27/05/2024 La France bien placée dans la course mondiale à l’ordinateur quantique




Récemment nous annoncions une collaboration entre le CEA-Leti de Grenoble avec la finlandaise IQM quantum computer pour développer des puces d’ordinateurs quantiques dites photoniques quantiques.

Aujourd’hui, on apprend que le start-up française Pascal vient de conclure un accord avec l’énergéticien saoudien Aramco pour lui livrer un ordinateur quantique en 2025. Un succès notable pour Pascal et son PDG, Georges-Olivier Reymond.

https://www.challenges.fr/high-tech/avec-aramco-pasqal-frappe-un-grand-coup-dans-la-course-a-l-ordinateur-quantique_894299


Cette vente s’inscrit dans un partenariat de longue date entre les deux entreprises. La start-up française dispose de bureaux à Riyad et travaille sur des applications avec Aramco depuis 2022. Aramco avait, elle, contribué, via son fonds Wa’ed Ventures et pour une part « très minoritaire » du capital, à la levée de 100 millions d’euros de Pasqal en 2023.

Les cas d’usage de la machine devraient toutefois rester limités : les 200 qubits de l’ordinateur prévus ne sont pas encore des « qubits logiques », ou qubits sans erreur, ce qui limite les applications à des situations où les erreurs commises sont contrôlables.

Cette annonce vient couronner une année déjà riche pour Pasqal, qui va également livrer deux ordinateurs quantiques à des centres de calcul français (GENCI) et allemand (Forschungszentrum Jülich) et qui vient d’annoncer avoir résolu un problème de planification de satellites avec Thalès. L’entreprise, forte de ses 200 salariés, espère pouvoir construire une machine à 10 000 qubits d’ici trois ans.

La bataille pour le qubit logique est loin d’être gagnée. De nombreuses start-up commencent à commercialiser leurs solutions : c’est le cas en France de Quandela, déjà citée qui a inauguré son premier ordinateur quantique chez OVH en mars, ou d’Alice & Bob, qui vient d’annoncer cette semaine la mise à disposition de sa puce quantique chez des clients de Google Cloud. Des solutions toutefois plus modestes : l’ordinateur quantique d’OVH, installé sur le site de Croix (Nord), est actuellement limité à deux qubits.

Surtout, l’américain IBM, qui commercialise déjà des ordinateurs quantiques, vient d’annoncer un investissement de 45 millions d’euros dans son centre de recherche français, basé à Saclay (Île-de-France) : de quoi permettre l’embauche d’une cinquantaine de chercheurs et d’ingénieurs pour travailler sur la correction d’erreurs, le code ou encore le développement de cas d’usage. Avec un objectif : développer le premier qubit logique à l’horizon 2030.

Un objectif partagé par Pasqal, qui envisage des produits intégrant des qubits logiques « dans dix ans ».l

Les solutions techniques divergent : Pasqal utilise des atomes neutres, là où la solution de Quandela est basée sur de la photonique et celles d’Alice & Bob https://alice-bob.com/ ou d’IBM sur la supraconductivité. Il y a de la place pour plusieurs technologies, avec des problèmes qu’une technologie spécifique traitera mieux qu’une autre.

26/05/2024 La Turquie vient de découvrir la deuxième plus grande réserve d’éléments de terres rares au monde.

La réserve se trouve dans le district de Beylikova à Eskişehir en Anatolie centrale. Elle est estimée à 694 millions de tonnes, devancée par la Chine qui possède le plus grand gisement d’éléments rares avec 800 millions de tonnes

Dans un première temps, le gouvernement prévoit de traiter 1 200 tonnes par an, bien que son objectif final aille beaucoup plus loin. « Nous traiterons 570 000 tonnes de minerai par an. De ce minéral traité, nous obtiendrons 10 000 d’oxyde de terre rare. Nous parlons de 72 000 tonnes de barytine, 70 000 tonnes de fluorite, 250 tonnes de thorium« , a déclarer le chef du gouvernement « Je veux surtout mettre l’accent sur le thorium, un élément qui nous offrira de grandes opportunités notamment dans les nouvelles technologies nucléaires« .

Selon l’Institut des études géologiques des États-Unis (USGS), la production mondiale de terres rares, 280 000 tonnes, avant la découverte que vient de faire la Turquie, se répartissait comme suit :

  • Chine 168 000 tonnes, soit 60% du marché mondial ;
  • États-Unis 42 000 tonnes, soit 15% ;
  • Birmanie 25 000 tonnes, soit 9% ;
  • Australie 22 000 tonnes, soit 8% ;
  • Thaïlande 8 000 tonnes, soit 3%.

