23/12/2024 Nouvelles perspectives pour les drones militaires

Une équipe de chercheurs chinois, dirigée par le scientifique surnommé « Crazy Li », a réussi à équiper de petits drones avec des lasers puissants capables de découper le métal. Ce développement pourrait transformer radicalement les applications militaires et industrielles des drones.

Le projet, mené par Li Xiao de l’Université Nationale de Technologie de la Défense sous l’égide de l’Armée de Libération du Peuple Chinois, a abouti à la création d’un dispositif compact permettant aux drones de projeter des faisceaux laser infrarouges intenses. Ces lasers, d’une puissance initiale de 30 kW, peuvent non seulement vaporiser la graisse sous-cutanée des humains au contact mais également découper des matériaux aussi résistants que le métal.

Traditionnellement, la production d’un faisceau laser de longue portée nécessitait des équipements de la taille d’un camion, ce qui rendait impensable son intégration sur des plateformes aussi petites que les drones grand public. Cependant, grâce à l’innovation de Li et son équipe, ces drones peuvent désormais recevoir des faisceaux laser puissants depuis le sol et les rediriger avec précision vers des cibles ennemies.

Le système utilise deux tubes semblables à des télescopes : l’un pour recevoir le laser du sol et l’autre pour le réfléchir vers la cible. Cette technologie, guidée par des mécanismes servo pour l’élévation et des plateaux tournants pour l’azimut, permet au drone de contourner des obstacles comme des bâtiments et de frapper les cibles à leurs points les plus vulnérables.

Avec la capacité de détecter des cibles et de demander un support laser depuis le sol, ces drones équipés pourraient considérablement accélérer la réponse dans des scénarios de combat, augmentant ainsi l’efficacité des opérations militaires. De plus, cette technologie pourrait trouver des applications dans des secteurs industriels pour des tâches telles que la découpe précise de matériaux ou même dans les opérations de sauvetage nécessitant de détruire rapidement des obstacles

L’un des principaux obstacles au succès de cette technologie réside dans les vibrations générées pendant le vol du drone, qui peuvent disperser le faisceau laser. Pour y remédier, l’équipe expérimente des technologies d’isolation des vibrations pour minimiser ce problème et maximiser la précision du laser.

L’ innovation s’inscrit dans une série d’avancées technologiques récentes en Chine, y compris le lancement du premier satellite quantique au monde et des progrès dans la synchronisation temporelle de haute précision sur les dispositifs mobiles, facilitant la coordination et la communication à longue distance entre les plateformes d’armement intelligentes.

Le développement représente non seulement un grand progrès dans la technologie des drones mais aussi dans la manière dont les lasers peuvent être utilisés pour étendre les capacités opérationnelles dans divers domaines. Avec de telles innovations, le futur des applications laser dans l’aérospatial semble prometteur.

Source

: https://www.scmp.com/news/china/science/article/3290461/chinese-laser-scientist-crazy-li-arms-small-drones-metal-cutting-beam

23/12/2024 Le robot (pleinement) humanoïde Clone Alpha

Clone Robotics, une entreprise polonaise créée en 2021, a dévoilé son premier robot humanoïde grandeur nature, Clone Alpha. Cette créature innovante est dotée d’organes synthétiques et de muscles artificiels, reproduisant les fonctions des système squelettique, musculaire, vasculaire et nerveux humain.

Clone Alpha, conçu pour imiter les fonctions humaines, s’appuie sur une architecture biomimétique innovante. Contrairement aux robots traditionnels souvent rigides, ce modèle déploie une technologie inspirée par la biologie humaine

Qu’est-ce que l’architecture biomimétique ? Il s’agit d’une approche où les composants robotiques imitent les organes et les systèmes du corps humain, tels que les muscles, les os et les articulations. Cette approche offre à Clone Alpha une fluidité et une souplesse de mouvements encore jamais vues dans le domaine.

Selon des chercheurs en biomécanique, cette technologie pourrait révolutionner les domaines de la réhabilitation et des prothèses. Mais si le produit annoncé tient ses promesses, certaines applications miiitaires et de police spécialisées seront les premières à être développées

https://clonerobotics.com/

22/12/2024 Relance de la coopération de la France avec le Japon pour développer un réacteur atomique à neutrons rapides refroidi au sodium

Un nouvel accord de coopération a été signé en décembre 2024 entre Framatome et des partenaires japonais (JAEA, MHI, MFBR) pour développer un démonstrateur de réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium d’environ 600 MWe à l’horizon 2040.

