18/04/2024 Désescalade ou escalade. Israël doit-il s’inquiéter sérieusement ?

Il apparaît, quelques jours après l’opération militaire de grande ampleur décidée par les ayatollahs iraniens, que ceux-ci disposent désormais d’armements sophistiqués. Il leur faudra un peu de temps pour reconstituer leurs arsenaux, mais ceci fait, ne vont-ils pas reprendre l’offensive dans quelques mois avec des moyens renforcés. Le Dôme de fer d’Israël et les appuis aériens de ses alliés occidentaux suffiront-ils à le protéger ?

Ce qui est vrai, c’est que le légendaire drone “suicide” Shahed-136 a été utilisé par les iraniens, ainsi que sans doute quatre modèles de missiles balistiques à moyenne portée (MRBM), en plus du missile de croisière Paveh. Les cibles, par ordre d’importance, étaient les suivantes :

  • Tout d’abord, la base de renseignement du Mont Hermon, sur le plateau du Golan occupé (33°19’00.3” N 35°48’ 22.6” E), touchée par des missiles Paveh – Compte tenu de son emplacement isolé, aucune image n’est disponible en ligne.
  • La deuxième base aérienne est celle de Ramon (30°46’ 06.6” N 34°40’ 24.0” E). La nuit ayant été claire, il existe des preuves photographiques et vidéo indépendantes, prises sous différents angles, de l’impact de plusieurs missiles du Corps des gardiens de la révolution et de l’armée iranienne sur le site.
  • Troisièmement, la base aérienne de Nevatim (31°11’ 37.3” N 35°01’18.7” E), dont l’armée israélienne admet qu’elle a subi des dégâts mineurs et dont elle a publié quelques images satellite.

Le raid du CGRI iranien, bien qu’il ait touché trois cibles préétablies, était principalement une opération de reconnaissance en force (RIF), qui est essentiellement une tactique militaire employée par un adversaire pour acquérir des renseignements en utilisant une force considérable, mais non décisive.

Le raid aérien iranien a contraint les Israéliens à exposer leurs forces et leurs faiblesses, ce qui se produit lorsque les systèmes de défense aérienne (DA) “activent” leurs capteurs électroniques, déclenchent la guerre électronique (pour brouiller ou paralyser les missiles et les drones) et lancent des missiles d’interception pour abattre les cibles entrantes.

Il est courant que des engins aériens sans pilote (UAV ou drones) de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) suivent les drones d’attaque – tout en restant à distance – pour surveiller le champ de bataille et filmer, photographier et recueillir des renseignements électroniques. Si tel a été le cas, et si les drones ISR ont capturé des données malgré les efforts intensifs de brouillage déployés par les Israéliens, cela a permis au CGRI/A de dresser une carte détaillée des positions de la défense aérienne israélienne en vue de futures frappes.

Le CGRI/A dispose manifestement d’informations fiables sur les capacités et le système de défense aérienne israélien. Bien qu’Israël et ses alliés (États-Unis, Royaume-Uni, France et Jordanie) aient déjà été en état d’alerte cette nuit-là, et que des renseignements aient été rapidement fournis par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les missiles iraniens ont réussi à frapper les cibles du Mont Hermon, de Ramon et de Nevatim.

Le raid du CGRI, bien qu’il ait touché trois cibles préétablies, était principalement une opération de reconnaissance en force (RIF), qui est une tactique militaire employée par un adversaire pour acquérir des renseignements en utilisant une force considérable, mais non décisive.

Le raid aérien iranien a contraint les Israéliens à exposer leurs forces et leurs faiblesses, ce qui se produit lorsque les systèmes de défense aérienne (DA) “activent” leurs capteurs électroniques, déclenchent la guerre électronique (pour brouiller ou paralyser les missiles et les drones) et lancent des missiles d’interception pour abattre les cibles entrantes.

Il est courant que des engins aériens sans pilote (UAV ou drones) de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) suivent les drones d’attaque – tout en restant à distance – pour surveiller le champ de bataille et filmer, photographier et recueillir des renseignements électroniques. Si tel a été le cas, et si les drones ISR ont capturé des données malgré les efforts intensifs de brouillage déployés par les Israéliens, cela a permis au CGRI/A de dresser une carte détaillée des positions de la défense aérienne israélienne en vue de futures frappes.

Le CGRI/A disposait manifestement d’informations fiables sur les capacités et le système de défense aérienne israélien. Bien qu’Israël et ses alliés (États-Unis, Royaume-Uni, France et Jordanie) aient déjà été en état d’alerte cette nuit-là, et que des renseignements aient été rapidement fournis par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les missiles iraniens ont réussi à frapper les cibles précitées du Mont Hermon, de Ramon et de Nevatim.

L’armée israélienne pour sa part dispose d’un système de défense aérienne comprenant l’Iron Dome, Arrow, David’s Sling, Patriot, etc. Ce système est alimenté par les données d’un système radar américain avancé situé à Har Qeren, dans le désert du Néguev.

Sa mission est de détecter les lancements de missiles ennemis et de transmettre des données de ciblage aux batteries israéliennes Arrow et David’s Sling ainsi qu’aux batteries américaines THAAD ABM déployées pour protéger les sites israéliens sensibles, notamment Dimona et les bases aériennes de Nevatim et de Ramon. »

Il est clair que le système israélien n’a pas réussi à protéger Nevatim et Ramon. Cette dernière est l’une des plus grandes bases aériennes d’Israël et abrite des avions de chasse F-35 Adir, des chasseurs furtifs, des transporteurs, des avions-citernes et des avions de reconnaissance, ainsi que l’Air Force One d’Israël, réservé aux deux principaux dirigeants politiques du pays. Nevatim est défendu par le bouclier antimissile le plus perfectionné au monde, spécialement conçu pour se protéger contre la menace des missiles iraniens.

