19/20/2024 Il semble désormais inutile de lutter contre la production des gaz à effets de serre.

Une malédiction semble menacer le Terre : finir dans le prochain siècle comme une planète desséchée telle que sa voisine Mars. Les efforts pour limiter les effets du réchauffement climatique n’auront servi à rien.

La Terre dispose à la suite de plusieurs milliards d’années d’explosion de la vie végétale de telles réserves de pétrole et de gaz naturel qu’il n’aura pas été possible d’empêcher les humains de puiser dans ces réserves en rejetant dans l’atmosphère des milliards de tonnes de gaz à effets de serre.

Ainsi que le relatent Newsweek ou The Daily Telegraph, des chercheurs auraient découvert sous l’Antarctique un monde souterrain empli d’une quantité incalculable de gaz et de pétrole. Il y en aurait suffisamment pour rebattre, potentiellement, les cartes énergétiques et géopolitiques mondiales, et mettre un ultime coup de frein aux efforts pour libérer la Terre de sa dépendance aux hydrocarbures . A quoi bon désormais dépenser des sommes considérables pour développer des énergies renouvelables et mettre au point des centrales de fusion nucléaires telles que prévues dans le programme international ITER. Il suffira de creuser en des lieux non encore prospectés pour trouver toute l’énergie nécessaire pour des siècles de consommation.

La Russie aurait ainsi mis au jour l’équivalent de 511 milliards de barils de pétrole en Antarctique, soit près du double des réserves connues de l’Arabie saoudite. Cette découverte inquiète quant à ses conséquences climatiques et géopolitiques. Depuis 1959 et la signature à Washington du Traité sur l’Antarctique, le Continent blanc est, d’une certaine manière, un bien commun de l’humanité, une terre intouchable sauf pour les scientifiques. Ils y disposent de nombreuses bases et peuvent y effectuer diverses recherches, notamment concernant des volcans souterrains encore inconnus. A ce titre, ils y effectuent divers forages. Et il semble que ce faisant, les Russes aient fait il y a quelques années une découverte majeure.

Dès 2023, Le Matin faisait part des inquiétudes internationales autour d’un navire russe d’exploration polaire nommé Akademik Alexandre Karpinski, faisant la navette entre Le Cap, en Afrique du Sud et l’Antarctique

La raison de cette crainte, exprimée par des militants pour le climat, est résumée par le Daily Telegraph : si les scientifiques à bord du bateau d’exploration polaire partaient pour une mission de forages et d’études géologiques et sismiques, celles-ci semblaient destinées à chercher des réserves de pétrole ou de gaz naturel en Antarctique, malgré le bannissement international de son exploitation.

Or ce qu’ont trouvé les hommes de l’entreprise  russe géante RosGeo, https://rusgeology.ru/en/ dépasse largement les peurs ou les espérances. On peut douter que Vladimir Poutine, soumis à de nombreuses contraintes occidentales, décide de laisser dormir ces gisements. L’affaire est à suivre.

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18/08/2024 La Russie prépare-t-elle une guerre nucléaire tactique contre l’OTAN ?

Nous lisons sur le site reseauinternational.net, que l’on peut aussi qualifier de « voix de Moscou » les affirmations suivantes :

https://reseauinternational.net/une-invasion-de-la-russie-nucleaire-par-lotan-est-actuellement-en-cours-et-le-monde-ignore-que-la-troisieme-guerre-mondiale-a-commence/

Le même discours s’adresse aux Canadiens https://www.mondialisation.ca/une-invasion-de-la-russie-nucleaire-par-lotan-est-actuellement-en-cours-et-le-monde-ignore-que-nous-vivons-la-troisieme-guerre-mondiale-la-patience-du-president-poutine-a-t-elle-atte/5691498?doing_wp_cron=1723937500.375689029

Il est repris, dans une dizaine de langues  à destination de la cinquantaine de pays où Reseauinternational est diffusé. Nous y lisons:

Pas à pas, Washington et ses partenaires de l’OTAN ont franchi une ligne rouge à la suite de l’autre.

  • Tout d’abord, les armes de l’OTAN en Ukraine ;
  • puis les troupes de l’OTAN en Ukaine ;
  • puis des avions de chasse F-16 en Ukraine ;
  • puis les soldats de l’OTAN commandant les armes sophistiquées fournies par l’Occident ;
  • puis les troupes de l’OTAN sur les territoires russes ; puis les drones et les avions de l’OTAN attaquant les cibles russes sur le territoire russe – et enfin les troupes de l’OTAN tentent de prendre le dessus de tout un district russe, de faire des prisonniers russes, de tuer des Russes.

