30/05/2024  Les Mystérieux axions

Une explosion de rayons gamma d’une énergie jamais été observée jusqu’alors a été détectée en provenance de l’espace profond en 2022. De tels flashes se produisent de temps à autre, mais les astronomes estimèrent que des événements de cette ampleur ne surviennent que tous les 10.000 ans en moyenne. Le phénomène a été nommé GRB221009A 

L’explosion provenait de photons ou particules de lumière, si énergétiques qu’ils ne purent être observés directement par des téléscopes terrestres. Ce n’est que récemment que des astronomes de l’Académie des sciences de Pékin purent les détecter indirectement grâce aux pluies de particules qu’ils produisirent en entrant dans l’atmosphère terrestre.

Rappelons que le rayonnement gamma est constitué de photons, comme la lumière visible ou le rayonnement X, mais il est beaucoup plus énergétique. La lumière visible a une énergie de l’ordre de un électron-volt (1 eV) . Les rayons X ont une énergie de mille à un million d’eV. On peut observer exceptionnellement des rayons gamma de très haute énergie, atteignant un million de millions d’eV (Tera-électron-volt).

Ces rayons gamma de très haute énergie sont peu nombreux, même provenant d’une source d’origine astrophysique intense. Ainsi le flux de photons gamma pénétrant habituellement dans l’atmosphère est d’environ un par mois et par mètre carré.

Les photons producteurs de rayons gamma sont uniques en ce sens qu’ils peuvent être réfléchis (renvoyés en arrière) par les autres photons présents dans l’espace. Par conséquent, ceux de GRB221009A  auraient du être réfléchis depuis longtemps avant d’atteindre la Terre par la lumière dite lumière de fond extragalactique, vu qu’ils venaient de très loin.

Ceci conduisit les astronomes à se demander si les particules composant GRB221009A étaient bien des photons. Il aurait pu s’agir de muons. Un muon est une particule élémentaire semblable à un électron, mais avec une charge électrique de -1, un spin de 1/2 et une masse beaucoup plus importante.

Certains se demandent même si les particules en question étaient bien des photons. N’aurait-il pas pu s’agir d’axions ? Les axions sont des particules hypothétiques ultralégères qui n’interagissent pas avec les particules galactiques rencontrées lors de leur voyage intersidéral. Prouver leur existence pourrait expliquer diverses questions encore sans réponse, telles que la matière noire et l’énergie sombre.

Pour en savoir plus

29/05/2025 Une nouvelle méthode pour atteindre un refroidissement proche du zéro absolu

Dans le monde de la recherche scientifique, la nécessité de refroidir les instruments électriques les plus sensibles à des températures extrêmement basses est une réalité omniprésente. De plus en plus, maintenir des températures proches du zéro absolu est en effet crucial pour protéger les appareils contre les interférences externes, telles que les variations de température. On parle de « Big Chill » et son importance ne peut être sous-estimée dans la recherche de résultats scientifiques précis et fiables.

Traditionnellement, les scientifiques ont eu recours à des réfrigérateurs à tubes pulsés (PTR) pour atteindre les températures extrêmement basses nécessaires à leurs expériences. Concrètement, ces PTR utilisent de l’hélium gazeux dans un processus complexe d’évaporation et de condensation pour refroidir les instruments. Cependant, malgré leur efficacité, ces réfrigérateurs présentent des inconvénients majeurs. Ils consomment non seulement d’énormes quantités d’énergie, mais ils sont également coûteux à exploiter et prennent beaucoup de temps pour atteindre les températures requises.

Ces limitations ont depuis longtemps entravé la recherche scientifique, ralentissant les progrès et augmentant les coûts.

Aujourd’hui cependant une équipe du National Institute of Standards and Technology (NIST) annonce en effet avoir fait une percée majeure dans le domaine du refroidissement. Plus précisément, les chercheurs ont développé un nouveau prototype de réfrigérateur qui peut selon eux atteindre le Big Chill beaucoup plus rapidement et efficacement que les méthodes traditionnelles. Cette avancée pourrait ainsi révolutionner la façon dont les expériences scientifiques sont menées, en réduisant considérablement le temps de préparation et les coûts associés.