Le CGRI/A a utilisé un mélange stratégique de drones comme “appâts” et de missiles dotés de contre-mesures intégrées telles que des leurres et des pièges pour pénétrer la défense aérienne d’Israël.

Malgré l’utilisation d’anciens modèles de missiles MRBM tels que Ghadr, Emad et Dezful, aux côtés de l’un de ses missiles les plus récents et les plus sophistiqués, le Kheibar Shekan, et malgré le nombre limité de missiles tirés (environ 30 à 40 projectiles), la majorité des missiles iraniens ont atteint avec succès les cibles prévues.

Et ce, alors même qu’Israël et ses alliés lançaient des centaines d’intercepteurs – pour un coût estimé entre 1,1 et 1,3 milliard de dollars en l’espace de quelques heures.

L’armée israélienne, pour sa part, possède un système de défense aérienne comprenant l’Iron Dome, Arrow, David’s Sling, Patriot, etc. Ce système est alimenté par les données d’un système radar américain avancé situé à Har Qeren, dans le désert du Néguev.

Sa mission, comme l’a expliqué l’ancien inspecteur en désarmement de l’ONU Scott Ritter sur X 

est de détecter les lancements de missiles iraniens et de transmettre des données de ciblage aux batteries israéliennes Arrow et David’s Sling et aux batteries américaines THAAD ABM déployées pour protéger les sites israéliens sensibles, notamment Dimona et les bases aériennes de Nevatim et de Ramon. »

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Concernant l’avenir, l’Occident s’interrogera de plus en plus sur l »opportunité de laisser l’Iran mettre au pont des armes nucléaires, comme elle parait sur le point de le faire. Mais quelles marges de manœuvre aura-t-il si la République Islamique comme il le semble est soutenue par la Russie voire la Chine ?

Merci à DeDefensa.org

17/04/2024 Avec le réchauffement climatique, des coups de froid risquent de s’alterner avec des coups de chaud.

Le dérèglement climatique, qui se ressent jusque dans les océans, pousse les requins, les raies et d’autres espèces sous-marines à fuir les eaux de plus en plus chaudes des tropiques. Ce faisant, ces espèces peuvent rencontrer des  upwellings, ou remontées d’eau froide en provenance des profondeurs, Celles-ci les tuent

C’est ce que montre une étude parue le 15 avril 2024 dans Nature Climate Change dont on trouve ci-dessous les références et l’abstract. En 2021, plus de 260 organismes marins de 80 espèces ont trouvé la mort d’un coup, à cause d’une remontée particulièrement froide au large de l’Afrique du Sud.

En utilisant plusieurs décennies de données de températures de surface, de vents et de courants dans l’océan Indien, les scientifiques ont observé que la fréquence et l’intensité de ces remontées d’eau froide avaient augmenté. Cela accroît la vulnérabilité des espèces migratrices . Avec le réchauffement de la planète et de ses océans, l’intensification de ces phénomènes risque de se poursuivre.

Le même phénomène pourra affecter les continents. Le réchauffement général n’exclura pas l’arrivée inattendue d’air polaire relativement plus froid, arrivée à laquelle les espèces animales et végétales n’auront pas eu le temps de se préparer

Référence

nature climate change
https://doi.org/10.1038/s41558-024-01966-8Article

The impacts on marine species from secular warming and heatwaves are well demonstrated; however, the impacts of extreme cold events are poorly understood. Here we link the death of organisms from 81 species to an intense cold upwelling event in the Agulhas Current, and show trends of increasing frequency and intensification of upwelling in the Agulhas Current and East Australian Current. Using electronic tagging, we illustrate the potential impacts of upwelling events on the movement behaviour of bull sharks Carcharhinus leucas, including alterations of migratory patterns and maintenance of shallower dive profiles when transiting through upwelling cells. Increasing upwelling could result in ‘bait and switch’ situations, where climate change expands subtropical species’ distribution, while simultaneously exposing climate migrants to an increased risk of cold-mortality events at poleward distributional limits. This shows the potential impacts of increased cold events, an understudied aspect of climate change research, and highlights the complexities of climate change effects on marine ecosystems.

Climate change is impacting marine organisms at all levels of biological organization, including gene expression, cellular activities, behaviour, trophic processes and community structure

16/04/2024 En attendant la fusion nucléaire, les  petits réacteurs nucléaires modulaires, SMR

Le 6 février 2024, la Commission européenne lançait l’alliance européenne des SMR, première etape visant à doter l’Europe de petits réacteurs nucléaires mobiles, capables de répondre localement aux besoins énergétiques.  En fait, ces réacteurs existent depuis longtemps et sont en réalité aussi anciens que l’industrie nucléaire elle-même.

L’originalité des SMR tient dans leur modularité : une conception sous forme de bloc intégré et standardisé, pouvant être produit en série et déployé rapidement, à un coût bien plus abordable que les réacteurs actuels. Construire une centrale nucléaire de taille normale exige des milliards d’euro sur plusieurs années. Il s’agit d’un processus long au cours duquel s’ajoute le risque d’un changement de politique de l’État ou d’une mobilisation de l’opinion publique à l’encontre du projet.

