07/01/2024 Le coeur des étoiles à neutrons pourrait être fait de quarks libres

Malgré leur petit diamètre, d’environ 20 kilomètres, les étoiles à neutrons ont une masse près de 1,5 fois supérieure à celle du soleil. Elles sont donc extrêmement denses. L’équivalent en taille d’un morceau de sucre terrestre qui serait constitué d’une matière provenant d’étoile à neutrons pèserait environ cent millions de tonnes sur Terre.

Rappelons qu’au centre d’un atome terrestre se trouve un noyau fait de protons et de neutrons. Ce noyau est entouré d’électrons. Les protons et les neutrons sont constitués de particules élémentaires appelées quarks. Les particules élémentaires sont les plus petits constituants de la matière. Un quark est une particule élémentaire et un constituant de la matière observable. Les quarks s’associent entre eux pour former des hadrons, particules composites, dont les protons et les neutrons sont des exemples connus, parmi d’autres. En raison d’une propriété dite de confinement, les quarks ne peuvent être isolés, et n’ont pas pu être observés directement ; tout ce que l’on sait des quarks provient donc indirectement de l’observation des hadrons.

Les quarks s’attirent entre eux par une force fondamentale, l’interaction forte. Celle-ci est réalisée par un échange de particules électriquement neutres nommées gluons.

La densité des étoiles à neutrons est telle qu’elle provoque la combinaison des protons et des électrons composant la matière ordinaire en neutrons, d’où leur nom. La composition des centres ou noyaux de ces étoiles est inconnue, mais il pourrait être constitué d’un superfluide de neutrons ou d’un état de matière inconnu.

Les étoiles à neutrons exercent une attraction gravitationnelle extrêmement forte, bien supérieure à celle de la Terre. Cette force est particulièrement impressionnante si on la rapporte à la petite taille de ces étoiles. Lorsqu’elles se forment, les étoiles à neutrons tournent dans l’espace. Au fur et à mesure qu’elles se compriment et se rétrécissent, cette rotation s’accélère en raison de la conservation du moment cinétique.

 Ces étoiles ralentissent progressivement au fil des temps, mais elles tournent encore assez rapidement pour émettre un rayonnement qui, depuis la Terre, semble clignoter, comme le faisceau d’un phare maritime. Cette apparente pulsation donne à certaines étoiles à neutrons le nom de pulsars.

Après avoir tourné pendant plusieurs millions d’années, les pulsars se vident de leur énergie et deviennent des étoiles à neutrons normales. Parmi les étoiles à neutrons connues, peu sont des pulsars. On n’a identifié dans l’univers visible qu’un millier de pulsars, mais il pourrait se trouver des centaines de millions d’anciennes étoiles à neutrons dans la seule Voie Lactée.

Les pressions qui existent au cœur des étoiles à neutrons peuvent être similaires à celles qui existaient au moment du Big Bang, mais ces états ne peuvent être simulés sur Terre.

Les étoiles à neutrons sont issus d’étoiles qui ont atteint quatre à huit fois la taille de notre soleil avant d’exploser en supernovae. Après une telle explosion, les couches extérieures de l’étoile sont projetées dans l’espace mais le noyau demeure, sans toutefois produire de fusion nucléaire. Sans la pression vers l’extérieur de la fusion pour contrebalancer l’attraction de la gravité vers l’intérieur, l’étoile se condense et s’effondre sur elle-même.

Le cœur des étoiles à neutrons demeure un mystère. Une nouvelle analyse par superordinateur suggère que ces étoiles mortes pourraient contenir un noyau rempli de quarks libres formant ainsi une matière exotique appelée « matière de quarks froids ».

Le processus de formation des étoiles à neutrons commence avec une étoile 10 à 20 fois plus massive que le Soleil provenant de fusions dans son noyau. Cette fusion produit une force qui équilibre la pression gravitationnelle vers l’intérieur de l’étoile, maintenant ainsi sa stabilité.

Une fois que l’étoile a épuisé son stock de combustible nucléaire, cette force de pression n’est plus suffisante pour compenser la gravité qui attire la matière vers le centre de l’étoile. Celle-ci entre alors dans une phase d’effondrement gravitationnel.

