19/10/2023 Conséquences en France des crimes commis par le Hamas

Organisation terroriste se réclamant des Frères musulmans et soutenue par l’Iran, le Hamas n’a jamais été tenu juridiquement responsable de ses actes par la communauté internationale. Or, depuis sa création en 1987, la liste de ses crimes est longue : attentats terroristes, utilisation de civils palestiniens comme boucliers humains, stockage de matériels militaires sous des hôpitaux et des écoles, tirs de roquettes indiscriminés. Cette liste est confirmée par l’Organisation des Nations unies.

Or, présenté comme un mouvement de libération nationale, le Hamas continue à bénéficier de l’indulgence d’un Occident pour qui il est le faible alors qu’Israel est le fort. Le 7 octobre 2023, dans la logique implacable d’un pogrom, le Hamas a massacré bébés, enfants, femmes, personnes âgées et hommes parce que « nés » juifs.

Le plus faible semble toujours avoir toutes les excuses, même lorsque celui-ci est doté d’un arsenal impressionnant de roquettes, de missiles et de drones armés et qu’il oppresse 2 millions de Palestiniens habitant à Gaza. Cette indulgence tacite reste ancrée dans une perception traditionnelle du conflit israélo-palestinien au sein de milieux prétendument progressistes.

En France, la terreur que fait régner le Hamas est comparable  Après que deux enseignants aient été égorgé par des militants se réclamant du Hamas, les autorités ont refusé de donner le nom de l’un de ces enseignants, Samuel Paty, à un lycée français, menacées par les associations de parents d’élèves d’en retirer leurs enfants.

Quant au terrorisme du Hamas, la réaction quasi unanime des Pouvoirs Publics et de la population est de prier pour que ceci ne se passe pas en France, dans une France qui se veut cinquième puissance militaire mondiale.

19/10/2023 Une « loi de l’augmentation de l’information fonctionnelle »

Neuf scientifiques et philosophes américains relevant de la Carnegie Institution for Science, viennent de faire paraître un article dans les  Proceedings of the National Academy of Sciences (16 octobre 2023).

Ils y proposent une « loi de l’augmentation de l’information fonctionnelle », selon laquelle tous les « systèmes naturels complexes » – qu’il s’agisse de la vie sur Terre ou des atomes, des minéraux, des planètes et des étoiles – évoluent vers des états « plus structurés, plus diversifiés et plus complexes ».

Il s’agit d’une extension à l’échelle de l’univers de la théorie de l’évolution de Charles Darwin. Celle-ci suggère que toutes les espèces vivantes sont en perpétuelle transformation et subissent au fil des générations des modifications morphologiques comme génétiques. Ce concept a été présenté par Charles Darwin dans son ouvrage L’origine des espèces publié le 24 novembre 1859.

Mais les auteurs vont plus loin en reconnaissant comme fonctions vitales la « stabilité » (capacité à perdurer) et la « nouveauté » (nouvelles configurations).

Pour illustrer le concept de « nouveauté », l’article évoque à la fois des cas qui concernent le vivant, à l’instar de la photosynthèse, de la vie multicellulaire (quand les cellules ont « appris » à coopérer jusqu’à ne former plus qu’un organisme) et des comportements animaux. Mais aussi des exemples au sein du règne minéral . Ainsi, les minéraux de la Terre, qui étaient au nombre d’une vingtaine au début du système solaire, sont aujourd’hui près de 6 000.

Concernant la cosmologie c’est à partir de seulement deux éléments primaires, majeurs – l’hydrogène et l’hélium – que se sont constituées, peu après le big bang, les premières étoiles, au sein desquelles se sont ensuite formés une vingtaine d’éléments chimiques plus lourds, avant que la génération suivante d’étoiles ne s’appuie sur cette diversité initiale pour produire près d’une centaine d’autres éléments.

« Charles Darwin a décrit avec éloquence la façon dont les plantes et les animaux évoluent par sélection naturelle, avec de nombreuses variations et caractéristiques des individus et de nombreuses configurations différentes. Nous soutenons que la théorie darwinienne n’est qu’un cas très particulier et très important au sein d’un phénomène naturel beaucoup plus vaste », résume dans un communiqué le Pr Robert M. Hazen, de Carnegie, qui a supervisé les travaux.

Et son collègue Michael L. Wong, astrobiologiste à Carnegie et premier auteur de l’étude, de compléter : « l’univers génère de nouvelles combinaisons d’atomes, de molécules, de cellules, etc. Les combinaisons qui sont stables et qui peuvent engendrer encore plus de nouveauté continueront à évoluer. »

« C’est ce qui fait de la vie l’exemple le plus frappant de l’évolution, mais l’évolution est partout. »

Cette nouvelle « loi de la nature » qui décrit une complexité croissante n’est pas sans en rappeler une autre : le deuxième principe de la thermodynamique. Celui-ci stipule en effet que « l’entropie » (autrement dit, le désordre) d’un système isolé augmente avec le temps – raison pour laquelle la chaleur circule toujours des objets les plus chauds vers les objets les plus froids.

Pour notre part, nous pourrions naïvement nous demander pourquoi la Carnegie Institution fait appel à tant de scientifiques pour justifier le principe de l’évolution créatrice qui constitue le fondement de toutes les sciences. Sans lui, il faut faire appel à Dieu.

Référence

BIOPHYSICS AND COMPUTATIONAL BIOLOGY

  • On the roles of function and selection in evolving systems

https://doi.org/10.1073/pnas.2310223120

Michael L. Wong https://orcid.org/0000-0001-8212-3036Carol E. Cleland https://orcid.org/0000-0002-8703-7580Daniel Arend Jr.+5, and Robert M. Hazen https://orcid.org/0000-0003-4163-8644 rhazen@carnegiescience.eduAuthors Info & Affiliations

October 16, 2023

120 (43) e2310223120

https://doi.org/10.1073/pnas.2310223120

  • Significance

The universe is replete with complex evolving systems, but the existing macroscopic physical laws do not seem to adequately describe these systems. Recognizing that the identification of conceptual equivalencies among disparate phenomena were foundational to developing previous laws of nature, we approach a potential “missing law” by looking for equivalencies among evolving systems. We suggest that all evolving systems—including but not limited to life—are composed of diverse components that can combine into configurational states that are then selected for or against based on function. We then identify the fundamental sources of selection—static persistence, dynamic persistence, and novelty generation—and propose a time-asymmetric law that states that the functional information of a system will increase over time when subjected to selection for function(s).

