Table des éditoriaux récents


16/09/2023 Premier séquencement complet du chromosome Y chez l’homme mâle

15/09/2023. Les forêts tropicales (rainforests) condamnées à perdre leurs feuilles.

13/09/2023. Il faut davantage de stations Hydrométriques en Afrique

13/09/2023 Note de lecture

13/09/2023 La guerre du lithium. La France veut rester en ligne

12/09/2023 Possibilité de vie extraterrestre selon une récente observation du James Webb Space Telescope rapportée par la Nasa.

12/09/2022 Le Mégalodon, Otodus megalodon, le plus grand requin de tous les temps

07/09/2033 Le goulot d’étranglement de l’oxygène dans l’Univers

06/09/2023 Les bases neurales de la conscience chez l’humain

06/09/2023 Pourquoi cette passivité en Europe face à la perspective d’une guerre conventionnelle entre l’Occident et la Russie ?

05/09/2023. Réduction du nombre des qubits nécessaires pour corriger les erreurs dans un calculateur quantique

05/09/2023 Effets dévastateurs du passage à l’électrique dans l’industrie automobile

04/09/2023 La France va perdre son avance en matière de fusion nucléaire

04/09/2023« Les Structures fondamentales des sociétés humaines », de Bernard Lahire, La Découverte, « Sciences sociales du vivant », 972 p.,

02/09/2023 Grâce à la Lorraine, une chance pour la voiture à hydrogène en France

01/09/2023 Création en laboratoire d’un monopôle quantique

31/08/2023 La cour européenne des droits de l’homme et la prostitution

31/08/2023 Que cherchent les BRICS

31/08/2023 Madame Scott-Morton, ne vous faites pas plus naïve que vous ne l’êtes.

29/08/2023 Pourquoi la France aurait intérêt à quitter rapidement l’Afrique

29/08/2023 Les trous de ver en anneaux permettront-ils de remonter le temps ?

29/08/2023 Six cents robots humanoïdes chinois

28/08/2023 Fiche de lecture «Le Défi démographique: mythes et réalités» par Bruno Tertrais

28/08/2023 L’Amérique est-elle en guerre avec elle-même ?

27/08/2023 Le sort enviable des amérindiens au Québec

27/08/2023 Le programme européen Human Brain.

26/08/2023 Computers exascale

26/08/20 Les memcomputers, de nouveaux types de calculateurs aux rendements révolutionnaires

25/08/2023 Un nouveau quadcopter kamikaze russe

25/08/2022 Le coup d’Etat au Niger a toute la sympathie des Etats-Unis

24/08/2023 Le programme Africa Hydromet Program

23/08/2023 La National Ignition Facility (USA) maitrisera-t-elle la fusion nucléaire avant la France ?

22/08/2023 Mission européenne Euclid: éclairer l’invisible

22/08/2023 L’homme des glaces était chauve

21/08/2023 Se préparer à une collision entre la Galaxie d’Andromède et la Voie Lactée

21/08/2023 Que sont les métaux étranges ?

20/08/2022 Le muon, une particule élémentaire bien particulière

19/08/2022 Dépenses militaires comparées prévues pour l’année 2024

18/08/2023 Les ondes gravitationnelles. Une possible mémoire de l’espace-temps

17/08/2023 La femme de Jésus

16/08/2023. Sur le Covid, pourquoi ce silence persistant?

15/08/2023 Un nouvel argument en faveur d’une théorie de la gravitation modifiée MOND

14/08/2023 Futures difficultés économiques et politiques de la Chine

14/08/2023 Détection en octobre 2022 du sursaut gamma le plus brillant jamais observé à ce jour.

13/08/2023 L’espace-temps n’oublie jamais

12/08/2023 Le mystère de la langue froide (cold tongue)

11/08/2023 Les cerveaux des enfants de paranthropes atteignaient une taille adulte dès l’âge de trois ans

11/08/2023 Prochain effondrement de l’AMOC

11/08/2023. Nations Unies. World Drug Report.

10/08/2023 Au Niger, un coup d’Etat américain contre la France

09/08/2023 Dates approximatives d’apparition de la vie complexe

09/08/2023. Sur les simulations d’univers

08/08/2022 L’Otan et la Russie (selon Dmitry Orlov)

17/09/2023 La France doit investir bien plus qu’aujourd’hui dans le spatial

La start-up franco-allemande The Exploration Company vient d’obtenir après deux ans d’existence à peine, un contrat d’envergure. Elle a en effet été choisi par Axiom, la première station spatiale commerciale, pour réaliser une mission de transport de fret en 2027.Pour ce faire, elle exploitera « Nyx », le vaisseau spatial qu’elle développe actuellement.

 Ce ne sera pas suffisant. Les perspectives de croissance sur le marché spatial sont considérables avec son ouverture aux entreprises privées. Les projets de stations spatiales devraient être une dizaine et les innovations technologiques laissent entrevoir de nombreuses applications. Transports de marchandises, tourisme, agriculture… le marché spatial qui pèse aujourd’hui 400 milliards de dollars pourrait plus doubler d’ici 2024 à près de 1000 milliards de dollars, selon des projections de Morgan Stanley.

