10/03/2024 Netanyahou veut-il la mort d’Israel ?

Netanyahou était légitime en cherchant à éliminer le plus grand nombre possible de militants-terroristes du Hamas, responsables de crimes abominables à l’encontre des Israéliens ou plutôt des Israéliennes : femmes violées pendant qu’on les égorgeait, nouveaux-nés cuits au four, etc…crimes dont ils se vantaient eux-mèmes sur les réseaux sociaux arabisants.

Mais cela ne voulait pas dire que Netanyahou devait en retour inonder d’obus une grande partie de la ville de Gaza et le nord-est de la bande du même nom, peuplées par 1,5 ou 2 millions de Palestiniens et Palestiniennes.

Cela veut pas dire qu’il doive aujourd’hui les empêcher de s’enfuir, pour être massacrés à leur tour. Il signerait de ce fait la mort d’Israël dans les opinions mondiales. Déjà circulent sur les médias du monde entier des images de palestiniennes éventrées.

Certes le Hamas est loin d’être éliminé aujourd’hui mais ce n’est pas en pratiquant ses méthodes qu’Israël y parviendra. Ce sera entre autres en s’appuyant sur les Pays occidentaux et leurs services secrets.

https://www.lemonde.fr/israel-palestine/article/2024/03/09/guerre-israel-hamas-jour-155-un-navire-d-aide-pret-a-embarquer-pour-gaza-quinze-drones-houthistes-abattus-au-large-du-yemen-ce-qu-il-faut-savoir_6221086_1667123.html

09/03/2024 Comment les premières formes de vie protocellulaires sont-elles apparues sur Terre

Une équipe de l’Institut de Recherche Scripps a découvert un chemin plausible expliquant la formation et l’évolution chimique des protocellules, ces précurseurs des cellules vivantes. Ces découvertes, publiées dans la revue Chem, pourraient éclairer le processus d’évolution précoce et la complexification de la vie sur notre planète.

Remarque préalable

Dans les documents publiés par les auteurs de cette recherche, nous n’avons pas trouvé mention de l’apparition des virus. Rappelons qu’aujourd’hui les virus sont considérés comme ne se multipliant que dans les cellules vivantes. La cellule hôte doit fournir l’énergie et la machinerie de synthèse ainsi que les précurseurs de faible poids moléculaire pour la synthèse des protéines virales et des acides nucléiques.

Il serait donc concevable que les protocellules décrites par l’étude aient pu, très vite après leur apparition, se dégrader pour donner naissance à un sous-produit qui aurait été un protovirus.

Les protocellules, un assemblage sphérique de lipides, sont considérées comme les ancêtres des cellules. Mais comment ces structures simples ont-elles pu se diversifier pour donner naissance à la vie telle que nous la connaissons ? La réponse réside peut-être dans un processus chimique nommé phosphorylation, selon les scientifiques de Scripps. Ce processus, impliquant l’ajout de groupes phosphate aux molécules, aurait favorisé l’émergence de protocellules à double chaîne plus complexes, capables d’abriter des réactions chimiques diverses et de se diviser.

Pour arriver à ces conclusions, l’équipe dirigée par Ramanarayanan Krishnamurthy et Ashok Deniz a recréé des conditions prébiotiques en laboratoire, en utilisant des acides gras et du glycérol, substances probablement présentes sur la Terre primitive. En ajoutant divers composants chimiques et en modifiant l’environnement de réaction (température, pH, ions métalliques), ils ont observé la formation de vésicules, structures semblables aux protocellules. Ces expériences ont montré que les acides gras et le glycérol pouvaient subir une phosphorylation, conduisant à des vésicules plus stables et diversifiées, essentielles à l’évolution de la vie.