Dans le cas des étoiles dont la masse est comprise entre dix et vingt fois celle du Soleil, cet effondrement gravitationnel peut être si intense que les protons et les électrons, qui constituent normalement la matière ordinaire, fusionnent pour former des neutrons. C’est ainsi que naissent les étoiles à neutrons. Ces objets extrêmement denses ont une taille d’environ vingt kilomètres, mais leur masse est équivalente à une à deux fois celle du Soleil.

Ce processus est assez bien compris. Cependant, la composition interne de ces étoiles à neutrons est toujours un sujet d’interrogation

Les résultats de l’analyse ont révélé une forte probabilité que l’intérieur des étoiles à neutrons soit constitué de ce qu’on appelle de la « matière de quarks froids ». Il s’agit d’une forme exotique de matière qui diffère de la matière nucléaire classique composée de protons et de neutrons.

Pour comprendre cela, on peut imaginer que la matière nucléaire classique soit comme des briques de construction qui permettent de construire des atomes, lesquels forment la base de toute la matière que nous connaissons, comme les étoiles, les planètes et même nous-mêmes. Dans le cas de la matière de quarks froids, il semblerait que ces  briques  conventionnelles (protons et neutrons) soient remplacées par des composants plus fondamentaux faits de quarks dits libres qui existent librement sans former les briques habituelles.

Cette découverte suggère que l’intérieur des étoiles à neutrons pourrait être bien plus étrange et exotique que ce que l’on avait initialement imaginé. Cette hypothèse pourrait être confirmée à l’avenir grâce à des améliorations dans l’observation des ondes gravitationnelles provenant de collisions d’étoiles à neutrons. Cependant, la confirmation nécessitera des calculs intensifs sur des superordinateurs et des observations plus précises.

Référence

  1. Nature co mmmunications  
Strongly interacting matter exhibits deconfined behavior in massive neutron stars

Nature Communications 

volume 14, Article number: 8451 (2023) 

  • Abstract

Neutron-star cores contain matter at the highest densities in our Universe. This highly compressed matter may undergo a phase transition where nuclear matter melts into deconfined quark matter, liberating its constituent quarks and gluons. Quark matter exhibits an approximate conformal symmetry, predicting a specific form for its equation of state (EoS), but it is currently unknown whether the transition takes place inside at least some physical neutron stars. Here, we quantify this likelihood by combining information from astrophysical observations and theoretical calculations. Using Bayesian inference, we demonstrate that in the cores of maximally massive stars, the EoS is consistent with quark matter. We do this by establishing approximate conformal symmetry restoration with high credence at the highest densities probed and demonstrating that the number of active degrees of freedom is consistent with deconfined matter. The remaining likelihood is observed to correspond to EoSs exhibiting phase-transition-like behavior, treated as arbitrarily rapid crossovers in our framework.

06/01/2024 Le syndrome CKM, un nouveau type de maladie de cœur de plus en plus fréquent

source
https://www.scientificamerican.com/podcast/episode/a-new-type-of-heart-disease-is-on-the-rise1

NB. Nous laissons aux auteurs de cet article l’entière responsabilité de leurs propos. Europesolidaire.eu

Le syndrome CKM apparaît lorsqu’un patient présente à la fois des troubles cardiovasculaires, des atteintes au foie et des maladies du métabolisme tels que le diabète de type 2 et l’obésité. Consulter séparément des spécialistes dans ces trois types de pathologie ne permet pas de mettre en évidence le syndrome CKM.

Selon l’American Heart Association, un tiers des adultes américains présentent des facteurs de risque concernant ce syndrome Ceux-ci accroissent significativement leurs taux de décès.

C’est l’obésité qui est la cause première du syndrome. Les cellules graisseuses secrètent des produits qui entraînent de l’inflammation. Celle-ci attaque les vaisseaux sanguins et réduit le taux d’insuline laquelle combat l’importance du sucre dans la circulation. Davantage de sucre dans le sang et moins de sucre dans les cellules caractérise le diabète.

Les cardiologues sont les premiers à avoir pris conscience de cette question. Mais ils ont beaucoup tardé à l’aborder. Ceci peut s’expliquer parce que les traitements recommandés sont contradictoires. Bénéfiques dans certains cas, ils sont à éviter dans d’autres. Aujourd’hui cependant sont apparues des thérapies efficaces dans le traitement du diabète qui ont aussi des effets cardioprotecteurs ainsi que dans le traitement du foie.