The Exploration Company basée à Mérignac et à Munich avait déjà accompli un beau parcours . Deux ans après sa création, elle emploie 100 employés et a levé 70 millions d’euros. « Nous sommes la start-up spatiale qui croît le plus vite », affirmait sa fondatrice et présidente Hélène Huby sur BFM business, le 12 septembre.

« D’abord, nous sommes plus recommandable que SpaceX en termes de protection de l’environnement », selon Hélène Huby  » Nous sommes le premier au monde à utiliser de la propulsion verte beaucoup moins toxique que l’hydrazine utilisée par l’ensemble des acteurs du spatial ».

Un autre avantage compétitif de la start-up est sa compatibilité avec une grande diversité de lanceurs. « On est lanceur agnostique, c’est-à-dire que l’on peut tirer avec Ariane, avec les lanceurs américains, indiens, etc »,

Pour transformer l’essai, l’entreprise devra toutefois franchir un premier « check point » à l’horizon 2025. Elle va devoir montrer qu’elle sait livrer en temps et sur le plan technique le premier fret qui lui a été commandé

C’est cette même année que le module de l’entreprise texane Axiom Space viendra se greffer sur la station spatiale internationale (ISS), pour prendre à terme le relais de cette dernière, vouée à être désorbitée et désagrégée en 2031.

Aussi il faut aller bien plus loin notamment en France , à un moment où par exemple l’Inde vient de réussir à poser près du pôle sud de la Lune la station Chandrayaan-3/

Il y a longtemps que l’Europe aurait du avoir sur la Lune une station nommée Europa

16/09/2023 Premier séquencement complet du chromosome Y chez l’homme mâle

La plupart des individus humains ont 22 paires de chromosomes auxquelles s’ajoutent deux paires liées au sexe, soit une paire de X soit un X et un Y. Un embryon doté d’un Y devient généralement un mâle.En effet le chromosome Y est l’un des plus courts et n’a que peu de gènes codant pour les protéines.

Comme ce chromosome n’a pas de partenaire avec qui échanger des éléments avant la reproduction, l’embryon en résultant est un mâle. Les premières méthodes concernant le séquencement de l’ADN consistaient à diviser celui-ci en courtes séquences, analyser leur code génétique avant de reconstituer l’ensemble. Il s’agissait d’une méthode longue et fragile. De plus elle ne donnait rien avec l’ADN répétitif dont de nombreux éléments sont identiques . Aussi l’annonce en 2003 d’un génome humain complet était résolument optimiste . L’observation du chromosome Y en avait été délibérément exclue.

En 2021, une équipe de l’Université de Californie, dirigée par la généticienne Karen Miga, associée avec une start-up dite Oxford Nanopore , avait présenté un génome dit complet. Mais lui manquait le chromosome masculin Y particulièrement difficile à localiser.

Dans le même temps, une autre équipe dirigée par Charles Lee, du Jackson Laboratory for Genomic Medecine in Connecticut avait séquencé le chromosome Y de 43 hommes dont 21 d’origine afroaméricaine. L’étude vient d’être publiée dans Nature

On en trouvera ci-dessous les références et l’abstract

Les chromosomes Y montrent une grande diversité. Malheureusement l’étude ne révèle rien des parties du chromosome Y qui contient les gènes. Il est donc encore difficile d’estimer son importance

Référence

Article

Published: 23 August 2023

Nature volume 621, pages 355–364 (2023)

Abstract

The prevalence of highly repetitive sequences within the human Y chromosome has prevented its complete assembly to date1 and led to its systematic omission from genomic analyses. Here we present de novo assemblies of 43 Y chromosomes spanning 182,900 years of human evolution and report considerable diversity in size and structure. Half of the male-specific euchromatic region is subject to large inversions with a greater than twofold higher recurrence rate compared with all other chromosomes2. Ampliconic sequences associated with these inversions show differing mutation rates that are sequence context dependent, and some ampliconic genes exhibit evidence for concerted evolution with the acquisition and purging of lineage-specific pseudogenes. The largest heterochromatic region in the human genome, Yq12, is composed of alternating repeat arrays that show extensive variation in the number, size and distribution, but retain a 1:1 copy-number ratio. Finally, our data suggest that the boundary between the recombining pseudoautosomal region 1 and the non-recombining portions of the X and Y chromosomes lies 500 kb away from the currently established1 boundary. The availability of fully sequence-resolved Y chromosomes from multiple individuals provides a unique opportunity for identifying new associations of traits with specific Y-chromosomal variants and garnering insights into the evolution and function of complex regions of the human genome.

15/09/2023. Les forêts tropicales (rainforests) condamnées à perdre leurs feuilles.

Les forêts tropicales, dites aussi humides ou denses en fonction de la latitude, se caractérisent par une canopée continue, riche en épiphites et lianes de différentes tailles. Elles abritent un grand nombre d’espèces animales aujourd’hui menacées, notamment par la chasse.

Elles ont été surnommées le poumon de la planète car elles absorbent pour vivre des quantités considérables de gaz carbonique. Aujourd’hui elles sont très en danger , par l’extension des terres agricoles et l’abattage commercial de ses grands arbres dont le précédent président brésilien Jair Bolsonaro s’était fait le champion.

Mais une autre menace, qui pourrait se révéler mortelle, pèsent aujourd’hui sur elles. Il s’agit du réchauffement climatique. Au delà d’un certain degré, estimée en moyenne à 47°, il paralyse la fonction photosynthétique des feuilles. Celles-ci tombent progressivement. Les grands arbres meurent à leur tour, laissant place après des incendies gigantesques, à une sorte de brousse. Une fois engagé, le processus peut se dérouler très rapidement.