Les aéroports de toute la Russie ont été constamment bombardés pendant plusieurs semaines par des drones de l’OTAN. 

Le 9 août 2024, les médias de la Russie ont signalé une explosion, suivie d’un incendie sur la base aérienne russe dans la région de Lipetsk, à environ 280 kilomètres de la frontière avec le nord-est de l’Ukraine, comme si les forces de l’Ukraine / de l’OTAN avaient attaqué l’aérodrome et détruit un entrepôt et plusieurs autres installations avec des bombes guidées ; guidées par des experts de l’OTAN. 

Or la Russie a la capacité militaire d’anéantir simultanément les centres décisionnels et militaires occidentaux, ainsi que les centres financiers, avec des armes nucléaires tactiques supersoniques ultra-précises, en limitant au maximum les pertes humaines, mais en mettant hors d’état de nuire les structures de pouvoir occidentales.

Faut-il en retenir que Vladimir Poutine appelle tous ses alliés dans le monde à soutenir la Russie dans la perspective où elle utiliserait des armes nucléaires tactiques supersoniques contre l’OTAN ? Que devrait faire plus précisément la Chine et l’Inde ?

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18/08/2024. Un réacteur nucléaire qui se refroidit de lui même en cas de panne du système réfrigérant

Au Japon, après le tsunami du 9 mars 2011, au niveau de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, située sur le littoral, la vague atteint 15 mètres de haut et met hors service les systèmes assurant le refroidissement des réacteurs et des piscines de stockage du combustible irradié, ce qui entraîne la fusion des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ainsi que la surchauffe de la piscine de désactivation du réacteur 4.

Pour éviter le retour de tels accidents, l’industrie nucléaire chinoise a expérimenté un nouveau type de réacteur dit Pebble Bed Reactor. https://en.wikipedia.org/wiki/Pebble-bed_reactor. Plutôt qu’utiliser des barres d’uranium de haute énergie pour chauffer le liquide des turbines , le PBR emploie un grand nombre de galets (pebble) constitués d’un noyau d’uranium entouré d’une couche de graphite. Ce dispositif est destiné à ralentir les réactions nucléaires en cas de surchauffe et disperser celles-ci sur l’ensemble des galets, ce qui rendra l’évacuation du combustible plus facile en cas d’accident.

Des prototypes avaient déjà été essayés en Allemagne et en Chine. Mais dorénavant un réacteur dit High Temperature Gaz-cooled Reactor Pebble-bed Module est en fonctionnement à Shandong. Il peut atteindre une température stable 35 heures après la coupure de l’électricité. Il sera bientôt proposé à la vente.

En France, la start-up Jimmy Energy a repris ce concept sous la forme de mini-réacteurs destinés à produire non de l’électricité mais de la chaleur industrielle. https://www.discoverthegreentech.com/encyclopedie/entreprises/jimmy-des-mini-reacteurs-nucleaires-graphite-gaz/

Pour en savoir plus https://www.discoverthegreentech.com/nucleaire/fonctionnement-centrale-fission/reacteurs/haute-temperature-htr/lit-de-boulets-pbr/

Voir notre article précédant

https://europesolidaire.eu/2024/08/15/15-09-2024-les-reacteurs-nucleaires-de-4e-generation/

17/08/2024 Un robot-chien qui désherbe les jardins au lance-flamme

Cette solution est à l’étude pour éviter aux gestionnaires de jardins et autres espaces verts d’avoir recours à des désherbants chimiques tels que le glyphosate toujours toxiques pour les utilisateurs.

Des chercheurs de l’Université du Texas ont mis au point un lance-flammes propane-butane contrôlé par un bras robotique, le tout porté par un robot dit Spot de Boston Dynamics

La solution sera peut-être à éviter dans les périodes de sécheresse dues au réchauffement climatique

Spot est un peu semblable à un chien dont il possède l’agilité

Spot de Boston Dynamics https://bostondynamics.com/products/spot/

Référence

https://arxiv.org/abs/2407.04929

[Submitted on 6 Jul 2024]

Toward Precise Robotic Weed Flaming Using a Mobile Manipulator with a Flamethrower