Réserves de terres rares dans le monde

Au rythme de production actuel (280 000 tonnes) et au vu des réserves mondiales (120 millions de tonnes), le monde dispose d’environ 430 ans de consommation de terres rares devant lui.

Publié par Statista Research Department, 9 avr. 2024

Cette statistique présente les réserves de terres rares estimées dans le monde en 2023, selon le pays et en milliers de tonnes d’oxydes de terres rares (OTR). Les réserves de terres rares de la Chine sont estimées à 44 millions de tonnes métriques d’équivalent d’oxyde de terres rares en 2023, ce qui en fait le premier pays au monde en termes de réserves de terres rares.

« En France, les principaux sites géologiques contenant des terres rares sont situés en Bretagne, en Guyane et en Polynésie. Ils sont recensés dans le dernier rapport du Bureau de recherches géologiques et minières consacré à ces ressources stratégiques », précise le site Science Ouest (2018).

D’ores et déjà se pose la question de savoir ce que fera la Turquie de ces réserves, au delà de ses usages propres. En fera-t-elle bénéficier la Russie et la Chine ou au contraire l’Occident, Etats-Unis et/ou Union européenne. Cette dernière qui jusque-là n’avait manifesté aucun enthousiasme à une éventuelle adhésion de la Turquie, changera-t-elle d’avis?

Quant à l’Etat Islamique ou autres organisations de ce type…







25/05/2024 L’acheminement au pied des pyramides des blocs de pierre dont elles furent construites

Pour construire les pyramides, les Egyptiens utilisaient des blocs de pierres. Différents types de pierres ont été utilisés. Mais d’où venaient-elles ? Comment faire pour déplacer ces blocs de pierre pesant plusieurs tonnes.

  • Le calcaire de Tourah : issu de Tourah, à plusieurs kilomètres du Caire
  • Le calcaire de Gizeh, sur le plateau de Gizeh. Les pierres étaient
    taillées, près de l’emplacement du chantier de construction
  • Le granit rose d’Assouan, utilisé pour la chambre du roi. Il venait d’Assouan à 800 km au sud du Caire. Les blocs de pierres d’Assouan, au sud de l’Egypte, sont venus par bateau en descendant le Nil. Ensuite, les Egyptiens les ont acheminés par des canaux et des bassins artificiels jusqu’au plateau de Gizeh. Ils ont construit de véritables ports pour livrer les pierres au plus près des pyramides. C’est ce que révèle le journal de bord de Merer, un fonctionnaire chargé du transport des blocs de pierre.

Un bras aujourd’hui asséché du Nil, qui passait au pied des nombreuses pyramides d’Egypte, aurait permis l’acheminement par bateau des blocs dont elles sont construites

Des géomorphologues de l’Université de Caroline du Nord à Wilmington viennent de mettre au jour un bras aujourd’hui disparu du Nil, qui longeait ces tombeaux des pharaons. Et celui-ci aurait donc permis d’amener les matériaux de construction. « Nos travaux fournissent la première carte de l’une des anciennes branches principales du Nil à une telle échelle, en le liant avec la plus vaste étendue de pyramides d’Egypte », assure Eman Ghoneim, qui a supervisé ces recherches publiées dans le la revue Nature Communications Earth&Environment.

Cette carte a été réalisée à l’aide d’images radar prises par le satellite Sentinel-1 de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui permettent, depuis le ciel, de repérer les sédiments dans le sous-sol du lit d’un possible ancien fleuve. Une voie d’eau de 64 km qui, il y a 4200 ans, a été ensuite petit à petit recouverte par le vent chargé de sable du désert.

Référence

nature  

The Egyptian pyramid chain was built along the now abandoned Ahramat Nile Branch


Gad El-Qady, and others

volume5, Article number: 233 (2024) 

  • Abstract

The largest pyramid field in Egypt is clustered along a narrow desert strip, yet no convincing explanation as to why these pyramids are concentrated in this specific locality has been given so far. Here we use radar satellite imagery, in conjunction with geophysical data and deep soil coring, to investigate the subsurface structure and sedimentology in the Nile Valley next to these pyramids. We identify segments of a major extinct Nile branch, which we name The Ahramat Branch, running at the foothills of the Western Desert Plateau, where the majority of the pyramids lie. Many of the pyramids, dating to the Old and Middle Kingdoms, have causeways that lead to the branch and terminate with Valley Temples which may have acted as river harbors along it in the past. We suggest that The Ahramat Branch played a role in the monuments’ construction and that it was simultaneously active and used as a transportation waterway for workmen and building materials to the pyramids’ sites.



