05/09/2024  La World Robot Conférence 2024

La World Robot Conference 2024, tenue à Pékin du 21 au 25 aout, a mis en lumière les derniers progrès en robotique. Plus de 27 modèles de robots humanoïdes ont été présentés, ainsi que plus de 600 produits innovants dans ce domaine en pleine explosion.

La Chine a clairement démontré son ambition de devenir un leader mondial de la robotique. Elle investit massivement dans cette technologie.

Parmi les robots présentés, on a retenu

L’Astribot , développé par Stardust Intelligence, qui a impressionné par ses multiples talents domestiques. Ce robot assistant humanoïde, présenté pour la première fois en avril 2024, a montré ses compétences en pliage de vêtements et en versant du vin. comme  ses talents en calligraphie

NAVIAI, conçu par le Zhejiang Humanoid Robot Innovation Center. Ce robot humanoïde pèse 60 kilogrammes. Il imite les comportements humains avec fidélité. Lors de la conférence, NAVIAI a donné des discours, préparé du thé et joué aux échecs. Les créateurs de NAVIAI envisagent de l’utiliser dans de nombreux domaines. Par exemple, il pourrait être servir pour la prise de parole en public ou dans l’hôtellerie.

La série de robots Agibot, développée par une startup de Shanghai, promet de révolutionner l’industrie de la livraison. Créée par un ancien employé de Huawei, cette entreprise prévoit de déployer ces robots humanoïdes dès mi-octobre 2024. Ils sont conçus pour effectuer diverses tâches, comme la livraison d’articles provenant de supermarchés. Ils peuvent aussi accueillir les visiteurs dans les galeries et prélever des pièces en usine. Agibot se positionne comme un acteur clé de l’avenir des livraisons automatisées et du service

Wanda est un robot humanoïde à double bras développé par l’entreprise japonaise UniX AI. Il vise à faciliter les tâches ménagères. Monté sur roues, Wanda peut réaliser des tâches comme la lessive et la cuisine. Cela en fait une solution pratique pour l’automatisation domestique.

Le robot humanoïde Optimus de Tesla a également fait sensation à Il est resté dans une vitrine, mais il a tout de même attiré de nombreux regards. Plus tôt cette année, Elon Musk avait annoncé que deux robots Optimus travaillaient déjà de manière autonome dans une des usines de Tesla. L’entreprise prévoit de produire ces robots pour un usage interne l’année prochaine. Elle espère ensuite les proposer à d’autres entreprises d’ici 2026.

Au-delà de ces cinq robots humanoïdes remarquables, la World Robot Conference 2024 a également mis en lumière une variété d’autres innovations robotiques. Certains robots exécutaient des arts martiaux chinois traditionnels, d’autres jouaient du zither. Certains ouvraient même des canettes de soda. Ainsi la société Wisson Technology, basée à Shenzhen, a présenté des manipulateurs robotiques flexibles imprimés en 3D. Ces composants sont conçus comme des muscles artificiels pneumatiques pour alimenter les robots. Ils sont plus économiques que les dispositifs de transmission traditionnels. 

Lors de cette conférence, l’entreprise chinoise Ex-Robots a attiré l’attention en exposant des robots humanoïdes d’apparence réaliste. Cependant, cette démonstration a pris une tournure inattendue. Les « robots » présentés n’étaient en réalité des femmes déguisées en robots qui imitaient les mouvements mécaniques des machines.

L’illusion était convaincante jusqu’à ce qu’une vidéo d’une de ces femmes en train de manger un sandwich n’apparaisse sur les écrans des réseaux sociaux. Cette révélation a provoqué diverses réactions qui allaient de la surprise à la déception. Les robots humanoïdes ne sont pas connus pour leur appétit en matière de nourriture humaine

Ajoutons qu’aucune application militaire de ces robots n’a été présentée. Non plus d’ailleurs que d’applications dans le domaine des réseaux spatiaux orbitaux ou surorbitaux. Les services de renseignement militaires occidentaux savant que la Chine, dans sa volonté de rejoindre les Etats-Unis dans ces domaines d’avenir, dispose de produits très avancés.

Source https://www.lebigdata.fr/

04/09/2924 Le quantique en Finlande. Le Finish Quantum Flagships

La Finlande se positionne fermement sur la scène internationale de la recherche quantique avec un investissement massif dans le développement technologique, l’éducation et la recherche.

Comment ce pays nordique se prépare t-il à devenir un acteur majeur dans ce domaine en pleine expansion ?

Le 11 janvier, le Conseil de la Recherche de Finlande a attribué 13 millions d’euros au projet Finnish Quantum Flagship (FQF), qui vient tout juste d’être lancé. Ce financement initial devrait être complété par une somme équivalente provenant des diverses organisations membres du projet. Ces sommes ne représentent que les cinq premières années de financement pour ce projet qui s’étend sur huit ans. Le FQF prévoit de lancer son plan directeur en mars 2024.

Le FQF regroupe les organisations hôtes suivantes : l’Université Aalto (coordinatrice), le Centre de Recherche Technique VTT de Finlande, l’Université de Helsinki, l’Université de Jyväskylä, l’Université de Tampere, l’Université d’Oulu, et le CSC-IT Centre for Science.

