13/10/2023 Lancement réussi de la sonde Psyché de la Nasa.

Le 13 octobre 2023, la sonde Psyché a été lancée par la Nasa à destination de l’astéroïde du même nom.

Psyché est un astéroïde (petit astre) d’environ 230 km de diamètre et composé principalement de métal, notamment du fer et du nickel. Après l’astéroïde Bennu (voir notre article), c’est le second de ces objets que la Nasa se prépare à explorer grâce à l’envoi de sondes (mission Psyche).

Psyche est un astéroïde globalement sphérique de 280 km de diamètre. Il fait partie des astéroïdes de « type M », c’est-à-dire qu’il est principalement composé de métaux, notamment nickel, fer et or. Ce type d’astéroïde est assez rare dans le système solaire et pourrait permettre de répondre à de nombreuses questions sur l’origine de planètes comme la Terre et Mars.

Références

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/systeme-solaire/video-suivez-le-lancement-de-la-mission-psyche-vers-un-asteroide-metallique_174406

https://www.huffingtonpost.fr/science/video/asteroide-psyche-la-mission-de-la-nasa-est-elle-une-ruee-vers-l-or-clx1_223722.html

Article détaillé de Wikipédia.fr concernant Psyche et la mission Psyche https://fr.wikipedia.org/wiki/Psych%C3%A9_(sonde_spatiale)

12/10/2023 L’Amérique repart pour la Lune.

Le premier volet de la mission Artemis vient d’être lancé en direction de la Lune. Cette première partie se caractérise par un vol inhabité. La capsule Orion, dont une grande partie est fournie par l’Agence spatiale européenne, va se mettre en orbite autour de la Lune et revenir sur Terre. Le but est de vérifier que la nouvelle fusée de la Nasa (SLS) et la capsule fonctionnent correctement.

Dans quelques années, lors de la deuxième partie (Artemis II), des humains embarqueront dans la capsule mais ne se poseront pas à la surface de la Lune. L’alunissage aura lieu lors de la troisième partie (Artemis III). Cela n’est pas prévu avant 2025, selon les prévisions les plus optimistes. Les échéances de 2026 voire 2028 sont déjà évoquées.

Le but de la mission Artemis n’est pas seulement d’aller sur la Lune, de faire des observations et des prélèvements de roches, mais de s’installer durablement autour du satellite (avec une petite station orbitale) et d’y implanter une base.

Cette relance de l’exploration lunaire n’est qu’une étape dans le programme des vols habités de la Nasa, qui vise la planète Mars. A terme, la Lune pourrait devenir un premier arrêt, une station-service, pour les longues traversées.

La dernière fois qu’un être humain a foulé le sol lunaire remonte à 1972, lors de la mission Apollo 17.

Le programme de vols habités de la Nasa a connu un brusque coup d’accélérateur sous la présidence de Donald Trump. En 2017, celui-ci  a signé une directive demandant à l’agence spatiale américaine d’accentuer ses efforts sur les missions habitées vers l’espace lointain.

En 2019, son vice-président Mike Pence annonce que les Etats-Unis vont déployer « tous les moyens nécessaires«  pour renvoyer des astronautes sur la Lune d’ici 2024. Cette nouvelle échéance est aussitôt jugée ambitieuse : la précédente visait 2028. « Nous sommes aujourd’hui dans une course à l’espace comme nous l’étions dans les années 1960 », a précisé Mike Pence pour justifier cet empressement.

La Chine l’a bien compris. Il est probable qu’après celle de la Nasa, la station lunaire suivante sera chinoise.

12/10/2023 De l’eau et du carbone sur l’astéroïde Bennu

L’échantillon de l’astéroïde Bennu rapporté sur Terre par la mission Osiris-Rex de la Nasa  contient de l’eau et du carbone en grande quantité, a annoncé mercredi 11 octobre l’agence spatiale américaine. Cette découverte devrait permettre de vérifier l’hypothèse selon laquelle des astéroïdes ont apporté sur Terre les composés ayant permis la naissance de la vie, comme le pensent certains scientifiques.

« Les molécules d’eau et de carbone sont exactement le genre de matière que nous souhaitions trouver », a déclaré le chef de la Nasa, Bill Nelson »Il s’agit d’éléments cruciaux dans la formation de notre propre planète, et ils vont nous aider à déterminer l’origine des éléments qui pourraient avoir mené à la vie. »

Depuis, le méticuleux processus d’ouverture de la capsule se déroule dans une chambre blanche au centre spatial Johnson de la Nasa à Houston. Selon les premières analyses, il s’agit de l’échantillon spatial le plus riche en carbone jamais rapporté sur Terre.

