Pour la première fois en France, le gouvernement a autorisé un projet de recherches d’hydrogène blanc. Ce combustible naturellement présent dans le sous-sol pourrait largement participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie et des transports.
C’est dans les souterrains du bassin minier du puits Folschviller, en Moselle, qu’une gigantesque réserve d’hydrogène blanc a été découverte. La plus grande au monde . Selon les travaux menés par de nombreux géologues, non seulement l’ hydrogène blanc – ou hydrogène naturel – existerait, mais il semblerait en plus qu’il soit produit continuellement par la Terre et en grande quantité. Il ne faudrait donc plus parler de réserve, comme pour les énergies fossiles, mais de flux.
En Moselle, les experts auraient découvert une source continue d’hydrogène estimée à 46 millions de tonnes. Suffisamment donc pour couvrir les besoins de la France à horizon 2050, estimés à environ 3 millions de tonnes par an par le cabinet Asterès. De quoi faire de l’Hexagone “un des pays pionniers dans cette énergie du futur”, a assuré Emmanuel Macron après avoir annoncé des “financements massifs pour explorer le potentiel d’hydrogène naturel”.
Pour atteindre ses objectifs de transition énergétique, la France s’intéresse de très près à la production et à l’utilisation de l’hydrogène bas-carbone et renouvelable. En ce sens, l’hydrogène blanc représente une source d’espoir inestimable. Naturellement présent dans les sols et probablement renouvelable (l’hypothèse restant à confirmer), sa production ne s’accompagne d’aucune émission de dioxyde de carbone. Elle ne produit que de l’eau.
Si les hypothèses avancées jusqu’alors venaient à se confirmer, la France pourrait entrer dans une nouvelle ère énergétique dans les années à venir. Le gouvernement vient quant à lui de donner de nouveaux détails sur la révision de sa stratégie hydrogène, via un document publié sur le site du Ministère de la Transition Energétique, le 19 décembre dernier et faisant écho aux annonces du Président de la république. Dans le cadre de France 2030, l’État entend ainsi lancer une “étude exploratoire sur l’hydrogène naturel”, afin d’évaluer d’ici à 2025,,les potentiels d’extraction en France, mais également les intérêts économiques et impacts environnementaux.
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Le Gouvernement a publié le 15 décembre 2023, pour consultation, ses nouvelles orientations stratégiques pour le développement de l’hydrogène décarboné en France. Un Conseil national de l’hydrogène se réunira début 2024 pour entériner cette révision de la stratégie hydrogène française.
La stratégie proposée repose sur différentes briques :
- Un objectif : installer une capacité de production électrolytique d’hydrogène bas-carbone de 6,5 GW en 2030 et de 10 GW en 2035. Cette production sera alimentée par le mix électrique français, bas-carbone, ou par des installations de production d’électricité nucléaire ou renouvelable, en fonction des choix d’approvisionnement de chaque installation, et en cohérence avec le principe de neutralité technologique entre hydrogène renouvelable et bas-carbone.
- Le déploiement en France de l’hydrogène décarboné et de ses infrastructures de transport. La priorité sera donnée au développement d’un réseau au sein de hubs hydrogène (infrastructures dites « intra-hubs »), notamment les hubs de Fos-sur-Mer, Dunkerque, Havre-Estuaire de la Seine, et Vallée de la chimie, et de leur connexion aux infrastructures de stockage. En complément, les déploiements locaux resteront nécessaires, y compris pour alimenter les usages intensifs de mobilité.
- Un soutien sans équivoque du Gouvernement en faveur du déploiement de la production d’hydrogène décarboné sur le territoire national en assurant aux industriels le modèle économique nécessaire pour accélérer leur décarbonation, grâce notamment à un mécanisme de soutien de 4 Md€ sécurisant sur 10 ans la compétitivité de l’hydrogène décarboné par rapport à l’hydrogène fossile.
- Une stratégie ouverte sur le monde, accompagnant la filière française dans son développement commercial à l’international, et assumant l’émergence d’un marché mondial de l’hydrogène et ses dérivés.
- Une attention portée à la maîtrise de l’ensemble des équipements de l’hydrogène et de ses technologies pour assurer l’industrialisation des projets précédemment soutenus, renforcer l’intégration de l’écosystème autour des fleurons français et assurer la couverture de l’ensemble des produits et technologies clés de la chaîne de valeur.
- Faire du déploiement de l’hydrogène une opportunité pour flexibiliser notre système énergétique en améliorant la capacité d’effacement des électrolyseurs et en développant des capacités de stockage.
- Garantir les conditions cadres nécessaires au développement de la filière hydrogène française, que ce soit en matière d’accès aux compétences, d’accès au foncier, de délais des procédures, de raccordement au réseau électrique, ou encore de développement d’un cadre réglementaire complet, lisible et stable.
Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydrog%C3%A8ne_natif
https://news.cnrs.fr/articles/a-gigantic-hydrogen-deposit-in-northeast-france
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chronique-des-mati%C3%A8res-premi%C3%A8res/20231226-le-m%C3%A9gaprojet-gazier-russe-lng-2-d%C3%A9sert%C3%A9-par-les-investisseurs-%C3%A9trangers