30/12/2023 Les Etats-Unis vont « moderniser » leur arsenal nucléaire

Un article dont nous traduisons ici les principaux passages met le monde entier en garde contre la nouvelle politique nucléaire américaine

https://web.archive.org/web/20230414093312/https:/thebulletin.org/premium/2023-01/nuclear-notebook-united-states-nuclear-weapons-2023/

Les Etats-Unis ont décidé de moderniser et renforcer leur arsenal d’armes nucléaires terrestres, aériennes et maritimes.. Ces bombes qui vont inévitablement relancer la guerre froide nucléaire vont coûter 1,4 trillion de dollars soit  1,400,000,000,000 dollars. Leur emploi, même partiel, ferait disparaître toute forme de vie complexe sur la Terre.

Précédemment de tels programmes avaient été vivement critiqués dans les milieux militaires nucléaires américains. Nous avons dépensé des trillions de dollars et pris des risques incroyables dans une illusoire recherche de sécurité, avait écrit en 2016  l’U.S. defense secretary William J. Perry . La seule façon de gagner une course au armements est de ne pas courir.

Ceci n’a pas été entendu. Aujourd’hui l’arsenal nucléaire américain compte 3.700 tètes nucléaires, 1.700 prêtes à l’emploi et le reste stocké dans les réserves du Department of Energy.

Ajoutons que pour le moment aucune décision n’a été prise aux Etats-Unis pour le stockage des nouveaux déchets qui résulteront de la mise en exécution de ces objectifs.

29/12/2023 Les émissions de CO2 provenant des combustible fossiles atteignent un record

Pour 2023 la production de gaz carbonique (CO2) du fait d’une utilisation plus élevée que jamais des combustible fossiles (charbon, gaz et pétrole) a battu tous ses records. Elle a atteint le niveau record de 36,8 gigatones ou milliards de tonnes. Ce chiffre est fourni par le Global Carbon Budget Report

Malgré les appels urgents en faveur de la réduction de la production mondiale de Co2, celle-ci continue à croître. En conséquence le réchauffement climatique et plus précisément la température de la Terre continue à s’élever. L’objectif visant à ne pas dépasser une hausse annuelle de 1,5° paraît plus que jamais impossible à atteindre.

On notera que ce sont l’Inde et la Chine, les Etats les plus peuplés du monde, qui sont responsables de ce dépassement. Au contraire, l’Union européenne et les Etats-Unis tiennent leurs engagements.

Le rapport précité rappelle qu’outre la combustion des carburants fossiles, la déforestation mondiale joue un rôle malheureusement encore trop ignoré dans le réchauffement. Selon Greenpeace, l’équivalent d’un terrain de football de forêts disparaît toutes les deux secondes. Il s’agit du résultat de la déforestation qui sévit partout dans le monde. Bien que les forêts naturelles soient essentielles pour le climat, pour la biodiversité et pour les populations humaines, elles sont rasées et brûlées pour être converties en terres le plus souvent agricoles ou en plantations d’arbres pour le commerce du bois.

Référence

Earth System Science Data

  1. Articles
  2. Volume 15, issue 12
  3. ESSD, 15, 5301–5369, 2023

https://doi.org/10.5194/essd-15-5301-2023

© Author(s) 2023. This work is distributed under
the Creative Commons Attribution 4.0 License.05 Dec 2023
Global Carbon Budget 2023

Abstract

Accurate assessment of anthropogenic carbon dioxide (CO2) emissions and their redistribution among the atmosphere, ocean, and terrestrial biosphere in a changing climate is critical to better understand the global carbon cycle, support the development of climate policies, and project future climate change. Here we describe and synthesize data sets and methodology to quantify the five major components of the global carbon budget and their uncertainties. Fossil CO2 emissions (EFOS) are based on energy statistics and cement production data, while emissions from land-use change (ELUC), mainly deforestation, are based on land-use and land-use change data and bookkeeping models. Atmospheric CO2 concentration is measured directly, and its growth rate (GATM) is computed from the annual changes in concentration. The ocean CO2 sink (SOCEAN) is estimated with global ocean biogeochemistry models and observation-based fCO2 products. The terrestrial CO2 sink (SLAND) is estimated with dynamic global vegetation models. Additional lines of evidence on land and ocean sinks are provided by atmospheric inversions, atmospheric oxygen measurements, and Earth system models. The resulting carbon budget imbalance (BIM), the difference between the estimated total emissions and the estimated changes in the atmosphere, ocean, and terrestrial biosphere, is a measure of imperfect data and incomplete understanding of the contemporary carbon cycle. All uncertainties are reported as ±