24/05/2024 Une nouvelle hypothèse concernant la gravité quantique

https://www.techno-science.net/actualite/gravite-quantique-enfin-approche-testable-expliquant-grand-mystere-notre-univers-N24999.html

Une nouvelle hypothèse concernant la gravité quantique pourrait résoudre l’une des plus grandes énigmes de la cosmologie moderne. En 1929, Edwin Hubble découvrit que l’Univers était en expansion. En observant les galaxies, il remarqua que celles qui étaient les plus lointaines s’éloignaient plus rapidement de la Terre. Cette découverte fondamentale a conduit à la détermination de la constante de Hubble, qui mesure cette expansion.

Cependant, des mesures plus récentes ont mis en lumière une incohérence troublante. La constante de Hubble, déterminée par l’observation du fond diffus cosmologique, est une image de l’univers émise peu après le Big Bang. Or elle diffère de près de 10 % des valeurs obtenues par les observations astronomiques récentes des objets cosmiques distants. Cette contradiction, connue sous le nom de « tension de Hubble », suggère l’existence de lacunes dans notre compréhension de l’évolution de l’Univers.

Voir https://science.nasa.gov/missions/webb/nasas-webb-hubble-telescopes-affirm-universes-expansion-rate-puzzle-persists/

Pour tenter de résoudre ce problème, les chercheurs P.K. Suresh et B. Anupama de l’Université de Hyderabad ont proposé une nouvelle approche en intégrant les effets quantiques dans la théorie utilisée pour déterminer le taux d’expansion. Leur étude, publiée dans Classical and Quantum Gravity, (voir référence in fine) suggère que seule la révision de la théorie de la relativité  générale d’Einstein pour inclure ces effets pourrait harmoniser les résultats disparates.

La gravité quantique, qui inclut des fluctuations aléatoires des champs et la création spontanée de particules à partir du vide, est un domaine théorique important. Intégrer ces effets dans des modèles pratiques est très complexe, surtout à cause des conditions extrêmes nécessaires pour les observer. Cependant, les chercheurs ont étudié des effets généraux de la gravité quantique qui peuvent être appliqués à plusieurs théories.

Leur étude montre que tenir compte de ces effets dans la description des interactions gravitationnelles pendant l’inflation cosmique, pourrait modifier les prédictions sur le fond diffus cosmologique, harmonisant ainsi les deux méthodes de mesure de la constante de Hubble.

Bien qu’une théorie complète de la gravité quantique soit encore à développer, ces premiers résultats sont encourageants. Le lien entre le fond diffus cosmologique et les effets de la gravité quantique pourrait permettre prochainement des études expérimentales.

Référence

A possible solution to the Hubble tension from quantum gravity

Anupama BP K Suresh

We investigate the relevance of quantum gravity during inflation to address the Hubble tension that arises from Planck 2018 and SH0ES data sets. We show that the effect of quantum gravity during inflation can increase the rate of change of H0, thereby accounting for a wide range of observed H0. Further, we show that due to the quantum gravity effect on inflation, the temperature at the onset of reheating can be lower than the standard case, causing delays in the reheating process. The role of quantum gravity is inevitable in settling the Hubble tension. The results of the present study may find use in resolving the Hubble tension, in validating inflationary model and quantum gravity.

Comments:A new paragraph is added in the introduction part and fig. 7 is replaced with a new one. 19 pages, 10 figures
Subjects:General Relativity and Quantum Cosmology (gr-qc); Cosmology and Nongalactic Astrophysics (astro-ph.CO)
Cite as:arXiv:2303.02953 [gr-qc]
 (or arXiv:2303.02953v2 [gr-qc] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2303.02953Focus to learn more
Journal reference:Class. Quantum Grav. 41 (2024) 035002
Related DOI:https://doi.org/10.1088/1361-6382/ad1a51Focus to learn more

