04/01/2025 Découverte d’énormes quantités de vapeur d’eau dans un quasar lointain

140 000 milliards de fois plus d’eau que la Terre n’en recèle, soit l’équivalent de 140 000 000 000 000 océans et mers terrestres. C’est la quantité d’eau qui a été découverte par des astronomes del’Institut de Technologie de Californie, dont la révélation a été faite vendredi 22 juillet. Cette masse d’eau gigantesque se trouve à plus de dix milliards d’années-lumière dans un quasar, appelé « APM 08279+5255 ».

Le rayonnement de ce quasar, une fois analysé par deux équipes indépendantes, – l’une située à Mauna Kea, à Hawaï, partie intégrante du « Very Long Baseline Array » (VLBA ou réseau américain de radiotélescopes astronomiques), l’autre se trouvant au niveau de l’interféromètre du plateau de Bure, dans les Hautes-Alpes –, a permis de confirmer les données.

Cette découverte d’eau, sous forme gazeuse, prouve que l’Univers contenait déjà de l’eau peu après sa naissance, à savoir 1,7 milliards d’années après. La lumière émise par le quasar aura mis près de 12 milliards d’années-lumière pour atteindre la Terre.

Un quasar (« quasi-stellar radio source » ou source de rayonnement quasi-stellaire) est une galaxie très lointaine dont le noyau actif constitue la région compacte entourant un trou noir supermassif au centre d’une galaxie massive. L’agrégation de matière autour des trous noirs permet aux quasars de gagner en masse et en puissance. Le trou-noir qui constitue le quasar en question serait 20 millions de fois plus massif que le soleil.

Référence

https://en.wikipedia.org/wiki/APM_08279%2B5255

APM 08279+5255 is a bright source at almost all wavelengths and has become one of the most studied of distant sources. Using interferometry it has been mapped in X-ray with the AXAF CCD Imaging Spectrometer on the Chandra X-ray Observatory, in infrared with the Hubble Space Telescope, and in radio with the Very Long Baseline Array. Measurements with the IRAM Plateau de Bure Interferometer and other instruments looked at the distribution of molecules such as COCNHCN[broken anchor], and HCO+ as well as atomic carbon.[2]

From these observations APM 08279+5255 is in a giant elliptical galaxy with large amounts of gas, dust, and an active galactic nucleus (AGN) at its core. The AGN is radio-quiet with no evidence for a relativistic jet. It is powered by one of the largest known supermassive black holes: 23 billion solar masses (based on the molecular disk velocities[2]); or alternatively 10 billion solar masses (based on reverberation mapping[8]). The black hole is surrounded by an accretion disk of material spiraling into it, a few parsecs in size. Further out is a dust torus, a doughnut shaped cloud of dust and gas with a radius of about 100 parsecs. Both the accretion disk and dust torus appear to be almost face-on to us.[2] The radiation from the molecular gas is coming from a flattened disk at the center of the galaxy with a radius of 550 pc. This is also the starburst region of the galaxy. The gas is heated both by activity in the AGN and by the newly forming stars.[2]

APM is an ultra-luminous infrared galaxy (ULIRG). Its high redshift shifts the far-infrared spectrum into millimeter wavelengths where it can be observed from observatories on the ground. In 2008 and 2009 the intensities of its water vapor spectral lines were measured using the millimeter wave spectrometer Z-Spec at the Caltech Submillimeter Observatory. Comparing the spectrum to that of Markarian 231, another ULIRG, showed that it had 50 times the water vapor of that galaxy.[9] This made it the largest mass of water in the known universe—100 trillion times more water than that held in all of Earth‘s oceans combined. Its discovery shows that water has been prevalent in the known universe for nearly its entire existence; the radiation was emitted 1.6 billion years after the Big Bang.[10]



03/01/2025 Le missile balistique à portée intermédiaire russe 729-Orechnik

Le 729-Orechnik, ou plus simplement  l’Orechnik (russe : Орешник, litt. « noisetier »), est un missile balistique russe à portée intermédiaire (IRBM). C’est probablement le premier missile à moyenne portée au monde à ogive multiple utilisé en conditions de combat. Selon Maxim Starchak, chercheur à l’Université Queen’s l’Orechnik est une modification du RS-26 Roubej.

