21/10/2024 Nettoyer les basses couches de l’espace terrestre sub-orbital.

La start-up française Dark créée en 2021 a lancé un projet ambitieux qui pourrait changer les règles du jeu dans la défense spatiale. Son objet : proposer une technologie capable de neutraliser les satellites espions et de nettoyer les débris en orbite basse. Dans un domaine jusqu’ici dominé par des puissances spatiales établies. Il s’agirait non seulement de réduire les risques de collisions en orbite, mais aussi de limiter les possibilités de surveillance non autorisée en redéfinissant ainsi les frontières de la guerre spatiale et de l’espionnage.

Au cœur du projet se trouve l’Interceptor, un système conçu pour engager et neutraliser rapidement des objets en orbite terrestre basse. Cet appareil est capable de désorbiter un satellite ou un débris en moins de 24 heures. Le fonctionnement de l’Interceptor représente une avancée majeure par rapport aux méthodes traditionnelles, qui sont souvent coûteuses, lentes et limitées par des fenêtres de lancement très spécifiques.

L’une des principales innovations de Dark réside dans la méthode de déploiement de l’Interceptor. Plutôt que d’utiliser des lanceurs sol-sol, l’entreprise a opté pour un système de largage depuis un avion. Cette méthode offre une plus grande flexibilité et permet d’agir rapidement sans être entravé par les conditions météorologiques, souvent un obstacle majeur pour les lancements de fusées.

L’Interceptor lui-même mesure 15 mètres de long et est équipé de cinq bras robotiques articulés. Ils sont conçus pour capturer et maintenir fermement les objets visés. Cette capture est le premier pas vers une réduction de la vitesse orbitale de l’objet de 20 à 30 %, ce qui est nécessaire pour lancer une descente contrôlée vers l’atmosphère terrestre où l’objet se désintégrera de manière sécurisée. Ce processus, d’une durée approximative de quatre heures et demie, se terminera par une élimination écologique dans le point Nemo, le lieu le plus isolé du Pacifique, déjà utilisé comme cimetière de débris spatiaux.

La viabilité de ce projet ambitieux est soutenue par un financement important. Dark a levé 11 millions de dollars auprès de plusieurs fonds d’investissement, notamment le fonds français Eurazeo et le fonds californien Long Journey Ventures. Ces investissements sont cruciaux pour le développement du moteur cryogénique Sheitan de l’Interceptor et d’autres technologies nécessaires à la précision et à la fiabilité des interceptions.

L’ambition de Dark est de mettre en place d’ici 2030 un système pleinement opérationnel capable de mener jusqu’à vingt missions par an. Le potentiel de marché pour ces services est vaste, englobant non seulement la gestion des débris spatiaux mais aussi divers aspects de la sécurité militaire.

Si les plans de Dark se réalisent, l’entreprise pourrait devenir un acteur indispensable de la défense spatiale mondiale. L’Interceptor offre une solution potentielle aux défis croissants liés à la surveillance et à la sécurité en orbite, visant à une transformation significative des stratégies de sécurité nationale et internationale.

Source : Dark

21/10/2024 La guerre mondiale des drones

On trouve sur le site français Force militaire une liste des meilleurs drones de combat au monde (UAV) classés selon différents critères, charge utile embarquée, armements, performances, etc.

https://force-militaire.fr/blogs/blog-militaire/drone-militaire#:~

Comme on le sait, ce type d’armes a longtemps été négligé en France, tant en ce qui concerne l’offensive que la défensive . Aujourd’hui elle s’efforce de rattraper son retard. Ainsi Sébastien Lecornu, ministre des Armées et des Anciens Combattants, a annoncé le développement d’un drone de combat furtif qui accompagnera la future évolution F5 du Rafale après 2030 et sera adapté au combat collaboratif.

Le combat collaboratif, qui consiste à accompagner les avions de chasse avec des drones de combat sur les théâtres d’opérations, est l’une des principales évolutions qui marqueront les forces aériennes des grandes armées du monde dans les prochaines années. Ce futur drone français sera complémentaire du prochain Rafale version F5 et adapté au combat collaboratif, le drone pouvant potentiellement être commandé par le pilote de l’avion de chasse. Dassault précise que le drone incorporera les technologies les plus récentes de furtivité, de contrôle autonome et de communication. Il sera doté d’une grande polyvalence et sera évolutif pour s’adapter à l’évolution des menaces futures.

