26/10/2023. La viande de culture

On nomme viande de culture une viande produite avec les méthodes de l ‘agriculture cellulaire. Il s’agit d’une viande consistant en cellules animales, musculaires de préférence prélevées vivantes en très petites quantités et sans douleur sur un animal puis élevées dans une enceinte destinée à les protéger d’infections microbiennes extérieures.

Ces cellules demeurent vivantes et se multiplient, si elles sont convenablement nourries, jusqu’à devenir consommables par l’homme de la même façon que le serait un steak acheté dans une boucherie. La nourriture qui leur est dispensée prend la forme d’un liquide apportant aux cellules tout ce que son sang apporte aux cellules d’un animal vivant.

Les personnes qui consomment ensuite ces cellules, par exemple sous la forme d’un steack préparé en cuisine, admettent que, consistance mise à part, elles ne perçoivent aucune différence entre cette viande de culture et une viande naturelle. Des essais ont été réalisées à partir de cellules de lions ou de crocodiles prélevées selon la même méthode sur des animaux vivants. On y retrouve   des saveurs spécifiques analogues à celles que dégage de la viande de lion ou de crocodile mort de mort naturelle.

Cette méthode est très sérieusement envisagée dans les pays menacés de sécheresse à la suite du réchauffement climatique. Ils ne pourront plus se permettre des élevages traditionnels désastreux pour l’environnement.

L’humanité devra-t-elle donc renoncer à la viande ? Pour le moment des enquêtes d’opinion ont montré qu’aucun consommateur de viande ne voudra se passer de la viande naturelle.

En juillet 2023, la revue américaine The Atlantic a publié un article intitulé « Open your mind to unicorn meat (la viande de licorne » montrant que les différentes sortes de viande de culture devraient satisfaire les goûts des consommateurs les plus exigeants.

Sans attendre une start-up également américaine intitulée Primeval Foods annonce avoir fait des investissements qui permettront à chacun de consommer de la viande de culture provenant de différentes espèces exotiques, comme le tigre ou le zèbre. Vow Foods pour sa part a annoncé pouvoir vendre des boulettes de viande de mammouth laineux reconstitué à partir de l’ADN de cet animal conservé dans des sites préhistoriques datant de l’âge de pierre. On trouve sur le site de VowFoods un document technique justifiant le recours à la viande artificielle.

Faudra-t-il recourir à la guerre pour diminuer les prélèvements actuels de l’humanité sur les ressources d’élevage naturel. La guerre en Ukraine aurait fait à ce jour 500.000 morts et blessés. Autant d’économies, dira-t-on, en matière de viandes de boucherie.

25/10/2023 Une nouvelle loi concernant l’évolution dans l’univers

Selon une équipe composée de scientifiques et de philosophes, la théorie de l’évolution formulée par Charles Darwin au 19e siècle n’est qu’un « cas particulier » d’une loi de la nature qui engloberait le vivant mais aussi les minéraux, les planètes et les étoiles.

Et si l’évolution ne se limitait pas à la vie sur Terre ? C’est ce que suggère une équipe de neuf scientifiques et philosophes américains dirigés par la Carnegie Institution for Science, à travers un nouvel article publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (16 octobre 2023).

Voir références ci dessous

L’article désigne une  « loi de l’augmentation de l’information fonctionnelle », selon laquelle tous les « systèmes naturels complexes » – qu’il s’agisse de la vie sur Terre ou des atomes, des minéraux, des planètes et des étoiles – évoluent vers des états « plus structurés, plus diversifiés et plus complexes. De même que pour les mutations se produisant dans les systèmes biologiques au niveau cellulaire, ces différents systèmes, y compris ceux considérés comme non-vivants, sont faits de briques de base (building bloks) en interaction

La nouvelle loi proposée, intitulée « law of increasing functional information, » suggère que tous les systèmes évolutifs, biologiques ou non biologiques, évoluent avec le temps vers une diversité et une complexité accrues. Les résultats de cette évolution, tous différents, sont mis en concurrence. Les plus divers et les plus complexes sont sélectionnés par l’évolution comme les mieux à même de répondre aux besoins d’adaptation dans un monde dont la complexité évolue toujours davantage.

