03/12/2024 Un possible « effet de gloire » détecté pour la première fois sur une exoplanète

 Brice Louvet1 décembre 2024

Des signes intrigants d’un phénomène atmosphérique rare ont été détectés sur une planète située bien au-delà de notre système solaire, offrant un aperçu captivant de ce qui se passe dans les recoins les plus éloignés de l’univers. Les données recueillies par le satellite Cheops de l’ESA, ainsi que par d’autres missions de l’ESA et de la NASA, suggèrent en effet l’existence d’un effet de gloire sur la géante gazeuse ultra-chaude WASP-76b, située à 637 années-lumière de la Terre.

Qu’est-ce qu’un effet de gloire ?

L’effet de gloire est un phénomène optique qui se produit lorsqu’une source de lumière, telle que le Soleil, brille sur des gouttelettes d’eau ou des particules dans l’atmosphère. Cela crée des anneaux de lumière concentriques et colorés autour de l’ombre de l’observateur semblables à un halo ou à un arc-en-ciel inversé.

Ce phénomène se produit lorsque la lumière est réfléchie, réfractée et diffractée à travers les gouttelettes d’eau ou les particules en suspension dans l’air. Les gouttelettes agissent comme des prismes séparant la lumière en ses différentes longueurs d’onde et créant ainsi les couleurs de l’arc-en-ciel.

Sur Terre, cet effet de gloire est généralement observé depuis un point situé au-dessus de la surface terrestre, comme une montagne, un avion ou un satellite, lorsque les conditions atmosphériques sont favorables. Il est souvent associé à des phénomènes météorologiques tels que les nuages, le brouillard ou la brume.

Une première détection au-delà du système solaire ?

En dehors de notre planète, ce phénomène n’avait jusqu’à présent été observé que sur un autre astre, Vénus, d’où l’intérêt de cette possible découverte. Des astronomes annoncent en effet avoir identifié l’un de ces effets sur la géante gazeuse WASP-76b. Il s’agit d’une exoplanète située à plus de 600 années-lumière de la Terre et qui est connue pour ses températures extrêmement élevées.

Les chercheurs soulignent que la détection de cette gloire extrasolaire n’a été possible que grâce à des conditions très particulières. En effet, il faut que la lumière soit réfléchie par des particules atmosphériques presque parfaitement sphériques et uniformes, sous l’éclat direct d’une étoile similaire au Soleil, avec l’observateur situé dans une position idéale.

La possible présence de cette gloire extrasolaire élargit ainsi notre compréhension des phénomènes atmosphériques au-delà des limites de notre système solaire. Cela pourrait également avoir des implications importantes pour la recherche future sur les exoplanètes et la possibilité de détecter des signes de vie au-delà de notre système solaire. En effet, comprendre les phénomènes atmosphériques complexes qui se produisent sur des planètes situées à des distances extrêmes de la Terre pourrait nous aider à identifier des conditions favorables à la vie dans l’univers.

Les scientifiques soulignent cependant que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer de manière concluante la présence de cette gloire extrasolaire sur WASP-76b. Des observations de suivi avec des instruments tels que NIRSPEC, à bord du télescope spatial James Webb, pourraient apporter des preuves supplémentaires et approfondir notre compréhension de ce phénomène fascinant.

Une fenêtre sur les mystères des atmosphères extraterrestres

La détection potentielle de cet effet de gloire sur WASP-76b ouvre une nouvelle voie pour explorer les atmosphères des exoplanètes. En analysant ces phénomènes optiques rares, les chercheurs espèrent mieux comprendre la composition chimique, les dynamiques atmosphériques et les interactions lumière-particules dans des environnements extrêmes. Ces découvertes pourraient également servir de modèles pour identifier des signatures similaires sur d’autres mondes, y compris ceux susceptibles d’abriter des formes de vie. Ce type de recherche marque un pas de plus vers une compréhension globale des processus atmosphériques dans l’univers.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics.