Ce drone bénéficiera, en outre, des acquis du programme nEUROn, https://en.wikipedia.org/wiki/Dassault_nEUROn, premier démonstrateur technologique européen de drone de combat furtif.

Initié en 2003, le programme nEUROn a réuni les ressources aéronautiques de six pays européens, sous la maîtrise d’œuvre de Dassault Aviation. Le premier vol a eu lieu en décembre 2012. Plus de 170 vols d’essais ont été effectués à ce jour.

« Le couple Rafale F5 et drone de combat, avec leurs évolutions futures, doit assurer à la France, comme le Mirage IV en son temps, son indépendance et sa supériorité capacitaire pour les prochaines décennies »,selon Éric Trappier. PDG de Dassault Aviation.

Ceci sera-t-il suffisant et surtout assez précoce . Au regard des données actuelles, 2030 est une date lointaine. Les drones concurrents évolueront. Par ailleurs le besoin se fait déjà sentir, comme le montrent les actuels combats de l’Ukraine avec la Russie, de drones non seulement aériens, mais terrestres tous terrains, maritimes et sous-marins.

Ces drones seront de plus autonomes. Ce terme cache une réalité géante. Ils seront de plus en plus capables de prendre seuls les décisions d’ouverture du feu.

Que les militaires se rassurent. Avec les progrès permanents de la robotique intelligente, tant sur Terre que dans l’Espace planétaire et interplanétaire, les besoins et les solutions ne manqueront pas Ils y trouveront toujours de quoi satisfaire leurs propres exigences.

20/10/2024 Nucléaire. Première fusion réussie

La National Ignition Facility (NIF) à Livermore, en Californie, a récemment franchi une étape décisive dans la quête d’une énergie propre et illimitée. Le 5 décembre 2022, les scientifiques ont réussi à obtenir l’ignition de fusion, un exploit longtemps considéré comme inaccessible. Cette percée ouvre la voie à une nouvelle ère énergétique, potentiellement capable de répondre aux défis climatiques actuels.

Le processus mis en œuvre par la NIF implique l’utilisation de :

192 lasers ultra-puissants
Une capsule de diamant contenant du deutérium et du tritium
Un minuscule cylindre en or

Cette configuration permet de reproduire les conditions extrêmes qui règnent au cœur du soleil.

Lors de l’expérience, les atomes d’hydrogène ont fusionné pour former de l’hélium, libérant une énergie de 3,15 MJ, supérieure aux 2,05 MJ fournis par les lasers. Ce résultat net positif marque un tournant dans l’histoire de la fusion nucléaire 

Perspectives.

Malgré l’enthousiasme suscité par cette avancée, de nombreux obstacles restent à surmonter avant que la fusion nucléaire ne devienne une réalité industrielle.

Les scientifiques doivent maintenant relever le défi de la reproductibilité et de la stabilité du processus. La fusion nécessite en effet des conditions extrêmement précises et difficiles à maintenir sur de longues périodes.

Les estimations concernant le délai nécessaire pour développer des centrales à fusion rentables varient considérablement :

ScénarioDélai estimé
Optimiste5 ans
Réaliste20-30 ans
PessimistePlus de 50 ans

Parallèlement aux efforts de la NIF, d’autres pays investissent massivement dans la recherche nucléaire. Par exemple, la Chine va construire 11 nouveaux réacteurs nucléaires, démontrant son engagement dans ce domaine stratégique.

Implications

La course à la maîtrise de la fusion nucléaire revêt une importance géopolitique considérable. Les nations qui parviendront à développer cette technologie pourraient acquérir un avantage stratégique majeur en termes d’indépendance énergétique et d’influence internationale. démontrant son engagement dans ce domaine?

