24/03/2024 Une bombe démographique à l’envers .

Une étude publiée dans The Lancet révèle que la majorité des pays connaîtront un déclin de leur population d’ici 2100. Un phénomène que les auteurs expliquent par une baisse des taux de fécondité en dessous du seuil de renouvellement des générations.

Les dernières projections démographiques mondiales dépeignent un avenir profondément perturbé. Une étude récente publiée la revue médicale The Lancet sonne l’alarme sur un phénomène de grande ampleur : la chute vertigineuse des taux de natalité à l’échelle planétaire. D’ici la fin du siècle, les chercheurs anticipent qu’une écrasante majorité de nations sera confrontée à un déclin substantiel de leur population, avec des conséquences socio-économiques profondes et durables.

Ce tableau sombre cache toutefois d’importantes disparités régionales. Tandis que la plupart des pays développés et en développement subiront un « baby-bust » sans précédent, une poignée de nations parmi les plus pauvres, principalement en Afrique subsaharienne, connaîtront au contraire une explosion démographique fulgurante. Ce déséquilibre entraînerait de redoutables défis humanitaires. De plus, il menacerait de déstabiliser des régions déjà fragilisées par l’insécurité, la pauvreté et les effets dévastateurs du changement climatique.

Face à ces perspectives alarmantes, les experts lancent un cri d’alarme. Ils insistent sur la nécessité impérieuse d’interventions ciblées et coordonnées dans les zones les plus vulnérables. Parmi les priorités cruciales figurent l’atténuation du réchauffement climatique, le renforcement des systèmes de santé défaillants et la promotion des droits fondamentaux des femmes, notamment en matière de planification familiale et d’éducation.

Dans les nations aux taux de fécondité déclinants, les chercheurs préconisent des politiques ambitieuses visant à encourager la natalité, telles que l’extension des congés parentaux et l’accès généralisé aux services de garde d’enfants. L’immigration contrôlée apparaît également comme un levier incontournable pour contrebalancer l’érosion démographique Malgré les défis colossaux à relever, les experts demeurent convaincus que des interventions résolues, ancrées dans une vision à long terme, permettront d’affronter cette crise démographique inédite.

Source https://www.lebigdata.fr/deflagration-demographique-imminente-le-compte-a-rebours-est-lance

Notre commentaire au 24/03/2024

Cette dernière étude démographique confirme le diagnostic que nous avons toujours formulé sur ce site. Chez les français d’origine, nés et résidents en France, des « politiques ambitieuses visant à encourager la natalité, telles que l’extension des congés parentaux et l’accès généralisé aux services de garde d’enfants. » telles que proposées ici, n’auront que des effets marginaux. Par contre l’immigration contrôlée (renforcée par l’immigration clandestine) n’intéressera que les populations africaines. Sauf miracle la France deviendra un terrain d’affrontement entre deux grandes civilisations, galloromaine et africano-asiatique

Références chiffrées extraites de l’étude

Fertility estimates 1950–2021

There were 129 million (95% UI 121–138) livebirths globally in 2021 (table 1). This is an increase from 92·7 million (88·7–96·6) livebirths in 1950, but a decline from the peak of 142 million (137–147) in 2016 (appendix 2 table S1). The global TFR was 2·23 (95% UI 2·09–2·38) in 2021, a decrease from 4·84 (4·63–5·06) in 1950 and 3·61 (3·53–3·69) in 1980 (table 1figure 1). This approximate halving constitutes an annualised rate of decline in TFR of 1·1% (1·0–1·2). Across GBD super-regions, the distribution of livebirths changed substantially over the previous seven decades, as did relative levels of TFR. More than one-third of global livebirths in 1950 occurred in southeast Asia, east Asia, and Oceania, which was the largest proportion across super-regions (for livebirth counts, see table 1), corresponding to a TFR of 5·76 (5·44–6·09). This proportion decreased to less than 20% of global livebirths in 2021, with a TFR of 1·55 (1·44–1·66). By contrast, livebirths in south Asia increased from approximately 20% to 25% of global livebirths between 1950 and 2021, and contributed the largest proportion from 1981 to 2011. TFR in this super-region decreased from 6·35 (5·95–6·75) in 1950 to 2·07 (1·89–2·28) in 2021. After 2011, sub-Saharan Africa contributed the largest share of livebirths, up to approximately 30% by 2021 (up from 8% in 1950). Large numbers of livebirths in sub-Saharan Africa in 2021 resulted from a much less steep decrease in TFR over the study period compared with other super-regions, falling from 6·94 (6·62–7·25) in 1950 to 4·29 (4·03–4·58) in 2021. Livebirths and TFRs over time for all locations are presented in table 1.

