20/09/2024 Homo naledi enterrait-il ses morts ?

Homo naledi est une espèce éteinte d’hominines découverte en 2013 en Afrique du Sud par le paléoanthropologue américain Lee Rogers Berger. La découverte fut annoncée en septembre 2015. Les fossiles ont été trouvés dans les Grottes de Rising Star, près de Johannesbourg, en Afrique du Sud. La découverte et l’analyse de nouveaux restes trouvés dans une seconde chambre a été faite en mai 2017 par John Hawks.

Homo naledi présente des traits le rapprochant du genre Australopithecus, avec notamment une petite taille et un faible volume crânien, mais aussi le rapprochant des premiers représentants du genre Homo, avec lesquels il partage d’autres caractéristiques. Il vivait il y a environ 250.000 ans. Ceci en fait un contemporain des premiers Hommes mais aussi des derniers Néandertaliens.

Il possédait un petit cerveau typique des premiers hominiens. Il apparu qu’il utilisait le feu sans doute pour s’éclairer ou se chauffer dans les caves humides et froides dans lesquelles il vivait.

En juin 2023 éclata une controverse entre chercheurs sur le point de savoir s’il utilisait du feu pour s’éclairer ou se chauffer dans ces caves . De même enterrait il ses morts ? Voir ci dessous un article publié à cette occasion.

La controverse est venu du fait qu’il a été reproché à certains de ces chercheurs de n’avoir pas soumis leurs articles au traditionnel contrôle par les pairs (pair review) d’usage en ces occasions. Un autre élément de controverse tient au fait que les auteurs de l’étude se firent accompagner de cinéastes qui on depuis publié un documentaire intitulé « Unknown Cave of Bones » https://www.netflix.com/title/81473682

Référence

No scientific evidence that Homo naledi buried their dead and produced rock art

https://doi.org/10.1016/j.jhevol.2023.103464G

Introduction

The Rising Star Cave system has yielded a stunning concentration of hominin remains estimated to belong to more than 15 individuals representing all age groups, assigned to a new species, Homo naledi (Berger et al., 2015; Dirks et al., 2015). Previous publications (e.g., Dirks et al., 2015; Randolph-Quinney, 2015), as well as popular interviews with the team leaders have suggested that H. naledi was engaged in deliberate disposal of the dead. However, other researchers have cited geological, taphonomic and paleontological evidence to suggest that natural formation scenarios may account for skeletal accumulations, such as a natural death trap, water transport of bodies/body parts and carnivore activity (e.g., Val, 2016; Stiner, 2017; Egeland et al., 2018; Pettitt, 2022).

In June of 2023, the journal eLife hosted three reviewed pre-prints by the Rising Star research team claiming that the Dinaledi and Hill Antechamber skeletal remains indicate deliberate burial practices and the production of associated rock art (Berger et al., 2023a, 2023b; Fuentes et al., 2023)1. Both the reviewed and previously unreviewed pre-prints were accompanied by a strong media campaign that quickly spread the revolutionary idea that the small-brained (∼450–600 cc) hominins found deep in the Rising Star Cave system were capable of complex funerary behaviors equivalent to those attributed to larger-brained (∼1400 cc) hominin species, Homo sapiens and Homo neanderthalensis. The media hype that accompanied both the unreviewed and reviewed, though currently unmodified, pre-prints at the time of this writing, triggered strong public controversy and an immediate debate about ‘modern human behavior’ but also about the way in which scientific work is communicated and perceived by the public (e.g., Gibbons, 2023; Petraglia et al., 2023; Zimmer, 2023). Here we will examine the evidence for the alleged burials and the purported rock art presented in the three reviewed pre-prints together with a consideration of the open reviews published alongside them. The peer reviews were unanimous in considering the evidence inadequate in its present form. Despite this, these versions remain available and communicated to the press and social media without yet integrating any of the referee’s comments.

Here we argue that the evidence presented so far is not compelling enough to support the deliberate burial of the dead by H. naledi nor that they made the purported engravings. Substantial additional documentation and scientific analyses are needed before we can rule out that natural agents and post-depositional processes are responsible for the accumulation of bodies/body parts and to prove the intentional excavation and filling of pits by H. naledi. Moreover, detailed analyses are needed to demonstrate that the so-called ‘engravings’ are indeed human-made marks and that, like the purported evidence of fire use, they can be securely linked to H. naledi. Our commentary also offers a brief insight on the state of the field regarding the importance of responsible social communication and the challenges brought by new models of scientific publication.

19/09/2024 Sabotage par Israël de téléphones portables au Liban

Selon le Pr Clive Jones, directeur de l’Institute for Middle Eastern and Islamic Studies de l’université de Durham (Royaume-Uni)., le sabotage par Israël à distance de téléphones portables ou bipeurs de militants du Hezbolla qui ont explosé le mardi 17 septembre au Liban, a tué plus de 10 personnes et blessé des milliers de membres de la milice libanaise pro-iranienne.

Comment va riposter la milice chiite libanaise qualifiée de terroriste par les autorités européennes et nord-américaines, mais soutenue par l’Iran. Le régime des Mollah a laissé ce soin au Hezbollah lui-même. Il promet de punir Israël. L’ ambassadeur de l’Iran au Liban figure parmi les 2 800 personnes blessées dans l’explosion de leurs bipeurs.

