11/12/2024 Le sous-marin nucléaire d’attaque français Tourville et la seconde frappe

Le 16 novembre 2024, la Direction générale de l’armement (DGA) a réceptionné, à Brest, le Tourville, troisième des six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) réalisés dans le cadre du programme Barracuda. Le sous-marin a aussitôt été transféré à la Marine nationale.

Après avoir réussi les tests de ses équipements et de sa propulsion nucléaire, le Tourville a débuté une série d’essais en Manche avant de se diriger vers l’Atlantique pour poursuivre sa validation technique et opérationnelle. Ces essais visent à certifier toutes les capacités du sous-marin, de la manœuvrabilité à l’efficacité de son armement, en passant par la validation de ses systèmes de communication et de combat.

Un Programme à Long Terme

Le programme Barracuda prévoit la construction de six sous-marins nucléaires d’attaque, avec des livraisons échelonnées jusqu’en 2030. Chaque sous-marin de cette série promet des améliorations significatives en termes de vitesse, endurance et polyvalence, incluant la capacité à lancer des missiles de croisière pour des frappes à longue distance dites de seconde frappe.

L’objectif essentiel du maintien des capacités de seconde frappe consiste à empêcher les attaques de première frappe de détruire l’arsenal nucléaire d’un pays. De cette manière, ce pays peut exercer des représailles nucléaires même après avoir subi une attaque nucléaire. Les États-Unis et d’autres pays dont la France ont diversifié leurs arsenaux nucléaires dans le cadre de la 
triade nucléaire afin de mieux assurer la capacité de seconde frappe.

Les missiles balistiques lancés par des sous-marins sont la méthode traditionnelle mais très coûteuse de fournir une capacité de frappe secondaire, bien qu’ils aient besoin d’être appuyés par une méthode fiable permettant d’identifier l’attaquant. L’utilisation de SLBM en tant que seconde frappe pose un grave problème, les représailles d’un ICBM lancé par un sous-marin fait en sorte que le mauvais pays pourrait être ciblé et provoquer une escalade du conflit.

Cependant, la mise en œuvre de la seconde frappe est essentielle pour dissuader une première attaque. Les pays dotés d’armes nucléaires ont pour objectif principal de convaincre leurs adversaires qu’une première frappe ne vaut pas la peine de faire face à une seconde frappe. Ces pays ont de nombreux mécanismes de lancement, des réponses préparées à divers scénarios d’attaque nucléaire, des mécanismes de lancement dans de nombreuses régions du pays et des installations de lancement souterraines spécialement conçues pour résister à une attaque nucléaire.

Le lancement sur alerte est une stratégie de représailles contre les armes nucléaires qui a été reconnue pendant la Guerre froide entre l’Ouest et l’Est. En plus de la triade nucléaire, les pays déploient un système d’alerte précoce, qui détecte les missiles nucléaires qui arrivent. Cela donne à ces pays la capacité et la possibilité de lancer une seconde frappe de représailles avant que la première frappe nucléaire ne frappe l’une de ses cibles. C’est une autre méthode pour renforcer les capacités de seconde frappe et dissuader une première frappe d’une autre puissance nucléaire.

En raison de la faible précision (écart circulaire probable) des missiles balistiques intercontinentaux de première génération, en particulier des missiles balistiques lancés par des sous-marins, la seconde frappe n’était initialement possible que contre de très grandes cibles à contre-valeur non défendues, comme les villes.

Des missiles de dernière génération dotés d’une précision bien améliorée permettent des attaques de contre-force de deuxième frappe contre les installations militaires durcies de l’adversaire, ce qui est le cas concernant la France.

C’est cette perspective qui ferait sérieusement réfléchir les mollahs Iraniens au cas où ils envisageraient d’utiliser leur futur armement nucléaire contre la France.


11/12/2024 Le nouveau char de combat sud-coréen à hydrogène

Ce mode de propulsion étonnera vu les capacités explosives du gaz hydrogène.. Nous apprenons cependant que le nouveau modèle K3, dernière génération de la série K de chars de combat de la République de Corée, produits par Hyundai, intègre des piles à combustible hydrogène pour remplacer les moteurs diesel traditionnels.

Cette transition vers l’hydrogène représente un développement crucial non seulement pour améliorer l’efficacité énergétique mais aussi pour réduire considérablement l’empreinte thermique et sonore des chars sur le champ de bataille. Elle rend le K3 particulièrement adapté pour les opérations discrètes et les missions requérant un haut degré de furtivité.

De plus le K3 se distingue par un système de conduite autonome, des drones de soutien et un nouveau canon principal lisse de 130 mm. Ces innovations, combinées à un système de contrôle de tir basé sur l’intelligence artificielle, confèrent à ce char une capacité de frappe préventive accrue, cruciale dans les stratégies militaires modernes.

Le char est ainsi équipé pour prendre l’initiative sur le champ de bataille, en détectant et en engageant des cibles à des distances considérables avant même que l’ennemi ne soit conscient de sa présence.

Outre son efficacité énergétique supérieure, le char à hydrogène de Hyundai présente l’avantage d’une signature thermique réduite, ce qui le rend moins détectable par les systèmes de surveillance infrarouges ennemis. La technologie des piles à combustible permet également une réduction significative du bruit, améliorant ainsi la discrétion lors des manœuvres. Ces caractéristiques permettent au K3 de s’approcher furtivement des lignes ennemies.

Le design innovant du K3 facilite sa maintenance grâce à un nombre réduit de pièces mobiles et améliore sa capacité à franchir des terrains difficiles. Cette agilité est essentielle pour opérer dans des environnements variés et souvent imprévisibles, offrant ainsi une grande flexibilité opérationnelle sur le terrain. La réduction du besoin en maintenance régulière assure également une disponibilité maximale du char, crucial pour les engagements prolongés.

Le prix d’acquisition de ce nouveau char, au cas où le lecteur du présent article serait intéressé, ne nous a pas été révélé.

Sortie annoncée, 2035

10/12/2024 Une prochaine révolution dans le calcul quantique

Jusqu’à présent les gains de productivité apportés par le recours aux calculateurs quantiques, tels que la vitesse d’exécution, étaient compensés par des contraintes spécifiques à ces appareils. On citera notamment la taille à leur donner pour les rendre capables de réduire leurs erreurs, erreurs spécifiques dues notamment au fait que les qubits peuvent avoir une infinité de valeurs, au contraire des bits ordinaires dont la valeur ne peut être que un ou zéro.

Cependant récemment IBM, Microsoft et Atom Computers ont annoncé que leurs machines bénéficiaient désormais de progrès décisifs.

IBM

IBM a annoncé deux nouvelles puces quantiques, Condor et Heron, avec respectivement 1121 et 133 qubits2La puce R2 Heron intègre 156 qubits dans une structure unique, disposés dans un réseau hexagonal pour une exécution rapide des calculs

Après avoir introduit les processeurs quantiques Eagle en 2021 (127 qubits) et Osprey (433 qubits) en 2022, IBM annonce maintenant l’arrivée de ses nouvelles puces baptisées Condor et Heron, avec respectivement 1121 et 133 qubits. Ces nouveaux processeurs ont notamment permis de démontrer que le nombre de qubits ne reflète pas forcément la performance globale.