Sur le plan environnemental, la fusion nucléaire promet des avantages significatifs par rapport aux énergies fossiles et même à la fission nucléaire :

.Absence d’émissions de gaz à effet de serre
Risques de sécurité moindres
Production de déchets radioactifs limitée et à courte durée de vie

Par contre, certains experts mettent en garde contre un optimisme excessif. Ils soulignent que la transition vers une économie basée sur la fusion nécessiterait des investissements considérables et une refonte complète des infrastructures énergétiques mondiales existantes.

Questions éthiques

La sphère de diamant nucléaire à laser soulève également des questions éthiques fondamentales. Les risques potentiels liés à la manipulation de technologies aussi avancées doivent être soigneusement évalués. La communauté scientifique et les décideurs politiques font face à une responsabilité accrue pour garantir que ces innovations servent le bien commun sans compromettre la sécurité globale.

En définitive, la quête d’une énergie propre et abondante par le biais de la fusion nucléaire incarne à la fois les espoirs et les craintes de notre époque. Si elle réussit, cette technologie pourrait transformer radicalement notre rapport à l’énergie et notre impact sur l’environnement. Toutefois, le chemin vers cette révolution énergétique reste semé d’embûches, nécessitant une collaboration internationale sans précédent et une réflexion approfondie sur les implications à long terme de ces avancées technologiques.

Référence

https://lenergeek.com/2024/10/20/pays-joue-feu-sphere-diamant-nucleaire-laser-inquiete-experts/

19/10/2024 Des molécules prébiotiques circulent d’une planète à l’autre au sein de l’univers 

La vie est apparue sur terre à la suite d’une évolution spontanée de molécules chimiques suffisamment complexes pour pouvoir s’agréger spontanément et se reproduire sous la forme de l’ARN et de l’ADN qui sont les briques de base de la vie intelligente telle que nous la connaissons, y compris l’espèce humaine elle-même.

Logiquement, ce processus qui a demandé sur la Terre quelques milliards d’années à se déployer, n’aurait eu ou n’aura pas de difficultés à se reproduire de façon presque identique sur les milliers de milliards de planètes habitables que l’on découvre progressivement dans l’univers visible. Il est donc tout-à fait raisonnable de penser que, selon la formule célèbre, l’Homme n’est pas seul dans l’univers.

Cependant, il a fallu du temps pour que la vie et l’homme apparaissent spontanément sur la Terre. Il en faudrait encore plus que cette vie se généralise dans les planètes habitables. Pourrait-on alors imaginer que la vie apparue sur une planète puisse être transportée sur d’autres planètes, sous la forme notamment de molécules prébiotiques prêtes à se développer. Concernant la Terre, pourrait-on imaginer que la vie terrestre y soit venu d’ailleurs, transportée notamment par des astéroïdes.

On sait que cette hypothèse séduisante avait été abandonnée, compte tenu du fait que l’espace interplanétaire est soumis à des températures et des radiations mortelles pour la vie telle que nous la connaissons.

Or l’on apprend aujourd’hui que des chercheurs de l’Imperial Collège London viennent de découvrir que des fragments de l’astéroïde Ryugu rapportés sur terre en 2020 par la sonde spatiale japonaise Hayabusa 2 comportaient des microfractures résultant du froid interplanétaire dans lesquelles se trouvaient des produits chimiques organiques nécessaires à la vie ainsi que de l’eau sous forme de glace.

Cette glace peut redevenir de l’eau enrichie d’éléments prébiotique en se vaporisant au cas où l’astéroïde tomberait sur la Terre, notamment dans les océans. Elle aurait pu ainsi ensemencer la planète, au cas où celle-ci n’aurait pas encore contenu de vie.

Ce n’était pas encore de la vie, mais pourrait y conduire dans une jeune planète

Référence

Nature Astronomy doi.org/nktc

  1. nature  
  2. nature astronomy  
  3. articles  
  4. article

Evidence from 162173 Ryugu for the influence of freeze–thaw on the hydration of asteroids

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Evidence from 162173 Ryugu for the influence of freeze–thaw on the hydration of asteroids

Matthew J. GengeNatasha V. AlmeidaMatthias van Ginneken
Lewis Pinault, Penelope J. Wozniakiewicz & Hajime Yano 