Comment fonctionne cette nouvelle technologie de refroidissement ? Contrairement aux PTR traditionnels qui sont optimisés pour une seule température de base, le nouveau prototype développé par le NIST utilise une conception innovante pour utiliser plus efficacement l’hélium gazeux. Grâce à une valve intelligente placée entre le compresseur et le réfrigérateur, une partie de l’hélium qui serait normalement gaspillée est réacheminée pour un refroidissement plus efficace. Cette optimisation permet d’atteindre le Big Chill 1,7 à 3,5 fois plus rapidement que les méthodes conventionnelles.

Les résultats de l’étude sont impressionnants. En utilisant cette nouvelle technologie de refroidissement, les scientifiques estiment en effet qu’ils pourraient économiser jusqu’à 27 millions de watts d’énergie par an et réduire la consommation mondiale d’énergie de 30 millions de dollars. De plus, ils pourraient réduire de plusieurs semaines le temps de préparation des expériences scientifiques clés, ce qui accélérerait considérablement les progrès dans divers domaines de la recherche.

Référence

Dynamic acoustic optimization of pulse tube refrigerators for rapid cooldown

Pulse tube refrigerators are a critical enabling technology for many disciplines that require low temperatures. These refrigerators dominate the total power consumption of most modern cryostats, including those that reach millikelvin temperatures using additional cooling stages. In state-of-the-art commercial pulse tube refrigerators, the acoustic coupling between the driving compressor and the refrigerator is fixed and optimized for operation at base temperature. We show that this optimization is incorrect during the cooldown process, which results in wasted power consumption by the compressor and slow cooldown speed. After developing analytic expressions that demonstrate the need for acoustic tuning as a function of temperature, we dynamically optimize the acoustics of a commercial pulse tube refrigerator and show that the cooldown speed can be increased to 1.7 to 3.5 times the original value. Acoustic power measurements show that loss mechanism(s)—and not the capacity of the compressor—limit the maximum cooling available at high temperatures, suggesting that even faster cooldown speeds can be achieved in the future. This work has implications for the accessibility of cryogenic temperatures and the cadence of research in many disciplines such as quantum computing.

29/05/2024 Surpopulation ou effondrement démographique

Dans un rapport intitulé Global fertility in 204 countries and territories 1950-2021 with forecast to 2100 dont nous donnons in fine les références, le Journal médical The Lancet constate que l’humanité n’est pas menacée du surpopulation mais au contraire de sous-natalité pouvant dans certain cas conduire à des effondrements démographiques.

La population actuelle est estimée à 8 milliards d’individus. Pour la maintenir constante, il faudrait que chaque femme ait 2,1 enfants.

Or en 2050, le taux de reproduction dans 76% des pays n’attendra pas ce niveau. En 2100, ce sera le cas dans 97% d’entre eux. Autrement dit la sous-population touchera le monde entier, excepté quelques régions d’Afrique.

On dira que ce sera une bonne chose pour l’environnement. Mais en fait, la baisse voire l’effondrement de la population en âge de travailler posera partout de grands problèmes car il faudra entretenir des inactifs, enfants et surtout retraités, de plus en plus nombreux.

Par ailleurs les chiffres montrent d’importants différences entre les pays à haut revenu et population en baisse, comme le sont en général les Etats européens et le petit nombre de pays, situés essentiellement en Afrique, à bas revenu et population croissante.

Le monde pourra-t-il faire face à ce que beaucoup d’économistes nomment une bombe démographique.

Dans l’ensemble, la hausse du taux de population se poursuivra encore sur sa lancée entre 2060 et 2080. Mais il n’est que temps pour les Etats de se préparer à la chute qui viendra après. La plus grande difficulté sera de maintenir le niveau de vie et même l’état de santé des retraités vieillissants;Ceci supposera un effort sans précédents de construction de maisons de retraites et d’EPAD (Etablissements de soins pour personnes âgées dépendantes).

