05/09/2023 Effets dévastateurs du passage à l’électrique dans l’industrie automobile

D’ici 2040, plus de la moitié du marché de la production automobile mondiale devrait être constituée de véhicules électriques (VE). Les ventes mondiales en ont presque quadruplé, passant de 3 millions en 2020 à plus de 10 millions deux ans plus tard, en 2022.

D’ici à 2030, l’Agence internationale de l’énergie (https://www.iea.org/) prévoit que les ventes mondiales auront plus que triplé pour atteindre plus de 35 millions. Les ventes annuelles de VE aux États-Unis devraient passer de 300.000 en 2020 à 1,7 million par an en 2024.

D’ici 2040, plus de la moitié du marché de la production automobile mondiale devrait être constituée de véhicules électriques. Leurs ventes mondiales ont presque quadruplé, passant de 3 millions en 2020 à plus de 10 millions deux ans plus tard, en 2022. D’ici à 2030, l’Agence internationale de l’énergie prévoit que les ventes mondiales auront plus que triplé pour dépasser 35 millions.

Cette évolution sera encouragée par les pouvoirs publics et l’opinion, car les VE ne produisent pas de gaz à effets de serre et sont généralement moins bruyants. Mais il faut voir qu’elle se fera au détriment des travailleurs qui produisent des véhicules à moteur à combustion interne. Étant donné que les VE nécessitent beaucoup moins de temps de travail que les véhicules à moteur à combustion interne, les constructeurs prévoient de réaliser cette transition en supprimant des centaines de milliers d’emplois soit environ la moitié des effectifs actuels.

Ainsi aux Etats-Unis, l’ancien PDG de Ford, Jim Hackett, avait déclaré en 2017 que «les véhicules électriques permettront aux usines automobiles d’avoir une zone d’assemblage final deux fois plus petite, nécessitant deux fois moins d’investissements et 30 pour cent d’heures de travail en moins par voiture» : Ceci a été confirmé par le PDG actuel, Jim Farley, a confirmé cette année: «Nous avons trop de monde dans certains endroits, cela ne fait aucun doute».

Bernd Osterloh, le plus haut représentant syndical de Volkswagen, a rappelé que les groupes motopropulseurs des voitures électriques ne comportaient qu’un sixième des composants nécessités par les moteurs à combustion. « Une usine de batteries ne nécessite qu’un cinquième de la main-d’œuvre par rapport à une usine de moteurs».

Selon un rapport de 2021 de l’Association européenne des fournisseurs de l’automobile https://www.euractiv.fr/tag/association-europeenne-des-fournisseurs-automobiles/ 500.000 ouvriers de l’automobile vont perdre leur emploi rien qu’en Europe d’ici 2040, dont 121.000 en Allemagne, 74.000 en Italie, 72.000 en Espagne et 56.000 en Roumanie.

Par ailleurs, en Allemagne l’institut Ifo pour la recherche économique https://www.ifo.de/en, prévoit 215.000 pertes d’emploi en Allemagne d’ici 2030, soit 40 pour cent des travailleurs de l’automobile dans ce pays. Le cabinet d’analyse Arthur D. Little Japan Arthur%20D.%20Little%20Japan prévoit le licenciement de 84.000 travailleurs d’ici à 2050. Enfin, un haut responsable syndical de l’entreprise sud-coréenne Hyundai prédit que 70 pour cent de tous les ouvriers de l’automobile de ce pays perdront bientôt leur emploi.

Aux États-Unis l’effet sera dévastateur. Brett Smith, directeur de la technologie au Center for Automotive Research https://www.cargroup.org/mbs/ basé aux États-Unis, a déclaré: «L’industrie traverse une transition comme elle n’en a jamais connue. Il y a de fortes chances qu’il y ait moins d’emplois chez les constructeurs et les fabricants de pièces détachés. Cela créera des problèmes dans certaines Etats américains de la Rust Belt »

Enfin, selon une étude se disant elle-même optimiste 15.000 emplois dans le secteur automobile pourraient être supprimés rien qu’aux États-Unis au cours des sept prochaines années, dont 33.000 emplois dans le secteur de l’assemblage et 41.000 emplois dans le secteur des pièces détachées. En fait les suppressions d’emplois aux États-Unis seront probablement plus proches de 500.000 dans les années à venir.

Dans les deux cas, les licenciements massifs créeront une course vers le bas pour les emplois dans les usines de VE. L’augmentation du chômage entraînera une pression à la baisse sur les salaires, non seulement dans l’industrie automobile, mais dans l’ensemble de l’économie.

C’est la prise de conscience de cette situation qui pousse actuellement les industriels américains à revendiquer une hausse permanente de l’aide à l’Ukraine. Celle-ci se traduit pour l’essentiel par une augmentation des commandes de Kiev au profit des industriels américains de l’armement, notamment ceux de la Rust Belt.

Nos remerciements à WSWS pour son apport.

04/09/2023 La France va perdre son avance en matière de fusion nucléaire

Il aurait été étonnant que le complexe militaro-scientifique américain laisse la France conserver l’avance qu’elle avait prise, grâce au CEA et EDF, dans le domaine de la fusion nucléaire.

