28/08/2023 Fiche de lecture «Le Défi démographique: mythes et réalités» par Bruno Tertrais

Juriste et auteur politique de formation, Bruno Tertrais est Expert associé à l’Institut Montaigne et directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique.

https://www.institutmontaigne.org/publications/le-defi-demographique-mythes-et-realites

Nous extrayons de ce très riche ouvrage les quelques considérations suivantes, devant inciter à le lire toutes les personnes se préoccupant de l’avenir tel qu’il pourrait être d’ici la fin de ce siècle …et au delà.

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Nous vivons un tournant dans l’histoire de l’humanité. 

Serons-nous plus de 11 milliards en 2100 ? C’est la dernière prévision de l’ONU, fondée sur une croissance de la population mondiale de 1,1 % par an. Certes, ce chiffre est hypothétique : néanmoins, il est révélateur des bouleversements démographiques que nous vivons.

Ressources, climat, conflits, migration, urbanisation, vieillissement, géopolitique… La question démographique est aujourd’hui au cœur de toutes les grandes problématiques sociétales contemporaines. Chaque zone du globe est affectée différemment par les évolutions de population. A titre d’exemple, l’Afrique n’a pas achevé sa transition démographique, tandis que l’Europe devrait voir sa population stagner, puis se réduire d’ici 2050. L’Asie est un territoire très divers, entre un Japon en déclin et une Inde en plein boom.

Devant cette multitude de changements, un grand nombre de questions voient le jour. Pourrons-nous tous vivre sur la planète Terre en 2100 ? Comment gérer au mieux les flux migratoires ? Quel sera l’impact des évolutions démographiques sur la géopolitique mondiale, les conflits, le climat ?

Sous-estimer les effets sociétaux, environnementaux, politiques et géopolitiques des évolutions démographiques et migratoires serait une erreur.

Néanmoins, il est indispensable d’analyser ces évolutions en s’appuyant sur des faits. La question démographique fait trop souvent l’objet de débats passionnés et irrationnels, notamment concernant la question migratoire ; on associe trop facilement croissance démographique et croissance économique, sans que soient pris en compte la pyramide des âges, la situation du marché de l’emploi, l’environnement institutionnel, politique, légal, culturel

 L’objectif de cette note est ainsi de rappeler, de façon objective, les prévisions d’évolutions de la population et les défis que celles-ci soulèveront pour notre société. 

Pour l’Europe

Sous l’angle démographique, l’Europe est une zone en déclin. 

. En 2015, l’Europe est entrée en dépopulation (nombre de décès supérieur au nombre des naissances). Elle ne doit sa croissance actuelle qu’à l’immigration. Le vieillissement global de sa population va s’accentuer : en 2030, elle pourrait avoir décliné par rapport à aujourd’hui – ce serait le seul grand espace régional du monde dans ce cas.  

. Toute la partie orientale du continent européen est affectée. C’est en effet en Europe centrale et orientale que se trouvent dix des onze pays du monde appelés à perdre (sauf immigration massive et durable) plus de 15 % de leur population d’ici 2050 : Bulgarie, Lettonie, Moldavie, Ukraine, Croatie, Lituanie, Roumanie, Serbie, Pologne, Hongrie.

. Des disparités démographiques importantes au sein de l’Europe

Au-delà de ses évolutions “organiques”l’Europe doit composer avec des migrations importantes.

Les demandes d’asile ont atteint le nombre de 1,3 million en 2015, au pic de la crise des réfugiés (le taux de réponses positives en Europe a varié selon les années, mais il est de l’ordre de 40 à 60 %). Rappelons néanmoins que le taux de migration intercontinentale net annuel – part de la population imputable aux mouvements migratoires entre continents -, après avoir augmenté entre 1980 et 2010, a diminué dans les années 2010-2015. Une étude réalisée par l’Institut Gallup va dans ce sens. Elle souligne que le pourcentage de personnes se disant désireuses d’émigrer a diminué entre les années 2007-2009 (16 %) et 2013-2016 (14 %). Le phénomène migratoire, au coeur de l’actualité, doit ainsi être nuancé une fois inscrit dans une perspective historique.