La végétation dans les zones dites désertiques du globe pourrait évidemment supporter des températures supérieures. Mais qu’en serait-il des zones au climat tempéré ?

Ces observations résultent du travail d’un instrument dit ECOSTRESS https://ecostress.jpl.nasa.gov/dont la Station Spatiale Internationale avait été équipée de 2018 à 2020

Certes, l’étude des chercheurs de l’Université d’Arizona du Nord dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract considère que le processus n’est encore qu’engagé. Mais on ne voit pas aujourd’hui de raisons d’espérer qu’il puisse s’arrêter.

Référence

Tropical forests are approaching critical temperature thresholds

Nature  621

pages 105–111 (2023)

  • Abstract

The critical temperature beyond which photosynthetic machinery in tropical trees begins to fail averages approximately 46.7 °C (Tcrit)1. However, it remains unclear whether leaf temperatures experienced by tropical vegetation approach this threshold or soon will under climate change. Here we found that pantropical canopy temperatures independently triangulated from individual leaf thermocouples, pyrgeometers and remote sensing (ECOSTRESS) have midday peak temperatures of approximately 34 °C during dry periods, with a long high-temperature tail that can exceed 40 °C. Leaf thermocouple data from multiple sites across the tropics suggest that even within pixels of moderate temperatures, upper canopy leaves exceed Tcrit 0.01% of the time. Furthermore, upper canopy leaf warming experiments (+2, 3 and 4 °C in Brazil, Puerto Rico and Australia, respectively) increased leaf temperatures non-linearly, with peak leaf temperatures exceeding Tcrit 1.3% of the time (11% for more than 43.5 °C, and 0.3% for more than 49.9 °C). Using an empirical model incorporating these dynamics (validated with warming experiment data), we found that tropical forests can withstand up to a 3.9 ± 0.5 °C increase in air temperatures before a potential tipping point in metabolic function, but remaining uncertainty in the plasticity and range of Tcrit in tropical trees and the effect of leaf death on tree death could drastically change this prediction. The 4.0 °C estimate is within the ‘worst-case scenario’ (representative concentration pathway (RCP) 8.5) of climate change predictions2 for tropical forests and therefore it is still within our power to decide (for example, by not taking the RCP 6.0 or 8.5 route) the fate of these critical realms of carbon, water and biodiversity3,4.

13/09/2023. Il faut davantage de stations Hydrométriques en Afrique

Une station hydrométrique (en abrégé hydromet) est un dispositif mis en place sur un cours d’eau ou un réservoir d’eau permettant d’en évaluer le débit en continu et d’enregistrer les valeurs obtenues, à la hausse comme à la baisse.

Avec le réchauffement climatique, on prévoit que le nombre des inondations catastrophiques, entraînant des centaines ou milliers de victime, et détruisant entièrement des quartiers urbains fragiles, se multiplieront. Ainsi le nombre de personnes tuées dans les inondations qui ont dévasté Derna, dans le nord-est de la Libye, pourrait atteindre 20 000, selon le maire de la ville.

Depuis 1970, le nombre des désastres climatiques aurait été multiplié par 5, avec des dommages de toutes sortes multipliés par 70. Les inondations, les vagues de chaleur et les tornades devraient devenir plus intenses et durables (voir https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1)

Le continent africain, après le Bangladesh, sera le plus affecté. Rappelons qu’en mars 2010 , le  Cyclone Idai  avait touché le sud-est de l’Afrique avec des vents de plus de 129 nœuds nautiques , entraînant 1.500 morts et 2.000 blessés graves. Par contraste, l’ouragan Ida qui avait balayé l’est des Etats-Unis en août 2021 n’avait provoque que 100 décès. Pourquoi de telles différences ? Elles tiennent pour l’essentiel au niveau de préparation des pays et des populations concernées.

Dans l’avenir, elles tiendront aussi au nombre et aux équipements des stations hydromets qui auront été mises en place. A cet égard l’Afrique sera bien moins équipée que l’Europe et les Etats-Unis. Même si des stations ont été prévues, elles manqueront gravement de personnels qualifiés.

Ainsi l’Europe et les Etats-Unis disposent globalement de 536 stations radar météorologiques, alors que l’Afrique n’en a que 27. De plus celles-ci sont mal équipées et ne donnent pas de données suffisamment fiables. Il faudra dans l’avenir les aider à se connecter à des satellites météorologiques qui sont devenus encore plus indispensables que les radars de proximité.

Il faudra aussi recruter et rémunérer convenablement les personnels capables d’utiliser les données ainsi recueillies. Et de les traduire dans les multiples dialectes permettant de communiquer avec les populations à risques

13/08/2023 Note de lecture

WAR MADE INVISIBLE

By Norman SALOMON June 6 2023

“No one is better at exposing the dynamics of media and politics that keep starting and continuing wars. War Made Invisible will provide the fresh and profound clarity that our country desperately needs.” —Daniel Ellsberg

Commentaire par Jonathan NG

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À un niveau fondamental, ces guerriers sans boussole sont le symbole d’une société accro à la guerre. Ils reflètent les tensions que l’auteur et activiste anti-guerre Norman Solomon dénoue dans son nouveau livre brillant, War Made Invisible [La guerre rendue invisible, NdT], qui examine les causes profondes et les coûts de l’interventionnisme américain. Solomon propose un cadre puissant pour comprendre les crises géopolitiques, ainsi que les coûts invisibles mais durables du militarisme.