Sur le front diplomatique, Washington s’est directement adressé à l’Iran, mercredi, pour lui demander d’éviter une « escalade » du conflit. En effet, les États-Unis, tout comme Israël et le reste du monde, savent qu’en frappant le Hezbollah, c’est aussi le pouvoir iranien qui est atteint par contre coup dans son image de chef d’un réseau de milices régionales qui lui sont affiliées, estime Clive Jones,

En premier lieu, l’Iran est souvent perçue comme une sorte de chef d’orchestre contrôlant en coulisses les mouvements comme le Hezbollah, les Houthis au Yémen ou encore le Hamas à Gaza. À ce titre, le fait que des bipeurs probablement piégés par les services de renseignement israéliens aient pu arriver entre les mains du Hezbollah pour y exploser peut être perçu comme une faillite majeure des services de sécurité iraniens

On peut penser en effet que l’Iran soit intervenue dans la commande des nouveaux bipeurs censés assurer la sécurité des communications entre les militants du Hezbollah. 

Dans cette hypothèse, les services de renseignement israéliens ont probablement réussi à identifier qui, en Iran, était en charge de superviser le choix des bipeurs et qui devait suivre l’acheminement du matériel »

En outre, mettre en place une opération aussi sophistiquée et inédite a du demander au moins six mois de préparation et d’exécution à Israël, estime Clive Jones. Autrement dit, « Il lui a fallu activer des réseaux humains à la fois au Liban et en Iran pendant un certain temps pour s’assurer que le plan se déroule correctement ».

Si se vérifiait l’hypothèse d’une faillite du renseignement iranien – qui aurait, par exemple, mal vérifié l’intégrité des bipeurs, cela pourrait « créer des tensions et des problèmes de confiance entre le Hezbollah et l’Iran« , estime Shahin Modarres.

Il s’agirait alors d’un coup dur supplémentaire porté à la capacité du renseignement iranien à rivaliser avec celui d’Israel. « On savait déjà que l’appareil sécuritaire iranien n’avait pas beaucoup de mystère pour les services de renseignement israélien« , affirme Mesrob Kassemdjian, spécialiste du Moyen-Orient et du Hezbollah au SOAS (École des études orientales et africaines) à l’université de Londres.

Il rappelle, en effet, que dès 2017, Israël s’était targué d’avoir subtilisé à l’Iran des documents secrets relatifs au programme nucléaire. Ensuite, entre 2010 et 2020, plusieurs scientifiques iraniens ont été assassinés à l’intérieur du pays, probablement par des agents israéliens. Enfin, en juillet 2024, le chef politique du Hamas Ismaïl Haniyeh a été tué à Téhéran.

Mais le renseignement israélien avait peu de temps auparavant manifesté une incompétence qui avait beaucoup fai parle. Il n avais pas été capable de prévoir le massacre dans des conditions horribles de centaines de jeunes gens israéliens faisant la fête dans une rave party.

https://www.tvanouvelles.ca/2023/10/09/les-details-horribles-du-massacre-de-260-fetards-en-israel-par-le-hamas

18/09/2024 Hommage à Boualem Samsal

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, nous empruntons à Wikipedia cette bonne présentation

https://fr.wikipedia.org/wiki/Boualem_Sansal

Boualem Sansal, né le 15 octobre 1949 à Theniet El Had, petit village des monts de l’Ouarsenis, est un écrivain algérien d’expression française, principalement romancier mais aussi essayiste. Censuré en Algérie à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place, il publie ses ouvrages dans d’autres pays tels que la France ou l’Allemagne. Il est le lauréat de plusieurs prix littéraires, dont le grand prix du roman de l’Académie française 2015 pour son roman 2084 : la fin du monde.

Le père de Boualem Sansal, Abdelkader Sansal, est issu d’une famille aisée du Rif ayant fui le Maroc pour l’Algérie, et sa mère Khadjidja Benallouche a reçu une éducation et une instruction « à la française »1. Boualem Sansal a une formation d’ingénieur de l’École nationale polytechnique d’Alger ainsi qu’un doctorat d’économie.

Il a été enseignantconsultantchef d’entreprise et haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie algérien. Il est limogé en 2003 pour ses prises de position critiques contre le pouvoir en place particulièrement contre l’arabisation de l’enseignement2.

Son ami Rachid Mimouni (1945-1995) l’encourage à écrire. Boualem Sansal, bien que grand lecteur, ne se vouait pas à l’écriture. Il commence pourtant à écrire en 1997, alors que la guerre civile algérienne bat son plein. Il cherche à entrer dans l’esprit de ses compatriotes, pour tenter de comprendre puis d’expliquer ce qui a mené à l’impasse politique, sociale et économique de son pays, et à la montée de l’islamisme3.

En 1999, il publie son premier roman, Le Serment des barbares, qui reçoit le prix du premier roman et le prix Tropiques. Il y écrit :

« L’Université […], elle enseigne en arabe, ce qui se conçoit, à des étudiants qui ne pratiquent que leur langue et c’est marre

4 : l’algérien, un sabir fait de 

tamazight, d’un arabe venu d’ailleurs, d’un 

turc médiéval, d’un français XIXe et d’un soupçon d’anglais new-age

5. »

Cet ouvrage connaît un très grand succès de librairie : Boualem Sansal est invité au printemps 2000 au festival du premier roman de Chambéry et, en été, au festival « Les Nuits & les Jours » de Querbes. Depuis, il multiplie les rencontres avec ses lecteurs, en France ou en Allemagne.

Son livre Poste restante, Alger, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté2, mais il décide de rester en Algérie. Il publie Petit éloge de la mémoire, récit épique de l’aventure berbère.

En 2003, Boualem Sansal est rescapé du séisme meurtrier qui a touché sa région à Boumerdès. Après avoir été porté disparu pendant un certain temps, il est retrouvé grâce à un appel lancé par la télévision algérienne.