Ces thérapies à base d’agonistes de la  Glucagon-like peptide-1 tels que Ozempic et Wegovy utilisés pour le traitement du diabète et de l’obésité peuvent aussi protéger dans le domaine des troubles cardiovasculaires et rénaux.

Ces médicaments ne doivent pas être utilisés seuls, mais en accompagnement de changements de mode de vie, tels que prendre d’avantage d’exercice. C’est le patient tout entier qui doit être traité. Cette approche globale est nécessaire pour apprécier les risques de celui-ci en matière de syndrome CKM.

Celle-ci se fait dès que le consultant a atteint 30 ans et non 40 ans comme précédemment.

Référence

Cardiovascular-Kidney-Metabolic Health: A Presidential Advisory From the American Heart Association

https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIR.0000000000001184

Chiadi E. Ndumele,,

 … See all authors 

Originally published 9 Oct 2023

Abstract

Cardiovascular-kidney-metabolic health reflects the interplay among metabolic risk factors, chronic kidney disease, and the cardiovascular system and has profound impacts on morbidity and mortality. There are multisystem consequences of poor cardiovascular-kidney-metabolic health, with the most significant clinical impact being the high associated incidence of cardiovascular disease events and cardiovascular mortality. There is a high prevalence of poor cardiovascular-kidney-metabolic health in the population, with a disproportionate burden seen among those with adverse social determinants of health. However, there is also a growing number of therapeutic options that favorably affect metabolic risk factors, kidney function, or both that also have cardioprotective effects. To improve cardiovascular-kidney-metabolic health and related outcomes in the population, there is a critical need for (1) more clarity on the definition of cardiovascular-kidney-metabolic syndrome; (2) an approach to cardiovascular-kidney-metabolic staging that promotes prevention across the life course; (3) prediction algorithms that include the exposures and outcomes most relevant to cardiovascular-kidney-metabolic health; and (4) strategies for the prevention and management of cardiovascular disease in relation to cardiovascular-kidney-metabolic health that reflect harmonization across major subspecialty guidelines and emerging scientific evidence. It is also critical to incorporate considerations of social determinants of health into care models for cardiovascular-kidney-metabolic syndrome and to reduce care fragmentation by facilitating approaches for patient-centered interdisciplinary care. This presidential advisory provides guidance on the definition, staging, prediction paradigms, and holistic approaches to care for patients with cardiovascular-kidney-metabolic syndrome and details a multicomponent vision for effectively and equitably enhancing cardiovascular-kidney-metabolic health in the population.

05/01/2023 Evolution de l’univers. Apparition de la vie sur les planètes semblables à la Terre

L’univers visible comprend un nombre incroyablement élevé d’amas de galaxies, de galaxies et dans ces galaxies de systèmes solaires comparables au nôtre.

Depuis quelques dizaines d’années, les astronomes ont été en mesure de détecter des milliers de planètes dites exoplanètes en dehors du Système solaire. Nous connaissons maintenant plus de 5000 exoplanètes et ce nombre ne cesse de croître. Dans ces exoplanètes il n’y a aucune raison de penser que ne trouvent pas des formes de vie semblables à la vie terrestre. Encore faudrait-il que la science puisse en donner la preuve. La première démarche en ce sens sera de reconstituer la vie en laboratoire.

Jusqu’à présent, cela n’avait pas été possible. Cependant le but semble se rapprocher. Différentes formules de vie artificielle sont actuellement à l’étude.

Dans un article dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, des chercheurs annoncent être sur la voie de réaliser ce que l’on nomme un chemoton artificiel

Selon Wikipedia, le terme de chemoton, raccourci pour chemical automaton, a été introduit par le biologiste hongrois Tibor Gentil en 1952 dans son ouvrage The Principles of Life. Il suggérait que le chemoton était le précurseur de toute forme de vie sur la Planète.

Les auteurs de l’article annoncent avoir réalisé un chemoton prébiotique en faisant appel à une réaction autocatalytique dite de formose. Celle-ci, découverte par le chimiste russe Alexandre Boutlerov en 1861, consiste principalement à polymériser le formaldéhyde pour former des sucres y compris des pentoses (sucres à cinq atomes de carbone). Formose est en l’espèce un mot formé sur les termes formaldéhyde et aldose.