Un élan pour l’excellence finlandaise en technologies quantiques

« Avec ce financement, le FQF dispose désormais des ressources nécessaires pour élargir l’expertise quantique interdisciplinaire et la traduire au-delà de la communauté scientifique. C’est important. La Finlande est l’un des précurseurs reconnus dans les technologies quantiques, et notre collaboration nationale est flexible. Bien que la concurrence mondiale se durcisse, l’esprit de collaboration entre les universités finlandaises, les institutions de recherche, les agences gouvernementales et les partenaires industriels est ce qui nous distingue des autres pays. Le lancement de ce projet phare servira de catalyseur pour renforcer l’excellence de la Finlande en matière d’éducation, de recherche et de développement industriel dans les technologies quantiques », précise Peter Liljeroth, directeur du FQF et professeur de physique à l’Université Aalto.

Un plan sur plusieurs fronts pour l’écosystème quantique finlandais

Le calendrier du projet phare est prévu pour la période 2024-2031 et représente une avancée multifacette de l’écosystème quantique finlandais. Outre le parrainage de la collaboration entre les dizaines de groupes de recherche du FQF, les fonds nouvellement attribués seront utilisés pour attirer, former et retenir des talents internationaux – un problème persistant du domaine et un domaine clé du FQF.

De plus, les fonds seront utilisés pour initier de nouvelles activités de recherche et des initiatives industrielles, ainsi que pour sensibiliser la société finlandaise à la technologie quantique grâce à des programmes éducatifs et des formations en libre accès.

Des réseaux avec d’autres États nordiques et au-delà

Si la préparation d’une Finlande prête pour le quantique est au premier plan des objectifs du FQF, l’établissement de réseaux avec d’autres États nordiques est également une priorité. Les membres du FQF effectuent une analyse continue du paysage avec leurs homologues de Suède, du Danemark et de Norvège dans le cadre de la collaboration internationale Nordic Quantum. Ce groupe vise à identifier des domaines fructueux de collaboration en matière de recherche et de développement de technologies quantiques entre les États nordiques.

Une collaboration européenne plus large et des relations bilatérales avec des pays comme les États-Unis sont également en cours depuis plusieurs années, et celles-ci sont basées sur des déclarations publiques.

InstituteQ : un parapluie pour la science et la technologie quantique

Le FQF est hébergé au sein de l’InstituteQ, qui est l’institut quantique finlandais qui sert d’organisation collaborative parapluie en science et technologie quantique. Fondé en 2021 entre l’Université Aalto, le VTT et l’Université de Helsinki, l’InstituteQ facilite la recherche de haut niveau, l’adoption de nouvelles technologies, le développement de nouvelles opportunités commerciales et le développement de programmes de formation nationaux.

En synthèse

La Finlande se positionne comme un acteur majeur dans le domaine de la recherche quantique grâce à un investissement massif et une collaboration étroite entre les universités, les institutions de recherche, les agences gouvernementales et les partenaires industriels. Avec le lancement du projet phare FQF, le pays se prépare à renforcer son excellence en matière d’éducation, de recherche et de développement industriel dans les technologies quantiques.

Qu’est-ce que le projet Finnish Quantum Flagship (FQF) ?

Le FQF est un projet ambitieux lancé par la Finlande pour renforcer son rôle dans le domaine de la recherche et du développement quantiques. Il regroupe plusieurs organisations de recherche et d’éducation finlandaises.

Quel est l’objectif du FQF ?

Le FQF vise à élargir l’expertise quantique interdisciplinaire en Finlande et à la traduire au-delà de la communauté scientifique. Il cherche également à attirer, former et retenir des talents internationaux dans le domaine quantique.Ezoic

Quels sont les partenaires du FQF ?

Le FQF regroupe plusieurs organisations, dont l’Université Aalto, le Centre de Recherche Technique VTT de Finlande, l’Université de Helsinki, l’Université de Jyväskylä, l’Université de Tampere, l’Université d’Oulu, et le CSC-IT Centre for Science.

Quel est le rôle de l’InstituteQ ?

L’InstituteQ est l’institut quantique finlandais qui sert d’organisation collaborative parapluie en science et technologie quantique. Il facilite la recherche de haut niveau, l’adoption de nouvelles technologies, le développement de nouvelles opportunités commerciales et le développement de programmes de formation nationaux.

Quelle est la durée du projet FQF ?

Le projet FQF est prévu pour une durée de huit ans, de 2024 à 2031.

Références

Conseil de la Recherche de Finlande. (2024). Annonce du financement du projet Finnish Quantum Flagship. Helsinki, Finlande.

04/09/2024  IQM Quantum Computers devrait investir en France

Le 13 mai 2024 l’entreprise finlandaise IQM Quantum Computers (IQM), a annoncé un plan visant à installer en France une unité industrielle de production de calculateurs et de puces quantiques . Cette annonce a été faite lors du Sommet Choose France (Choisissez la France) sous le présidence du Président de la République et de Bruno Le Maire ministre de l’Economie et des Finances.

Cette annonce est passée presque inaperçue de grand public, pourtant elle pourrait avoir des conséquences considérables. IQM est un des leaders mondiaux dans le domaine encore peu connu du calcul quantique .

On lit dans la revue scientifique Live Science :

« Scientists in Finland say they have made inroads toward « fault-tolerant » quantum computing after achieving record-low error rates in a prototype quantum processor — potentially paving the way to more practical and stable quantum computers.