Ainsi les premières étoiles peu après le Big Bang, ne comportaient que deux éléments, l’hydrogene et l’hélium. Mais le cheudron de la fusion thermonucléaire se produisant dans leur cœur, elles firent apparaître 20 éléments plus légers, comme le carbone, l’azote et l’oxygène qui furent projetés dans l’espace quand elles explosèrent en fin de vie. Il en résultat de nouvelles générations d’étoiles de plus en plus complexes, jusqu’à celles d’aujourd’hui qui comportent plus de 100 éléments chimiques.

Sur Terre et sans doute ailleurs dans l’univers des formes de vie de plus en plus complexes se sont formées à partir de ces éléments.

Références

On the roles of function and selection in evolving systems

Michael L. Wong https://orcid.org/0000-0001-8212-3036Carol E. Cleland https://orcid.org/0000-0002-8703-7580Daniel Arend Jr.+5, and Robert M. Hazen https://orcid.org/0000-0003-4163-8644 rhazen@carnegiescience.edu

Contributed by Jonathan I. Lunine; received July 8, 2023; accepted September 10, 2023; reviewed by David Deamer, Andrea Roli, and Corday Seldon

October 16, 2023

120 (43) e2310223120

https://doi.org/10.1073/pnas.2310223120

  • Significance

The universe is replete with complex evolving systems, but the existing macroscopic physical laws do not seem to adequately describe these systems. Recognizing that the identification of conceptual equivalencies among disparate phenomena were foundational to developing previous laws of nature, we approach a potential “missing law” by looking for equivalencies among evolving systems. We suggest that all evolving systems—including but not limited to life—are composed of diverse components that can combine into configurational states that are then selected for or against based on function. We then identify the fundamental sources of selection—static persistence, dynamic persistence, and novelty generation—and propose a time-asymmetric law that states that the functional information of a system will increase over time when subjected to selection for function(s).

Abstract

Physical laws—such as the laws of motion, gravity, electromagnetism, and thermodynamics—codify the general behavior of varied macroscopic natural systems across space and time. We propose that an additional, hitherto-unarticulated law is required to characterize familiar macroscopic phenomena of our complex, evolving universe. An important feature of the classical laws of physics is the conceptual equivalence of specific characteristics shared by an extensive, seemingly diverse body of natural phenomena. Identifying potential equivalencies among disparate phenomena—for example, falling apples and orbiting moons or hot objects and compressed springs—has been instrumental in advancing the scientific understanding of our world through the articulation of laws of nature. A pervasive wonder of the natural world is the evolution of varied systems, including stars, minerals, atmospheres, and life. These evolving systems appear to be conceptually equivalent in that they display three notable attributes: 1) They form from numerous components that have the potential to adopt combinatorially vast numbers of different configurations; 2) processes exist that generate numerous different configurations; and 3) configurations are preferentially selected based on function. We identify universal concepts of selection—static persistence, dynamic persistence, and novelty generation—that underpin function and drive systems to evolve through the exchange of information between the environment and the system. Accordingly, we propose a “law of increasing functional information”: The functional information of a system will increase (i.e., the system will evolve) if many different configurations of the system undergo selection for one or more functions.

25/10/2023 Table des éditoriaux récents

Table au 25102023

https://europesolidaire.eu/2023/10/18/18-19-2023-augmentation-preoccupante-des-cas-de-cancers-precoces/

https://europesolidaire.eu/2023/10/02/03-10-2023-signes-de-relance-de-lactivite-cerebrale

-chez-des-patients-a-lagonie-near-death/

25/10/2023 Table des éditoriaux récents

Table au 25102023

https://europesolidaire.eu/2023/10/18/18-19-2023-augmentation-preoccupante-des-cas-de-cancers-precoces/

https://europesolidaire.eu/2023/10/02/03-10-2023-signes-de-relance-de-lactivite-cerebrale

-chez-des-patients-a-lagonie-near-death/

24/10/2023 L’univers est-il un ballon gonflable ?

L’idée selon laquelle l’univers serait en expansion est un des fondements de la cosmologie moderne. Mais comment constate-t-on cette expansion puisque l’univers ne peut être comparé à aucune référence extérieure à lui-même permettant de constater et éventuellement mesurer son expansion.

