quelques exemples. Dans l’Évangile de Thomas, « Simon Pierre dit aux disciples : que Marie (Madeleine) sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la Vie ». Dans la Pistis Sophia, Pierre se fâche parce que Jésus dialogue principalement avec Marie-Madeleine. Dans les Dialogues du Sauveur, Marie-Madeleine fait partie, avec Jude et Matthieu, du petit groupe qui reçoit une instruction particulière du Seigneur et elle est louée comme une femme qui « connaît le Tout ». Enfin, dans l’Évangile de Marie (Marie étant Marie-Madeleine et non Marie, mère de Jésus), Marie-Madeleine est très clairement privilégiée par rapport à Pierre à qui elle doit tout expliquer. « Pierre dit : “Est-il possible que le Maître se soit entretenu ainsi avec une femme ? […] L’a-t-il vraiment choisie et préférée à nous ?”. Alors Marie pleura […]. Lévi prit la parole et dit “Pierre, tu as toujours été un emporté ; je te vois maintenant t’acharner contre la femme, comme font nos adversaires. Pourtant si le Maître l’a rendue digne, qui es-tu pour la rejeter ? Assurément le Maître la connaît très bien, il l’a aimée plus que nous.” »

Donc, de deux choses l’une. Ou bien Marie-Madeleine a effectivement eu une place importante dans le christianisme primitif des années 40 à 50 après J.-C. mais ce rôle a été ensuite minimisé par l’Église officielle (sauf par le courant johannique). Ou bien le gnosticisme, pour des raisons qu’il faudra essayer de comprendre, a voulu lui « créer » un rôle primordial en dépit du fait qu’elle était femme ou peut-être, justement parce qu’elle était une femme.

Rappelons que l’Évangile de Philippe a été écrit plus de cent vingt ans après la mort de Jésus.

Extrait, avec nos remerciements, de
https://www.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-2006-2-page-167.htm