Or, grâce aux SMR, il devient possible d’installer et de rentabiliser un réacteur en quelques mois, afin de produire de l’électricité ou de la chaleur pour les villes et l’industrie. S’y ajoute aujourd’hui l’électrolyse de l’eau pour obtenir de l’hydrogène combustible ou de l’eau potable à partir des eaux usées.

Les SMR permettraient donc non seulement de dynamiser l’offre nucléaire, mais aussi de la diversifier vers d’autres besoins et d’autres acteurs, moins défiant vis-à-vis de l’atome. Ce pourrait notamment être le cas dans des pays en développement qui y voient une option abordable pour électrifier, décarboner et mieux intégrer leurs territoires.

Pour l’Union européenne, le faible risque posé par ces réacteurs peu puissants et peu consommateurs en combustible semble avoir convaincu, en témoigne le « Net Zero Industry Act » qui consacre les SMR comme des technologies net zero , ou encore l’alliance européenne des SMR , citée ci-dessus qui pourraient marquer le début d’une mutualisation des efforts.

Pour en savoir plus

CEA, Les réacteurs du futur

World Nucléar Association https://www.world-nuclear.org/information-library/nuclear-fuel-cycle/nuclear-power-reactors/small-nuclear-power-reactors.aspx

16/04/2024 Une Terre dont une moitié est toujours dans la nuit

Une étude récente publiée dans l’Astrophysical Journal , référencée ci-dessous, vient d’annoncer la découverte d’une exo-planète (extérieure au système solaire) qui n’est pas en rotation. Ceci signifie qu’une de ses deux moitiés est toujours plongée dans la nuit tandis que l’autre est en permanence ensoleillée.

Il est prématuré de chercher à savoir si cette planète connue sous le nom de LHS 3844b, a pu laisser se développer des formes de vie comparables à la vie terrestre. qu’il s’agisse de la vie diurne ou de la vie nocturne. Dans la mesure où cette planète se trouve dans la zone habitable de son soleil, il est probable qu’elle puisse comporter les deux types de vies correspondantes. l’une à l’ombre et l’autre à la lumière. Dans ces cas, comment ces deux formes de vie auraient-elles évolué pour s’adapter aux conditions régnant dans les zones frontières entre l’ombre et la lumière.

Cette situation extrême pose en tous cas de nouveaux défis à notre compréhension des atmosphères, des climats et des formes de vie planétaires.

La découverte a été rendue possible grâce aux techniques d’observation avancées et d’analyse des données du télescope spatial Spitzer. Les chercheurs ont pu préciser la température de surface de LHS 3844b et confirmer qu’elle est suffisamment froide pour correspondre à une face cachée permanente. Cette observation inédite renforce la théorie de la synchronisation des marées, selon laquelle les planètes proches de leur étoile ont tendance à avoir une rotation fixe.

La face cachée de LHS 3844b offre un scénario inhabituel qui frappe l’imagination. Imaginez que vous viviez sur une planète où il n’y a ni jour ni nuit, mais où un côté est toujours entouré d’une obscurité éternelle tandis que l’autre est constamment éclairé par la lumière aveuglante de l’étoile voisine. Cette situation extrême pose de nouveaux défis à notre compréhension des atmosphères, des climats et des formes de vie planétaires.

Les implications de cette découverte vont bien au-delà de LHS 3844b. Elle met en lumière la diversité des exoplanètes et les conditions extrêmes dans lesquelles la vie pourrait exister. Les astronomes et les astrophysiciens du monde entier sont désormais incités à repenser leurs modèles et leurs hypothèses et à explorer de nouvelles voies concernant l’apparition et le développement de la vie dans l’Univers.

L’avenir de la recherche sur les exoplanètes promet de nouvelles découvertes passionnantes, notamment grâce au télescope spatial James Webb (JWST). Ce télescope de pointe permettra aux astronomes de mieux comprendre le monde fascinant des exoplanètes et de trouver d’autres preuves de l’existence de mondes habités

La découverte de LHS 3844b marque un tournant dans l’exploration de l’Univers et ouvre de nouveaux horizons pour notre compréhension de la diversité cosmique. 

Référence

Super-Earth LHS3844b is Tidally Locked

Xintong Lyu1, Daniel D. B. Koll1, Nicolas B. Cowan2, Renyu Hu3, Laura Kreidberg4, and Brian E. J. Rose5

Published 2024 March 28 • © 2024. The Author(s). Published by the American Astronomical Society.
The Astrophysical JournalVolume 964Number 2Citation Xintong Lyu et al 2024 ApJ 964 152DOI 10.3847/1538-4357/ad2077

Abstract

Short-period exoplanets on circular orbits are thought to be tidally locked into synchronous rotation. If tidally locked, these planets must possess permanent day- and night-sides, with extreme irradiation on the dayside and none on the nightside. However, so far the tidal locking hypothesis for exoplanets is supported by little to no empirical evidence. Previous work showed that the super-Earth LHS 3844b likely has no atmosphere, which makes it ideal for constraining the planet’s rotation. Here we revisit the Spitzer phase curve of LHS 3844b with a thermal model of an atmosphere-less planet and analyze the impact of nonsynchronous rotation, eccentricity, tidal dissipation, and surface composition. Based on the lack of observed strong tidal heating we rule out rapid nonsynchronous rotation (including a Mercury-like 3:2 spin–orbit resonance) and constrain the planet’s eccentricity to less than ∼0.001 (more circular than Io’s orbit). In addition, LHS 3844b’s phase curve implies that the planet either still experiences weak tidal heating via a small-but-nonzero eccentricity (requiring an undetected orbital companion), or that its surface has been darkened by space weathering; of these two scenarios we consider space weathering more likely. Our results thus support the hypothesis that short-period rocky exoplanets are tidally locked, and further show that space weathering can significantly modify the surfaces of atmosphere-less exoplanets.