Alors que la guerre contre l’Ukraine se poursuit, Solomon met en lumière trois facettes sous-jacentes de la puissance américaine qui sont particulièrement utiles pour interpréter notre époque actuelle : une intelligentsia intégrée, une économie qui exporte la violence et l’infrastructure d’un empire mondial.

Mobiliser les esprits

Le livre de Solomon dévoile la proximité troublante entre la classe dirigeante et les médias mainstream depuis la guerre du Viêtnam, révélant comment le quatrième pouvoir soutient les hypothèses qui rendent possible l’intervention en Ukraine et ailleurs. « L’essence de la propagande est la répétition, affirme-t-il. Les fréquences de certaines hypothèses se fondent dans une sorte de bruit blanc », conditionnant le peuple américain à soutenir des opérations militaires qu’il ne voit jamais ou qu’il ne comprend pas vraiment.

Cela n’a jamais été aussi clair que lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Les responsables de la coalition militaire dirigée par les États-Unis s’inquiétaient en privé de voir les journalistes se rendre compte qu’ils ne disposaient d’aucun « fait décisif » prouvant que Saddam [Hussein] devait être renversé. Néanmoins, le New York Times s’est fait l’écho des fausses affirmations selon lesquelles l’Irak possédait des armes nucléaires et a activement encouragé l’effort de guerre. Son éditorialiste, Thomas Friedman, a même préconisé d’envoyer des soldats « de maison en maison, de Bassorah à Bagdad », dans une démonstration de puissance militaire, tout en disant aux Irakiens de « se laisser faire. »

En effet, dans l’ensemble du paysage médiatique, les intellectuels intégrés ont mobilisé leur plume pour consolider le soutien du public à la guerre. ABC, NBC, CBS et PBS ont tous biaisé leur couverture. Au cours des deux semaines précédant l’invasion, les chaînes n’ont diffusé qu’un seul invité américain sur les 267 qui remettaient la guerre en question. MSNBC a même supprimé l’émission de Phil Donahue après que cet éminent présentateur eût remis en question les motifs de l’intervention de l’administration Bush.

Au lieu d’encourager une réflexion soutenue, les médias ont réduit la guerre à des spectacles sans effusion de sang de la puissance nationale et de la réussite technologique. Solomon note que le Pentagone a « embarqué » environ 750 journalistes, les intégrant directement dans l’architecture de l’effort de guerre.

Après avoir encouragé l’invasion de l’Irak, nombre de ces mêmes voix prônent aujourd’hui une nouvelle intervention de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) dans la guerre contre l’Ukraine. Le New York Times qualifie « le soutien de l’Amérique à l’Ukraine » de « test de sa place dans le monde au XXIe siècle ». La plupart des médias semblent ignorer les similitudes entre les deux guerres d’agression. Pourtant, les parallèles restent incontournables : en mai, l’ancien président George W. Bush a dénoncé par erreur le président russe Vladimir Poutine pour son « invasion totalement injustifiée et brutale de l’Irak », avant de préciser qu’il parlait de l’Ukraine.

En se faisant l’écho des représentants de l’État, les médias mainstream donnent à la propagande gouvernementale l’apparence d’une conviction privée et d’une vérité objective. « Dans l’ensemble, l’Amérique a été conditionnée pour accepter les guerres en cours sans jamais vraiment savoir ce qu’elles font à des gens que nous ne verrons jamais », conclut Solomon.

En particulier, la couverture médiatique de la guerre contre l’Ukraine projette l’illusion d’un consensus, alors même que le soutien public au renforcement militaire de l’OTAN diminue. En effaçant la dissidence, les conglomérats médiatiques cachent les coûts effroyables de la guerre et du système impérial qui la mène – profitant du conflit en vendant des récits qui le rendent invisible

La misère marchandisée

À bien des égards, le militarisme est une forme de lutte des classes. « Les marges bénéficiaires considérables dégagées par l’approvisionnement du Pentagone et des agences apparentées », explique Solomon, exacerbent les inégalités économiques tout en détournant les ressources des programmes sociaux. En effet, la guerre est perpétuelle parce qu’elle est rentable, enrichissant une élite fermement ancrée dans le complexe militaro-industriel.

Confirmant la thèse de Solomon, le ministère de la Défense a publié en avril dernier une étude historique sur les entreprises militaires, qui fait état de « rendements exceptionnels sur le marché », notamment d’une augmentation des marges d’exploitation (bénéfices en pourcentage des recettes) de 7 à 9 % à 11 à 13 % au cours des deux dernières décennies. Les fabricants d’armes ont surpassé leurs concurrents commerciaux grâce aux contrats gouvernementaux qui garantissent les bénéfices et les flux de trésorerie.