IBM considère que le calcul quantique jouera un rôle central dans le développement des systèmes informatiques de haute performance

Lors du dernier IBM Quantum Summit, l’entreprise a annoncé des avancées significatives qui la rapprochent de cette vision. Elle a révélé deux nouveaux processeurs, Heron et Condor.

Le processeur Condor se démarque par une quantité record de qubits : 1121. Il est doté d’une technologie de porte à résonance croisée. Il s’agit d’une méthode permettant d’obtenir des interactions entre qubits dans un circuit quantique. Elle est cruciale pour effectuer des opérations quantiques complexes. Dans ce nouveau processeur, IBM a réussi à augmenter de 50% la densité en qubits, une prouesse technique notable.

En contrepartie IBM souligne l’ampleur de l’infrastructure nécessaire pour gérer le Condor. En effet, plus de 1,6 kilomètre de câblage cryogénique haute densité est nécessaire. Ce dernier est essentiel pour maintenir les qubits à des températures extrêmement basses nécessaires à leur bon fonctionnement.

Malgré son nombre de qubits élevé, IBM note que les performances du Condor sont comparables à celles de l’Osprey, qui possède 433 qubits. Néanmoins, il est décrit comme une « étape majeure » en matière d’innovation, car il permettra d’influencer la conception hardware future. Autrement dit, les avancées réalisées avec Condor pourraient conduire à de nouvelles générations de processeurs quantiques, qui devraient être beaucoup plus performants.

IBM annonce également l’arrivée de Heron, une autre puce cette fois-ci dotée de « seulement » 133 qubits. Ce processeur possède malgré cela une caractéristique importante, un taux d’autocorrection d’erreurs élevé. Par exemple, comparé à Eagle (127 qubits), il est entre 3 à 5 fois plus performant sur ce plan.

Heron a aussi l’avantage d’être modulaire, ce qui signifie qu’il est possible de combiner plusieurs puces pour augmenter la capacité de traitement quantique globale. Par ailleurs, IBM a également présenté le Quantum System Two, un système composé de trois puces Heron. Déjà opérationnel dans un laboratoire à New York, il est conçu pour effectuer des exécutions de circuits parallèles, une fonction essentielle pour le supercalcul quantique.

Pendant plusieurs années, IBM a adopté une stratégie de développement qui visait à augmenter chaque année le nombre de qubits de ses processeurs chaque année. Mais dans son annonce, la firme semble maintenant vouloir se concentrer sur d’autres critères de performance, notamment la résistance aux erreurs.

Rappelons que les qubits sont extrêmement sensibles aux interférences extérieures, ce qui conduit à des erreurs de calcul. C’est pourquoi le développement de techniques de correction d’erreurs est crucial pour rendre les ordinateurs quantiques pratiques et fiables. Pour surmonter ce problème, les physiciens d’IBM ont développé une approche dans laquelle plusieurs qubits physiques sont rassemblés pour créer un seul « qubit logique ». Cette stratégie permettrait d’améliorer la précision et la fiabilité des calculs.

IBM a annoncé son intention de disposer d’un « nombre utile » de qubits logiques d’ici la fin de la décennie. Cette initiative s’inscrit dans sa feuille de route visant à développer davantage sa technologie de correction d’erreurs, essentielle pour réaliser des calculs quantiques plus avancés.

Microsoft

En avril, Microsoft et Quantinuum annonçaient des « qubits logiques les plus fiables jamais enregistrés ». Les deux partenaires utilisaient une technique bien connue dans le monde du quantique : associer des qubits physiques entre eux pour former des qubits logiques avec un taux d’erreur plus faible.

Un qubit n’est en effet pas l’élément le plus stablets « utiles » pour les calculs. Il faut d’ailleurs faire attention à cette distinction quand un fabricant annonce une machine avec xx qubits : sont-ils logiques ou physiques ? Multiplier le nombre de qubits physiques pour un seul qubit logique permet de limiter les erreurs, mais assembler et faire fonctionner de concert de nombreux qubits physiques est compliqué à mettre en œuvre. Il faut donc trouver un juste milieu.

Pour être complet, il manque néanmoins le nombre de portes quantiques que peut tenir la machine et/ou la durée d’utilisation des qubits pour des calculs. Ce sont également des paramètres importants pour cerner les capacités de l’ordinateur.

En informatique classique, les bits peuvent tenir dans le temps sans aucun problème, on peut donc réaliser de très longues opérations passant à travers énormément de portes logiques. En quantique, ce n’est pas aussi simple.

Microsoft n’est pas encore au bout du chemin, loin de là. La société est confrontée à un probléme : « le bruit reste notre plus grand obstacle », d’autant plus quand le nombre de qubits physiques augmente. Elle rappelle « à quel point l’augmentation du nombre de qubits physiques ne suffit pas à elle seule à rendre possible une correction d’erreur quantique robuste […] Cela sera possible grâce aux progrès matériels et logiciels qui, ensemble, permettront d’exécuter des applications quantiques plus longues et plus fiables ».

En guise de conclusion, Microsoft se montre pragmatique : « Un véritable changement de paradigme sur le calcul nécessite de se concentrer sur des applications pratiques et commercialement pertinentes ». Une manière de dire qu’empiler des qubits sans pouvoir l’exploiter derrière ne sert pas à grand-chose. L’informatique quantique est une réalité, elle fonctionne. Microsoft veut maintenant appliquer la théorie dans le monde réel.

Atom Computing

Contrairement à d’autres entreprises qui travaillent avec des ions, Atom Computing utilise des atomes neutres d’ytterbium, organisés dans une matrice et manipulés grâce à des lasers. La firme avait déjà annoncé avoir réussi à atteindre un temps de cohérence pour ses qubits de 40 secondes, ainsi que la capacité de mesurer l’état de qubits spécifiques pendant les calculs et ainsi détecter certaines erreurs, sans perturber les autres qubits.

Atom Computing a indiqué qu’il mettrait son ordinateur quantique au service des entreprises, des universités et des administrations dès 2024.

09/12/2024 Une nouvelle hypothèse concernant l’origine de la matière noire

Le Big Bang est une hypothèse scientifique qui décrit l’origine de l’univers, marquant le début de son expansion il y a environ 13,8 milliards d’années. Selon cette hypothèse, l’univers a commencé comme un point extrêmement chaud et dense de matière, lequel a ensuite explosé et s’est répandu. Il s’agit dans ce cas de matière ordinaire telle que nous la connaissons aujourd’hui. Mais dans une hypothèse plus récente, à cette matière ordinaire s’ajoutait une matière dite noire.

Celle-ci serait une forme supposée de matière qui n’émet pas et n’absorbe de lumière, ce qui la rend invisible. Elle ne serait détectable que du fait de son influence gravitationnelle sur la matière visible. Elle constituerait environ 27% de la masse-énergie de l’univers et aurait “explosé” en même temps que le reste de la matière durant le Big Bang. Du fait de sa masse et de l’effet gravitationnel de cette masse, elle jouerait un rôle essentiel dans les structures cosmiques en influençant la formation et le mouvement des galaxies.