Si je souffle dans un ballon gonflable dit de baudruche, il augmente de dimension. Je le constate en mesurant sa nouvelle dimension avec un décimètre qui lui est extérieur et en comparant cette nouvelle dimension avec celle qui était la sienne avant gonflement. Mais si j’étais avec ce décimètre à l’intérieur du ballon, nous serions tous les deux en expansion et je n’aurais pas pu constater cette expansion, faute de références extérieures.

La cosmologie répond à cette objection en expliquant que nous pouvons constater l’expansion de l’univers en constatant que les objets cosmiques que nous apercevons s’éloignent de nous au lieu de tomber sur nous, comme ils le devraient en application du principe de la gravitation universelle. Celle-ci justifie le fait que si nous lâchons un objet que nous tenons à la main, il tombe à nos pieds.

Ainsi, après le Big Bang, le Grande Explosion, nous aurions pu constater que tous les objets cosmique crées à l’occasion de cette grande explosion se sont éloignés de nous à des vitesses identiques. Ce phénomène peut aujourd’hui être constaté lorsque l’on mesure l’éloignement les uns par rapport aux autres des amas de galaxies.

Mais au sein des galaxies elles-mêmes, c’est la loi de la gravité qui semble s’appliquer. Les objets de grande masse attirent selon des trajectoires complexes les objets de masse inférieure. Ainsi la Terre tombe sur le soleil et la galaxie d’Andromède moins massive que la Voie Lactée tombe sur cette dernière

Cette théorie relativiste de la gravitation prédit des effets absents de la théorie newtonienne mais vérifiés, comme les ondes gravitationnelles et les trous noirs. Elle ne permet pas par contre de déterminer certaines constantes ou certains aspects de l’univers (notamment son évolution, s’il est fini ou non, s’il retombera un jour sur lui-même, etc.) 

De plus, des observations nouvelles seront nécessaires pour préciser des paramètres ou faire des choix entre plusieurs possibilités laissées ouvertes par la théorie.

Aucun des nombreux tests expérimentaux effectués n’a pu mettre cette théorie en défaut. Toutefois, des questions restent sans réponse : comment la relativité générale et la physique quantique peuvent elles être unies pour produire une théorie complète et cohérente de gravité quantique ; et sur le plan des observations astronomiques ou cosmologiques, comment concilier certaines mesures avec les prévisions, par exemple concernant la matière et l’énergie dites noires.

Lire

Chanda Prescod-Weinstein
How the balloon analogy is almost perfect
New Scientist 14 october 2023, p.22

23/10/2023. Découverte d’un sursaut radio rapide qui dure environ 1 000 fois plus longtemps que le sursaut moyen. 

Les sursauts radio rapides ou FRB (Fast Radio Burst) sont des impulsions transitoires d’ondes radio dont les origines sont inconnues. Tous les sursaut jusqu’ici identifiés provenaient d’au-delà de la Voie lactée.

Cependant en décembre 2019, en utilisant le  Radiotélescope CHIME (https://chime-experiment.ca/en), une équipe d’astronomes a détecté un signal qui semble provenir du voisinage de la galaxie.

Ce sursaut radio rapide nommé FRB 20191221A provenait d’une source relativement proche située à un milliard d’années-lumière. Contrairement à la plupart des FRB, d’une durée de quelques millisecondes, il a duré trois secondes.

Sur la base de la périodicité de l’explosion, les chercheurs pensent qu’elle provenait d’une étoile à neutrons lointaine. Les étoiles à neutrons sont les restes effondrés du cœur de certaines étoiles massives lorsque celles-ci ont épuisé leur combustible nucléaire. Elles comptent parmi les objets les plus denses de l’univers.

https://www.astrofiles.net/astronomie-les-etoiles-a-neutrons-41.html

Ce dernier FRB a en 1 milliseconde relâché l’énergie équivalant à celle que le soleil produit en 30 ans.

L’analyse de l’équipe de recherche vient d’être publiée dans Nature.

Voir

Sub-second periodicity in a fast radio burst

Nature volume 607, pages256–259 (2022)

Abstract

Fast radio bursts (FRBs) are millisecond-duration flashes of radio waves that are visible at distances of billions of light years1. The nature of their progenitors and their emission mechanism remain open astrophysical questions2. Here we report the detection of the multicomponent FRB 20191221A and the identification of a periodic separation of 216.8(1) ms between its components, with a significance of 6.5σ. The long (roughly 3 s) duration and nine or more components forming the pulse profile make this source an outlier in the FRB population. Such short periodicity provides strong evidence for a neutron-star origin of the event. Moreover, our detection favours emission arising from the neutron-star magnetosphere3,4, as opposed to emission regions located further away from the star, as predicted by some models5.