Malgré un bond des dividendes et des rachats d’actions de 3,7 à 6,4 %, l’industrie a en fait diminué ses investissements dans les opérations commerciales. Les entreprises ont refusé de réinvestir les bénéfices dans la recherche ou le capital social, préférant reverser les revenus aux actionnaires. Les auditeurs ont comparé le transfert massif de ressources aux investisseurs à la consommation de « maïs de semence », c’est-à-dire qu’ils ont « endommagé les perspectives d’avenir en surconsommant des ressources essentielles pour les avantages à court terme qu’elles offrent. »

Au-delà de l’engloutissement des recettes publiques, les enquêteurs se plaignent également du fait que les entreprises se livrent à des profits de guerre flagrants. L’ancien directeur de la tarification de la défense, Shay Assad, rapporte que « l’escroquerie sur les prix est inadmissible » et généralisée. Lockheed Martin et Boeing ont notoirement surfacturé le gouvernement pour le missile PAC-3, réalisant 40 % de bénéfices au lieu des 10 à 12 % légaux, selon un reportage de 60 Minutes. Pendant la guerre d’Irak, TransDigm Group a même refusé de fournir des soupapes essentielles pour les hélicoptères Apache avant d’augmenter les prix de 40 % – une pratique que les auditeurs qualifient « d’extorsion. »

La concentration du pouvoir industriel entre les mains des conglomérats de défense et la guerre contre l’Ukraine encouragent les prix abusifs. « Pour beaucoup de ces armes qui sont envoyées en Ukraine en ce moment, il n’y a qu’un seul fournisseur », a déclaré l’ancien directeur de la tarification de la défense Assad à l’émission 60 Minutes. « Et les entreprises le savent. »

Entre-temps, les entreprises militaires utilisent l’Ukraine et d’autres marchés stratégiques comme terrains d’essai pour leurs systèmes d’armement. Le général de division Robin Fontes et Jorrit Kamminga, qui dirigent la société de conseil en armement RAIN, affirment dans le magazine National Defense que « l’Ukraine est un laboratoire » pour l’avenir de la guerre : « Un effort central, incessant et sans précédent pour affiner, adapter et améliorer les systèmes fondés sur l’intelligence artificielle. » En mobilisant des logiciels d’IA, des entreprises telles que Planet Labs et BlackSky Technology fournissent des renseignements aux soldats en temps réel, fonctionnant comme des extensions américaines de l’effort de guerre ukrainien tout en créant un environnement de combat fluide et riche en informations.

Ce mois-ci, l’administration Biden a même approuvé l’utilisation de bombes à fragmentation en Ukraine, après avoir précédemment suggéré que leur utilisation constituait un « crime de guerre ». Les forces ukrainiennes et russes les utilisent déjà au combat, en violation d’une convention internationale qui interdit ces explosifs aveugles. Lors de conflits antérieurs, des enquêteurs ont affirmé que des entreprises occidentales fabriquaient des bombes à sous-munitions de forme ludique afin d’attirer et de mutiler des civils, y compris des enfants.

Pourtant, pour les fabricants d’armes, le Moyen-Orient reste le laboratoire d’armement par excellence. Israël a été le premier pays étranger à recevoir le F-35 Lightning, et ses commandes ont financé le développement de l’avion de combat. En 2014, les forces israéliennes ont rasé des pans entiers de la Palestine avec ces jets, tout en aidant Lockheed Martin à affiner leur conception. Au cours de l’offensive, les États-Unis ont réapprovisionné Israël en munitions immédiatement après le bombardement d’une école primaire, ce qui a permis aux forces israéliennes de dépasser la puissance de feu du Hamas dans un rapport de 440 à 1.

Peu avant les raids de mai 2023, les pilotes israéliens ont mené un « exercice à grande échelle » avec leurs homologues américains sur la base aérienne de Nellis, dans le Nevada, à bord d’avions F-35. « C’est une occasion rare pour les combattants des deux pays d’intégrer nos capacités les plus avancées », s’est exclamé le colonel Jared Hutchinson, le commandant américain chargé de superviser l’initiative.

Par la suite, Israël a bombardé Gaza avec des munitions américaines, notamment une bombe Boeing GBU-39 qui a éventré un immeuble d’habitation, tuant plusieurs civils, dont une jeune femme qui se préparait à se marier. La campagne militaire a endommagé 2 943 logements, en recourant à des frappes aériennes « disproportionnées » qu’Amnesty International a qualifiées de crimes de guerre.

Plutôt que de saper les relations, les fabricants d’armes américains et israéliens ont transformé les crimes en arguments publicitaires. Un mois plus tard seulement, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, Elbit Systems et Israel Aerospace Industries ont participé au salon de l’aéronautique et de l’espace de Paris pour conclure de nouvelles ventes, se vantant que leurs armes étaient « éprouvées au combat ». Fait révélateur, Haaretz qualifie les territoires occupés de « salle de classe » où l’armée « teste son équipement », que l’aide américaine subventionne largement.

L’argent continue d’affluer. Solomon rapporte que les fabricants d’armes ont dépensé 2,5 milliards de dollars en lobbying au cours des deux dernières décennies, finançant les campagnes de législateurs clés tels que le président de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, Adam Smith.

En mondialisant le complexe militaro-industriel, la classe dirigeante a rendu la guerre à la fois permanente et distante, soutenant la formidable capacité de guerre de l’empire américain par des conflits étrangers. Des alliés comme l’Ukraine et Israël deviennent des marchés et des arguments de vente pour des équipements éprouvés. Les bouleversements géopolitiques assurent la prospérité des conglomérats tout en dévorant les ressources destinées aux programmes sociaux et aux pauvres.