« Nous avons choisi le bon astéroïde ! », s’est réjoui Daniel Glavin, scientifique à la Nasa, parlant d’un « rêve pour les astrobiologistes ». « Le carbone est essentiel pour la vie sur Terre, nous sommes tous façonnés de carbone »  » En frappant la Terre, les astéroïdes comme Bennu auraient ainsi pu « ensemencer » notre planète. »

L’eau est présente sur Bennu, emprisonnée dans ce qu’on appelle des minéraux hydratés. « Nous pensons que c’est ainsi que l’eau est arrivée sur Terre », a expliqué Dante Lauretta, principal responsable scientifique de la mission. « La raison pour laquelle la Terre est un monde habitable, pour laquelle nous avons des océans, des lacs, des rivières, est parce que ces minéraux hydratés (…) ont atterri sur Terre il y a entre 4 et 4,5 milliards d’années. »

La majorité de l’échantillon sera conservée pour être étudiée par des générations futures, avec de nouveaux instruments plus performants et pour répondre à de nouvelles questions scientifiques. C’est ce qui avait été fait pour les roches lunaires rapportées lors du programme Apollo.

L’analyse de Bennu pourrait en outre se révéler très directement utile à l’avenir. Il existe un faible risque (une chance sur 2 700) que l’astéroïde frappe la Terre en 2182, une collision qui serait catastrophique. Connaître sa composition exacte pourrait ainsi aider à mieux comprendre sa trajectoire, et peut-être même, si besoin un jour, à calculer l’impact nécessaire pour la dévier. 

Ce résultat pose selon nous de nouvelles questions encore sans réponses

. Les chutes de petits astéroïdes sur la Terre sont et demeurent nombreuses. Pourquoi n’y a-t-on pas encore trouvé de tels composants. Sont-ils détruits en traversant l’atmosphère terrestres ou en arrivant au sol. Jusqu’ici les astéroïdes tombés en mer étaient irrécupérables.

. Pourquoi la Terre serait-elle le seul réceptacle de tels astéroïdes. La Lune et Mars, notamment, ne paraissent pas en avoir reçu . Est-ce pour cette raison que la vie n’y est pas apparu ?

. Même si les chutes d’astéroïdes ont pu apporter sur terre des éléments nécessaires à l’apparition de la vie, ont-ils pu le faire en quantité suffisante pour ce faire ??

. On estime généralement que la vie est apparue sur la Terre dans les failles de la croûte océanique, c’est-à-dire dans l’eau. On ne comprendrait pas dans ces conditions comment des fragments d’astéroïdes tombés sur la croute terrestre auraient pu influencer ce processus.

Références

Mission OSIRIS-REX https://en.wikipedia.org/wiki/OSIRIS-REx3

https://www.france24.com/fr/%C3%A9co-tech/20231012-de-l-eau-et-du-carbone-la-nasa-d%C3%A9voile-le-contenu-de-l-%C3%A9chantillon-de-l-ast%C3%A9ro%C3%AFde-bennu

https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/origine-de-la-vie-l-hypothese-interieure_23192

11/10/2023 L’ITT est-elle une pseudoscience ?

La Théorie de l’Information Intégrée (ITT ) qui prétend être la mieux à même d’expliquer le phénomène de la conscience serait une pseudo-science pour 124 neuroscientifiques consultés le 15 septembre 2023 par une lettre ouverte.. La raison en est qu’elle serait invérifiable (untestable)

Voir https://mindmatters.ai/2023/09/leading-consciousness-theory-slammed-as-pseudoscience-huh/

Les auteurs de la lettre comprennent Adrian Owen (Western University Canada) qui avait récemment montré que les personnes en état végétatif pouvaient avoir des périodes conscientes, Chris Frith ( London University College) expert en images cérébrales et Joseph LeDoux (New York University) qui a étudié comment la peur se matérialise dans le cerveau 

Mais ne seraient-ils pas excessivement pessimistes?

On sait que le concept de conscience (le hard problem) n’a jamais encore pu expliquer comment, par exemple, la perception du rouge dans les cellules oculaires se traduisait par la conscience du rouge dans les neurones.

Récemment cependant l’ITT avait décidé d’étudier la structure mathématique des réseaux neuronaux de traitement de l’information conduisant à des perceptions conscientes. L’étude se veut transposables aux animaux et aux systèmes d’intelligence artificielle.