22/10/2023 Projet russe d’avion de transport aérien lourd TAK 130

Cet appareil est destiné à remplacer pour les 30 prochaines années le cèlébre Antonov AN 22

Nous lisons dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Iliouchine_Il-106_PAK_VTA que l’avion est destiné à remplacer l’Antonov An-22 et l’avion de transport lourd Antonov An-124 dans l’armée de l’air russe. Sa cellule sera basée sur l’Ilyushin Il-106 ( Илью́шин Ил-106) des années 90, mais modernisé avec de nouveaux moteurs et une nouvelle  avionique

Le projet du PAK TA a été lancé dans le but de développer un corps d’aile mixte  dit aussi à aile volante pour un avion de transport super-lourd (jusqu’à 200 tonnes de fret) capable d’évoluer à une vitesse supersonique à pleine charge et en utilisant partiellement une énergie électrique renouvelable. Quatre-vingt avions devaient être construits d’ici 2024.

Des essais du premier exemplaire étaient prévus pour fin 2022  .L’actuelle guerre en Ukraine a-t-elle retardé le planning ?

Qu’en est-il exactement ?

Pour en savoir plus

ПАК ВТА (перспективный авиационный комплекс военно-транспортной авиации), также известен под обозначением СТВТС (сверхтяжёлый военно-транспортный самолёт) — российский проект сверхтяжёлого транспортного самолёта, разрабатываемый КБ Ильюшина.

21/10/2022 Le mystérieux hélium 3

Des scientifiques ont découvert une concentration sans précédent d’hélium-3 dans les anciennes coulées de lave de l’île de Baffin, au Canada. Ce rare isotope de l’hélium pourrait provenir du noyau terrestre et livrer des informations inédites sur la formation de notre planète.

Mais dans l’immédiat c’est son rôle possible dans la fusion nucléaire actuellement étudiée par le programme français Iter, qui intéressera.

L‘hélium 3, selon Wikipedia, noté 3He, est l’isotope de l’hélium dont le nombre de masse est égal à 3 : son noyau atomique compte deux protons et un seul neutron, avec un spin 1/2+ pour une masse atomique de 3,016 03 g/mol. Cet isotope stable — non radioactif — est caractérisé par un excès de masse de 14 931,219 keV et une énergie de liaison nucléaire par nucléon de 2 573 keV1.

Recherché pour ses applications potentielles en fusion nucléaire, l’hélium 3 est rare sur Terre, où il constitue environ 200 à 300 ppm de l’hélium du manteau . Dans l’atmosphère terrestre, on compte 5,2 ppm d’hélium, dont l’hélium 3 représente seulement 1,38 ppm, soit une fraction d’à peine 7,2 × 10-12 de l’atmosphère dans son ensemble. Tout comme l’hydrogène, l’hélium 3 provient essentiellement de la nucléosynthèse primordiale, aux premiers instants de l’Univers, et n’est pas issu de la nucléosynthèse stellaire ; il est consommé dans les étoiles comme le lithium, le béryllium et le bore. Il est présent dans les couches externes du Soleil dont les éléments sont isolés des réactions de fusion du centre. Le vent solaire en envoie dans le reste du système solaire. Repoussé par le champ magnétique terrestre, il est rare sur la Terre. Par contre il s’est accumulé accumulé à la surface de la Lune du fait l’absence d’atmosphère de celle-ci.

Les roches arctiques dissimulent bien des secrets, que les scientifiques tentent de percer un à un. C’est l’exploit qu’ont réussi Forrest Horton, géochimiste à la Woods Hole Oceanographic Institution, et son équipe de chercheurs. Selon une étude publiée mercredi 18 octobre 2023 dans Nature, ils ont découvert une quantité encore jamais observée sur la Terre d’hélium-3 (3He), un isotope de l’hélium rare et prisé, dans les anciennes coulées de lave de l’île de Baffin, archipel arctique canadien.