15/04/2024 Pourquoi l’Iran a-t-elle pris le risque d’attaquer Israël avec des drones armés, alors qu’elle accélère son programme nucléaire ?

Nouvelle version de l’article que nous avions publié sous ce titre le 14/03

Les ayatollahs qui gouvernent la République Islamique d’Iran prennent tous les risques.

Les drones et les missiles avec lesquels ils ont attaqué Israël dans la nuit du 13 au 14 avril se sont faits abattre par centaines en essayant de traverser le Dôme de fer destiné à protéger Israël contre des offensive de cette nature . La seule victime aurait été une petite fille, grièvement blessée.

Mais si cela n’avait pas été cas, ces engins auraient pu faire de nombreuses victimes civiles, non seulement en Israël mais d’abord dans les pays traversés. Certes en bombardant les civils de la bande de Gazah, Israël fait tous les jours de même. Mais cela lui est presque partout reproché. L’Iran n’aurait-il pas du éviter de prendre ce risque?

Sur le Dôme de fer, lire Euronews

À peine la riposte iranienne avait-elle commencé, peu avant 23 heures samedi 14 soir, que chacun se posait la question : quelle va être la réponse d’Israël ? Il s’agissait selon Téhéran de représailles à la frappe imputée à l’État hébreu contre l’annexe consulaire de l’ambassade iranienne à Damas le 1er avril, marquée par la mort de sept membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), parmi lesquels deux commandants.

Dans la forme, Israël a adopté un ton fort. Le fait que l’Iran attaque pour la première fois Israël depuis son territoire exige une réponse décisive, qui ne tardera pas à venir”, ont déclaré des responsables de l’État hébreu, cités par le quotidien israélien ynetnews. En début de matinée, le ministre de la Défense, Yoav Gallant a pour sa part affirmé que le pays avait repoussé la première vague majeure de tirs de drones et de missiles iraniens, mais la confrontation n’est pas encore terminée”.

Ces dernières menaces doivent-elles laisser penser qu’une contre-attaque contre Téhéran et ses alliés régionaux est envisagée ?

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Il apparaît aujourd’hui que la riposte iranienne semble avoir été calculée pour éviter un réel embrasement régional, Israël et ses alliés de l’Otan ayant eu le temps d’intercepter 99 % des projectiles – également venus d’Irak, de Syrie et du Yémen – avant qu’ils n’atteignent leurs cibles, selon des responsables israéliens. Israël ouvrait déjà son espace aérien vers 5h30 après l’avoir fermé au cours de la nuit.

Ce jour 15 avril, le Premier ministre a pris un ton triomphant. Nous avons intercepté, nous avons repoussé, ensemble nous gagnerons”, a déclaré Benyamin Nétanyahou dans un message à sa nation adressé en début de matinée sur X.

Un programme iranien de construction de réacteurs nucléaires

Peu avant cet évènement, les autorités iraniennes avaient annoncé le début des travaux de construction d’un nouveau réacteur nucléaire de recherche à Ispahan, dans le centre de l’Iran, quelques jours après avoir fait état d’un projet de centrale nucléaire dans le sud du pays.

Ainsi, malgré les sévères sanctions économiques imposées par les Etats-Unis, l’Iran accélérait son programme nucléaire.

« Aujourd’hui, on a commencé à couler le béton pour la fondation du réacteur sur le site d’Ispahan », a déclaré Mohammad Eslami, chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), cité par l’agence de presse officielle Irna. On notera que ce centre de recherche est déjà doté de trois réacteurs.

Le nouveau réacteur, d’une puissance de 10 mégawatts, servira de source de production de neutrons, destinée notamment à des essais de combustibles et de matériaux nucléaires, ainsi qu’à la production de radio-isotopes industriels et de radiopharmaceutiques, indique l’agence Irna.

Cette annonce intervient alors que l’Iran reste soumis à de sévères sanctions économiques, imposées par les Etats-Unis . Pour rappel, ces derniers s’étaient retirés unilatéralement en 2018 de l’accord nucléaire international, conclu trois ans auparavant et prévoyant des limitations au programme nucléaire iranien.

En cours d’année dernière, l’Iran avait été contraint de ralentir son rythme de production d’uranium enrichi à 60%, des pourparlers informels ayant repris avec les Etats-Unis. Il a toutefois décidé de reprendre le programme nucléaire, fin 2023.

« Nous devons atteindre une capacité de production de 20.000 mégawatts d’énergie nucléaire dans le pays » d’ici 2041, a déclaré Mohammad Eslami lors d’une tournée dans la région avec le président iranien, Ebrahim Raïssi.

Seuls cinq pays dans le monde dépassent cette capacité : les Etats-Unis, la France, la Chine, la Russie et la Corée du Sud. Les centrales de Sirik devraient être pleinement opérationnelles d’ici 2031, selon l’agence Irna. L’Iran dispose actuellement d’une seule centrale nucléaire opérationnelle à Bouchehr, d’une capacité de production de 3.000 mégawatts.