Abstract

Physical laws—such as the laws of motion, gravity, electromagnetism, and thermodynamics—codify the general behavior of varied macroscopic natural systems across space and time. We propose that an additional, hitherto-unarticulated law is required to characterize familiar macroscopic phenomena of our complex, evolving universe. An important feature of the classical laws of physics is the conceptual equivalence of specific characteristics shared by an extensive, seemingly diverse body of natural phenomena. Identifying potential equivalencies among disparate phenomena—for example, falling apples and orbiting moons or hot objects and compressed springs—has been instrumental in advancing the scientific understanding of our world through the articulation of laws of nature. A pervasive wonder of the natural world is the evolution of varied systems, including stars, minerals, atmospheres, and life. These evolving systems appear to be conceptually equivalent in that they display three notable attributes: 1) They form from numerous components that have the potential to adopt combinatorially vast numbers of different configurations; 2) processes exist that generate numerous different configurations; and 3) configurations are preferentially selected based on function. We identify universal concepts of selection—static persistence, dynamic persistence, and novelty generation—that underpin function and drive systems to evolve through the exchange of information between the environment and the system. Accordingly, we propose a “law of increasing functional information”: The functional information of a system will increase (i.e., the system will evolve) if many different configurations of the system undergo selection for one or more functions.

18/19/2023 Augmentation préoccupante des cas de cancers précoces

Selon une étude récente, dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract, ces trente dernières années, le nombre de personnes de moins de 50 ans chez qui un cancer a été diagnostiqué a augmenté d’environ 80 %. On parle souvent en ce cas de cancers d’apparition précoce ou cancers précoces;

Ces cancers que l’on considérait jusqu’alors comme spécifiques des groupes les plus âgés, sont notamment des cancers de l’intestin, de l’estomac, du sein, de l’utérus et du pancréas.

Ces données sont préoccupantes car certains de ces cancers, en particulier les cancers du pancréas et de l’estomac, se caractérisent par un faible taux de survie. Cela s’explique par le fait que ces cancers sont souvent diagnostiqués à un stade tardif.

Des travaux de recherche ont également montré que le cancer de l’intestin (il s’agit du cancer du gros intestin appelé aussi cancer du côlon ou colorectal) tend à être diagnostiqué à un stade plus avancé chez les adultes jeunes, par rapport aux sujets plus âgés.

S’il ressort clairement de cette étude que le cancer est de plus en plus fréquent chez les adultes de moins de 50 ans, les experts manquent de certitudes quant aux causes de cette augmentation.

Référence

Global trends in incidence, death, burden and risk factors of early-onset cancer from 1990 to 2019

https://bmjoncology.bmj.com/content/2/1/e000049

  1. Authors list
  2. Correspondence to Dr Xue Li; xue.li@ed.ac.uk.; Dr Kefeng Ding; dingkefeng@zju.edu.cn.
Abstract

Objective 
This study aimed to explore the global burden of early-onset cancer based on the Global Burden of Disease (GBD) 2019 study for 29 cancers worldwid.

Methods and analysis
 Incidence, deaths, disability-adjusted life years (DALYs) and risk factors for 29 early-onset cancer groups were obtained from GBD.

18/19/2023 Les succès à l’international des industries françaises de l’armement

Durant la guerre de 1914-18, ce furent le fusil Lebel modèle 1886, la canon de 75 mm, la mitrailleuse Hotchkiss ainsi qu’en fin de guerre le char Renault qui contribuèrent aux succès français. On ajoutera le couteau de tranchée, version renforcé du couteau à viande fabriqué à Thiers.

Le 14 juillet 2023 fut l’occasion de rappeler que la France est le troisième plus gros exportateur d’armes dans le monde derrière les États-Unis et la Russie, mais devant la Chine.

Le Rafale

Longtemps décrié sous l’influence d’une presse largement subventionnée pour ce faire par l’industrie américaine, le Rafale s’est révélé comme le meilleur atout de la France dans ses ventes militaires à l’international. Rien qu’en 2022, le groupe Dassault a vendu 92 de ces avions de chasse de quatrième génération. À eux seuls, les Émirats Arabes Unis ont acheté 80 chasseurs auprès de la France, ils sont suivis de la Grèce et de l’Indonésie qui en ont commandé 6 chacune. En 2023, l’Inde devrait acquérir 26 Rafale dans leur configuration marine : c’est-à-dire la version capable de décoller depuis un porte-avions. L’Indonésie, la Colombie, la Serbie et d’autres pays souhaiteraient également se procurer des Rafale dans les prochains mois

Le Rafale est en train d’être modernisé pour devenir encore plus efficace.  La future version F4 permettra au pilote de tirer des bombes d’une tonne. En entrant les coordonnées GPS de la cible, avant ou pendant le vol, le pilote sera en mesure de tirer dans un périmètre de 50 kilomètres. L’avion sera également équipé d’un viseur de casque Scorpion, fourni par Thales. Grâce à cette technologie, le pilote du chasseur aura simplement à tourner la tête en direction de l’avion ennemi pour ensuite le viser grâce à un affichage sur son casque au lieu de devoir aligner son appareil derrière l’ennemi.