Le CEA-Leti (Grenoble) et le leader européen du quantique, la finlandaise IQM Quantum Computer vont collaborer pour la conception et la production de puces d’ordinateur dites photoniques quantiques

Il s’agit d’une excellente nouvelle. Nous avons souvent ici cité la sentence « qui dominera le quantique dominera le monde ». Nous ne savons pas bien où en sont les chinois et les russes en ce domaine. Du côté américain, ce sont IBM Google et Microsoft qui ont pris plusieurs longueurs d’avance. Le cap des puces quantiques dotées de plus de 1.100 qubits est désormais franchi

https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-informatique-quantique-ibm-degaine-les-puces-heron-et-condor-92335.html

La France ne devrait pas être absente face à cet enjeu. Le CEA-Leti de Grenoble, (Electronics and Information Technology Laboratory) et le leader européen du quantique, la finlandaise IQM Quantum Computers viennent de conclure un partenariat visant à produire des puces photoniques quantiques 100% françaises à hautes performances. Ce sera la start-up française Quandela qui conduira ce projet.

Celui-ci vise à créer une usine de production de puces électroniques à Grenoble d’ici 2027. Le coût en sera d’au moins 100 millions d’euros,

Il s’agira de passer  de la puce électronique à la puce photonique quantique , afin de décupler les performances d’un ordinateur en utilisant la lumière à la place des électrons. C’est dans cette révolution technologique que les fabricants de composants électroniques ont investi des milliards de dollars ces dix dernières années.

La photonique est la science, ainsi que la technologie, pour l’étude et la fabrication de composants permettant la génération, la transmission, le traitement ou la conversion de signaux optiques dans une approche classique ou quantique. De nombreuses applications industrielles existent déjà, telles que la fibre optique, les lasers ou les diodes électroluminescentes.

Dans le cas d’une puce d’ordinateur, l’objectif est de remplacer les connexions en cuivre, qui utilisent des électrons, par des photons, ce qui optimise le transfert de l’information. Les photons ont la particularité de ne pas créer d’interférence magnétique, ni de générer de chaleur et sont beaucoup plus rapides.

À cela s’ajoute le langage quantique pour programmer les puces. À la différence de l’informatique classique qui travaille avec deux états, 1 ou 0, le langage quantique permet d’utiliser toutes les positions entre 1 et 0. C’est le phénomène dit de superposition quantique. Les ordinateurs quantiques promettent de résoudre des problèmes qui sont impossibles à calculer avec les superordinateurs d’aujourd’hui.

  • Référence

PRESS RELEASE — The French start-up Quandela has signed a partnership with the Electronics and Information Technology Laboratory of the French Atomic Energy Commission (CEA-Leti) to produce a 100% French high-performance photonic chip. As part of this partnership, CEA-Leti is making its expertise and manufacturing platform available to Quandela. The first chips will be available in early 2023.

This partnership will allow Quandela to fully control the process of creating these photonic chips.

Quandela also contributes to France’s and Europe’s need for technological independence: this 100% French-made chip secures the supply of photonic quantum players and allows French sovereignty to emerge in this field.

Quandela’s photonic technology has many advantages over other quantum technologies, as photons are not sensitive to perturbations in their environment, allowing photonic processors to operate largely at room temperature. In addition, the quality of the single-photon source developed by Quandela makes it possible to remove the theoretical barriers to the development of fault-tolerant quantum computers. CEA-Leti is now the best partner to work on the development of photonic chips with a performance adapted to this new step taken by Quandela.

“This partnership with the CEA-Leti teams, undoubtedly among the best experts in photonic chip design and manufacturing, allows us to take a new step in the mid-term development of Quandela’s full-stack photonic quantum computer and, in the longer term, of a fault-tolerant quantum computer”  explains Niccolo Somaschi, co-founder of Quandela.

23/05/2024 Des particules peuvent-elles se déplacer plus vite que la lumière?

https://trustmyscience.com/effet-tunnel-particules-quantiques-peuvent-elles-voyager-vitesses-supraluminiques/

Dans un étrange phénomène de la mécanique quantique appelé « effet tunnel », les particules semblent capables de voyager plus vite que la lumière — ce qui est en contradiction avec la théorie de la relativité d’Einstein. Cependant, des chercheurs suggèrent dans une nouvelle étude que les mesures précédentes montrant ce phénomène sont inexactes et qu’au contraire, il n’existe pas d’énergie supraluminique ni de « tunnellisation instantanée

L’effet tunnel quantique est un phénomène au cours duquel une particule peut traverser une barrière énergétique qu’elle ne peut normalement franchir, selon les lois de la physique classique. Cette dernière est notamment régie par des lois strictes.