Il est souvent dit que le pays qui maîtrisera cette nouvelle forme d’énergie dominera le monde. C’est sans doute exagéré. Il reste que la fusion de deux atomes, l’un d’oxygène, l’autre d’hydrogène qui dégage des quantités de chaleur importante sans production comme le fait la fission de déchets radioactifs, devrait permettre à la France de satisfaire ses besoins d’électricité voire d’en revendre dans les pays voisins. Encore faut-il maitriser la technologie nécessaire qui est très complexe.

C’est l’objet du programme Iter qu’une vingtaine de pays étudient autour des chercheurs français sur le site de Cadarache. Iter ne vise pas à mettre en place une unité de production à l’échelle industrielle, mais à résoudre en commun les nombreuses difficultés que suscitera ce passage à la production.

Voir Iter https://fr.wikipedia.org/wiki/ITER

Malheureusement, l’hostilité que suscitait jusqu’à cette année en France le nucléaire de fission a fait que la France n’a pas mis suffisamment de moyens pour se doter en temps utiles de son propre programme de fusion. Elle est en train de perdre la course face aux Etats-Unis.

Les récents progrès dans la recherche sur la fusion ont conduit le gouvernement américain à établir une “Vision audacieuse pour l’énergie de fusion commerciale” reposant sur la croissance de l’industrie mondiale de la fusion. Les résultats n’ont pas tardé Le 5 décembre 2022, une fusion nucléaire a été réussie dans un environnement contrôlé », a annoncé Jill Hruby, la sous-secrétaire de l’administration pour la Sécurité nationale nucléaire (NNSA).

Elle a ensuite expliqué que « 192 lasers se sont focalisés sur une capsule de la taille d’un grain de poivre et ont simulé ainsi le cœur d’une étoile. Ce sont les premiers pas vers une énergie propre qui pourra révolutionner le monde », a-t-elle ajouté durant la conférence de presse.

« C’est une étape scientifique importante et une merveille de l’ingénierie », s’est félicitée Jennifer Granholm, la Secrétaire américaine de l’Energie. « Cette réussite se retrouvera dans les livres d’Histoire. »

Par la suite, les scientifiques ont observé une fusion. les données ont été analysées de nombreuses fois pour confirmer ce résultat: « Il va falloir maintenant pouvoir répliquer ce phénomène de manière plus simple, plusieurs fois par minutes », a souligné Kim Budil, la directrice du Laboratoire national Lawrence Livermore (LLNL).

Il s’agira d’une étape importante pour la future commercialisation du procédé.. L’une des clefs en sera la capsule qui contient le combustible: cette coquille devra être améliorée, selon Michael Stadermann, l’un des scientifiques du National Ignition Facility (NIF). Décrite comme presque parfaitement ronde, elle est plus lisse que le meilleur des miroirs, chaque imperfection pouvant avoir une influence sur l’expérience. La capsule utilisée lundi 5 décembre avait « un design robuste, avec moins de défauts » pour effectuer cet allumage par fusion réussi, a expliqué Michael Stadermann

Ce processus peut être obtenu à l’aide de lasers puissants . Au NIF, qui dépend du laboratoire californien, 192 lasers sont dirigés vers une cible aussi petite qu’un dé à coudre, où sont placés les atomes légers d’hydrogène à fusionner.

Les scientifiques ont ainsi produit environ 3,15 mégajoules d’énergie, en délivrant à l’origine 2,05 mégajoules avec les lasers. La réaction s’est passée en moins de temps que la lumière met pour parcourir trois mètres, selon l’un des scientifiques impliqués dans la recherche.

Voir notre article précédant
23/08/2023 La National Ignition Facility (USA) maitrisera-t-elle la fusion nucléaire avant la France ?

04/09/2023« Les Structures fondamentales des sociétés humaines », de Bernard Lahire, La Découverte, « Sciences sociales du vivant », 972 p.,

Sur l’auteur, voir Wikipedia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Lahire

Sur le livre, nous republions ici, avec l’autorisation du Monde, ce commentaire de  Nicolas Weill . Le Monde 29 août 2023.
Ci-dessous, in fine, notre propre appréciation.

Dans les débuts de sa jeune histoire – à peine moins de cent cinquante ans –, la sociologie a prétendu fournir une théorie globale de la société. Avec Les Structures fondamentales des sociétés humaines, le sociologue Bernard Lahire reprend à pleine main cette ambition qu’on aurait pu croire abandonnée depuis les grands précurseurs que furent, au XIXe et au XXe siècle, Karl Marx, Auguste Comte, Max Weber ou Emile Durkheim.

Ce geste spectaculaire naît d’un constat, celui de la crise dans laquelle se trouvent plongées les sciences humaines et sociales. Alors que, dans les sciences « dures », tout le monde s’accorde sur un certain nombre de fondamentaux, comme la gravitation universelle ou la relativité en physique, la sociologie n’est jamais parvenue à établir un consensus sur la base de lois et de principes permettant d’accumuler les savoirs et de les faire progresser. Les sciences sociales demeureraient dans l’enfance, perpétuellement contraintes à se réinventer, livrées à l’éparpillement et à l’expertise, incapables de suivre leur propre chemin et vouées à répondre aux sollicitations des politiques ou des médias.