Mais la véritable solution consistera à maintenir au travail productif un nombre croissant de personnes âgées. Cela sera possible grâce aux nouvelles technologies et à l’amélioration des conditions de travail. Mais ce serait dès maintenant qu’il faudrait préparer cette transition, y compris dans l’esprit des personnes qui à 50 ans se réjouissent déjà de la perspective de bientôt prendre leur retraite.

Référence

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)00550-6/fulltext

28/05/2024 Le langage des cachalots est proche du langage humain.


Les cachalots produisent des cliquetis (ou clics) organisés en séquences appelées « codas ». Ces clics portent à plusieurs kilomètres et leur servent à communiquer entre eux. Ils les obtiennent en comprimant l’air dans leur système respiratoire puis en le relâchant par saccades organisées

Dans une étude publiée par la revue Nature Communications dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, des chercheurs ont analysé plus de 8700 séquences de clics appelés codas. Ils affirment avoir identifiés quatre éléments de base qui, selon eux, constituent un alphabet phonétique.

Celui-ci pourrait être utilisé dans un nombre illimité de combinaisons, comme si les cachalots disposait un très grand dictionnaire. C’est cette souplesse extrême qui caractérise le langage humain.

Les cachalots ont le plus gros cerveau de tous les animaux de la planète. Il pèse jusqu’à neuf kilos, soit six fois la taille d’un cerveau humain moyen. Ils vivent en groupes matriarcaux d’environ dix individus et se retrouvent parfois avec des centaines d’autres congénères.

Ils peuvent atteindre 18 mètres de long et plonger à près d’un kilomètre de profondeur pour chasser les calmars. Ils dorment verticalement, en groupes. Ils semblent avoir des liens sociaux complexes et le décryptage de leurs systèmes de communication pourrait selon les chercheurs révéler des parallèles avec le langage et la société humaine.

C’est le seul exemple de convergence évolutionnaire que l’on connaisse entre une espèce animale et l’homme

Référence

Contextual and combinatorial structure in sperm whale vocalisations

    Nature Communications 

    volume15, Article number: 3617 (2024) 

    Abstract

    Sperm whales (Physeter macrocephalus) are highly social mammals that communicate using sequences of clicks called codas. While a subset of codas have been shown to encode information about caller identity, almost everything else about the sperm whale communication system, including its structure and information-carrying capacity, remains unknown. We show that codas exhibit contextual and combinatorial structure. First, we report previously undescribed features of codas that are sensitive to the conversational context in which they occur, and systematically controlled and imitated across whales. We call these rubato and ornamentation. Second, we show that codas form a combinatorial coding system in which rubato and ornamentation combine with two context-independent features we call rhythm and tempo to produce a large inventory of distinguishable codas. Sperm whale vocalisations are more expressive and structured than previously believed, and built from a repertoire comprising nearly an order of magnitude more distinguishable codas. These results show context-sensitive and combinatorial vocalisation can appear in organisms with divergent evolutionary lineage and vocal apparatus.

    28/05/2024 Des virus qui infectaient les Néandertaliens

    Les séquences génétiques de trois virus qui infectent l’homme moderne ont été retrouvées dans des squelettes de deux Homo neandertalensis qui vivaient il y a plus de 50.000 ans en Russie (grottes de Chagyrkaya).

    Les chercheurs de l’Université de Sao Paulo (Brésil) qui identifièrent ces virus ont réussi à les reconstituer en laboratoire et constater qu’ils n’avaient en rien perdu de leur contagiosité. Il s’agissait d’un adénovirus provoquant des infections respiratoires, d’un virus de l’herpès et d’un papillomavirus sexuellement transmissible pouvant provoquer des verrues génitales.