Si cette annonce tenait ses promesses, il s’agirait d’un coup de tonnerre qui ne passerait pas inaperçu.

Référence

Issue 35, 2023
From the journal:
Chemical Science

Towards a prebiotic chemoton – nucleotide precursor synthesis driven by the autocatalytic formose reaction

Abstract

The formose reaction is often cited as a prebiotic source of sugars and remains one of the most plausible forms of autocatalysis on the early Earth. Herein, we investigated how cyanamide and 2-aminooxazole, molecules proposed to be present on early Earth and precursors for nonenzymatic ribonucleotide synthesis, mediate the formose reaction using HPLC, LC-MS and 1H NMR spectroscopy. Cyanamide was shown to delay the exponential phase of the formose reaction by reacting with formose sugars to form 2-aminooxazole and 2-aminooxazolines thereby diverting some of these sugars from the autocatalytic cycle, which nonetheless remains intact. Masses for tetrose and pentose aminooxazolines, precursors for nucleotide synthesis including TNA and RNA, were also observed. The results of this work in the context of the chemoton model are further discussed. Additionally, we highlight other prebiotically plausible molecules that could have mediated the formose reaction and alternative prebiotic autocatalytic systems.

04/01/2024 Le réchauffement climatique actuel est-il linéaire ou exponentiel ?

James Hansen est le climatologue de la NASA qui eut la témérité d’affirmer devant une commission du Sénat des Etats-Unis en 1988 qu’il était quasiment certain que la tendance au réchauffement des températures globales observé depuis quelques années n’avait pas une cause naturelle mais était du à l’augmentation dans l’atmosphère du taux de CO2 du aux activités humaines L’effet de serre est là et bien là, avait-il conclu dans l’incompréhension générale

Michael Mann est aussi un climatologue respecté. Il est directeur du Center for Science, Sustainability & the Media de l’Université de Pennsylvanie. Il a contribué à l’étude du réchauffement des températures observé depuis mille ans. Il a introduit le terme de hookey stick, crosse de hockey, pour illustrer le fait que ce réchauffement avait brutalement augmenté depuis le développement des activités liées à la révolution industrielle.

Dans un article au New York Times souvent cité, il avait reconnu qu’il n’avait pas de preuve indiscutable des causes de l’effet de serre, mais que celui-ci était désormais un fait indiscutable.

Le 2 novembre 2023, dans un nouvel article publié par le journal Oxford Open Climate Change Global warming in the pipeline https://academic.oup.com/oocc/article/3/1/kgad008/7335889, James Hansen et ses collègues confirmèrent que les modèles prédictifs utilisés par l’IPCC (International Panel on Climate Chang) étaient trop optimistes. Ces modèles sous- estimaient le fait qu’il existait depuis bien plus longtemps des facteurs inhérents à l’atmosphère terrestre et aux milieux océaniques qui laissaient prévoir un réchauffement élevé plus proche que celui retenu par l’IPCC.

Leur étude est longue et extrêmement détaillée. Elle prend en compte les températures de la Terre depuis 66 millions d’années, telles qu’elles peuvent être déduites de nombreuses traces géologiques et fossiles. Elle inclut l’analyse d’une époque où le niveau de CO2 était la moitié de celui constaté aujourd’hui, et où la Terre était une véritable « boule de glace » ou frozen ball of ice. L’étude identifie les perturbations naturelles telles que les oscillations de la Terre sur son orbite et l’évolution des taches solaires pouvant expliquer ces phénomènes.

Ceci étant, pour les auteurs de l’étude, le réchauffement observé ou prévu actuellement est bien plus intense et rapide que ceux s’étant produit depuis 66 millions d’années.

Le changement climatique se caractérise par un retard dans les effets et des conséquences amplifiées. Il en résulte une difficulté à renverser les tendances une fois qu’elles se sont manifestées. Les travaux récents ont montré que le climat terrestre était très sensible, bien plus que le pensaient les experts de l’IPCC. Ceci se traduit par le fait qu’une grande quantité de changements climatiques est en attente et se produira nécessairement dans un avenir plus ou moins éloigné.