En parallèle, l’Iran avait annoncé avoir envoyé pour la première fois simultanément trois satellites en orbite, une nouvelle étape du développement des activités aérospatiales du pays malgré les sanctions occidentales.

Ce lancement a été critiqué par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni dans un communiqué commun, dénoncé par Téhéran comme étant un acte « interventionniste ».

L’Iran affirme que ses activités aérospatiales sont pacifiques et conformes à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Mais les gouvernements occidentaux craignent que ses systèmes de lancement de satellites n’intègrent des technologies interchangeables avec celles utilisées dans les missiles balistiques capables de livrer une ogive nucléaire.

Il apparaît donc que les ayatollahs prennent tous les risques. Sont-ils encouragés à le faire par Moscou ou par Pékin ?

Note au 15/04 , 15h

Le Kremlin appelle l’Iran et Israël à la « retenue » pour éviter toute « escalade »

Le Kremlin a appelé lundi l’Iran et Israël à la « retenue » afin d’éviter toute nouvelle « escalade » après l’attaque menée par Téhéran contre le territoire israélien en riposte à une frappe meurtrière sur le consulat iranien à Damas. « Nous sommes extrêmement préoccupés par l’escalade des tensions dans la région et nous appelons tous les pays de la région à faire preuve de retenue. Une nouvelle escalade n’est dans l’intérêt de personne », a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

13/04/2024 Un nouveau projet de propulsion par plasma pulsé pour les voyages spatiaux

Basée aux États-Unis, la start-up RocketStar a développé un système de propulsion spatiale à plasma pulsé amélioré par fusion nucléaire. Cette technologie n’est pas nouvelle mais la version proposée devrait disposer de performances accrues lui permettant de révolutionner les voyages spatiaux à longue distance, dans un premier temps vers Mars et ses satellites

Dans un tweet publié le 21 mars 2014, la start-up RocketStar a diffusé un communiqué annonçant un nouveau moteur ionique qui intègre la fusion nucléaire : le FireStar Fusion Drive. Selon les responsables du projet, ce dernier est 50 % plus performant en termes de poussée que son prédécesseur, le FireStar Foundation.

RocketStar indique que cette première unité de propulsion électrique au monde améliorée par fusion nucléaire pourrait permettre de réinventer les moteurs des engins spatiaux et de révolutionner ainsi les voyages dans l’espace.

Soulignons tout de même que les moteurs à plasma pulsé (ou moteurs ioniques) existent depuis déjà de nombreuses décennies. En effet, la première utilisation de ce genre de moteur date de l’époque soviétique, plus précisément lors de la mission qui a permis à la sonde Zond 2 de survoler Mars, en 1965. Or, le moteur ionique servait ici au contrôle de l’altitude.

Et si ce n’a pas vraiment été un succès pour plusieurs raisons, la mission a tout de même permis de valider l’usage des moteurs ioniques. Depuis les années 1960, la technologie a grandement évolué au point d’être testée dans les années 2000 par la NASA dans le cadre de la mission Earth Observing 1.

Le moteur à fusion nucléaire aneutronique de RocketStar vise à être dans l’espace vers la fin de 2024. Cette date paraît trop optimiste.

Les ingénieurs ont étudié une conception unique de moteur à plasma pulsé alimenté à l’eau. La vapeur d’eau est ici ionisée pour générer des protons à grande vitesse et une importante poussée. Toutefois, le nouveau moteur FireStar Fusion Drive a la particularité d’utiliser une réaction de fusion qui se produit lorsque du bore (un métalloïde) est introduit dans les gaz d’échappement. L’ajout en question permet d’obtenir une réaction entre les noyaux de bore et les protons qui se déplacent à grande vitesse. Ainsi, cette fusion aneutronique permet d’augmenter grandement la poussée du propulseur.

Dans son document, RocketStar affirme que le FireStar Fusion Drive a déjà été testé avec succès au High Power Electric Propulsion Laboratory (HPEPL) de l’Université Georgia Tech (États-Unis). Selon la start-up, il n’est pas seulement question d’une amélioration progressive d’un système de propulsion, mais également d’un véritable pas en avant avec la création d’une réaction de fusion-fission dans les gaz d’échappement. Sous le nom commercial de M 1.5, le moteur est donc prêt pour une utilisation en conditions réelles.

Les essais devrait intégrer plusieurs missions déjà prévues cette année par la société aérospatiale D-Orbit.

Référence

https://twitter.com/RocketStarSpace/status/1770488397536063579?

12/04/2024 Ubag, homme des cavernes, possible pygmée et bon navigateur.

C’est ce que semble avoir été un hominidé (sur ce terme, voir https://planet-vie.ens.fr/thematiques/evolution/hominoides-hominides-hominines-et-les-autres) découvert il y a 16 ans dans l’ile de Luzon, grotte dite Callao cave  Philippines par Florent Détroit du French National Museum of Natural History et Armand Salvador Mijares de l’University of the Philippines.  Il s’agissait de dents et de petits os de pieds qui évoquaient à la fois des hommes modernes, des hommes primitifs et des australopithèques.

Ils paraissaient âgés de 50.000 ans, date modifiée ensuite en 134.000 plus ou moins 14.000 ans avant le présent. Ils furent attribués à une espèce humaine encore inconnue dite  Homo luzonensis et surnommée « Ubag » . On emploie aujourd’hui le terme d’ Homme de Callao , Callao man.