Il est présenté pour la première fois le 21 novembre 2024 par Vladimir Poutine. D’une vitesse estimée à Mach 10, il est conçu pour être difficile à intercepter. Le même jour, ce missile a été utilisé dans le conflit russo-ukrainien, frappant une installation appartenant à la société ukrainienne Pivdenmach à Dnipro, en Ukraine,

Spécificités

L’Orechnik pourrait être équipé de charges multiples indépendamment ciblables (MIRV), rendant plus difficile son interception. Il aurait été lancé depuis Astrakhan, probablement depuis le site militaire de 
Kapoustine Iar. Décrit comme expérimental, il resterait toujours en production limitée. Ses capacités inclueraient une charge utile conventionnelle ou nucléaire. Le missile serait capable d’atteindre des vitesses supérieures à Mach 11 (soit 13 500 km/h ou 3,74 km/s).

Selon la marine ukrainienne, il serait équipé de six ogives, chacune composée de six sous-munitions. Le service russe de la BBC aurait expliqué que la vitesse de Mach 10 annoncée correspond en réalité à l’ordre de grandeur de la vitesse normale de descente des têtes de missiles balistiques.

Les experts militaires allemands considèrent que l’immense avantage d’Orechnik pour les Russes est justement que celui-ci est essentiellement conçu pour ne pas utiliser de nucléaire, la puissance colossale de l’impact de l’énergie cinétique d’Orechnik, même sans armement, équivalant à la puissance de destruction d’une arme atomique légèrement supérieure à celle d’Hiroshima.

03/01/2025 Les trains Maglev. Quel avenir?

wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Train_%C3%A0_sustentation_magn%C3%A9tique

Un train à sustentation magnétique  Maglev, dit aussi parfois Transrapid est un train utilisant les forces magnétiques pour se déplacer. Il utilise le phénomène de sustentation électromagnétique et n’est donc pas en contact avec des rails contrairement aux trains classiques. Ce procédé permet de supprimer la résistance au roulement et d’atteindre des vitesses plus élevées : le record est de 603 km/h obtenu en avril 2015, soit 28,2 km/h de plus que le record d’un train classique (574,8 km/h par une version modifiée du TGV en 2007). Maglev est l’acronyme anglais pour Magnetic levitation.

La ligne de 30 kilomètres entre Shanghai et son aéroport international de Pudong, inaugurée en 2002, a connu son premier trajet commercial en mars 2004.

La difficulté du Maglev à trouver des débouchés commerciaux tient à plusieurs facteurs

  • au coût élevé de l’infrastructure de ce mode de transport, même si la maintenance de la ligne est bien moins onéreuse que celle d’une LGV classique ;
  • à l’absence d’effet réseau, compte tenu de la spécificité de la voie qui interdit de prolonger son exploitation au-delà de l’infrastructure à grande vitesse, contrairement au cas du TGV ou de l’Intercity-Express dont les rames sont compatibles avec les voies ferrées traditionnelles ;
  • à l’augmentation constante de la vitesse d’exploitation commerciale de ses concurrents. Le TGV est ainsi passé en exploitation commerciale de 260 km/h en 1981, à 270 km/h en 1983, 300 km/h en 1989 puis à 320 km/h en mars 2007, le record de 574,8 km/h le 3 avril 2007 laissant envisager de futures augmentations encore ; l’avantage conféré au Transrapid par sa vitesse supérieure (vitesse de service : 430 km/h) s’en trouve donc réduit ;
  • aux contraintes d’urbanisme, la ligne ne pouvant accepter que des courbes de grand rayon, même sur les tronçons à grande vitesse.
  • à la concurrence. Le Maglev détient peut-être les records du monde actuels, mais il aura des concurrents. Ainsi l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe a proposé de vendre la technologie aux États-Unis pour construire une ligne Maglev entre New York et Washington. Une ligne de train Hyperloop reliant Los Angeles à San Francisco (Californie, États-Unis), dont la vitesse peut dépasser 700 km/h, est également en cours d’élaboration.

Projets chinois

La Chine dispose déjà aujourd’hui d’un réseau ferroviaire grande vitesse très dense, qui permet de relier toutes les grandes villes. Le système fonctionne de façon exemplaire, et les trains arrivent à l’heure, presque à la seconde près. Mais même avec un train à grande vitesse, qui roule à 350 km/h, certains trajets restent très longs. Pékin-Canton, par exemple correspond sept heures et demie de train pour parcourir plus de 2 000 kilomètres. Souvent, les Chinois préfèrent prendre l’avion.

Dans ces conditions, la Chine a décidé de développer des trains encore plus rapides, en faisant appel à la sustentation magnétique. Dans son plan de transport 2023-2035, la municipalité de Canton annonce avoir planifié plusieurs lignes Maglev entre Canton et Pékin : 3h30 de trajet contre 7h30 aujourd’hui.