    Ces virus auraient-ils contribué à la disparition de l’Homme de Néandertal face à l’Homo sapiens. L’hypothèse a été suggérée mais aucun élément ne permet de la justifier, d’autant plus que les Sapiens étaient très probablement infectés aussi.

    Par ailleurs le fait qu’un seul Néandertalien ait pu être porteur de trois virus ne doit pas surprendre. Les humains d’aujourd’hui peuvent au cours de leur vie affronter dix infections virales successives.

    Référence

    Reconstructing prehistoric viral genomes from Neanderthal sequencing data

    Renata C. Ferreira, others

    doi: https://doi.org/10.1101/2023.03.16.532919

    This article is a preprint and has not been certified by peer review

    Abstract

    DNA viruses that produce persistent infections have been proposed as potential causes for the extinction of Neanderthals and therefore, the identification of viral genome remnants in Neanderthal sequence reads is an initial step to address this hypothesis. Here, as proof of concept, we searched for viral remnants in sequence reads of Neanderthal genome data by mapping to adenovirus, herpesvirus and papillomavirus, which are double stranded DNA viruses that may establish lifelong latency and can, produce persistent infections. The reconstructed ancient viral genomes of adenovirus, herpesvirus and papillomavirus revealed conserved segments, with nucleotide identity to extant viral genomes, and variable regions in coding regions with substantial divergence to extant close relatives. Sequence reads mapped to extant viral genomes showed deamination patterns of ancient DNA and that these ancient viral genomes showed divergence consistent with the age of these samples (≈50,000 years) and viral evolutionary rates (10-5 to 10-8 substitutions/site/year). Analysis of random effects shows that the Neanderthal mapping to genomes of extant persistent viruses is above the expected by random similarities of short reads. Also, negative control with a nonpersistent DNA virus does not yield statistically significant assemblies. This work demonstrates the feasibility of identifying viral genome remnants in archaeological samples with signal-to-noise assessment

    27/05/2024 Les trous noirs seraient des « gravastars »

    Les trous noirs sont aujourd’hui considérés comme des singularités défiant les lois de la physique. Il s’agit d’objets céleste si denses qu’aucune autre forme de matière ou de rayonnement ne peut s’en échapper. Ne pouvant ni émettre, ni diffuser la lumière ils sont donc dits noirs, ou optiquement invisibles.

    Toutefois, plusieurs techniques d’observation indirecte dans différentes longueurs d’onde ont été mises au point et permettent d’étudier quelques uns des nombreux phénomènes qu’ils induisent. En particulier, la matière tombant dans un trou noir est chauffée à des températures très élevées  et émet une quantité importante de rayons X, avant d’être « absorbée ». Ces rayons X peuvent être observés avec les moyens adéquats.

    Rappelons que la relativité générale dit d’un trou noir qu’il est provoqué par une masse suffisamment concentrée pour qu’elle ne cesse de s’effondrer sur elle-même du fait de sa propre gravitation, arrivant même à se concentrer en un point ponctuel appelé singularité gravitationnelle. Les effets de la concentration de cette masse permettent de définir une sphère, appelée l’horizon des évènements du trou noir, dont aucun rayonnement et a fortiori aucune matière ne peut s’échapper,. En effet, même la lumière et ses photons ne peuvent échapper à son attraction gravitationnelle et parvenir à nos appareils d’observation).

     Il existe plusieurs sortes de trous noirs. Lorsqu’ils se forment à la suite de l’effondrement gravitationnel d’une étoile massive, on parle de trou noir stellaire, dont la masse équivaut à quelques masses solaires. Ceux qui se trouvent au centre des galaxies possèdent une masse bien plus importante pouvant atteindre plusieurs milliards de fois celle du Soleil ; on parle alors de trou noir supermassif (ou trou noir galactique). Entre ces deux échelles de masse, il existerait des trous noirs intermédiaires avec une masse de quelques milliers de masses solaires. Des trous noirs de masse bien plus faible, formés au début de l’histoire de l’Univers, peu après le Big Bang, sont aussi envisagés et nommés des trous noirs primordiaux. Leur existence n’est, à l’heure actuelle, pas confirmée. En fait les singularités des trous noirs défient plus que jamais les lois de la physique.