Rappelons que proposée par le physicien Alan Guth en 1981, la théorie de l’inflation cosmique suggère que l’univers a connu une expansion rapide, augmentant sa taille de 10 puissance 26 fois en seulement 10 puissance -36 secondes. Ce phénomène a joué un rôle crucial en éliminant les irrégularités de la structure de l’univers, ce qui explique son apparence uniforme et homogène malgré son expansion continue.

Une nouvelle étude dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract avance l’hypothèse que l’inflation a également contribué à la formation de la matière noire à travers un processus appelé “freeze-in”. Contrairement aux modèles existants où les particules créées durant l’inflation se seraient rapidement dispersées, les chercheurs affirment que la matière noire a été produite et préservée durant cette phase.

Ils distinguent deux processus possibles pour la formation de la matière noire à partir du “bain thermique”, qui regroupe les particules interagissant à haute température durant la formation de l’univers.

Le premier, le “freeze-out”, suggère que la matière noire était en équilibre thermique avec la matière ordinaire, se figeant à mesure que l’univers refroidissait. C’est la vision traditionnellement partagée par les physiciens mais qui a été écartée par les auteurs de l’étude.

L’autre scénario, le “freeze-in”, propose que la matière noire n’a jamais été en équilibre thermique. Elle serait le résultat d’interactions énergétiques rares telles que comme celles impliquant le rayonnement UV

NB Le rayonnement ultraviolet est un rayonnement invisible qui émet dans la gamme de longueur d’onde de 100 à 400 nanomètres (nm). Un nanomètre représente un milliardième de mètre. Il a une longueur d’onde plus courte que la lumière visible et contient plus d’énergie.

Pendant l’inflation, le champ quantique responsable de l’inflation aurait perdu de l’énergie au profit de ce rayonnement UV, engendrant ainsi des particules de matière noire qui se sont ensuite “figées” dans l’univers en refroidissement.

NB Rappelons qu’en physique, on parle régulièrement de champs : champ magnétique, champ électrique, champ gravitationnel… Plus généralement, on peut même parler des « champs quantique », qui sont utilisés en physique quantique pour décrire le monde.

Ce qui distingue le modèle proposé par les auteurs de l’étude ci-dessous est que ces interactions se seraient produites avant le Big Bang, lors de l’expansion exponentielle de l’univers due à l’inflation. Cette perspective inverse l’idée traditionnelle selon laquelle l’inflation et le freeze-in se sont produits après le Big Bang.

Elle offre une nouvelle fenêtre sur les premiers instants de notre univers et souligne le rôle potentiel de la matière noire dans l’évolution cosmique précoce. Elle propose également des perspectives pour des recherches futures, concernant notamment la production d’autres particules qui auraient pu jouer un rôle crucial durant l’évolution de l’univers.

Référence

Dark Matter Production during Warm Inflation via Freeze-In

Katherine Freese1,2,3,*, Gabriele Montefalcone1,†, and Barmak Shams Es Haghi1,‡

  • Phys. Rev. Lett. 133, 211001 – Published 18 November, 2024

DOI: https://doi.org/10.1103/PhysRevLett.133.211001

Abstract

We present a novel perspective on the role of inflation in the production of dark matter (DM). Specifically, we explore the DM production during warm inflation via ultraviolet freeze-in (WIFI). We demonstrate that in a warm inflation (WI) setting the persistent thermal bath, sustained by the dissipative interactions with the inflaton field, can source a sizable DM abundance via the nonrenormalizable interactions that connect the DM with the bath. Compared to the (conventional) radiation-dominated (RD) UV freeze-in scenario for the same reheat temperature (after inflation), the resulting DM yield in WIFI is always enhanced showing a strongly positive dependence on the mass dimension of the nonrenormalizable operator. Of particular interest, for a sufficiently large mass dimension of the operator, the entirety of the DM abundance of the Universe can be created during the inflationary phase. For the specific models we study, we find that the enhancement in DM yield, relative to RD UV freeze-in, is at least an order of magnitude for an operator of mass dimension 5, and as large as 18 orders of magnitude for an operator of mass dimension 10. Our findings also suggest a broader applicability for producing other cosmological relics, which may have a substantial impact on the evolution of the early Universe.

08/12/2024 L’Allemagne prendrait du retard dans son nécessaire réarmement

On ne rattrape pas en trois ans le retard pris pendant plusieurs décennies. En tout cas, l’Allemagne n’y est pas parvenue comme le signalent deux rapports émis par des instituts allemands, le Kiel Institute et le Dezernat Zukunft.

La sentence du Kiel Institute est sans appel: l’Allemagne se réarme trop lentement pour faire face à la Russie qui, selon Guntram Wolff, chercheur à l’Institut de Kiel et auteur principal du rapport, devient « une menace de plus en plus grande pour la sécurité de l’OTAN ». Ce chercheur est aussi l’un des experts de l’institut Brugel et a récemment rédigé un « mémo » adressé au futur commissaire à la Défense, poste confié récemment au Lituanien Andrius Kubilius.

Depuis 10 ans, le nombre de chars de la Bundeswehr est passé de 6684 à 339. Dans la même période, le nombre des obusiers est passé de 3214 à 121 et celui des avions de combat de 553 à 226. La guerre en Ukraine, qui a démarré le 24 février 2022 n’a pas conduit l’Allemagne à se mettre au plus vite en mode économie de guerre, indique le rapport. Dans les autres pays analysés par celui-ci (France, Royaume-Uni et Pologne), le recul n’est pas aussi important.

En 30 ans, Berlin aurait ainsi réussi à économiser environ 500 milliards d’euros au détriment de ses dépenses militaires, considérées comme « largement insuffisantes pour répondre au nouveau défi stratégique posé par la Russie ».

En 2022, soit quelques jours après l’attaque russe, le chancelier allemand Olaf Scholz avait bien annoncé un fonds de 100 milliards d’euros pour combler les nombreuses lacunes de la Bundeswehr.

Il aura fallu attendre 2023, soit une bonne année après l’attaque russe contre l’Ukraine, pour que l’Allemagne commence à augmenter ses dépenses de défense, dépassant même l’objectif de l’OTAN de 2 % du PIB.

Selon le rapport, « il faudrait à l’Allemagne jusqu’à un siècle pour ramener son inventaire militaire au niveau d’il y a vingt ans ». En tenant compte du rythme actuel d’acquisition, l’Allemagne mettra 15 ans pour rétablir les capacités de 2004 pour les avions de combat, quarante ans pour les chars et cent ans pour les obusiers.

Un calendrier inquiétant au regard de la Russie qui a fortement augmenté sa capacité de production d’armements. Moscou serait « désormais en mesure de produire en six mois autant d’armes que l’ensemble des forces armées allemandes en service », avance l’auteur du rapport.