Le Scorpène

L’expertise française est aussi reconnue dans le domaine maritime. L’industriel Naval Group connaît du succès à l’international, notamment grâce à ses sous-marins d’attaque Scorpène. Il s’agit d’un submersible conventionnel avec plus de 2.000 tonnes de déplacement. Ce bâtiment de guerre peut remplir tous les types de missions : lutte contre des navires de surface, destruction d’autres sous-marins, opération d’espionnage ou transport des forces spéciales. Extrêmement discret et rapide, son niveau d’automatisation lui permet d’être opéré par un équipage réduit ce qui diminue significativement les coûts.

Si le besoin s’en faisait sentir, il pourrait être doté d’une propulsion nucléaire

Les SNLE français (lance engins) ne sont pas pour des raisons évidentes, produits pour l’exportation

Le Brésil a acheté 4 Scorpène à Naval Group et l’Inde six. La Roumanie, les Philippines, l’Argentine et l’Indonésie seraient aussi intéressées par les performances du sous-marin français. À noter que le Scorpène est un succès purement international pour Naval Group car la marine nationale ne possède aucun submersible à propulsion conventionnelle dans sa flotte mais uniquement des sous-marins nucléaires.

La frégate FDI

Les submersibles ne sont pas les seuls bâtiments de guerre où Naval Group a démontré ses capacités à l’exportation

C’est notamment le cas de la frégate de défense et d’intervention (FDI), aussi connue sous le nom de Belharra, Athènes a acheté trois de ces navires de guerre à Paris pour un montant d’environ 3 milliards d’euros. D’un tonnage de 4.500 tonnes et long de 122 mètres, il navigue avec un équipage de 120 personnes. Il pourra embarquer un hélicoptère et un drone aérien ainsi que des commandos avec leurs embarcations légères.

Fortement numérisée, cette frégate est le premier navire dont la cyberprotection est intégrée dès la conception du programme. La FDI sera particulièrement performante dans la lutte anti-aérienne avec son radar à plaques Sea Fire. Ce dernier assure une vision constante à 360 degrés permettant de détecter rapidement un objet volant ; qu’il s’agisse d’un missile ou un avion.

Les navires vendus à la Grèce auront la capacité de tirer 32 missiles anti-aériens longue portée Aster 30. Contre les menaces de surface et sous-marines, la frégate dispose d’un canon de huit missiles antinavires Exocet. Elle aussi est équipée de sonars et de tubes lance-torpilles.

Le Caesar

L’industrie française a également prouvé sa maîtrise dans la conception de véhicules blindés en tous genres. L’obusier Caesar est particulièrement demandé à l’étranger, notamment depuis la guerre en Ukraine qui a révélé l’importance que conservent les combats d’artillerie au XXIe siècle.

Pour rappel, ce système d’artillerie est produit par Nexter. Il s’agit d’un canon de 155 millimètres monté sur un camion capable de tirer six coups par minute à une distance de 40 kilomètres. La version modernisée du Caesar comprend une cabine blindée, un moteur plus puissant et d’un nouveau châssis ainsi que de moyens numériques pour le rendre plus précis et plus ergonomique d’utilisation.

“La fiabilité et l’efficacité du Caesar en font l’outil idéal pour les combats de haute intensité”, a assuré son fabricant dans un communiqué. L’obusier a donc connu un succès commercial important avec plus de 337 exemplaires vendus dans plus de huit pays. L’Arabie Saoudite est l’État le plus demandeur de ce système d’artillerie et en possède 132 unités. Vient ensuite la Tchéquie avec 62 exemplaires, l’Indonésie, fidèle cliente des entreprises françaises de la défense, qui en possède 55. On trouve également parmi les pays acheteurs, le Maroc (36 unités), le Danemark (19 unités), la Lituanie (18 unités), la Belgique (9 unités) et la Thaïlande (6 unités).

Autres

D’autres blindés français sont aussi populaires dans le reste du monde. C’est notamment le cas des Griffon produit par Arquus, (ex-Renault Trucks Defense), Thalès et Nexter. En 2019, la Belgique a acheté 382 de ces véhicules à la France. Ces blindés à six roues de nouvelle génération doivent remplacer les véhicules de l’avant blindé VAB vieillissants. Ils ont été développés par les industriels français Nexter, Arquus et Thales, dans le programme Scorpion de renouvellement des capacités de combat terrestre.

Robuste, bien protégé et mobile, l’appareil possède des protections contre des engins explosifs improvisés ou, des mines. Le blindage nouvelle génération pourra même protéger les militaires de certaines radiations nucléaires et d’attaques chimiques. Le Griffon a pour mission de transporter et d’appuyer des groupes de soldats dans une zone de combat. Le groupe de combat embarqué comportera un pilote, un tireur et neuf combattants. Le véhicule de transport pourra rouler sur une distance de 800 kilomètres sans s’arrêter.

Les missiles

Enfin, la France profite aussi de la bonne santé du groupe européen MBDA qui est la deuxième entreprise au monde en termes de ventes de missiles. L’industriel emploie environ 12.000 personnes réparties entre la France (5.440 personnes), le Royaume-Uni (4.030 personnes), l’Italie (1.400 personnes), l’Allemagne (1.260 personnes), l’Espagne (20 personnes) et les États-Unis (50 personnes). Récemment, le missilier a profité d’une commande de deux milliards d’euros de la part de la France et de l’Italie pour une livraison de 700 missiles Aster. Ces engins ont pour but de protéger des villes, des bases militaires ou des navires. Le missile peut être tiré à la fois par des lanceurs de missiles situés au sol ou bien embarqués ;

. La version modernisée de ce missile est baptisée A30. Elle peut détruire des missiles balistiques dits à courte portée (300 à 600 kilomètres) et la Block 1 NT peut contrer des missiles de moyenne portée (1.300 à 1.500 kilomètres). Pour s’en protéger, l’A30 peut accélérer en moins de quatre secondes à une vitesse de 5.556 kilomètres par heure puis atteindre sa cible en moins de 10 secondes.

NB. Ces données peuvent avoir besoin de mises -à- jour

17/10/2023 Recherches sur le cerveau.