29/12/2023 Les limites de la dissuasion nucléaire française

Le 9 novembre 2022, le Président de la République a dévoilé la revue nationale stratégique 2022 (RNS). Ce document dresse le panorama de notre environnement de défense et de sécurité, aussi bien national qu’international, puis identifie les enjeux stratégiques, opérationnels et capacitaires auxquels la France sera confrontée dans les prochaines années.

La RNS 2022 présente ainsi dix objectifs stratégiques que la France se fixe pour assurer son rôle de puissance d’équilibres et garantir la sécurité de ses intérêts.

Ce document peut être téléchargé sous https://www.sgdsn.gouv.fr/files/files/Revue%20nationale%20strat%C3%A9gique%20-%20Fran%C3%A7ais.pdf

Dans la partie 1 1. ce texte mentionne en ces termes la dissuasion nucléaire

Notre liberté d’action et la protection de nos intérêts fondamentaux sont assurées en premier lieu par la crédibilité de la dissuasion nucléaire, clé de voûte de notre stratégie de défense. La dissuasion vise fondamentalement à empêcher une guerre majeure qui menacerait la survie de la Nation en protégeant la France contre toute agression d’origine étatique contre ses intérêts vitaux et contre toute tentative de chantage. Dans un monde plus incertain et complexe, alors que certains pays sont engagés dans une trajectoire inquiétante combinant opacité et croissance rapide de leurs arsenaux nucléaires, voire font planer le spectre d’une utilisation de l’arme à des fins d’intimidation ou de chantage, le maintien de la crédibilité de notre dissuasion sur le long terme reste essentiel.

Aujourd’hui, certains pays, qu’ils disposent ou non de l’arme atomique, pourraient ne pas être arrêtés par le fait que leurs adversaires potentiels dotés d’un armement nucléaire pourraient utiliser celui-ci contre eux en riposte à des attaques de grande envergure n’utilisant que des armements conventionnels.

Supposons qu’un pays X doté d’un puissant armement conventionnel décide de s’emparer durablement d’une partie du territoire français. La France en ce cas ne tiendrait que quelques jours face à cet adversaire du fait de la faiblesse de son armement conventionnel. Ferait-elle appel à son l’armement nucléaire, qu’il soit stratégique ou tactique ?. On peut en douter.

Rappelons que l’arme nucléaire tactique se distingue de la stratégique par deux caractéristiques : une portée réduite, de quelques centaines de kilomètres, et une puissance réduite. Mais aussi réduite soit-elle, l’arme tactique peut détruire des zones considérables et provoquer des milliers de morts.

Nous n’avons pas vu évoquer ce cas dans la RNS 2022

28/12/2023 Etes-vous « gynandromorphiste bilatéral » ?

En mai 2022, le Professeur Hamish Spencer, biologiste évolutionniste de l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande), se trouvait en vacances près de Manizales, en Colombie. Soudain, John Murillo, un ornithologue amateur, a attiré son attention sur un oiseau étrange : un oiseau mi-femelle mi-mâle extrêmement rare. Leur découverte est détaillée dans la revue Journal of Field Ornithology.

L’oiseau, un Tangara émeraude (Chlorophanes spiza), avait une moitié du corps de couleur verte, et l’autre de couleur bleue, un phénomène appelé « gynandromorphisme bilatéral », où 50 % des caractéristiques d’un animal sont masculines et 50 % sont féminines. Normalement, les femelles Chlorophanes spiza sont entièrement vertes, et les mâles totalement bleus. Il s’agit seulement du deuxième exemple enregistré chez cette espèce en plus de cent ans.