Les migrations : des variables démographiques majeures en Europe

Voir Images eurostat
https://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/migration-asylum/overview

28/08/2023 L’Amérique est-elle en guerre avec elle-même ?

C’est ce que pense Dimitry Medvedev, qui est actuellement vice-président du Conseil de sécurité de la Russie “De plus, à mon avis, ce conflit est irréconciliable à certains égards. De tels conflits intérieurs se terminent souvent par une guerre civile” a-t-il ajouté.

L’éphémère prédécesseur de Vladimir Poutine, toujours très écouté à Moscou, faisait allusion au fait que Trump s’était rendu en Géorgie, au tribunal du Comté de Fulton, pour se voir notifier son inculpation et être arrêté pendant quelques minutes pour les procédures judiciaires, dont l’établissement d’une photo d’identité judiciaire, sous l’indicatif “détenu P01135809”.

https://www.rt.com/russia/581899-us-in-conflict-with-itself/réélection

 Pour de nombreux partisans de Trump, il s’agit d’un moment d’insulte gratuite à l’égard d’un président désormais poursuivi dans quatre États différents à la veille d’une élection où il est le principal candidat républicain. Pour les plus extrêmes, cela sera présenté comme une quasi-déclaration de guerre, preuve que l’establishment utilisera tous les moyens pour empêcher une  réélection de Trump.

On pourrait répondre à Medvedev qu’il vaut mieux vivre dans une démocratie telle que l’américaine, aussi imparfaite soit-elle, que dans un régime, la Russie, où les opposants disparaissent dans des prisons à vie, sinon dans des attentats aux causes jamais élucidées.

Il est vrai cependant qu’aux Etats-Unis les oppositions entre démocrates et républicains deviennent de plus en plus violentes à quatre mois des futures élections présidentielles. Il y a désormais un monde entre la vie politique telle qu’elle se déroule dans les capitales des grands Etats fédérés et les lointaines provinces rurales. Les manifestations urbaines éclatent de plus en plus dans un climat quasi-insurrectionnel dont l’assaut du Capitole par des partisans de Trump en janvier 2021 avait servi de modèle.

Mais un facteur d’aggravation insuffisamment souligné tient au fait que l’Etat Islamique, en passe d’être éliminé du Moyen-Orient, a plusieurs fois prévenu par la voix de ses chefs qu’ils s’appuiera sur les « jeunes des banlieues » récemment islamisés et sans perspectives économiques pour poursuivre la charia en Occident.

L’avertissement vaut pour l’Europe, mais aussi pour l’Amérique dans son ensemble.

27/08/2023 Le sort enviable des amérindiens au Québec

L’opinion française considère encore qu’au Canada, la province francophone du Québec a toujours réservé aux amérindiens un statut beaucoup favorable que celui fait aux amérindiens dans le Canada anglophone par les majorités d’origine britannique. C’est évidemment une illusion. Mais c’est seulement récemment que la vérité commence à apparaître.

Le 20 avril 2023, un groupe de femmes amérindiennes connues sous le nom de Kanien’kehà:ka Kahnistensera (Mères Mohawks) a franchi une étape importante dans le procès qui l’oppose à plusieurs entités, dont l’université McGill, le gouvernement canadien et l’hôpital Royal Victoria, au Québec. Les parties sont parvenues à un accord selon lequel des archéologues et des observateurs culturels commenceraient à rechercher les tombes anonymes qui, selon les Mères Mohawks, se trouvent sur le terrain de l’hôpital.

En octobre 2021, des preuves avaient fait surface, établissant un lien entre des enfants amérindiens disparus et des expériences menées par des chercheurs parrainés par la CIA et qui ont inspiré le film américain MK Ultra de 2022. Une résidente blanche de Winnipeg nommée Lana Ponting a témoigné devant la Cour supérieure du Québec qu’en 1958, alors qu’elle avait 16 ans, des médecins de l’Institut Allan Memorial, un ancien hôpital psychiatrique affilié à McGill et à l’Hôpital Royal Victoria, l’ont retenue contre son gré, l’ont droguée au LSD et à d’autres substances, l’ont soumise à des électrochocs et l’ont exposée à un endoctrinement auditif : la lecture d’un enregistrement répétant sans cesse à Lana Ponting qu’elle était soit « une mauvaise fille », soit « une bonne fille. »

Mme Ponting a également déclaré que « certains des enfants que j’ai vus là-bas étaient amérindiens » et qu’elle s’était liée d’amitié avec une jeune fille amérindienne nommée Morningstar, qui a subi un grand nombre des mêmes abus, avec l’indignité supplémentaire d’être harcelée en raison de sa race.