Son troisième romanDis-moi le paradis, publié en France en 2003, est une description de l’Algérie post-coloniale, à travers les portraits de personnages que rencontre le personnage principal, Tarik, lors de son voyage à travers ce pays. Le ton est très critique envers le pouvoir algérien, se moquant de Boumédiène, critiquant ouvertement la corruption à tous les niveaux de l’industrie et de la politique, l’incapacité à gérer le chaos qui a suivi l’indépendance, et attaquant parfois violemment les islamistes. Ce livre est l’une des raisons qui conduisent le pouvoir à limoger l’auteur de son poste au ministère algérien de l’Industrie.

En 2005, s’inspirant de son histoire personnelle, il écrit Harraga6 (harraga signifie « brûleur de route », surnom que l’on donne à ceux qui partent d’Algérie, souvent en radeau dans des conditions dramatiques, pour tenter de passer en Espagne). Pour la première fois, les personnages principaux sont deux femmes : Lamia, médecin pédiatre qui vit dans la misère à Alger, et Cherifa qu’elle recueille alors que cette dernière est enceinte de cinq mois7. Encore une fois, le ton est très critique envers le pouvoir algérien8 : l’argent du pétrole coule à flots, mais l’argent étant accaparé par une minorité de dirigeants, le peuple est dans la misère et les jeunes vont tenter leur chance ailleurs, pendant que ceux qui ne peuvent pas partir restent dans la misère et la peur.

Son roman Le Village de l’Allemand, sorti en janvier 2008, est censuré en Algérie, car il fait le parallèle entre islamisme et nazisme. Le livre raconte l’histoire du SS Hans Schiller, qui fuit en Égypte après la défaite allemande, et se retrouve ensuite à aider l’Armée de libération algérienne, pour finalement devenir un héros de guerre et se retirer dans un petit village perdu9. Le livre s’inspire d’un destin réel, découvert par la presse dans les années 1980.

En mars 2008, il choisit de se rendre au Salon du livre de Paris, malgré la polémique soulevée dans le monde arabe quant au choix d’Israël comme invité d’honneur et l’appel au boycott venant des pays arabes et de certains intellectuels10. Il s’en explique par la formule :

« Je fais de la littérature, pas la guerre », ajoutant : « La littérature n’est pas juive, arabe ou américaine, elle raconte des histoires qui s’adressent à tout le monde

10. »

Ce choix aggrave sa situation en Algérie.

En 2011, il publie un livre très personnel, écrit trois mois après la mort de sa mère11. Ce nouveau roman, Rue Darwin, est l’histoire d’une famille prise dans la guerre d’Algérie et dont le personnage de Yaz ressemble beaucoup à Sansal ; la rue Darwin est une rue où l’auteur a vécu dans son enfance, à cent mètres de la maison d’Albert Camus11.

En février 2012, il fait partie du jury de la Berlinale 2012, sous la présidence de Mike Leigh12 et, en mai de la même année, participe à la troisième édition du Festival international des écrivains à Jérusalem, suscitant de nombreuses critiques dans le monde arabe13,14. Il fait un récit plein d’humour de son voyage15.

En 2018, il participe à l’écriture d’un ouvrage commun, Le Nouvel Antisémitisme en France, sous la direction de Philippe Val, dans lequel il écrit que le gouvernement français participe « au plan de conquête de la planète par la soumission de ses habitants à l’islam », ce que lui reproche Nicolas Lebourg16, chercheur et membre à l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès17.

Il publie une nouvelle fable futuriste et prophétique, Le Train d’Erlingen ou La Métamorphose de Dieu chez Gallimard, réflexion sur les crises migratoires et la montée en puissance de l’islamisme en Europe. Il déclare :

« Oui, l’Europe a peur de l’islamisme, elle est prête à tout lui céder. […] La réalité en boucle n’a pas d’effet sur les gens, en apparence du moins. On l’a vu en Algérie durant la décennie noire : les gens qui, au début, s’émouvaient pour une victime du terrorisme ont fini après quelques mois de carnage par ne ressentir d’émotion que lorsque le nombre des victimes par jour dépassait la centaine, et encore devaient-elles avoir été tuées d’une manière particulièrement horrible. Terrible résultat : plus les islamistes gagnaient de terrain et redoublaient de cruauté, moins les gens réagissaient. L’info tue l’info, l’habitude est un sédatif puissant et la terreur, un paralysant violent

18. »

En 2011, Boualem Sansal habite près d’Alger, dans la ville de Boumerdès11.