Le stade ultime de l’impasse diagnostiquée par Bernard Lahire se caractérise par la dilution des faits sociaux eux-mêmes sous le regard des sociologues d’aujourd’hui, en proie à un « constructivisme » radicalisé. De la célèbre formule de Durkheim, « il faut traiter les faits sociaux comme des choses », on serait passé à l’idée qu’il n’y aurait plus de choses du tout. Les édifices conceptuels des sciences humaines ne seraient plus que des « manières de voir » le réel et non l’observation du réel lui-même. A contre-courant, Lahire veut redonner de la vigueur au « réalisme », naguère qualifié de « naïf » ou de « positiviste », en prenant à rebours le brouillage des frontières qu’il déplore entre pratique scientifique, journalisme, littérature et essayisme peu soucieux de données factuelles.

Mais l’autre geste fort, dérangeant peut-être, opéré par ce livre consiste à raccorder les wagons de la sociologie aux sciences de la nature, en particulier la biologie, l’éthologie (l’étude du comportement animal), la zoologie et la paléontologie. Balayant le reproche de « naturaliser le social », Bernard Lahire n’en comprend pas moins les réticences que suscite la vision d’une société humaine étudiée comme une termitière ou une bande de singes, dont le développement serait organiquement déterminé. Ces réticences, provoquées naguère par la « sociobiologie » due à l’entomologiste américain Edward Osborne Wilson (1929-2021) ou au « darwinisme social » d’Herbert Spencer (1820-1903), calquant l’histoire humaine sur la théorie de l’évolution, il les a longtemps partagées, et le « courage » savant qu’il recommande consiste justement à les surmonter sans sombrer dans les dérives du passé (celles de la raciologie, entre autres).

Aussi bien, en désenclavant les domaines, appelle-t-il moins à « biologiser le social » qu’à « sociologiser la biologie » en s’appuyant sur l’« analogie » et la notion de « consilience ». Celle-ci entend montrer que « les mêmes logiques − les mêmes mécanismes ou les mêmes lois − sont à l’œuvre dans des faits initialement constitués indépendamment les uns des autres et perçus comme différents », que ces faits soient naturels ou sociaux. Ainsi, reprenant les travaux du primatologue néerlandais Frans de Waal, Lahire rappelle l’existence, chez les grands singes, d’une véritable culture du pardon et de la réconciliation – trait qu’on aurait pu imaginer exclusivement humain.

L’érosion croissante dans la recherche des frontières entre le monde des animaux et celui des hommes sous-tend ainsi, à l’évidence, le tournant auquel le lecteur est convié. Car beaucoup d’espèces animales manifestent, note l’auteur, une capacité sociale. La différence entre l’homme et la bête, quantitative et non qualitative, viendrait simplement de ce que chez les « animaux humains » la dimension culturelle (artefacts, langage, formes symboliques) se révèle prédominante. Même les prémices du sacré seraient repérables dans les aboiements d’admiration du chien de Darwin pour son maître, soutient Lahire, sans se révéler véritablement convaincant sur ce point.

Sa révolution épistémologique consiste plutôt à tracer une « carte » des invariants observables dans l’ensemble des systèmes sociaux, en partant de comparaisons entre les espèces. Le fait principal qui articule la biologie à la sociologie est, pour lui, celui de la très longue dépendance de l’enfant envers ses parents – l’« altricialité secondaire ». De cet élément biologique naîtrait, par exemple, la conséquence purement sociale qu’est la domination (sexuelle et parentale), matrice des hiérarchies qui caractérisent les sociétés humaines.

La conception d’un univers social déterminé au départ par la nécessité biologique tord-elle le cou à une sociologie mise au service de la critique, celle de l’école de Pierre Bourdieu, à laquelle Bernard Lahire a jadis été identifié mais qui, dans ce livre, n’apparaît que comme une référence parmi d’autres ? Dès lors que les faits sociaux ont la structure des faits de nature, comment les modifier ? Le conservatisme constitue-t-il la seule option possible pour un sociologue ? Non, répond Lahire dans la foulée de Spinoza, la connaissance de la nécessité ouvre au contraire la voie à une contestation efficace.

Formidable synthèse qui imprimera sa marque dans le cours sinueux de sciences humaines toujours en quête de scientificité, l’ouvrage convainc souvent, en dépit de polémiques inutiles contre des disciplines concurrentes. Peut-on soutenir, par exemple, que la philosophie se désintéresse des faits empiriques quand on sait l’importance, pour les écoles philosophiques contemporaines du « monde de la vie », des phénomènes, de la « facticité » ou même de l’organisme ? Si cela ne gâche pas l’énorme apport représenté par Les Structures fondamentales des sociétés humaines, cette limite prouve que la « consilience » reste un combat, un chantier en cours, auquel Bernard Lahire apporte une pierre décisive.

Notre commentaire

Ce qui manque aujourd’hui à Bernard Lahire comme aux sciences sociales et humaines en général est d’étudier l’Homme comme une machine naturelle à traiter de l’information, ayant développé pour ce faire un nombre croissant de logiciels et de réseaux intelligents n’existant qu’à titre de prototypes dans la nature, y compris chez les animaux dotés de cerveaux.