Authors Di Wang, and others

Robotic weed flaming is a new and environmentally friendly approach to weed removal in the agricultural field. Using a mobile manipulator equipped with a flamethrower, we design a new system and algorithm to enable effective weed flaming, which requires robotic manipulation with a soft and deformable end effector, as the thermal coverage of the flame is affected by dynamic or unknown environmental factors such as gravity, wind, atmospheric pressure, fuel tank pressure, and pose of the nozzle. System development includes overall design, hardware integration, and software pipeline. To enable precise weed removal, the greatest challenge is to detect and predict dynamic flame coverage in real time before motion planning, which is quite different from a conventional rigid gripper in grasping or a spray gun in painting. Based on the images from two onboard infrared cameras and the pose information of the flamethrower nozzle on a mobile manipulator, we propose a new dynamic flame coverage model. The flame model uses a center-arc curve with a Gaussian cross-section model to describe the flame coverage in real time. The experiments have demonstrated the working system and shown that our model and algorithm can achieve a mean average precision (mAP) of more than 76\% in the reprojected images during online prediction.

17/06/2024 Qui pousse qui à la guerre? La Russie ou l’Otan?

Nous lisons ceci dans Dedefensa du 16 aout 2024 https://www.dedefensa.org/article/vers-la-guerre

Cet article de Dimitri Trenine a son importance, en fonction de l’attitude habituelle de ce membre des élites russes de la sécurité nationale. • Dans le tableau général de la situation, certaines phrases résonnent comme une recommandation pour que la Russie envisage des interventions hors du cadre l’‘Opération Militaire Spéciale’, y compris,vers certains points stratégiques de pays de l’OTAN. • L’incursion ukrainienne de Koursk n’est pas citée mais on sent bien que l’événement détermine désormais la réflexion russe.

Dmitry Trenin: This European region could be the next Ukraine. The conflict between Russia and the West won’t end after Kiev is no longer viable as a proxy

The « Ukraine crisis » is not actually an accurate name for what is happening now in relations between Russia and the West. This confrontation is global. It touches virtually every functional area – from finance to pharmaceuticals to sport – and spans many geographical regions. In Europe, which has become the epicenter of this confrontation, the highest level of tension outside Ukraine is now in the Baltic region. The question often asked in Russia (and in the West) is: Will this become the next theater of war?

In Western Europe and North America, a scenario has long been contemplated in which the Russian Army, after its victory in Ukraine, continues to march forward – next seeking to conquer the Baltic republics and Poland. The purpose of this simple propaganda fantasy is clear: to convince Western Europeans that if they do not « invest fully » in supporting Kiev, they may end up with a war on their own territory.

It is telling that almost no one in the EU dares to publicly ask whether Moscow is interested in a direct armed conflict with NATO. What would its aims be in such a war? And what price would it be willing to pay? Obviously, even posing such questions could lead to accusations of spreading Russian propaganda.

Our country takes note of provocative statements made by our northwestern neighbors, the Poles, the Baltic states, and the Finns. These have referred to the possibility of blockading the Kaliningrad exclave by sea and land, and closing Russia’s exit from the Gulf of Finland. Such statements are mostly made by retired politicians, but sometimes current ones and military officers also raise their voices. These threats do not cause panic among Russians. Decisions of this magnitude are made in Washington, not in Warsaw or Tallinn. Nevertheless, the situation cannot be ignored.

The Baltic Sea region lost its status as the most stable and peaceful region in Europe many years ago. Since Poland (1999), Lithuania, Latvia and Estonia (2004), and most recently Finland (2023) and Sweden (2024) joined NATO, it became, as they proudly and happily repeat in Brussels, a « NATO lake. » It is a two-hour drive from Narva (i.e. NATO) to St. Petersburg. After Finland joined the US-led bloc, the line of direct contact increased by 1,300km, meaning it doubled. St. Petersburg is less than 150km from this border. Thus, the price of Moscow’s voluntary abandonment of the principle of geopolitical containment at the end of the Cold War was high.

NATO territory has not only expanded and moved closer to the Russian border; it is actively being equipped for operations. Corridors for rapid access of NATO forces to the frontier (the so-called military Schengen) have become operational; new military bases are being built and existing ones are being upgraded; the physical presence of US and allied forces in the region is increasing; military, air and naval exercises are becoming more intensive and extensive. Washington’s announcement that it intends to deploy intermediate-range missiles in Germany in 2026 draws parallels with the so-called Euro-missile crisis of the early 1980s, which was considered the most dangerous period of the Cold War after the Cuban standoff in October 1962.