Il s’agit d’un accord stratégique, décisif pour l’avenir du nucléaire, avec de nombreux acteurs japonais d’importance dont l’Agence Japonaise de l’Énergie Atomique (JAEA), Mitsubishi Heavy Industries (MHI) ou encore Mitsubishi FBR Systems (MFBR). C

Un réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium (RNR-Na) est un type de réacteur nucléaire avancé utilisant des neutrons rapides pour entretenir la réaction de fission, sans modérateur pour ralentir les neutrons. Il est refroidi par du sodium liquide, un excellent conducteur thermique capable d’évacuer efficacement la chaleur à haute température.

Ce type de réacteur permet d’exploiter l’uranium appauvri et le plutonium, augmentant l’efficacité de l’utilisation du combustible nucléaire. Les RNR-Na sont souvent conçus pour brûler des déchets nucléaires à longue durée de vie, réduisant ainsi leur volume et leur toxicité. Ils fonctionnent à des températures élevées, permettant des rendements thermiques améliorés pour la production d’électricité. Cependant, le sodium est chimiquement réactif, ce qui pose des défis de sécurité supplémentaires.

On sait que la France possède sur son sol suffisamment de combustible nucléaire pour couvrir ses besoins énergétiques pendant des millénaires. Des RNR-NA marqueraient la fin des énergies fossiles, de la dépendance énergétique et de la crainte de se faire interdire l’accès à l’uranium du Niger.

Après des décennies de recherche et un rôle de leader mondial dans cette technologie, la France semblait y avoir renoncé sous la pression des « énergies vertes » avant que Framatome ne signe un partenariat avec le Japon qui semble remettre cette technologie sur le devant de la scène.

Un réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium (RNR-Na) est un type de réacteur nucléaire avancé utilisant des neutrons rapides pour entretenir la réaction de fission, ceci sans modérateur pour ralentir les neutrons. Il est refroidi par du sodium liquide, un excellent conducteur thermique capable d’évacuer efficacement la chaleur à haute température. Ce type de réacteur permet d’exploiter l’uranium appauvri et le plutonium, augmentant l’efficacité de l’utilisation du combustible nucléaire.

Les RNR-Na sont souvent conçus pour brûler des déchets nucléaires à longue durée de vie, réduisant ainsi leur volume et leur toxicité. Ils fonctionnent à des températures élevées, permettant des rendements thermiques améliorés pour la production d’électricité. Cependant, le sodium est chimiquement réactif, ce qui pose des défis de sécurité.

Une collaboration franco-japonaise prometteuse impliquant le champion du nucléaire Framatome

Cette collaboration symbolise le renforcement des liens entre la France et le Japon dans le secteur de l’énergie nucléaire. Le projet concerne le développement d’un réacteur d’une puissance d’environ 600 MWe, basé sur une technologie déjà développée et mise en œuvre en France. Les partenaires japonais bénéficieront de l’expertise de Framatome en matière de conception et de fonctionnement des réacteurs RNR-Na.

Rappelons qu’un réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium (RNR-Na) est un type de réacteur nucléaire avancé utilisant des neutrons rapides pour entretenir la réaction de fission, sans modérateur pour ralentir les neutrons. Il est refroidi par du sodium liquide, un excellent conducteur thermique capable d’évacuer efficacement la chaleur à haute température. Ce type de réacteur permet d’exploiter l’uranium appauvri et le plutonium, augmentant l’efficacité de l’utilisation du combustible nucléaire.

François Billot, Vice-président exécutif de Framatome, a souligné l’importance de cette collaboration : « Framatome est fière de pouvoir partager notre expérience et nos compétences avec nos partenaires japonais. » Ce partenariat est également vu comme une opportunité pour Framatome de continuer à développer et maintenir son savoir-faire dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, une technologie prometteuse pour l’avenir de l’énergie nucléaire.

L’initiative est soutenue par un accord de coopération sur les RNR-Na signé précédemment entre les gouvernements français et japonais, reflétant l’engagement des deux nations à promouvoir une énergie nucléaire sûre et durable. La signature de cet accord renforce une coopération qui a débuté il y a dix ans, marquant une volonté commune de long terme pour l’innovation dans l’énergie nucléaire.