In a statement, researchers at IQM Quantum Computers said their technology had broken ground in two key areas: the accuracy of operations between qubits — the most basic units of quantum information — and the stability of qubits over time.

These factors determine the precision and durability of quantum operations in a device. High accuracy, or fidelity, between qubits allows for more precise calculations and fewer errors. Meanwhile, the stability, or « coherence, » between qubits ensures that quantum information is maintained long enough to perform calculations.

IQM representatives said scientists had achieved 99.9% fidelity in two-qubit gate operations and hit a new record in « qubit relaxation time, » meaning the time it takes for a qubit to lose its quantum state.

In a statement, researchers at IQM Quantum Computers said their technology had broken ground in two key areas: the accuracy of operations between qubits — the most basic units of quantum information — and the stability of qubits over time.

These factors determine the precision and durability of quantum operations in a device. High accuracy, or fidelity, between qubits allows for more precise calculations and fewer errors. Meanwhile, the stability, or « coherence, » between qubits ensures that quantum information is maintained long enough to perform calculations.

IQM representatives said scientists had achieved 99.9% fidelity in two-qubit gate operations and hit a new record in « qubit relaxation time, » meaning the time it takes for a qubit to lose its quantum state.

https://www.livescience.com/technology/computing/prototype-quantum-processor-boasts-record-99-9-qubit-fidelity

Voir aussi

La course à l’informatique quantique continue de plus belle, avec de nombreuses entreprises et des laboratoires qui se livrent une lutte acharnée pour produire les premiers processeurs quantiques matures. Tout récemment, ce sont les ingénieurs finlandais d’IQM Quantum Computers qui sont revenus à la charge avec une nouvelle puce qui se distingue par sa précision impressionnante, mais surtout par sa stabilité record.

Tout l’enjeu de l’informatique quantique, c’est de réussir à dompter les qbits, les unités logiques qui servent de base à toute cette technologie par analogie avec les bits de l’informatique conventionnelle. Or, ces objets sont particulièrement capricieux.

Contrairement aux bits classiques qui ne peuvent prendre que deux valeurs binaires (0 ou 1), les qbits peuvent exister dans un état intermédiaire grâce au phénomène de superposition quantique. En stockant ainsi des informations complexes sous forme de différences subtiles dans l’état quantique de la matière, il est possible de réaliser des opérations complètement inabordables pour l’appareil grâce auquel vous lisez cet article…

… ou du moins, c’est le cas sur le papier. Pour qu’ils puissent faire leur office, il faut maintenir ces qbits dans cet état de superposition, mais également d’intrication quantique. C’est un phénomène à travers lequel plusieurs particules se retrouvent corrélées de telle manière que leurs états quantiques sont interdépendants, même lorsqu’elles ne sont pas physiquement liées. Mesurer l’état d’une de ces particules revient aussi à déterminer instantanément l’état des autres, quelle que soit la distance qui les sépare.

Lorsque ces deux critères sont remplis, on obtient un système dit « cohérent», et maintenir cette cohérence est le principal défi auquel cette technologie est confrontée aujourd’hui. Ces ensembles de qbits superposés et intriqués sont des entités incroyablement délicates ; la moindre perturbation peut faire s’écrouler cette harmonie fragile et rendre le système inexploitable. Tout l’enjeu, c’est donc de créer un environnement extrêmement stable où les qbits peuvent rester cohérents sur une longue durée pour réaliser diverses opérations avec une grande précision.

https://www.journaldugeek.com/2024/09/03/le-processeur-quantique-dune-entreprise-finlandaise-bat-un-record-de-stabilite/

03/09/2024 Elections régionales du 1er sept 2024 en Allemagne. Que peut-on en retenir ?

Le 1er septembre 2024, deux élections ont eu lieu dans les länder de Thuringe et de Saxe en Allemagne. Que faut-il en retenir dans l’immédiat, en attendant les résultats définitifs ?

Conformément aux prévisions, le parti d’extrême-droite AfD a effectué une percée en arrivant en tête dans le premier et en deuxième dans le second, à plus de 30 % des voix. La coalition sociale-démocrate-Verts-libéraux au pouvoir a, elle, essuyé une défaite. Le parti de l’ancienne députée Die Linke Sahra Wagenknecht créé en janvier dernier, a suscité la surprise en totalisant plus de 10 % des voix dans les deux régions.

L’extrême droite allemande de l’AfD a pour la première fois remporté dimanche 1er septembre un scrutin régional, dans le Land de Thuringe (Est). Dans la Saxe voisine, où un scrutin a également lieu, ce parti est au coude à coude avec les conservateurs de la CDU pour la première place, selon des sondages de sortie des urnes.

Les scores respectifs sont entre 30,5 % et 33,5 % des voix en Thuringe, et entre 30 % et 31,5 % dans la Saxe,

 Il s’agit de scores sans précédent pour ce parti qui représentent un nouveau coup dur pour la fragile coalition du chancelier Olaf Scholz.

Ces Land ne représentent pas toute l’Allemagne. On rappelera qu ‘ils sont issus de l’ancienne Allemagne de l’Est ou RDA sous tutelle communiste. Mais avec les difficultés actuelles de l’Allemagne fédérale, ils sont de plus en plus écoutés

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui combat la politique d’accueil des réfugiés a aussitôt revendiqué le pouvoir dans le Land de l’ex-RDA où elle devance très largement ses adversaires. L’AfD a reçu un « mandat clair pour gouverner », selon le co-dirigeant du parti au niveau national Tino Chrupalla, se disant prêt « à negocier avec tous les partis » pour trouver une majorité absolue.