Pour l’ITT, plus un réseau est densément interconnecté, plus il est apte à la conscience. Les interactions entre les nœuds (nodes) générent plus d’information que les liaisons directes. L’ITT prévoit qu’il devrait être possible de calculer un niveau de conscience dit phi qui sera fonction du nombre des noeuds et de celui de leurs interactions.

Mais plus le réseau se densifie, plus il devient opaque. Au delà de 30 noeuds, la tâche est pour le moment impossible. C’est le cas des cerveaux des animaux les plus simples et a fortiori des hommes. La neuroimagine en plein développement pourrait aider au décompte, mais elle n’en est pas là

Il existe une autre hypothèse dite global neuronal workspace theory selon laquelle plus les échanges neuronaux intéressent de zones du cerveau diversifiées plus ils ont de chances de devenir conscients. Mais celle-ci est encore plus difficiles à démontrer que la précédente. Les images globales du cerveau au niveau neuronal ne sont pas pour demain

11/10/2023 La première future base lunaire permanente

Après étude, l’un des emplacements le plus favorable devrait être le cratère Svendrup-Henson, qui fait partie d’une série de 5 cratères situés non loin du pôle sud.

Les pentes y sont modérées, le jour et la nuit s’y succèdent régulièrement et surtout il est proche de considérables ressources en eau peu profonde certes congelée mais facilement décongelable grâce l’électricité de panneaux solaires. Les mêmes panneaux fourniraient toute l’électricité nécessaire à la vie de la station. Cette zone avait été explorée précédemment par les rovers américains et indien. Les télécommunications avec la terre y sont aisées.

La surface plate accessible ne dépasse pas 5km2. Mais elle sera suffisante pour les activités quotidiennes.

Ces données résultent d’observations instrumentales. Elles devront être vérifiées par des informations obtenues in situ.

Il s’agit de bonnes nouvelles concernant la future présence permanente de l’Homme sur Mars. Le relais par la Lune sera indispensable.

Rappelons qu’aujourd’hui les puissantes spatiales terrestres potentielles n’ont pas encore convenu de travailler en commun pour la construction et la maintenance de bases lunaires.

Référence

cell.com

ARTICLE| VOLUME 26, ISSUE 10, 107853, OCTOBER 20, 2023

https://www.cell.com/iscience/fulltext/S2589-0042(23)01930-2?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS2589004223019302%3Fshowall%3Dtrue

11/10/2022 Ils commettent le pire des crimes de guerre imaginables

Que des hommes armés et en uniforme coupent froidement et publiquement le cou à de jeunes enfants et s’en vantent sur les médias au prétexte d’effrayer l’adversaire constitue le pire des crimes de guerre que l’histoire ait jamais connus. C’est pourtant ce qui se passe de plus en plus fréquemment le long de la bande de Gaza.

Il est incompréhensible que de tels actes soient considérés avec indulgence par les hiérarchies civiles, militaires et religieuses dont relèvent ces hommes.

Au lieu de se voir condamnés, ils sont ainsi encouragés à continuer et faire pire encore. De nombres jeunes femmes auparavant étaient violées et tuées. Pourquoi ne pas continuer ?

Les simples citoyens devraient avoir à cœur, comme nous le faisons ici, de dénoncer de tels crimes. Mais on ne les entend guère

Jean-Paul Baquiast et le Comité de rédaction de Europe solidaire

En annexe, copie d’une circulaire du Garde des Sceaux français
Direction des affaires criminelles et des grâces
Sous-direction de la justice pénale générale
Bureau de la politique pénale générale

Paris, le 10 octobre 2023
Le garde des Sceaux, ministre de la Justice

Pour attribution

Mesdames et Messieurs les procureurs généraux près les cours d’appel
Madame la procureure de la République près le tribunal supérieur d’appel
Mesdames et Messieurs les procureurs de la République près les tribunaux judiciaires

Pour information

Mesdames et Messieurs les premiers présidents des cours d’appel
Monsieur le président du tribunal supérieur d’appel
Mesdames et Messieurs les présidents des tribunaux judiciaires

N° NOR : JUSD2327199C N° CIRCULAIRE : CRIM 2023 – 17 / E1 – 10/10/2023 N/REF : 2023/0062/A4

Circulaire relative à la lutte contre les infractions susceptibles d’être commises en lien avec les attaques terroristes subies par Israël depuis le 7 octobre 2023

Annexe : Télégramme du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer relatif à la vigilance renforcée et à la sécurité des sites de la communauté juive après les attaques menées contre Israël

Les attaques terroristes survenues en Israël le 7 octobre 2023, d’une ampleur sans précédent, sont susceptibles d’avoir des répercussions sur le territoire français, appelant un traitement judiciaire vigilant. La survenance de ces faits est notamment de nature à engendrer une recrudescence d’infractions à caractère antisémite, qu’il s’agisse d’atteintes à l’intégrité physique de personnes issues de la communauté juive, de dégradations de lieux de cultes ou encore de propos susceptibles de revêtir les qualifications d’apologie de terrorisme ou de provocation directe à des actes de terrorisme prévues par l’article 421-2-5 du code pénal.