Cette évolution se poursuit. Verra-t-on prochainement des humains aux cerveaux dits augmentés éliminer progressivement les humains actuels, y compris à terme dans les planètes du système solaire. Compte tenu des milliards de galaxies que l’on dénombre actuellement dans l’univers observable, de telles entités, dont il ne faut pas sous-estimer cependant les capacités d’auto-destruction, ne doivent pas manquer.

02/09/2023 Grâce à la Lorraine, une chance pour la voiture à hydrogène en France

On appelle voiture à hydrogène une voiture dotée d’un moteur à explosion qui utilise au lieu d’essence, de l’hydrogène (dihydrogène ). Au sein d’une pile à combustible, le moteur fait appel à deux gaz, l’hydrogène stocké sous forme liquide dans un réservoir et l’oxygène de l’air. La combustion ou électrolyse produit de la vapeur d’eau, H2O. Celle-ci n’est pas polluante, à condition d’être obtenue d’une façon exempte de polluants. Au contraire elle contribue à l’humidification de l’air et de la végétation, précieuse dans la perspective d’un changement climatique éventuellement desséchant.

Les industriels français se sont intéressés depuis longtemps au moteur à hydrogène. Malheureusement la France ne disposait pas de suffisamment d’eau et d’électricité pour assurer en grande quantité la production d’hydrogène nécessaire. C’est donc avec beaucoup d’intérêt qu’ils ont appris la découverte, en France même, de réserves d’hydrogène qui semblent considérables.

Il s’agit d’un gisement qui pourrait être le plus gros réservoir mondial de ce gaz. Jusqu’ici, cette région située à la frontière franco-allemande était surtout connue pour ses puits de mines de charbon, dont le dernier a fermé il y a vingt ans. Mais à l’avenir, elle pourrait devenir célèbre pour une autre source d’énergie majeure cachée dans son sous-sol : l’hydrogène, ou plus exactement le dihydrogène (H2).

Cela grâce à des travaux menés par Philippe de Donato et Jacques Pironon, directeurs de recherche au laboratoire GeoRessources de Nancy http://georessources.univ-lorraine.fr/. « Nos données indiquent que le sous-sol du bassin minier lorrain est très riche en hydrogène blanc. Si elle est validée, cette découverte pourrait grandement aider à assurer la transition vers des sources d’énergie propre, protectrices du climat »

De manière générale, l’hydrogène est considéré par beaucoup comme un levier essentiel pour accélérer l’abandon des combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Contrairement à ces derniers, sa combustion n’émet pas de dioxyde de carbone (CO2), le gaz à effet de serre le plus fortement impliqué dans le changement climatique. Aussi, l’espoir est grand de le voir devenir le carburant des véhicules de demain dotés de piles à combustible. Il pourrait aussi servir de combustible propre dans toutes les industries qui dépendent actuellement du méthane : les cimenteries, la sidérurgie, la métallurgie, etc.

On nomme dihydrogène blanc celui produit naturellement et déjà disponible. « Il est dit « blanc », car sa production n’émet pas de gaz à effet de serre », précise Jacques Pironon dans le Journal du CNRS. Ce chercheur est, avec Philippe de Donato, directeur de recherche au laboratoire GeoRessources de Nancy, le responsable des travaux de recherche qui ont mené, par hasard, à ce qui pourrait être un des plus grands réservoirs d’hydrogène blanc au monde .

Cet hydrogène blanc est produit par la réaction du carbonate ferreux très présent dans le sous-sol lorrain avec les molécules d’eau.  On peut le qualifier de renouvelable puisque cette réaction continue de se produire . Un seul autre gisement est connu à ce jour, au Mali. Il est inexploitable aujourd’hui compte tenu du climat anti-français qui y règne

Il restera un défi de taille à relever : celui de développer la technologie capable, à de telles profondeurs, d’isoler l’hydrogène des autres gaz avant de l’extraire.

En mars 2023, la Française de l’énergie a déposé une demande de permis de recherche d’hydrogène naturel et d’exploitation. Quant au projet de recherche initial qui devait se terminer en 2023, il a été prolongé et se concentrera, à partir de 2024, sur l’exploration et l’exploitation d’hydrogène naturel.

Initialement parties pour étudier le méthane du bassin minier lorrain, les équipes françaises ont trouvé le gaz recherché. Mais, fin 2022, elles sont tombées par hasard sur une petite quantité d’hydrogène, à 600 mètres de profondeur. Il fallait donc creuser, puisque plus l’on va en profondeur, plus l’oxygène disparaît au profit de l’hydrogène.

Grâce à une sonde initialement développée pour la recherche de méthane par les chercheurs – conjointement avec l’entreprise Solexperts -, des investigations ont été menées jusqu’à 1,1 kilomètre de profondeur. À ce stade, la teneur en hydrogène était de 15 à 17 % et, d’après les estimations, il se pourrait que ce gaz soit produit à plus de 3 000 mètres de profondeur, où la teneur en hydrogène dépasse les 90 % !

Le gisement concerné mesurant six kilomètres de profondeur, ce serait 46 millions de tonnes d’hydrogène qui se trouveraient dans le sol : soit plus de la moitié de la production mondiale annuelle d’hydrogène gris (produit par vaporeformage). 