Nature Astronomy (2024)Cite this article

Abstract

Hydrated asteroids are likely to be main source of water for the terrestrial planets. The controls on the extent of asteroid hydration, however, are poorly understood. Here we report the discovery of multiple fracture and vein sets in a sample from the C-type asteroid 162173 Ryugu that acted as pathways for the migration of distal fluids during its aqueous alteration. Early veins in Ryugu are decorated with framboidal magnetite, while later veins caused metasomatism of wall rocks. Both veins and fractures have cuspate geometries and complex intersecting geometries consistent with freeze–thaw fractures formed during experiments. We show that freeze–thaw is effective in fracturing C-type asteroids to up to 300 km in diameter and is thus crucial in the outwards migration of fluids in ice-bearing asteroids. Freeze–thaw is likely, therefore, to determine the distribution of mineral-hosted water in asteroids throughout the Cosmos

Voir aussi

NewScientist 19 october 2024, p 17

19/10/2024. Les plantes et le refroidissement climatique à la fin de l’ordovicien


Les fossiles indiquent que les premières plantes à pousser sur terre sont apparues il y a 475 millions d’années, au cours de la période ordovicienne. On ne dispose que de restes fossilisés de petits fragments de plantes, mais on ne sait  pas comment les morceaux s’assemblent .

 Cependant on peut dire sans risque de se tromper que ces plantes étaient très petites et ressemblaient probablement aux hépatiques et aux mousses, leurs plus proches parents vivants.

Le climat a radicalement changé à la fin de l’Ordovicien. On est passé d’un climat plus chaud qu’aujourd’hui (sans glace) à une période glaciaire. Les périodes glaciaires sont assez rares dans l’histoire de la Terre et ce qui a donné naissance à la glaciation ordovicienne a toujours été un mystère.

Cependant alors que l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone provoque le réchauffement climatique, l’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère provoque un refroidissement global.

 L’un des principaux mécanismes d’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère est l’altération des silicates : la réaction chimique entre les minéraux silicatés des roches et le dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

L’hypothèse selon laquelle les plantes non vasculaires (mousses) augmentent les taux d’altération des silicates a été testée. Or ces plantes simples augmentent effectivement l’altération des minéraux silicatés. Ces mesures des taux d’altération des silicates ont été incorporées dans les  modèles informatiques du climat de la période ordovicienne.

Ceci a montré  que l’apparition des premières plantes terrestres à l’Ordovicien aurait bien provoqué une diminution spectaculaire du dioxyde de carbone atmosphérique. Ceci  aurait provoqué un refroidissement climatique et contribué au déclenchement de l’ère glaciaire de la fin de l’Ordovicien. 

Rappelons que les plantes jouent un rôle essentiel dans les systèmes climatiques en extrayant le dioxyde de carbone de l’atmosphère de deux manières : tout d’abord, les plantes effectuent la photosynthèse, qui convertit le dioxyde de carbone en biomasse végétale laquelle stocke le carbone. Ensuite, les plantes augmentent les taux d’érosion des silicates. Cette réaction chimique décompose les roches, et ce faisant, éliminent le dioxyde de carbone de l’atmosphère.

On savait  que le refroidissement spectaculaire de la planète il y a 300 à 200 millions d’années était le résultat de l’évolution de grandes plantes dotées de grands systèmes racinaires qui ont provoqué de grands changements dans ces deux processus.  

Mais l’apparition des premières plantes terrestres a eu un effet bien plus tôt, soit 100 millions d’années plus tôt.

Aujourd’hui la disparition de vastes zones de végétation, qui servent de réservoirs de carbone, augmentera les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et provoquera des changements climatiques pouvant être dramatiques.

Les plantes ont un rôle régulateur central dans le contrôle du climat : elles l’ont fait hier, elles le font aujourd’hui et elles le feront certainement à l’avenir. Si nous continuons à détruire la végétation de la Terre, en abattant des forêts et en asséchant des zones humides, nous subirons un changement climatique dramatique : l’opposé d’une ère glaciaire. C’est ce qu’on appelle le réchauffement climatique.