La victoire de l’AfD en Thuringe constitue une première dans le pays depuis l’après-guerre, même s’il est improbable que la formation dirige la région. Car tous les autres partis annoncent refuser de s’allier avec lui. L’AfD pourrait tenter de négocier avec les conservateurs de la CDU, arrivés deuxième en Thuringe avec 24,5 % et premier en Saxe (de 31,5 % à 32 %).

Mais les démocrates-chrétiens de l’ex-chancelière Angela Merkel ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne s’allieront pas avec l’ AfD pour former une majorité gouvernementale dans les parlements des deux régions « Les électeurs savent que nous ne faisons pas de coalition avec l’AfD », selon Carsten Linnemann de la CDU, reconnaissant que trouver une majorité parlementaire « ne sera pas facile ».

Ces élections avaient valeur de test dans ces deux régions de l’ex-RDA, bastions électoraux de l’extrême droite. Elles see sont déroulés dans un contexte particulièrement tendu. L’immigration, la sécurité intérieure, mais aussi le refus des aides à l’Ukraine ont dominé la campagne. Ils ont eu lieu peu après un triple meurtre au couteau imputé à un Syrien à Solingen. une ville de l’ouest de l’Allemagne. Ce drame a bouleversé le pays et relancé un vif débat sur le contrôle de l’immigration

Les dirigeants de l’AfD ont cherché à capitaliser sur le choc suscité par l’attaque de Solingen,, accusant les gouvernements fédéraux successifs d’avoir semé le « chaos ».

Vote par conviction

Les analyses montrent que les électeurs votent pour le parti d’extrême-droite par conviction et non simplement par protestation. L’AfD est considérée comme plus compétente que d’autres pour lutter contre l’immigration ou assurer la sécurité. Le parti répond aux inquiétudes de nombreux électeurs, aux frustrations d’Allemands de l’Est qui se sentent délaissés même si leur situation matérielle n’est pas mauvaise.

Un nouveau venu, le parti BSW de l’ancienne égérie d’extrême gauche Sahra Wagenknecht, fait une percée spectaculaire. Il est crédité de scores entre 12 % et 16 % dans les deux Länder, et pourrait se poser en arbitre dans la formation à venir des gouvernements régionaux.

Aussi bien l’AfD que le BSW ont séduit par leur discours virulent contre l’immigration et en appelant à mettre un terme aux livraisons d’armes à l’Ukraine. Cette position est très populaire dans ces régions de l’ex-RDA communiste où la peur de la guerre reste profondément ancrée.

Les premiers résultats confirment aussi un nouveau revers majeur du gouvernement de coalition du chancelier avec les Verts et les libéraux du FDP, à un an des élections législatives de 2025. Les Sociaux-démocrates, les Verts et les Libéraux atteignent ensemble moins de 15 % dans chacune de ces deux régions. Déjà à un faible niveau lors du précédent mandat, le SPD enregistre un score entre 6,5 et 8,5 %.

Les Verts, eux, sont exclus du Parlement de Thuringe, et les libéraux du FDP ne seraient plus représentés dans aucune des assemblées régionales. Ces Länder, qui disposent d’importantes prérogatives dans le système allemand en matière d’éducation ou de sécurité, pourraient être gouvernés par de larges alliances hétéroclites associant droite et gauche.

Si l’AfD ne parvient pas à former un gouvernement, grâce à son tiers des sièges au parlement régional, elle disposera en revanche d’une minorité de blocage. Cela notamment pour des décisions importantes comme une réforme de la constitution ou la nomination de juges.

Annexe 1 Le poids des Turcs en Allemagne

Selon les statistiques, la communauté turque compte 2 710 000 personnes dont 1 658 083 citoyens turcs vivant en Allemagne (2011) et 840 000 citoyens allemands d’origine turque ayant au moins un parent turc, le reste de la communauté provenant des minorités turques d’autres pays, principalement de Grèce et de Bulgarie.

Les Turcs qui ont immigré en Allemagne ont amené leur culture avec leur langue, leur religion, leur nourriture et leurs arts. Ces traditions culturelles ont également été transmises à leurs descendants qui maintiennent ces valeurs. En conséquence, les Turcs d’Allemagne ont également exposé leur culture à la société allemande. Ceci est particulièrement perceptible dans le paysage en développement du pays, avec de nombreux restaurants turcs, épiceries, maisons de thé et mosquées dispersées en Allemagne. De plus, les Turcs en Allemagne ont également été exposés à la culture allemande comme en témoigne l’influence qu’il a exercée dans le dialecte turc parlé par la communauté turque en Allemagne.

Le turc est la deuxième langue la plus parlée en Allemagne, après l’allemand. Il a été apporté au pays par des immigrés turcs qui le parlent comme première langue. Ils ont principalement appris l’allemand à travers l’emploi, les médias de masse et les milieux sociaux, et il est maintenant devenu une langue secondaire pour beaucoup d’entre eux. Néanmoins, la plupart des immigrés turcs ont transmis leur langue maternelle à leurs enfants et à leurs descendants. En général, les Allemands d’origine turque deviennent bilingues à un âge précoce, apprenant le turc à la maison et l’allemand dans les écoles publiques.