Il va de soi que ces perspectives ne diminueront les investissements français dans le domaine du nucléaire de fusion. (programme ITER)

Références :

22/12/2024.TerraPower et le réacteur Natrium

TerraPower, fondée en 2006 par Bill Gates, est une entreprise américaine spécialisée dans le développement de réacteurs nucléaires innovants. Elle se spécialise sur deux technologies principales : le réacteur à ondes progressives et le réacteur Natrium dont nous parlons dans cet article.  L’entreprise bénéficie d’un soutien financier important du gouvernement américain et vise à réduire les coûts de production d’électricité nucléaire tout en améliorant la sécurité et la durabilité du réseau. TerraPower collabore également avec des partenaires internationaux pour développer et exporter sa technologie.

Le projet de réacteur Natrium actuellement en construction à Kemmerer USA, se distingue par sa capacité de 345 mégawatts (MW) et intègre un système de stockage d’énergie en sel fondu, permettant d’augmenter rapidement la puissance du système à 500 MW pendant plus de cinq heures et demie. Cette caractéristique assure une intégration souple avec les énergies renouvelables et améliore la résistence du réseau électrique.

Plusieurs projets de réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium (RNR-Na) sont actuellement en développement dans le monde. En France, bien que le projet ASTRID ait été arrêté en 2019, un nouvel accord de coopération a été signé en décembre 2024 entre Framatome et des partenaires japonais (JAEA, MHI, MFBR) pour développer un démonstrateur d’environ 600 MWe à l’horizon 2040. En Russie, le réacteur expérimental MBIR (40 MWe) est en construction pour remplacer le BOR-60, tandis que le projet BN-1200 (1200 MWe) est à l’étude. La Chine développe le CDFR de 600 MWe en collaboration avec la Russie, et la Corée du Sud travaille sur le PGSFR de 350 MWe avec les États-Unis. D’autres projets notables incluent le Prism de GE-Hitachi (311 MWe) et l’ARC-100 (100 MWe). Ces développements soulignent l’intérêt pour cette technologie de quatrième génération, capable de fournir une énergie décarbonée et durable.

Pour en savoir plus

WA – December 18, 2024 – TerraPower, a nuclear innovation company, announced today it has awarded contracts for the first Natrium plant reactor enclosure system (RES). These awards advance the development and construction of the Natrium sodium-cooled fast reactor and represent a significant milestone in the deployment and commercialization of America’s first advanced reactor.

Partnering with world class manufacturers for this project, TerraPower revealed that:
• ENSA (Equipos Nucleares S.A.) will produce the reactor head.
• Doosan Enerbility will supply the core barrel, guard vessel and internal supports for the Natrium reactor.
• HD Hyundai will manufacture the reactor vessel.
• Marmen will build the rotating plug.

“The Natrium design is a game-changing technology, and assembling the right team of vendors to construct the first reactor speaks to TerraPower’s commitment to commercializing this technology and ensuring advanced nuclear fulfills its role in addressing surging global energy demand,” said TerraPower President and CEO Chris Levesque. “Our team continues to lead the way on successfully executing the many elements of building America’s next nuclear reactor.”

The Natrium Reactor Demonstration Project is currently under construction in Kemmerer, Wyoming, and is the only advanced reactor project in the Western Hemisphere to move from design into construction, having begun non-nuclear construction on the site this year. These awards are the latest in a suite of procurements and investments that TerraPower has made to ensure the successful deployment of the project.

The Natrium technology features a 345 MWe sodium-cooled fast reactor with an integrated energy storage system. The storage technology can rapidly boost the system’s output to 500 MWe for more than five and a half hours, allowing for seamless integration with renewable energy and an overall increase in grid resiliency. The dispatchable and flexible energy that Natrium provides will lead to faster, more cost-effective decarbonization of the electric grid while producing carbon-free power.