Des mesures importantes sont donc dès maintenant nécessaires pour réduire le réchauffement futur, et diminuer ses conséquences indésirables pour l’humanité et la nature. Mais que seraient ces mesures, que seraient leurs coûts et leurs conséquences ? 

Hansen et d’autres de ses collègues avaient récemment observé que des mesures destinées à diminuer la pollution atmosphérique avaient l’effet contraire à celui désiré . Ainsi en est-il du géo-engineering.

Cette procédure consistant à pulvériser dans la haute atmosphère du dioxide de soufre destiné à renvoyer vers l’extérieur une partie de la chaleur solaire coûterait des trillions de dollars et auraient des effets désastreux sur les systèmes respiratoires des animaux terrestres.

On notera que la question de la lutte contre le réchauffement climatique n’a pratiquement pas été évoquée lors du dernier COP Summit des Nations Unies à Dubai en décembre 2023

Wikipedia

James Edward Hansen (born March 29, 1941) is an American adjunct professor directing the Program on Climate Science, Awareness and Solutions of the Earth …

Michael Evan Mann is an American climatologist and geophysicist. He is the director of the Center for Science, Sustainability & the Media at the University of Pennsylvania.

Pour en savoir plus voir https://cleantechnica.com/2023/07/20/we-are-damned-fools-james-hansen/

03/01/2024 Reconstitution possible de la couche d’ozone d’ici 2066

Après 38 ans de surveillance et de protection, le trou dans la couche d’ozone semble en bonne voie de rétablissement. Selon le dernier communiqué du conseil scientifique du Protocole de Montréal, il devrait complètement se résorber d’ici 2066.

Placée sous très haute surveillance depuis 1985, l’évolution du trou dans la couche d’ozone semble aller dans la bonne direction, selon le dernier rapport de l’ONU.

« La couche d’ozone nous protège des radiations ultraviolettes C, B et A émises par le Soleil. Les UV C sont les plus énergétiques, et sont complètement filtrés par [la couche d’ozone] », présente Cathy Clerbaux, directrice de recherche du CNRS. « Plus les rayons sont énergétiques, plus ils sont susceptibles d’induire des problèmes. Il n’y aurait pas eu d’émergence de la vie sans cette couche d’ozone. »

Située dans la stratosphère, bien au-dessus des nuages, la couche d’ozone est une strate de gaz de plusieurs kilomètres d’épaisseur. Apparue il y a 3,5 milliards d’années, elle doit son origine à l’oxygène relâché dans l’atmosphère par les tout premiers organismes photosynthétiques.

Apparus sous l’eau, à l’abri des rayons UV, ces organismes primitifs ont permis une modification drastique de la composition de l’atmosphère. Cet apport constant en oxygène a ainsi permis l’apparition d’une couche d’ozone protectrice, puis un changement radical d’une atmosphère réductrice à une atmosphère oxydante.

Cette transition, connue sous le nom de « catastrophe de l’oxygène », a entraîné la disparition d’une grande partie des premiers microorganismes et a permis l’apparition de formes de vie respirant de l’oxygène. Pourtant, après des milliards d’années d’équilibre, une perturbation importante a été enregistrée au niveau du pôle Sud à partir du milieu des années 1980.

Chaque année, en septembre, à la fin de l’hiver polaire, une diminution drastique des niveaux d’ozone atmosphérique engendre un trou dans notre bouclier planétaire. À l’origine de cet accroc : l’utilisation de chlorofluorocarbures (CFC), des gaz très stables utilisés en grande quantité dans de nombreux domaines.

Interdits à l’utilisation en 1985 par le Protocole de Montréal, leur disparition des rayonnages constitue encore aujourd’hui l’un des meilleurs exemples de coordination mondiale en termes de protection de l’environnement.

Cet investissement a par ailleurs été payant, la guérison du trou dans la couche d’ozone étant à présent prévue pour 2066.

03/01/2024 Les apports de l’Intelligence Artificielle (IA) dans la lutte contre le cancer

On trouvera ci-dessous des extraits traduits en français de l’article cité en référence.

Avec 1,2 million de décès en 2020, le cancer est le deuxième tueur dans l’Union européenne. Cependant 40% de ces morts pourraient être évités grâce à un diagnostic précoce.