Une autre ligne devrait relier Canton à Shanghai en seulement trois heures, contre sept actuellement en TGV classique. Et des prolongements de ces lignes sont aussi prévus jusqu’à Macao et Shenzhen, la capitale chinoise des nouvelles technologies. Les autorités chinoises annoncent que ces trains circuleront à une vitesse d’au moins 600 km/h.

Plusieurs lignes sont déjà en service sur de petits trajets, par exemple à l’aéroport Pudong de Shanghai. Mais c’est la première fois que les Chinois se lancent sur des trajets beaucoup plus longs, jusqu’à 2 000  kilomètres.

La Chine veut aller toujours plus loin. L’année dernière, lors d’un essai réalisé dans un tunnel, un train a atteint les 1 000 km/h sur une portion de 2 kilomètres.

Le ferroviaire sera ainsi rapide que l’avion, mais avec tout de même une inconnue : le coût des trains Maglev est très élevé, voire exorbitant. La Chine n’a pour le moment pas communiqué sur le montant qui va devoir être déboursé pour construire les nouvelles lignes annoncées par la ville de Canton.

Le Japon

La mise en exploitation commerciale a débuté. La ligne Chuo Shinkansen devrait relier Tokyo et Nagoya d’ici 2027.

Le trajet ne devrait durer que 40 minutes, soit plus rapide que les vols entre les deux villes ou le trajet actuel sur la ligne Tokaido, disponible avec le Japan Rail Pass. L’itinéraire proposé comprendra des arrêts aux gares de Shinagawa, Sagamihara, Kofu, Iida et Nakatsugawa.

L’objectif initial du projet Maglev était de produire un train capable de relier Tokyo à Osaka en moins d’une heure. Celui-ci sera atteint lorsque la ligne Maglev sera prolongée de Nagoya à Osaka, une extension prévue pour 2045.

Au total, 80 % des 286 kilomètres de la voie de train à grande vitesse Maglev seront situés sous terre, passant sous les zones urbaines et les terrains montagneux. Le projet devrait coûter l’équivalent de 35 milliards de dollars.

Une fois achevé, le train comprendra 16 wagons capables d’accueillir un millier de passagers. À l’heure actuelle, le public a été invité à prendre part à des essais sur Maglev. Les touristes peuvent visiter le centre SC Maglev à Nagoya ou le parc des expositions Maglev près de la ville d’Otsuki pour en savoir plus et visualiser les essais du Maglev.

Ailleurs dans le monde

Le Maglev détient peut-être les records du monde actuels, mais il aura des concurrents. L’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe a proposé de vendre la technologie aux États-Unis pour construire une ligne Maglev entre New York et Washington.

Une ligne de train Hyperloop reliant Los Angeles à San Francisco (Californie, États-Unis), dont la vitesse peut dépasser 700 km/h, est également en cours d’élaboration.

03/01/2025 La France devrait-elle construire un second porte-avion ou un bâtiment porte-drones ?

L’actuel porte-avions français, le Charles de Gaulle, est constamment en mission. Même s’il n’a pas pour but immédiat d’affronter des flottes ennemies, il peut assurer un soutien utile à certains opérations comme il le fit récemment en Afrique. De plus il permet de représenter la France dans un grand nombre de pays, amis ou compétiteurs.

Mais il ne peut jouer ce rôle qu’au mieux 6 mois sur 12, compte tenu des périodes de maintenance. C’est pourquoi la précédente ministre des Armées Florence Parly avait annoncé la décision d’entreprendre la construction d’un second PA.

Rien ne fut fait cependant car dans l’intervalle se produisit ce que l’on appelle dorénavant la révolution du drone militaire. Celle-ci oblige désormais à repenser de nombreuses stratégies, qu’elles soient terrestres, aériennes ou navales.

Ainsi en France, comme dans beaucoup de puissances militaires, les experts se demandent quelle place il conviendra de donner aux drones dans le système d’armes du pays. Mais répondre à cette question suppose de répondre à une question préalable : de quelles façons des drones de puissances et de performances différentes seront-ils mis à la disposition des forces armées.

Il apparaît aujourd’hui que la plupard des cas, il faudra faire appel à ce que l’on nomme des navires ou bâtiments porte-drones. Le concept intéressera particulièrement la France, compte-tenu de l’ étendu de son domaine maritime.