Adapté de

Nature
First plants cooled the Ordovician
https://www.nature.com/articles/ngeo1390
Nature Geoscience volume5, pages 86–89 (2012)

19/10/2024 L’extinction de masse de l’ordovicien

L’Ordovicien (485–444 Ma) est une période géologique caractérisée par la concomitance d’une glaciation majeure et de l’une des 5 plus grandes extinctions de masse de l’histoire de la Terre.

La Terre connaît une première grande crise à la fin de l’Ordovicien-Silurien, lorsque la vie était exclusivement marine. Elle serait due à un intense épisode de glaciation et aurait provoqué la disparition de 60 à 70% des espèces.

Parmi les groupes d’animaux marins fortement affectés par cette phase d’extinction, on trouve:

La disparition d’une grande partie de ces espèces serait liée à un épisode de glaciation ayant entraîné une baisse du niveau marin.

C’est du moins l’hypothèse proposée pour le premier épisode d’extinction. Car la crise de l’Ordovicien se divise en deux pulses. Et les causes du deuxième épisode sont beaucoup plus troubles. Il pourrait notamment être associé à un événement anoxique, c’est-à-dire à une diminution drastique du taux d’oxygène dans l’eau de mer.

Le taux d’oxygène dans les océans est en effet un facteur très important. Sa diminution vers des conditions d’anoxie déstabilise les écosystèmes, impactant sévèrement la vie marine. Pendant plusieurs décennies, les chercheurs pensaient que seul un épisode de réchauffement climatique pouvait engendrer une anoxie des océans. Mais de plus en plus d’études montrent que des climats froids peuvent également créer des conditions anoxiques.

Par ailleurs, de nouvelles recherches menées par des scientifiques de l’Université d’Oxford et de l’Université d’Exeter ont montré que l’ invasion des terres par les plantes au cours de la période ordovicienne (il y a 488 à 443 millions d’années) a refroidi le climat et déclenché une série de périodes glaciaires.

Adapté de

Nature
First plants cooled the Ordovician
https://www.nature.com/articles/ngeo1390
Nature Geoscience volume5, pages 86–89 (2012)

18/10/2024 Les chats essaient de nous comprendre bien plus que nous le croyons

Une étude menée sur des chats domestiques montre que ceux-ci sont capables d’associer des mots et des images. Il serait donc possible que , contre toute apparence, ils connaissent des mots de notre vocabulaire quotidien.

Au cours des cinq dernières années, les chercheurs ont beaucoup appris sur les chats et leur rapport au langage humain. Par exemple, on sait depuis 2019 qu’ils connaissent leur nom, et, depuis 2022, le nom des humains avec qui ils vivent et ceux  des autres chats qu’ils ont l’habitude de fréquenter.

Aujourd’hui, une nouvelle étape vient d’être franchie : d’après une étude dont les résultats sont publiés dans Scientific Reports, dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, “les chats apprennent à associer les images et les mots plus rapidement que n’y parviennent les bébés”

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont entraîné 31 chats adultes à un apprentissage similaire à celui des bébés. Chaque félin, placé devant un écran, regardait une image diffusée pendant neuf secondes en même temps qu’il entendait un message enregistré par son maître dans lequel celui-ci prononçait quatre fois un même mot en japonais:“keraru” pour une licorne bleu et blanc, “parumo” pour un soleil rouge. La leçon était renouvelée plusieurs fois. Le chat n’obtenait pas de récompense – caresse ou nourriture – pour sa participation.

Ensuite, il devait regarder les mêmes images, mais cette fois, le mot prononcé était parfois erroné. En analysant la réaction de l’animal, les scientifiques ont pu savoir si ce dernier faisait bien une association entre une image et un nom.

“De façon surprenante, la grande majorité des chats a appris chaque association mot-image après seulement deux leçons de neuf secondes. La plupart des enfants de 14 mois ont besoin de quatre leçons de quinze secondes, au cours desquelles les mots sont répétés 7 fois, et non 4”, indique Science.

Interrogée par Science la spécialiste du développement du langage Janet Werker nuance la comparaison, rappelant que les tests des enfants sont plus difficiles : des mots de trois syllabes prononcés de façon exagérée par leur maître pour les chats, des mots d’une syllabe prononcés à vitesse normale par des voix inconnues pour les bébés.