En revanche, la mécanique quantique n’est pas aussi limitée. Même si son énergie est inférieure au minimum requis pour franchir une barrière, une particule peut la traverser, comme si elle glissait à travers un tunnel, d’où l’appellation « effet tunnel ». Décrit pour la première fois en 1928, cet effet explique de nombreux phénomènes auparavant mystérieux, tels que la désintégration radioactive, ainsi que la manière dont les noyaux d’hydrogène du Soleil sont capables de surmonter leur répulsion mutuelle et de fusionner pour produire de l’énergie.

Cependant, la vitesse à laquelle les particules traversent les tunnels quantiques fait l’objet de débats. Des chercheurs ont suggéré que pour les particules quantiques, les barrières semblent agir comme des raccourcis. Lorsque les particules y « creusent » des tunnels, leurs déplacements prendraient moins de temps que si les barrières avaient été absentes, ce qui semble contradictoire.

De plus, l’épaisseur des barrières ne semble nullement augmenter le temps nécessaire aux particules pour les traverser. En d’autres termes, les particules se « tunnellisent » plus rapidement que la lumière parcourant la même distance dans un espace vide. Or, la relativité d’Einstein interdit tout déplacement plus rapide que la lumière. Cela a ainsi conduit à la remise en question de certains des aspects fondamentaux de la physique, y compris le définition même du temps.

D’un autre côté, des chercheurs de l’Université technique de Darmstadt ( Allemagne) suggèrent que le temps de tunnellisation quantique n’a peut-être pas été correctement mesuré dans les précédentes expériences. Dans le cadre de leur nouvelle étude, récemment publiée dans la revue Science Advances, ils proposent un nouveau protocole de mesure qui est, selon eux, plus adapté à la nature du tunneling. Nous en publions ci-dessous in fine les références et l’abstract.

Les précédentes mesures du temps de tunneling se basaient généralement sur la dualité onde-corpuscule, un phénomène selon lequel les particules peuvent se comporter à la fois comme des ondes et des particules. L’effet tunnel mettrait notamment en évidence la nature ondulatoire des particules, lorsqu’elles se déplacent vers une barrière telle une vague d’eau en étant progressivement transformées en paquet d’ondes

Si le paquet d’ondes entre en contact avec une barrière énergétique, une partie est réfléchie tandis que l’autre la traverse. La hauteur de l’onde (ou de la vague) indique la probabilité que la particule se matérialise à un endroit précis de la barrière après sa tunnellisation. Afin de localiser le point de matérialisation de la particule, les chercheurs se sont basés sur la hauteur la plus élevée atteinte par le paquet d’ondes.

Cependant, « la particule ne suit pas un chemin au sens classique du terme », explique dans un communiqué le coauteur de la nouvelle étude, Enno Giese, de l’Université technique de Darmstadt. De ce fait, « il est impossible de dire exactement où se trouve la particule à un moment donné. Il est donc difficile de se prononcer sur le temps nécessaire pour se rendre d’un point A à un point B ».

Une approche basée sur le modèle temporel d’Einstein

Le nouveau protocole de Giese et son collègue vise à surmonter cet obstacle en se basant sur le modèle temporel d’Einstein, selon lequel le temps se définit tout simplement comme celui mesuré par une horloge. Dans cette vision, ils suggèrent d’utiliser la particule qui se tunnellise comme une horloge, tandis qu’une autre, qui ne se tunnellise pas, sert de référence. En comparant les deux horloges, il serait possible de déterminer à quelle vitesse le temps s’écoule lors de la tunnellisation.

La réalisation de cette approche s’appuie également en partie sur la nature ondulatoire des particules. Leurs oscillations en tant qu’ondes seraient notamment comparables à celle caractérisant une horloge. Les niveaux d’énergie des atomes (utilisés comme horloges) oscilleraient selon certaines fréquences. Ainsi, en les exposant à un faisceau laser, ces niveaux oscilleraient de manière synchronisée, induisant ainsi un fonctionnement de type horloge atomique.

Toutefois, l’effet tunnel perturbe légèrement cette synchronisation, qui peut être ajustée par le biais d’une seconde impulsion laser faisant interférer les deux ondes internes de l’atome. La détection de cette interférence permet ensuite d’obtenir une mesure précise du temps écoulé pendant la tunnellisation.