L’impérialisme volontaire

Enfin, la classe dirigeante rend la guerre invisible en faisant appel à des recrues anonymes et à des entrepreneurs privés pour maintenir l’infrastructure diffuse d’un empire mondial. Dans les années 1970, l’armée a opté pour une « force entièrement volontaire », afin d’épuiser l’énergie du mouvement anti-guerre et d’isoler les forces armées de tout contrôle. « Les recruteurs de l’armée ont appris à vendre le service militaire au même titre que le savon et les boissons gazeuses sur le marché de la consommation », observe l’historienne Beth Bailey.

Solomon souligne que les recruteurs se sont attaqués aux personnes vulnérables en leur promettant que « s’enrôler, c’est ouvrir la porte à de meilleures opportunités ». En introduisant des incitations économiques et en supprimant l’appel sous les drapeaux, les autorités ont créé une classe de guerriers isolée du grand public. Le Pentagone la mobilise désormais pour des guerres dont la plupart des Américains ne seront jamais témoins, minimisant ainsi de manière préventive les réactions politiques.

Alors que les inégalités économiques augmentent, un analyste de la Brookings Institution souligne que l’armée est « l’un des derniers bastions de la mobilité sociale de la classe moyenne », attirant les recrues avec des soins de santé et des frais d’inscription gratuits à l’université. Pourtant, l’armée est confrontée à une pénurie chronique de personnel, ce qui incite les responsables à cibler des enfants dès l’âge de 12 ans ainsi que des groupes marginalisés, notamment les communautés indigènes du Canada. Ces dernières années, l’armée a cherché à recruter en offrant la citoyenneté à des ressortissants étrangers, en renforçant sa présence sur les médias sociaux et même en faisant de la publicité pour de faux cadeaux Xbox afin d’attirer les jeunes sur son site web.

Solomon souligne également que ce personnel supervise un réseau complexe d’environ 750 bases dans le monde, ce qui permet aux forces armées de déployer leurs muscles sur tous les continents. En plus de faciliter les mobilisations à grande échelle, les installations militaires étrangères rendent possibles les opérations secrètes et même les intrigues politiques.

À plusieurs reprises, des bases en Amérique latine ont facilité des coups d’État contre des gouvernements de gauche. Après que le président équatorien Rafael Correa a fermé une installation à Manta, son successeur a porté de fausses accusations contre lui tout en accueillant les forces américaines dans le pays. En 2018, le ministère équatorien de la Défense a même annoncé son intention d’autoriser l’armée américaine à utiliser les îles Galápagos pour ses opérations, qualifiant l’archipel de « porte-avions naturel. »

Les bases étrangères permettent également aux États-Unis de s’assurer le contrôle de ressources stratégiques. C’est le cas au Pérou, pays riche en minerais, où, en décembre dernier, les autorités américaines ont soutenu l’éviction du président Pedro Castillo, un populiste qui prônait la souveraineté économique. Sa rivale, Dina Boluarte, a déclenché une vague de répression qui a tué plus de 60 civils, culminant avec ce que le président de la Commission interaméricaine des droits humains appelle « un massacre » contre la population indigène d’Ayacucho.

Récemment, Boluarte a autorisé l’entrée de 1 242 soldats américains, envoyant ainsi un signal effrayant aux manifestants. Invoquant le changement de régime au Pérou, un colonel formé par les États-Unis en Colombie a également annoncé en mai son intention de « défenestrer » le président de gauche de son pays.

En Afrique et au Moyen-Orient, les bases servent de plateformes d’armes multiplicatrices pour les frappes de drones. Depuis 2007, la guerre aérienne menée par les États-Unis en Somalie contre Al-Shabab a tué au moins 90 civils, mais le Pentagone ne reconnaît que cinq des victimes et refuse d’indemniser leurs familles.

Malgré les affirmations de précision, la précision aveugle de la guerre des drones aggrave les conflits régionaux. En 2017, les États-Unis ont aidé par erreur les autorités nigérianes à bombarder un camp de réfugiés que le gouvernement avait lui-même construit, tuant plus de 160 civils. Les drones ont même bombardé des mariages au Yémen et en Afghanistan. Plus récemment, un drone américain a permis à la France de tuer des « membres de groupes terroristes armés » à Bounti, au Mali. Plus tard, les forces des Nations unies ont découvert que les victimes étaient des membres d’une autre fête de mariage.

Les décideurs politiques américains présentent invariablement les capacités « au-delà de l’horizon », telles que les bases et les drones, comme un impératif de sécurité. Pourtant, comme l’affirme Solomon, ces capacités favorisent en réalité l’insécurité, aliènent les communautés à travers le monde et alimentent une boucle de rétroaction violente.

Ces conséquences ne sont pas seulement invisibles, elles sont aussi durables. Au printemps dernier, l’université Brown a publié une étude estimant que les conflits de l’après 11 Septembre ont tué plus de 4,5 millions de personnes. L’article souligne que, sous les sanctions américaines, la plupart des Afghans souffrent de malnutrition et meurent de causes liées à la guerre à un rythme plus élevé que jamais.