Ces comportements intolérables heurtent les fondements mêmes de notre République et exigent une réponse pénale ferme et rapide. Vous veillerez à ce que les parquets, dès lors que les éléments de la procédure permettent d’établir que le crime ou délit a été « précédé, accompagné ou suivi de propos, écrits, images, objets ou actes de toute nature qui soit portent atteinte à l’honneur ou à la considération de la victime ou d’un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée, soit établissent que les faits ont été commis contre la victime pour l’une de ces raisons », retiennent la circonstance aggravante prévue par l’article 132-76 du code pénal

Les atteintes à l’intégrité physique des personnes pour un motif discriminatoire appellent, si elles apparaissent caractérisées, une réponse pénale systématique et empreinte de fermeté, privilégiant la voie de la comparution immédiate. J’attire en outre votre attention sur le fait que « les propos qui tendent à inciter autrui à porter un jugement favorable sur une infraction qualifiée de terroriste ou sur son auteur, même prononcés dans le cadre d’un débat d’intérêt général et se revendiquant comme participant d’un discours de nature politique » sont constitutifs de l’apologie de terrorisme visée par l’article 421-2-5 du code pénal.

La tenue publique de propos vantant les attaques précitées, en les présentant comme une légitime résistance à Israël, ou la diffusion publique de message incitant à porter un jugement favorable sur le Hamas ou le Djihad islamique, en raison des attaques qu’ils ont organisées, devront ainsi faire l’objet de poursuites du chef précité.

Le Hamas figurant sur la liste des organisations terroristes établie par l’Union européenne, l’exhibition, à l’occasion d’un rassemblement public, du drapeau de cette organisation pourra de même caractériser les faits d’apologie de terrorisme, notamment si ces faits s’inscrivent dans un contexte de soutien à l’idéologie portée par ce mouvement ou aux attaques précitées.

Une attention particulière devra à cet égard être portée aux circonstances des faits pour caractériser cette infraction. Si les infractions à caractère discriminatoire et les expressions apologétiques sont malheureusement susceptibles d’être commises en tous points du territoire national à l’occasion ou hors de tout rassemblement public, Internet et les réseaux sociaux se révèlent être régulièrement le lieu privilégié d’expression de ces messages de haine.

Dans le prolongement des faits survenus en Israël, la plateforme d’harmonisation, d’analyse de recoupement et d’orientation des signalements (PHAROS) relève ainsi une multiplication depuis le 7 octobre des publications à caractère antisémite sur les réseaux sociaux.

Comme précisé dans ma circulaire du 24 novembre 2020 relative à la lutte contre la haine en ligne, le parquet de Paris est l’interlocuteur judiciaire privilégié de la plateforme PHAROS pour tous les aspects ayant trait aux signalements effectués en matière de haine en ligne.

Si les premières réquisitions aux opérateurs techniques aux fins d’identification des auteurs de propos signalés sur la plateforme sont ainsi diligentées sous l’autorité du procureur de la République de Paris, celui-ci apprécie ensuite l’opportunité de se dessaisir au profit du parquet du ressort de domiciliation de l’auteur présumé identifié.

Cette décision est prise au regard des critères énoncés dans la circulaire précitée, notamment au regard de la complexité de la procédure, de la nécessité d’éviter un morcellement de la réponse judiciaire, ou encore du fort trouble à l’ordre public généré par les faits. Ces procédures devront faire l’objet d’un traitement prioritaire par le parquet compétent.

10 /10/2023 Guerre Hamas-Israel. Le point de vue de Andrew Korybco

Andrew Korybco se présente comme un analyste politique américain, détenteur d’un PhD délivré par l’Institut russe dit Moscow State Institute of International Relations. Il vient de présenter son point de vue sur l’offensive du Hamas contre Israel dans un document dont on trouvera ci-dessous des extraits traduits par les soins de DeDefensa, que nous remercions..