Les ancêtres de l’homme de Callao auraient pu appartenir à des prédécesseurs asiatiques de l’homo erectus. Ils étaient donc capables de faire des traversée maritimes de plusieurs miles entre les iles, dans des passages régulièrement agités par des typhons.

Les saisons chaudes et humides sont les périodes où des dépressions tropicales se forment dans l’océan pacifique et touchent majoritairement le nord-est de l’archipel. Les zones principalement atteintes par les vents violents et grosses pluies sont la grande île de Luzon, les îles Batanes au nord et l’île de Mindanao, ce sont en général des passages de 3 à 7 jours entrecoupés de transitions ensoleillées. 

Cela devait déjà être le cas au paléolithique

Référence

https://www.newscientist.com/article/mg24232253-900-new-species-of-human-discovered-in-a-cave-in-the-philippines

11/04/2024 Faut-il sauver les espèces menacées et si oui lesquelles ?

Le IUCN Red List of Threatened Species identifie à ce jour 44000 espèces qui sont au bord de l’extinction, soit 25% de toutes les espèces qui ont été recensées. Parmi elles les plus visibles sont les rhinocéros blancs du Kenya dont ne subsiste que deux femelles. En l’absence de mâle, la survie de cette espèce spectaculaire paraît compromise – c’est le moins que l’on puisse dire. Mais chaque année des milliers d’autres espèces moins visibles disparaissent discrètement.

Chaque année également des chercheurs s’opposent pour définir les espèces les plus utiles qu’il faudrait sauvegarder . Mais utiles pour qui et à quoi ? Et à quel moment faudra-t-il renoncer? C’est en Grande Bretagne au sein du Zoological Society of London Evolutionarily Distinct and Globally Edangered (EDGE) Species Programme. que se touvent les experts les plus avertis de ces questions, Pour l’un d’entre eux, Rikki Gumbs, il faut puisque l’on ne peut tout sauver, définir attentivement celles qu’il conviendrait de protéger en priorité.

Jusqu’ici, dil-il, l’on s’était attaché à sauver les plus charismatiques. Grands fauves, primates et autres animaux capables comme l’homme de regarder droit devant eux avec attention. A cette fin, l’EDGE a été chargé de proposer des critères de sélection. Mais en approfondissant ceux-ci, l’on s’est aperçu que l’on négligeait des espèces moins spectaculaires mais indispensables à la protection de la diversité. C’est le cas de la Grenouille au nez pourpre qui ressemble à un éléphant minuscule (Nasikabatracus sahyadrensis) ou la Tortue de la Rivière Mary (Elusor macrurus) qui peut rester immergée 72 h sans respirer. Plus généralement il faut sauvegarder les espèces qui présentent la plus grande diversité génétique, même si elles ne sont pas les plus spectaculaires.

Plus embarrassante est la question inverse : parmi les espèces les plus menacées, que sont celles que l’on pourrait se résoudre à laisser disparaître ? Il est particulièrement difficile de répondre à cette question, car il faut se placer dans la perspective de plusieurs décennies, voire du siècle. Après qu’une espèce se soit éteinte c’est longtemps après cette disparition que l’on découvre qu »elle en a entraîné d’autres en cascade, dans le règne animal comme dans le domaine végétal.

10/04/2024 La fusion nucléaire devrait être en avance sur le rendez vous prévu.

La réalisation de réacteurs faisant appel à la fusion nucléaire est généralement considérée comme pouvant répondre à tous les besoins d’énergie de l’humanité jusqu’à la fin de ce siècle. Elle est plus simple dans son principe que l’actuelle fission utilisée dans les réacteurs actuellement en service. De plus, elle ne nécessitera pas le recours à de grandes quantités d’uranium. Celui-ci est devenu un enjeu de puissance international disputé. Enfin la fusion ne produira que peu de retombées radioactives contaminantes.

Une trentaine de pays et d’organisations ont décidé de s’associer au sein d’un groupe de recherche nommé Iter (en latin le chemin). dont le centre stratégique se trouve à Cadarache. Son objectif est de préparer en commun la construction d’un tokamak expérimental géant. Il a été convenu que chacun des partenaires pourra poursuive des recherches indépendantes jusqu’au succès final. Certains d’entre eux avaient déjà annoncé des succès partiels encourageants

Désormais, les réalisations s’enchaînent. C’était déjà le cas avec le JT-60SA, un projet commun entre le Japon et l’Union européenne. Il a été inauguré en décembre dernier après 15 ans de travaux à l’Institut de fusion de Naka, à une centaine de kilomètres au nord-est de Tokyo. Le JT-60SA est un « tokamak« , c’est-à-dire un réacteur à fusion dont le plasma est contrôlé et confiné par des méga-aimants. C’est un projet satellite d’Iter.

Pour provoquer la fusion, il faut parvenir à créer du plasma – un gaz chaud électriquement chargé – et le maintenir à des températures bien supérieures à celles régnant au cœur du soleil, d’au moins 100 millions de degrés Celsius. Il faut aussi contrôler la densité du plasma et le confiner pour le tenir à distance des parois de la chambre à vide en forme d’anneau où il est généré, sans quoi la fusion cesserait immédiatement.

Aujourd’hui la start up britannique First Light Fusion https://firstlightfusion.com/ annonce une nouvelle méthode pour déclencher la fusion. Elle s’est inspiré pour cela de la petite crevette pistolet (pistol shrimp)

La crevette-pistolet ne fait que quelques centimètres mais elle possède une arme redoutable : l’une de ses pinces est plus grande que l’autre et est capable de produire en se refermant un puissant jet d’eau qui crée une ode de choc et étourdit ou démembre la proie.