Cette inquiétude est partagée en Allemagne par le think tank Dezernat Zukunft. Cette organisation estime que Berlin doit augmenter son budget défense de 100 milliards d’euros pour rattraper son retard et dépasser le seuil de 2% de son PIB à l’armement. Il y a seulement un an, l’Allemagne était loin de cet objectif avec seulement 1,49% de son PIB qui était consacré à la défense.

Malgré l’accord budgétaire restreint conclu en juin dernier du fait de la limite constitutionnelle d’emprunt de l’Allemagne, le budget de la défense augmentera cette année de 1,2 milliard d’euros , rapportait le site Euractive. Un montant jugé insuffisant par les partenaires de la coalition, le SPD de centre gauche, les Verts et le FDP libéral. Le ministre de la Défense Boris Pistorius réclamait un supplément de 6,7 milliards d’euros pour 2025.

L’avenir de l ‘industrie stratégique est sombre. Le fonds défense de 100 milliards d’euros annoncé en 2022 sera épuisé en 2028. Pour maintenir l’objectif des 2% de l’Otan, Berlin devra augmenter son budget de 52 milliards à 80 milliards d’euros en 2024. Pour la presse allemande, cette situation n’est ni plus ni moins qu’un « échec de l’État« .

Référence

ABSTRACT

War is back in Europe and as it becomes long-lasting, the question of armament gains central importance. This report finds that Russian military industrial capacities have been rising strongly in the last two years, well beyond the levels of Russian material losses in Ukraine. Meanwhile, the build-up of German capacities is progressing slowly. We document Germany’s military procurement in a new Kiel Military Procurement Tracker and find that Germany did not meaningfully increase procurement in the one and a half years after February 2022, and only accelerated it in late 2023. Given Germany’s massive disarmament in the last decades and the current procurement speed, we find that for some key weapon systems, Germany will not attain 2004 levels of armament for about 100 years. When taking into account arms commitments to Ukraine, some German capacities are even falling. The new Tracker provides detailed information on quantities, value of the orders, predicted delivery dates, as well as the companies from which Germany procures. The situation of slow and insufficient procurement can and needs to be remedied. Failing on deterrence would mean a higher likelihood of a costly war. Instead of Germany pursuing a “war economy”, as some have argued, Germany’s defence budget needs to durably and credibly increase. Higher and credible long-term demand will lead to increasing supply capacities. A long-term European armament strategy is needed. Germany and Europe need to focus on speed in procurement, on cost effectiveness through economies of scale in an integrated European market, on innovation, and on technological superiority. Tracking military rearmament is essential to the security of the continent. JEL Codes: H41, H56, H60, L64

08/12/2024 La Russie n’a pas encore acquis le savoir-faire nécessaire à l’emploi des armes hypersoniques

Les missiles hypersoniques sont manœuvrables une bonne partie de leur trajectoire, et ont la capacité à se déplacer et à maintenir des vitesses supérieures à Mach 5, c’est-à-dire cinq fois la vitesse du son. Dès l’invasion de l’Ukraine le ministère de la Défense avait fait état de l’envoi de missiles réputés hypersoniques dans la région d’Ivano-Frankivsk dans l’Ouest de l’Ukraine. Il s’agissait d’une première mondiale.

L’arsenal hypersonique de la Russie comprend les missiles KH-47M2 Kinzhal (ou Kinjal) et Avangard, ainsi que le Zircon. Le Kinzhal a été déployé plusieurs fois contre des cibles en Ukraine. Lancé depuis un avion MiG-31K ou Tu-22M3 à Mach 2,7, il utilise une propulsion par fusée pour atteindre une vitesse maximale de Mach 10. L’autre arme hypersonique de la Russie, l’Avangard, est un véhicule planant hypersonique conçu pour transporter des ogives nucléaires. Il n’a pas été utilisé opérationnellement, même avec des têtes conventionnelles.

La puissance et la rapidité des missiles hypersoniques laissent peu de place au doute quant à leur efficacité sur le papier. Il semblerait toutefois que peu d’unités aient été lancées par Moscou sur les positions ukrainiennes. Selon certaines sources, l’emploi a été limité par des défis de fabrication. Ainsi, les missiles nécessitent des matériaux et une ingénierie avancés pour être capable de résister à de fortes chaleurs et une pression intenses. De plus ses composants électroniques sont difficiles à assembler.

Du fait des sanctions, la Russie n’aurait pas été capable de les produire à grande échelle, donnant la priorité aux chaînes de montage des drones et à la remise en états de ses chars soviétiques, dont le stock diminue très vite vu les pertes qu’ils subissent.

De surcroît, il a été observé en Ukraine que les missiles hypersoniques actuellement construits sont vulnérables aux systèmes de défense aérienne conventionnels. Le 4 mai 2023, soit un peu plus d’un an après l’envoi présumé du premier missile hypersonique par la Russie, l’Ukraine a affirmé avoir intercepté un Kinzhal pour la première fois à l’aide d’un système de défense aérienne américain Patriot. Douze jours plus tard, Kiev rapportait en avoir intercepté six, par le même moyen. Selon The Economist, les missiles Kinzhal abattus en mai 2023 volaient à des vitesses inférieures à celle attendue d’un hypersonique. Par ailleurs, un rapport de l’Institut Kiel en Allemagne indique que le taux d’interception des Patriot contre le Kinzhal est d’environ 25 %.

Peu nombreuses et vulnérables, les armes hypersoniques russes ont donc déçu sur le terrain et n’ont donc pas apporté les avantages significatifs recherchés par Moscou. Les systèmes continueront toutefois de progresser en technicité, stimulés par des techniques de pointe telles que l’intelligence artificielle. Et alors, rien ne pourra plus les empêcher de tenir un rôle primordial dans les conflits de demain.

07/12/2024.Le point de vue officiel de la Russie concernant l’opération militaire spéciale en Ukraine




Il s’agit d’un extrait de la conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en date du 13 novembre 2024. Nous le republions ici à la date du 7 décembre car il garde toute son actualité

Sur la crise ukrainienne

Il y a 10 ans, le 14 novembre 2014, le Président ukrainien Piotr Porochenko, par son décret N° 875/2014, a mis en œuvre la décision du Conseil de sécurité nationale et de défense du 4 novembre 2014 sur les mesures urgentes pour stabiliser la situation socio-économique dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Cela a marqué le début du blocus financier, économique et de transport du Donbass, dont la population s’est retrouvée littéralement enfermée par le régime de Kiev. Pourquoi de telles mesures ont-elles été prises contre le Donbass? Parce que la population a refusé de reconnaître la dictature des nationalistes radicaux arrivés au pouvoir après un coup d’État armé anticonstitutionnel à Kiev en février 2014, orchestré par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, sous le « grognement » et les « jappements » des assistants baltes de l’Otan, ainsi que de la Pologne. Donetsk et Lougansk n’ont pas accepté tout cela. La population s’est levée pour défendre ses droits et libertés légitimes, préservant les institutions légitimes du pouvoir.