Alors que les vétérans américains de la guerre d’Afghanistan se battent en Ukraine, le spectre des conflits passés hante le présent. Il nous laisse ce que Solomon appelle des cicatrices profondes et des « absences tragiques » : des esprits empoisonnés et des corps brisés, des populations affamées et des terres ensemencées de munitions. De l’Afghanistan à l’Ukraine, les mêmes arguments, les mêmes armes et les mêmes soldats produisent les mêmes résultats. Plus de vingt ans après avoir envahi le Moyen-Orient, les États-Unis continuent de faire de la publicité pour la paix sur une route circulaire qui mène à la guerre.

Jonathan NG

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13/09/2023 La guerre du lithium. La France veut rester en ligne

L’accord s’est fait en France sur la nécessite d’abandonner au plus vite les véhicules utilisant un moteur a explosion pour des véhicules à moteur électriques. Même les poids lourds y viendront, malgré de fortes résistances. Cependant les moteurs électriques exigent un équipement important en batteries si l’on souhaite une autonomie sans recharge de 800 à 1000 km et des temps de recharge inférieurs à 1 heure.

Or à ce jour les seules solutions envisageables en terme d’accumulateurs mobiles sont des batteries au lithium. Pourquoi au lithium et pas au plomb ? Le lithium a un premier atout, qui est la légèreté. Il possède également un haut potentiel électrochimique et une densité énergétique exceptionnelle. Pour résumer ces qualités, on emploie le terme de batteries lithium-ion.

Mais pour se mettre au lithium, la France ne dispose pas de ressources suffisantes sur son sol, en dehors notamment de la baie d’Audierne. Elle est encore loin derrière la Chine. D’ici 2025, Pékin pourrait fournir près de 20% des voitures électriques en Europe. Pour se donner la place de leader mondial de la fabrication de batteries et de voitures électriques, la Chine investit dans des mines sur son sol et à l’étranger tout en assurant le raffinage du lithium sur son territoire.

Actuellement, la Chine produit près de 75% de toutes les batteries au lithium du monde. Mais le métal ne vient pas de son sous-sol : les deux-tiers sont importés de mines qu’elle exploite à l’étranger, essentiellement au Chili, en Argentine et en Australie. 65% du lithium raffiné sort ensuite des usines chinoises. Deux entreprises, Tianqi et Gafeng, contrôlent à elles seules un tiers de la production mondiale.

La Chine et la Russie ont pour l’avenir décidé de s’associer. Elles viennent de signer un contrat d’investissement très important pour ouvrir deux mines en Bolivie. qui dispose de grandes quantités de ce métal. L’entreprise chinoise Citic Guoan et la russe Uranium One Group, toutes deux à forte participation d’Etat, vont s’allier avec la compagnie publique Yacimientos de Litio Bolivianos (YLB) pour construire deux usines de production de carbonate de lithium, a indiqué le président de la Bolivie, Luis Arce, lors d’un événement public.

Les deux groupes investiront 1,4 milliard de dollars dans le pays. Uranium One Group mettra 578 millions de dollars pour une usine dans le désert de sel de Pastos Grandes, et Citic Guoan en investira 857 millions pour un projet similaire dans celui d’Uyuni. Les deux sites se trouvent dans le département de Potosi (sud-ouest). Le ministère bolivien des Hydrocarbures et de l’Energie a affirmé que « chaque complexe aura une capacité de production de 25.000 tonnes métriques par an ». Les chantiers démarreront dans les trois mois.

Actuellement, la Chine possède la moitié du parc mondial de véhicules électriques et exporte une grande partie de sa production à l’étranger, essentiellement en Europe. Dès l’année prochaine, une nouvelle génération de batteries chinoises au lithium devrait permettre à ces véhicules d’atteindre une autonomie de 1.000 kilomètres, avec une charge rapide de seulement dix minutes.

Pour sa part l’Allemagne ne semble pas avoir encore compris les enjeux . Sa ministre  verte des affaires étrangères Annalena Baerbock  affiche l’intention d’exclure la Chine du processus de création de valeur dans la production de lithium. Elle propose que le processus de transformation du lithium se déroule à l’avenir en Australie …tout en restant compétitif

12/09/2023 Possibilité de vie extraterrestre selon une récente observation du James Webb Space Telescope rapportée par la Nasa.

Cette vie pourrait se trouver sur une exoplanète (planète extrasolaire) située à 124 années-lumière. Son atmosphère pourrait contenir une molécule qui n’est produite sur Terre que par des organismes vivants.

Cette planète est nommée K2-18 b et est située dans la constellation du Lion. Son diamètre apparent serait huit fois celui de la Terre et elle se trouverait dans la zone habitable de son étoile, là où notamment les températures du jour et de la nuit sont compatibles avec la vie telle que connue sur Terre.

James Webb a « révélé la présence de molécules contenant du carbone, notamment du méthane et du dioxyde de carbone », Ses observations « ont également permis de détecter une molécule appelée sulfure de diméthyle » — une molécule qui n’est produite sur Terre que par des organismes vivants,

La découverte a suscité beaucoup d’intérêt « L’abondance du méthane et du dioxyde de carbone, ainsi que l’absence d’ammoniac, soutiennent l’hypothèse de l’existence dans K2-18 b d un océan d’eau sous une atmosphère riche en hydrogène », précise la Nasa.