Prix littéraires[

  • En 1999, il est le lauréat du Prix du premier roman et du Prix des Tropiques pour son roman Le Serment des barbares
  • En 2007, il reçoit le prix Édouard-Glissant19, destiné à honorer une œuvre artistique marquante de notre temps selon les valeurs poétiques et politiques du philosophe et écrivain Édouard Glissant.
  • En 2008, il est lauréat du grand prix RTL-Lire pour son roman Le Village de l’Allemand.
  • Le 9 juin 2011, il remporte le prix de la paix des libraires allemands, pour la manière dont il « critique ouvertement la situation politique et sociale de son pays20. »
  • En 2012, il reçoit le prix du roman arabe pour son livre Rue Darwin, avec l’opposition des ambassadeurs arabes qui financent le prix21,22. Il reçoit aussi le prix du roman-news pour ce même roman.
  • Le 13 juin 2013, l’Académie française lui décerne le grand prix de la francophonie23. Il reçoit cette même année le prix Jean-Zay pour son essai Gouverner au nom d’Allah.
  • Il obtient en 2015 le Grand prix du roman de l’Académie française pour son roman 2084 : la fin du monde publié chez Gallimard. Ce roman de science-fiction crée un monde fondé sur l’amnésie et la soumission à un dieu unique. Inspiré par 1984 d’Orwell, le pouvoir religieux extrémiste a lancé une nouvelle langue, l’abilang : « L’abilang n’était pas une langue de communication comme les autres puisque les mots qui connectaient les gens passaient par le module de la religion. »
  • En 2018, il reçoit le prix international de la laïcité de l’association française Comité Laïcité République24.
  • Le 23 avril 2022, il reçoit le Prix Méditerranée pour son roman Abraham ou La cinquième Alliance, troisième écrivain algérien à le recevoir après Tahar Djaout et Kamel Daoud, trois écrivains engagés contre les excès du pouvoir algérien ou de l’islamisme25.
  • Le 4 juin 2023, il reçoit le prix de la Licra (fédération de Paris) et, le 15 juin 2023, il reçoit le prix Constantinople à Paris pour l’ensemble de son oeuvre.
  • Engagements et prises de position

Du 6 au 8 octobre 2012, Boualem Sansal et l’écrivain israélien David Grossman se retrouvent à Strasbourg, avec le soutien du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe, et lancent « L’appel de Strasbourg pour la paix » dans le cadre du 1er Forum mondial de la démocratie organisé par le Conseil de l’Europe. Près de 200 écrivains venant de cinq continents ont depuis signé cet appel, et se sont déclarés prêts à s’engager pour faire progresser la paix et la démocratie partout dans le monde.

Sansal est connu pour ses propos critiques envers toute forme de religion, et l’islam en particulier :

« La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L’islam est devenu une loi terrifiante, qui n’édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu’il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l’islam

11. »

Il met régulièrement en garde contre la progression de l’islamisme, particulièrement en France. À la fondation Varenne, le 13 décembre 2016, il déclare :

« [Les Algériens sont] inquiets parce qu’ils constatent jour après jour, mois après mois, année après année, que la France ne sait toujours pas se déterminer par rapport à l’islamisme : est-ce du lard, est-ce du mouton, est-ce de la religion, est-ce de l’hérésie ? Nommer ces choses, elle ne sait pas, c’est un souci. Pendant ce temps, le boa constrictor islamiste a largement eu le temps de bien s’entortiller, il va tout bientôt l’étouffer pour de bon

26. »

Il écrit : « La vérité se tient mieux dans le silence27 » ; ainsi que : « Dieu appartient à qui s’approprie son message28. » Et, dans 2084 : la fin du monde : « La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n’est plus fort qu’elle pour faire détester l’homme et haïr l’humanité. »

Sansal est très critique envers les pouvoirs :

« 

Bouteflika est un autocrate de la pire espèce […] C’est pourtant lui que les grandes démocraties occidentales soutiennent et à leur tête la 

France de Sarkozy10. » Il ajoute : « Je pense souvent à l’exil mais où, chez Bush, chez Sarkozy ? Remplacer un malheur par un autre n’est pas ce qu’on peut appeler une bonne décision 10. »

Et, dans Dis-moi le paradis, il s’en prend aussi à « la bêtise souveraine » :

« Vinrent les guerres, toutes les guerres, les mouvements de population, les holocaustes, les famines, les déclarations solennelles, les liesses propices aux mensonges, les longues attentes sur le qui-vive, puis les guerres reprirent, les clivages de fer, les vieilles haines ressuscitées, les exils, les exodes, et encore les mots qui blessent, les mots qui tuent, les mots qui nient. Mais toujours, inchangée dans la 

guerre ou la 

paix de l’entre-deux, marchant en tête, discourant à perte de vue, pontifiante et grossière : la bêtise souveraine

29. »

En décembre 2023, il est signataire de la tribune controversée N’effacez pas Gérard Depardieu visant notamment à défendre la présomption d’innocence de Gérard Depardieu, alors accusé de violagression sexuelle et harcèlement sexuel30.

Œuvres

[

Romans

Nouvelles

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  • 2001 : La Voix, Gallimard / Le Monde
  • 2004 : La Femme sans nom, Littera et l’Aube
  • 2005 : « La Vérité est dans nos amours perdues », dans Des nouvelles d’Algérie, éd Métailié
  • 2005 : « Homme simple cherche évènement heureux », Le Monde
  • 2005 : « Tous les bonheurs ne valent pas le déplacement », Magazine des Beaux Arts
  • 2006 : « La Terrible Nouvelle », Le Monde
  • 2008 : « Ma mère » in Ma mère (collectif), Chèvrefeuille étoilée
  • 2008 : Rendez-vous à Clichy-sous-Bois : Mohand ou La mort au coin de la rue in Des nouvelles de la banlieue (collectif), Textuel/Ivre d’images

Essais

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  • 2006 : Poste restante : Alger : lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, éd. Gallimard, « Folio » n° 4702
  • 2007 : Petit éloge de la mémoire : quatre mille et une années de nostalgie, éd. Gallimard, « Folio » n° 4486
  • 2013 : Gouverner au nom d’Allah : islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe, éd. Gallimard
  • 2017 : L’Impossible Paix en Méditerranée, avec Boris Cyrulnik, dialogue animé par José Lenziniéditions de l’Aube
  • 2020 : France-Algérie, résilience et réconciliation en Méditerranée, avec Boris Cyrulnik, dialogue , éditions Odile Jacob, (I

12/09/2024 Un autre Big Bang.