Le développement futur de l’Intelligence Artificielle IA en cancérologie devrait être une raison d’espérer des progrès dans le diagnostic et le traitement des cancer.

De nombreux articles de recherche montrent que l’IA pourra améliorer la prévention, le diagnostic et la gestion des cancers au sens général, en cardiologie et en ophthalmologie en particulier. La preuve en est la part croissante de l’IA dans les industries de santé. 18 multinationales sur 47 de ce secteur offrent des solutions médicales à base d’IA. 80% de celles-ci concernent le traitement, 20% le mode de vie et les ressources des malades.

L’IA contribue de plus en plus :

  • à la recherche pharmaceutique. Elle permet d’analyser en masse les données intéressant les produits pharmaceutiques et leur utilisation, notamment en ce qui concerne leur efficacité.
  • Au diagnostic médical. Elle permet de même d’analyser rapidement le diagnostic des symptômes, les résultats des radiographies, des examens médicaux, des traitements pharmaceutiques.
  • A l’efficacité chirurgicale. Des robots « intelligents » assisteront de plus en plus les chirurgiens avant, pendant et après les opérations. Ils contribueront aux soins post-opération et aux rétablissements. Voir Artificial Intelligence in Surgical Learning
  • Au suivi des patients. L’IA recueillera et analysera toutes les données vitales des patients. Ceci sera particulièrement bienvenu dans le cas des malades chroniques.
  • A la personnalisation des traitements. L’IA aidera les médecins à personnaliser les traitements compte tenu du profil des malades et plus généralement du profil des consultants : analyse du passé médical, du profil génétique, du mode de vie – le tout en protégeant l’anonymat des données.

Face à ces perspectives il faut constater pour le regretter le sous-équipement actuel des professions médicales et des établissements de santé.

Source

https://theconversation.com/how-ai-could-dramatically-improve-cancer-patients-prognosis-216713

auteur Frédéric Jallat, PhD Professor of Marketing and Academic Director of MSc. in Biopharmaceutical Management, ESCP Business School

03/01/2024 A quoi rêvent les animaux ?

C’est la question que se posent tous les détenteurs d’animaux de compagnie, chats et chiens notamment, quand ils les surprennent, manifestement endormis dans les phases de sommeil dites REM, Rapid Eyes Movements ou active sleep. Dans ce sommeil, l’observation a montré que les yeux bougent comme s’ils suivaient un objectif mais de façon plus amortie. De même, l’animal esquisse des mouvements, mais ralentiS. Dans les phases dites de sommeil profond, au contraire, l’animal reste totalement inerte.

Chez l’homme, la plupart des rêves se produisent en phase REM, notamment ceux dont on garde un souvenir au réveil. Il est donc naturel de supposer que les mammifères en général rêvent de cette façon, c’est-à-dire en phase REM. Ceci a pu être vérifié notamment chez des souris.

Mais qu’en est-il chez les non-mammifères ? La réponse à la question est difficile. D’une part leurs yeux ne sont pas faciles à observer, d’autre part il n’est pas toujours aisé de distinguer s’ils se reposent en phase d’éveil ou s’ils dorment vraiment. Chez des pigeons cependant , en 2023, Gianina Ungurean, du Max Plank Institute de Seeswien en Allemagne et son équipe ont pu différencier des pigeons éveillés et des pigeons endormis. Dans ce dernier cas, elle a pu identifier des phases de sommeil REM et des phases de sommeil profond.

Concernant les céphalopodes, tels que les octopus ou les calamars, l’absence de cerveau central caractérisé ne les dispense pas de besoin de sommeil. Chez ceux en captivité, il a été possible de distinguer ceux qui avaient l’équivalent de cauchemars. Ils étendaient leurs tentacules à l’extrémité desquelles se trouvent huit cerveaux répartis et répandaient de l’encre comme pour se défendre d’un prédateur. Quant aux animaux comme les baleines et les dauphins qui ne dorment que par moitié de cerveau, la moitié du cerveau qui s’endort n’a pas besoin de rêver pour se reposer. Elle n’est pas assez fatiguée.