About TerraPower
TerraPower is a leading nuclear innovation company that strives to improve the world through nuclear energy and science. Since it was founded by Bill Gates and a group of like-minded visionaries, TerraPower has emerged as an incubator and developer of ideas and technologies that offer energy independence, environmental sustainability, medical advancement and other cutting-edge opportunities. It accepts and tackles some of the world’s most difficult challenges. Behind each of its innovations and programs, TerraPower actively works to bring together the strengths and experiences of the world’s public and private sectors to answer pressing global needs. Learn more at terrapower.com.


21/12/2024 Des signes prometteurs de vie sur l’exoplanète LHS 1140 b.

Le terme d’exoplanète désigne une planète située en dehors du système solaire.

 Située à 50 millions d’années-lumière, cette planète est 1,73 fois plus grande que la Terre et pourrait contenir jusqu’à 20% d’eau.  Sa surface est glacée mais elle se trouve dans une zone où l’eau liquide est possible.. La découverte d’eau et  potentiellement d’une atmosphère sur une exoplanète rocheuse marque une avancée majeure dans la recherche spatiale.

Le télescope spatial James Webb a permis cette découverte sans précédent. Il a capté des signaux provenant d’une planète située à près de 50 millions d’années-lumière. Les chercheurs des universités du Michigan et de Montréal ont analysé ces données révélant la présence possible d’océans et d’une atmosphère sur LHS 1140 b.

LHS 1140 b se distingue par sa composition et ses caractéristiques physiques. Elle est 1,73 fois plus grande que la Terre et possède une masse 5,6 fois supérieure.

Sa surface glacée soulève des questions quant à sa capacité à abriter la vie. En effet, cette exoplanète se situe dans la zone dite « Goldilocks », où les températures pourraient permettre la présence d’eau liquide. L’eau liquide représente un atout majeur dans la recherche de la vie extraterrestre, si tout au moins il s’agit de vie analogue à la vie terrestre.

Les scientifiques estiment que l’eau pourrait représenter jusqu’à 20 % de la masse de la planète, ce qui renforcerait sa potentielle habitabilité.

La découverte de LHS 1140 b redéfinit notre approche de la recherche de vie dans l’univers. Elle stimule l’intérêt pour l’exploration d’autres exoplanètes potentiellement habitables.

La NASA et d’autres agences spatiales intensifieront désotmais leurs efforts pour mieux comprendre ces mondes lointains et les secrets qu’ils renferment.

Référence

https://www.innovant.fr/2024/11/29/la-vie-sur-une-autre-planete-enfin-trouvee-la-nasa-devoile-cette-exoplanete-avec-une-atmosphere-potentiellement-habitable/#google_vignette



21/12/2025 Comment à 73 ans, prétendre avoir la force d’exercer les fonctions de Premier ministre ?

C’est insensé, pourtant c’est ce que fait aujourd’hui Francois Bayrou. Il a exercé des fonctions ministérielles suffisamment longtemps pour savoir que celles-ci imposent un rythme de vie épuisant, même pour un homme plus jeune. Malgré l’aide d’un cabinet ministériel diligent il faut pouvoir connaître les dossiers et les enjeux suffisamment à fond pour prendre en temps utile les décisions incombant à la charge ou pour répondre aux critiques de l’opposition.

Chaque téléspectateur a pu voir récemment que François Bayrou était incapable de justifier son absence à Mayotte aux côtes du Président de la république au moment où celui-ci tentait d’apporter des réponses sommaires aux questions concernant l’avenir de l’Archipel.

Il a expliqué par des propos hésitants, quasi bredouillants, que ses fonctions en tant maire de Pau lui avaient imposé de rester en France, comme si ces fonctions ne pouvaient pas attendre.

On voit mal comment dans les prochaines heures il pourra justifier le choix d’un gouvernement et les premières décisions à prendre, sauf à s’abriter entièrement derrière Emmanuel Macron. Mais sans doute est-ce que souhaite ce dernier.


20/12/2024 Les trois catégories de missiles français

Le missile Mistral 3 à courte portée

D’une longueur inférieure à deux mètres avec un poids inférieur à 20 kg, il est facilement opérable et résiste aux contremesures. Le Mistral 3 est un missile de défense sol-air de très courte portée fonctionnant en mode « tire et oublie ».
Sa vitesse et sa manœuvrabilité font de lui un armement très efficace sur tous types de cibles : chasseurs, avions de transport, hélicoptères, drones, missiles de croisière, munitions rôdeuses.