Ils ont également observé la présence d’hélium-4 (4He), un autre isotope qui n’avait encore jamais été mis au jour dans les roches volcaniques terrestres.

Les scientifiques savaient que la lave sur l’île de Baffin contenait des niveaux magmatiques de 3He/4He plus élevés que ceux identifiés ailleurs sur Terre. « Ce qui était surprenant, c’est que nous avons mesuré des ratios 3He/4He qui s’étendent à des valeurs beaucoup plus élevées qu’on ne le pensait auparavant », réagit le chercheur. Selon l’équipe, cet hélium pourraient provenir du noyau terrestre.

En effet, lorsque la Terre a commencé à se former il y a environ 4,6 milliards d’années, l’hélium 3 de la nébuleuse solaire s’est retrouvé piégé dans le noyau de la Terre, où il demeure encore aujourd’hui avec d’autres éléments primordiaux. Les nouveaux relevés sur l’île de Baffin viennent corroborer des recherches antérieures suggérant que de petites quantités d’hélium 3 et d’autres éléments rares s’échappent du noyau afin de remonter à la surface terrestre.

La découverte n’est pas anodine. L’hélium 3 pourrait devenir dans un futur plus ou moins lointain le carburant idéal des centrales nucléaires à fusion contrôlée, sur le modèle du projet ITER permettant de produire des quantités considérables d’énergie propre, c’est-à-dire sans pollution chimique ni radioactive.

Voir
https://www.nature.com/articles/s41586-023-06590-8.epdf?sharing_token

21/10/2022 L’uranium bleu

Le récent coup d’état au Niger, pays dont la France importe actuellement l’essentiel de l’uranium nécessaire à son parc nucléaire, avait provoqué une certaine inquiétude à Paris. En fait d’autres pays produisant de l’uranium ont fait des offres et le combustible ne devrait manquer.

On apprend aujourd’hui, par un article du site Révolution énergétique, que des chercheurs australiens auraient mis au point une méthode permettant d’extraire de l’uranium de l’eau de mer.

L’eau de mer contient de grandes quantités d’uranium naturel, estimées à 4,5 milliards de tonnes , c’est-à-dire plus de mille fois l’uranium contenu dans les gisements terrestres connus.

Cependant la concentration de l’uranium dans l’eau de mer est particulièrement faible, de l’ordre de 3 microgramme par litre. Par ailleurs de nombreuses autres corps chimiques sont dilués dans l’eau de mer, notamment le sodium, le calcium, le magnésium et le potassium – c’est-à-dire les substances qui font que l’eau est salée. Leur concentration y est de l’ordre de 400 fois supérieure à celle de l’uranium

Il est donc nécessaire de concevoir un système peu coûteux, impliquant de faibles dépenses énergétiques et capable d’extraire avec une très grande sélectivité l’uranium que l’on recherche.

Aujourd’hui des chercheurs australiens annoncent avoir trouvé une bonne méthode pour ce faire. Ils sont membres de l’Australian Nuclear Science and Technology Organisation (ANSTO) et de l’université de Nouvelle-Galles du Sud,. Ils sont associés à des chercheurs américains de l’Illinois Institute of Technology.

Ils ont étudié une classe de matériaux spécifique appelée hydroxyde double lamellaire (HDL, en anglais Layered Double Hydroxides, LDH). Ces composés sont constitués de couches superposées d’ions négatifs et d’ions positifs, comprenant un troisième élément chimique intercalé entre ces couches. La grande mobilité de ces derniers est une propriété d’un grand intérêt pour des applications industrielles et scientifiques.

Les hydroxydes doubles lamellaires (HDLs), connus aussi sous le nom d’argiles anioniques ou composés de type hydrotalcite, sont des composés lamellaires caractérisés par la formule générale [M1−x2+Mx3+(OH)2]x+[An−]x/n·y H2O, où M représente des cations métalliques (généralement divalents et trivalents), A représente un anion intercalé dans la structure lamellaire hydratée. Les anions intercalés A sont faiblement liés et souvent échangeables.