Il est possible de se représenter ce que fut le Big Bang en imaginant comment dans un récipient d’eau commençant à bouillir une première bulle de vapeur d’eau se forme, grossit et finit par éclater.

Aujourd’hui cependant des physiciens se demandent si après le premier big bang un second processus analogue de transformation ne s’était pas produit. Dans le cours de celui-ci des particules invisibles d’une matière dite noire ayant des milliards de fois la masse des particules de matière déjà apparue se serait répandue dans le jeune univers en lui permettant d’obtenir l’équilibre gravitationnel entre les galaxies que nous constatons aujourd’hui 

Aussi surprenant qu’il apparaisse ce concept de Big Bang noir est en ligne avec une révolution tranquille déjà en cours chez les cosmologistes. Ils ont fait évoluer le concept de Big Bang standard pour tenir compte des multiples « transitions de phase » qui se sont manifestées depuis les origines chacune ayant laissé sa marque dans le cosmos.

De plus, aujourd’hui les scientifiques disposent des outils permettant d’observer les faibles échos ce qui s’était passé dans les premiers instants de ces transformations profondes. S’ils trouvent la preuve d’un Big Bang noir, ceci transformera le regard que nous portons sur la nature de la matière noire et comment nous pourrions mieux comprendre son identité.

On pense aujourd’hui que la matière noire existe parce que cette existence apporterait des solutions aux conumdrums qui demeurent dans la cosmologie actuelle, notamment les nombreuses transitions de phase qui y ont été constatées. Les galaxies au sein des amas orbitent l’une autour de l’autre plus vite qu’elles ne le devraient. De plus on soupçonne l’existence de gigantesques halos de matière invisible qui donneraient sa cohésion à l’ensemble. De même les galaxies individuelles se forment plus vite qu’elles ne le devraient vu le nombre de leurs étoiles.

Cependant même si la matière noire était cinq fois plus abondante que la matière ordinaire, il n’en a jamais été trouvé la moindre trace.

On a imaginé qu’existaient des particules de matière noire faiblement interactives dites WHIMp, que la Terre devrait rencontrer en se déplaçant dans la Voie Lactée, mais aucune de telles rencontres n’a encore eu lieu.

Ceci a conduit la cosmologiste Katherin Freese de l’Université du Texas à formuler une hypothèse audacieuse : pourquoi un deuxième Big Bang ne se serait-il pas produit peu après le premier? . Elle l’a nommé Big Bang noir en partant de l’hypothèse qu’il aurait formé de la matière noire dans un processus identique à celui de la formation de matière ordinaire lors du premier Big Bang.

Pour elle les encore mystérieuses ondes gravitationnelles primordiales remontant aux origines de l’univers pourraient être aujourd’hui le souvenir de ces événements lointains.

  En juin dernier des astronomes travaillant au North American Nanohertz Observatory for Gravitational Waves crurent détecter un faible son pouvant résulter de collision avec des WHIMp. Le futur Laser Interferometer Space Antenna de l’ESA, qui devrait être lancé vers 2037, devrait contribuer à cette recherche.

15/09/2024 Le projet Liberty Lifter de Boeing. Retour de l’hydravion

La filiale de la compagnie aérienne Boeing, Aurora Flight Sciences, a dévoilé de nouveaux éléments autour du projet Liberty Lifter de Boeing. Ce nom désigne un hydravion commercial qui sera utilisé par l’agence de la Défense américaine, la DARPA pour transporter cent tonnes de marchandises à grande vitesse, sur une longue distance. Il s’agira d’un hydravion cargo fonctionnant grâce à l’effet de sol appliqué à la surface de la mer.

Depuis 2022, la DARPA développe ce programme qui a pour objectif d’effectuer un premier vol en 2028. Pour ce faire, le Pentagone s’est attaché les services de l’entreprise Aurora Flight Sciences, une filiale de Boeing. Dans un communiqué publié le 23 janvier 2024, le constructeur a dévoilé de nouvelles fonctionnalités de l’avion-cargo. On estime son autonomie à 12 000 kilomètres.

Conformément au souhait de la DARPA, les équipes d’Aurora intègrent des composants à faible coût dans la phase de conception préliminaire. C’est le cas du fuselage et de l’assemblage. Les matériaux seront éprouvés dans un laboratoire de l’université Virginia Tech.

L’objectif est d’anticiper les risques liés à la dynamique de la mer. Car en utilisant l’effet de sol, l’hydravion se déplaçant juste au-dessus de la mer peut se mettre à vaciller et à heurter l’eau à grande vitesse, selon la force du vent et la hauteur des vagues.

Le Liberty Lifter doit résister à des vents compris entre 20 et 30 km/h, soit un niveau 4 sur l’échelle de Beaufort. À ce niveau, les vagues ne dépassent pas les 2 mètres de hauteur. À terme, l’hydravion devra être capable de faire face à des rouleaux jusqu’à 2,5 mètres.

Et les résultats pourraient se révéler exceptionnels. Car l’effet de sol réduit fortement la traînée, ce qui conjure les effets de friction avec l’air. Ce principe physique explique la facilité avec laquelle les mouettes semblent se suspendre au-dessus de l’eau.

Voici la raison pour laquelle les États-Unis semblent si prompts à ressusciter ce type d’aéronef, développé par les soviétiques durant la guerre froide. Ces ékranoplanes selon le terme de l’époque, devaient permettre de mener des attaques amphibies en se soustrayant aux radars de leurs adversaires.