L’allemand parlé par les travailleurs étrangers turcs est parfois qualifié de « Gastarbeiterdeutsch » du fait que ceux-ci maîtrisent mal les règles de base de la langue. Par exemple, le verbe employé se retrouve en position finale alors qu’il devrait être à la position 2 dans une phrase de base allemande (« ich bahnhof gehen » plutôt que « ich gehe zum Bahnhof »)

La langue turque est influencée par l’allemand et y sont ajoutées des structures grammaticales et syntaxiques allemandes. Les parents encouragent généralement leurs enfants à améliorer leurs compétences en turc en assistant à des cours privés ou en choisissant le turc comme matière à l’école. Dans certains Länder, le turc constitue une épreuve optionnelle pour l’Abitur.

Au début des années 1990, un nouveau sociolecte appelé « Kanak Sprak » ou « Türkendeutsch » a été inventé par l’auteur germano-turc Feridun Zaimoğlu pour se référer au dialecte « ghetto » allemand parlé par la jeunesse turque. Elle constitue une forme d’allemand avec des éléments de turc que les jeunes issus des milieux à forte concentration immigrée parlent, indépendamment de leurs origines ethniques.

Certains jeunes dont les parents sont Allemands emploient aussi ce dialecte qui devient en quelque sorte leur marque d’appartenance à leur quartier. Ce dialecte se manifeste par l’utilisation d’un vocabulaire simple, une omission des prépositions et des articles et une simplification des verbes couramment employés par des variantes formées des verbes faire, aller et venir (machen, gehen, kommen) par exemple : ich mach dich Krankenhaus (je te fais hôpital) pour dire ich werde dich schlagen (je vais te battre). Une utilisation d’expressions à caractère sexuel comme formes d’insulte en langue turque est aussi privilégiée par les locuteurs de ce dialecte6.

Un autre phénomène, celui du « mixing » est audible chez les jeunes des quartiers multiethniques. Cette forme de langage est surtout employée par les groupes dits des « Powergirls », qui se composent de jeunes filles de 15 à 22 ans nées de parents turcs parlant bien souvent un allemand de base. Elles semblent privilégier ce dialecte pour communiquer entre elles. Le « mixing » se manifeste par des phrases avec des mots allemands et turcs en proportion presque égale regroupés en segments qui alternent au fur et à mesure que le locuteur parle. Cette forme d’expression est revendiquée par les « Powergirls », comme façon de sortir de la microsociété des Turcs de leur quartier, qui les limite bien souvent à un rôle de femme au foyer, tout en se démarquant de la majorité allemande qui se montre parfois réfractaire à les considérer comme Allemandes. Elles se créent une nouvelle identité à travers ce dialecte

Cependant, avec la formation d’une classe moyenne turque en Allemagne, il y a un nombre croissant de personnes d’origine turque qui maîtrisent l’utilisation de l’allemand standard, en particulier dans les universités et les arts.

Annexe 2. Les milieux djihadistes en Allemagne

Dans cette étude, l’auteur, M. Guido Steinberg, analyse les milieux djihadistes en Allemagne. L’année 2016 a marqué l’apogée du terrorisme islamiste avec une série de cinq attentats. Mais aujourd’hui encore, le milieu reste dangereux et continue d’évoluer. ›

Jusqu’en 2012, le djihadisme était moins présent en Allemagne par rapport aux autres pays d’Europe occidentale. Avec sa diffusion croissante, surtout parmi les musulmans et musulmanes turcs et kurdes, le mouvement a gagné en résonance dans le pays. › Le groupe « Millatu Ibrahim » (en français Communauté d’Abraham), fondé en 2011 et dans lequel se sont recrutés nombre des premiers combattants allemands en Syrie, constitue un précurseur important. La campagne « Lies! » (Lis !) lancée fin 2011 ainsi que les mosquées djihadistes concernées ont été d’autres catalyseurs de la radicalisation et du recrutement. ›

Les combattants allemands en Syrie n’ont pas de profil socio-économique clairement identifiable. Bien que certains indices laissent penser que la marginalisation sociale et le désavantage économique jouent un rôle, de nombreux djihadistes ont une formation académique ou un baccalauréat universitaire ou professionnel. › Parmi les quelque 1 070 combattants allemands en Syrie, environ 80 pour cent ont rejoint l’organisation de l’État islamique . Un milieu allemand s’est développé à Raqqa et ses membres sont restés en contact étroit entre eux. Les membres allemands étaient pleinement intégrés dans l’organisation. Leur présence au sein de la police secrète de l’EI en est la preuve. ›
Par ailleurs, la perspective historique montre à quel point les autorités allemandes en charge de la sécurité sont dépendantes des renseignements provenant de la surveillance informatique fournis par les États-Unis.

L’architecture de la sécurité, particulièrement fragmentée en Allemagne, est également problématique. À plus long terme, il y a un risque de « sous-traiter » aux États-Unis de larges aspects de la lutte contre le terrorisme en Allemagne.

02/09/2024 La future mission Europa Clipper de la Nasa

Europa Clipper est une mission spatiale de la Nasa en cours de développement. Son l’objectif est l’étude d’Europe, une des lunes de Jupiter. Europe constitue un objectif scientifique de premier plan depuis que les données fournies par la sonde Galileo à la fin des années 1990 ont permis de déterminer qu’il existait un océan d’eau liquide sous sa surface glacée, océan qui pourrait abriter des formes de vie.