Dans un excellent article, publié simultanément sur Mer et Marine, Marine & Océans Magazine et La Vigie, Christophe Pipolo et Marc Grozel précisent ce que pourrait être aujourd’hui un bâtiment porte-drones. Ils en citent deux exemples, le MPSS João II portugais et le TCG Anadolu turc

Le João II est donné pour un déplacement de 7 000 t – un peu plus qu’une FREMM (6 278 t) mais trois fois moins qu’un PHA du type Mistral (21 300 t) – une longueur de 107 m, une largeur de 20 m et un tirant d’eau de 5,5 m. Son pont plat continu, long de 96 m et large de 20 m, doté d’un îlot sur tribord, permet de mettre en œuvre des drones aériens ainsi que des hélicoptères tels que l’Augusta Westland EH-101 « Merlin » (10,5 t en service au sein de la Force Aérienne Portugaise. Il pourra également mettre en œuvre le chasseur Lockheed F-35B VTOL , en nombre limité, sans qu’il puisse être exploité à sa masse maximale au décollage de 25 t et sans pouvoir l’abriter dans aucun des hangars du navire en raison de ses dimensions, ce qui limitera ses capacités opérationnelles.

L’îlot abrite deux hangars. Celui de l’avant, ouvrant latéralement sur le pont d’envol, sera réservé aux UAV. L’autre, situé à l’arrière, abritera un hélicoptère de 10 t ainsi que des installations de maintenance. Le João II sera équipé de deux ascenseurs situés à l’avant de l’îlot. Il disposera de logements et d’installations médicales. Il est également conçu pour mettre en œuvre des drones de surface et des drones sous-marins (USV, UUV). D’une vitesse maximale de 18 nœuds pour une vitesse de croisière de 14 nœuds, son endurance à la mer devrait atteindre 45 jours. L’équipage de manœuvre du navire est fixé à 48 marins auxquels s’ajouteront quelques 52 autres pour la mise en œuvre et l’exploitation des drones. Au-delà de cet équipage opérationnel, le navire pourra accueillir 200 personnes supplémentaires pour des missions temporaires.

À ce stade, la marine portugaise envisage d’utiliser ce bâtiment pour des missions hydro-océanographiques, de recherche et de sauvetage, de gestion de crises, d’assistance humanitaire et de soutien en cas de catastrophe naturelle (HADR ) ainsi que des opérations de soutien de la flotte.

Le TCG Anadolu est deux fois plus long que le João II (232 m) pour un tonnage triple (27 000 t). Son design, issu des chantiers Navantia, est dérivé du porte-aéronefs espagnol Juan Carlos et des LHD  australiens de la classe Canberra. L’Anadolu était initialement dédié à la mise en œuvre du F-35B mais le Congrès américain a suspendu la participation turque à ce programme en 2018, en raison de l’acquisition par la Turquie, membre de l’OTAN, de systèmes anti-aériens russes de la série S-400.

Tout en achevant sa construction, la Turquie décida alors de l’adapter en porte-drones chargé de mettre en œuvre les drones ISR  et d’attaque de type Baykar TB3 (1,450 t, CU 280 kg) et Baykar Kizilelma (3,5 t, réacteur, CU 1,5 t). Bien que ces UAV poursuivent leurs essais en vols, aucun d’eux n’a encore apponté tandis que leur système de lancement et de récupération n’a pas encore été dévoilé. En l’état, le TCG Anadolu demeure un simple porte-hélicoptères.

02/01/2005 Le nouveau missile de croisière américain Barracuda

Créée il y a seulement sept ans par des anciens de Palantir Technologies, une société proche du renseignement américain, l’entreprise Anduril Industries https://www.anduril.com/ s’est très vite fait connaître dans le monde de la défense et de la sécurité après avoir obtenu des contrats pour fournir des tours de surveillance autonomes [AST – Autonomous Surveillance Towers] au Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis ainsi que des solutions en matière de lutte anti-drones à l’US Special Operations Command [USSOCOM].

Récemment, Anduril a été sollicitée par la Royal Australian Navy pour développer un  drone sous-marin autonome de grande taille [XL-AUV]. Puis, en avril dernier, son drone Fury a été retenu par l’US Air Force pour le programme CCA [Collaborative Combat Aircraft], lancé dans le cadre du projet d’avion de combat de 6e génération NGAD [New Generation Air Dominance].

En complément de ces programmes, Anduril a développé le drone aérien autonome Barracuda, c’est à dire un missile de croisière propulsé par un turboréacteur aérobie pouvant être fabriqué à grande échelle, à moindre coût et, surtout, très rapidement. Pour cela, il a du « faire simple », c’est-à-dire réduire de moitié le nombre de sous-composants, utiliser des pièces disponibles dans le commerce et rationaliser autant que possible le processus de production, en réduisant le nombre d’outils spécialisés nécessaires et en ayant recours à une main d’œuvre peu qualifiée.