15/09/2024 Un grand pas en avant vers la gravité quantique

Une avancée majeure dans le domaine de la physique quantique vient d’être réalisée. Des chercheurs ont réussi à mesurer la gravité à l’échelle microscopique, ouvrant la voie à une compréhension plus approfondie de la gravité quantique. Cette percée pourrait-elle enfin unifier la mécanique quantique et la relativité générale ? Les implications pour notre compréhension de l’Univers sont potentiellement révolutionnaires.

La quête d’une théorie unifiée de la physique, combinant les principes de la mécanique quantique et de la relativité générale, a franchi une étape cruciale. Une équipe internationale de chercheurs a récemment réussi à mesurer la gravité à une échelle microscopique jamais atteinte auparavant. Cette prouesse technique, réalisée il y a quelques mois, pourrait être la clé pour élucider l’un des plus grands mystères de la physique moderne : la gravité quantique.

L’équipe de recherche, dirigée par Tim M. Fuchs, de l’Université de Southampton, a conçu une expérience novatrice pour mesurer la gravité à l’échelle des particules. Leur dispositif combine :

des supraconducteurs alimentés par des champs magnétiques ;

des détecteurs ultrasensibles ;

un système d’isolation avancé.

Le cœur de l’expérience consistait à faire léviter une particule submillimétrique à une température proche du zéro absolu. Plus précisément, les chercheurs ont réussi à mesurer l’attraction gravitationnelle générée par une particule de seulement 0,43 milligramme, équivalant à une force de 30 attonewtons.

Cette performance technique est remarquable, car elle permet d’observer la gravité à une échelle à laquelle les effets quantiques commencent à se manifester. Jusqu’à présent, la gravité n’avait jamais été mesurée pour des objets aussi petits, ce qui constituait un obstacle majeur à l’élaboration d’une théorie de la gravité quantique.

La difficulté principale réside dans le fait que les particules et les forces à l’échelle microscopique interagissent différemment de ce que font des objets macroscopiques. La cohérence quantique, cette capacité d’un système à exister simultanément dans plusieurs états, s’amenuise à mesure que la taille du système augmente. C’est pourquoi il était crucial de développer des techniques permettant d’isoler et de mesurer la gravité pour des objets aussi petits que possible.

La réussite de cette expérience ouvre de nouvelles perspectives pour la physique théorique et expérimentale. Voici quelques-unes des implications potentielles :

15/09/2024 Faut il s’effrayer du rapport de Mario Draghi sur l’avenir de l’Europe ?

Certains commentateurs de la presse »atlantique » le jugent «terrifiant ».

Voir https://commission.europa.eu/document/97e481fd-2dc3-412d-be4c-f152a8232961_en

Ainsi on lit à la signature de Jean-Marc Sylvestre dans Atlantico business du 14 septembre 2024.

L’avenir de l’Europe : le rapport de Mario Draghi est terrifiant, mais les responsables politiques s’en fichent… 

Le diagnostic formulé par Mario Draghi sur l’avenir de l’Union européenne est terrible, mais les dirigeants européens l’ont accueilli dans une presque totale indifférence. Sauf dans les milieux d’affaires, qui considèrent que ce qui va se passer en Europe est terrifiant.

Le diagnostic est terrifiant parce qu’il nous prédit une Europe qui s’endort tranquillement sur son passé et se prépare à devenir un énorme musée de l’histoire et de la culture mondiale, qui ne sera capable que d’accueillir les touristes américains et chinois. Une énorme réserve de seniors en retraite obligée un peu comme les Japonais, mais sans les revenus…

Mario Draghi n’est pas un clown illuminé ou habité d’une ambition de pouvoir insatiable qui le pousserait à la démagogie. Il a passé l’âge. Mario Draghi est un économiste italien qui a fait une carrière internationale dans la banque, les institutions internationales et dans la gouvernance italienne.

Il faut dire que le diagnostic sur la situation est accablant et que les solutions de redressement vont demander un effort de pédagogie que la plupart des gouvernements n’auront sans doute pas le courage politique d’engager.

C’est le diagnostic qui fait mal. Mario Draghi rappelle certes que le monde aujourd’hui est confronté à des mutations que les États vont devoir assumer : la mutation technologique, la mutation climatique et une transformation forte des équilibres mondiaux liées à l’arrivée dans le jeu concurrentiel de nouveaux pays émergents.

Mais le plus inquiétant n’est pas là. Il est dans le prix que l’Europe va devoir payer pour échapper à l’écrasement entre le poids de l’Amérique d’un côté et de la Chine de l’autre. 

Il faut sortir du schéma auquel d’ailleurs Mario Draghi avait adhéré, qui projetait l’existence d’une mondialisation heureuse parce que capable d’apporter la prospérité économique et sociale.

Depuis l’an 2000, cette mondialisation a, certes, permis l’émergence de la Chine en lui confiant le soin de gérer les usines du monde, mais, effet secondaire, cette mondialisation qui a certes enrichi la Chine a aussi appauvri les classes moyennes de l’Occident, en croyant leur apporter du pouvoir d’achat. Quelle erreur ! 

Cette mondialisation-là ne va pas éteindre les flux d’échanges, mais va modifier quelque peu leur contenu. Les relocalisations industrielles ne replacent pas les industries là où elles étaient avant, mais elles accouchent de chaînes de valeur différente. L’Amérique récupère et garde les conceptions et les productions à très grande valeur ajoutée. La Chine va essayer, tout en restant le premier manufacturier du monde, de doper son propre modèle de consommation.

Entre la Chine et les USA, l’union européenne est coincée avec le risque de n’avoir comme seule issue de survie que de devenir un immense parc d’attractions pour les classes moyennes du monde. 