« De nombreux ornithologues amateurs pourraient passer toute leur vie sans voir de gynandromorphisme bilatéral chez aucune espèce d’oiseau. Le phénomène est extrêmement rare chez les oiseaux, je ne connais aucun exemple en Nouvelle-Zélandea ainsi déclaré le Professeur Spencer. C’est très frappant, j’ai eu le privilège de le voir. »

Il a ensuite ajouté que les photographies de l’oiseau « rendent la découverte encore plus significative car elles sont sans doute les meilleures d’un oiseau gynandromorphe bilatéral sauvage, toutes espèces confondues ». Selon lui, les individus gynandromorphes « sont importants pour notre compréhension de la détermination du sexe et du comportement sexuel chez les oiseaux ». « Cet exemple particulier de gynandromorphisme bilatéral – mâle d’un côté et femelle de l’autre – montre que, comme chez plusieurs autres espèces, chaque côté de l’oiseau peut être mâle ou femelle. Le phénomène résulte d’une erreur lors de la division cellulaire féminine pour produire un ovule, suivie d’une double fécondation par deux spermatozoïdes », a-t-il encore expliqué.

Le gynandromorphisme bilatéral se manifeste le plus souvent chez les espèces présentant un fort dimorphisme sexuel, comme les insectes ou les rongeurs.

Le professeur Spencer a ensuite ajouté que les photographies de l’oiseau « rendent la découverte encore plus significative car elles sont sans doute les meilleures d’un oiseau gynandromorphe bilatéral sauvage, toutes espèces confondues ». Selon lui, les individus gynandromorphes « sont importants pour notre compréhension de la détermination du sexe et du comportement sexuel chez les oiseaux ». « Cet exemple particulier de gynandromorphisme bilatéral – mâle d’un côté et femelle de l’autre – montre que, comme chez plusieurs autres espèces, chaque côté de l’oiseau peut être mâle ou femelle. Le phénomène résulte d’une erreur lors de la division cellulaire féminine pour produire un ovule, suivie d’une double fécondation par deux spermatozoïdes », a-t-il encore expliqué.

27/12/2023 Notre soleil pourrait-il avoir un trou noir en son centre ?

La question paraîtra paradoxale . En astrophysique, un trou noir est un objet céleste si compact que l’intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper..Or le solei comme toutes les étoiles, ne cesse de rayonner. Dans le soleil, étoile encore jeune, la fusion nucléaire consomme des noyaux d’hydrogène pour former des noyaux d’hélium en dégageant de l’énergie. Il met un rayonnement électromagnétique dont la lumière visible fait partie. Celui-ci se décompose en ondes radio et millimétriques, en émissions dans l’infrarouge, le visible et l’ultraviolet et, au-delà, en rayons X et gamma.. Un trou noir au centre du soleil absorberait toute ces rayonnements. Il faudrait parler de soleil noir. Un tel concept n’a pas de sens.

Cependant, une équipe internationale, dirigée par des chercheurs de l’Institut Max Planck d’astrophysique, vient de publier dans The Astrophysical Journal un article dont trouvera ci-dessous les références et l’abstract. En développant des idées avancées il y plus de 50 ans par Stephen Hawking ces chercheurs sont arrivés à la conclusion que plusieurs étoiles pourraient abriter un trou noir en leur cœur et cependant « vivre » étonnamment longtemps. Notre Soleil pourrait même en héberger un  aussi massif que la planète Mercure sans que nous nous en rendions compte.

L’objet s’entoure doucement d’une zone d’accrétion qui rayonne en chauffant l’étoile et dont la pression de radiation régule l’alimentation du trou noir en s’opposant à une trop grande vitesse d’accrétion et d’absorption de la matière par le trou noir. Selon sa masse, il n’y a aucun effet sur l’étoile hôte pour les plus légers, et pour les plus lourds une partie non négligeable de la luminosité de l’étoile pourrait même provenir du disque d’accrétion et non de réactions thermonucléaires.