Lors d’un répit dans son état d’hébétude dû à la drogue, Mme Ponting se souvient d’être sortie furtivement la nuit et d’être tombée sur « des gens qui se tenaient près du mur de ciment » avec des pelles et des lampes de poche. Elle et d’autres enfants avaient entendu des rumeurs selon lesquelles des corps étaient enterrés dans la propriété. Par la suite, la nation indigène Squamish a inclus l’hôpital psychiatrique dans une liste de sites potentiels contenant des tombes anonymes.

Source

27/08/2023 Le programme européen Human Brain.

L’Union européenne a dédié une somme importante, soit 700 millions d’euros, au projet Human Brain. Il s’agit de modéliser sur le plan numérique une partie du cerveau humain et de ses activités.

Malgré des débuts controversés et des difficultés considérables, ce projet a permis des avancées remarquables, notamment la création d’EBRAINS, une plateforme de simulation cérébrale.

Les sommes sont ridiculement faibles par rapport à ce que l’Europe, et notamment la France, dépensent au plan militaire. Ainsi le coût du futur porte-avions nucléaire français, nom de code PANG, dont il ne s’agit pas de contester ici l’utilité, est estimé à 10 milliards d’euros

Voir https://trustmyscience.com/modelisation-construction-cerveau-humain-ordinateur-europe/

26/08/2023 Computers exascale

La mise en service du premier supercalculateur dit exascale, le Frontier, par le Oak Ridge National Laboratory en fin 2021, illustre le début de la révolution qui marquera bientôt la biologie et notamment la neurobiologie, en association avec les outils d’intelligence artificielle approfondie. Ces sciences ont découvert progressivement que le vivant sous toutes ses formes fonctionnait sur le mode du supercalcul comme si des milliards et milliards d’ordinateurs biologiques coopéraient ensemble, depuis les bactéries, les végétaux et les cerveaux des animaux supérieurs, dont évidemment les hommes.

Le calcul exascale intégre des systèmes accomplissant des milliards de computations par seconde en utilisant une infrastructure très riche de systèmes CPU et GPU Central Processing Units (CPUs) et Graphics Processing Units (GPUs) pour traiter et analyser les données.

La biophysique computationnelle connaît un élan significatif, symbolisant une transformation considérable du domaine. Avec l’avancement de la recherche en biophysique, l’intégration des efforts expérimentaux et computationnels devrait redéfinir les frontières de la connaissance, préparant le terrain pour des découvertes qui pourraient bouleverser notre perception du monde biologique.

Grâce à la puissance des outils informatiques avancés, les biophysiciens contemporains ne sont plus de simples observateurs. Muni des dernières technologies de calcul haute performance (HPC), ce corps scientifique est maintenant en mesure de contester certaines des suppositions biologiques les plus anciennes, de mettre en lumière des détails complexes ignorés et même de synthétiser de nouvelles protéines ou de concevoir des circuits moléculaires innovants.

Comme le déclare le Dr. Bernardi, un des spécialistes du domaine : “Les nouveaux ordinateurs exascale permettent aux biophysiciens computationnels de surpasser ce qui est réalisable expérimentalement et de simuler des processus biologiques avec un niveau de détail bien plus élevé. Par exemple, nous pouvons désormais comprendre comment les bactéries pathogènes se lient aux humains pendant une infection. »

A l’instar de la physique et de la chimie, la biologie s’oriente de plus en plus vers l’utilisation de modèles théoriques pour guider ses expériences, avec une dépendance croissante à l’égard des technologies computationnelles avancées.