Mario Draghi va plus loin. L’Europe refuse de regarder ses propres faiblesses et ses mutations nécessaires.

Son moteur principal franco-allemand est à réinventer complètement, parce que l’Allemagne prend conscience que le logiciel qui lui a permis des performances exceptionnelles depuis trente ans est complètement obsolète. L’Allemagne n’a plus de sources d’énergie propres (dans tous les sens du terme). L’Allemagne a encore une industrie très forte, mais focalisée sur l’automobile, qui donne des signes de fatigue, parce que ses marchés les plus puissants sont en train de se fermer. La Chine se replie sur elle-même et le monde se prépare fiévreusement à se convertir à une mobilité plus propre.

L’Europe périphérique, en revanche, se porte bien. En dix ans, la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne ont réalisé les réformes structurelles qui leur permettent aujourd’hui d’avoir la force d’assumer les contraintes de la concurrence mais aussi d’affronter certaines des grandes mutations. Sauf que cette Europe périphérique restera périphérique.

Au-delà de la situation particulière de chaque pays, Mario Draghi s’en prend à l’incapacité de l’union européenne de s’unir face aux défis et il dénonce a bas bruit les erreurs récurrentes de la Banque centrale européenne qui, depuis la crise Covid, a été systématiquement en retard sur la gestion des taux d’intérêt et de la politique monétaire. Et c’est ressenti par tous les milieux d’affaires qui réclament encore aujourd’hui une baisse plus rapide des taux et qui considèrent que les risques d’inflation sont essentiellement importés. Mais parallèlement, il dénonce aussi l’incapacité de l’union européenne à lancer ou inciter des réformes de structure. Il pointe là l’Allemagne et la France, parce que du côté des périphériques, la Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont su le faire.

En urgence, il considère que la solution serait de lancer un plan massif d’investissement dans les nouvelles technologies notamment, qui permettrait à l’Europe de construire des filières industrielles compétitives. Le plan devrait représenter plus de 800 milliards par an pour l’union européenne. C’est considérable quand on connaît l’ampleur des capacités d’épargne en Europe. Rien que pour la France, l’épargne disponible représente plus du double du stock de l’endettement public (6000 milliards contre 3000 milliards de dettes). Pendant ce temps-là, la France se débat avec une réforme de la retraite qui tourne en rond et des systèmes par répartition qui doivent emprunter à l’extérieur de quoi équilibrer les régimes et payer les pensions pour préserver une retraite à 62 ans. 

Pendant ce temps-là, l’Italie se prépare à passer la retraite à 70 ans. Les leçons de Mario Draghi sont entendues par les Italiens.

    14/09/2024 Trois d’un coup. La prochaine guerre mondiale telle que l’envisage Joe Biden

    Les stratèges américains préparant la prochaine guerre prévoient qu’inévitablement celle-ci sera nucléaire. Les pays qui s’affronteront feront appel aux centaines d’ogives qu’ils ont accumulées dans leurs arsenaux.

    Mais dans ce cas la supériorité dont peuvent aujourd’hui se prévaloir les Etats-Unis ne tiendra pas s’ils trouvent en face d’eux les forces conjuguées des autres puissances nucléaires que sont la Russie, la Chine et la Corée du Nord.

    La conclusion de cette constatation est simple. Les Etats-Unis doivent d’un seul et même coup anéantir les armements nucléaires dont disposent ces trois puissances. Ceci signifierait en pratique déclencher une guerre atomique mondiale.

    Ce qui est inquiétant est que le président Biden dont on louait jusqu’à présent la prudence aurait en mars dernier ordonné à l’US Army de se préparer à une telle confrontation nucléaire coordonnée.

    Source

    Biden Approved Secret Nuclear Strategy Refocusing on Chinese Threat

    In a classified document approved in March, the president ordered U.S. forces to prepare for possible coordinated nuclear confrontations with Russia, China and North August 20 2024
    By 
    David E. Sanger

    https://archive.is/2WG9P#selection-851.0-851.15

    13/09/2024 Le Garpiya-A1, un nouveau drone d’attaque russe

    La Russie a engagé en 2023 la production d’un nouveau drone d’attaque à longue portée, le Garpiya-A1, qui inclut de la technologie chinoise et a déjà été utilisé dans le conflit contre l’Ukraine, selon deux sources du renseignement européen et des documents vus par Reuters.

    L’entreprise IEMZ Koupol, filiale du géant russe de l’armement Almaz-Antey, a produit plus de 2.500 Garpiyas (« Harpies » en russe) de juillet 2023 à juillet 2024, selon des pièces consultées par Reuters, soit- un contrat de production, des courriers de la société et des documents financiers. Contactés par Reuters, IEMZ Koupol et Almaz-Antey n’ont pas donné suite à une demande de commentaire.

    Ce drone a été déployé contre des cibles civiles et militaires en Ukraine. Il a causé des dommages matériels mais aussi fait des victimes parmi la population et les forces armées ukrainiennes, selon les deux sources qui ont requis l’anonymat. Elles ont également demandé que certains détails des documents, notamment les dates, ne soient pas dévoilés.

    Si telle est la situation, « cela pourrait indiquer que la Russie se repose désormais plus sur la production intérieure et, de toute évidence, sur la Chine, étant donné que les deux parties au conflit dépendent des composants chinois pour la production de drones », relève Samuel Bendett, du think tank américain « Center for a New American Security », basé à Washington. La Russie faisait essentiellement appel jusqu’à présent à la technologie iranienne.