Concernant les minitrous noirs les plus massifs, l’évolution et la structure d’une étoile de type solaire pourrait tout de même être un peu changées au fur et à mesure que le trou noir central grossirait lentement. Ainsi, alors que la majeure partie de la structure interne de l’étoile effectue un transfert d’énergie vers la surface en mode radiatif, avec une couche externe dans un état convectif, dans le cas de ce que les chercheurs ont appelé une étoile de Hawking, c’est tout le corps de l’étoile qui serait en état convectif. Ce serait donc uniquement ce mode de transfert de la chaleur qui serait opérant entre le cœur de l’étoile, là où de l’énergie est libérée, et sa surface.

Le Soleil avalant un de ces trous noirs serait donc une étoile entièrement convective, brillant pendant des milliards d’années et dont la surface apparaitrait particulièrement riche en hélium étant donné que les mouvements convectifs feraient remonter l’hélium produit en son centre par la fusion de l’hydrogène en hélium. Le Soleil deviendrait finalement un trou noir, ce qui aurait été impossible autrement, car seules des étoiles d’au moins 8 à 10 masses solaires pouvant devenir des trous noirs naturellement en fin de vie après avoir explosé en supernova de type SN II.

On pourrait tester l’existence d’étoile de Hawking grâce à l’astérosismologie qui peut nous révéler la structure interne des étoiles. Notre Soleil ne paraît pas lui être une étoile de Hawking, On devrait cepandant en savoir plus avec  la mission Plato (acronyme de Planetary transits and oscillations of stars) un télescope spatial de l’ESA qu’elle lancera dans quelques années.

Référence

The Astrophysical Journal
[Submitted on 11 Dec 2023]



arXiv:2312.06782
(or arXiv:2312.06782v1 [astro-ph.SR] for this version)
https://doi.org/10.48550/arXiv.2312.06782 Focus to learn more



Solar evolution models with a central black hole

Hawking (1971) proposed that the Sun may harbor a primordial black hole whose accretion supplies some of the solar luminosity. Such an object would have formed within the first 1 s after the Big Bang with the mass of a moon or an asteroid. These light black holes are a candidate solution to the dark matter problem, and could grow to become stellar-mass black holes (BHs) if captured by stars. Here we compute the evolution of stars having such a BH at their center. We find that such objects can be surprisingly long-lived, with the lightest black holes having no influence over stellar evolution, while more massive ones consume the star over time to produce a range of observable consequences. Models of the Sun born about a BH whose mass has since grown to approximately 10−6 M⊙ are compatible with current observations. In this scenario, the Sun would first dim to half its current luminosity over a span of 100 Myr as the accretion starts to generate enough energy to quench nuclear reactions. The Sun would then expand into a fully-convective star, where it would shine luminously for potentially several Gyr with an enriched surface helium abundance, first as a sub-subgiant star, and later as a red straggler, before becoming a sub-solar-mass BH. We also present results for a range of stellar masses and metallicities. The unique internal structures of stars harboring BHs may make it possible for asteroseismology to discover them, should they exist. We conclude with a list of open problems and predictions



Cite as:arXiv:2312.06782
 (or arXiv:2312.06782v1 [astro-ph.SR] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2312.06782 Focus to learn more



27/12/2023 Offensive américaine sur le projet gazier russe en Arctique LNG2

Alors que l’on vient de découvrir en France un important gisement d’Hydrogène naturel dit blanc estimé à 46 millions de tonnes, pouvant couvrir les besoins de la France pendant 50 ans, le lundi 25 décembre, les actionnaires étrangers (français, chinois et japonais) ont annoncé suspendre leur participation dans le programme gazier russe en Arctique LNG2.

Celui-ci devait exporter 20 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié chaque année ? C’est en tout cas ce qui était prévu à partir du mois de décembre prochain.