Les HDL se trouvent dans la nature sous forme de minéraux, sous-produits du métabolisme de certaines bactéries, et aussi involontairement, tels que les produits de corrosion des objets métalliques (rouilles vertes) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydroxyde_double_lamellaire

La théorie n’en est encore à ses débuts. Aussi, les chercheurs ont essentiellement mené une étude expérimentale. Ils ont réalisé plusieurs échantillons de HDL à base de magnésium et d’aluminium (dit MgAl), chaque échantillon étant dopé avec des espèces chimiques différentes, dont des terres rares comme le néodyme (Nd), le terbium (Tb) ou l’europium (Eu).

Ils ont ensuite laissé flotter des échantillons de ces différents matériaux dans un récipient d’eau de mer et ont analysé le résultat. Ils ont constaté que le néodyme avait un effet particulièrement significatif, parmi les autres dopants testés, en termes de sélectivité, non seulement par rapport aux éléments les plus abondants cités plus haut (sodium, magnésium, calcium et potassium), mais également par rapport aux autres éléments également présents naturellement dans l’eau de mer, mais moins concentrés, comme l’aluminium, le titane, le fer ou le strontium.

Le mécanisme physique exact qui rend le composé aussi efficace avec le néodyme n’est pas encore élucidé. Il est certain que l’étude évoquée ici apportera un progrès dans leur compréhension. Sans oublier le fait que cette forte sélectivité, combinée avec le fait qu’il s’agit de substances relativement faciles à produire, rend plus probable l’extraction de l’uranium de l’eau de mer à grande échelle, et à un prix compétitif.

Référence

Bedford et al, Enhanced uranium extraction selectivity from seawater using dopant engineered layered double hydroxides, Energy Advances, vol. 2, no. 8, pp. 1067-1226, DOI: 10.1039/d3ya00154g (2023)

20/10/2023 La mission Psyche de la Nasa

Psyche est un objet céleste de taille intermédiaire entre celles des gros astéroides et des petites planètes naines telles que Ceres orbitant autour de la Terre dans une région dite ceinture des astéroïdes (asteroid belt) située entre les orbites de Mars et de Jupiter

 Psyché est l’un des dix astéroïdes les plus massifs de la ceinture d’astéroïdes. Il fait plus de 200 km de diamètre et contient un peu moins de 1 % de la masse totale de la ceinture d’astéroïdes. Son diamètre est en moyenne de 226 km et sa forme est celle d’une pomme de terre. Il est composé d’un mélange de fer et de nickel très proche de celui que l’on pense pouvoir trouver au centre de la Terre

Début octobre 2023 la Nasa a lancé un vaisseau spatial vers Psyche Le voyage durera 6 ans pour faire 3,6 milliards de kilomètres.

Psyche est un objet céleste de taille intermédiaire entre celles des gros astéroides et des petites planètes naines telles que Ceres orbitant autour de la Terre dans une région dite ceinture des astéroïdes (asteroid belt) située entre les orbites de Mars et de Jupiter

 Psyché est l’un des dix astéroïdes les plus massifs de la ceinture d’astéroïdes. Il fait plus de 200 km de diamètre et contient un peu moins de 1 % de la masse totale de la ceinture d’astéroïdes. Son diamètre est en moyenne de 226 km et sa forme est celle d’une pomme de terre. Il est composé d’un mélange de fer et de nickel très proche de celui que l’on pense pouvoir trouver au centre de la Terre

Début octobre 2023 la Nasa a lancé un vaisseau spatial vers Psyche Le voyage durera 6 ans pour faire 3,6 milliards de kilomètres

Qu’espère-t-elle découvrir ?

Les astéroides de type M, comme Psyche, sont supposés être les restes de planètes détruites au début du système solaire. Dans ce cas, les éléments les plus pondéreux, comme les métaux, ont coulé vers le centre. Les éléments plus légers ont flotté vers les couches extérieures.. Par la suite, à l’occasion de collisions, les couches extérieures ont été arrachées, laissant derrière elles le cœur métallique.

Concernant la Terre, l’étude du noyau central ne peut être qu’indirecte. Il faut faire appel pour cela à la seismologie, en enregistrant les vibrations causées par les tremblements de terre se propageant vers l’intérieur de la planète.

On peut utiliser ensuite la simulation et les expérience de laboratoire pour recréer les hautes pressions et température régnant au centre de la Terre.

Un article de Nature, référencé ci-dessous, présente ces différentes approches

https://www.nature.com/articles/s41467-023-41725-5