A l’occasion de la préparation en France de la 26e édition de la Semaine du cerveau, du 11 au 17 mars 2024. sous l’égide de la Société des Neurosciences,
des centaines d’événements sont organisés partout en France notamment pour sensibiliser le grand public sur l’importance de la recherche sur la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.

Pour notre part, nous republions ici deux textes significatifs

1. L’exemple canadien de la Banque des cerveaux

https://theconversation.com/la-banque-de-cerveaux-douglas-bell-canada-une-mine-dor-pour-la-recherche-sur-les-maladies-du-cerveau-205531

Le cerveau fascine les humains depuis toujours. Mais nos connaissances scientifiques sur ces quelques 1,3 kg de substance fragile enchâssée dans la boîte crânienne ont longtemps été fragmentaires. Or, les percées techniques fulgurantes des dernières années ont inauguré en quelque sorte l’âge d’or des neurosciences moléculaires.

Ces percées ont aussi été permises grâce aux banques de cerveaux, qui conservent des cerveaux humains dans les meilleures conditions pour la recherche scientifique. Nous avons ici à Montréal l’une des plus importantes au monde, la Banque de cerveaux Douglas-Bell Canada (BCDBC), qui a été fondée en 1980 à l’Hôpital Douglas.

La BCDBC, qui reçoit plusieurs cerveaux chaque mois, a récolté à ce jour plus de 3 600 spécimens. Son équipe traite chaque année des dizaines de requêtes de tissus provenant de scientifiques du Québec, du Canada, et de l’étranger, préparant ainsi environ 2 000 échantillons pour la recherche.

Ces efforts ont permis, au cours des 40 dernières années, un nombre considérable de découvertes sur différentes maladies neurologiques et psychiatriques.

Ce n’est que vers la seconde moitié du XIXe siècle que les scientifiques commencent à identifier les éléments microscopiques qui composent le cerveau.

À cette époque, on le conserve pour la première fois dans le formol, une solution qui préserve les tissus biologiques afin de pouvoir les manipuler plus facilement et de les garder à long terme.

Parallèlement, on développe des instruments de précision et des protocoles permettant d’examiner les caractéristiques microscopiques du tissu nerveux.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, on se contente surtout de conserver des cerveaux de patients, prélevés à l’autopsie, dans le but d’identifier de possibles changements macroscopiques ou microscopiques en lien avec leurs symptômes neurologiques ou psychiatriques.

C’est notamment ce que fait le neurologue allemand Alois Alzheimer, qui analyse le cerveau d’une de ses patientes atteintes de démence. En 1906, il décrit alors, pour la première fois, les lésions microscopiques qui caractérisent la maladie portant aujourd’hui son nom.

Ainsi, jusqu’à la fin des années 1970, de nombreuses collections de spécimens de cerveaux conservés dans le formol se bâtissent dans des milieux hospitaliers, un peu à la façon des anciens cabinets de curiosités.

Vers la fin du XXe siècle, les approches expérimentales permettant l’analyse à haute résolution de cellules et de molécules au sein de tissus biologiques se multiplient.

Il devient alors nécessaire de recueillir et de conserver des cerveaux humains, obtenus grâce au consentement de la personne ou de sa famille, dans des conditions compatibles avec les techniques scientifiques modernes.

On se met à congeler l’un des hémisphères cérébraux afin, notamment, de pouvoir en mesurer les différentes composantes moléculaires. L’autre hémisphère est fixé dans le formol pour des études anatomiques macroscopiques et microscopiques.

C’est dans ce contexte que fut créée la Banque de cerveaux Douglas-Bell Canada.

Des chercheurs de pointe de nombreuses universités à travers le monde bénéficient des échantillons de la BCDBC pour faire progresser leurs recherches. Cela inclut, il va sans dire, plusieurs équipes québécoises.

C’est ainsi que le Dr Judes Poirier, du Centre de recherche Douglas, affilié à l’Université McGill, et son équipe ont découvert que le gène APOE4 constitue un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. Plus récemment, l’équipe du Dr Gilbert Bernier, professeur au Département de neurosciences de l’Université de Montréal, a découvert que les lésions caractéristiques de cette maladie sont associées à une expression anormale du gène BMI1.

Du côté des maladies psychiatriques, et plus particulièrement de la dépression, des progrès importants ont été réalisés tout récemment par le Groupe McGill d’Études sur le Suicide.

Ainsi, en utilisant des méthodes de pointe permettant d’isoler et d’analyser les cellules du cerveau humain, l’équipe du Dr. Turecki est parvenue à identifier précisément les types de cellules dont la fonction est affectée chez des hommes ayant souffert de dépression majeure, puis de découvrir que les types cellulaires en cause dans cette maladie diffèrent entre les hommes et les femmes.

Ces approches expérimentales donnent lieu à des ensembles de données gigantesques pouvant être interrogés dans le cadre d’études subséquentes. C’est le cas, par exemple, de travaux menés dans mon laboratoire et ayant identifié des signes de changements persistants dans la neuroplasticité au sein du cortex préfrontal de personnes ayant un historique de maltraitance infantile. En effet, les études citées ci-dessus nous ont permis de découvrir au moins un des types cellulaires impliqués dans ce phénomène.

En somme, les méthodes expérimentales à notre disposition aujourd’hui permettent ni plus ni moins de « déconstruire » le cerveau en ses composantes élémentaires afin d’en comprendre les fonctions et les dysfonctions.

C’est grâce au travail acharné et au dévouement de toute l’équipe de la BCDBC, ainsi qu’au soutien de tous ses partenaires, de mécènes (souvent anonymes) et d’organismes subventionnaires, et particulièrement le FRQS et son Réseau québécois sur le suicide, les troubles de l’humeur et les troubles associés, que cette ressource inestimable a non seulement réussi à survivre, mais à se développer et à se hisser au rang des plus importantes banques de cerveaux au monde.