Table 1Total fertility rate and number of livebirths (thousands) by location in 1950, 1980, and 2021, and for the reference scenario in 2050 and 2100; and net reproductive rate in 2021

Total fertility rate
France2·80 (2·72–2·87)1·90 (1·85–1·95)1·75 (1·57–1·93)1·56 (1·35–1·79)1·43 (1·19–1·69)840·4 (817·3–862·6)795·3 (774·5–816·9)693·1 (623·0–766·7)561·9 (448·3–683·9)348·5 (214·5–542·2)0·8 (0·8–0·9)

23/03/2024 DUNE et les neutrinos

A chaque seconde, notre corps serait traversé par des millions de millions de neutrinos, Inutile de dire que nous ne nous en rendons pas compte. DUNE nous aidera-t-il à y voir plus clair?

DUNE sera un détecteur de particule. Dans un premier temps il comportera deux détecteurs de neutrinos placés aux extrémités de ce qui sera le plus dense flux de neutrinos au monde. L’un se trouvera à la source du rayon émis, par le Fermi National Accelerator Laboratory à Batavia, Illinois. L’autre sera à 1.300 km au Sanford Underground Research Laboratory de Lead, South Dakota à plus de 1.000 mètres sous terre.

Ces deux détecteurs permettront aux physiciens d’observer la star du jour, le nouveau phénomène subatomique appelé neutrino, de mieux le comprendre et de mieux comprendre son rôle dans l’univers .

Une infrastructure dite Long-Baseline Neutrino Facility hébergera les deux détecteurs et les laboratoires permettant d’étudier les neutrinos. La participation du CERN, Centre Européen de Recherche sur l’Energie Nucléaire https://home.cern/ constituera d’un des plus importants programme de recherche de celui-ci. Deux prototypes de détecteurs sont sous sa responsabilité.

Les principaux thèmes de recherche seront :

Les origines de la matière.
Les neutrinos seraient ils la raison pour laquelle l’univers est constitué de matière plutôt que d’anti-matière https://fr.wikipedia.org/wiki/Antimati%C3%A8re En explorant le phénomène des oscillations du neutrino https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscillation_des_neutrinos, DUNE cherchera à mieux comprendre le rôle de ceux-ci dans l’univers ;

L’unification des forces
Avec le plus grand détecteur de particules cryogéniques (résistant aux grands froids) situé en grande profondeur sous la surface de la Terre, DUNE pourra chercher des traces de la dégénérescence du proton (proton decay) https://en.wikipedia.org/wiki/Proton_decay) Ceci pourra démontrer une relation entre la stabilité de la matière et la Grande Unification des forces, le rêve d’Einstein https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_unification

La formation des trous noirs
L’observation que permettra DUNE de milliards de neutrinos résultant de l’effondrement d’une super-nova dans la Voie Lactée aidera à mieux comprendre un pulsar dit aussi étoile à neutron récemment formé et peut être aussi la naissance d’un Trou Noir

Voir aussi  Chanda Prescod Weinstein, Elementary physics 
 NewScientist 9 march 2024



22/03/2024 Simuler en laboratoire l’environnement gravitationnel d’un trou noir géant

Pour mieux comprendre ces entités encore largement mystérieuses que sont les trous noirs géants, notamment ceux situé au centre des galaxies des physiciens ont généré en laboratoire ce que l’on nomme une tornade quantique, C’est ce qu’ils relatent dans une étude publiée le 20 mars 2024

Par « tornade quantique », on entend plus précisément un tourbillon géant dans de l’hélium superfluide refroidi aux températures les plus basses possibles soit à -271 degrés Celsius proche du zéro absolu).