01/09/2023 Création en laboratoire d’un monopôle quantique

En physique classique un  monopôle magnétique est une particule hypothétique qui porterait une charge magnétique ponctuelle, au contraire des aimants habituels qui possèdent deux pôles magnétiques opposés. Surnommés anneaux d’Alice d’après les histoires d’Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll, l’apparition de cet objet vérifie une théorie vieille de plusieurs décennies sur la façon dont les monopôles se désintègrent. Plus précisément, ils se désintègrent en un vortex en forme d’anneau, où tout autre monopôle passant par son centre est inversé dans ses charges magnétiques opposées.


Le présent article résume les dernières découvertes publiées dans Nature Communication  par la Collaboration dite Monopole Collaboratios des professeurs Mikko Möttönen de l’université d’Aalto et David Hall du Amherst College.

La relation de longue date, intitulée Monopole Collaboration, a d’abord prouvé l’existence d’un analogue quantique du monopôle magnétique en 2014, a isolé des monopôles quantiques en 2015 et a finalement observé l’un se désintégrer en l’autre en 2017.

Les monopôles restent un concept incontournable dans le domaine de la physique quantique. Comme leur nom l’indique, les monopôles sont le pendant solitaire des dipôles, qui portent une charge positive à leur pôle nord et une charge négative au sud. En revanche, un monopôle ne porte qu’une charge positive ou négative.

Même si le concept semble simple, la réalisation d’un vrai monopôle s’est avérée être une tâche difficile. Voici comment la collaboration Monopole l’a fait. Ils ont manipulé un gaz de rubidium préparé dans un état non magnétique proche du zéro absolu. Dans ces conditions extrêmes, ils ont ensuite pu créer un monopôle en dirigeant un point zéro d’un champ magnétique tridimensionnel dans le gaz quantique. Ces monopôles quantiques sont éphémères par nature, se désintégrant quelques millisecondes après leur création. C’est dans cette instabilité que l’anneau d’Alice prend forme. Les moindres perturbations peuvent soumettre les monopôles à des bruits qui déclenchent leur désintégration en anneaux d’Alice.”

Bien que les monopôles soient éphémères, le groupe de recherche a simulé des anneaux d’Alice stables pendant 84 millisecondes – plus de 20 fois plus longtemps que la durée de vie du monopôle. Cela conduit les chercheurs à être optimistes quant au fait que les expériences futures révéleront des propriétés encore plus particulières des anneaux d’Alice.

C’est de cette perspective que tout semble être en miroir, comme si l’anneau était une passerelle vers un monde d’antimatière au lieu de matière“, a ajouté Möttönen.

En théorie, un monopôle passant par le centre d’un anneau d’Alice serait transformé en un anti-monopôle de charge opposée. En conséquence, la charge de l’anneau d’Alice changerait également. Bien que ce phénomène n’ait pas encore été observé expérimentalement, Möttönen a déclaré que la structure topologique des anneaux d’Alice nécessite ce comportement.

La synthèse de l’anneau d’Alice par la collaboration Monopole est une avancée majeure dans la compréhension des monopôles magnétiques et de leur désintégration en physique quantique. Cet anneau vortex confirme de nombreuses théories sur le comportement des monopôles. Bien que fugaces, ces structures offrent un aperçu sur le monde miroir de l’antimatière. Des expériences futures devraient d’autres propriétés surprenantes de ces anneaux quantiques.

Voir

https://www.enerzine.com/une-decouverte-quantique-permet-dentrevoir-lexistence-dun-autre-monde/65327-2023-08

Vortex ring https://en.wikipedia.org/wiki/Vortex_ring

Référence

  • Published: 29 August 2023
  • Observation of an Alice ring in a Bose–Einstein condensate
  • Alina Blinova
  • Roberto Zamora-Zamora
  • Tuomas Ollikainen
  • Markus Kivioja
  • Mikko Möttönen & 
  • David S. Hall 
  • Nature Communications 
  • volume14, Article number: 5100 (2023) 
  • Abstract

  • Monopoles and vortices are fundamental topological excitations that appear in physical systems spanning enormous scales of size and energy, from the vastness of the early universe to tiny laboratory droplets of nematic liquid crystals and ultracold gases. Although the topologies of vortices and monopoles are distinct from one another, under certain circumstances a monopole can spontaneously and continuously deform into a vortex ring with the curious property that monopoles passing through it are converted into anti-monopoles. However, the observation of such Alice rings has remained a major challenge, due to the scarcity of experimentally accessible monopoles in continuous fields. Here, we present experimental evidence of an Alice ring resulting from the decay of a topological monopole defect in a dilute gaseous 87Rb Bose–Einstein condensate. Our results, in agreement with detailed first-principles simulations, provide an unprecedented opportunity to explore the unique features of a composite excitation that combines the topological features of both a monopole and a vortex ring.

31/08/2023 La cour européenne des droits de l’homme et la prostitution

La Cour Européenne des droits de l’homme (CEDH) a déclaré recevable la requête déposée par 260 travailleurs du sexe (prostitué-e-s) qui souhaitent l’abrogation de la loi française de 2016 pénalisant les clients des dits travailleurs prostitués.

Toutefois, la CEDH ne se prononcera sur le fond de l’affaire que dans les mois à venir.

Les requérants sont 260 hommes et femmes de diverses nationalités qui indiquent « exercer à titre habituel l’activité de prostitution de façon licite au regard des dispositions du droit français », précise la cour basée à Strasbourg. « Ils dénoncent l’incrimination de l’achat de relations de nature sexuelle, même entre adultes consentants, instaurée par la loi n°2016-444 du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées ».