Référence

. 2023 Jul 25;

 Fostering discoveries in the era of exascale computing:
How the next generation of supercomputers empowers computational and experimental biophysics alike

Marcelo C R Melo 1Rafael C Bernardi 2

Affiliations expand

Abstract

Over a century ago, physicists started broadly relying on theoretical models to guide new experiments. Soon thereafter, chemists began doing the same. Now, biological research enters a new era when experiment and theory walk hand in hand. Novel software and specialized hardware became essential to understand experimental data and propose new models. In fact, current petascale computing resources already allow researchers to reach unprecedented levels of simulation throughput to connect in silico and in vitro experiments. The reduction in cost and improved access allowed a large number of research groups to adopt supercomputing resources and techniques. Here, we outline how large-scale computing has evolved to expand decades-old research, spark new research efforts, and continuously connect simulation and observation. For instance, multiple publicly and privately funded groups have dedicated extensive resources to develop artificial intelligence tools for computational biophysics, from accelerating quantum chemistry calculations to proposing protein structure models. Moreover, advances in computer hardware have accelerated data processing from single-molecule experimental observations and simulations of chemical reactions occurring throughout entire cells. The combination of software and hardware has opened the way for exascale computing and the production of the first public exascale supercomputer, Frontier, inaugurated by the Oak Ridge National Laboratory in 2022. Ultimately, the popularization and development of computational techniques and the training of researchers to use them will only accelerate the diversification of tools and learning resources for future generations.

Copyright © 2023 Biophysical Society. Published by Elsevier Inc. All rights reserved.

26/08/20 Les memcomputers, de nouveaux types de calculateurs aux rendements révolutionnaires

Les memcomputeurs constituent une nouvelle sorte de calculateurs électroniques qui pourraient selon leurs inventeurs, résoudre en quelques minutes des tâches qui demanderaient l’âge de l’univers pour être menées à bien par des calculateurs classiques ou par des calculateurs quantiques.

Les memcomputeurs cumulent dans de mêmes composants le stockage des données à traiter et l’exécution des calculs faits en utilisant ces données. Au contraire, aujourd’hui, les calculateurs classiques procèdent aux calculs sur un premier processeur et mémorisent les données résultant de ces calculs sur un autre processeur, ceci de façon répétitive jusqu’à l’exécution complète du programme. Il en résulte pour certaines opérations des temps jugés insupportables.

Les memcomputeurs utilisent pour ce faire un seul type de composant nommé  mémoire computationnelle (computational memory). De plus ils peuvent travailler en parallèle. Le seul inconvénient de ces solutions est qu’elles ne sont pas généralistes. mais doivent être dédiées à des calculs spécifiques.

Les calculateurs analogiques peuvent faire de tels calculs, mais ils sont très sensibles aux pannes ou à d’infimes variations de voltage qui obligent à tout recommencer.

Les chercheurs de l’université de Californie qui ont imaginé les memcomputeurs pensent que tous les grands de l’informatique devront à l’avenir adopter de telles solutions s’ils veulent continuer à disposer de chips compétitifs. Si cela était le cas, ce serait une vraie révolution, notamment dans le cas des calculs complexes s’intéressant aux modèles d’univers.

Référence

[Submitted on 1 May 2023]

Hardware implementation of digital memcomputing on small-size FPGAs

Dyk Chung NguyenYuan-Hang ZhangMassimiliano Di VentraYuriy V. Pershin

Memcomputing is a novel computing paradigm beyond the von-Neumann one. Its digital version is designed for the efficient solution of combinatorial optimization problems, which emerge in various fields of science and technology. Previously, the performance of digital memcomputing machines (DMMs) was demonstrated using software simulations of their ordinary differential equations. Here, we present the first hardware realization of a DMM algorithm on a low-cost FPGA board. In this demonstration, we have implemented a Boolean satisfiability problem solver. To optimize the use of hardware resources, the algorithm was partially parallelized. The scalability of the present implementation is explored and our FPGA-based results are compared to those obtained using a python code running on a traditional (von-Neumann) computer, showing one to two orders of magnitude speed-up in time to solution. This initial small-scale implementation is projected to state-of-the-art FPGA boards anticipating further advantages of the hardware realization of DMMs over their software emulation.