Pourquoi ces conditions sont-elles favorables à l’étude de l’environnement gravitationnelle autour d’un trou noir en rotation? Parce que, comme souvent, pour étudier les trous noirs, il faut s’intéresser notamment la façon dont ils influencent l’espace-temps qui les entoure.

« L’hélium superfluide contient de minuscules objets appelés tourbillons quantiques, qui ont tendance à s’écarter les uns des autres », explique Dr Patrik Svancara, l’auteur principal de l’étude. « Dans notre installation, nous avons réussi à confiner des dizaines de milliers de ces quanta dans un objet compact ressemblant à une petite tornade, obtenant ainsi un flux tourbillonnaire d’une force record dans le domaine des fluides quantiques. »

Une première expérience similaire, réalisée en 2017, avait démontré à ces physiciens qu’ils étaient sur la bonne voie. Cette nouvelle installation en laboratoire, à base d’hélium, « fait passer cette recherche au niveau supérieur » expliquent les auteurs.

Ainsi cette étude, basée à l’Université de Nottingham, crée une nouvelle plateforme expérimentale pour continuer à comprendre les trous noirs, et certains des phénomènes étranges qui sont souvent difficiles, voire impossibles, à étudier autrement ». Cela vient par exemple s’ajouter aux toutes premières photos prises de ces objets cosmiques.

Voir aussi dans un domaine voisin https://www.insu.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/lenvironnement-immediat-dun-trou-noir-revele-par-des-observations-en-polarimetrie-x

Source
Published: 20 March 2024

Rotating curved spacetime signatures from a giant quantum vortex

Nature (2024)

Abstract

Gravity simulators1 are laboratory systems in which small excitations such as sound2 or surface waves3,4 behave as fields propagating on a curved spacetime geometry. The analogy between gravity and fluids requires vanishing viscosity2,3,4, a feature naturally realized in superfluids such as liquid helium or cold atomic clouds5,6,7,8. Such systems have been successful in verifying key predictions of quantum field theory in curved spacetime7,8,9,10,11. In particular, quantum simulations of rotating curved spacetimes indicative of astrophysical black holes require the realization of an extensive vortex flow12 in superfluid systems. Here we demonstrate that, despite the inherent instability of multiply quantized vortices13,14, a stationary giant quantum vortex can be stabilized in superfluid 4He. Its compact core carries thousands of circulation quanta, prevailing over current limitations in other physical systems such as magnons5, atomic clouds6,7 and polaritons15,16. We introduce a minimally invasive way to characterize the vortex flow17,18 by exploiting the interaction of micrometre-scale waves on the superfluid interface with the background velocity field. Intricate wave–vortex interactions, including the detection of bound states and distinctive analogue black hole ringdown signatures, have been observed. These results open new avenues to explore quantum-to-classical vortex transitions and use superfluid helium as a finite-temperature quantum field theory simulator for rotating curved spacetimes19.

22/03/2024 L’univers ne comporterait pas de matière noire

Le « «modèle standard de la cosmologie » suggère que l’univers tel que nous l’observons comporte 5 fois plus de matière noire, invisible, que de matière ordinaire. Par ailleurs une mystérieuse énergie noire serait responsable de son expansion.

Aujourd’hui, selon une nouvelle hypothèse, formulée par Rajendra Gupta professeur de physique à l’Université d’Ottawa, l’univers ne comporterait pas de matière noire. Quant à son expansion, elle serait due à l’affaiblissement naturel avec le temps qui caractérise toutes les forces de la nature quand elles voyagent sur de très longues distances .