Le Missile Moyenne Portée Akeron MP

Il s’agit d’un missile antichar de nouvelle génération, il remplace le missile MILAN en service depuis 1974. Il est destiné à équiper les unités de combat au contact dans le cadre de missions offensives ou défensives. Il permet de neutraliser des combattants et cibles blindées jusqu’à 4000 mètres.

Ses caractéristiques sont les suivantes : Portée minimale 160m . Portée maximale 4000m. Tir et oubli avec homme dans la boucle. Tir à partir d’espace confiné. Capacité antichar, antipersonnel et anti structure. Capacité de perforation : 3m de béton.

L’Akeron MP permet de neutraliser des cibles (véhicules blindés de dernière génération, embarcations légères ou infrastructures), de jour comme de nuit, jusqu’à une distance d’au moins 4 km, qu’elles soient statiques ou mobiles. Ce missile « combat proven » est polyvalent grâce à sa charge multi-effets . Il garantit également une précision métrique.

Au moyen de sa fibre optique et de son traitement d’image, il permet de conserver « l’homme dans la boucle » ; c’est-à-dire que le tireur peut modifier sa trajectoire à tout moment. En cas de menace sur le tireur, il bénéficie également de la capacité « tire et oublie ». D’une longueur inférieure à deux mètres avec un poids inférieur à 20 kg, il est facilement opérable et résiste aux contre-mesures.

Le missile balistique intercontinental (ICBM) M51 .

Les ICBM sont des armes stratégiques capables de frapper à plus de 5 500 km. Indispensables pour la dissuasion nucléaire, ils transportent des ogives, suivent une trajectoire parabolique, et sont maîtrisés par seulement sept nations dans le monde.

Les forces nucléaires françaises reposent principalement sur des missiles balistiques lancés depuis des sous-marins (MSBS). Ces missiles, appelés M51, équipent les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la Marine nationale. Ils ont une portée de 9 000 kilomètres, ce qui en fait un outil de dissuasion stratégique très efficace.

Chacun des Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins (SNLE) de la Force Océanique Stratégique (FOST) est doté de seize missiles, capables de transporter leur charge utile à une distance intercontinentale de plusieurs milliers de kilomètres.

Missile de type Mer-Sol Balistique Stratégique (MSBS), le M51 est un lanceur à trois étages à propulsion solide, d’une masse totale de plus de cinquante tonnes pour douze mètres de haut.

Lancé sous l’eau depuis un sous-marin en plongée, le M51 traverse l’atmosphère pour rejoindre l’espace à une altitude supérieure à 2 000 kilomètres, bien au-delà de l’orbite basse. Il rentre ensuite dans l’atmosphère à la vitesse de 20 000 km/h (Mach 20). Le M51 constitue un concentré de technologie spatiale qui allie puissance, précision et fiabilité.

Les mêmes contraintes s’imposent aux Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins français et à leurs équipages. Ces sous-marins font des croisières de plusieurs semaines sans pouvoir remonter en surface ni communiquer avec les familles.


19/12/2024 Découverte sous les glaces de l’Antarctique de nouveaux organismes chimiotrophes

On désigne sous le nom d’organismes chimiotrophe les organismes
qui trouvent l’énergie nécessaire au développement de leurs cellules sans utiliser la lumière du Soleil (ou d’une source artificielle). 

La chimiosynthèse est la conversion biologique de molécules contenant un ou plusieurs atomes de carbone ou de méthane en éléments nutritifs utilisables pour constituer de la matière organique. Les organismes qui la pratiquent s’opposent aux organismes photosynthétiques qui utilisent la lumière du Soleil pour produire des composés organiques complexes.

Or des scientifiques viennent de découvrir un écosystème insoupçonné vivant sous les épaisses couches de glace de l’Antarctique. Grâce à des technologies de pointe, telles que les foreuses cryogéniques et les capteurs biogéochimiques, une équipe internationale a exploré des lacs sous-glaciaires qui n’avaient pas vu la lumière du jour depuis des millions d’années.

Ces recherches, publiées notamment dans Nature Communications (voir ci-dessous), révèlent un écosystème complexe composé de micro-organismes et d’organismes aquatiques uniques. Ces derniers prospèrent malgré des conditions environnementales extrêmes : températures glaciales, obscurité totale et ressources nutritives limitées. Ces découverts sont saluée comme une percée majeure dans notre compréhension des écosystèmes extrêmes.