Référence

  1. nature  
  2. article
  • Published: 04 October 2024
  • Rapid formation of picture-word association in cats
  • Saho Takagi, others

Scientific Reports 
volume14, Article number: 23091 (2024) 

Abstract

It is well known that dogs are capable of following human verbal instructions. However, very little is known about the equivalent ability in cats. In this study, we used a switched stimuli task to examine whether cats rapidly form picture-word association, which is a fundamental ability for word learning. We presented cats with two meaningless picture-word combinations, in the habituation phase. Then, on half of the trials we switched the combination (switched condition), but the other half of the trials remained as before (non-switched condition). If cats rapidly form picture-word association, they were expected to look at the monitor for longer in the switched condition, reflecting detection of the change. We used human speech as stimuli in Exp.1, and mechanical sounds (electronic sounds) in Exp.2. Cats expressed detection of the switched combination in Exp.1, where human speech and objects were paired. However, in Exp.2 where non-social sounds and objects were paired, there was no statistical difference between switched and non-switched conditions, although there was a main effect of condition when the data from the two experiments were pooled. These results demonstrate that cats can rapidly form picture-word association. Further research should investigate whether domestication has played a role in this ability.

18/10/2024 L’ESA participera à la mission spatiale d’étude des ondes gravitationnelles LISA

Le 25 janvier 2024, le « Science Program Committee » de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a annoncé l’adoption de la mission LISA, un projet spatial ambitieux de détection d’ondes gravitationnelles depuis l’espace.

Composé de trois satellites distant de 2,5 millions de km formant un interféromètre laser géant en orbite héliocentrique, la mission mesurera les infimes variations de l’espace-temps provoquées par le passage des ondes gravitationnelles. La décision du 25 janvier donne le feu vert pour la réalisation des instruments en vue d’un lancement à l’horizon 2035-2037.

L’objectif de la mission LISA est la détection des ondes gravitationnelles basses fréquences (entre 0,1 et 100 mHz), émises par les phénomènes les plus violents de l’Univers tels que la coalescence de trous noirs supermassifs. Ses observations permettront à la fois de répondre à des questions de physique fondamentale (gravitation en champ fort, physique de l’Univers primordial, etc.), d’astrophysique (origine des trous noirs, formation et évolution des objets binaires compacts de notre Galaxie, etc.) et de cosmologie (expansion de l’Univers, nature de l’énergie noire, etc.). La mission doit durer 6 ans.

Le projet LISA est mené par un consortium international réunissant quelques 200 laboratoires et près de 2000 personnes. En Europe, il est  coordonné par l’ESA et les agences spatiales nationales comme le CNES en France. L’IN2P3 est impliqué depuis 2005 dans ce projet majeur, qui mobilise des équipes dans six de ses laboratoires : l’APC, le CPPM, IJCLab, le L2IT, l’IP2I et le LPCC.

L’importance de cette mission est telle qu’il faille regretter d’attendre tant d’années avant sa mise en place. Certes certains délais sont incompressibles mais ce n’est pas le cas pour tous

Références

https://www.nationalgeographic.fr/espace/quest-ce-quune-onde-gravitationnelle

https://fr.wikipedia.org/wiki/Laser_Interferometer_Space_Antenna

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17/10/2024 Une structure étrange se déplace lentement dans les fonds marins du Pérou.

Dans un article publié par la revue Science, un groupe de géologues de l’université du Maryland, dirigé par Jingchuan Wang, explique qu’en envoyant des ondes sonores pour réaliser des cartes sismiques de la région, ils ont identifié une masse de manteau se déplaçant étonnamment lentement sous la plaque Nazca, qui borde elle-même la plaque continentale d’Amérique du Sud.

Leur découverte pourrait expliquer pourquoi cette région est en train de créer la chaîne de montagnes méso-océanique qui connaît la croissance la plus rapide au monde : les « East Pacific Ranges ».