Anduril précise qu’un seul Barracuda prend 50 % moins de temps à produire, nécessite 95 % moins d’outils et 50 % moins de pièces que les solutions concurrentes actuellement sur le marché. […] Par conséquent, la famille de véhicules autonomes Barracuda est 30 % moins chère en moyenne que les autres solutions, ce qui permet une utilisation à grande échelle.

La gamme « Barracuda » compte trois modèles. Plus petit que les deux autres et ayant une portée maximale d’environ 160 km, le Barracuda-100 peut être lancé par un hélicoptère ou par un lanceur au sol.

Destiné aussi bien aux chasseurs-bombardiers [F-35, F-15, F-16 et F-18] qu’aux navires de surface, le Barracuda-250 peut emporter plusieurs types de charges utiles en fonction des missions. Il peut atteindre une cible située à 370 km de distance.

Enfin, d’une portée supérieure à 900 km, le Barracuda-500 est trop volumineux pour prendre place dans la soute du F-35. En revanche, il peut être emporté par les F-15, F-16 et autres F-18, voire par des avions de transport C-130J Hercules ou C-17 Globemaster III s’ils sont conditionnés sur des palettes, comme le prévoit le concept « Rapid Dragon » de l’US Air Force.

Cela étant, les effets des drones « Barracuda » pourraient être accrus s’ils volaient en essaim, comme le permettrait le logiciel Lattice, mis au point par Anduril.

Reste à voir quel sort réservera le Pentagone à cette nouvelle gamme de munitions « complexes », alors que l’US Air Force est justement en quête d’un missile à bas coût, dans le cadre du programme « Franklin », lancé par son unité dédiée à l’innovation en juin 2024

01/01/2025 Un trou noir massif détecté dans l’univers primordial par le James Webb Telescope

Dans son modèle classique de développement, un trou noir de taille moyenne provient d’un petit trou noir produit par l’effondrement sur elle-même d’une étoile massive en fin de vie. Il grandit en capturant petit à petit de plus en plus de gaz, de matière et d’étoiles provenant de son environnement proche. Ce phénomène est nommé l’accrétion. 

Il existe néanmoins une limite théorique à cette croissance : la limite d’Eddington, ou luminosité d’Eddington,. Celle-ci est une valeur de luminosité qu’aucun objet céleste (par exemple une étoile) ne peut dépasser : au-delà, la pression de radiation prend le pas sur la gravité et des constituants de l’objet sont éjectés. Ainsi l’immense quantité de lumière produite par le disque de matière qui entoure le trou noir (le disque d’accrétion) provoque une pression qui repousse la matière environnante et ralentit la croissance du trou noir.

Une équipe internationale d’astronome a cependant mis au jour un trou noir supermassif aux confins de l’univers primitif, 800 millions d’années après le Big Bang. Cette observation, parue dans la revue Nature, référencée ci-dessous, contredit les modèles théoriques de la formation des trous noirs, qui ne devraient pas être capables d’atteindre de telles masses en si peu de temps. Le phénomèna n’a pas enrore d’explication à ce jour.

Stéphane Charlot, directeur de recherche CNRS à l’Institut d’astrophysique de Paris, a participé à ces observations réalisées grâce au James Webb Space Telescope.

Voir

nature  

  1. article
  • Published: 18 December 2024
A dormant overmassive black hole in the early Universe



01/01/2025 Un trou noir massif détecté dans l’univers primordial par le James Webb Telescope

Dans son modèle classique de développement, un trou noir de taille moyenne provient d’un petit trou noir produit par l’effondrement sur elle-même d’une étoile massive en fin de vie. Il grandit en capturant petit à petit de plus en plus de gaz, de matière et d’étoiles provenant de son environnement proche. Ce phénomène est nommé l’accrétion. 

Il existe néanmoins une limite théorique à cette croissance : la limite d’Eddington, ou luminosité d’Eddington,. Celle-ci est une valeur de luminosité qu’aucun objet céleste (par exemple une étoile) ne peut dépasser : au-delà, la pression de radiation prend le pas sur la gravité et des constituants de l’objet sont éjectés. Ainsi l’immense quantité de lumière produite par le disque de matière qui entoure le trou noir (le disque d’accrétion) provoque une pression qui repousse la matière environnante et ralentit la croissance du trou noir.

Une équipe internationale d’astronome a cependant mis au jour un trou noir supermassif aux confins de l’univers primitif, 800 millions d’années après le Big Bang. Cette observation, parue dans la revue Nature, référencée ci-dessous, contredit les modèles théoriques de la formation des trous noirs, qui ne devraient pas être capables d’atteindre de telles masses en si peu de temps. Le phénomèna n’a pas enrore d’explication à ce jour.