Cela fera de K2-18 b une « planète-hycéan » (mot composé associant hydrogène et océan), un type de planète encore très peu étudié, mais que les scientifiques estiment être des « environnements prometteurs pour la recherche de preuves de vie ».

En plus de cette spécificité, la découverte de sulfure de diméthyle est un autre aspect qui rend K2-18 b particulièrement intéressante. La molécule est produite sur Terre par la décomposition de phytoplanctons et par transformation bactérienne. Sur notre planète, le sulfure de diméthyle est produit par des organismes vivants — et la présence de la molécule sur K2-18 b serait donc un signal prometteur.

Ajoutons pour notre part que si il y avait des formes de vie sur cette planète, cette vie n’aurait pas encore été capable de produire comme sur Terre de l’oxygène par photosynthèse puisque aucun oxygène aérien n’y a encore été détecté. Le mélange avec l’hydrogène atmosphérique serait assez détonnant.

Ceci vaudrait mieux pour la vie sur cette planète. S’il s’y trouvait de l’eau, il ne s’agirait que de vie présente dans le fond obscur des océans.

Ou bien d’une vie différente de celle que nous connaissons.

https://www.nasa.gov/goddard/2023/webb-discovers-methane-carbon-dioxide-in-atmosphere-of-k2-18b

12/09/2022 Le Mégalodon, Otodus megalodon, le plus grand requin de tous les temps

C’est par la taille de ses dents fossilisées, plus longues qu’une main humaine ,qu’il avait attiré l’attention des paléontologistes. Elles pouvaient lui servir à découper des baleines. On lui attribue une taille de 20 mètres. Ce requin était très répandu. On retrouve ses dents dans toutes les formations géologiques du Miocène et du Pliocène soit 23 à 3 millions d’années bp (avant notre ère), bien après l’extinction des dinosaures datée de 60 millions d’années bp

Sa taille devait être de 20 mètres. Voir https://palaeo-electronica.org/content/2021/3284-estimating-lamniform-body-size

Le mégalodon pouvait s’attaquer aux grands requins blancs et aux orques de son époque, qu’il devait tuer en quelques morsures . Ses fossiles montrent qu’il devait bénéficier d’une température corporelle supérieure de quelques degrés à celle de la mer. Cette mésothermie indique un régime alimentaire particulièrement riche.

Une température élevée lui permettait par ailleurs une vitesse de nage et une résistance à l’effort en faisant un prédateur exceptionnel. Il n’est pas impossible que le mégalodon ait finalement disparu faute de proies en quantités suffisantes.

Aujourd’hui on estime que l’homme tue plus de 100 millions de requins par an. Veut-on que ceux-ci disparaissent comme l’on fait les mégalodons?

C’est du mégalodon que Hollywood s’est inspiré dans ses deux films The Meg en 2018 suivi de Meg 2 The Trench récemment ;

Pour en savoir plus, voir
https://en.wikipedia.org/wiki/Megalodon

11/09/2023 L’IA au service de la prévision des séismes

L’équipe de séismologues cités dans l’article de Nature référencé ci-dessous a développé un algorithme d’Intelligence Artificielle susceptible d’améliorer les méthodes actuelles de prévision des séismes. Celle-ci demeurera pour de multiples raisons très difficile. Mais un gain de quelques secondes dans l’intervalle signal-bruit pourrait dans certains sauver des centaines de vie.. Nous retenons ce qui suit de leur présentation:

La technologie émergente de l’IA s’avère très performante pour extraire rapidement des signaux faibles dans de grands volumes de données bruitées. Nous avons développé un algorithme d’IA qui estime toutes les secondes la magnitude du séisme en cours à partir des PEGS]Il est donc nécessaire de mettre au point de nouveaux systèmes plus fiables et rapides, afin d’avoir une stratégie de mise à l’abri la plus efficace possible. Nous avons développé un algorithme d’intelligence artificielle (IA), se basant sur des ondes d’origine gravitationnelle se propageant à la vitesse de la lumière, pour estimer de manière plus rapide et plus fiable la magnitude des grands séismes., publié très récemment dans Nature. Comme les grands séismes sont rares, nous avons simulé des centaines de milliers de scénarios de séismes possibles le long des grandes failles japonaises.

Référence

Nature
Instantaneous tracking of earthquake growth with elastogravity signals

Nature volume 606, pages319–324 (2022)Cite this article

  • Abstract

Rapid and reliable estimation of large earthquake magnitude (above 8) is key to mitigating the risks associated with strong shaking and tsunamis1. Standard early warning systems based on seismic waves fail to rapidly estimate the size of such large earthquakes2,3,4,5. Geodesy-based approaches provide better estimations, but are also subject to large uncertainties and latency associated with the slowness of seismic waves. Recently discovered speed-of-light prompt elastogravity signals (PEGS) have raised hopes that these limitations may be overcome6,7, but have not been tested for operational early warning. Here we show that PEGS can be used in real time to track earthquake growth instantaneously after the event reaches a certain magnitude. We develop a deep learning model that leverages the information carried by PEGS recorded by regional broadband seismometers in Japan before the arrival of seismic waves. After training on a database of synthetic waveforms augmented with empirical noise, we show that the algorithm can instantaneously track an earthquake source time function on real data. Our model unlocks ‘true real-time’ access to the rupture evolution of large earthquakes using a portion of seismograms that is routinely treated as noise, and can be immediately transformative for tsunami early warning.