    Aujourd’hui cependant une nouvelle recherche propose une solution audacieuse à ce conandrum. Les trous noirs seraient un certain type d’étoile que les chercheurs proposent de nommer des gravastars. Elles seraient emplies par de l’énergie noire , cette énergie invisible qui provoquerait l’expansion de l’univers. On trouvera ci-dessous in fine, comme à l’accoutumé, les références et l’abstract de leur étude. Elle a été publiée pour la premiè fois en avril 2023 dans le journal  Physical Review D

    Le concept de gravastar a été pour la première fois présenté comme une alternative au trou noir par le Pr João Luís Rosa, professeur de Physique à l’Université de Dantzig, en Pologne. Cette proposition élimine le concept d’infini dont serait fait le centre des trous noirs. L’infini n’a pas sa place en science

    Référence

    PHYSICAL REVIEW D
    covering particles, fields, gravitation, and cosmology

    Observational imprints of gravastars from accretion disks and hot spots
    João Luís Rosa, Daniela S. J. Cordeiro, Caio F. B. Macedo, and Francisco S. N. Lobo

    Phys. Rev. D 109, 084002 – Published 1 April 2024

    ABSTRACT

    In this work, we analyze the observational properties of thin-shell gravastars under two astrophysical frameworks, namely surrounded by optically thin accretion disks and orbited by hot spots. We consider the thin-shell gravastar model with two free parameters, the gravastar radius and ratio of mass allocated at the thin-shell, and produce the corresponding observables via the use of numerical backwards ray-tracing codes. Regarding the observations of accretion disks, our results indicate that, due to the absence of a strong gravitational redshift effect, smooth gravastar configurations cannot reproduce shadow observations when internal emission is assumed. We thus expect such models to be excluded as candidates for supermassive objects in galactic cores. Nevertheless, thin-shell gravastars, with a large portion of their total mass allocated at the surface, can produce such an effect and are thus adequate candidates for black-hole mimickers. In the context of hot-spot orbits, the astrometrical observational properties of ultracompact gravastars resemble closely those of other ultracompact objects e.g. fluid stars and bosonic stars. However, for low-compacticity configurations, the time-integrated fluxes feature additional contributions in the form of a high-intensity plunge through image. These qualitative differences in the observational properties of gravastars in comparison with black-hole spacetimes could potentially be discriminated by the next generation of interferometric experiments in gravitational physics.

    27/05/2024 La France bien placée dans la course mondiale à l’ordinateur quantique




    Récemment nous annoncions une collaboration entre le CEA-Leti de Grenoble avec la finlandaise IQM quantum computer pour développer des puces d’ordinateurs quantiques dites photoniques quantiques.

    Aujourd’hui, on apprend que le start-up française Pascal vient de conclure un accord avec l’énergéticien saoudien Aramco pour lui livrer un ordinateur quantique en 2025. Un succès notable pour Pascal et son PDG, Georges-Olivier Reymond.

    https://www.challenges.fr/high-tech/avec-aramco-pasqal-frappe-un-grand-coup-dans-la-course-a-l-ordinateur-quantique_894299


    Cette vente s’inscrit dans un partenariat de longue date entre les deux entreprises. La start-up française dispose de bureaux à Riyad et travaille sur des applications avec Aramco depuis 2022. Aramco avait, elle, contribué, via son fonds Wa’ed Ventures et pour une part « très minoritaire » du capital, à la levée de 100 millions d’euros de Pasqal en 2023.

    Les cas d’usage de la machine devraient toutefois rester limités : les 200 qubits de l’ordinateur prévus ne sont pas encore des « qubits logiques », ou qubits sans erreur, ce qui limite les applications à des situations où les erreurs commises sont contrôlables.