02/01/2024 Un univers miroir fait de matière noire (black matter)

Dans une récente étude encore en attente de révision (voir références et abstract ci-dessous) des astronomes proposent l’hypothèse selon laquelle il pourrait exister dans l’Univers un monde invisible constitué de matière noire. Cette matière, qui ne réagit pas à la lumière mais exerce une influence gravitationnelle sur la matière ordinaire, représenterait environ 80 % de la masse de chaque galaxie. Selon cette hypothèse, la matière noire pourrait être aussi riche et diversifiée que celle de l’Univers visible.

Des théories en physique de haute énergie suggèrent en effet l’existence d’un univers miroir, où chaque particule de matière normale aurait son équivalent dans le secteur noir : électrons noirs, quarks noirs, neutrinos noirs, etc. Ces particules interagiraient entre elles via leurs propres forces fondamentales, totalement étrangères aux forces que nous connaissons dans la matière ordinaire.

Les auteurs de l’étude avancent l’idée que des « étoiles miroirs » pourraient se former à partir de la matière noire, dans un processus similaire à la formation des étoiles ordinaires. Ces étoiles miroirs émettraient une radiation invisible pour nous, sous forme de photons noirs. Malgré leur invisibilité, ces étoiles exerceraient une force gravitationnelle, attirant la matière et la poussière interstellaires ordinaires.

Ces accumulations de matière ordinaire, nommées « pépites » ou nuggets par les chercheurs, émettraient un rayonnement semblable à celui des étoiles normales, mais avec des caractéristiques distinctes. Ces pépites seraient très rouges et peu lumineuses, n’ayant pas les hautes températures des étoiles ordinaires. De plus, les auteurs affirment qu’elles émettraient une lumière dans des longueurs d’onde différentes de celles des nébuleuses planétaires typiques.

Bien que l’idée d’un univers miroir relève encore de l’hypothèse, elle reste scientifiquement testable. Si de telles étoiles existent, nous pourrions les détecter grâce à des observations astronomiques sensibles et à grande échelle. Les instruments nécessaires devraient être bientôt disponibles.

La recherche sur la matière noire, avec ses étoiles miroirs et pépites, ouvre des perspectives nouvelles fascinantes sur notre compréhension de l’Univers et pourrait changer notre approche de la cosmologie. Découvrirons-nous un jour que chacun d’entre nous aurait un double (évidemment invisible), constitué de matière noire ?

Mais n’est-pas ce que suggèrent, depuis la nuit des temps, toutes les religions humaines ?

Référence

[Submitted on 29 Nov 2023]

Electromagnetic Signatures of Mirror Stars

Isabella ArmstrongBerkin GurbuzDavid CurtinChristopher Matzner

Mirror Stars are a generic prediction of dissipative dark matter models, including minimal atomic dark matter and twin baryons in the Mirror Twin Higgs. Mirror Stars can capture regular matter from the interstellar medium through extremely suppressed kinetic mixing interactions between the regular and the dark photon. This accumulated « nugget » will draw heat from the mirror star core and emit highly characteristic X-ray and optical signals. In this work, we devise a general parameterization of mirror star nugget properties that is independent of the unknown details of mirror star stellar physics, and use the Cloudy spectral synthesis code to obtain realistic and comprehensive predictions for the thermal emissions from optically thin mirror star nuggets. We find that mirror star nuggets populate an extremely well-defined and narrow region of the HR diagram that only partially overlaps with the white dwarf population. Our detailed spectral predictions, which we make publicly available, allow us to demonstrate that optically thin nuggets can be clearly distinguished from white dwarf stars by their continuum spectrum shape, and from planetary nebulae and other optically thin standard sources by their highly exotic emission line ratios. Our work will enable realistic mirror star telescope searches, which may reveal the detailed nature of dark matter.



Subjects:High Energy Astrophysical Phenomena (astro-ph.HE); Cosmology and Nongalactic Astrophysics (astro-ph.CO); Astrophysics of Galaxies (astro-ph.GA); Solar and Stellar Astrophysics (astro-ph.SR); High Energy Physics – Phenomenology (hep-ph)
Cite as:arXiv:2311.18086 [astro-ph.HE]
 (or arXiv:2311.18086v1 [astro-ph.HE] for this version)

01/01/2024 Le règne végétal maîtrise-t-il la communication quantique?