Tous leurs recours au niveau français ayant été rejetés, ils avaient déposé leur recours devant l’instance européenne en décembre 2019. 

Ceci ne préjuge pas du bien-fondé des requêtes sur lequel la Cour se prononcera dans un prochain arrêt », souligne la CEDH.

Franchir l’écueil de la recevabilité est un premier pas important pour les requérants: plus de 90% des requêtes adressées à la CEDH sont déclarées irrecevables.

« La Cour a reconnu que c’était une affaire d’importance, qui mérite le débat, c’est déjà une victoire d’étape », a salué Sarah-Marie Maffesoli, coordinatrice chez Médecins du Monde, lors d’une conférence de presse à Paris. 

« Nous espérons que la décision sur le fond prendra en considération les effets délétères de la loi sur nos vies, notre santé et notre sécurité », a indiqué à ses côtés Anaïs de Lenclos, porte-parole du syndicat du travail sexuel, le STRASS. 

La loi française de 2016 a abrogé le délit de racolage, remplacé par la verbalisation des clients, avec une amende de 1.500 euros pouvant aller jusqu’à 3.750 euros en cas de récidive, parfois complétée par un stage de sensibilisation.

Rappel des textes

LOI n° 2016-444 du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées..
Voir Légifrance
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000032396046/

Pénalisation des clients
Voir Cabinet ACI
https://www.cabinetaci.com/penalisation-des-clients-de-la-prostitution/

Lutte contre le proxénétisme
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000032396046/

Le proxénétisme est le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit:1° D’aider, d’assister ou de protéger la prostitution d’autrui 2° De tirer profit de la prostitution d’autrui, d’en partager les produits ou de recevoir des subsides d’une personne se livrant habituellement à la prostitution 3° D’embaucher, d’entraîner ou de détourner une personne en vue de la prostitution ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle se prostitue ou continue à le faire. Le proxénétisme est puni de sept ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.

Nos remarques

Toute législation en matière de prostitution est difficilement applicable, car elle suppose, notamment sur la voie publique, l’intervention de forces de l’ordre. qui ont aujourd’hui d’autres priorités.

De plus, les partenaire de l’acte pourront toujours affirmer qu’ils agissent en plein accord, par exemple dans le cadre d’une relation amoureuse.

Enfin, ne pas pénaliser le client exempterait celui-ci de toute responsabilité. C’est pourtant grâce à lui qu’il y a de la prostitution et des abus.

Le même problème se pose à propos des stupéfiants. Si il n’y avait de clients, il n’y aurait pas de trafics.

Ajoutons que la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne parait pas compétente pour intervenir sur ces questions dans un Etat-membre

31/08/2023 Que cherchent les BRICS

Nous republions ici sans commentaires un article de M.K. Bhadrakumar publié à la suite du dernier sommet des BRICS à Johannesburg, Afrique du Sud, les 22-24 août 2023.

Voir aussi
Brics summit: Is a new bloc emerging to rival US leadership?
https://www.bbc.com/news/world-africa-66609633

India became a beacon of hope for the Western media for a short while in the run-up to the BRICS Summit in Johannesburg — a potential dissenter who might derail the grouping’s acceleration toward a “de-dollarisation” process. 

Reuters floated a rumour that Prime Minister Narendra Modi might not attend the summit in person, which of course was an excessive case of wishful thinking but called attention to what a high stakes geopolitical game BRICS has become. 

Such paranoia was unprecedented. If up until last year, the Western game was to mock at BRICS as an inconsequential club, the pendulum has swung to the other extreme. The reasons are not far to seek.  

At the most obvious level, there is great sensitivity in the Western world that the massive effort through the past 18 months to weaponise sanctions against Russia not only flopped but boomeranged. And this is at a time when the United States’ morbid fear of being overtaken by China peaked — burying the global hegemony of the West since the “geographical discoveries” of the 15th century. 

The recent years witnessed a steady strengthening of the Russia-China partnership, which has reached a “no limits” character, contrary to the Western calculus that the historical contradictions between the two neighbouring giants virtually ruled out such a possibility. In reality, Russia-China partnership is shaping up as something bigger than a formal alliance in its seamless tolerance of the optimal pursuit of each protagonists’s national  interests while concurrently supporting the core interests of both sides. 

Thus, any format in which Russia and China play a lead role, such as BRICS, is bound to be in the US’ crosshairs. It is as simple as that. The New York Times called the BRICS expansion “a significant victory for the two leading members of the group, increasing China’s political influence and helping to reduce Russia’s isolation.” 

It drew comfort that the group is heterogeneous and does not have a clear political course, “except for the desire to change the current global financial and management system, making it more open, more diverse and less restrictive.” 

This is the whole point. The Indian analysts are missing the wood for the trees. The Russian Foreign Minister Sergey Lavrov disclosed to the media that behind closed doors, the Johannesburg summit had “quite a lively discussion” [read divergent opinions] but reached a consensus on the “criteria and procedures” of BRICS expansion, which he outlined as follows: 

“The weight, prominence and importance of the candidates and their international standing were the primary factors for us [BRICS members]. It is our shared view that we must recruit like-minded countries into our ranks that believe in a multipolar world order and the need for more democracy and justice in international relations. We need those who champion a bigger role for the Global South in global governance. The six countries whose accession was announced today fully meet these criteria.”