Subjects:
arXiv:2305.01061 
 (or arXiv:2305.01061v1 [cs.ET] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2305.01061

25/08/2023 Un nouveau quadcopter kamikaze russe

Selon l’agence de presse russe TASS, l’Institut moscovite de recherche Kartsev ( Kartsev Research Institute of Computer Systems) a mis au point un nouveau quadcopter kamikaze. L’engin serait actuellement à l’essai dans une zone sous contrôle de l’armée  russe en Ukraine dans le cadre de l’opération militaire spéciale.

L’information a été transmise à Tass par un certain Vitaly Dolgov, chef du Laboratoire en charge du développement des drones militaires chez Karsev.

La carlingue du drone est constituée d’une matière qui absorbe environ 50% des rayons des radars ennemis, la rendant pratiquement invisible. L’engin peut emporter une charge utile de 4 kilos à une distance de 10 km. Celle-ci pourra être constituée de 6 petites bombes largables à la demande.

25/08/2022 Le coup d’Etat au Niger a toute la sympathie des Etats-Unis

Significativement, les auteurs du coup d’Etat, menés par le Gal Abdouramane Tchiani  ancien commandant de la garde présidentielle, font l’objet de tous les égards américains.

La vitesse avec laquelle le Département d’Etat a nommé comme ambassadrice à Niamey une certaine Kathleen FitzGibbon https://www.state.gov/arrival-of-ambassador-kathleen-fitzgibbon-to-niger/ connue par ses bonnes relations avec les services spéciaux américains opérant dans cette partie de l’Afrique, donne le ton.

De même, le très officiel Washington Post a noté que les deux armées avaient étroitement coopéré dans la dernière décennie. Concernant l’ex-président nigérien et sa famille, la diplomatie américaine se borne à demander leur libération et n’envisage pas leur réinstallation.

De fait, la diplomatie américaine s’intéresse tout autant à établir de bonnes relations avec la junte qu’avec l’Economic Community of West African States (ECOWAS) opposée en principe au coup d’Etat

Dans un interview réalisé par le New York Times, Ali Lamine Zeine, le nouveau Premier Ministre désigné du Niger, a répété que le premier souci du gouvernement était d’établir de bonnes relations avec les Etats-Unis. Il en est de même a-t-il affirmé, de la majorité de l’ECOWAS. Effectivement, une mission de conciliation de l’ECOWAS à Niamey, menée par le General Abdulsalami Abubakar qui avait comme promis de rétablir l’autorité civile au Nigéria, exprima de l’optimisme concernant la crise actuelle au Niger. Mais à cette fin l’ECOWAS ne ferait pas appel à la force, seulement à la diplomatie.

La mort « accidentelle » le 24 aout de tout l’Etat-Major de la force Wagner et de Prigogine lui-même qui ambitionnaient d’établir une implantation russe solide au Niger laisse au contraire le champ libre aux intérêts américains qui ont décidé d’éliminer l’influence française du Niger

24/08/2023 Le programme Africa Hydromet Program

Depuis juin 2015 , en Afrique, The World Bank Group, The Global Facility for Disaster Reduction and Recovery et d’autres partenaires ont décidé de coopérer pour améliorer la résistance au changement climatique, préserver la disponibilité en eau douce et d’une façon générale lutter contre les désastres dus au réchauffement des températures prévu par les experts dans les prochaines décennies.

Il en est résulté le programme Africa Hydromet Program, programme Hydrométéorologique pour l’Afrique. Depuis son lancement le programme a pu améliorer les services hydrométéorologique dans 15 Etats africains et quatre centres régionaux pour l’Etude du climat ont été créés.

Mais il faudrait faire beaucoup plus, produire des prévisions de meilleure qualité concernant l’observation du climat à long terme comme d’une année sur l’autre et les recommandations sur les conduites à adopter. Si rien de sérieux n’est fait, le nombre des migrants climatiques à travers l’Afrique comme vers l’Europe ne cessera pas d’augmenter.

Rappelons que l’Afrique compte actuellement 2 milliards d’habitants approximativement, chiffre qui devrai passer à 4 milliards à la fin du siècle compte tenu d’une taux de naissance de 6 enfants par femme.

Pour en savoir plus

https://www.worldbank.org/en/programs/africa_hydromet_program

23/08/2023 La National Ignition Facility (USA) maitrisera-t-elle la fusion nucléaire avant la France ?