Ce travais est désormais accessible sur
https://iopscience.iop.org/article/1 sur0.3847/1538-4357/ad1bc6

En quoi le travail de Gupta est-il innovant?

Il utilise une combinaison de deux théories appelées respectivemen ‘covarying coupling constants’ (CCC) and “tired light” (TL).

Comme indiqué plus haut, l’essentiel de son modèle repose sur l’observation que les forces de la nature décroissent avec le temps cosmologique et que la lumière perd de l’énergie quand elle voyage sur de longues distances.

Ceci, dit-il, n’a rien à voir avec l’énergie noire.

Il compare son modèle au fait que la couleur des galaxies lointaines paraît dériver vers le rouge, «  redshift », quand elles s’éloignent des galaxies récentes.

Gupta avait créé une petite révolution en suggérant l’année dernière que l’âge de l’univers n’est pas de 13,8 milliards d’années mais de deux fois plus.

21/03/2024 Qui sont les rebelles houthis?

Le mouvement Houthi, officiellement connu comme Ansar Allah est une organisation politique et militaire chiite qui apparut au Yemen dans les années 1990. Elle était principalement composée de chiites zahidyst . Il s’agit d’un des trois grands courants chiites avec le chiisme duodécimain et l’ismaélisme (ou chiisme septimain). Il est le plus proche du sunnisme et est principalement issue de la tribu Houthi.

Son premier chef Al Houthi s’était opposé a Ali Abdullah Saleh al-Ahmar premier président du Yémen après son unification. Il fut ensuite tué par l’armée du Yemen à Saada en 2004. Depuis, Ansar Allah, dirigé par Saba Abdul-Malik Al-Houthi, est devenu une force puissante et le bras des combattants yéménites

A Sanaa, le 4 janvier 2023, le commandant des Forces aérospatiales des Gardiens de la révolution iraniens, le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, a confirmé que la bannière de la vengeance contre les assassins des dirigeants de la victoire restera levée jusqu’à la destruction du mensonge et l’expulsion des forces américaines de la région.

21/03/2024 Natalité et renouvellement des générations

Le taux de natalité chute dans le monde. Tandis qu’il y a 70 ans, les femmes avaient en moyenne cinq enfants chacune, aujourd’hui le taux de natalité dépasse à peine les 2,1 enfants par femme, soit le taux indispensable pour assurer le renouvellement des générations. Selon les chercheurs de Washington, cette baisse n’est pas terminée.

En 2100, seuls six pays parviendront à atteindre ce taux de 2,1 enfants par femme : la Somalie, le Niger, le Tchad, le Tadjikistan, les îles Tonga et les îles Samoa. D’après les projections de l’étude, même si la France possède l’un des taux de natalité les plus élevés d’Europe, le pays ne parviendra pas à dépasser ce taux de 2,1 enfants par femme. L’estimation la plus basse concerne le Bhoutan, avec seulement 0,7 enfant par femme.

Par ailleurs, dans le monde, d’ici 2100, la moitié des enfants naîtront en Afrique subsaharienne. L’étude précise toutefois que rien n’est figé et que la situation dépendra des politiques d’encadrement des naissances dans chaque pays, mais aussi des niveaux d’éducation des femmes, de l’importance de la contraception ou encore des politiques de soutien à la natalité.

L’étude constate enfin que si les grandes tendances se confirment, l’équilibre démographique mondial sera modifié, tout comme l’économie globale et nécessairement aussi les migrations.

Par contre, l’ étude ne précise pas, pays par pays, les taux d’origine géographique des populations par pays. C’est pourtant ceux-ci qui posent le plus de problèmes. Ainsi, pour prendre l’exemple de la France, il est devenu courant de distinguer les français de souche et les français d’immigration, avec parmi ces derniers une sous distinction entre immigrés légaux et immigrés illégaux.

Si la France ne doit son taux positif de natalité qu’à un fort taux positif de migrations illégales venues d’Afrique, pourra-t-elle longtemps se dire européenne ? C’est sur cette ambiguïté que joue un parti tel que le Rassemblement National.