Il est permis de croire que la BCDBC aura dans les années à venir un rôle important à jouer dans l’identification de plus en plus précise des causes biologiques des maladies du cerveau, et donc de nouvelles cibles en vue de meilleures approches de prévention, de dépistage et de traitement.

2)  Il existe en France une banque de cerveaux, la biobanque Neuro-CEB, située sur le site de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris.

Sur les thermostats des congélateurs de la biobanque Neuro-CEB, la température s’affiche : – 80 degrés. À l’intérieur, des échantillons de cerveaux qui seront mis à la disposition des chercheurs qui travaillent sur les maladies neuro-dégénératives

Sabrina Leclère, gestionnaire de la biobanque reçoit les projets de recherche. « C’est répétitif, explique-t-elle, car beaucoup nous font plusieurs demandes. Entre 25 et 30 projets de recherches nous sont proposés chaque année, ce qui représente 3 000 à 4 000 échantillons cédés par an. On a encore 30 000 échantillons dans les congélateurs disponibles pour la recherche. »

Si l’objectif, à terme, est bien évidemment de trouver des traitements, le fonctionnement du cerveau reste encore pour le moment bien mystérieux. « La recherche avance, souligne Sabrina Leclère. Plein de petites choses sont trouvées dans toutes les maladies, en espérant qu’elles pourront un jour conduire à un traitement. Mais il est vrai que ce sont des investigations assez longues et complexes. Mais cela avance : il y a beaucoup de chercheurs qui font des publications grâce à ces échantillons. »

Actuellement, 750 cerveaux sont stockés à la biobanque. Quelque trois mille personnes sont par ailleurs inscrites sur la liste des donneurs. Parmi elles, des malades d’Alzheimer ou de Parkinson qui signent un consentement pour un prélèvement post-mortem. Il est cependant plus difficile de récupérer des cerveaux dits « sains », sans lesquels les recherches n’avancent pas, insiste Marie-Claire Artaud-Botté, la coordinatrice. « C’est indispensable ! Quand ils nous demandent cinq cas de maladies de Parkinson, ils vont nous demander en face cinq cas de témoins. La recherche sur les maladies du cerveau a besoin du cerveau humain. Il n’y a pas de modèle animal ou de modèle in vitro qui puisse représenter le cerveau en entier. » Les échantillons conservés à la biobanque peuvent servir la recherche pendant plus de dix ans. 

À l’occasion de la semaine du cerveau, des centaines d’événements sont organisés partout en France par la Société des neurosciences pour sensibiliser le grand public sur l’importance de la recherche sur la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.

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Nous rappellerons pour notre part la contribution de plus en plus importante qu’apportent les modèles numériques du cerveau. C’est d’abord dans la compréhension du fonctionnement des cerveaux des espèces animales qui au cours de l’évolution se sont dotées de cet organe que les simulations informatiques jouent un rôle primordial. Mais c’est de plus en plus dans la simulation du cerveau humain qu’elles sont utiles, vu l’impossibilité d’observer directement les cerveaux en action.

J.P. Baquiast pour Europe solidaire

16/10/2023 Israël savait…

Israël ait été prévenu par les services égyptiens de l’imminence d’une attaque du Hamas

Sources

https://noticiasholisticas.com.ar/inteligencia-egipcia-afirmo-que-israel-ignoro-repetidas-advertencias-sobre-el-ataque-de-hamas/

Traduction
http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2023/10/15/les-services-de-renseignement-egyptiens-affirment-qu-israel-a-ignore-les-av.html

Les questions de plus en plus nombreuses concernant l’incapacité des services de renseignement israéliens à anticiper et à se préparer à une attaque surprise du Hamas ont été aggravées lundi lorsqu’un responsable des services de renseignement égyptiens a déclaré que Jérusalem avait ignoré les avertissements répétés selon lesquels le groupe basé à Gaza préparait « quelque chose d’important », y compris, apparemment, une action directe. Le ministre des renseignements du Caire avait prévenu le premier ministre israélien.

Le responsable égyptien a déclaré que l’Égypte, qui joue souvent le rôle de médiateur entre Israël et le Hamas, avait parlé à plusieurs reprises aux Israéliens de « quelque chose d’important » et a ajouté que les responsables israéliens se concentraient sur la Cisjordanie et minimisaient la menace de Gaza. Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu est composé de partisans des colons de Cisjordanie qui ont exigé des mesures de sécurité face à la montée de la violence au cours des 18 derniers mois.

« Nous les avons prévenus qu’une explosion de la situation allait se produire, très bientôt, et qu’elle serait de grande ampleur. Mais ils ont sous-estimé ces avertissements », a déclaré à l’Associated Press le fonctionnaire, qui a parlé sous le couvert de l’anonymat parce qu’il n’était pas autorisé à discuter avec les médias du contenu des conversations sensibles des services de renseignement, ajoute le Times of Israel.

Dans l’un de ces avertissements, le ministre égyptien du renseignement, le général Abbas Kamel, a personnellement appelé Netanyahou dix jours seulement avant l’attaque massive, déclarant que les habitants de Gaza étaient susceptibles de faire « quelque chose d’inhabituel, une opération terrible », selon le site d’information Ynet.

Des responsables égyptiens anonymes ont déclaré au site qu’ils avaient été choqués par l’indifférence de M. Netanyahou à l’égard de la nouvelle et que le Premier ministre lui avait dit que l’armée était « immergée » dans les problèmes de la Cisjordanie.

Le bureau du Premier ministre a démenti ces informations dans une déclaration lundi. Cependant, Israël ne s’est pas contenté d’ignorer les avertissements clairs de ses alliés.

Pour les Palestiniens de Gaza, les yeux d’Israël ne sont jamais très loin. Des drones de surveillance bourdonnent constamment dans le ciel. La frontière, hautement sécurisée, est jalonnée de caméras de sécurité et de soldats en faction. Les agences de renseignement utilisent des sources et des capacités cybernétiques pour extraire des informations.