Stéphane Charlot, directeur de recherche CNRS à l’Institut d’astrophysique de Paris, a participé à ces observations réalisées grâce au James Webb Space Telescope.

Référence

nature  article



    01/01/2025 Des plateformes de calcul quantique

    Le 13 novembre 2024, IBM avait annoncé lors d’une IBM Quantum Developer Conference, que les progrès en hardware et software de l’entreprise lui permettaient d’exécuter des calculs quantiques à des niveaux record de portée, vitesse et fiabilité.

    A la suite de cette annonce, les processeurs quantique de IBM dit Heron et Oiskit, les plus performants de ceux dont dispose l’entreprise, sont disponibles désormais dans des centres de calcul quantique ouverts aux universités et entreprises pour leur permette des opérations exigeant une puissance de 5.000 qubits.

    Les utilisateurs peuvent désormais expérimenter les possibilités du calcul quantique dans des domaines scientifiques intéressant les matériaux, la chimie, les sciences de la vie, la physique des hautes énergies et autres.

    Ceci permettra à IBM et à ses partenaires de généraliser les systèmes quantiques à corrections d’erreur prévus pour 2029. IBM espère atteindre à cette date grâce à ces investissements ce que l’on nomme la suprématie quantique.

    On lira à ce sujet un article publié par Nature, dont nous retenons les passages suivants:

    1. nature  
    2. articles  
    3. article
    4. Open acces
    • Published: 14 June 2023
    Evidence for the utility of quantum computing before fault tolerance

    Nature volume 618, pages500–505 (2023)

    • Abstract

    Quantum computing promises to offer substantial speed-ups over its classical counterpart for certain problems. However, the greatest impediment to realizing its full potential is noise that is inherent to these systems. The widely accepted solution to this challenge is the implementation of fault-tolerant quantum circuits, which is out of reach for current processors. Here we report experiments on a noisy 127-qubit processor and demonstrate the measurement of accurate expectation values for circuit volumes at a scale beyond brute-force classical computation. We argue that this represents evidence for the utility of quantum computing in a pre-fault-tolerant era. These experimental results are enabled by advances in the coherence and calibration of a superconducting processor at this scale and the ability to characterize1 and controllably manipulate noise across such a large device. We establish the accuracy of the measured expectation values by comparing them with the output of exactly verifiable circuits. In the regime of strong entanglement, the quantum computer provides correct results for which leading classical approximations such as pure-state-based 1D (matrix product states, MPS) and 2D (isometric tensor network states, isoTNS) tensor network methods2,3 break down. These experiments demonstrate a foundational tool for the realization of near-term quantum applications4,5.

    En France

    La nouvelle plateforme nationale de calcul quantique s’inscrit dans la stratégie nationale lancée par le président de la République le 21 janvier 2021 pour l’indépendance et la supériorité stratégiques de la France.

    Cette stratégie bénéficie de 1,8 milliard d’euros, dont 1 milliard financé par l’État, notamment via le Programme d’investissements d’avenir (PIA) , pour le développement des technologies quantiques sur la période 2021-2025. Elle a pour objectif de créer 16 000 emplois d’ici à 2030 .

    Le calcul quantique s’appuie sur des propriétés de la matière qui n’existent qu’à l’échelle de l’infiniment petit.

    À pleine maturité, il permettra d’effectuer des calculs jusqu’à 1 milliard de fois plus vite qu’une technologie de calcul classique, ce qui ouvre la voie à la résolution de problèmes actuellement non solubles dans un temps humain.

    Dans les deux prochaines décennies, le quantique enclenchera des révolutions technologiques et des avancées dans de nombreux secteurs d’importance vitale, tant dans le domaine civil que militaire, par exemple pour :

    • l’observation de la Terre et l’anticipation des catastrophes naturelles ;
    • la modélisation d’un agent infectieux et pour de remèdes médicaux adaptés ;
    • une meilleure compréhension de la photosynthèse afin de mieux capturer l’énergie solaire et capter le CO2 atmosphérique.

    Avec un premier investissement de 70 M€ pour un objectif total de 170 M€, cette plateforme interconnectera systèmes classiques et ordinateurs quantiques. Ces moyens seront à disposition des laboratoires, des entreprises innovantes et des industriels pour qu’ils développent de nouveaux cas d’usages. Soutenue par l’ INRIA , la plateforme sera hébergée au très grand centre de calcul implanté au CEA DAM du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables (CEA).