Parmi les découvertes les plus marquantes, les scientifiques ont identifié des micro-organismes capables de produire leur énergie à partir de processus chimiques, une adaptation rare appelée chimiosynthèse. Ces organismes utilisent les minéraux et les gaz présents dans l’eau pour survivre sans faire appel à la lumière solaire.

Certaines formes de vie ainsi découvertes, notamment chez des bactéries et des archées, affichent une résistance étonnante à la pression et à l’acidité de leur environnement. En outre, des traces de bioluminescence ont été détectées, soulignant des adaptations à la lumière encore peu étudiées.

Ces caractéristiques suggèrent non seulement une résilience extraordinaire, mais ouvrent également la voie à des hypothèses sur la possibilité de vie dans des environnements extraterrestres similaires, comme sur les lunes glacées d’Europe ou d’Encelade.

La découverte des écosystème sous-glaciaire en Antarctique dépasse largement les frontières de la biologie classique. Ces formes de vie, isolées depuis des millions d’années, fournissent des indices précieux sur l’évolution et la survie des organismes dans des environnements hostiles. Leur capacité à prospérer sans lumière solaire et avec un accès limité aux nutriments remet en question les modèles établis d’habitabilité.

Les implications s’étendent également à la recherche spatiale. Les conditions extrêmes de ces lacs sous-glaciaires sont considérées comme analogues aux environnements extraterrestres, notamment sur les lunes glacées du système solaire. La mission européenne JUICE (Jupiter Icy Moons Explorer) et la mission américaine Europa Clipper pourraient bénéficier directement des techniques développées pour explorer ces lacs enfouis sous la glace.

Sur le plan environnemental, ces découvertes mettent en lumière l’impact du réchauffement climatique. La fonte accélérée des glaces polaires pourrait perturber ces écosystèmes isolés, libérant des micro-organismes qui pourraient interagir avec les écosystèmes existants ou révéler des pathogènes inconnus.

Apres cette découverte majeure, les scientifiques envisagent de nouvelles expéditions pour explorer davantage de lacs sous-glaciaires. Les défis sont cependant considérables. Les infrastructures nécessaires sont coûteuses, et les conditions climatiques extrêmes compliquent les opérations. Des innovations comme les robots submersibles autonomes et les systèmes de forage écologiques sont en cours de développement pour minimiser l’impact des explorations sur ces environnements fragiles.

Les aspects éthiques prennent également de l’importance. Ces écosystèmes, restés intacts pendant des millénaires, doivent être explorés avec précaution pour éviter toute contamination. Cela soulève des débats sur la manière de concilier recherche scientifique et préservation environnementale.

Références

1 Lake enigma https://www.techno-science.net/en/news/discovery-of-strange-form-of-life-under-antarctic-ice-N26176.html

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2 nature  https://www.nature.com/articles/s43247-024-01842-5
The perennially ice-covered Lake Enigma, Antarctica supports unique microbial communities

Published: 03 December 2024
Communications Earth & Environment 

volume  5, Article number: 741 (2024) 

Abstract

Northern Foothills of Victoria Land, Antarctica contains numerous hydrological formations, ranging from small surface streams and ponds fed by glacial or snow meltwater to permafrost lakes containing briny pockets. Here we describe the discovery of a massive body of unfrozen stratified oligotrophic water in Lake Enigma, a permanently ice-covered lake previously thought to be frozen from top to bottom. A remarkable feature of the Lake Enigma microbial ecosystem is the presence, and sometimes even dominance, of ultrasmall bacteria belonging to the superphylum Patescibacteria, a group apparenNaturetly absent from Antarctic lakes in the well-studied McMurdo Dry Valleys. Cyanobacteria are virtually absent from Lake Enigma ice and water column although they are well represented in its extensive and diverse benthic microbial mats. Collectively, these features reveal a new complexity in Antarctic lake food webs and demonstrate that in addition to phototrophic and simple chemotrophic metabolisms, both symbiotic and predatory lifestyles may exist.