Les scientifiques de la National Ignition Facility aux Etats-Unis viennent d’annoncer que le laboratoire sous tutelle du gouvernement fédéral aurait le 30 juillet 2023 réussi pour la première fois au monde une expérience où l’énergie produite par une opération de fusion nucléaire serait supérieure à celle utilisée par les lasers pour produire la réaction.

Faut-il souligner l’importance de cette démonstration ? La fusion nucléaire, une fois produite à l’échelle industrielle, devrait être capable de fournir, conjointement avec les énergies naturelles, une grande part de l’énergie dont l’humanité aura besoin dans les prochaines années sans contribuer au réchauffement climatique.

La fusion est obtenue en chauffant deux isotopes de l’hydrogène, généralement du deutérium et du tritium, obtenus à partir de lithium, à une température suffisamment élevée pour que leurs noyaux atomiques fusionnent. Ils fournissent ainsi de l’hélium et d’importantes quantités d’énergie sous forme de neutrons. L’opération ne produit pas de CO2 ni de déchets radioactifs.

Le deutérium existe en quantité suffisante dans la nature. Ce n’est pas le cas du tritium. Il n’existe actuellement qu’un stock de tritium d’une vingtaine de kilos, issu du fonctionnement d’un certain type de réacteur de fission (CANDU) et réparti entre différentes installations nucléaires. C’est dans ce stock qu’ITER en France puisera lors de sa phase de lancement. Pour répondre aux besoins des futures centrales de fusion industrielles, il sera essentiel en effet de pouvoir produire du tritium à partir de la réaction de fusion.

La réaction de fusion deutérium-tritium (D-T) libèrera des neutrons à haute énergie ainsi que des atomes d’hélium. Tandis que le plasma demeurera confiné par les champs magnétiques du tokamak, les neutrons, qui sont électriquement neutres, s’échapperont et seront absorbées par les « modules de couverture » qui tapissent la paroi.

La présence de lithium dans ces modules de couverture déclenchera la réaction suivante: le neutron incident sera absorbé par l’atome de lithium, lequel se recombine alors en un atome de tritium et un atome d’hélium. On peut ensuite extraire le tritium de la couverture, le recycler dans le plasma et le rendre à sa fonction de combustible.

On appelle « couvertures tritigènes » les couvertures qui contiennent du lithium. La réaction de fusion permet ainsi de produire du tritium de manière continue. Une fois la réaction de fusion amorcée dans un tokamak, il suffira pour l’entretenir de l’alimenter en deutérium et en lithium, deux éléments disponibles en abondance.

Pour la suite, la procédure actuellement utilisée, dite du confinement magnétique, utilise de puissants aimants pour maintenir en place sous une coupole de protection une capsule contenant une petite quantité d’hydrogène, ceci jusqu’à ce que la réaction se déclenche. Les lasers doivent produire à cette fin des températures supérieures à celles du soleil. On estime que la fusion ne sera rentable que si elle fournit au moins cent fois plus d’énergie que n’en consommeront les lasers et l’hydrolyse de l’eau nécessaire à l’obtention de l’hydrogène.

Cependant, il ne faut pas s’illusionner. Le type de fusion nucléaire envisagé nécessitera des hectares d’installations industrielles, l’extraction, le raffinage et le transport du lithium n’auront rien de facile. Obtenir de l’hydrogène par électrolyse de l’eau sera très consommateur d’électricité et parfois risqué compte tenu des possibilités d’explosion. Enfin les neutrons émis dégraderont rapidement les réacteurs, nécessitant leur remplacement régulier et le stockage sécurisé des rebuts. (merci à Sam Edge, de Ringwood, Hampshire, UK, pour ces remarques)

Pour en savoir plus

Voir Financial Times
https://www.ft.com/content/a9815bca-1b9d-4ba0-8d01-96ede77ba06a

Voir korii
https://korii.slate.fr/tech/energie-fusion-nucleaire-epuise-deja-carburant-tritium-20-kilos-reserves-terre-lithium-6

Voir ITER
https://www.iter.org/fr/sci/fusionfuels