On remarquera que ce point de vue paraît neutre. Il ne condamne pas a priori l’une ou l’autre partie. Ceci reflète la prudence de Moscou. Beaucoup de Juifs vivent en Russie et ne donnent pas systématiquement tort à Israël.

Par contre Korybco s’étonne, comme beaucoup en Occident, de la surprenante naïveté des services de renseignement tant en Israël qu’aux Etats-Unis et en Europe. Une opération de l’ampleur de celle du Hamas, préparée depuis des semaines, n’avait pas été détectée par les oreilles électroniques des grandes puissances. Cela ne rassure pas pour l’avenir

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Andrew Korybko’s Newsletter
The Top Ten Takeaways From Hamas’ Sneak Attack On Israel
l8 oct/ 2023
https://korybko.substack.com/p/the-top-ten-takeaways-from-hamas

Le Hamas a lancé une attaque-surprise sans précédent contre Israël au cours du week-end qui a complètement pris par surprise l’État juif autoproclamé après que tous ses systèmes de sécurité ont échoué de manière inattendue au même moment. Le mur frontalier a été brisé, certaines bases militaires ont été capturées et des dizaines d’otages ont été ramenés à Gaza. Israël a répondu en lançant des frappes aériennes à l’intérieur de la bande et en préparant une opération terrestre. Voici les dix principaux points à retenir de tout ce qui s’est passé jusqu’à présent lors de la dernière guerre entre Israël et le Hamas :

1. La prétendue invincibilité d’Israël a été dissipée comme une illusion

Pour commencer, personne ne se fait plus l’illusion sur l’invincibilité d’Israël. Jusqu’à l’attaque-surprise de ce week-end, certains avaient continué à s’accrocher à l’affirmation selon laquelle ses capacités militaro-techniques conventionnelles et l’aide massive de l’Amérique en faisaient l’hégémonie régionale, mais cette perception a juste été brisée.

2. Israël n’était absolument pas préparé aux tactiques de guerre hybride du Hamas

En brisant son mur frontalier, résultat d’un échec colossal des services de renseignement et de l’effondrement ultérieur de tous les systèmes de sécurité, Israël a prouvé qu’il n’était absolument pas préparé à contrer les tactiques de guerre hybride du Hamas, consistant en des assauts rapides comme l’éclair et des attaques de drones rudimentaires.

3. Les luttes intestines politiques ont probablement contribué à cet échec du renseignement

Si l’armée et les services de renseignement israéliens n’avaient pas été impliqués dans le conflit politique autour des réformes judiciaires prévues par Netanyahu, exacerbé par l’ingérence de l’administration Biden comme expliqué ici, ils auraient pu détecter à l’avance les plans du Hamas et ainsi être en mesure de les déjouer.

4. Le fait que le renseignement US soit distrait par l’Ukraine n’a pas non plus aidé

Israël doit assumer l’entière responsabilité de ses échecs en matière de renseignement, mais cela n’a pas aidé non plus que les agents de renseignement de son allié US aient été distraits par l’Ukraine. S’ils n’étaient pas aussi concentrés sur ce conflit, ils auraient peut-être gardé au moins un satellite au-dessus de Gaza qui aurait pu détecter le renforcement militaire du Hamas.

5. L’Amérique est désormais confrontée à un dilemme quant à savoir qui bénéficie d’une aide militaire limitée

Business Insider a attiré l’attention sur le nouveau dilemme de l’Amérique : accorder une aide militaire limitée, en particulier des obus d’artillerie, à l’Ukraine comme prévu ou rediriger ces ressources vers Israël. Sa décision pourrait avoir des implications majeures sur les deux conflits puisque le choix entre eux est un jeu à somme nulle.

6. L’Arabie Saoudite gèlera probablement ses pourparlers de paix avec Israël

L’Arabie saoudite subit une immense pression de la part de la communauté musulmane internationale pour geler ses pourparlers de paix avec Israël après les frappes de ce dernier contre des cibles civiles à Gaza. Il se conformera probablement à ces exigences, ce qui ruinerait alors les projets de l’administration Biden visant à parvenir à un accord avant les élections.

7. Le mégaprojet IMEC sera probablement mis au placard pendant un certain temps également

Le Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC) ne pourra pas être achevé si l’Arabie saoudite et/ou surtout la Jordanie gèlent leur rôle dans sa construction pour protester contre l’implication d’Israël dans le dernier conflit, même si cela ne nuira pas au commerce de l’Inde avec aucun pays. partie concernée puisqu’elle est entièrement menée par voie maritime.