    31/12/2024 Les missiles hypersoniques dans l’armée française

    La France avait réalisé en 2023 le premier essai d’un planeur hypersonique, capable d’aller au-delà de Mach 5. Rappelons que le mardi 27 juin 2023, la direction générale de l’Armement (DGA) avait supervisé le tir d’essai du démonstrateur d’un planeur hypersonique, le VMaX, – pour Véhicule Manœuvrant eXpérimental – à Biscarrosse, dans les Landes (sud-ouest).

    Avec lui, la France s’engageait avec succès  dans le milieu hypersonique, à des vitesses au-delà de Mach 5 (environ 6 100 km/h). Ce premier démonstrateur contenait de nombreuses innovations technologiques embarquées, Son essai en vol, sur une trajectoire à longue portée très exigeante, constituait un défi technique inédit qui préparait l’avenir de l’ hypervélocité.

    https://www.numerama.com/tech/1827084-comment-la-france-planche-sur-les-armes-hypersoniques.htm

     Dépourvu de toute charge militaire, le missile ASMPA-R été tiré par un avion de combat Rafale des forces aériennes stratégiques (FAS) . Il s’agissait de l’opération Durandal au cours d’un exercice mené « au-dessus du territoire national », « au terme d’un vol représentatif d’un raid nucléaire », selon le communiqué.

    https://www.ouest-france.fr/politique/defense/operation-durandal-la-france-a-teste-avec-succes-un-nouveau-missile-air-sol-nucleaire-b63b8a82-18cf-11ef-89e1-9d0ea397ae43

    Sur le réseau social X, le ministre des Armées avait précisé que cette opération était « prévue de longue date » et a adressé ses « félicitations à l’ensemble des forces, équipes du ministère et partenaires industriels engagés sur l’opération ». D’après le communiqué, le programme de rénovation de ce missile, conduit par la Direction générale de l’armement (DGA), a permis de renforcer ses « performances intrinsèques » et de maintenir « la crédibilité de la composante nucléaire aéroportée de la dissuasion » française, conformément aux objectifs de la dernière loi de programmation militaire (LPM).

    Le programme russe de missiles hypersoniques

    En fait la France se préparait à répondre au programme russe de missiles hypersoniques. Rappelons que la Russie avait dévoilé pour la première fois en 2022 les performances de ses propres missiles hypersoniques. Ils seraient manœuvrables une bonne partie de leur trajectoire et auraient la capacité de se déplacer et se maintenir des vitesses supérieures à Mach 5, c’est-à-dire autour de 6 000 km à l’heure minimum.

    Les premiers rapports attestant de l’utilisation de missiles hypersoniques par la Russie datent du 24e jour de son invasion de l’Ukraine. Le ministère de la Défense avait alors fait état de l’envoi de missiles réputés hypersoniques dans la région d’Ivano-Frankivsk dans l’Ouest de l’Ukraine. Leur emploi en Ukraine était une première mondiale pour un armement hypersonique, selon les experts.

    Aujourd’hui, l’arsenal hypersonique de la Russie comprend les missiles Kh_-47M2 Kinzhal (ou Kinjal) et Avangard, ainsi que le Zircon, selon  Forbes, le média militaire américain.. Le Kinzhal a été déployé plusieurs fois contre des cibles en Ukraine. Lancé depuis un avion MiG-31K ou Tu-22M3 à Mach 2,7, le Kinzhal utilise une propulsion par fusée pour atteindre une vitesse maximale de Mach 10. L’autre arme hypersonique de la Russie, l’Avangard, est un véhicule planant hypersonique conçu pour transporter des ogives nucléaires, qui n’a pas été utilisé opérationnellement.

    La puissance et la rapidité des missiles hypersoniques laissent peu de place au doute quant à leur efficacité, du moins sur le papier. Il semblerait toutefois que peu d’unités aient été lancées par Moscou sur les positions ukrainiennes. Selon Forbes, le déploiement a été limité par des défis de fabrication. Ainsi, les missiles nécessitent des matériaux et une ingénierie avancés pour être capables de résister à de fortes chaleurs et une pression intenses. Leurs composants électroniques sont avancés et difficiles à assembler. Criblée de sanctions occidentales , la Russie n’aurait pas été capable de les produire à grande échelle, donnant la priorité aux chaînes de montage des drones et à la remise en état de ses chars soviétiques.

    De surcroît, il a été observé en Ukraine que les missiles hypersoniques russes actuellement construits sont vulnérables aux systèmes de défense aérienne conventionnels. Le 4 mai 2023, soit un peu plus d’un an après l’envoi présumé du premier missile hypersonique par la Russie, l’Ukraine a affirmé avoir intercepté un Kinzhal pour la première fois à l’aide d’un système de défense aérienne américain Patriot. Douze jours plus tard, Kiev rapportait en avoir intercepté six, par le même moyen.