The current situation in the northwest is forcing Moscow to strengthen its strategy of military deterrence against the enemy. A number of steps have already been taken. To bolster non-nuclear deterrence, the Leningrad Military District has been reconstituted and new formations and units are being created where they had long been absent. Military integration between Russia and Belarus has progressed significantly. Nuclear weapons have already been deployed on Belarusian territory. Exercises involving Moscow’s non-strategic nuclear forces have taken place. Official warnings have been issued that, under certain conditions, military facilities in the territory of NATO countries will become legitimate targets. A modernization of Russia’s nuclear doctrine has been announced. Atomic deterrence is becoming a more active tool of Russian strategy.

We can only hope that Washington realizes that a naval blockade of Kaliningrad or St. Petersburg would be a casus belli – an excuse to declare war. The current American administration does not seem to desire a major direct conflict with Russia. But history shows that they sometimes happen when neither side seems to want them. The strategy of creeping escalation in order to strategically defeat Russia, which the US has adopted in the protracted proxy war in Ukraine, carries with it the risk of just such a scenario, where the logic of a process once set in motion begins to determine political and military decisions and the situation quickly spirals out of control.

Another danger lies in Washington’s de facto encouragement not only of irresponsible rhetoric but also of irresponsible action by American satellites. The latter, convinced of their impunity, may go too far in thoughtlessly provoking Moscow, thereby bringing the US and Russia into direct armed conflict. Again, we can only hope that America’s instinct for self-preservation will be stronger than its arrogance.

Hopes are hopes, but it is clear that Russia has already exhausted its reserve of verbal warnings. The hostile actions of our adversaries do not call for condemnation, but for an appropriate response. We are now talking about airfields in NATO countries, including Poland, where the F-16s handed over to Kiev may well be based; possible attempts by Estonia and Finland to disrupt shipping in the Gulf of Finland; the prospect of Lithuania cutting the railway link between Kaliningrad and mainland Russia on various pretexts; and significant threats to our ally Belarus. A tough response at an early stage in the development of each of these possible schemes has a better chance of preventing a dangerous escalation. Of course, the strongest position for Russia is to be proactive, to pursue a preventive strategy in which Moscow does not react to the enemy’s escalatory steps, but takes the strategic initiative.

It should be borne in mind that Russia’s confrontation with the collective West will continue after the end of active military operations against Ukraine. From the Arctic, which is a separate area of rivalry, to the Black Sea, there is already a solid, unbroken dividing line. European security is no longer a relevant concept, and Eurasian security, including the European component, is a matter for the distant future. A long period of « non-world peace » lies ahead, during which Russia will have to rely on its own forces and capabilities rather than on agreements with Western states for its security. For the foreseeable future, the Baltic region – that once-promising bridge on the road to a « Greater Europe » – is likely to be the most militarized and Russia-hostile part of the neighborhood. How stable the situation will be depends, of course, on the goals of the Ukraine operation being achieved.

This article was first published by Profile.ru, and was translated and edited by the RT team

Traduction

L’Europe pourrait être la prochaine Ukraine

La “crise ukrainienne” n’est pas vraiment un nom précis pour décrire ce qui se passe actuellement dans les relations entre la Russie et l’Occident. Cette confrontation est mondiale. Elle touche pratiquement tous les domaines fonctionnels – de la finance aux produits pharmaceutiques en passant par le sport – et s’étend sur de nombreuses régions géographiques.

En Europe, qui est devenue l’épicentre de cette confrontation, le niveau de tension le plus élevé en dehors de l’Ukraine se situe désormais dans la région baltique. La question souvent posée en Russie (et en Occident) est la suivante : cela deviendra-t-il le prochain théâtre de guerre ?

En Europe occidentale et en Amérique du Nord, on envisage depuis longtemps un scénario dans lequel l’armée russe, après sa victoire en Ukraine, continue d’avancer – cherchant ensuite à conquérir les républiques baltes et la Pologne.

Le but de ce simple fantasme de propagande est clair : convaincre les Européens occidentaux que s’ils n’investissent pas pleinement dans le soutien à Kiev, ils pourraient se retrouver avec une guerre sur leur propre territoire.

Il est révélateur que presque personne dans l’UE n’ose demander publiquement si Moscou est intéressée par un conflit armé direct avec l’OTAN. Quels seraient ses objectifs dans une telle guerre ? Et quel prix serait-il prêt à payer ? De toute évidence, même poser de telles questions pourrait conduire à des accusations de diffusion de propagande russe.