N’ayant pas réussi à vaincre les courageux habitants du Donbass à l’aide de l’armée régulière et des unités punitives bandéristes des « bataillons de volontaires », les « dirigeants » néonazis d’Ukraine ont décidé d’épuiser la région, de priver ses habitants de moyens de subsistance, de les faire souffrir et de les affamer. Le Président ukrainien de l’époque, Piotr Porochenko, s’adressant aux habitants du Donbass, disait que sa population et leurs enfants vivraient dans des caves, tandis que les enfants d’autres régions d’Ukraine recevraient tout le nécessaire et vivraient dans l’aisance. Tout cela s’est fait avec le consentement tacite de l’Occident, qui n’a jamais réprimandé mais, au contraire, a encouragé de telles actions et une telle rhétorique.

Aujourd’hui, le régime de Kiev poursuit sa terreur contre la population civile de Russie, soumettant les infrastructures civiles à des bombardements d’artillerie quotidiens et à des attaques de drones.

Le 10 novembre, entre 00h00 et 08h00, heure de Moscou (UTC+3), les forces armées ukrainiennes ont effectué un raid massif utilisant au total 84 drones, dont 34 dans la région de Moscou, 22 dans la région de Briansk, 7 dans les régions d’Oriol, de Koursk et de Kalouga, 3 dans la région de Rostov, et 2 dans les régions de Toula et de Belgorod.

Le 8 novembre a été une journée tragique pour les habitants de Gorlovka. Après l’attaque d’un drone kamikaze ukrainien sur un véhicule de service des travailleurs du réseau électrique, deux électriciens sont morts et le chauffeur a été grièvement blessé. Je tiens à souligner qu’il s’agit de civils.

Une femme est morte à cause de la détonation d’une munition à fragmentation non explosée. Deux hommes ont été blessés par des frappes de drones. Au total, du 8 au 11 novembre, 10 personnes ont été blessées dans la République populaire de Donetsk.

Le 9 novembre, une personne est morte et deux ont été blessées suite au bombardement barbare par les nazis ukrainiens d’un centre d’hébergement temporaire à Novaïa Kakhovka dans la région de Kherson.

Du 8 au 12 novembre, les combattants ukrainiens ont tiré 231 munitions et lancé 110 drones sur les infrastructures civiles et les maisons résidentielles de la région de Belgorod. 2 personnes sont mortes et 11 ont été blessées.

Le 9 novembre, à l’entrée du village de Stary Khoutor, un civil est mort et sa femme a reçu de multiples blessures par éclats suite à l’explosion d’une voiture sur une munition. Le 10 novembre à Chebekino, les drones ukrainiens ont attaqué deux fois un immeuble d’habitation, tuant un civil. Le 11 novembre, dans le village de Dronovka, une personne a été blessée par l’explosion d’une mine. Le même jour, une attaque ennemie par drone a visé un dépôt pétrolier dans le district de Stary Oskol. L’incendie résultant de l’explosion d’un des réservoirs a été maîtrisé. Il n’y a pas eu de victimes.

Une habitante de la ville libérée de Gorniak dans la République populaire de Donetsk a raconté aux médias l’horreur vécue lorsqu’elle a été témoin des tirs d’un char ukrainien sur des maisons résidentielles, puis est elle-même devenue une cible dans sa voiture, subissant une commotion suite à un tir et y survivant miraculeusement.

Hollywood a réalisé de nombreux films d’horreur, des thrillers sur la torture des gens, des civils, sur des monstres absolus qui font irruption dans les maisons, tirent sur les gens, les enferment, les brûlent, etc. Peut-être qu’au département d’État ou à la Maison Blanche, ils pourraient simplement allumer la télévision, regarder les chaînes (qu’ils essaient de couper et d’interdire) et voir ce même thriller, mais pas avec des acteurs, en direct avec des civils dans les rôles principaux. Cette « série » dure depuis de nombreuses années avec l’argent des contribuables américains. C’est exclusivement grâce aux livraisons d’armements américains et au « travail » que la Maison Blanche fait avec ses « alliés » pour augmenter ces livraisons. Je comprends que maintenant, il est de coutume de remettre le prix de l’Académie au régime de Kiev. À vrai dire, cette terrible « série » réelle ne vise pas les prix. Les gens espèrent survivre, avoir la paix, que la justice, la vérité et la droiture triompheront. Et c’est ce qui arrivera.

Les militaires russes qui nettoient la région de Koursk des nazis ukrainiens ont une fois de plus constaté la pratique des combattants d’utiliser des civils comme « boucliers humains » près de leur équipement militaire dans la région du village de Pliokhovo.

Tous ceux impliqués dans ces crimes et d’autres du régime de Kiev devront répondre de leurs actes selon toute la rigueur de la loi.

Les tribunaux russes, sur la base des preuves recueillies par le Comité d’enquête, continuent de prononcer des sentences contre les néonazis ukrainiens et les mercenaires étrangers pour crimes de guerre.

Pour le bombardement d’infrastructures civiles de Marioupol du 2 mars au 2 avril 2022, la Cour suprême de la République populaire de Donetsk a condamné huit combattants de la section de mortiers des forces armées ukrainiennes, D. Sivets, Iou. Galatski, L. Boulava, I. Jarenko, S. Beliak, Ia. Bojkov, P. Beï et V. Kirilenko, à des peines de prison allant de 15 à 17 ans.

Bogdan Titski, organisateur et dirigeant de l’attaque en 2018 contre le Centre russe pour la science et la culture à Kiev, leader de l’organisation nationaliste radicale ukrainienne Comité noir (reconnue comme terroriste sur le territoire de la Fédération de Russie), a été condamné par contumace à 14 ans de prison. Sa culpabilité a été pleinement prouvée pour des crimes prévus par plusieurs articles du Code pénal de la Fédération de Russie (appels publics à des activités terroristes; organisation et direction d’une attaque contre les locaux de service de personnes jouissant d’une protection internationale). Il a été établi que le 18 février 2018, sous la direction de Bogdan Titski, pas moins de 300 extrémistes ont lancé des pierres et du liquide colorant sur le bâtiment du Centre russe pour la science et la culture à Kiev, ont brisé les vitres des fenêtres et inscrit des slogans antirusses sur la façade, causant des dommages matériels.

Bogdan Titski est recherché au niveau international. Les enquêtes se poursuivent pour poursuivre pénalement toutes les personnes impliquées dans les attaques contre les installations diplomatiques russes en Ukraine.

Une affaire pénale a été ouverte contre le mercenaire géorgien Alexi Bibitchadze, qui s’occupe depuis longtemps de la formation de mercenaires et participe directement au conflit armé en tant que mercenaire sur le territoire russe. Il a été établi qu’avec d’autres mercenaires étrangers et combattants ukrainiens, il a envahi la région de Koursk en août de cette année, où, dans le but de terroriser la population, de causer des dommages matériels importants et de déstabiliser les activités des autorités, il a commis des actes criminels visant à tuer et à tenter de tuer des civils. L’enquête tente de localiser Alexi Bibichadze et ses complices.