Ce travail ne révèle pas seulement un chemin possible pour l’apparition des phospholipides, briques fondamentales de la vie, mais ouvre également la porte à une meilleure compréhension des mécanismes dynamiques derrière la fusion et la division des protocellules. La prochaine étape pour les chercheurs sera d’explorer ces processus dynamiques pour approfondir notre compréhension de l’évolution des premières formes de vie sur Terre.

https://www.geo.fr/sciences/comment-les-premieres-cellules-se-sont-elles-formees-sur-terre-des-scientifiques-pensent-avoir-la-reponse-219111

Référence

Experimentally modeling the emergence of prebiotically plausible phospholipid vesicles

Published:February 29, 2024

DOI:https://doi.org/10.1016/j.chempr.2024.02.007

https://www.cell.com/chem/abstract/S2451-9294(24)00069-X

Highlights
  • Emergence of phospholipid-protocells in the context of chemical origins of life
  • Transition from fatty acids to phospholipid-based vesicles via cyclic-phospholipids
  • Heterogeneous vesicle compositions and morphologies stable to a range of conditions
  • Emergence of 1,2-diacylglycerol protocell-compositions coincidental with biology

  • Summary

The prebiotic emergence of protocells is an important part of any origins of life scenario. Although fatty-acid-based vesicles are well studied, how they transitioned to phospholipid vesicles is uncertain. Herein, we show that cyclic-phospholipids formed from fatty acids and glycerol could have played a role by generating a heterogeneous library of vesicles with diverse morphologies and tolerance to a range of metal ions, temperature, and pH. The cyclic phosphate moiety facilitates the natural emergence of vesicles composed of diacyl-phospholipids to become part of the chemical evolutionary process. Competing emergent properties of the various systems (facilitated by additives) could have led to an early preference of the sn-1,2-acyl-substitution on the glycerol backbone coincidental with extant biology. Thus, cyclic-phospholipids could have played a significant role not only in early prebiotic protocellular chemistry but also in facilitating the chemical evolution of protocells from the structurally simple to the functionally more complex.

09/03/2023 Bravo, Poutine. Ou comment faire détester la Russie par l’Europe entière

Les Russes devraient féliciter Vladimir Vladimirovich Poutine et son équipe de généraux er d’affairistes qui ont pris le pouvoir au Kremlin. Ils ont réussi à faire détester la Russie dans tous les pays européens, alors que beaucoup de citoyens de bonne volonté les y considéraient initialement avec intérêt.

La façon autant militairement brutale que politiquement maladroite avec laquelle les Russes ont accueilli les demandes d’autonomie de l’Ukraine non russophone a suscité partout dans le monde de la sympathie pour le jeune président Volodymyr Zelinsky, qui pourtant n’est pas sans défauts. L’invasion militaire d’une partie de l’Ukraine ayant entraîne des dizaines de milliers de morts de chaque coté et une destruction des villes touchées analogue à celle de Berlin en 1945 a terrifié. Etait-ce le sort qui menaçait les nationaliste ukrainiens s’ils négociaient avec l’occupant russe ?

Plus récemment la façon dont Poutine, apparemment plus assuré que jamais de son pouvoir, a menacé les Occidentaux de guerre nucléaire en cas d’escalade du conflit en Ukraine a donné l’impression qu’il préparait une troisième guerre mondiale, avec l’atomisation d’une partie du monde. Ces menaces étaient si déraisonnable qu’elles on pu faire douter de la santé mentale de leur auteur.

Dans le même temps ceux des Européens qui souhaitaient reprendre leur distance avec une Amérique dominée par son complexe militaro-industriel ont cessé de voir un danger dans leur soumission à l’Amérique. Ils y ont vu au contraire une nécessaire protection contre l’impérialisme russe. Les efforts pour construire une Europe un peu plus indépendante de Washington, tels ceux d’Emmanuel Macron, ont perdu toute crédibilité. Il fallait faire un front unique contre la Russie. Mais ceci a accru la dépendance européenne à l’égard du capitalisme américain,

Disons pour conclure ce rapide examen, et relancer espoir d’un monde multipolaire incluant la Chine et une Russie apaisée, qu’il serait plus que temps pour l’Europe de prendre son destin en mains en renonçant une fois pour toute à sa soumission tant à l’Amérique qu’à la Russie.