Notre pays prend note des déclarations provocatrices de nos voisins du nord-ouest, les Polonais, les pays baltes et les Finlandais. Ils ont évoqué la possibilité de bloquer l’enclave de Kaliningrad par voie maritime et terrestre et de bloquer la sortie de la Russie du golfe de Finlande. De telles déclarations sont pour la plupart faites par des hommes politiques à la retraite, mais parfois des ministres et des officiers militaires en exercice élèvent également la voix.

Les menaces ne provoquent pas la panique parmi les Russes. Des décisions de cette ampleur sont prises à Washington, pas à Varsovie ou à Tallinn. Néanmoins, la situation ne peut être ignorée.

La région de la mer Baltique a perdu depuis de nombreuses années son statut de région la plus stable et la plus pacifique d’Europe. Depuis que la Pologne (1999), la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie (2004), et plus récemment la Finlande (2023) et la Suède (2024), ont rejoint l’OTAN, elle est devenue, comme ils le répètent fièrement et joyeusement à Bruxelles, un « lac de l’OTAN ». Il faut compter deux heures de route de Narva (c’est-à-dire l’OTAN) à St. Pétersbourg. Après que la Finlande a rejoint le bloc dirigé par les États-Unis, la ligne de contact direct s’est allongée de 1 300 km, ce qui signifie qu’elle a doublé. Saint-Pétersbourg se trouve à moins de 150 km de cette frontière. Ainsi, le prix à payer pour l’abandon volontaire par Moscou du principe d’endiguement géopolitique à la fin de la guerre froide a été élevé.

Le territoire de l’OTAN ne s’est pas seulement étendu et rapproché de la frontière russe ; il est activement équipé pour les opérations. Des couloirs permettant aux forces de l’OTAN d’accéder rapidement à la frontière (ce qu’on appelle l’espace Schengen militaire) sont devenus opérationnels ; de nouvelles bases militaires sont construites et celles existantes sont modernisées ; la présence physique des forces américaines et alliées dans la région augmente ; les exercices militaires, aériens et navals deviennent de plus en plus intensifs et étendus. L’annonce par Washington de son intention de déployer des missiles à portée intermédiaire en Allemagne en 2026 établit un parallèle avec la crise dite des euromissiles du début des années 1980, considérée comme la période la plus dangereuse de la guerre froide après l’impasse cubaine d’octobre 1962.

La situation actuelle dans le nord-ouest oblige Moscou à renforcer sa stratégie de dissuasion militaire contre l’ennemi. Un certain nombre de mesures ont déjà été prises. Dans le cadre d’une dissuasion non nucléaire, la région militaire de Leningrad a été reconstituée et de nouvelles formations et unités sont créées là où elles avaient longtemps disparu. L’intégration militaire entre la Russie et la Biélorussie a considérablement progressé. Des armes nucléaires ont déjà été déployées sur le territoire biélorusse. Des exercices impliquant les forces nucléaires non stratégiques de Moscou ont eu lieu. Des avertissements officiels ont été émis selon lesquels, sous certaines conditions, les installations militaires situées sur le territoire des pays de l’OTAN deviendront des cibles légitimes. Une modernisation de la doctrine nucléaire russe a été annoncée. La dissuasion atomique devient un outil plus actif de la stratégie russe.

Nous ne pouvons qu’espérer que Washington se rende compte qu’un blocus naval de Kaliningrad ou de Saint-Pétersbourg serait un casus belli – un argument pour déclarer la guerre. L’administration américaine actuelle ne semble pas souhaiter un conflit direct majeur avec la Russie. Mais l’histoire montre qu’ils se produisent parfois alors qu’aucune des parties ne semble le vouloir. La stratégie d’escalade rampante visant à vaincre stratégiquement la Russie, que les États-Unis ont adoptée dans la guerre par procuration prolongée en Ukraine, comporte le risque d’un tel scénario, dans lequel la logique d’un processus une fois enclenché commence à déterminer des décisions politiques. et les décisions militaires, et la situation devient rapidement incontrôlable.

Un autre danger réside dans le fait que Washington encourage de facto non seulement une rhétorique irresponsable, mais aussi des actions irresponsables de la part des satellites américains. Ces derniers, convaincus de leur impunité, pourraient aller trop loin en provoquant inconsidérément Moscou, entraînant ainsi les États-Unis et la Russie dans un conflit armé direct. Encore une fois, nous ne pouvons qu’espérer que l’instinct de conservation de l’Amérique sera plus fort que son arrogance.