Later, after returning to Moscow from Johannesburg, Lavrov told the Russian state television two important things: 

  • “We [BRICS] don’t want to encroach on anyone’s interests. We simply don’t want anyone to hamper the development of our mutually beneficial projects that are not aimed against anyone.” Western politicians and reporters “tend to wag their tongues, while we use our heads and [engage in] concrete issues.”
  • There is no need for BRICS to become an alternative to the G20 now. That said, “the formal division of the G20 Group into G7+ and BRICS+ is taking a practical shape.”

Unless one is myopic, BRICS’ sense of direction is there for all to see. The grumbling and hand-wringing about the logic of BRICS expansion is complete nonsense. For, the unspoken secret lies here, as a leading Russian strategic thinker Fyodor Lukyanov wrote in the government daily Rossiyskaya Gazeta

“We can hardly talk about an anti-Western orientation — with the exception of Russia and now, perhaps, Iran, none of the current and likely future [BRICS] participants openly wants to oppose themselves to the West. However, this reflects the coming era, when the policy of most states is a constant choice of partners to solve their problems, and there may be different counterparts for different problems.” 

This is the reason why India, which carefully protects its line of “multi-alignment” — that is, cooperation with everyone — is also satisfied with a large and heterogeneous BRICS. Delhi is least interested in strengthening antagonistic sentiments within the BRICS community. The Indian commentators cannot grasp this paradox. 

Indeed, the pragmatism in admitting three major oil producing countries from the Gulf region (Iran, Saudi Arabia and the UAE) only signals what Lavrov meant by the “projects” and “concrete issues” that BRICS is grappling with — principally, creating a new international trading system to replace the 5-centuries old system that the West created, which was geared to transfer wealth to the metropolis and enabled the latter to get fatter and richer. 

Basically, this is today about tackling the phenomenon of the petrodollar, which is the pillar of the western banking system and at the very core of the “de-dollarisation” process that the BRICS is aiming at. Suffice to say, the curtain is coming down on the Faustian deal of the early 1970s that replaced gold with American dollar and ensured that oil would be traded in dollars, which in turn required all countries to keep their reserves in dollars, and eventually turned into the principal mechanism for the US’ global hegemony.

Put differently,  how is it possible to roll back the petrodollar without Saudi Arabia being at the barricades? That said, it is also well understood by all member states, including Russia and Saudi Arabia, that while BRICS is “non-western,” a transformation of the BRICS into an anti-Western alliance is impossible. Quintessentially, what we are seeing in the BRICS’ expansion, therefore, is its transformation into the most representative community in the world, whose members interact with each other bypassing Western pressure. 

This is enough for a start, as the reaction in the Western countries to the outcome of the Johannesburg summit testifies. The leading German daily Suddeutsche Zeitung noted that with this limited expansion itself, BRICS has gained “significant geopolitical and economic weight. The question now is how the West will react to this.” 

A top official at the Konrad Adenauer Foundation, Caroline Kanter told the daily, “It is is obvious that we [Western countries] are no longer able to set our own conditions and standards. Proposals will be expected from us so that in the future we will be perceived as an attractive partner.”

France’s Le Figaro wrote that the “enthusiasm” of some 40 countries for BRICS membership “testifies to the growing influence of developing countries on the world stage.” The Guardian highlighted expert opinion that BRICS expansion is rather “a symbol of broad support from the global South for the recalibration of the world order.” 

At the same time, the bottom line is that BRICS expansion is perceived in the West as a political victory for Russia and China. Nonetheless, despite its tensions with China, India did the right thing by trimming its sails accordingly while sensing the winds of change and anticipating a new dawn breaking for BRICS cooperation that could inject new vitality into the grouping’s functioning and further strengthen the power of world peace and development. 

It is about time the government rethinks the viability of its strategy to holding the relationship with China hostage to the border issue. The BRICS Summit highlighted that China enjoys big support from the Global South. It is quixotic, to say the least, to act as a proxy of the US to contain China. 

India will find itself in a cul-de-sac by dissociating itself from the issue of local currencies, payment instruments and platforms simply because China could be a beneficiary of a new trading system that is part of a more just, equitable and participative global order. India risks alienating the Global South who are China’s natural allies, by turning its back on the BRICS’ core agenda of a multipolar world order.

31/08/2023 Madame Scott-Morton, ne vous faites pas plus naïve que vous ne l’êtes.

Autrement dit ne faites pas semblant d’ignorer le contre-espionnage américain dont les intérêts européens sont en permanence les victimes.

Mme Scott-Morton est en colère. Un mois et demi après sa nomination au poste d’économiste en chef de la Commission européenne, suivie de son éviction, malgré le soutien indéfectible de la commissaire en charge de la Concurrence, Margrethe Vestager et alors que des voix qualifiaient sa candidature de «cheval de Troie» dans l’Union Européenne pour les intérêts de Washington et des Géants du Web ( Amazon, Anthropic, Google, Inflection, Meta, Microsoft et OpenAI ) l ’économiste américaine exprime sa colère vis-à-vis des autorités qui se sont prononcées contre son arrivée.