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3. nature https://www.nature.com/articles/s43247-024-01842-5 

Phylogenetically and functionally diverse microorganisms reside under the Ross Ice Shelf

  • published: 10 January 2022

    Abstract

Throughout coastal Antarctica, ice shelves separate oceanic waters from sunlight by hundreds of meters of ice. Historical studies have detected activity of nitrifying microorganisms in oceanic cavities below permanent ice shelves. However, little is known about the microbial composition and pathways that mediate these activities. In this study, we profiled the microbial communities beneath the Ross Ice Shelf using a multi-omics approach. Overall, beneath-shelf microorganisms are of comparable abundance and diversity, though distinct composition, relative to those in the open meso- and bathypelagic ocean. Production of new organic carbon is likely driven by aerobic lithoautotrophic archaea and bacteria that can use ammonium, nitrite, and sulfur compounds as electron donors. Also enriched were aerobic organoheterotrophic bacteria capable of degrading complex organic carbon substrates, likely derived from in situ fixed carbon and potentially refractory organic matter laterally advected by the below-shelf waters. Altogether, these findings uncover a taxonomically distinct microbial community potentially adapted to a highly oligotrophic marine environment and suggest that ocean cavity waters are primarily chemosynthetically-driven systems.



18/12/2024 Un réveil de la guerre entre la Corée du Nord et la Corée du Sud

Ces dernières semaines Vladimir Poutine avait obtenu l’appui militaire de la Corée du Nord dans l’Opération Militaire Spéciale qu’il avait déclenchée deux ans auparavant dans le Dombass pour empêcher que l’Ukraine ne rallie l’Otan. Cet appui n’ a pas tardé à se préciser.

La nouvelle est venue de Séoul. Récemment, les renseignements sud-coréens (NIS) ont fait connaître le projet de détachement de 12 000 soldats nord-coréens auprès des militaires russes en Ukraine. Dans un communiqué, les renseignements sud-coréens ont expliqué avoir « observé du 8 au 13 (octobre) que la Corée du Nord avait transporté des forces spéciales en Russie dans un navire de transport de la marine russe, confirmant le début de la participation militaire de la Corée du Nord ». D’ores et déjà des images avaient circulé sur les réseaux sociaux occidentaux montrant des militaires nord- coréens blessés ou tués lors des premiers engagements.

 À l’appui de ce constat, le NIS a diffusé des images satellites détaillées montrant, selon lui, le premier déploiement de ces militaires. Mille cinq cent de ceux-ci s’ntraîneraient déjà dans l’Extrême-Orient russe.

https://t.co/r1f6og8hFH pic.twitter.com/iGyMj5Gs5V

Si la crainte de l’envoi d’un contingent nord-coréen vers l’Ukraine est une escalade notable dans le conflit, elle correspond à un soutien croissant de Pyongyang à Moscou. Ainsi le ministre de la Défense sud-coréen Shin Won-sik, cité par CNN, avait certifié en début d’année que les usines de la Corée du Nord produisant de l’armement pour la Russie opéraient « à plein régime ».

Début octobre, Foreign Policy indiquait que des sources Osint (source ouverte) suggéraient l’arrivée de milliers de conteneurs maritimes depuis la mi-2022 – au moins 11 000 selon le département d’État américain. Les estimations du nombre exact d’obus d’artillerie nord-coréens livrés varient considérablement, de 1,6 million à près de 6 millions d’obus, et les experts estiment qu’au moins 2 millions d’obus ont été envoyés en Russie depuis cet été. 

Ainsi,  selon GEO, le ministre de la Défense sud-coréen Shin Won-sik, cité par CNN, a certifié en début d’année que les usines de la Corée du Nord produisant de l’armement pour la Russie opéraient « à plein régime ».

Mais acquérir des obus de la Corée du Nord n’a rien à voir avec le recrutement par l’armée russe de milliers de combattants nord-coréens. Si l’on voulait dramatiser, on parlerait dans ce dernier cas d’un début de guerre mondiale.

17/12/2024 Construire des abris durables sur la planète Mars nécessitera un béton spécial

Un béton spécial soufré sera nécessaire pour abriter durablement les prochains explorateurs humains. Compte tenu de la distance, il ne sera pas possible d’explorer Mars sur le modèle des missions lunaires Apollo, dit touch and go, qui consiste à atterrir et repartir peu de temps après.