    Cette annonce vient couronner une année déjà riche pour Pasqal, qui va également livrer deux ordinateurs quantiques à des centres de calcul français (GENCI) et allemand (Forschungszentrum Jülich) et qui vient d’annoncer avoir résolu un problème de planification de satellites avec Thalès. L’entreprise, forte de ses 200 salariés, espère pouvoir construire une machine à 10 000 qubits d’ici trois ans.

    La bataille pour le qubit logique est loin d’être gagnée. De nombreuses start-up commencent à commercialiser leurs solutions : c’est le cas en France de Quandela, déjà citée qui a inauguré son premier ordinateur quantique chez OVH en mars, ou d’Alice & Bob, qui vient d’annoncer cette semaine la mise à disposition de sa puce quantique chez des clients de Google Cloud. Des solutions toutefois plus modestes : l’ordinateur quantique d’OVH, installé sur le site de Croix (Nord), est actuellement limité à deux qubits.

    Surtout, l’américain IBM, qui commercialise déjà des ordinateurs quantiques, vient d’annoncer un investissement de 45 millions d’euros dans son centre de recherche français, basé à Saclay (Île-de-France) : de quoi permettre l’embauche d’une cinquantaine de chercheurs et d’ingénieurs pour travailler sur la correction d’erreurs, le code ou encore le développement de cas d’usage. Avec un objectif : développer le premier qubit logique à l’horizon 2030.

    Un objectif partagé par Pasqal, qui envisage des produits intégrant des qubits logiques « dans dix ans ».l

    Les solutions techniques divergent : Pasqal utilise des atomes neutres, là où la solution de Quandela est basée sur de la photonique et celles d’Alice & Bob https://alice-bob.com/ ou d’IBM sur la supraconductivité. Il y a de la place pour plusieurs technologies, avec des problèmes qu’une technologie spécifique traitera mieux qu’une autre.

    26/05/2024 La Turquie vient de découvrir la deuxième plus grande réserve d’éléments de terres rares au monde.

    La réserve se trouve dans le district de Beylikova à Eskişehir en Anatolie centrale. Elle est estimée à 694 millions de tonnes, devancée par la Chine qui possède le plus grand gisement d’éléments rares avec 800 millions de tonnes

    Dans un première temps, le gouvernement prévoit de traiter 1 200 tonnes par an, bien que son objectif final aille beaucoup plus loin. « Nous traiterons 570 000 tonnes de minerai par an. De ce minéral traité, nous obtiendrons 10 000 d’oxyde de terre rare. Nous parlons de 72 000 tonnes de barytine, 70 000 tonnes de fluorite, 250 tonnes de thorium« , a déclarer le chef du gouvernement « Je veux surtout mettre l’accent sur le thorium, un élément qui nous offrira de grandes opportunités notamment dans les nouvelles technologies nucléaires« .

    Selon l’Institut des études géologiques des États-Unis (USGS), la production mondiale de terres rares, 280 000 tonnes, avant la découverte que vient de faire la Turquie, se répartissait comme suit :

    • Chine 168 000 tonnes, soit 60% du marché mondial ;
    • États-Unis 42 000 tonnes, soit 15% ;
    • Birmanie 25 000 tonnes, soit 9% ;
    • Australie 22 000 tonnes, soit 8% ;
    • Thaïlande 8 000 tonnes, soit 3%.

    Réserves de terres rares dans le monde

    Au rythme de production actuel (280 000 tonnes) et au vu des réserves mondiales (120 millions de tonnes), le monde dispose d’environ 430 ans de consommation de terres rares devant lui.

    Publié par Statista Research Department, 9 avr. 2024

    Cette statistique présente les réserves de terres rares estimées dans le monde en 2023, selon le pays et en milliers de tonnes d’oxydes de terres rares (OTR). Les réserves de terres rares de la Chine sont estimées à 44 millions de tonnes métriques d’équivalent d’oxyde de terres rares en 2023, ce qui en fait le premier pays au monde en termes de réserves de terres rares.