Mais les yeux d’Israël semblent avoir été fermés lors de la préparation de l’attaque surprise du Hamas.

« Il s’agit d’un échec cuisant », a déclaré Yaakov Amidror, ancien conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Cette opération prouve en fait que les capacités [de renseignement] à Gaza n’étaient pas bonnes ». M. Amidror n’a pas voulu donner d’explication à cet échec et a déclaré qu’il faudrait en tirer les leçons une fois que la poussière sera retombée.

Amir Avivi, un général israélien à la retraite, a déclaré qu’en l’absence d’un point d’appui à l’intérieur de Gaza, les services de sécurité israéliens en sont venus à s’appuyer de plus en plus sur des moyens technologiques pour recueillir des renseignements. Selon lui, les groupes de Gaza ont trouvé des moyens d’échapper à cette collecte de renseignements technologiques, ce qui donne à Israël une image incomplète de leurs intentions.

« L’autre partie a appris à faire face à notre domination technologique et a cessé d’utiliser des technologies susceptibles de l’exposer », a déclaré M. Avivi, qui a servi d’intermédiaire pour la transmission de renseignements sous l’autorité d’un ancien chef d’état-major de l’armée. M. Avivi est président et fondateur du Forum israélien de sécurité et de défense, un groupe d’anciens commandants militaires partisans d’une ligne dure.

« Ils sont revenus à l’âge de pierre », a-t-il déclaré, expliquant qu’ils n’utilisaient ni téléphone ni ordinateur et qu’ils menaient leurs affaires sensibles dans des pièces spécialement protégées contre l’espionnage technologique.

Mais M. Avivi a déclaré que l’échec allait au-delà de la simple collecte de renseignements et que les services de sécurité israéliens n’avaient pas réussi à se faire une idée précise des renseignements qu’ils recevaient, sur la base de ce qu’il a qualifié d’idée fausse sur les intentions du Hamas.

« En pratique, des centaines, voire des milliers d’hommes du Hamas se préparaient depuis des mois à une attaque surprise, sans que cela n’ait filtré », a écrit Amos Harel, commentateur des questions de défense, dans le quotidien Haaretz. « Les résultats sont catastrophiques ».

Israël a également été troublé et déchiré par le projet de réforme judiciaire de M. Netanyahou. M. Netanyahou a reçu des avertissements répétés de ses chefs de la défense, ainsi que de plusieurs anciens dirigeants des agences de renseignement du pays, selon lesquels ce plan de division sapait la cohésion des services de sécurité du pays.

Martin Indyk, envoyé spécial pour les négociations israélo-palestiniennes sous l’administration Obama, a déclaré que les divisions internes concernant les changements juridiques étaient un facteur aggravant qui avait contribué à prendre les Israéliens par surprise.

16/10/2023 LLM De mystérieux modèles

La SiliconValley qui est restée la référence mondiale en matière de technologies de l’information, ne jure plus que par les LLM. Google a introduit son propre LLM, nommé BARD, dans chacun de ses services, Open AI a fait de même, dotant le sien, dit ChatGPT, de nouvelles capacités sensorielles, telles que la capacité de voir et parler afin d’en faire un assistant personnel. Mais l’on en sait encore peu sur la façon dont ces outils fonctionnent, dans quels domaines on peut les utiliser et quand il vaut mieux les éviter. Est-il prudent d’y faire appel dans ces conditions ?

Certains auteurs voient dans les LLM des algorithmes de compression tels que JPEG en photographie digitale. Mais dans ce cas, ils auraient vocation à comprimer tous l’Internet pour le faire entrer dans un simple disque. Un récent article de chercheurs de Google Deepmind a confirmé l’hypothèse de la compression (Voir https://venturebeat.com/ai/llms-are-surprisingly-great-at-compressing-images-and-audio-deepmind-researchers-find/)

Mais l’article montre que les LLM visent aussi a reconstituer des textes ou des images complets à partir de fragments. A la base ils utilisent la technique dite Next Word Prediction. Celle-ci vise à prédire le sens d’un mot inconnu à partir du sens d’un mot connu. Elle est le plus souvent précieuse

Dans certains cas les LLM peuvent se tromper ou, plus gravement tromper l’utilisateur. Ainsi, en reconstituant le discours d’un homme politique, utilisé d’une façon malveillante, ils pourront lui faire dire le contraire de ce qu’il a dit. Personne ne s’en rendra compte.

Pour bien faire, les créateurs des LLM devraient passer plus de temps, avant de les commercialiser, pour comprendre comment ils fonctionnent et en quoi ils peuvent se tromper. Il leur restera à en avertir honnêtement leurs utilisateurs

Voir notre article précédent

https://europesolidaire.eu/2023/07/26/26-07-27-le-piege-des-grands-modeles-de-langage-large-language-models-llm-repeter-comme-des-perroquets/

15/10/2023 Assassinat des enseignants français par les islamistes

Apres Samuel Paty, c’est un deuxième enseignants français que les intérêts islamistes bien représentés en France ont décidé de faire taire de la facon la plus violente qui soit.

 Arras a rendu hommage le dimanche 15 octobre à Dominique Bernard, le professeur de français tué par un ancien-élève islamiste radicalisé, ainsi qu’aux deux victimes collatérales.

Mais les fleurs et les couronnes ne suffiront pas. Les mesures gouvernementales qui viennent décidées pas davantage ( déclaration d’urgence-attentat, interdiction de certaines manifestations, identification partout sur le territoire des nationaux considérés comme dangereux par les services de renseignement, retrait systématique du titre de séjour pour les étrangers).

Quant à l’expulsion systématique de tout étranger considéré comme dangereux, elle sera impossible. Aucun pays étranger ne l’acceptera.