First Light Fusion propose pour déclencher la fusion nucléaire, un projectile dit ultra-rapide high-velocity projectile. Celui-ci comporte deux dispositifs, un amplificateur et une capsule pour le combustible. L’amplificateur augmente la pression de l’impact avec le projectile. Une onde de choc se forme et produit une cavité . Quand celle-ci s’effondre elle déclenche un jet à haute pression qui vient heurter la paroi d’enceinte et génère une pression supérieure à celle de l’onde initiale . Le même résultat, selon First Light Fusion, sera obtenu par un laser de très haute énergie dont elle a entrepris l’étude.

09/04/2024 Nouvelles découverte concernant l’action de la photosynthèse et la production d’Hydrogène à des fins industrielles

source New Scientist
Decades-old mystery about photosynthesis finally solved
13 may 2023 p.16

Rappel

On appelle photosynthèse le processus permettant aux végétaux et à certaines bactéries de fabriquer de la matière organique à partir du gaz carbonique de l’atmosphère et d’eau, en utilisant la lumière solaire comme source d’énergie et en produisant de l’oxygène.

https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/photosynth%C3%A8se/79404

La photosynthèse, qui signifie littéralement « synthèse de matière organique par la lumière », correspond à la captation de l’énergie lumineuse provenant du Soleil et a son stockage sous la forme de matière organique , des glucides notamment).

Grâce à la photosynthèse, les végétaux et la plupart des  bactéries, dites photosynthétiques produisent leurs propres composants à partir de l’énergie solaire (on dit qu’ils sont autotrophes).

On rappelera que la Terre primitive, comme toutes les planètes observables, ne comportait pas d’oxygéne sous sa forme gazeuse. Aucune forme de vie supposant la respiration n’y était donc possible. C’est grâce à la photosynthèse réalisée par des végétaux et des cyanobactéries que l’oxygène est devenu courant.

La phoiosynthèse consomme de l’eau (H2O), du dioxyde de carbone (CO2) et produit de l’oxygène (O2) qui est rejeté dans l’atmosphère qu’il enrichit. Consommé par la respiration des êtres vivants complexe cet oxygène atmosphérique est renouvelé en permanence par l’activité de l’ensemble des organismes photosynthétiques. Rappelons que la photosynthèse réalisée par les bactéries pourpres et des bactéries vertes ne rejette pas d’oxygène, mais d’autres sous-produits (essentiellement du soufre [S]).

L’énergie nécessaire à la photosynthèse est fournie par le rayonnement du soleil. La lumière est donc un facteur décisif dans le processus. L’intensité lumineuse optimale est différente d’une espèce végétale ou bactérienne à une autre. Les diverses radiations qui composent la lumière blanche ont une action spécifique : les radiations rouges (600 nm) et indigo (400-450 nm), absorbées par la chlorophylle, sont les plus efficaces ; les vertes ne sont d’aucun effet.

Chez les plantes et les algues, la photosynthèse s’effectue au niveau des parties vertes, et tout particulièrement au niveau des feuilles : leurs cellules renferment en effet de petites usines à photosynthèse, les chloroplastes, contenant eux-mêmes de la chlorophylle, un pigment de couleur verte qui permet la captation de l’énergie lumineuse. Chez les végétaux qui ne sont pas de couleur verte – par exemple les plantes à feuilles pourpres – le processus et la localisation sont les mêmes : la chlorophylle y est masquée par des pigments d’autres couleurs.

Chez les bactéries (notamment les abondantes cyanobactéries, mais aussi les bactéries vertes et les bactéries pourpres), qui sont dépourvues d’organites, la photosynthèse se fait dans le cytoplasme, sur des invaginations de la membrane cellulaire ou des corpuscules (appelés chlorosomes), qui renferment des bactériochlorophylles.

Chez les végétaux et les cyanobactéries, les pigments photosynthétiques sont groupés en photosystèmes : ceux-ci sont composés d’une antenne collectrice des photons (composée de chlorophylle b, de caroténoïdes et de protéines), et d’un centre réactionnel (composé de deux molécules de chlorophylle a), qui a pour fonction de transférer des électrons à une chaîne d’accepteurs d’électrons. Deux photosystèmes distincts ont été identifiés : le photosystème I et le photosystème II (numérotés dans l’ordre de leur découverte).

La photosynthèse se déroule en deux phases distinctes : une phase dépendante de la lumière (phase photochimique ou phase claire), au cours de laquelle l’énergie solaire est captée par la chlorophylle, suivie d’une phase indépendante de la lumière (phase non photochimique ou phase sombre, beaucoup plus longue, où cette énergie est utilisée pour réaliser les synthèses chimiques.

Chez les végétaux, la phase photochimique, connue aussi sous les noms de phase lumineuse se produit dans des replis de la membrane du chloroplaste, appelés thylakoïdes. Ce nom désigne le réseau de membranes dans le chloroplaste renfermant la chlorophylle et dans lequel se réalise une partie du processus de photosynthèse

Au cours de cette phase, le photosystème I, dit (PS I), frappé par les photons de la lumière solaire, éjecte des électrons. Ceux-ci sont transférés à une chaîne de transporteurs d’électrons, à l’issue de laquelle ils servent à réduire le NADP+ en NADPH + H+ (→ nicotinamide).