    « En France, les principaux sites géologiques contenant des terres rares sont situés en Bretagne, en Guyane et en Polynésie. Ils sont recensés dans le dernier rapport du Bureau de recherches géologiques et minières consacré à ces ressources stratégiques », précise le site Science Ouest (2018).

    D’ores et déjà se pose la question de savoir ce que fera la Turquie de ces réserves, au delà de ses usages propres. En fera-t-elle bénéficier la Russie et la Chine ou au contraire l’Occident, Etats-Unis et/ou Union européenne. Cette dernière qui jusque-là n’avait manifesté aucun enthousiasme à une éventuelle adhésion de la Turquie, changera-t-elle d’avis?

    Quant à l’Etat Islamique ou autres organisations de ce type…







    25/05/2024 L’acheminement au pied des pyramides des blocs de pierre dont elles furent construites

    Pour construire les pyramides, les Egyptiens utilisaient des blocs de pierres. Différents types de pierres ont été utilisés. Mais d’où venaient-elles ? Comment faire pour déplacer ces blocs de pierre pesant plusieurs tonnes.

    • Le calcaire de Tourah : issu de Tourah, à plusieurs kilomètres du Caire
    • Le calcaire de Gizeh, sur le plateau de Gizeh. Les pierres étaient
      taillées, près de l’emplacement du chantier de construction
    • Le granit rose d’Assouan, utilisé pour la chambre du roi. Il venait d’Assouan à 800 km au sud du Caire. Les blocs de pierres d’Assouan, au sud de l’Egypte, sont venus par bateau en descendant le Nil. Ensuite, les Egyptiens les ont acheminés par des canaux et des bassins artificiels jusqu’au plateau de Gizeh. Ils ont construit de véritables ports pour livrer les pierres au plus près des pyramides. C’est ce que révèle le journal de bord de Merer, un fonctionnaire chargé du transport des blocs de pierre.

    Un bras aujourd’hui asséché du Nil, qui passait au pied des nombreuses pyramides d’Egypte, aurait permis l’acheminement par bateau des blocs dont elles sont construites

    Des géomorphologues de l’Université de Caroline du Nord à Wilmington viennent de mettre au jour un bras aujourd’hui disparu du Nil, qui longeait ces tombeaux des pharaons. Et celui-ci aurait donc permis d’amener les matériaux de construction. « Nos travaux fournissent la première carte de l’une des anciennes branches principales du Nil à une telle échelle, en le liant avec la plus vaste étendue de pyramides d’Egypte », assure Eman Ghoneim, qui a supervisé ces recherches publiées dans le la revue Nature Communications Earth&Environment.

    Cette carte a été réalisée à l’aide d’images radar prises par le satellite Sentinel-1 de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui permettent, depuis le ciel, de repérer les sédiments dans le sous-sol du lit d’un possible ancien fleuve. Une voie d’eau de 64 km qui, il y a 4200 ans, a été ensuite petit à petit recouverte par le vent chargé de sable du désert.

    Référence

    nature  

    The Egyptian pyramid chain was built along the now abandoned Ahramat Nile Branch


    Gad El-Qady, and others

    volume5, Article number: 233 (2024) 

    • Abstract

    The largest pyramid field in Egypt is clustered along a narrow desert strip, yet no convincing explanation as to why these pyramids are concentrated in this specific locality has been given so far. Here we use radar satellite imagery, in conjunction with geophysical data and deep soil coring, to investigate the subsurface structure and sedimentology in the Nile Valley next to these pyramids. We identify segments of a major extinct Nile branch, which we name The Ahramat Branch, running at the foothills of the Western Desert Plateau, where the majority of the pyramids lie. Many of the pyramids, dating to the Old and Middle Kingdoms, have causeways that lead to the branch and terminate with Valley Temples which may have acted as river harbors along it in the past. We suggest that The Ahramat Branch played a role in the monuments’ construction and that it was simultaneously active and used as a transportation waterway for workmen and building materials to the pyramids’ sites.