De plus, les représentants de l’islam radical installés en France depuis longtemps et qui l’ont souvent frappée, ne laisseront pas faire. L’appel lancé par Khaled Mechaal, l’ancien chef du Hamas, qui exigeait des musulmans du monde entier qu’ils fassent connaître leur colère, a été entendu. Il le sera encore longtemps, car on trouve en chaque pays des cellules dormantes et des individus radicalisables , souvent issus de l’immigration, qui, tôt ou tard, entendront la voix de l’islam radical. La France porte en elle une entité qui la rejette et veut l’anéantir.

14/10/2023 Matière et Antimatière

Rappelons en introduction qu’il ne faut pas confondre la matière noire et l’anti-matière. Il n’y a en moyenne qu’une particule d’antimatière pour un milliard de particules de matière. Donc l’antimatière ne joue aucun rôle dans l’Univers d’aujourd’hui, alors que la matière noire est prépondérante.

L’antimatière est si l’on peut dire le contraire de la matière, dont sont constituées les étoiles et les planètes. Les deux substances auraient été générées en quantités égales lors du Big Bang, La dernière étude en date a révélé que les deux matières réagissent de la même manière à la gravité. Autrement dit, si on laissait tomber un morceau d’antimatière, il arriverait au sol aussi vite que le ferait son homologue constitué  de matière.

Pendant des années, les physiciens se sont efforcés de découvrir les différences et les similitudes entre les deux substances, afin d’expliquer l’origine de l’univers. Découvrir que l’antimatière s’élèverait vers le haut en réponse à la gravité, au lieu de tomber, aurait complètement bouleversé tout ce que nous savons de la physique.

Or, il vient d’être confirmé pour la première fois que les atomes d’antimatière tombent. Loin d’être une impasse scientifique, cette découverte ouvre la voie à de nouvelles expériences et hypothèses. Tombent-ils à la même vitesse, par exemple ? Lors du Big Bang, la matière et l’antimatière ont dû se combiner et s’annuler, ne laissant que de la lumière. C’est l’un des grands mystères de la physique, et la découverte des différences entre les deux est la clé pour le résoudre. Or d »une manière ou d’une autre, la matière a pris le dessus sur l’antimatière dans les premiers instants de la création.

La façon dont elle réagit à la gravité pourrait en être la clé, selon le Dr Danielle Hodgkinson, membre du groupe de recherche de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), en Suisse, l’un des plus grands laboratoires de physique des particules au monde.

« Nous ne comprenons pas comment notre univers en est venu à être dominé par la matière, c’est donc ce qui motive nos expériences » a-t-elle dit.

La plupart de l’antimatière n’existe que de façon fugace dans l’univers. Pour réaliser les expériences, l’équipe du CERN a donc dû la créer sous une forme stable et durable. Le professeur Jeffrey Hangst a passé 30 ans à mettre au point une installation permettant de construire méticuleusement des milliers d’atomes d’antimatière à partir de particules subatomiques, puis de les piéger et de les relâcher à nouveau.

« L’antimatière s’avère être la substance la plus fascinante et la plus mystérieuse que l’on puisse imaginer. Pour autant que nous puissions le comprendre, il serait possible de construire un univers comme le nôtre, avec vous et moi, uniquement composé d’antimatière », explique le professeur Hangst.

D’abord, qu’est que la matière ? Tout dans notre monde est fait de matière, depuis les plus petites particules jusqu’aux atomes. L’atome le plus simple est l’hydrogène. C’est l’élément le plus important qui compose le Soleil. Un atome d’hydrogène est constitué d’un proton chargé positivement au centre et d’un électron chargé négativement en orbite autour de lui.

Dans le cas de l’antimatière, les charges électriques sont inversées. Prenons l’exemple de l’antihydrogène, qui est la version antimatière de l’hydrogène, utilisée dans les expériences du CERN. Son centre est constitué d’un proton chargé négativement (antiproton) autour duquel tourne un électron chargé positivement (positron).

Les antiprotons du CERN sont produits par la collision de particules à l’intérieur des accélérateurs du Centre. Ils sont transportés par des tubes vers le laboratoire d’antimatière à une vitesse élevée, presque égale à celle de la lumière. Cette vitesse est trop élevée pour que les chercheurs puissent la contrôler. La première étape consiste donc à les ralentir en les faisant passer dans un grand anneau magnétique. Cela permet d’extraire leur énergie, jusqu’à ce que leur mouvement deviennent plus observables.

Les antiprotons et les positrons sont envoyés ensuite vers un aimant géant, où ils se mélangent pour former des milliers d’atomes d’antihydrogène. L’aimant crée un champ magnétique qui piège l’antihydrogène. S’il venait à toucher les parois du conteneur, il serait instantanément détruit, car l’antimatière ne peut survivre au contact avec la matière . Lorsque le champ magnétique est désactivé, les atomes d’antihydrogène sont libérés. Des capteurs détectent alors s’ils sont tombés vers le haut ou vers le bas.

Certains physiciens théoriques ont prédit que l’antimatière pourrait tomber (monter) vers le haut, alors que la plupart d’entre eux, notamment Albert Einstein dans sa théorie générale de la relativité il y a plus de 100 ans, affirment qu’elle devrait se comporter comme la matière et tomber vers le bas. Les chercheurs du CERN viennent de confirmer, avec le plus haut degré de certitude jamais atteint, qu’Einstein avait raison.

Mais ce n’est pas parce que l’antimatière ne tombe pas vers le haut qu’elle tombe vers le bas exactement à la même vitesse que la matière. Aussi, dans les prochaines étapes de la recherche, l’équipe améliorera son expérience pour la rendre plus sensible et vérifiera s’il existe une légère différence dans les vitesses de chute de l’antimatière.

Si c’était le cas, cela pourrait répondre à l’une des principales questions que pose la cosmologie: comment l’univers est-il apparu ?

Les résultats de la recherche ont été publiés dans la revue Nature. Nous en reprenons ci-dessous les références et l’abstract.