Les espoirs sont des espoirs, mais il est clair que la Russie a déjà épuisé sa réserve d’avertissements verbaux. Les actions hostiles de nos adversaires n’appellent pas une condamnation, mais une réponse appropriée. Nous parlons désormais des aérodromes des pays de l’OTAN, dont la Pologne, où pourraient bien être basés les F-16 remis à Kiev ; d’éventuelles tentatives de l’Estonie et de la Finlande visant à perturber la navigation dans le golfe de Finlande ; la perspective que la Lituanie coupe la liaison ferroviaire entre Kaliningrad et la Russie continentale sous divers prétextes ; et des menaces importantes contre notre alliée la Biélorussie. Une réponse ferme à un stade précoce de l’élaboration de chacun de ces projets possibles a de meilleures chances d’empêcher une escalade dangereuse. Bien entendu, la position la plus forte pour la Russie est d’être proactive, de poursuivre une stratégie préventive dans laquelle Moscou ne réagit pas aux mesures d’escalade de l’ennemi, mais prend l’initiative stratégique.

Il convient de garder à l’esprit que la confrontation de la Russie avec l’Occident collectif se poursuivra après la fin des opérations militaires actives contre l’Ukraine. De l’Arctique, qui est une zone de rivalité distincte, à la mer Noire, il existe déjà une ligne de démarcation solide et ininterrompue. La sécurité européenne n’est plus un concept pertinent et la sécurité eurasienne, y compris la composante européenne, relève d’un avenir lointain. Une longue période de “paix non mondiale” s’annonce, pendant laquelle la Russie devra compter sur ses propres forces et capacités plutôt que sur des accords avec les États occidentaux pour sa sécurité. Dans un avenir prévisible, la région baltique – ce pont autrefois prometteur sur la route vers une “Grande Europe” – sera probablement la partie du voisinage la plus militarisée et la plus hostile à la Russie. La stabilité de la situation dépend bien entendu de la réalisation des objectifs de l’opération en Ukraine.

Dimitri Trenine

https://en.wikipedia.org/wiki/Dmitri_Trenin

16/08/2024 Les supercomportements quantiques. Comment créer de l’énergie à partir de rien?

En mécanique quantique, il ne faut pas craindre les paradoxes.

Ainsi une nouvelle recherche montre qu’un tout peut être plus grand que la somme de ses parties. Plus précisément plusieurs états quantiques de basse énergie peuvent être conjugués afin de former un état dont les régions sont douze fois plus énergétiques que chacune les composantes.

Rappelons qu’une des révélations la plus choquante de la mécanique quantique est que chaque objet peut y être vu comme une onde.

Ainsi Andrew Jordan de l’université Chapman, Californie, a découvert une méthode permettant d’obtenir des états quantiques qui devraient n’avoir que peu d’énergie mais qui en fait en ont beaucoup à conjuguer.

Lui-même et un de ses collègues de l’université Chapman, Yakir Aharonov, avaient découvert dans les années 1990 un phénomène qu’ils nommèrent « superoscillation » .

Toutes les ondes peuvent être décomposées en plusieurs ondes sinusoïdales dotées de leurs propres fréquences . Si l’on agrandit une petite région de l’onde principale, il apparaît éventuellement que la somme des ondes peut onduler plus vite que la plus rapide d’entre elle, formant une superoscillation.

En généralisant, ils montrèrent mathématiquement que plusieurs états quantiques d’énergie quasi nulle peuvent à l’occasion fusionner en un état de grande énergie.

Malheureusement, compte tenu de l’imprévisibilité propre au monde quantique il ne leur pas encore apparu comment donner à ce phénomène des applications utilisables dans le monde quotidien. Mais il s ‘agira d’une question à suivre.

Référence

Superphenomena for arbitrary quantum observables

Andrew N. Jordan, Yakir Aharonov, Daniele C. Struppa, Fabrizio Colombo, Irene Sabadini, Tomer Shushi, Jeff Tollaksen, John C. Howell, and A. Nick Vamivakas

Phys. Rev. A 110, 012206 – Published 8 July 2024

Abstract

Superoscillations occur when a globally band-limited function locally oscillates faster than its highest Fourier component. We generalize this effect to arbitrary quantum-mechanical operators as a weak value, where the preselected state is a superposition of eigenstates of the operator with eigenvalues bounded to a range, and the postselection state is a local position. Superbehavior of this operator occurs whenever the operator’s weak value exceeds its eigenvalue bound. We give illustrative examples of this effect for total angular momentum and energy. In the latter case, we demonstrate a sequence of harmonic oscillator potentials where a finite-energy state converges everywhere on the real line, using only bounded superpositions of states whose asymptotic energy vanishes—“energy out of nothing.” This limit requires postselecting the particle in a region whose size diverges in the considered limit. We further show in this example that the superenergy is associated with superoscillations in time with a rate given by the local superenergy divided by the reduced Planck’s constant. This example demonstrates the possibility of mimicking a high-energy state with coherent superpositions of nearly zero-energy states for as wide a spatial region as desired. We provide numerical evidence of these features to further bolster and elucidate our claims.