    L’Iran a fourni plus d’un millier de drones « kamikazes » Shahed-136 à la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, avait déclaré le président ukrainien Volodimir Zelensky en mai 2023. Les autorités de Téhéran, qui démentent la livraison de drones à la Russie, ont refusé de s’exprimer sur les informations relatives au Garpiya-A1. Le ministère russe de la Défense a décliné tout commentaire. Le ministère chinois des Affaires étrangères a précisé dans une déclaration à Reuters que Pékin contrôlait strictement le transfert de technologies à usage militaire, dont les drones.

    « Eu égard à la crise ukrainienne, la Chine a toujours promu des pourparlers de paix et un règlement politique », déclare-t-il. Il ajoute que les échanges commerciaux avec la Russie ne sont soumis à aucune restriction. Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a appelé la semaine dernière la Chine à cesser son assistance militaire à la Russie, soulignant qu’elle pesait lourd dans la poursuite du conflit.

    Le Garpiya-A1 est « très proche du Shahed » mais il est doté d’un moteur Limbach L-550 E, selon l’agence européenne de renseignement qui a livré des éléments d’information à Reuters. Ce moteur, de conception et de fabrication allemandes, est désormais produit en Chine par Xiamen Limbach. La société s’est refusée à tout commentaire.

    Reuters a pu consulter un contrat d’une valeur supérieure à un milliard de roubles (10 millions d’euros) signé au premier trimestre 2023 entre le ministère russe de la Défense et IEMZ Koupol pour le développement d’un site de production de drones. Les drones Garpiya-A1 sont produits dans une ancienne cimenterie d’Izhevsk, en Oudmourtie, dans l’ouest de la Russie. La fabrique avait été acquise par IEMZ Koupol en 2020. Des captures vidéo étudiées par Reuters sur la messagerie Telegram attestent de l’existence et du fonctionnement de ce site de production.

    Un prototype du Garpiya a été testé au premier semestre 2023, selon des documents de la compagnie. La production a atteint plusieurs centaines d’unités au deuxième semestre 2023 et avoisinait les 2.000 unités au premier semestre 2024, selon l’agence de renseignement européenne citée. Le Garpiya, qui pèse un peu moins de 300 kilos, a une portée maximale de 1.500 kilomètres, précise le contrat, ce qui le rapproche des capacités du Shahed-136. Le Washington Post a rapporté en août que la Russie projetait d’augmenter la production d’une version nationale du Shahed-136, le Geran-2, à Elabouga, au Tatarstan.

    Des documents datés du deuxième trimestre 2023 montrent que le fournisseur russe TSK Vektor a transféré des pièces détachées importées de Chine à IEMZ Koupol. Un troisième document obtenu par Reuters – un ordre de commande entre TSK Vektor et Koupol, remontant au premier trimestre 2024 – détaille la livraison de 100 essieux, carburateurs et autres pièces de moteur Limbach L-550 E vendues par deux compagnies chinoises : Juhang Aviation Technology et Redlepus Vector Industries, toutes deux basées à Shenzhen. Juhang, qui est sous le coup de sanctions britanniques (février) et américaines (mai), et Redlepus n’ont pas répondu aux sollicitations de Reuters.

    Selon des données des Douanes, d’avril 2022 à décembre 2023, TSK Vektor a importé pour 36,3 millions de dollars de pièces de Juhang Aviation Technology et pour 6,2 millions de dollars de composants de Redlepus TSK Vector Industrial Shenzhen Co Ltd. Il est question de pièces de moteur aéronautique, de modules électroniques, de connecteurs, de semi-conducteurs, de prises et autres composants identifiés majoritairement pour « un usage civil » et « un usage industriel ».

    Apparemment, l’usage sera aussi militaire

    Référence

    Reuters

    https://www.reuters.com/world/europe/russia-produces-new-kamikaze-drone-with-chinese-engine-say-european-intel-2024-09-13/

    13/09/2024 Guide pratique pour assurer la qualité des matériels destinés aux installations nucléaires

    L’Autorité de sûreté nucléaire est une autorité administrative française qui assure, au nom de l’État, les missions de contrôle de la sûreté nucléaire, de la radioprotection en France et da la France d’Outre Mer

    https://www.asn.fr/

    Avec ce guide, l’ASN souhaite rendre plus accessibles les objectifs et exigences réglementaires portant sur la conception et la fabrication des matériels destinés aux installations nucléaires.

    Les piliers d’une chaîne d’approvisionnement robuste y sont expliqués et accompagnés de recommandations et de bonnes pratiques. Ils sont illustrés d’exemples industriels dans une approche résolument pratique.

    Dans un contexte de forte mobilisation de la filière nucléaire, la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement constitue un enjeu particulièrement important pour la sûreté des installations nucléaires en fonctionnement, comme pour celles en projet.

    Exploitants, fournisseurs et sous-traitants : la qualité des matériels importants pour la sûreté des installations nucléaires est l’affaire de tous et la responsabilité de chacun.

    Les échanges avec les représentants de la filière nucléaire montrent le besoin de mieux diffuser les exigences concernant les équipements importants pour la sûreté et de renforcer la traçabilité des activités de fabrication afin notamment de réduire le risque de fraude.

    Aujourd’hui, avec l’augmentation du nombre des centrales nucléaires prévue par le gouvernement français, ce besoin de sécurité est encore plus important. Il est évident que chaque nouvelle centrale ne pourra pas bénéficier sans examen de la sécurité du parc installé

    Accès sous caution

    https://www.asn.fr/espace-professionnels/installations-nucleaires/fournisseurs/guides-de-l-asn/guide-pratique-pour-assurer-la-qualite-des-materiels-destines-aux-installations-nucleaires