Mais la mission d’exploration, qui doit se dérouler dans une région de l’espace fortement irradiée par sa proximité avec Jupiter, est complexe et les projets élaborés à la suite de cette découverte se sont longtemps heurtés à l’absence de moyens financiers suffisants.

Le projet Europa Clipper est le quatrième proposé mais, contrairement à ses prédécesseurs, il reçoit l’appui du Congrès américain au milieu de la décennie 2010. Il prévoit le lancement d’une sonde spatiale de six tonnes emportant 350 kg d’instruments scientifiques, dont un radar permettant de sonder l’océan sous la glace. La sonde spatiale devra effectuer un transit d’environ 5,5 ans comprenant un recours à l’assistance gravitationnelle  de Mars  et de la Terre (Technique MEGA, pour Mars-Earth Gravity Assist) avant de se placer en orbite autour de Jupiter.

La partie scientifique de la mission comporte 45 survols d’Europe sur une période de 3,5 ans. Le coût du projet est évalué en 2018 à 3,1 milliards de dollars en ne prenant pas en compte le coût de lancement.

Les études préliminaires sont engagées en 2015 et la NASA prend la décision de lancer le développement en février 2017. La date de lancement sera autour d’octobre 2024, pour une arrivée prévue le 11 avril 2030. Le lanceur choisi est le Falcon Heavy de SpaceX.

Pour en savoir plus (référence Wiipedia)

Europe est un satellite de Jupiter dont le diamètre est proche de celui de la Lune (3 121 kilomètres). Mais contrairement à cette dernière, sa surface, constituée d’une couche de glace sillonnée de fissures et d’arêtes entrecoupées de zones lisses et comportant peu de cratères d’impact, reflète une activité intense et récente. Plusieurs indices semblent montrer qu’Europe comporte sous sa couche de glace un océan d’eau liquide résultant du réchauffement suscité par les forces de marée qu’exerce Jupiter sur sa lune. Celles-ci sont particulièrement importantes car Europe est à la même distance de la planète géante que la Lune de la Terre, mais Jupiter est 318 fois plus massive que notre planète. La pression exercée par les forces de marée sur les roches entraîne leur échauffement, permettant sans doute la présence d’eau liquide malgré une température extérieure qui ne dépasse jamais −150 °C. L’océan souterrain pourrait constituer une zone habitable et héberger des micro-organismes. Pour cette raison, l’étude d’Europe par une sonde spatiale a été identifiée comme une mission prioritaire par les deux derniers rapports scientifiques décennaux de 2003 et 2011 consacrés aux sciences planétaires1.

Les deux sondes spatiales du programme Voyager sont les premières dans les années 1970 à avoir révélé les formations étranges présentes à la surface d’Europe. Mais ces engins spatiaux n’ont pu fournir que des images à faible résolution qui soulevaient plus de questions qu’elles n’apportaient de réponses. La sonde spatiale Galileo, qui a séjourné dans le système jovien de 1995 à 2003, a effectué 11 survols d’Europe et a permis d’obtenir des images et des spectres à haute résolution de différentes régions de sa surface. Ces observations ont permis d’émettre l’hypothèse d’un océan souterrain. Certaines formations à la surface permettent de penser que des échanges ont lieu entre celle-ci et l’océan souterrain. Selon les données fournies par le magnétomètre de Galileo, le déplacement d’Europe dans le champ magnétique de Jupiter induit un champ magnétique propre à la lune qui pourrait être créé par des courants électriques circulant dans les eaux salées de l’océan souterrain. L’irradiation des particules chargées en surface pourrait créer des oxydants qui, s’ils étaient transportés dans l’océan, pourraient servir de source d’énergie à des formes de vie simples1.

À l’issue de la mission de Galileo, il subsiste de nombreuses inconnues car les instruments de Galileo n’étaient pas adaptés à l’étude de la lune Europe. Ainsi, la mesure de la gravité via l’effet Doppler a permis de déterminer qu’Europe était recouvert d’une couche d’eau ou de glace d’une épaisseur comprise entre 80 et 150 km sans qu’on sache quelle est la proportion d’eau liquide. Il n’existe pas non plus de signe évident d’activité géologique même si des panaches de vapeur d’eau ont peut-être été aperçus par le télescope spatial Hubble. Bien que la modélisation des fractures qui sillonnent la surface progresse, les scientifiques n’arrivent pas à conclure sur les processus à l’œuvre. On ne dispose pas de suffisamment d’éléments non plus pour déterminer si Europe dispose de sources d’énergie suffisantes pour entretenir la vie dans son océan intérieur

Les deux sondes spatiales du programme Voyager sont les premières dans les années 1970 à avoir révélé les formations étranges présentes à la surface d’Europe. Mais ces engins spatiaux n’ont pu fournir que des images à faible résolution qui soulevaient plus de questions qu’elles n’apportaient de réponses. La sonde spatiale Galileo, qui a séjourné dans le système jovien de 1995 à 2003, a effectué 11 survols d’Europe et a permis d’obtenir des images et des spectres à haute résolution de différentes régions de sa surface. Ces observations ont permis d’émettre l’hypothèse d’un océan souterrain. Certaines formations à la surface permettent de penser que des échanges ont lieu entre celle-ci et l’océan souterrain. Selon les données fournies par le magnétomètre de Galileo, le déplacement d’Europe dans le champ magnétique de Jupiter induit un champ magnétique propre à la lune qui pourrait avoir été créé par des courants électriques circulant dans les eaux salées de l’océan souterrain. L’irradiation des particules chargées en surface générerait des oxydants qui, s’ils étaient transportés dans l’océan, serviraient de source d’énergie pour des formes de vie simples.