L’enquête criminelle visant sept combattants du 202e bataillon de la 103e brigade de défense territoriale ukrainienne, A. Volochine, V. Archoulik, S. Karaïev, A. Doïttchouk, Z. Sigeritch, A. Koulbab et O. Vovk, est terminée. Ils sont accusés d’avoir commis des actes terroristes dans la région de Koursk. Il a été établi qu’au début du mois d’août de cette année, ces personnes ont ouvert le feu à plusieurs reprises sur des militaires et des civils russes dans les villages de Krasnooktiabrskoïe, Snagost et Komarovka du district de Korenevo. Suite à des actions d’enquête planifiées et d’investigation, ils ont tous été arrêtés et placés en détention. Les suspects ont pris connaissance des documents de l’affaire pénale, qui a été transmise au procureur pour approbation de l’acte d’accusation et renvoi devant le tribunal.

Les organes d’enquête russes poursuivent leur travail pour traduire en justice les nazis ukrainiens pour crimes de guerre et autres crimes.

Maintenant, voyons comment tout cela est évalué en Occident. Ils dirigent tout cela. Ils nous ont parlé de conférences de paix, de plans de paix, d’initiatives de paix. Étant donné que les superviseurs du régime de Kiev sont les membres de l’Otan et les dirigeants de certains pays (les Anglo-Saxons, en premier lieu), il serait bon de citer le commentaire du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte du 12 novembre: « Nous devons réaffirmer notre engagement à maintenir le cap de la guerre. »

Vous demanderez, comment peut-on concilier dans les mêmes têtes, d’une part, la tenue de pseudo-conférences de paix et la promotion de soi-disant initiatives de paix avec une déclaration directe d’un cap sur la guerre? La réponse est simple. On peut les concilier dans une même tête parce que l’un des deux points est un mensonge. Le mensonge, ce sont les « initiatives de paix » que les Occidentaux et leurs protégés de Kiev présentent. Il me semble que chaque État et journaliste, figure publique qui traite de ce sujet, gagnerait à lire attentivement et à réfléchir, à noter ces déclarations de Mark Rutte, afin que la prochaine fois que Vladimir Zelenski ou quelqu’un d’autre de Kiev, ainsi que leurs superviseurs au département d’État, à la Maison Blanche, à Downing Street, au Foreign Office, à Bruxelles, Paris, Berlin raconteront à la communauté internationale leurs initiatives de paix, tous se souviennent que le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte a déclaré le 12 novembre de cette année que les membres de l’Otan doivent faire plus que simplement « maintenir l’Ukraine dans la lutte ». Ils doivent augmenter le « prix » pour Vladimir Poutine et ses amis « autoritaires ». Cette déclaration officielle n’est pas un appel à la désescalade, aux négociations de paix ou à un règlement politico-diplomatique de la situation. C’est un appel à poursuivre le bain de sang.

Cela est également soutenu par les déclarations d’autres pays de l’Otan. Regardez ce que déclarent à Washington tant ceux qui sont encore à la Maison Blanche que ceux qui s’apprêtent à y venir. Ils disent tous qu’il faut continuer sur la même voie.

Prenons par exemple la déclaration du Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell à Kiev, où il s’est rendu pour une visite d’adieu le 9 novembre. Le haut fonctionnaire européen sortant plaidait pour une aide massive aux forces armées ukrainiennes et la levée des restrictions sur les frappes en profondeur contre la Russie.

On a l’impression que quand ils l’ont nommé diplomate de l’UE, ils ont tout confondu. Ils auraient dû le nommer coordinateur des livraisons d’armes de l’Otan. Bien que, d’un autre côté, ce soit apparemment la même chose.

Josep Borrell a déclaré qu’il a toujours appelé à aider « plus et plus vite ». C’est soi-disant son appel constant, mais il reste d’actualité: plus d’aide militaire, d’efforts d’entraînement, de livraisons, d’argent, ainsi que l’autorisation de frapper l’adversaire sur son territoire.

Tout cela confirme que les plans de l’Occident n’incluent pas l’établissement de la paix. Ils ont toujours l’intention de poursuivre la guerre hybride contre la Russie par l’intermédiaire du régime de Kiev et jusqu’au « dernier Ukrainien ».

Le 7 novembre s’est tenu à Budapest le quatrième sommet de la Communauté politique européenne. Parmi les participants se trouvait Vladimir Zelenski. Il a tenté d’utiliser cette tribune aussi pour promouvoir des idées « périmées », comme lui-même, dans l’esprit de sa « formule de paix » sans issue, parlant de « l’inadmissibilité d’un cessez-le-feu », de concessions à la Russie, etc. C’est ce que dit un homme (je parle de Vladimir Zelenski) qui a déjà « exterminé » sa population, et est sur le point d’en arriver aux adolescents.

Selon lui, « un cessez-le-feu sans garanties de sécurité signifierait l’occupation complète de l’Ukraine ». En même temps, il mendiait hystériquement les actifs russes soi-disant appartenant à Kiev gelés en Europe pour un montant de 300 milliards de dollars, afin que le régime bandériste puisse déterminer lui-même à quelles fins les dépenser. Vladimir Zelenski ferait mieux de transférer ses propres biens et propriétés immobilières à l’Ukraine. Alors d’autres fonds ne seraient pas nécessaires.

Comme nous le voyons, le financement et l’approvisionnement en armes de la junte de Vladimir Zelenski se traduisent pour ses alliés européens par de sérieux problèmes politiques et économiques. Dans l’UE, les budgets se ruinent depuis longtemps et les coalitions partisanes se désintègrent, sans parler des cotes de popularité des autorités qui chutent. Les Européens ont même été gênés de diffuser en direct les déclarations de Vladimir Zelenski. Ils réalisent que le « commis voyageur » de Kiev n’est intéressé que par l’argent. Les Européens comprennent que leurs citoyens le comprennent aussi. Tous réalisent que Vladimir Zelenski ne se soucie pas de son propre pays ni de son peuple. Il n’y a qu’une seule question: quand comprendront-ils que le sort du peuple ukrainien et le pays lui-même n’ont jamais intéressé Vladimir Zelenski. Il ne se soucie que de ses propres ambitions politiques. Il a simplement fait confiance à l’Occident, qui a commencé à l’utiliser à ses propres fins.

Nous avons noté les publications dans la presse britannique concernant l’intention du Premier ministre britannique Keir Starmer et du Président français Emmanuel Macron d’essayer de convaincre le Président américain sortant Joe Biden d’autoriser Kiev à frapper avec des missiles Storm Shadow la Russie en profondeur avant l’investiture de Donald Trump. Selon les médias, Londres espère que la Maison Blanche donnera enfin son accord pour une telle démarche.

Le même jour, dans une interview à un média français, le ministre français des Armées Sébastien Lecornu a annoncé avoir signé un ordre concernant le transfert d’environ 10 missiles à longue portée Scalp à l’Ukraine, avec lesquels Paris espère que Kiev pourra frapper au-delà de la ligne de front.

Je voudrais dire à Sébastien Lecornu que lorsque le régime de Kiev frappera « au-delà de la ligne de front », il ne faudrait pas qu’il touche l’ambassade de France.