Des analyses plus poussées ont permis d’acquérir de nouvelles certitudes. On sait que la plus grande partie du volume de la Terre est constituée de roches silicatées chauffées, prises en sandwich entre une croûte externe mince et froide et un noyau chaud. Cette couche de minéraux partiellement fondus, appelée manteau, s’écoule par cycles, selon un processus lent qui dure des dizaines de millions d’années en raison des différences extrêmes de température entre le dessus et le dessous. À ce stade, la matière plus dense et plus froide est attirée vers l’intérieur, plus chaud, dans un processus appelé subduction.

Dans cette région, la plaque de Nazca est en subduction sous l’Amérique du Sud. Cependant, du côté ouest de la plaque se trouvent la dorsale méso-océanique à croissance rapide et un point chaud géologique sous les îles de Pâques, ainsi qu’un mystérieux fossé structurel entre le Pacifique central et le Pacifique oriental.

Comme l’explique le Dr Wang, ils ont constaté que dans cette région, les matériaux s’enfonçaient à une vitesse inférieure de moitié à la vitesse attendue, « ce qui suggère que la zone de transition du manteau peut agir comme une barrière et ralentir le mouvement des matériaux à travers la Terre« .

Ils ont déterminé que cette épaisse structure de pierre était plus froide et plus dense que celles des régions voisines. De plus, elle semble être un morceau fossilisé d’un ancien fond marin « qui s’est enfoncé dans la Terre il y a environ 250 millions d’années. Elle nous donne un aperçu du passé de la Terre que nous n’avions jamais eu auparavant« , explique l’auteur principal.

Les travaux indiquent que, parce qu’ils ne fondent pas aussi complètement que le manteau environnant, les vestiges de ce qui était autrefois un plancher océanique triasique font saillie plus profondément dans les couches plus chaudes du manteau, entraînant la saillie des matériaux dans des structures appelées superplumes.

« Les simulations géodynamiques ont attribué la géométrie et la stabilité des structures du manteau inférieur à leurs interactions directes avec la plaque subductrice« , expliquent les auteurs. En fait, ils pensent que cette série d’anomalies, orientées dans le sens est-ouest, pourrait aider à raconter l’histoire de la plaque Nazca et la façon dont elle s’est déplacée au cours de l’histoire.

Quoi qu’il en soit, le simple fait d’avoir détecté ces impacts anciens dans le sol permettra peut-être d’en savoir plus sur la façon dont les mécanismes internes de la planète façonnent la surface du monde aujourd’hui.

https://actu.purebreak.com/news/une-decouverte-digne-d-un-film-de-science-fiction-cette-structure-etrange-se-deplace-lentement-dans-les-fonds-marins-du-perou-elle-est-la-depuis-l-epoque-des-dinosaures/

Référence

Mesozoic intraoceanic subduction shaped the lower mantle beneath the East Pacific Rise

Science Advances
27 Sep 2024
Vol 10, Issue 39

DOI: 10.1126/sciadv.ado1219

Abstract

The Pacific large low-shear-velocity province (LLSVP), as revealed by cluster analysis of global tomographic models, hosts multiple internal anomalies, including a notable gap (~20° wide) between the central and eastern Pacific. The cause of the structural gap remains unconstrained. Directly above this structural gap, we identify an anomalously thick mantle transition zone east of the East Pacific Rise, the fastest-spreading ocean ridge in the world, using a dense set of SS precursors. The area of the thickened transition zone exhibits faster-than-average velocities according to recent tomographic images, suggesting perturbed postolivine phase boundaries shifting in response to lowered temperatures. We attribute this observation to episodes of Mesozoic-aged (250 to 120 million years ago) intraoceanic subduction beneath the present-day Nazca Plate. The eastern portion of the Pacific LLSVP was separated by downwelling because of this ancient oceanic slab. Our discovery provides a unique perspective on linking deep Earth structures with surface subduction.

16/10/2024 Des batteries miniatures fonctionnant à l’énergie atomique

L’entreprise chinoise Betavolt Technology a présenté le 8 janvier 2024, un nouveau concept de batterie miniature révolutionnaire. Sans charge et sans besoin d’entretien, cette batterie à énergie atomique pourrait avoir une durée de vie allant jusqu’à un demi-siècle. Développée depuis mi-2021, la batterie miniature à énergie atomique chinoise allie deux technologies inédites : la désintégration nucléaire de l’isotope 63 du nickel et le tout premier module à semi-conducteur en diamant de 4ème génération.