Référence

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)00550-6/fulltext

Summary

Accurate assessments of current and future fertility—including overall trends and changing population age structures across countries and regions—are essential to help plan for the profound social, economic, environmental, and geopolitical challenges that these changes will bring. Estimates and projections of fertility are necessary to inorm policies involving resource and health-care needs, labour supply, education, gender equality, and family planning and support. The Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors Study (GBD) 2021 produced up-to-date and comprehensive demographic assessments of key fertility indicators at global, regional, and national levels from 1950 to 2021 and forecast fertility metrics to 2100 based on a reference scenario and key policy-dependent alternative scenarios.

20/03/2024 Réédition d’une Tribune au journal le Monde datée du 19/03/2024

L’auteur en est le général d’armée Pierre Shill, chef d’Etat-Major de l’armée de Terre

Le début de l’année 2024 est placé sous le signe des tensions internationales. Les foyers de crise se multiplient et portent en eux des risques d’engrenage ou d’extension. Une telle période invite à la réflexion : comment agir tout en adaptant l’armée de terre aux missions de demain ? En tant que chef d’état-major de l’armée de terre, mon objectif est que la puissance démontrée par nos forces infléchisse les tendances, contribue à dénouer des conflits et crée des solidarités, qu’elle dissuade les attaques contre la France, sa population, son territoire et ses intérêts.

Regardons le monde de manière clinique. Plusieurs décennies de paix, émaillées de déploiements limités de corps expéditionnaires dans des missions de gestion de crise, ont conduit les sociétés occidentales à sous-estimer la réalité des rapports de force et des volontés de puissance.

Les guerres qui se déroulent sous nos yeux nous poussent à nous interroger sur l’espoir qui était aussi une ambition portée depuis la fin de la guerre froide : marginaliser la guerre jusqu’à la rendre illégale ; focaliser les armées sur la gestion de crise ; écarter la violence. Le projet d’un ordre mondial reposant sur la souveraineté des Etats, le droit international et le règlement des différends par la négociation est présenté comme contingent et occidental, voire battu en brèche.

A rebours des aspirations pacifiques des pays européens, les conflits qui s’installent aux marches de notre continent témoignent moins du retour de la guerre que de sa permanence comme mode assumé de résolution des conflits. C’est un constat qu’il faut partager avec nos concitoyens.

Analyser les conflits est riche d’enseignements. Sur le terrain, le retour de la violence guerrière s’impose en miroir de l’affaiblissement des règles internationales. Cette violence guerrière mute avec le développement technologique. Le fantasme d’un combat moderne, mené intégralement à distance grâce aux nouvelles technologies, s’est dissipé. Les nouvelles formes de conflictualité s’ajoutent aux anciennes sans les remplacer : la guerre électronique n’est pas exclusive de corps-à-corps dans les tranchées ; les attaques cyber de duels d’artillerie ; les manipulations informationnelles de combats urbains maison par maison ; les missiles hypervéloces de frappes de drones à bas coût.

Changement d’échelle

Les conflits actuels amènent à reconsidérer la notion de volume de force. Le temps où l’on pouvait infléchir le cours de l’histoire avec trois cents soldats est révolu. Il n’y a plus de « petites guerres » tant l’accès à certaines technologies de pointe s’est démocratisé : les milices houthistes, appuyées par l’Iran, en donnent un exemple en contestant la libre circulation en mer Rouge avec des missiles antinavires de haute technologie.

Face aux rapports de force et aux nouvelles formes de guerre, la France possède des atouts majeurs. Du fait de sa géographie et de l’état de prospérité au sein de l’Union européenne, aucun adversaire ne menace ses frontières métropolitaines. La contestation de la souveraineté des territoires français hors de l’Hexagone reste marginale. La dissuasion nucléaire sanctuarise ses intérêts vitaux.