Ces publications coïncident avec des informations apparues sur les réseaux sociaux ukrainiens concernant l’intention du régime de Vladimir Zelenski de faire passer les missiles occidentaux reçus pour des produits de fabrication ukrainienne, en modifiant leur marquage, pour des frappes contre la Russie. C’est une escroquerie sanglante dans le style de Vladimir Zelenski et de toute cette bande. Nous comprenons parfaitement que sans l’approbation de ses superviseurs, cela serait impossible.

Nous voudrions rappeler à Washington, Londres, Paris et Bruxelles qu’ils continuent de jouer avec le feu. Le Président russe Vladimir Poutine a clairement indiqué notre réaction: si l’Ukraine reçoit l’autorisation pour les frappes mentionnées, nous considérerons cela comme une entrée effective des pays de l’Otan dans un conflit armé direct avec la Russie. Cela changera l’essence et la nature du conflit avec toutes les conséquences qui en découlent. La réponse à l’utilisation de systèmes occidentaux à longue portée contre le territoire de notre pays sera pour eux inévitable et dévastatrice.

Les faits énumérés confirment une fois de plus la pertinence de l’opération militaire spéciale pour la dénazification et la démilitarisation de l’Ukraine et l’élimination des menaces émanant de son territoire. Comme l’ont déclaré les autorités russes, tous ses objectifs seront atteints.

07/12/2024 Coopération militaire franco-indienne

L’Inde se veut une puissance d’équilibre entre la Russie et les Etats-Unis. C’est un peu le cas de la France, particulièrement dans le domaine de l’armement. Aussi il n’est pas surprenant d’apprendre aujourd’hui qu »un accord stratégique avec la France devrait être conclu d’ici janvier 2025, renforçant considérablement les capacités maritimes de l’Inde.

Cette collaboration franco-indienne s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, marqué par l’expansion maritime chinoise et les activités navales pakistanaises dans la région indo-pacifique.

L’acquisition prévue de 26 avions de chasse Rafale-M constitue un pilier majeur de cet accord. Ces appareils, spécialement conçus pour les opérations maritimes, viendront équiper le fleuron de la marine indienne, le porte-avions INS Vikrant. (Indian Naval Ship Vikrant https://en.wikipedia.org/wiki/INS_Vikrant_(2013)

Le Rafale-M se distingue par sa structure renforcée et son train d’atterrissage adapté aux catapultages et appontages sur porte-avions. Les caractéristiques techniques du Rafale-M en font un atout précieux pour la marine indienne :

  • Vitesse maximale : supérieure à Mach 1,8
  • Rayon d’action en combat : plus de 1 850 km
  • Armement varié : missiles air-air Meteor, missiles de croisière SCALP-EG, missiles anti-navires Exocet
  • Technologie de pointe : radar RBE2-AA AESA, système de guerre électronique SPECTRA

  • Cette acquisition s’inscrit dans la continuité de la collaboration franco-indienne en matière d’aviation de combat. En effet, l’Indian Air Force a déjà intégré 36 Rafale entre 2019 et 2022, validant l’efficacité de ces appareils dans diverses missions.

Le volet sous-marin de l’accord prévoit la construction de trois nouveaux sous-marins de classe Scorpène. Ces submersibles, fruit d’une collaboration entre l’Inde et le groupe Naval, viendront compléter la flotte existante de six sous-marins Scorpène, dont le dernier a été livré en 2021.

Il s’agit de sous-marins à propulsion diésel-électrique, la propulsion nucléaire étant réservée aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins dont l’Inde à ce jour n’envisage pas de se doter.

Les Scorpène, construits localement au chantier naval Mazagon Dock Limited à Mumbai, offrent des capacités avancées :

CaractéristiqueDescription
PropulsionDiesel-électrique avec système AIP MESMA
Armement6 tubes lance-torpilles de 533 mm (norme OTAN)
Capacité d’emport18 torpilles lourdes, missiles anti-navires SM39 Exocet ou mines
Systèmes de combatSUBTICS et sonar S-Cube de Thales

L’amiral Dinesh K. Tripathi, chef de la marine indienne, a souligné l’importance de ces acquisitions dans un contexte où l’Inde surveille étroitement les mouvements navals en océan Indien. La présence croissante de navires de recherche et de suivi par satellite chinois, ainsi que la collaboration militaire sino-pakistanaise, poussent New Delhi à renforcer sa flotte pour maintenir l’équilibre stratégique dans cette région cruciale.

Il n’est pas exclu que la collaboration entre l’Inde et la France se poursuive à l’avenir dans le domaine des drones de combat terrestres, aériens et navals. Chacun des deux pays auraient beaucoup à y gagner face à la Chine

06/12/2024 Sous marins australiens. Une nouvelle bombe

Après l’annulation du « contrat du siècle » qui avait failli provoquer une rupture diplomatique entre la France et l’Australie (relire https://www.lefigaro.fr/international/crise-des-sous-marins-ce-que-la-france-n-a-pas-voulu-voir-20210927

l’Australie avait dévoilé un accord de compensation massive avec le fabricant français de sous-marins Naval Group, mettant un terme financier à un conflit qui avait envenimé les relations entre Canberra et Paris pendant près d’un an. Le premier ministre australien Anthony Albanese avait déclaré que l’entreprise française avait accepté un «règlement juste et équitable» de 555 millions d’euros, pour la rupture du gigantesque contrat de 56 milliards d’euros, qui avait occasionné une crise diplomatique entre Paris et Canberra.

Aujourd’hui nouvelle bombe. Les sous-marins français sont rentrés en grâce à Canberra. Dans un article publié le 5 décembre sur son site d’analyse et de commentaires The Strategist, l’ancien sous-marinier Peter Briggs, et ex-directeur du Submarine Institute of Australia, attaque à la mitrailleuse lourde  le programme de sous-marins Aukus, qui prévoit à la fois l’achat de sous-marins nucléaires américains d’occasion Virginia, et le développement d’un nouvel engin à propulsion nucléaire en partenariat avec le Royaume-Uni. Il préconise à l’inverse l’achat de douze sous-marins français de classe Suffren.

Le diagnostic de Peter Briggs est sans concession. « Le plan Aukus pour les sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire (SSN) a toujours été défectueux, désormais les risques s’accumulent,  Nous devons être prêts à abandonner le plan d’achat des huit SSN prévus. »

L’article souligne plusieurs défis majeurs auxquels l’Australie pourrait faire face dans le cadre de ce partenariat :

  1. Retards et incertitudes dans la livraison des sous-marins nucléaires : Le projet AUKUS repose sur l’engagement de l’Australie à acquérir des sous-marins nucléaires de nouvelle génération. Toutefois, la fabrication de ces navires est complexe et pourrait entraîner des retards significatifs. Les sous-marins de type Virginia ou Astute sont en cours de production pour les États-Unis et le Royaume-Uni, mais leurs coûts sont astronomiques et leur disponibilité incertaine.
  2. La question du transfert technologique : Bien que les États-Unis et le Royaume-Uni s’engagent à fournir des technologies de pointe à l’Australie, l’incertitude demeure concernant la possibilité pour l’Australie de maîtriser totalement ces technologies, ce qui pourrait limiter l’indépendance stratégique de l’Australie dans le futur.
  3. Les tensions géopolitiques avec la Chine : Le partenariat AUKUS est une réponse directe à l’expansion militaire de la Chine dans la région Indo-Pacifique. Cependant, la Chine a clairement exprimé son opposition à cette initiative, et les tensions croissantes pourraient entraîner des répercussions économiques et diplomatiques pour l’Australie.