Nous avons reçu ces commentaires

Quelques commentaires pour ramener un peu de bon sens:

– la Russie n’est détestée en Europe que par les bobos globalistes, mais les populations ne sont pas dupes et comprennent que la Russie aura un rôle a jouer dans leur libération

– l’Ukraine (plus précisément la junte de Kiev après Maidan) n’a jamais demande une autonomie des régions russophones! Leur but était le nettoyage ethnique des russophones du sud-est du pays. Re-écrire l’histoire est facile, mais la vérité restera la vérité

– les menaces de Poutine sont toujours une réponse a une menace externe, ici les menaces de Macron. Les US ont compris que la Russie était en train de gagner sur le champ de bataille en ex-Ukraine, et poussent les Européens a prendre le leadership contre la Russie. Ceci est aussi une conséquence des problèmes internes aux US avant les élections. Si un jour Macron ou ses amis Anglais ou Allemands envoient des troupes en ex-Ukraine et bombardent la Russie (en Crimée par exemple), ils le feront dans le cadre des fameux accords de sécurité bilatéraux et ce point est fondamental! En effet une telle intervention est donc hors OTAN et l’article 5 ne peut etre active automatiquement.

Donc la Russie peut répondre en conventionnel ou nucléaire et les US peuvent laisser faire, c’est leur décision. Si ils ont quitte l’OTAN entre temps, c’est encore plus simple pour eux.

Résultat: une Europe dévastée, mais pas de guerre US/Russie. Back to 1945.

08/03/2024 Découverte dans la Voie Lactée de mystérieuses cordes cosmiques

Des astronomes ont découvert dans la Voie Lactée des structures horizontales, atteignant des longueurs de 8 à 10 années-lumière, qui semblent dirigées vers le Trou Noir supermassif Sagittarius° situé à 25.000 années-lumière de la Terre au centre de la galaxie. Il s’agit de filaments constitués de points et de traits comme le seraient des messages morse géants.

Cette découverte a été due au MeerKAT radio telescope du Northern Cape of South Africa, à la suite d’une observation de 200h du centre galactique

Le Pr Farhad Yusef-Zadeh, astronome à la Northwestern University de Evanston, Illinois, s’est dit stupéfié par ces structures. Il pense qu’elles devraient beaucoup nous en apprendre concernant l’activité du Trou Noir lui-même.

Quarante ans auparavant des filaments de ce type, mais plus importants en diamètre, donc moins significatifs, et par ailleurs verticaux au lieu d’être horizontaux; avaient été découverts autour de Sagittarius° . On ne connait toujours pas encore la cause produisant de telles cordes. On a seulement constaté qu’elles généraient de forts champs magnétique et émettaient des ondes radio en accélérant des particules à une vitesse proche de celle de la lumière.

08/03/2024 Qu’attend Vladimir Poutine pour envahir l’Europe du Nord ?

Aujourd’hui Vladimir Poutine pourrait envahir sans grandes difficultés la Pologne, le Danemark, la Norvège, la Suède, l’Islande, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Il utiliserait pour ce faire des colonnes de dizaines ou centaines de chars au blindage renforcé. Ceux-ci seraient équipés des nouvelles armes dont il a commencé à se doter.

Dans un premier temps, il n’aurait pas besoin d’évoquer la menace de missiles nucléaires intercontinentaux. Rappelons cependant qu’il disposera de versions modernisées de ceux-ci. notamment les missiles Yars. Il s’agit d’un type d’ICBM possédant une portée de plus de 11.000 kilomètres. Il peut atteindre une vitesse de 24.500 kilomètres par heure et emporter entre 4 et 6 ogives thermonucléaires. Chaque ogive embarquée à bord de ce lanceur est indépendante et peut se détacher pour voler vers des cibles différentes.

Par contre Poutine pourra utiliser des missiles hypersoniques furtifs Zircon. Le Zircon serait capable d’atteindre une vitesse de 9.600 kilomètres par heure avant de frapper un objectif. Il dispose d’un rayon d’action de 250 à 750 kilomètres, selon sa trajectoire. Sa principale mission consiste à détruire des navires ennemis. Mais il peut tout aussi bien être utilisé contre des objectifs à terre. Chaque navire de la flotte de la mer Noire en transportera 72.