La réalisation d’une telle expérience se heurte à des défis majeurs. En effet, le décalage de temps à mesurer serait de l’ordre de 10-26 seconde, ce qui est extrêmement bref, même en considérant les techniques de mesure actuelles. Afin de surmonter ces défis, les experts proposent d’utiliser des nuages d’atomes comme horloges plutôt que des atomes individuels. Il serait également possible d’amplifier l’effet de décalage horaire en augmentant manuellement la fréquence des horloges, facilitant ainsi les mesures.

Référence

  • A unified theory of tunneling times promoted by Ramsey clocks

PATRIK SCHACH HTTPS://ORCID.ORG/0000-0002-6672-9692 AND ENNO GIESE HTTPS://ORCID.ORG/0000-0002-1126-6352

SCIENCE ADVANCES
19 Apr 2024
Vol 10, Issue 16

DOI: 10.1126/sciadv.adl6078

Abstract

What time does a clock tell after quantum tunneling? Predictions and indirect measurements range from superluminal or instantaneous tunneling to finite durations, depending on the specific experiment and the precise definition of the elapsed time. Proposals and implementations use the atomic motion to define this delay, although the inherent quantum nature of atoms implies a delocalization and is in sharp contrast to classical trajectories. Here, we rely on an operational approach: We prepare atoms in a coherent superposition of internal states and study the time read-off via a Ramsey sequence after the tunneling process without the notion of classical trajectories or velocities. Our operational framework (i) unifies definitions of tunneling delay within one approach, (ii) connects the time to a frequency standard given by a conventional atomic clock that can be boosted by differential light shifts, and (iii) highlights that there exists no superluminal or instantaneous tunneling.

22/05/2024 La nouvelle Calédonie et la Chine

La Nouvelle-Calédonie détient entre 20% et 30% des ressources mondiales de nickel, surtout utilisé dans les aciers inoxydables et, de plus en plus, dans les batteries des véhicules électriques.

Or cette richesse est considérée comme stratégique pour la future souveraineté de l’industrie automobile chinoise

L’Indonésie en sait quelque chose. Avec 21 millions de tonnes, l’Indonésie détient les plus importantes réserves mondiales de nickel. Le pays a fait de ce secteur de transformation du nickel pour la fabrication de batteries électriques la clé de son programme de développement national.

Dans l’industrie du nickel dans l’archipel indonésien, les entreprises sont principalement chinoises. Pendant les deux mandats du président Jokowi, la dépendance de l’Indonésie envers la Chine s’est accrue, alors que les pratiques chinoises en matière de conditions de travail et de droit des travailleurs, de relations avec les populations locales, de protection de l’environnement, vont à l’encontre des efforts des Indonésiens pour construire une société démocratique.

De même, l ‘influence des intérêts chinois est très présente en Nouvelle Calédonie. L’État chinois cherche à éliminer toute concurrence dans l’exploitation du nickel, très présent en Nouvelle-Calédonie et indispensable au développement des nouvelles technologies et de la voiture électrique. Les cours de ce métal ont chuté. Des mines ont fermé en Australie et la filière souffre en Nouvelle-Calédonie. Le « pacte nickel » porté par le gouvernement pour sauver cette industrie est toujours en cours de discussion. Cette situation économique préoccupante « met les gens dans la rue. Elle provoque des troubles sur lesquels surfent la Russie et l’Azerbaïdjan » selon un diplomate français.

Certains en France s’inquiètent ainsi d’une possible mise en place d’un projet minier porté par les indépendantistes associés à la Chine. Car les liens entre les mouvements indépendantistes kanak et l’empire du milieu sont connus. L’association de l’amitié sino-calédonienne a été dirigée par deux directeurs de cabinet du président indépendantiste du Congrès, Roch Wamytan. Ce dernier assume : « Nous n’avons pas peur de la Chine. C’est la France, pas elle, qui nous a colonisés. »

Au cours des dernières années, des collectivités locales de Nouvelle-Calédonie ont reçu plusieurs propositions chinoises pour des projets touristiques et économiques, dont un axé sur l’exploitation du nickel. Mais elles n’y ont pas encore donné suite, estimant sans doute que la Chine ne mettait pas le prix suffisant

Ces sujets ont-ils été abordés, lors du récent séjour en France du président chinois Xi Jinping?