Les chercheurs du CERN préparent d’autres expériences pour tester ces premiers résultats, notamment celles dites AEgIS et GBAR

Référence

Observation of the effect of gravity on the motion of antimatter
Abstract

Einstein’s general theory of relativity from 1915 remains the most successful description of gravitation. From the 1919 solar eclipse to the observation of gravitational waves, the theory has passed many crucial experimental tests. However, the evolving concepts of dark matter and dark energy illustrate that there is much to be learned about the gravitating content of the universe. Singularities in the general theory of relativity and the lack of a quantum theory of gravity suggest that our picture is incomplete. It is thus prudent to explore gravity in exotic physical systems. Antimatter was unknown to Einstein in 1915. Dirac’s theory  appeared in 1928; the positron was observed in 1932. There has since been much speculation about gravity and antimatter. The theoretical consensus is that any laboratory mass must be attracted by the Earth, although some authors have considered the cosmological consequences if antimatter should be repelled by matter. In the general theory of relativity, the weak equivalence principle (WEP) requires that all masses react identically to gravity, independent of their internal structure. Here we show that antihydrogen atoms, released from magnetic confinement in the ALPHA-g apparatus, behave in a way consistent with gravitational attraction to the Earth. Repulsive ‘antigravity’ is ruled out in this case. This experiment paves the way for precision studies of the magnitude of the gravitational acceleration between anti-atoms and the Earth to test the WEP.4/10/2023 Matière et Antimatière

13/10/2023 Guerre Israel-Hamas. Qui a fourni des armes au Hamas ?

La bande de Gaza s’étend sur quelque 360 km2, soit à peu près la taille du lac de Neuchâtel. Il s’agit d’un territoire très densément peuplé, pauvre et disposant de très peu de ressources. Surtout, l’enclave est presque totalement coupée du reste du monde depuis que le Hamas en a pris le contrôle, il y a 16 ans. Les Etats limitrophes, Israël et l’Egypte, imposent un blocus strict sur ce territoire, contrôlé par un vaste dispositif de surveillance.

Et pourtant, les combattants du Hamas qui ont attaqué Israël samedi matin l’ont fait à l’aide de milliers de roquettes, de drones larguant des grenades et d’un nombre considérable d’armes légères et munitions. D’où venaient ces armes ?

Au fil des années, le Hamas a creusé un immense réseau de tunnels reliant le territoire de Gaza au Sinaï égyptien et à Israël pour faire circuler combattants, armes et autres biens de contrebande. Ces voies souterraines sont régulièrement ciblées par les forces israéliennes et égyptiennes, sans succès. Après chaque attaque, le Hamas en creuse de nouvelles.

Avant d’atteindre les tunnels du Hamas, les armes transitent de l’Iran au Soudan. Les cargaisons gagnent ensuite l’Egypte par voie terrestre, où des réseaux de contrebande les introduisent dans la bande de Gaza. Les cargaisons gagnent ensuite l’Egypte par voie terrestre, où des réseaux de contrebande les introduisent dans la bande de Gaza.

Autre source d’entrée, la voie maritime. D’inoffensifs bateaux de pèche ou de petit cabotage larguent les armes au large de la bande de Gaza ou libèrent de petits containers ensuite récupérés par des combattants du Hamas.

Quel a été le rôle de l’Iran ?

Les responsables palestiniens ont nié avoir reçu de l’aide de la part de l’Iran pour planifier leur dernière attaque, et rien ne prouve que l’Iran ait activement participé aux massacres, selon le renseignement américain. Pourtant, Téhéran est depuis longtemps le principal soutien militaire du Hamas.

L’Iran fournit notamment des roquettes, dont le modèle Fajr-5, d’une portée de 75 kilomètres, ainsi qu’une variante locale des missiles antichars russes Kornet.

La République islamique n’exporte pas uniquement des armes prêtes à l’emploi. Elle livre également des pièces détachées et, surtout, son savoir-faire: les miliciens du Hamas sont formés par elle pour pouvoir assembler ou réparer des armes en autonomie, à l’intérieur de Gaza.

En résultat, le Hamas fabrique désormais une grande partie de ses propres armes, met au point des drones et des véhicules sous-marins sans pilote, s’engage dans la cyberguerre et est sur le point de passer des roquettes non guidées à des drones et des missiles de précision guidés par GPS», résumait une étude du Jerusalem Center for Public Affairs parue en août 2021.

Recyclage

Pourtant, la bande de Gaza ne dispose pas des matières premières habituellement nécessaires à la construction des armes. Pour se les procurer, le Hamas doit faire preuve d’ingéniosité.

Le métal utilisé à ces fins provient souvent des infrastructures détruites par les frappes aériennes d’Israël sur Gaza. Tout ce qui reste après ces attaques – tôles et tuyaux métalliques, barres d’armature, câbles électriques – trouve son chemin dans les ateliers d’armement du Hamas, pour en ressortir sous forme de tubes de roquettes ou d’autres engins explosifs.

Le groupe islamiste a également déterré les conduites d’eau qui reliaient d’anciennes colonies évacuées au territoire israélien, utilisées désormais pour fabriquer les sections de propulsion des roquettes. 

L’armée israélienne est, malgré elle, également une source d’équipements pour le Hamas. Après chaque opération de Tsahal à Gaza, les combattants islamistes fouillent minutieusement décombres et champs à la recherche de munitions non explosées.

Après la guerre de 2014, Tsahal aurait laissé derrière lui des dizaines de bombes américaines non explosées, ce qui aurait permis aux hommes du Hamas de récupérer 470 kilos d’un puissant explosif dit tritonal (TNT) dans chacune d’entre elles.

L’aveuglement d’Israël et de Washington.

On comprend mal dans ces conditions que ni Israël ni les Etats-Unis, qui se vantent d’avoir les services de renseignement militaires les plus affutés du monde, n’aient rien vu venir et se soient laissés surprendre par le Hamas et par l’Iran.

https://jcpa.org/frequently-asked-questions-about-the-2023-war-with-hamas/