Les blindés lourds, les systèmes de défense aérienne et la production de drones seront également améliorés. Les industriels de la défense ont reçu pour instruction de « développer la production de masse de drones et de « systèmes de frappe robotisés qui ont démontré de bons résultats au combat ». Chaque section de l’armée – soit 20 à 50 hommes – sera équipée de drones.

Au plan aérien, il disposera également d’une maitrise incontestable . Les Su-57 et Su-75 l’emporteront facilement sur les désastreux F-35 imposés à l’Otan par le grand frère américain.

Certes au plan humain les forces russes ne pourraient éviter quelques pertes  Mais pour une population de143 millions d’habitants, elles passeraient vite inaperçues.

Par ailleurs, il est presque certain que les Pays de l’Otan dotés d’ICBM nucléaires hésiteraient à s’en servir en réponse à une agression russe contre la Pologne ou les Etats baltes

https://actu.capital.fr/economie-politique/vladimir-poutine-liste-les-armes-qui-renforceront-larmee-russe-dans-le-futur-1472339

07/03/2024 Des hommes de l’Age de pierre ont quitté l’Afrique 700.000 ans plus tôt qu’on ne le croyait 

Des archéologues de l’université de Sao Paulo au Brésil, dirigés par Walter Neves et faisant des fouilles en Jordanie viennent d’annoncer y avoir trouvé des outils de pierre fabriqués et utilisés sur place il y a 2,5 millions d’années. Ceci signifie que ces hommes avaient quitté l’Afrique au moins 700.000 plus tôt qu’on ne le croyait.

Précédemment des restes de premiers hominiens du genre homo erectus avaient été identifiés en 2013 hors d’Afrique à Dmanisi en Georgie. Ils avaient été attribués à des individus vivant là il y a 1,8 million d’années.

Depuis l’équipe de Walter Neves a mis au jour dans la vallée du Zarqa supérieur trois couches superposées de sédiments datant de 2,5 à 1,95 millions d’années. Ils y ont trouvé des outils du type dit Oldowan , courant en Afrique.

Certains de ces outils se trouvaient parmi des galets charriés là par divers torrents que l’on pouvait confondre avec des outils de pierre éclatés et retaillés. Mais après une étude plus approfondie, ces pierres s’avèrent indiscutablement provenir d’hominiens installés là il y a 2 millions d’années avant le présent. Il s’agissait très probablement d’Homo habilis, prédécesseurs de l’Homo erectus

Journal of Paleolithic Archaeology
https://gb.readly.com/magazines/new-scientist/2024-02-15/65ccd921c68b4d94718fe76fdoi.org/mgh9

06/03/2024 Le futur bouclier Cyber de l’Union Européenne

L’Union européenne va se doter d’un « bouclier cyber » pour mieux se protéger des attaques informatiques, annoncent les 27 pays membres dans un communiqué.

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_23_2243

L’objectif est de réduire au maximum le temps de détection d’une attaque informatique sur des infrastructures européennes ( réseaux énergétiques, hôpitaux, etc) afin de mieux la contrer. Il s’écoule aujourd’hui en moyenne 190 jours entre le début de la diffusion d’un malware, logiciel malveillant, et le moment où on le détecte, soulignait en avril dernier la Commission.

L’Union va également se doter d’une « réserve cyber », constituée de plusieurs milliers d’intervenants, publics et privés, sur la base du volontariat, pour soutenir l’effort de défense en cas d’attaque. Un Etat membre, une institution et certains pays tiers associés, comme la Suisse ou la Norvège, pourront faire appel à cette « réserve » en cas d’attaque significative ou à grande échelle, selon le communiqué.

De son côté, Lockbit, le célèbre groupe de hackers russophone spécialisé dans les rançongiciels n’aurait pas dit son dernier mot. Selon une étude.  de la société de cybersécurité Trend Micro, menée en collaboration avec la National Crime Agency (NCA) britannique, le groupe de pirates informatiques « travaille presque certainement » sur le développement d’une nouvelle variante.