Pourquoi certains végétaux dont notamment des lentilles (lens culinaris), émettent-ils régulièrement des photons (particules de lumière) ? On emploie dans leur cas le terme de « biophotons ». Ce processus a été observé récemment mais personne à ce jour n’avait pu lui apporter d’explication. Certains commencent à soupçonner qu’il s’agit d’une forme subtile de communication.

Catalina Curceanu, qui est physicienne nucléaire au Laboratoire National de Frascati, en Italie, a décidé de tenter de comprendre le problème. Elle soupçonne qu’il s’agirait là d’une sorte d’échange de signaux quantiques entre végétaux, et pas seulement entre pieds de lentilles.

L’on savait déjà que beaucoup d’être vivants utilisent la communication quantique dans des tâches essentielles, la photosynthèse pour les végétaux, la navigation pour certains oiseaux. Il est quand même étonnant de constater que les lentilles, qui ne sont pas connues pour leurs comportements complexes, se comportent de la même façon. Que tant d’organismes simples émettent des biophotons laisse penser que les mécanismes quantiques sont omniprésents dans la nature.

Depuis un siècle, les échanges de biophotons entre plantes avaient surpris les botanistes. Dans le cas de nombreuses espèces, ils paraissaient être des messages par lesquels se signalait l’existence de conditions favorables à la survie et à la multiplication, non seulement de l’espèce mais du règne végétal ou animal lui-même. C’est le cas chez les méduses, les champignons et les lucioles.

Aujourd’hui les méthodes pour analyser les contenus extrêmement faibles résultant des échanges de biophotons s’étant améliorées, le caractère quantique de ces messages est apparu indiscutablement.

Mais pourquoi la nature parlerait-elle quantique dans ces cas ? Une réponse à cette question pourrait être que les échanges faisant appel à des biophotons sont si faibles en intensité qu’il est apparu utile à l’évolution naturelle, pour les distinguer des autres échanges, de faire appel aux processus quantiques.

31/12/2023 Life2vec, l’intelligence artificielle danoise capable de prédire votre mort

Dans une étude dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, des chercheurs danois et américains ont rassemblé au profit d’un algorithme d’IA, les données médicales, sociales, et économiques de six millions de Danois. Objectif ? Prédire la mort d’une personne intéressée.

Entre 2008 et 2016, 100.000 profils, âgés de 35 à 67 ans, ont donc été testés, dont la moitié est décédée quatre ans plus tard. Avec quel objectif ? Deviner des événements du futur en se basant sur ceux du passé. L’étude révèle que les prédictions concernant les problèmes sociaux et les ennuis de santé dépassent les capacités actuelles de prévision dans ce domaine. Selon l’université technique du Danemark, les résultats sont sans surprise : les hommes avec les revenus les plus faibles sont davantage susceptibles de mourir.

Les auteurs préviennent :«Ce modèle peut être utilisé pour de bonnes raisons : prévoir les problèmes de santé ou sociaux rencontrés par un individu, ou mettre en place des actions pour réduire les inégalités touchant un groupe, Mais il peut aussi être retourné contre eux.» Via notamment les compagnies d’assurances, qui voudraient connaître l’espérance de vie de leurs clients.

NB. Notre avis. Plutôt qu’employer le terme de predict live d’une personne, les auteurs de l’étude feraient mieux d’employer un terme moins affirmatif, par exemple « préciser les hypothèses concernant… »

Référence

  1. article
Abstract

Here we represent human lives in a way that shares structural similarity to language, and we exploit this similarity to adapt natural language processing techniques to examine the evolution and predictability of human lives based on detailed event sequences. We do this by drawing on a comprehensive registry dataset, which is available for Denmark across several years, and that includes information about life-events related to health, education, occupation, income, address and working hours, recorded with day-to-day resolution. We create embeddings of life-events in a single vector space, showing that this embedding space is robust and highly structured. Our models allow us to predict diverse outcomes ranging from early mortality to personality nuances, outperforming state-of-the-art models by a wide margin. Using methods for interpreting deep learning models, we probe the algorithm to understand the factors that enable our predictions. Our framework allows researchers to discover potential mechanisms that impact life outcomes as well as the associated possibilities for personalized interventions.