    24/05/2024 Une nouvelle hypothèse concernant la gravité quantique

    https://www.techno-science.net/actualite/gravite-quantique-enfin-approche-testable-expliquant-grand-mystere-notre-univers-N24999.html

    Une nouvelle hypothèse concernant la gravité quantique pourrait résoudre l’une des plus grandes énigmes de la cosmologie moderne. En 1929, Edwin Hubble découvrit que l’Univers était en expansion. En observant les galaxies, il remarqua que celles qui étaient les plus lointaines s’éloignaient plus rapidement de la Terre. Cette découverte fondamentale a conduit à la détermination de la constante de Hubble, qui mesure cette expansion.

    Cependant, des mesures plus récentes ont mis en lumière une incohérence troublante. La constante de Hubble, déterminée par l’observation du fond diffus cosmologique, est une image de l’univers émise peu après le Big Bang. Or elle diffère de près de 10 % des valeurs obtenues par les observations astronomiques récentes des objets cosmiques distants. Cette contradiction, connue sous le nom de « tension de Hubble », suggère l’existence de lacunes dans notre compréhension de l’évolution de l’Univers.

    Voir https://science.nasa.gov/missions/webb/nasas-webb-hubble-telescopes-affirm-universes-expansion-rate-puzzle-persists/

    Pour tenter de résoudre ce problème, les chercheurs P.K. Suresh et B. Anupama de l’Université de Hyderabad ont proposé une nouvelle approche en intégrant les effets quantiques dans la théorie utilisée pour déterminer le taux d’expansion. Leur étude, publiée dans Classical and Quantum Gravity, (voir référence in fine) suggère que seule la révision de la théorie de la relativité  générale d’Einstein pour inclure ces effets pourrait harmoniser les résultats disparates.

    La gravité quantique, qui inclut des fluctuations aléatoires des champs et la création spontanée de particules à partir du vide, est un domaine théorique important. Intégrer ces effets dans des modèles pratiques est très complexe, surtout à cause des conditions extrêmes nécessaires pour les observer. Cependant, les chercheurs ont étudié des effets généraux de la gravité quantique qui peuvent être appliqués à plusieurs théories.

    Leur étude montre que tenir compte de ces effets dans la description des interactions gravitationnelles pendant l’inflation cosmique, pourrait modifier les prédictions sur le fond diffus cosmologique, harmonisant ainsi les deux méthodes de mesure de la constante de Hubble.

    Bien qu’une théorie complète de la gravité quantique soit encore à développer, ces premiers résultats sont encourageants. Le lien entre le fond diffus cosmologique et les effets de la gravité quantique pourrait permettre prochainement des études expérimentales.

    Référence

    A possible solution to the Hubble tension from quantum gravity

    Anupama BP K Suresh

    We investigate the relevance of quantum gravity during inflation to address the Hubble tension that arises from Planck 2018 and SH0ES data sets. We show that the effect of quantum gravity during inflation can increase the rate of change of H0, thereby accounting for a wide range of observed H0. Further, we show that due to the quantum gravity effect on inflation, the temperature at the onset of reheating can be lower than the standard case, causing delays in the reheating process. The role of quantum gravity is inevitable in settling the Hubble tension. The results of the present study may find use in resolving the Hubble tension, in validating inflationary model and quantum gravity.

    Comments:A new paragraph is added in the introduction part and fig. 7 is replaced with a new one. 19 pages, 10 figures
    Subjects:General Relativity and Quantum Cosmology (gr-qc); Cosmology and Nongalactic Astrophysics (astro-ph.CO)
    Cite as:arXiv:2303.02953 [gr-qc]
     (or arXiv:2303.02953v2 [gr-qc] for this version)
     https://doi.org/10.48550/arXiv.2303.02953Focus to learn more
    Journal reference:Class. Quantum Grav. 41 (2024) 035002
    Related DOI:https://doi.org/10.1088/1361-6382/ad1a51Focus to learn more