06/03/2024 L’affrontement militaire entre la Russie et l’Occident va-t-il prendre de nouvelles dimensions en cette fin de l’hiver 2024

La plupart des observateurs militaires occidentaux conviennent aujourd’hui du fait que si un état de guerre ouverte n’est pas encore déclaré entre ce même occident et la Russie, les adversaires potentiels s’en rapprochent de plus en plus.

C’est le cas en Russie sur le territoire de laquelle les actes de sabotage sont de plus en plus nombreux. Si les autorités ukrainiennes assurent ne pas intervenir sur le territoire russe, des combattants ukrainiens reconnaissent traverser la frontière. Les autorités russes en conviennent et leur imputent des destructions et sabotages de plus en plus lourds de conséquences, notamment quand ils touchent les exportations de gaz russes ou les navires de la Flotte de la Mer Noire.
https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/temoignage-guerre-en-ukraine-nous-allons-essayer-d-intensifier-nos-activites-sur-le-sol-russe-admet-un-saboteur-ukrainien_5857346.html

Mais à l’opposé les États-Unis s’alertent : la Russie disposerait d’une arme nucléaire spatiale « sérieuse » et « déstabilisante » À la tête de la Commission permanente sur le renseignement de la Chambre des représentants, le républicain Mike Turner vient en février 2024 d’annoncer que la commission était en possession d’informations sur la nouvelle capacité militaire d’une puissance rivale sinon ennemie, décrite comme « déstabilisante » et représentant une « sérieuse menace pour la sécurité nationale ».

Il exigeait en conséquence une action rapide de la part de l’administration Biden, à laquelle il demandait la déclassification de l’ensemble des informations liées à la menace et une concertation générale – voire internationale – sur le sujet.

La Russie, comme la Chine ou les États-Unis notamment, étudient depuis des années la possibilité de tels systèmes orbitaux de brouillage, de désactivation ou de destruction pure et simple des satellites ennemis si une guerre venait à éclater.

Si la menace qui agite la sphère politique et militaire américaine se confirmait réellement, il pourrait s’agir d’une capacité nucléaire spatiale russe destinée à mettre hors service en orbite les satellites des puissances visées, et ainsi les rendre « aveugles » en cas de conflit.

La Russie, comme la Chine ou les États-Unis notamment, étudient activement depuis des années la possibilité de tels systèmes orbitaux de brouillage, de désactivation ou de destruction pure et simple des satellites ennemis si une guerre venait à éclater.

En arriver là, risquerait cependant de déclencher une véritable guerre nucléaire entre puissances.

https://actu.geo.fr/geopolitique/defense-alerte-etats-unis-russie-disposerait-capacite-nucleaire-spatiale-serieuse-et-destabilisante-securite-nationale-satellites-218816?dicbo=v2-fVmMNKm



05/03/2024 Réédition d’un article de Stéphane Séjourné, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, paru dans Le Monde du 16 février 2024

Depuis presque deux ans, la Russie mène en Ukraine une guerre illégale et injustifiée, qui chaque jour sème la terreur et a détruit des dizaines de milliers de vies et de familles. Dès le premier jour, les Européens ont témoigné d’une formidable unité. Nos sociétés font bloc pour soutenir la résistance ukrainienne.

Parce que nous sommes unis derrière l’Ukraine, la Russie fait tout pour nous diviser. En manipulant quasi quotidiennement l’information sur nos réseaux sociaux et dans nos médias, la Russie a un objectif clair : semer le chaos, nuire à nos intérêts et nous détourner de nos valeurs. Un jour on nous parle de prétendus mercenaires français en Ukraine. Un autre on agite la menace de l’extension du conflit, y compris par une rhétorique nucléaire irresponsable. Un autre encore, on agite la menace que représenterait l’économie ukrainienne, alors que la Russie n’a cessé de faire de l’énergie et de l’alimentation des leviers à l’appui de sa guerre. Ces mensonges sont devenus opinions politiques, et elles profitent à une seule et même cause : celle de l’agression russe.