8. Les déclarations équilibrées de la Russie et de la Chine ont surpris certains observateurs

Beaucoup dans la communauté des médias alternatifs pensaient à tort que la Russie et la Chine favorisaient la Palestine, c’est pourquoi leurs déclarations équilibrées (ici et ici) les ont surpris. Moins encore savaient que le président Poutine soutenait pleinement Tsahal, comme le prouvent ses déclarations officielles au fil des années documentées ici.

9. Le débat sur la question de savoir si la fin justifie les moyens est rouvert

Le meurtre par le Hamas de civils colons formés par Tsahal et l’enlèvement d’enfants, de femmes et de personnes âgées pour les échanger contre des prisonniers ont été justifiés par certains partisans palestiniens comme un moyen légitime de poursuivre la libération nationale tandis que d’autres partisans ont critiqué ces tactiques comme portant atteinte à la moralité de leur cause.

10. Le Hezbollah est le joker dans la dernière guerre entre Israël et le Hamas

L’attaque sournoise du Hamas contre Israël a donné vie à l’un des pires cauchemars de ce dernier, qui pourrait devenir encore pire si le Hezbollah décidait de déclencher des hostilités à grande échelle. Dans ce cas, le Liban et peut-être aussi la Syrie pourraient être entraînés dans une bataille qui pourrait facilement devenir existentielle pour toutes les parties.

Crise révélatrice

Tout ce qui s’est passé jusqu’à présent a été révélateur pour tout le monde. La réputation des services de sécurité israéliens a été brisée, celle du Hamas n’a jamais été meilleure aux yeux de la plupart des observateurs non occidentaux, et nombre d’entre eux ont finalement appris que ni la Russie ni la Chine ne sont favorables à la Palestine. Si le dernier conflit devait se prolonger, et encore moins s’étendre à un conflit régional, il existe alors une possibilité réelle que les États-Unis gèlent le conflit ukrainien afin de rediriger une aide militaire limitée vers Israël.

Andrew Korybko

09/10/2023 Le trou noir M87* fait de nouvelles révélations


Le trou noir référencé M87* se trouve à environ 55 années lumière de la Terre. On se souvient de lui comme le premier trou noir à avoir été imagé par interférométrie à très longue base, le 10 avril 2019, par l’équipe de l’Event Horizon Telescope.. Il est situé au centre d’une importante galaxie nommée M 87

Aujourd’hui, une nouvelle équipe utilisant un réseau de 10 radiotélescopes a obtenu une nouvelle image de M87*; Elle est analogue à la précédente, mais plus précise. On y voit la silouette du trou noir au centre, le flux d’accrétion et un jet de matière émergeant de l’ensemble. Des simulations montrent que le jet est plus large qu’anticipé et que le flux d’accrétion semble propulsé par un “vent” extrémement fort.

https://www.techno-science.net/actualite/trou-noir-m87-se-devoile-davantage-avec-cette-nouvelle-image-N23109.html

L’équipe espère pouvoir montrer, en prenant de nouvelles images, comment le flux d’accrétion et le jet de matière trouvent leur source dans le trou noir.

Rappelons qu’un trou noir est un objet extrêmement massif, tellement lourd qu’il déforme l’espace-temps. Tous les objets qui se trouvent trop proches de lui tombent dans une sorte de “puits”. Ainsi, en octobre 2018, des astronomes ont identifié une étoile, dix fois plus légère que le Soleil, en train de se faire absorber par un trou noir.  Pendant des mois l’étoile va se décomposer en un long fil sous l’effet de la gravité du trou noir. Comme une pelote de laine, l’étoile se déconstruisait.

Ce phénomène, bien connu des scientifiques, est nommé la “spaghettification”. Il dure en général quelques mois pour des étoiles de cette taille, le temps que l’ensemble de l’étoile soit avalé par le trou noir. Les scientifiques suivent ce spectacle depuis la Terre, située à 665 millions d’années- lumières.

Mais lors d’une nouvelle étude de ce trou noir, Yvette Cendes, chercheuse au sein de l’université d’Harvard, va faire une découverte historique. En juin 2021, elle découvre que le trou noir, trois ans après avoir “aspiré” l’étoile, est en train de la “rejeter”. Voir https://www.yvettecendes.com/

Dans son article sur le sujet, Yvette Cendes compare cette éjection de matière à un “rot” qu’aurait émis le trou noir. Ce phénomène unique en son genre va maintenant être étudié de près afin de comprendre pourquoi le trou noir a réagi de cette façon.