16/08/2024 Les futures bases lunaires devront être enterrées

Les astronautes de la Nasa ayant accompli dans le cadre des deux missions Appolo en avril et décembre 1972 de courts séjours sur la Lune ne savaient pas qu’ils avaient été ce faisant gravement irradiés par ce que l’on nomme désormais des tempêtes solaires radioactives (radiation storm).

Depuis, dans la préparation de la future mission Artémis qui comportera des séjours de longue durée sur la Lune, la Nasa est obligée de tenir compte des analyses de deux scientifiques chinois de l’Université des Sciences et des Technologies de Chine à Hefei. Ceux-ci ont estimé l’épaisseur de sols lunaires dits régolith nécessaire pour protéger les futures missions lunaires de longue durée des tempêtes radioactives et plus généralement de l’irradiation à laquelle est soumise en permanence la surface de la Lune.

Deux types de radiations sont principalement à considérer, qui peuvent tous deux présenter des risques mortels. Il s’agit des rayons cosmiques galactiques d’arrière fond qui provoquent des risques aigus de cancer et des particules solaires énergétiques associées aux tempêtes solaires (SEPs) qui affectent la production de globules rouges et de la moelle osseuse. Des pics de radiation en sous-sol, à une profondeur d’1 à 2 mètres, peuvent en résulter, comportant l’émission de neutrons.

Par contre des bases enterrées d’au moins 3 mètres, semblent devoir assurer une protection suffisante. Mais en l’absence des grottes naturelles qui se rencontrent en certaines régions lunaires, la réalisation de ces bases suppose un outillage important dont l’on ne peut envisager le transport à partir de la Terre.

Une meilleure prédiction des tempêtes solaires sera enfin nécessaire pour assurer la protection des astronautes se livrant à des travaux à l’extérieur de ces bases.

Référence

https://gb.readly.com/magazines/new-scientist/2024-08-01/66aa519293b5215036d13cf3

16/08/2024 La révolution de l’intelligence artificielle générale IAG pourrait arriver plus tôt que prévu




Une entreprise américaine, SingularityNet, compte faire entrer l’IA dans l’ère des IA générales de niveau humain grâce à un puissant réseau de supercalculateurs. Le premier d’entre eux sera activé dès septembre

L’IAG, c’est-à-dire l’intelligence artificielle générale, est le futur paradis de l’IAG. Fonctionnant de façon totalement différente des IA génératives reposant sur des grands modèles de langage (LLM), elle sera capable d’apprendre d’elle-même à accomplir intelligemment des tâches propres aux humains . Pour le moment, nous n’en sommes qu’aux balbutiements et les entreprises du secteur misent surtout sur les IA génératives qui, selon l’un des experts mondiaux de l’IA, Yann LeCun, n’ont pas vraiment d’avenir.

L’IAG pourrait faire ses preuves prochainement grâce son nouveau réseau de supercalculateurs. Son P.-D.G. Ben Goertzel a en effet déclaré à LiveScience que son « réseau informatique cognitif à plusieurs niveaux » sera essentiel pour faire évoluer l’IA vers l’IAG.

Ce réseau de supercalculateurs  est doté de plusieurs types avancés de composants, dont des GPU NVIDIA L40S, H200 ou des systèmes GB200 Backwell et des AMD Instinct et Geona. Au lieu de nécessiter un puissant système, l’idée des AGI consistera à terme à réduire le besoin de données pour augmenter la capacité de calcul et d’énergie nécessaires.

Dans un premier temps, ces réseaux de supercalculateurs seront nécessaires pour assurer la transition entre l’apprentissage actuel sur les données et aboutir aux capacités de raisonnement humain. L’ensemble utilisera donc à la fois des réseaux neuronaux profonds qui imitent les fonctions du cerveau humain, les LLM précités e t les systèmes multimodaux qui analysent les comportements humains tels que la parole et les mouvements.

Ce réseau mondial de supercalculateurs cumulera la puissance de calcul indispensable à cette transition vers l’IAG. Le réseau sera animé par un logiciel chef d’orchestre,, qui supervisera le réseau et assurera sa protection. Le premier de ces supercalculateurs sera mis en service dès le mois prochain.