Mais c’était sans compter sur un véritable rebondissement dans ce programme clé de la stratégie de la Russie sur le marché mondial de GNL (gaz naturel liquéfié). En effet, le lundi 25 décembre, trois investisseurs étrangers, français, chinois et japonais, ont annoncé suspendre leur participation. Ils invoquent un « cas de force majeure ». Il s’agit d’une conséquence directe des sanctions internationales qui visent Moscou. La dernière décision en date est celle des États-Unis et visait directement le projet LNG 2.

Selon Reuters, deux grandes majors chinoises avaient pourtant demandé des exemptions au gouvernement américain. Elles ne les avaient pas obtenues. Désormais, elles se retirent, tout comme un consortium de sociétés japonaises et TotalEnergies. Ils faisait chacun 10% du projet. Le pétrolier français s’était déjà retiré de manière opérationnelle en 2022 après le début de la guerre en Ukraine, mais des contrats d’approvisionnement continuaient de le lier au projet.

Rappelons que le LNG 2 Arctique est détenu à 60% par Novatek, le plus grand producteur russe de gaz naturel liquéfié.

Ce gisement pouvait permettre à Moscou d’augmenter sa part sur le marché mondial de GNL, pour passer de 8 à 20% d’ici à 2030. Le quotidien russe Kommersant estime que le retrait des investisseurs étrangers pourrait conduire LNG 2 Arctique à perdre les contrats d’approvisionnement à long terme qu’il a déjà signé. Le journal évoque aussi la nécessité pour Novatek de financer le projet par ses propres moyens et de vendre le gaz sur le marché au comptant.

Ces contretemps retardent les livraisons. Selon des sources industrielles citées par Reuters, les premiers méthaniers devraient désormais prendre la mer au plus tôt au deuxième trimestre de l’année prochaine.

26/12/2023 La sonde SurfMoG H2 de la société 45-8 Energy : à la recherche de l’hydrogène blanc

Hydrogène blanc, hydrogène naturel et hydrogène géologique désignent le même produit. Il s’agit de l’hydrogène qui s’échappe de la croûte terrestre, le plus souvent mêlé à un autre gaz comme l’hélium. La société 45-8 Energy recherche des gisements pour ces 2 éléments. Concernant l’hydrogène blanc, elle a développé la sonde SurfMoG H2 

C’est cette sonde qui a permis la récente découverte du gisement d’Hydrogène blanc de Folschwiller en Lorraine.

SurfMoG H2 est le fruit de l’expertise et de l’union d’une entreprise française, 45-8 ENERGY, et d’une société suisse, SOLEXPERTS.

45-8 ENERGY est spécialisée dans l’exploration du sous-sol à des fins de production de gaz industriels écoresponsables tels que l’hélium et l’hydrogène.
SOLEXPERTS base son cœur de métier sur la mécanique des sols et développe des instruments géotechniques, hydrogéologiques et de monitoring de classe mondiale.

26/12/2023 Consultation gouvernementale sur la nouvelle stratégie française pour le déploiement de l’hydrogène décarboné (hydrogène blanc)

Pour la première fois en France, le gouvernement a autorisé un projet de recherches d’hydrogène blanc. Ce combustible naturellement présent dans le sous-sol pourrait largement participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie et des transports.

C’est dans les souterrains du bassin minier du puits Folschviller, en Moselle, qu’une gigantesque réserve d’hydrogène blanc a été découverte. La plus grande au monde . Selon les travaux menés par de nombreux géologues, non seulement l’ hydrogène blanc – ou hydrogène naturel – existerait, mais il semblerait en plus qu’il soit produit continuellement par la Terre et en grande quantité. Il ne faudrait donc plus parler de réserve, comme pour les énergies fossiles, mais de flux.

En Moselle, les experts auraient découvert une source continue d’hydrogène estimée à  46 millions de tonnes. Suffisamment donc pour couvrir les besoins de la France à horizon 2050, estimés à environ 3 millions de tonnes par an par le cabinet Asterès. De quoi faire de l’Hexagone “un des pays pionniers dans cette énergie du futur”, a assuré Emmanuel Macron après avoir annoncé des “financements massifs pour explorer le potentiel d’hydrogène naturel”.