Des photons frappent aussi le photosystème II (PS II), qui libère également des électrons. Ceux-ci sont transférés à une chaîne de transfert d’électrons, puis à un complexe appelé cytochrome. Ce dernier transfert déclenche le passage d’ions H+ dans le stroma du chloroplaste (le milieu aqueux à l’intérieur du chloroplaste) .

Ce passage permet à une enzyme, l’ATP-synthétase, de produire des molécules d’ATP (adénosine triphosphate. L’ATP est la molécule universelle de stockage de l’énergie chez les êtres vivants. Du cytochrome, les électrons passent sur le PS I, pour compenser la perte d’électrons subie à la suite de l’action des photons. Les photons provoquent également la destruction des molécules d’eau (c’est la photolyse).

Cette réaction (H2O →2H+ + ½ O2 + 2e-) produit des protons qui vont rejoindre le stroma du chloroplaste et des électrons qui vont combler le trou électronique du PS II ; c’est aussi cette réaction qui dégage de l’oxygène (on voit ainsi que l’oxygène est un sous-produit, un déchet du mécanisme de la photosynthèse).

La phase non photochimique, autrefois appelée phase sombre ou phase obscure, se déroule dans le stroma du chloroplaste et ne nécessite pas de lumière. Elle correspond à la synthèse de la matière organique ; elle consomme du CO2 et libère de l’eau. L’ATP et le NADPH + H+ produits par la phase photochimique servent à transformer le CO2 en glucides, au cours d’une série de réactions biochimiques appelées cycle de Calvin. Celui-ci débute par la fixation du dioxyde de carbone sur un composé appelé RuDP (ribulose-1,5-diphosphate), grâce à une enzyme, la Rubisco (ribulose-1,5 bisphosphate carboxylase/oxygénase).

La Rubisco est le facteur majeur de la transformation du CO2  en composés organiques, Elle est de ce fait la protéine la plus abondante sur Terre.

Le cycle de Calvin produit un triose (un sucre en C3), le glycéraldéhyde-3-phosphate (pour une consommation de 3 CO2, 9 ATP et 6 NAPH + H+). Les trioses se combinent ensuite pour former d’autres sucres, comme le glucose (sucre en C6 ou hexose).

Une quinzaine de secondes après l’absorption du CO2 apparaissent les premiers sucres. À partir de certains hexoses se constituent le saccharose et l’amidon. Outre des glucides, la photosynthèse peut également élaborer des lipides et des protéines par liaison avec une molécule azotée.

Ce cycle existe chez les algues, les plantes des régions tempérées et tous les arbres ; ces végétaux sont dits « plantes en C3 », car le cycle produit un triose.

La découverte à laquelle l’article du NewScientist fait allusion concerne le nombre de particules de lumière ou photons qui devraient rencontrer un complexe protéinique dit photosystem II ou PSII se trouvant dans les organismes photosynthétiques tels que les plantes. Il avait déjà été constaté que 4 photons suffisaient à déclencher le processus. Quand les photons rencontrent un PSII, ils sont absorbés par un complexe d’atomes de manganèse, de calcium et d’oxygène. Le PSII brise alors les molécules d’eau, libérant de l’oxygène. Mais l’on ignorait jusqu’ici ce qui se passait juste après l’arrivée du 4e proton.;

Aujourd’hui, des expériences permettent d’y voir plus clair. Des scientifiques du Lawrence Berkeley National Laboratory dirigé par Yan Kern ont illuminé des algues bleues-vertes avec des éclats de lumière ordinaire puis utilisé des rayons X pour observer la suite. Après le choc avec les 4 photons, PSII a brisé des molécules d’eau en en extrayant l’oxygéné, ceci dans un délai de quelques millionièmes de seconde. Les rayons X furent assez rapides pour mettre en évidence ce délai.

Il fut constaté alors que les atomes d’oxygène formèrent brièvement une nouvelle structure avec PSII en échangeant 3 protons et un électron. Dans le même temps, de l’hydrogène a été libéré

Comprendre ce processus sera important lorsqu’il s’agira de décomposer l’eau pour en extraire l’hydrogène destiné a servir de carburant

Voir ci-dessous Nature,  doi.org/j8h8).

Référence

Decades-old mystery about photosynthesis finally solved

Karmela Padavic-Callaghan

WE NOW know in microscopic detail how oxygen is formed during photosynthesis, and this understanding could advance our development of clean fuels.

Plants, algae and some bacteria use photosynthesis to harness sunlight to create the energy they need to grow. It was already established that just four consecutive particles of light, or photons, must hit a protein complex within these organisms to kick-start this process.

When the photons reach the protein complex – called photosystem II, or PSII – they are absorbed by a cluster of manganese, calcium and oxygen atoms. PSII then breaks apart water molecules, releasing oxygen from them. What exactly happens after the fourth photon arrives has eluded us for decades, however. Now, two experiments have filled in some of the detail.

Jan Kern at Lawrence Berkeley National Laboratory (LBNL) in California and his colleagues have illuminated blue-green algae with pulses of visible light, then used X-rays to capture what happened.

After being hit by the fourth photon, PSII breaks down water molecules within a few millionths of a second. The X-rays were fast enough to show that there was a delay between splitting water to free oxygen atoms and the formation of molecular oxygen, or O₂.

The arrangement of the PSII molecules around those oxygen atoms indicated that the oxygen briefly formed a new structure (Nature, doi.org/j8h8). The oxygen atoms were probably briefly bound to another part of PSII, say the researchers. This step of the process has previously only been theorised, says Kern.