Pourtant, la France n’est pas à l’abri des tensions qui se manifestent partout dans le monde. Elle a des responsabilités internationales. Elle a des intérêts et des territoires dans toutes les aires géographiques. Elle est liée par des accords de défense à des Etats exposés à des menaces majeures. Pour se prémunir d’agressions à son égard et défendre ses intérêts, l’armée française se prépare aux engagements les plus durs, le fait savoir et le démontre – si vis pacem, para bellum (« si tu veux la paix, prépare la guerre »).

La solidarité stratégique avec nos alliés, principalement en Europe et au sein de l’OTAN, impose à la France de disposer de forces entraînées et interopérables avec les armées alliées. La dissuasion nucléaire n’est pas une garantie universelle : elle ne prémunit pas d’affrontements qui demeureraient sous le seuil des intérêts vitaux. L’armée de terre intègre cette donne stratégique. Parce que l’on change d’échelle, la crédibilité militaire s’exprime par la réactivité en matière de projection de force et la capacité à commander une opération d’envergure accrue.

Montée en gamme

La France a la capacité d’engager en coalition une division, soit environ 20 000 hommes, dans un délai de trente jours. Elle se dote des moyens de commander un corps d’armée en coalition, soit jusqu’à 60 000 hommes, en agrégeant une division française et des capacités nationales du haut du spectre militaire à une ou plusieurs divisions alliées. L’état-major de corps d’armée est la structure indispensable pour diriger des opérations terrestres d’intensité variable, depuis des missions de gestion de crise ou de réassurance jusqu’à un engagement de haute intensité. »

 Il est l’outil d’une puissance capable d’entraîner des partenaires ; l’instrument diplomatique et militaire qui autorise la France à s’engager de manière autonome comme nation-cadre au sein de l’OTAN, comme au sein d’une coalition ad hoc.

La montée en gamme vers des moyens de commandement plus performants et des capacités de déploiement plus importantes marque la volonté militaire de peser demain dans le jeu des puissances. Etre nation-cadre répond à la vocation d’une France « puissance d’équilibres et d’entraînement » : conserver sa liberté d’action, prendre la tête d’une opération et affirmer ses vues dans le cadre d’une coalition. Cette ambition est au cœur de la crédibilité française dans l’OTAN, au sein de l’Union européenne, comme vis-à-vis de nos alliés, quels qu’ils soient. Elle s’inscrit dans la grammaire de la dissuasion en offrant des marches supplémentaires avant que soient menacés nos intérêts vitaux ; elle témoigne d’une détermination de nature à décourager un adversaire éventuel pour « gagner la guerre avant la guerre ».

Le temps n’est plus à la seule analyse des conflits qui nous entourent. L’armée de terre s’adapte pour assurer la sécurité des Français et contribuer à celle de leurs alliés, principalement européens. Elle est engagée dans une vaste transformation qui renforce ses capacités et durcit son organisation. Dans ses villes de garnison, en exercice ou en opération, l’armée de terre incarne la force et les valeurs de la nation. Elle est fière qu’une part importante de la jeunesse rejoigne ses rangs. Elle se tient prête. Quelles que soient les évolutions de la situation internationale, les Français peuvent en être convaincus : leurs soldats répondront présent.

Pierre Schill, général d’armée, est chef d’état-major de l’armée de terre.

20/03/2024. AI Act. L’Europe se tire une balle dans le pied

Face aux 7 «Géants de l’Internet » américains qui maîtrisent désormais tous les domaines de l’Intelligence Artificielle approfondie, les entreprises européennes ont du mal à suivre. Non seulement elles viennent de découvrir les horizons qui s’ouvrent ainsi, mais elles manquent des commandes publiques qui leur permettraient d’investir au rythme qu’il faudrait.

La France faisait quelque peu exception, tout au moins dans le domaine de la défense et de l’espace. Ainsi le grand public vient de découvrir que le désormais célèbre canon Caesar fabriqué à Roanne par l’entreprise Nexter sera bientôt doté d ‘une aide à la précision des tirs fournie par la start up allemande Helsing AI, spécialisée dans l’intelligence artificielle de défense. Elle sera chargée d’améliorer la précision du canon CAESAR.  grâce à une meilleure analyse des données de ciblage et des conditions environnementales. 