01/08/2024 Des roches saturées d’eau sur Mars ?

La recherche d’eau sur Mars, accessible et en quantité suffisante pour satisfaire de façon permanente les besoins de futures missions humaines, devient aujourd’hui une priorité. A cet égard des données fournies par le Mars Insight Lander de la Nasa apportent des indications intéressantes .

Il pourrait se trouver d’importantes réserves d’eau à une profondeur de 10 à 20 km dans certaines zones particulières sous l’équateur martien. L’étude de la propagation spontanée des ondes sismiques identifiées dans ces régions semble bien montrer que le sous-sol est composé de roches saturées d’importantes quantités d’eau. Extraire cette eau et la remonter en surface ne devrait pas être facile, mais plus facile qu’importer l’équivalent de la Terre.

Par ailleurs dans ces poches d’eau pourraient se trouver des espèces vivantes anaérobies, c’est-à-dire pouvant se passer d’oxygène.

Source

https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2409983121

Liquid water in the Martian mid-crust

Vashan Wright and other Authors

Edited by David Kohlstedt, University of Minnesota, Minneapolis, MN; received May 18, 2024; accepted July 1, 2024

August 12, 2024
121 (35) e2409983121

Abstract

Large volumes of liquid water transiently existed on the surface of Mars more than 3 billion years ago. Much of this water is hypothesized to have been sequestered in the subsurface or lost to space. We use rock physics models and Bayesian inversion to identify combinations of lithology, liquid water saturation, porosity, and pore shape consistent with the constrained mid-crust (∼11.5 to 20 km depths) seismic velocities and gravity near the InSight lander. A mid-crust composed of fractured igneous rocks saturated with liquid water best explains the existing data. Our results have implications for understanding Mars’ water cycle, determining the fates of past surface water, searching for past or extant life, and assessing in situ resource utilization for future missions.

01/08/2024 Une exoplanète déformée comme un œuf par l’attraction provenant de l’étoile autour de laquelle elle orbite

La Limite de Roche définit la distance minimum en dessous de laquelle deux corps orbitant l’un autour de l’autre ne sont pas déformés par les forces d’attraction et peuvent conserver une forme sphérique résultant de leur propre gravité https://fr.wikipedia.org/wiki/Limite_de_Roche

Avec le nouveau spectromètre spatial dit Keck Planet Finder situé à Hawai https://www2.keck.hawaii.edu/inst/kpf/ , des chercheurs ont observé la déformation en forme de crêpe ou d’oeuf que sous l’influence des forces de marée subissait l’exoplanèteTOI-6255~b (GJ 4256) orbitant en 5-7 heures autour d’une étoile analogue à notre soleil 

Reconstituer les conditions régnant sur cette planète ne donne pas envie d’y aller :2.000 degrés C en surface, des océans de roches fondues en sous-sol et un soleil 80 fois plus grand en apparence que le nôtre.

Référence

[Submitted on 30 Jul 2024
An Earth-sized Planet on the Verge of Tidal Disruption

Fei Dai and others, 

Abstract

TOI-6255~b (GJ 4256) is an Earth-sized planet (1.079±0.065R⊕) with an orbital period of only 5.7 hours. With the newly commissioned Keck Planet Finder (KPF) and CARMENES spectrographs, we determined the planet’s mass to be 1.44±0.14 M⊕. The planet is just outside the Roche limit, with Porb/PRoche = 1.13 ±0.10. The strong tidal force likely deforms the planet into a triaxial ellipsoid with a long axis that is ∼10\% longer than the short axis. Assuming a reduced stellar tidal quality factor Q′⋆≈107, we predict that tidal orbital decay will cause TOI-6255 to reach the Roche limit in roughly 400 Myr. Such tidal disruptions may produce the possible signatures of planet engulfment that have been on stars with anomalously high refractory elemental abundances compared to its conatal binary companion. TOI-6255 b is also a favorable target for searching for star-planet magnetic interactions, which might cause interior melting and hasten orbital decay. TOI-6255 b is a top target (Emission Spectroscopy Metric of about 24) for phase curve observations with the James Webb Space Telescope.

Comments:18 pages, 7 figures, 5 tables, accepted to AAS Journals. The first RV mass measurement from the Keck Planet Finder
Subjects:Earth and Planetary Astrophysics (astro-ph.EP); Solar and Stellar Astrophysics (astro-ph.SR)
Cite as:arXiv:2407.21167 [astro-ph.EP]
 (or arXiv:2407.21167v1 [astro-ph.EP] for this version)

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31/08/2024 L’Iran et ses alliés les Houthuis s’en prennent directement à l’Occident

Le 21 aout 2024 le pétrolier MV Sounion battant pavillon grec subissait une attaque houthie  à environ 77 miles nautiques à l’ouest du port yéménite de Hodeidah, Il en est résulté une  explosion massive et un risque de catastrophe environnementale

Les rebelles Houthis proches de l’Iran viennent d’annoncer avoir fait exploser des charges sur le Sounion, un tanker grec attaqué le 21 août en mer Rouge, au large du Yémen. Des vidéos non datées et diffusées par eux montrent des explosions sur le pont suivies de colonnes de fumée. Parti d’Irak afin d’acheminer des hydrocarbures jusqu’en Grèce, le pétrolier avait été touché par des attaques de drones et des missiles, selon les affirmations des Houthis. -(comme quoi les drones et les missiles sont devenus l’arme du pauvre)

La frégate française Chevalier Paul était intervenue dans le cadre de la mission européenne Aspides pour évacuer les 25 membres d’équipage et les rapatrier à la base navale de Djibouti.