Dans l’immédiat, la Nouvelle-Calédonie a subi mardi une «cyberattaque d’une force inédite» qui a depuis été «stoppée», a annoncé mercredi le gouvernement. Serait-ce un message de Pékin? De telles cyberattaques demandent des moyens et des compétences qui semblent hors de portée des indépendantistes ?

21/05/2024 Un collisionneur de particules tel que le Large Hadron Collider du CERN aidera-t-il à comprendre les « mystères » de la physique quantique.

La physique quantique diffère profondément de la physique ordinaire . Pourtant les prédictions de l’une et de l’autre, bien que différentes, sont régulièrement vérifées par les physiciens. Il en est ainsi du test des inégalités de Bell (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9riences_sur_les_in%C3%A9galit%C3%A9s_de_Bell).

Il en est ainsi aussi de l’intrication ou entanglement qui sous certaines conditions réunit deux particules distinctes pour les faire se comporter comme une particule unique. En Février 2024, une équipe de physiciens dirigée par le Pr Alan Barr de l’Université d’Oxford (https://www.merton.ox.ac.uk/people/professor-alan-barr) publia un article dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract.

Cet article commente une expérience qu’ils viennent de conduire à l’intérieur du LHC montrant qu’une paire de particules fondamentales dites top quarks pouvait être mise en état d’intrication quantique. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Intrication_quantique).

Depuis ils ont fait d’autres expériences d’intrication qui donnèrent le même résultat. Ceci les conduisit à se demander si le LHC, au delà des découvertes qu’il a déjà permises, dont celle du boson de Higgs (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Boson_de_Higgs), ne pourrait pas permettre de comprendre pourquoi l’univers tel que décrit par la théorie quantique est si différent de l’espace-temps classique décrit par la physique einsténienne, tout en étant l’un et l’autre vérifiés au sens scientifique que du terme.

Ceci dit, l’intérieur du LHC alors que celui ci est en fonctionnement et que la température y atteint – 271 degrés est-il comparable à l’espace ordinaire, celui dans lequel nous vivons. De même, l’intrication avait été testée sur des particules de rubidium très proches les unes des autres. Leur distances était des milliards de fois plus proche que celles utilisées jusqu’ici pour tester l’intrication. Celles aujourd’hui peuvent atteindre plusieurs kilomètres . Il serait certainement possible de faire mieux.

Ainsi l’intrication entre bits quantiques étant au cœur du fonctionnement des calculateurs quantiques, pourquoi ne pas expérimenter prochainement l’intrication entre trois voire plusieurs particules quantiques. Ces états sont quasi impossibles aujourd’hui à obtenir en laboratoire mais ils se produisent sans difficulté lors des collisions de particules survenant dans le LHC.

Il n’est pas exclu que ce faisant les physiciens comprennent mieux ce qui se passe à l’intérieur des trous noirs, ou fassent apparaître l’existence de nouvelles particules et forces, sans exclure celle d’un très controversé multivers.

Référence

29 Feb 2024 (this version, v2)]
Quantum entanglement and Bell inequality violation at colliders

Alan J. BarrMarco FabbrichesiRoberto FloreaniniEmidio GabrielliLuca Marzola

The study of entanglement in particle physics has been gathering pace in the past few years. It is a new field that is providing important results about the possibility of detecting entanglement and testing Bell inequality at colliders for final states as diverse as top-quark or τ-lepton pairs, massive gauge bosons and vector mesons. In this review, after presenting definitions, tools and basic results that are necessary for understanding these developments, we summarize the main findings — as published up to the end of year 2023. These investigations have been mostly theoretical since the experiments are only now catching up, with the notable exception of the observation of entanglement in top-quark pair production at the Large Hadron Collider. We include a detailed discussion of the results for both qubit and qutrits systems, that is, final states containing spin one-half and spin one particles. Entanglement has also been proposed as a new tool to constrain new particles and fields beyond the Standard Model and we introduce the reader to this promising feature as well.

Comments:Review article to appear in Progress in Particle and Nuclear Physics, text improved, new references added
Subjects:High Energy Physics – Phenomenology (hep-ph); High Energy Physics – Experiment (hep-ex); Quantum Physics (quant-ph)
Cite as:arXiv:2402.07972 [hep-ph]
 (or arXiv:2402.07972v2 [hep-ph] for this version)