La Russie veut nous faire croire qu’il serait plus raisonnable d’abandonner les Ukrainiens à leur sort tragique. Les Françaises et les Français ne sont pas dupes. Nous ne nous laisserons pas instrumentaliser par des manœuvres aussi grossières. Car rien ne serait plus contraire à notre sécurité et à nos principes. Les coûts d’une victoire russe seraient tout simplement inacceptables pour nos sociétés.

L’extension de la guerre en Europe

La Russie ne se contenterait pas de l’Ukraine. Loin de nous apporter la paix, la victoire de Moscou ne pourrait qu’inciter Vladimir Poutine à poursuivre sa chimère expansionniste en usant du même moyen, la force, et du même prétexte, le combat contre un « Occident collectif » qu’il juge dépravé et décadent. Au-delà de la négation assumée de l’Ukraine en tant qu’Etat, la Russie souhaite détruire l’ordre de sécurité européen et refaçonner notre continent selon ses intérêts.

Ce qui nous attend si la Russie avance en Ukraine, c’est la menace permanente, la déstabilisation quotidienne, la possibilité d’une extension de la guerre. Le danger ne s’arrêtera pas aux frontières de l’Union européenne et de l’OTAN. Nos alliés et partenaires de l’est de l’Europe y sont déjà confrontés.

La Russie poursuit sa politique cynique et inhumaine d’instrumentalisation de migrants pour créer de toutes pièces une crise à la frontière finlandaise. Elle orchestre déjà de fausses manifestations en Moldavie, pour fragiliser le gouvernement élu par le peuple d’un Etat destiné à rejoindre notre famille européenne. Nos alliés ne cessent de nous avertir, avec une inquiétude lucide. Ecoutons-les. Et ouvrons les yeux : nous subissons déjà, au cœur de nos sociétés, les conséquences des manœuvres et des mensonges de la Russie, visant à exacerber nos peurs et à nous diviser.

La Russie nous agresse tout en voulant nous persuader que c’est nous qui l’agressons. Continuer à soutenir l’Ukraine coûte que coûte, défendre les propositions ukrainiennes pour une paix juste et durable, c’est le seul moyen d’éviter la guerre qui découlerait immanquablement du désir russe de nous soumettre, dont personne ne peut douter à la vue de son agressivité actuelle contre notre pays et ses institutions démocratiques.

Le risque de perdre le contrôle de notre économie

Certains affirment que laisser gagner la Russie permettrait de lutter contre l’inflation ou de résoudre la crise énergétique. Rien n’est plus faux. En attaquant l’Ukraine, la Russie est également en guerre contre la sécurité alimentaire mondiale. Elle détruit depuis deux ans silos de céréales et routes d’acheminement ; elle s’efforce depuis deux ans de contrôler et de limiter les exportations alimentaires par la mer Noire.

Laisser la Russie l’emporter en Ukraine, ce serait donc l’inciter à poursuivre son odieux chantage. Laisser la Russie s’emparer des terres noires ukrainiennes, parmi les plus fertiles au monde, ce serait abdiquer une part de souveraineté alimentaire, accepter une inflation débridée, offrir à la Russie des moyens de pression et d’extorsion sans précédent. Si elle s’emparait de l’agriculture ukrainienne, elle détiendrait 30 % des exportations mondiales de blé et attaquerait sur les marchés nos propres agriculteurs. Si la Russie s’emparait définitivement de la centrale nucléaire de Zaporijia, elle ferait prendre un risque immense à l’Europe. L’Europe et le monde, les Françaises et les Français subiraient un choc économique sans précédent.

Mais nous ne sommes pas condamnés au pire. Par leur résistance héroïque et avec notre soutien résolu, les Ukrainiens ont déjà réussi à rétablir le transport de céréales en mer Noire. Soutenir l’Ukraine, c’est garder la maîtrise de notre destin économique et préserver notre sécurité quotidienne.