Face à ces risques, Peter Briggs propose que l’Australie se tourne plutôt vers la France pour une solution alternative. Plus précisément, il suggère que l’Australie devrait se préparer en partenariat avec la France à construire des sous-marins nucléaires à propulsion française, en particulier ceux de la classe Suffren.

Il insiste sur les avantages de la solution française

  1. Technologie éprouvée : Les sous-marins à propulsion nucléaire Suffren sont déjà en production en France et ont montré leur efficacité. La France a une longue histoire de conception et de maintenance de sous-marins nucléaires, ce qui garantit une expertise éprouvée dans le domaine.
  2. Capacité de production localisée : Contrairement à la dépendance vis-à-vis des États-Unis et du Royaume-Uni, l’Australie pourrait bénéficier d’un partenariat plus équitable avec la France, en termes de transfert de technologie et de production locale. Cela renforcerait l’indépendance de l’Australie en matière de défense et réduirait les délais de livraison.
  3. Moins de risques géopolitiques : Avec un partenariat franco-australien, l’Australie pourrait éviter certaines tensions géopolitiques associées à l’AUKUS, en particulier avec la Chine. En outre, la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et acteur clé en Europe, pourrait offrir à l’Australie une approche stratégique plus équilibrée vis-à-vis de ses partenaires.

Sa conclusion est claire. Bien que le partenariat AUKUS puisse sembler être une solution rapide et ambitieuse, il présente trop de risques à long terme pour l’Australie. Le pays devrait plutôt se préparer à une alternative plus sûre et plus indépendante, en explorant la possibilité de construire des sous-marins nucléaires à propulsion française. Ce choix pourrait non seulement garantir une meilleure maîtrise technologique mais aussi éviter les risques géopolitiques associés à un trop grand alignement avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

Voir Wikipedia Classe Suffren

https://fr.wikipedia.org/wiki/Classe_Suffren_(sous-marin)

06/12/2024. La France et l’uranium du Niger

Le spécialiste français de l’uranium Orano a affirmé que les autorités nigériennes avaient « pris le contrôle opérationnel » de sa filiale minière au Niger, mercredi 4 décembre

« Depuis plusieurs mois, Orano alerte sur les ingérences que le groupe subit dans la gouvernance de la Somaïr [Société des mines de l’Aïr], dont il est actionnaire majoritaire et opérateur au Niger à 63,4%r [à le reste étant détenu par l’Etat du Niger], écrit le groupe français. En effet, les décisions prises lors des conseils d’administration de la société ne sont plus appliquées et, de fait, Orano constate aujourd’hui que les autorités nigériennes en ont pris le contrôle opérationnel », selon le communiqué publié par le groupe français. « Les dépenses de production qui se poursuivent sur le site dégradent chaque jour davantage la situation financière de la société »,

Le 23 octobre, l’entreprise avait annoncé que dans ces conditions, « fortement dégradée[s] », sa filiale allait « suspendre » sa production à partir du 31 octobre, faute de pouvoir « continuer à travailler » dans le pays, dirigé par un régime militaire issu d’un coup d’Etat perpétré en juillet 2023. En juin, le Niger avait, en effet, retiré à Orano le permis d’exploitation d’un des plus grands gisements au monde, celui d’Imouraren, avec des réserves estimées à 200 000 tonnes.

« Dans ce contexte, l’application de la résolution adoptée par le conseil d’administration de la Somaïr, le 12 novembre, de suspendre les dépenses liées aux activités de production pour prioriser le paiement des salaires et de préserver l’intégrité de l’outil industriel est volontairement empêchée », poursuit le communiqué.

Au total, 1 150 tonnes de concentré d’uranium issues de stock de 2023 et 2024, soit près de la moitié de la production moyenne annuelle du site, sont actuellement bloquées, d’une valeur marchande estimée à « 200 millions d’euros », selon le groupe, dont le capital est détenu à 90 % par l’Etat français. Le Niger fournit 4,7 % de la production mondiale d’uranium naturel, loin derrière le Kazakhstan (45,2 %), selon des chiffres de 2021 de l’agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA).

Cet épisode illustre les tensions entre le Niger et la France à laquelle le régime militaire a tourné le dos depuis son arrivée au pouvoir. L’uranium nigérien pourrait intéresser d’autres pays : en novembre, le ministre des mines nigérien, Ousmane Abarchi, avait invité des sociétés russes à venir explorer et exploiter les ressources naturelles du pays.

Ceci dit, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle pour la France et en premier lieu le CEA

D’une part les investissement français dans le programme international ITER seront certainement accélérés. ITER vise à remplacer la fission nucléaire par la fusion https://www.iter.org/fr/en-quelques-mots Or il a été dit que les pays maitrisant la fusion maitriseront le monde. Mais il faudra attendre quelques décennies. En attendant, le CEA investit dans deux projets de haute importance. Il s’agit de Astrid et Allegro

Astrid

Le CEA est chargé par le gouvernement de ce programme (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration) Astrid de démonstrateur industriel de réacteur à neutrons rapides (refroidi au sodium). Après une première phase d’avant-projet « sommaire », le CEA a rendu à l’État un dossier présentant l’avancement de ses recherches dans le cadre de la loi et clôturant la première phase d’avant-projet. 

Ce réacteur devra permettre de mettre en œuvre une politique de préservation des ressources en assurant une utilisation aussi complète que possible du plutonium par multirecyclage, une meilleure utilisation de la ressource en uranium et la démonstration de la faisabilité, sur des quantités significatives, de transmutation des actinides mineurs (radioéléments à vie longue). Par ailleurs, il répondra aux exigences de sûreté et de résistance à la prolifération.

En parallèle de ce développement, le cycle du combustible associé a été examiné au travers, d’une part des études de conception d’un atelier destiné à produire le combustible de ce réacteur (AFC-atelier de fabrication du combustible), et d’autre part au travers des études de faisabilité d’une installation permettant la séparation et la transmutation des actinides mineurs en vue de diminuer la radiotoxicité intrinsèque des déchets nucléaires.

Allegro

Les réacteurs à neutrons rapides refroidis au gaz procèdent d’un concept totalement innovant. Le CEA a développé une Recherche et Développement de haut niveau concernant cette la filière qui a la particularité d’associer neutrons rapides et haute température.

Contrairement à Astrid, il ne s’agit pas d’un démonstrateur industriel, les recherches n’étant pas encore suffisamment avancées. Les efforts portent essentiellement sur le combustible et la sûreté en collaboration avec la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie afin de construire dans l’un de ces trois pays un réacteur expérimental baptisé Allegro.

La filière RNR gaz en est à ses débuts et en l’absence de retour d’expérience, le réacteur sera d’une puissance limitée.

Voir aussi https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/uranium-naturel