Helsing AI est déjà impliquée dans le milieu de la défense europénne. La société travaille sur des programmes pour le prochain avion de chasse Eurofighter ainsi que le Future Combat Air System, un projet européen de systèmes d’armes aériens interconnectés. L’entreprise a procédé à une levée de fonds de 209 millions d’euros en septembre 2023, soutenue par des investisseurs tel que le groupe suédois Saab.

Cela en était trop pour les bonnes âmes europénnes . Il fallait impérativemet que le Parlement européen règlemente tout cela. Ce sera bientôt fait . Un projet dit AI Act sera bientôt adopté.

https://artificialintelligenceact.eu/fr/

Plutôt qu’encourager les progrès considérables que pourraient permettre les applications et produits faisant appel à l’IA, ce texte met l’accent sur les risques. Ainsi, le projet classe les applications de l’IA dans trois catégories de risque.

Premièrement, les applications et les systèmes qui  créent un risque inacceptable, tels que les systèmes d’évaluation sociale gérés par le gouvernement, du type de ceux utilisés en Chine, sont interdits. 

Deuxièmement, les applications à haut risque, comme un outil de balayage de CV qui classe les candidats à l’emploi, sont soumises à des exigences légales spécifiques. 

Enfin, les applications qui ne sont pas explicitement interdites ou répertoriées comme étant à haut risque ne sont pas réglementées.

Si ce même système d’évaluation des risques était utilisé dans le domaine de l’automobile, les européens devraient tous ne s’équiper que de bicyclettes.

20/03/2024 L’empathie artificielle

Dorénavant, il semblerait que des millions d’humains se tournent vers des chatbots pour en obtenir un soutien émotionnel. Un chat bot est un logiciel, dorénavant accessible en ligne, qui est conçu pour imiter une conversation avec un humain à travers des interactions vocales ou écrite.

Pour avoir une idée des services offerts, on peut consulter le site ChatGPT On y apprend que celui-ci est un chatbot développé par l’entreprise OpenAI et mis en service le 30 novembre 2022 Il utilise des LLM et permet aux utilisateurs de converser avec lui selon la longueur, le format, le style, le niveau de détail et la langue que souhaite son interlocuteur.

Un LLM est un type de langage conçu pour sa capacité à générer du langage dans des termes courants, ainsi que différentes fonctions langagières telle que des jugements simples ou des classification. https://en.wikipedia.org/wiki/Large_language_model

Le point important pour l’utisateur est qu’il est gratuit pour des utilisations simples. Mais les fournisseurs tels que Microsoft ne tardent pas à orienter l’utilisateur vers tel ou tel type d’activité commerciale qu’ils jugent utile de promouvoir.

Le propre des chatbots (francais: robots parleurs) est qu’ils puissent entretenir des conversations avec un nombre de plus en plus grand et divers d’interlocuteurs en leur donnant l’impression qu’ils connaissent leurs problèmes, partagent leurs émotions et peuvent leur donner d’utiles conseils pour résoudre leurs difficultés. On dit qu’il s’agit d’intelligences artificielles empathiques.

Une personne capable d’empathie doit être d’abord pouvoir ressentir quelles sont les émotions de l’autre, les partager et lui suggérer des conseils et solutions découlant de sa propre expérience. Les chatbots ne connaissent rien de tel, mais ils ont appris à naviguer dans ce monde grâce à des semaines de formation professionnelle dans des bases de textes de référence de plus en plus riches.

Ils en tirent des capacités à soulager les patients qui étonnent les vénérables consultants professionnels. Ce soulagement va parfois au delà de ce que suggérerait l’éthique. On cite le cas d’un patient belge qui se serait suicidé après plusieurs semaines de dialogue avec une AI lui ayant conseillé de le faire pour être plus vite au Paradis.

Voir New Scientist, Amanda Ruggieri, Artificial Kindness p. 34, 9 March 2024