C’est avant tout le timing qui interroge. Les rejets de matière par les trous noirs sont connus des scientifiques. Mais ils surviennent généralement des semaines ou des mois après l’absorption d’objets célestes, pas trois ans après. En plus de cette décision tardive, le trou noir a expulsé la matière avec beaucoup de force. Yvette Cendes a calculé que les jets traversaient l’espace à la moitié de la vitesse de la lumière. C’est 5 fois plus rapide que les rejets classiques.

Voir https://www.cfa.harvard.edu/news/weve-never-seen-anything-black-hole-spews-out-material-years-after-shredding-star

D’autres études

Les scientifiques vont maintenant étudier d’autres rejets de matière sur d’autres trous noirs pour comprendre si cet événement est exceptionnel ou si les chercheurs du monde entier viennent de découvrir un phénomène banal à l’échelle de l’Univers, inconnu des humains.

Les trous noirs sont des objets fascinants et leurs habitudes alimentaires ne répondent à aucune logique. Si certains d’entre eux semblent “affamés”, d’autres sont beaucoup plus patients et ils peuvent mettre des années pour avaler une étoile. Ces différences pourraient permettre de mieux les catégoriser et d’ainsi faire des différences entre un trou noir et un autre.

On trouvera ci-dessous un exemple de telles études, dans un article que vient de publier Nature

Référence

A ring-like accretion structure in M87 connecting its black hole and jet

Nature  volume 616, pages 686–690 (2023)

Abstract

The nearby radio galaxy M87 is a prime target for studying black hole accretion and jet formation1,2. Event Horizon Telescope observations of M87 in 2017, at a wavelength of 1.3 mm, revealed a ring-like structure, which was interpreted as gravitationally lensed emission around a central black hole3. Here we report images of M87 obtained in 2018, at a wavelength of 3.5 mm, showing that the compact radio core is spatially resolved. High-resolution imaging shows a ring-like structure of 8.4+0.5−1.18.4−1.1+0.5 Schwarzschild radii in diameter, approximately 50% larger than that seen at 1.3 mm. The outer edge at 3.5 mm is also larger than that at 1.3 mm. This larger and thicker ring indicates a substantial contribution from the accretion flow with absorption effects, in addition to the gravitationally lensed ring-like emission. The images show that the edge-brightened jet connects to the accretion flow of the black hole. Close to the black hole, the emission profile of the jet-launching region is wider than the expected profile of a black-hole-driven jet, suggesting the possible presence of a wind associated with the accretion flow.

09/10/2023 Une découverte cosmologique surprenante

Le télescope spatial James Webb qui est doté d’une vision infrarouge n’a pas tardé à surprendre. Il vient de réaliser une découverte jugée révolutionnaire au cœur de la nébuleuse d’Orion. Au sein de la grappe du Trapèze, il a trouvé des objets étonnants qualifiés de “planètes semblables” et appelés JUMBOs, ce qui signifie Jupiter Mass Binary Objects.

Ces entités énigmatiques ont la masse de Jupiter mais ne sont pas suffisamment grandes pour être des étoiles. Cependant elles ne sont rattachées à aucune étoile, ce qui les exclut également de la catégorie des planètes. Enfin elles ne sont pas seules. Des dizaines de ces JUMBOs orbitent dans la nébuleuse d’Orion.

Les scientifiques tentent actuellement de comprendre leur formation. Une explication possible est qu’il s’agirait d’ exoplanètes errantes, qui sont courantes dans les régions en formation d’étoiles.

Cependant, cela ne permet pas d’expliquer pourquoi les JUMBOs existent sous forme d’objets binaires. Les étoiles se forment généralement à partir de l’effondrement de masses de matière au sein de nuages moléculaires. Un système binaire d’étoiles peut naître lorsqu’un disque de matière entourant l’étoile se rompt. Cependant, il existe une limite de masse théorique inférieure pour les étoiles se formant de cette manière, laissant les objets plus petits comme les planètes se former dans le disque environnant.

Ce qui surprend également est la taille des JUMBOs découverts. Ils sont bien plus petits que ce qui est attendu pour des objets binaires. Ils ont une masse équivalente à celle de Jupiter, voire moindre. Trouver 42 objets de type planètes et dépourvus d’étoile remet en question la compréhension actuelle de la formation des étoiles et des planètes.

Un article scientifique sur ces questions sera prochainement disponible dans une revue à comité de lecture.