Selon Tyler Durden dans ZeroHedge.com 
L’Occident sera confronté à de graves conséquences si l’agression des Houthis soutenue par l’Iran dans le sud de la mer Rouge persiste. Au-delà de la menace d’inflation causée par les perturbations du transport maritime et la montée en flèche des tarifs des conteneurs en raison du détournement des navires marchands autour du cap de Bonne-Espérance en Afrique, le jeu à long terme est encore plus inquiétant : la “crédibilité et la dissuasion” de l’Amérique s’érodent rapidement. Cette faiblesse perçue pourrait encourager la Chine à aggraver les conflits en mer de Chine méridionale, sentant un Occident affaibli s’empêtrer de plus en plus dans de multiples conflits, notamment ceux en Ukraine et au Moyen-Orient. »

https://www.zerohedge.com/military/clear-sign-collapse-american-credibility-deterrence

Voir aussi

https://x.com/mercoglianos/status/1827074505505960328?

31/08/2024 Macron démission

La France traverse actuellement une crise politique grave du fait de l’abus que fait Emmanuel Macron de son irresponsabilité politique.

Désormais celui-ci est partout, se prononce sur tout, décide de tout- et qui plus est avec un air très satisfait de lui. Or il n’ a été élu qu’à une faible majorité. Rappelons qu’au second tour de l’élection présidentielle 2022, organisé les 23 et 24 avril. Emmanuel Macron n’a emporté l’élection qu’avec 58,54% des suffrages exprimés.

Marine Le Pen avait recueilli 41,46% des suffrages exprimés. Le taux d’abstention  s’était élevé à 28,01% des inscrits, on dénombrait 2,2 millions de votes blancs (6,35% des votants).

Aujourd’hui, selon les sondages, la majorité présidentielle , son opposition d’extrême-droite et son opposions de gauche se partagent pour un tiers chacune les préférences des électeurs. Ainsi de facto, les deux tiers des électeurs n’ont pas voix au chapitre.

Quand il s’agit de questions militaires ou diplomatiques, ceci n’est pas anormal, tant du moins que le président reste globalement conforme aux traditions et volontés du pays.

Mais la vie politique est faite de nombreuses décisions moins importantes, mais essentielles, fiscalité, subventions, équilibres régionaux, sans mentionner les questions de politique industrielle ou de recherche scientifique. Qu’Emmanuel Macron soit le seul décideur, sans même de débats politiques sérieux, ne fut-ce qu’à l’Assemblé Nationale, relève de la dictature. Imaginerait-on le Roi d’Angleterre se comporter de la même façon ?

Note

Sous les IIIe et IVe Républiques, le Gouvernement dirigeait la politique de la Nation, et non le Président. Les constituants de 1958 ont poursuivi cette tradition d’irresponsabilité politique du Président. Or, les pouvoirs du Président de la Ve République sont autrement importants.

Cette procédure du contreseing ministériel sur l’ensemble des actes présidentiels apparaissait tout à fait adaptée dans des régimes où le rôle du président de la République était, somme toute, assez réduit.

Cependant, dès lors qu’avec la Constitution de 1958 celui-ci devient la « clef de voûte » et le garant (art. 5) des institutions, l’irresponsabilité du Président apparaît en décalage avec l’importance des pouvoirs qui lui sont dévolus, notamment lorsque le Président exerce les pouvoirs propres à sa fonction (ex : dissoudre l’Assemblée nationale).

Cette procédure du contreseing ministériel sur l’ensemble des actes présidentiels apparaissait tout à fait adaptée dans des régimes où le rôle du président de la République était assez réduit.

Dès lors qu’avec la Constitution de 1958 celui-ci devient la « clef de voûte » et le garant (art. 5) des institutions, l’irresponsabilité du Président apparaît en décalage avec l’importance des pouvoirs qui lui sont dévolus, notamment lorsque le Président exerce les pouvoirs propres à sa fonction (ex : dissoudre l’Assemblée nationale).

Cependant, la révision constitutionnelle du 23 février 2007, en réformant le statut du Président, a introduit un mécanisme de responsabilité politique.

Elle a mis en place, à l’article 68 de la Constitution, une procédure très encadrée de destitution, destinée à sanctionner les atteintes que le comportement du chef de l’État pourrait porter à la fonction présidentielle, « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ».

La destitution peut être prononcée par le Parlement réuni en Haute Cour. Il ne s’agirait donc pas d’une sanction pénale, mais politique, dont la conséquence serait de mettre un terme au mandat du chef de l’État et à l’inviolabilité qui lui est reconnue, pour la durée de ses fonctions, par l’article 67 de la Constitution.

Les possibilités de mettre en cause la responsabilité du Président par cette procédure sont toutefois malheureusement très restrictives.