    Selon les informations ukrainiennes de The Economist, les missiles Kinzhal abattus en mai 2023 volaient à des vitesses inférieures à celle attendue d’un hypersonique. Par ailleurs, un rapport de l’Institut Kiel en Allemagne indique que le taux d’interception des Patriot contre le Kinzhal est d’environ 25 %.

    Peu nombreuses et vulnérables, les armes hypersoniques russes ont donc déçu sur le terrain, et n’ont donc pas apporté les avantages significatifs recherchés par Moscou. Les systèmes continueront toutefois de progresser en technicité, juge Forbes, stimulés par des techniques de pointe telles que l’intelligence artificielle. Et alors, rien ne pourra plus les empêcher de tenir un rôle primordial dans les conflits de demain.

    C’est la raison pour laquelle la France, malgré les difficultés, ne doit pas ralentir son programme de missiles hypersoniques.

    31/12/2024. Les drones maritimes

    Le 28 décembre 2024, le drone kamikaze ukrainien MAGURA V5 est devenu le premier drone naval à couler un navire de guerre en combat actif. Cette exploit réalisé contre un navire russe dans la mer Noire, symbolise un tournant décisif dans l’évolution des conflits maritimes.

    Le MAGURA V5 n’est pas un drone ordinaire. Avec sa longueur de 5,5 mètres et sa largeur de 1,5 mètre, il conjugue discrétion et agilité. Capable d’atteindre une vitesse maximale de 42 nœuds (78 km/h) et doté d’une autonomie de 800 kilomètres, il permet de frapper des cibles situées loin derrière les lignes ennemies.

    Son charge explosive de 200 kg en fait une arme redoutable . Équipé de systèmes de navigation avancés, incluant GNSS, systèmes inertiels et technologies visuelles, il peut être piloté manuellement ou fonctionner de manière autonome. De plus, sa capacité de diffusion vidéo en temps réel permet à ses opérateurs d’adapter leurs stratégies au fur et à mesure des opérations.

    Depuis son déploiement, le MAGURA V5 a infligé des pertes considérables à la marine russe. Lors de sa dernière mission, il a détruit ou gravement endommagé 15 navires ennemis, dont le Sergey Kotov, un navire de patrouille stratégique de la flotte de la mer Noire. Ce dernier, évalué à 65 millions de dollars (environ 60 millions d’euros), a subi des dommages irréparables au niveau de sa proue, de sa poupe et de ses flancs. 13 membres d’équipage russes ont été tués, 52 autres ont dû être évacués.

    Cette attaque, qui a eu lieu dans le détroit de Kertch, reflète une préparation minutieuse. Selon les sources, l’opération a mobilisé plusieurs drones, coordonnés pour maximiser les dégâts infligés au navire russe.

    En février 2024, le MAGURA V5 avait déjà coulé deux navires russes majeurs, le Tarantul-III, une corvette lance-missiles, dans la baie de Donuzlavet le Tsezar Kunikov, un navire de débarquement de classe Ropucha, au large d’Alupka.

    Ces frappes ciblées ont non seulement réduit les capacités logistiques de la Russie, mais également forcé sa marine à éloigner ses ressources des zones contestées.

    L’utilisation de drones kamikazes, tels que le MAGURA V5, redéfinit les règles de la guerre navale. Ces plateformes autonomes allient efficacitécoût réduit et faibles risques humains, offrant une alternative stratégique aux nations confrontées à des adversaires technologiquement supérieurs.

    La montée en puissance des drones kamikazes illustre une nouvelle dynamique dans les conflits modernes. Ces appareils permettent à des nations technologiquement modestes de compenser des désavantages stratégiques par l’innovation. L’Ukraine, en particulier, a démontré que des tactiques asymétriques bien pensées pouvaient neutraliser des forces considérées comme supérieures. 

    CaractéristiquesDétails
    Longueur5,5 mètres
    Largeur1,5 mètre
    Vitesse maximale42 nœuds (78 km/h)
    Autonomie800 kilomètres
    Charge explosive200 kg
    NavigationGNSS, systèmes inertiels, visuels
    Alors que les coûts d’acquisition et d’exploitation de ces technologies restent modestes, leur efficacité pourrait inspirer d’autres nations à les adopter.

    C’est le cas de la France. Le groupe français Exail vient de présenter à la Ciotat son nouveau drone naval de surface, Drix Océan, dérivé de son best-seller Drix. Avec cet engin de 16 mètres, capable de naviguer par gros temps et d’atteindre 6.500 km d’autonomie, le Drix Océan vise à la fois le marché civil et le marché militaire.