L’énergie libérée lors de la désintégration du nickel-63 est recueillie puis convertie en électricité grâce à des convertisseurs semi-conducteurs en diamant. Le diamant est utilisé ici en partie pour ses propriétés de grande résistance aux températures et aux rayonnements élevés. La batterie dans sa structure est un empilement de modules. Chaque module étant constitué d’au moins deux couches de convertisseur en diamant monocristallin de 10 µm d’épaisseur et d’une couche de 2 µm de nickel 63. Les groupes de modules sont ensuite connectés en parallèle ou en série. Cette multiplication en dizaine, voire centaines de modules peut être ajustée par la suite en fonction des besoins attendus. La taille minimale de la batterie doit être de 3x3x0,03mm3.

Cette batterie pourrait être déployée dans le futur dans divers secteurs comme l’aérospatiale, l’Intelligence artificielle, le médicale, les systèmes MEMS (systèmes microélectromécaniques), la robotique et même dans la téléphonie.

Zhang Wei, le président directeur-général de Betavolt, a déclaré : « le premier produit, que la société lancerait, serait le BV100, qui est la première batterie nucléaire au monde à être produite en série. La puissance est de 100 microwatts, la tension de 3V et le volume de 15x15x5mm3, plus petit qu’une pièce de monnaie. Plusieurs de ces batteries peuvent être utilisées en série et en parallèle. L’entreprise prévoit de lancer une batterie de 1 watt en 2025. Si les politiques le permettent, les batteries à énergie atomique peuvent permettre à un téléphone portable de ne jamais être chargé ».

En outre, la société assure que la batterie ne prendra pas feu, n’explosera pas et ne produit aucun rayonnement externe grâce au diamant. Après la période de désintégration du nickel-63, celui-ci devient stable et non radioactif, ce qui réduirait les menaces pour l’environnement en terme de pollution, ainsi que les processus de recyclage coûteux.

D’autres concepts de batteries sont déjà à l’étude par la société chinoise avec l’utilisation du strontium-90, le prométhium-147 et le deutérium, qui pourraient avoir une puissance plus élevée et une durée de vie de 2 à 30 ans. ■

Référence

nature 

Article

  • Published: 18 September 2024

  • Micronuclear battery based on a coalescent energy transducer
  • Kai Li, and others
  • Nature volume 633, pages811–815 (2024)
  • Abstract
  • Micronuclear batteries harness energy from the radioactive decay of radioisotopes to generate electricity on a small scale, typically in the nanowatt or microwatt range1,2. Contrary to chemical batteries, the longevity of a micronuclear battery is tied to the half-life of the used radioisotope, enabling operational lifetimes that can span several decades3. Furthermore, the radioactive decay remains unaffected by environmental factors such as temperature, pressure and magnetic fields, making the micronuclear battery an enduring and reliable power source in scenarios in which conventional batteries prove impractical or challenging to replace4. Common radioisotopes of americium (241Am and 243Am) are α-decay emitters with half-lives longer than hundreds of years. Severe self-adsorption in traditional architectures of micronuclear batteries impedes high-efficiency α-decay energy conversion, making the development of α-radioisotope micronuclear batteries challenging5,6. Here we propose a micronuclear battery architecture that includes a coalescent energy transducer by incorporating 243Am into a luminescent lanthanide coordination polymer. This couples radioisotopes with energy transducers at the molecular level, resulting in an 8,000-fold enhancement in energy conversion efficiency from α decay energy to sustained autoluminescence compared with that of conventional architectures. When implemented in conjunction with a photovoltaic cell that translates autoluminescence into electricity, a new type of radiophotovoltaic micronuclear battery with a total power conversion efficiency of 0.889% and a power per activity of 139 microwatts per curie (μW Ci−1) is obtained.

Note

Une concurrence américaine n’ a pas tardé à se faire connaitre

https://www.geo.fr/sciences/apres-la-chine-les-etats-unis-aussi-developpent-une-batterie-nucleaire-pouvant-tenir-50-ans-221733