On en conclura que dans un premier temps l’IAG ne sera pas à la porté du premier informaticien venu.

15/09/2024 Les réacteurs nucléaires de 4e génération

Plusieurs pays investissent dorénavant dans les réacteurs nucléaires à fission dits de 4e génération. Quelles sont les caractéristiques de ces nouveaux réacteurs ?

L’énergie nucléaire de quatrième génération (ou Génération IV) implique un système d’usines de fabrication de combustible et d’installations de retraitement qui, ensemble, permettent de surmonter certaines des lacunes des centrales nucléaires actuelles.

Pour être classé dans la catégorie Génération IV, un système doit répondre, ou au moins avoir la capacité de répondre, aux critères suivants :

  • il est beaucoup plus économe en combustible que les centrales actuelles ;
  • il est conçu de manière à ce que les accidents graves ne soient pas possibles, c’est-à-dire qu’un dysfonctionnement à l’intérieur de l’installation ou un événement extérieur (tel qu’un tremblement de terre)n’entraine pasle rejet de matières radioactives vers l’extérieur ;
  • le système dans son ensemble est économiquement compétitif par rapport à l’énergie nucléaire actuelle, et même par rapport à d’autres moyens de production d’énergie ;
  • le cycle du combustible est conçu de telle sorte que l’uranium et le plutonium ne soient jamais séparés (« divergés ») mais seulement présents en mélange et avec d’autres éléments. Il est ainsi plus difficile de fabriquer des armes nucléaires avec ce matériau.

La plupart des réacteurs actuellement en service sont de la deuxième et de la troisième génération, mais la Chine a démarré avec succès un premier réacteur de quatrième génération avec son projet de démonstration de lit de galets modulaire refroidi au gaz à haute température (high-temperature gas-cooled modular pebble bed ou HTR-PM) fin décembre 2021.

Un certain nombre de pays ont investi beaucoup d’argent dans le développement de réacteurs de quatrième génération. Alors que l’Europe a pris du retard par rapport à la Russie, la Chine, le Japon et l’Inde, la France a relancé le rythme de ses investissements – notamment avec l’annonce gouvernementale récente de construire plusieurs réacteurs nucléaires de nouvelle génération.

Le principal objectif aujourd’hui dans ce contexte : concevoir des réacteurs capables de détruire les radioéléments à longue durée de vie présents dans le combustible usé tout en produisant du combustible neuf.

15/09/2024 IA s génératives et libertés publiques

On se souvient que X.com, alors Twitter, avait subi de vastes restrictions d’accès à ses données au mois de juillet 2023. Peu après, Elon Musk, patron de Twitter, s’était expliqué sur l’origine de ces bugs qui affectaient le réseau social.

Il avait précisé que Twitter allait restreindre temporairement la lecture des tweets provenant de ses utilisateurs pour contenir l’utilisation massive de données dont dispose le réseau social par des tiers, notamment afin d’alimenter les modèles d’intelligence artificielle.

Concrètement, la plateforme avait limité la lecture à 6.000 messages par jour pour les comptes vérifiés, à 600 pour les utilisateurs non vérifiés et 300 pour les nouveaux comptes non vérifiés. À l’époque, Elon Musk disait vouloir combattre l’utilisation illégale des données de son réseau par les développeurs d’IA génératives.

En fait, il semblait vouloir garder ces données pour lui-même. Le tout nouveau chatbot qu’il vient de présenter, et qui prend le nom de « Gork », aura pour spécificité d’être le seul à être connecté en direct aux données personnelles ou non que les usagers déposent sur la plateforme

.« Grok dispose d’un accès en temps réel aux informations via la plateforme, ce qui constitue un avantage considérable par rapport à d’autres modèles » a-t-il indiqué en présentant Gork.

Elon Musk avait notamment accusé ChatGPT d’être idéologiquement biaisé. Le trouvant trop « woke », c’est-à-dire trop progressiste et sensibles aux idéologies racialistes, il avait alors décidé de se lancer lui-même dans l’aventure des IA génératives en recrutant une équipe, qui devait donner naissance à une intelligence artificielle plus conforme à ses aspirations libertariennes.

Les spécialistes du renseignement civil et militaire n’ont cependant aucun doute. Les premiers utilisateurs de ces données seront si nécesssaire la CIA et les 19 Defense Intelligence Agency (DIA)  américaines