Pour atteindre ses objectifs de transition énergétique, la France s’intéresse de très près à la production et à l’utilisation de l’hydrogène bas-carbone et renouvelable. En ce sens, l’hydrogène blanc représente une source d’espoir inestimable. Naturellement présent dans les sols et probablement renouvelable (l’hypothèse restant à confirmer), sa production ne s’accompagne d’aucune émission de dioxyde de carbone. Elle ne produit que de l’eau.

Si les hypothèses avancées jusqu’alors venaient à se confirmer, la France pourrait entrer dans une nouvelle ère énergétique dans les années à venir. Le gouvernement vient quant à lui de donner de nouveaux détails sur la révision de sa stratégie hydrogène, via un document publié sur le site du Ministère de la Transition Energétique, le 19 décembre dernier et faisant écho aux annonces du Président de la république. Dans le cadre de France 2030, l’État entend ainsi lancer une “étude exploratoire sur l’hydrogène naturel”, afin d’évaluer d’ici à 2025,,les potentiels d’extraction en France, mais également les intérêts économiques et impacts environnementaux.

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Le Gouvernement a publié le 15 décembre 2023, pour consultation, ses nouvelles orientations stratégiques pour le développement de l’hydrogène décarboné en France. Un Conseil national de l’hydrogène se réunira début 2024 pour entériner cette révision de la stratégie hydrogène française.

La stratégie proposée repose sur différentes briques :

  • Un objectif : installer une capacité de production électrolytique d’hydrogène bas-carbone de 6,5 GW en 2030 et de 10 GW en 2035. Cette production sera alimentée par le mix électrique français, bas-carbone, ou par des installations de production d’électricité nucléaire ou renouvelable, en fonction des choix d’approvisionnement de chaque installation, et en cohérence avec le principe de neutralité technologique entre hydrogène renouvelable et bas-carbone.
  • Le déploiement en France de l’hydrogène décarboné et de ses infrastructures de transport. La priorité sera donnée au développement d’un réseau au sein de hubs hydrogène (infrastructures dites « intra-hubs »), notamment les hubs de Fos-sur-Mer, Dunkerque, Havre-Estuaire de la Seine, et Vallée de la chimie, et de leur connexion aux infrastructures de stockage. En complément, les déploiements locaux resteront nécessaires, y compris pour alimenter les usages intensifs de mobilité.
  • Un soutien sans équivoque du Gouvernement en faveur du déploiement de la production d’hydrogène décarboné sur le territoire national en assurant aux industriels le modèle économique nécessaire pour accélérer leur décarbonation, grâce notamment à un mécanisme de soutien de 4 Md€ sécurisant sur 10 ans la compétitivité de l’hydrogène décarboné par rapport à l’hydrogène fossile.
  • Une stratégie ouverte sur le monde, accompagnant la filière française dans son développement commercial à l’international, et assumant l’émergence d’un marché mondial de l’hydrogène et ses dérivés.
  • Une attention portée à la maîtrise de l’ensemble des équipements de l’hydrogène et de ses technologies pour assurer l’industrialisation des projets précédemment soutenus, renforcer l’intégration de l’écosystème autour des fleurons français et assurer la couverture de l’ensemble des produits et technologies clés de la chaîne de valeur.
  • Faire du déploiement de l’hydrogène une opportunité pour flexibiliser notre système énergétique en améliorant la capacité d’effacement des électrolyseurs et en développant des capacités de stockage.
  • Garantir les conditions cadres nécessaires au développement de la filière hydrogène française, que ce soit en matière d’accès aux compétences, d’accès au foncier, de délais des procédures, de raccordement au réseau électrique, ou encore de développement d’un cadre réglementaire complet, lisible et stable.

Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydrog%C3%A8ne_natif

https://news.cnrs.fr/articles/a-gigantic-hydrogen-deposit-in-northeast-france

https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chronique-des-mati%C3%A8res-premi%C3%A8res/20231226-le-m%C3%A9gaprojet-gazier-russe-lng-2-d%C3%A9sert%C3%A9-par-les-investisseurs-%C3%A9trangers

25/12/2023 Une tempête solaire responsable du dernier âge glacial

La plus puissante tempête solaire dont la Terre ait conservé des traces s’est produite il y a 14000 ans. On l’ appris par l’étude de troncs de pins fossiles retrouvés dans les Alpes et endommagés ou abattus et brûlés à cette occasion

https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rsta.2022.0206

On a peine à imaginer les destructions que le renouvellement d’un tel phénomène produirait aujourd’hui sur l’ensemble des réseaux, y compris satellitaires, qui sont devenus indispensables aux terriens. Le dommage durerait des mois, le temps que soient faites, à l’aveugle, les réparations.

Avant cela et depuis les traces de tels événements, dits Myake events  avaient été trouvées, mais nulle part avec l’ampleur de celui mentionné ici. Ces tempêtes résultent de l’éjection ponctuelle à partir de la surface du soleil, de particules électriquement chargées accompagnées de plasma magnétisé et de rayons gamma .

Un phénomène analogue, mais d’une force infiniment moindre, dit Carrington event s’était produit en 1859 et avait fortement perturbé les communications télégraphiques

A radiocarbon spike at 14 300 cal yr BP in subfossil trees provides the impulse response function of the global carbon cycle during the Late Glacial

Edouard Bard

… See all authors 

Published:09 October 2023

https://doi.org/10.1098/rsta.2022.0206

Abstract

We present new 14C results measured on subfossil Scots Pines recovered in the eroded banks of the Drouzet watercourse in the Southern French Alps. About 400 new 14C ages have been analysed on 15 trees sampled at annual resolution. The resulting Δ14C record exhibits an abrupt spike occurring in a single year at 14 300–14 299 cal yr BP and a century-long event between 14 and 13.9 cal kyr BP. In order to identify the causes of these events, we compare the Drouzet Δ14C record with simulations of Δ14C based on the 10Be record in Greenland ice used as an input of a carbon cycle model. The correspondence with 10Be anomalies allows us to propose the 14.3 cal kyr BP event as a solar energetic particle event. By contrast, the 14 cal kyr BP event lasted about a century and is most probably a common Maunder-type solar minimum linked to the modulation of galactic cosmic particles by the heliomagnetic field. We also discuss and speculate about the synchroneity and the possible causes of the 14 cal kyr BP event with the brief cold phase called Older Dryas, which separates the Bølling and Allerød millennium-long warm phases of the Late Glacial period.

This article is part of the Theo Murphy meeting issue ‘Radiocarbon in the Anthropocene’.

Voir aussi Could a solar storm ever destroy Earth?

24/11/2023 Les Réseaux neuronaux profonds (Deep Neural Networks DNN)

Un réseau neuronal est une suite d’algorithmes ou étapes de travail inspirés du cerveau humain. Son but est de simuler (reproduire) l’activité de celui-ci dans la reconnaissance des formes et la transmission des informations correspondantes entre les différentes couches de connexions interneuronales.

Un réseau neuronal profond (Deep neural network ou DNN) est composé d’au moins deux couches (layer) de neurones. Ceci permet d’introduire de la complexité dans le traitement des données et notamment de faire appel à des modèles mathématiques avancés.

En général un DNN comporte 3 couches, une couche d’entrée, une couche de sortie et une couche intermédiaire. Plus il y a de couches, plus le traitement des données est efficace. Chaque couche intervient dans des tâches spécifiques de reconnaissance et de catégorisation dites “feature hierarchy“.

Le DNN reçoit les données fournies par des capteurs on directement injectées par le programme. Il peut s’agir de textes, d’images ou même de sons qui sont converties en valeurs numériques. Celles-ci, couche par couche, sont traduites en probabilités de prédictions, jusqu’à obtenir un résultat aussi proche de la réalité perçue que possible.

Pour imiter au mieux le cerveau humain dans l’exercice de ces tâches, un DNN est entrainé par des procédures relevant du Deep Learning ou Apprentissage profond, un sous-domaine de l’Intelligence Artificielle https://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage_profond