Sources :

-Futura Sciences
https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-telescope-james-webb-fait-decouverte-etrange-nebuleuse-orion-108135/

– The Weather Channel
https://weather.com/news/news/2022-01-18-jupiter-mass-binary-objects-orion-nebula-james-webb-space-telescope

– The Guardian
https://www.theguardian.com/science/2023/oct/02/jumbos-jupiter-mass-binary-objects-discovery-orion-nebula-new-astronomical-category

08/10/2023 Transfert de masse entre un trou noir et une étoile

Le téléscope spatial Hubble n’a pas dit son dernier mot. Des astrophysiciens des universités de Londres (University College London) et de Postdam l’ont utilisé pour observer une paire d’étoiles nommée SSN 7 localisée dans une région dite NGC 346 riche en formation d’étoiles du Petit Nuage de Magellan, une galaxie située à 200.000 années lumière de nous.

Pour en savoir plus sur SSN 7, ils ont fait appel aux observations rassemblées depuis une décade et provenant de 6 observatoires différents. Ils ont découvert que ces deux étoiles, d’une masse de 32 et 55 fois celle du soleil orbitaient l’une autour de l’autre en 3 jours, au lieu des 20 jours précédemment estimés.

Les observations montrent également que la plus grande de ces étoiles absorbe de la matière provenant de l’autre au rythme de 13 fois le poids de la Terre par an. Les chercheurs estiment qu’en environ 800.000 ans, la situation changera. La plus petite des étoiles s’effondrera sur elle-même et deviendra un trou noir.
Après plusieurs millions d’années, l’étoile restante commencera à s’étendre.

Alors le trou noir aura sa revanche. Il l’absorbera progressivement. Celle-ci à son tour deviendra un trou noir et les deux trous noirs spiraleront l’un autour de l’autre sur le modèle de ce que l’on observe de plus en plus dans les Observatoires d’ondes gravitationnelles.

Référence

A&A Volume 674, June 2023
Article A56
Number of page(s)19
SectionStellar structure and evolution
DOIhttps://doi.org/10.1051/0004-6361/202346055
Published online31 May 2023

A low-metallicity massive contact binary undergoing slow Case A mass transfer:

A detailed spectroscopic and orbital analysis of SSN 7 in NGC 346 in the SMC
. J. Rickard1,2 and D. Pauli1Received: 1 February 2023 Accepted: 26 March 2023

Abstract

Context. Most massive stars are believed to be born in close binary systems where they can exchange mass, which impacts the evolution of both binary components. Their evolution is of great interest in the search for the progenitors of gravitational waves. However, there are unknowns in the physics of mass transfer as observational examples are rare, especially at low metallicity. Nearby low-metallicity environments are particularly interesting hunting grounds for interacting systems as they act as the closest proxy for the early universe where we can resolve individual stars.

Aims. Using multi-epoch spectroscopic data, we complete a consistent spectral and orbital analysis of the early-type massive binary SSN 7 hosting a ON3 If*+O5.5 V((f)) star. Using these detailed results, we constrain an evolutionary scenario that can help us to understand binary evolution in low metallicity.

Methods. We were able to derive reliable radial velocities of the two components from the multi-epoch data, which were used to constrain the orbital parameters. The spectroscopic data covers the UV, optical, and near-IR, allowing a consistent analysis with the stellar atmosphere code, PoWR. Given the stellar and orbital parameters, we interpreted the results using binary evolutionary models.

Results. The two stars in the system have comparable luminosities of log(L1/L) = 5.75 and log(L2/L) = 5.78 for the primary and secondary, respectively, but have different temperatures (T1 = 43.6 kK and T2 = 38.7 kK). The primary (32 M) is less massive than the secondary (55 M), suggesting mass exchange. The mass estimates are confirmed by the orbital analysis. The revisited orbital period is 3 d. Our evolutionary models also predict mass exchange. Currently, the system is a contact binary undergoing a slow Case A phase, making it the most massive Algol-like system yet discovered.

Conclusions. Following the initial mass function, massive stars are rare, and to find them in an Algol-like configuration is even more unlikely. To date, no comparable system to SSN 7 has been found, making it a unique object to study the efficiency of mass transfer in massive star binaries. This example increases our understanding of massive star binary evolution and the formation of gravitational wave progenitors. 

Based on observations with the NASA/ESA Hubble Space Telescope, which is operated by the Association of Universities for Research in Astronomy, Inc., under NASA contract NAS 5-2655. Also based on observations collected at the European Organisation for Astronomical Research in the Southern Hemisphere.