La France est tout particulièrement visée, Paris étant à la tête des voix opposées à sa nomination. «Je ne m’attendais pas à être embauchée et licenciée en un rien de temps. Ce n’est pas ainsi que mon monde fonctionne», s’indigne-t-elle, dans un entretien au Telegraph publié lundi.

La France a découvert progressivement la façon dont ses intérêts politiques, diplomatiques et économiques étaient espionnés en permanence dans la société de l’information et plus particulièrement Internet. Internet a été mis en place et reste contrôlé par des agents gouvernementaux américains  Aucun échange au sein des entreprises et administrations françaises, émanant de celles ou à destination de correspondants extérieurs ne peut éviter d’être mémorisé et le cas échéant analysé dans un premier temps par des agents informatique dits intelligents, puis si besoin était par des décideurs humains.

Mme Scott-Morton pouvait-elle ignorer que dans ces cyberguerres de l’information, elle aurait été un canal favori permettant aux services publics et aux entreprises américaines d’intervenir directement au sein des administrations européennes. L’Europe manque-t-elle à ce point de compétence qu’elle doive appel aux Etats-Unis.

29/08/2023 Pourquoi la France aurait intérêt à quitter rapidement l’Afrique

En 2020, l’aide publique au développement française était principalement dirigée (53,7 %) vers les pays d’Afrique avec 12,3 milliards de dollars engagés en 2020. soit Cameroun 4,10 millions, Côte d’Ivoire 4, Sénégal 3 

https://www.economie.gouv.fr/cedef/aide-publique-au-developpement

Par ailleurs les coûts globaux comparés des télescopes spatiaux de la Nasa ont été pour Hubble de 2 milliards et pour le James Webb Space Telescope de 10 milliards. Ces télescopes ont bouleversé les connaissances sur le Cosmos.

Ceci veut dire que si la France suspendait son aide publique au développement des pays d’Afrique, elle pourrait acquérir chaque année l’équivalent de ces deux télescopes , ou se doter pour les mêmes montants des équipements scientifiques dont elle aurait le plus grand besoin pour tenir sa place dans le monde de demain.

29/08/2023 Les trous de ver en anneaux permettront-ils de remonter le temps ?

En cosmologie, les « trous de ver » sont considérés comme des tunnels dans l’espace-temps où l’on pourrait pénétrer en traversant un trou noir (black hole). Mais ils pourraient en théorie être plats, comme une porte que l’on ouvre pour entrer dans une autre pièce, dans un autre univers ou dans le passé. On les nommerait en ce cas des ring wormholes ou trous de vers en anneaux

Ces anneaux seraient faits d’un type de matière encore inconnue pourvue d’une énergie négative. Il s’agit d’une propriété étudiée par la physique quantique, mais celle-ci ne la conçoit que pour de très petites quantités de matière. Elle est censée courber l’espace-temps en constituant des sortes de cercles. Un anneau formé par l’un de ces cercles pourrait former une sorte de portail conduisant à une autre partie de l’espace-temps.

Andrei Zelnikov et les auteurs de l’article que publions ci-dessous en référence considèrent qu’un tel trou de ver en anneau permettrait non seulement de voyager dans l’espace mais aussi de remonter dans le temps. Il faudrait seulement que l’entrée du trou de ver soit placé dans un champ gravitationnel plus élevé que la sortie, étant proche de quantités de matière plus importantes que la sortie. Il s’agit d’une application de la théorie de la relativité générale dite dilatation gravitationnelle du temps (cf article ci-dessous de la Physical Review).

Ce sont là des recherches théoriques qui n’ont que peu de chances d’être appliquées dans un prochain futur, tout au moins si l’on s’en tient aux bases de la physique classique. Mais la physique quantique qui repose sur d’autres postulats concernant l’espace-temps et qui donne déjà lieu à de nombreuses applications pratiques pourrait en tirer parti.

Référence

Ring wormholes and time machines

Valeri P. Frolov, Pavel Krtouš, and Andrei Zelnikov

Phys. Rev. D 108, 024034 – Published 14 July 2023

ABSTRACT

In the present paper we discuss properties of a model of a ring wormhole, recently proposed by Gibbons and Volkov [Phys. Rev. D 96, 024053 (2017)J. Cosmol. Astropart. Phys. 05 (2017) 039Phys. Lett. B 760, 324 (2016)]. Such a wormhole connects two flat spacetimes which are glued through disks of the radius a bounded by the string with negative angle deficit −2π. The presence of the string’s matter violating the null-energy condition makes the wormhole static and traversable. We study gravitational field of static sources in such a spacetime in the weak-field approximation. In particular, we discuss how a field of an oblate thin massive shell surrounding one of the wormhole’s mouths is modified by its presence. We also obtain a solution of a similar problem when both mouths of the wormhole are located in the same space. This approximate solution is found for the case when the distance L between these mouths is much larger than the radius a of the ring. We demonstrate that the corresponding locally static gravitational field in such a multiply connected space is nonpotential. As a result of this, the proper time gap for the clock’s synchronization linearly grows with time and closed timelike curves are formed. This process inevitably transforms such a traversable ring wormhole into a time machine. We estimate the timescale of this process.