Choix existentiel

Laisser la Russie vaincre l’Ukraine, ce serait accepter que les fondements de nos sociétés puissent être renversés par la force. Ce serait accepter que les pires atrocités soient commises en toute impunité sur notre continent, faisant de nouveau de nos pays des terres de sang. D’autres puissances agressives n’hésiteront pas à recourir à la force pour parvenir à leurs fins. Nous avons connu ce monde avant 1945, quand la guerre était une forme normale de relation entre Etats, où la force et la violence l’ont emporté sur le droit.

Les efforts que nous déployons aujourd’hui aux côtés des Ukrainiens sont raisonnables par rapport aux coûts d’une victoire russe : des dépenses incalculables pour faire face à l’extension de la guerre, de nouvelles charges, incontrôlables, liées au recul de notre souveraineté énergétique et stratégique, une instabilité durable par le renoncement à nos valeurs et la perte de notre crédibilité dans le monde.

Ne cédons pas à la tentation de la fatigue ou de l’indifférence. La Russie, qui a échoué sur le terrain, entend gagner en nous décourageant, en nous persuadant qu’elle a le dessus et que rien ne pourra contrecarrer son entreprise impérialiste. Tout est faux : la Russie ne gagne pas en Ukraine.

Faisons le choix de résister à cette tentation. Les efforts d’aujourd’hui en faveur de l’Ukraine ne sont rien face à ceux que nous devrions déployer contre une Russie qui se sentirait victorieuse. Faisons le choix de garder la maîtrise sur les prix de l’énergie et de l’alimentation, de garder la maîtrise de notre liberté et de notre destin. Le choix de l’unité contre la division, comme nation et comme Européens. L’Europe est un projet de paix, et l’avenir de l’Europe se joue en Ukraine. La France ne saurait y tenir une autre place qu’au premier rang.

05/03/2024 Elections europénnes. La recherche scientifique n’est toujours pas devenue une priorité

Face au peu de hauteur de vue des programmes affichés par les candidats aux prochaines élections pour le Parlement européen du 6 au 9 juin 2024, certains observateurs se demandent si ces programmes ne devraient pas comporter des éléments concernant une relance de la recherche scientifique dans les Etats du continent.

Le monde avait vu jusqu’à la seconde guerre mondiale naître et parfois se développer en Europe des domaines de recherche fondamentale ou appliquée qui sont demeurés des références en ces domaines. Au 20e siècle, dans les six sciences dites fondamentales mathématiques, astronomie, physique, chimie, biologie, sociologie, la. physique einstenienne et sa rivale la physique quantique, l’énergie atomique, les radiocommunication, la biologie pastorienne, la psychanalyse avait pris leur source en Europe.

Dans un certain nombre de ces domaines les recherches avaient été détournées par le nazisme, Mais après la guerre elles ne demandaient qu’a repartir, comme certaines l’ont fait en France après la Libération.

Cependant l’importance prises par de telles recherches dans les politiques d’armement a permis aux Etats-Unis, grands vainqueur à l’Ouest de la seconde guerre mondiale, d’attirer sur leur territoire les scientifiques européens et leurs savoir-faire. Il est devenu très difficile pour un jeune chercheur européen de travailler hors des Etats-Unis et notamment loin de la Silicon Valley, devenue le symbole de technosciences américaines incontournables.

Aujourd’hui, les perspectives et les ambitions des diverses sciences ont pris de plus en plus d’ampleur. Elles sont devenues mondiales. Ceci est du à la remontée en puissance de la Russie et aux ambitions de la Chine. Celles-ci ont bien compris que, non seulement sur la Terre mais sans l’espace et ce jusqu’à la planète Mars, elles devaient pour survivre se donner des compétences scientifiques constamment mises à jour et étendues. Ceci ne pourra pas se faire sans des financements de plus en plus importants provenant d’économies dans les dépenses d’autres secteurs.

L’Europe pour sa part ne semble pas concernée par ces enjeux, au moins au niveau du Parlement. Les électeurs et les candidats aux élections européennes devaient s’en rendre compte et s’en indigner. Dès maintenant ils devraient exiger plus d’ambitions scientifiques dans les programmes politiques, ne fut-ce qu’en ce qui concerne les moyens mis à la disposition des laboratoires dont disposent les établissements.

Nous en sommes loin.