Pourquoi cette impossibilité avec Mars ? À cause du mouvement des planètes autour du Soleil. Quitter Mars à un moment inadéquat pour regagner la Terre impliquerait deux ans de voyage dans l’espace juste pour le retour. Il suffit d’attendre que la Terre et Mars soient de nouveau proches l’une de l’autre — tous les deux ans — pour bénéficier de six mois de temps de trajet “seulement”. Mars n’orbite pas autour de la Terre comme la Lune et il faudra donc que les colons y bâtissent des abris.

Bien sûr, le temps de transport aller-retour n’est qu’un des très nombreux défis technologiques, logistiques et humains inhérents à un tel projet de voyage habité. Les radiations solaires et cosmiques très dangereuses, la vie communautaire dans un vaisseau, les effets de l’apesanteur sur le corps humain en font partie. C’est pourquoi de nombreuses personnes affirment que cela restera hors de notre portée pour encore quelques décennies.

Cependant Mars comme la Lune sont couvertes d’une poussière très fine faite de milliards d’années de chute de météorites à leur surface. On l’appelle régolithe. Or celle-ci sera d’une grande utilité pour élaborer du béton sur place et y bâtir des abris durables. Cependant ce béton affrontera d’autres contraintes que celles rencontrées sur la Terre: peu de pression atmosphérique rayonnement ultraviolet constant, etc.

Il faut donc déterminer quel type de régolithe est le plus prometteur. L’étude référencée ci-dessous indique que le meilleur candidat est le béton soufré, le plus abondant sur Mars selon les analyses effectuées par les atterrisseurs et rovers martiens Viking, Spirit, Opportunity et Curiosity. Par ailleurs de l’eau en abondance sera nécessaire. En dehors de cette apportée lors de chaque liaison avec la Terre, il faudra donc récupérer l’urine produite in situ pas les astronautes.

Source

Acta Astronautica Volume 226, Part 1, January 2025, Pages 494-520

Martian buildings: Feasible cement/concrete for onsite sustainable construction from the structural point of view

Omid Kari and others

https://doi.org/10.1016/j.actaastro.2024.10.056Get rights and content

Abstract

Colonizing other planets, like Mars, marks a significant milestone in the pursuit of a multi-planetary existence. Millions of people would settle on Mars in self-sufficient bases. Colonizing Mars is a long-term mission that demands self-sufficient, secure habitats and comprehensive planning. Importing structures, such as inflatable structures, from Earth is cost-prohibitive, making the utilization of in-situ resources and onsite construction the most viable approach for preparing the required buildings. Studies have shown that it is possible to produce and craft several kinds of binders and concretes with appropriate mechanical behavior using Martian soil composition; however, determining the optimal option for onsite construction remains a challenge. This study investigates available cement/concrete options for onsite construction on Mars from a structural engineering perspective, taking into account the available resources and technologies. In this regard, the observations and data provided by Martian landers, rovers, orbiters and methods such as Viking-1 & 2, Pathfinder, Spirit, Opportunity, Curiosity, Mars Express, Ultraviolet–visible/Near-infrared reflectivity spectra and Alpha particle X-ray spectrometer were used to obtain a comprehensive and detailed investigation. Eleven types of Martian cement/concrete based on the in-situ resources, soil composition, and available technologies were compared based on the criteria and indices defined in accordance with the structural engineering point of view to select the best practical option for onsite construction. These criteria encompass factors such as mechanical behavior, Martian structural loads, raw material accessibility, available sources, energy required for production, water requirement, curing and hardening time, possibility of using 3D printers, byproduct usefulness, conditions required for hardening and curing, importation requirements from Earth, production complexity, long-term durability and behavior under galactic cosmic rays (GCRs) and solar energetic particles (SEPs). The pros and cons of each cement/concrete option are thoroughly assessed, considering the harsh conditions on Mars. Additionally, the study highlights extra considerations that are crucial for onsite construction on Mars. To determine the best practical option for onsite construction and sustainable colonization, the proposed cements/concretes were compared using multi-scale spider/radar diagrams and a quantitative point of view. This perspective was enabled by assigning weights to each criterion through expert consultation, experimental data, and literature review, ensuring that the diagrams accurately reflect the features of each concrete mix. This comprehensive investigation aims to provide valuable insights into selecting the most suitable cement/concrete for onsite construction on Mars, considering the structural engineering perspective and the long-term goal of sustainable colonization.