Référence

A&A Volume 684, April 2024

Asymmetry in the atmosphere of the ultra-hot Jupiter WASP-76 b,★★

O. D. S. Demangeon

https://doi.org/10.1051/0004-6361/202348270

Received: 13 October 2023 Accepted: 16 January 2024

Abstract

Context. WASP-76 b has been a recurrent subject of study since the detection of a signature in high-resolution transit spectroscopy data indicating an asymmetry between the two limbs of the planet. The existence of this asymmetric signature has been confirmed by multiple studies, but its physical origin is still under debate. In addition, it contrasts with the absence of asymmetry reported in the infrared (IR) phase curve.

Aims. We provide a more comprehensive dataset of WASP-76 b with the goal of drawing a complete view of the physical processes at work in this atmosphere. In particular, we attempt to reconcile visible high-resolution transit spectroscopy data and IR broadband phase curves.

Methods. We gathered 3 phase curves, 20 occultations, and 6 transits for WASP-76 b in the visible with the CHEOPS space telescope. We also report the analysis of three unpublished sectors observed by the TESS space telescope (also in the visible), which represents 34 phase curves.

Results. WASP-76 b displays an occultation of 260 ± 11 and 152 ± 10 ppm in TESS and CHEOPS bandpasses respectively. Depending on the composition assumed for the atmosphere and the data reduction used for the IR data, we derived geometric albedo estimates that range from 0.05 ± 0.023 to 0.146 ± 0.013 and from <0.13 to 0.189 ± 0.017 in the CHEOPS and TESS bandpasses, respectively. As expected from the IR phase curves, a low-order model of the phase curves does not yield any detectable asymmetry in the visible either. However, an empirical model allowing for sharper phase curve variations offers a hint of a flux excess before the occultation, with an amplitude of ~40 ppm, an orbital offset of ~ −30°, and a width of ~20º. We also constrained the orbital eccentricity of WASP-76 b to a value lower than 0.0067, with a 99.7% confidence level. This result contradicts earlier proposed scenarios aimed at explaining the asymmetry observed in high-resolution transit spectroscopy.

Conclusions. In light of these findings, we hypothesise that WASP-76 b could have night-side clouds that extend predominantly towards its eastern limb. At this limb, the clouds would be associated with spherical droplets or spherically shaped aerosols of an unknown species, which would be responsible for a glory effect in the visible phase curves.


01/12/2014 La fin de l’univers.

Il finira bien un jour par disparaître comme toutes les réalités de ce monde. Mais finira-t-il dans un effondrement final (big crunch) ou par une lente dispersion de ses éléments (big rip) ?

Aujourd’hui, des cosmologistes tels John Ellis du King’s College London envisagent que l’univers puisse disparaitre du fait d’un grand avalement (big slurp). L’avalement en question résulterait d’une fluctuation quantique qui provoquerait une bulle. Celle-ci parcourrait l’univers, telle une vague de marée engloutissant tout sur son passage.

Si ceci ne s’est pas encore produit, c’est sans doute parce qu’une force physique venant d’être mise en lumière, dite des champs quantiques, stabilise encore l’univers. Les champs quantiques sont les éléments fondamentaux qui donnent naissance aux particules et aux forces du modèle standard de la physique des particules. Le plus important d’entre elles est le champ de Higgs, qui associé au boson de Higgs récemment découvert, donne leur masse aux particules.

Ce fut une surprise quand le Higgs, longtemps suspecté, fut finalement identifié au Large Hadron Collider du Cern à Genève en 2012. L’étude immédiatement entreprise du champ du Higgs montra que si celui-ci n’était pas stable cela était du au fait qu’il n’était pas à son plus faible niveau d’énergie possible. Autrement dit il pourrait trouver un niveau d’énergie encore plus bas en entrant dans un processus dit de transition de phase. Ce processus est analogue à celui grâce auquel des bulles de vapeur d’eau chaude se forment au fond d’un récipient où de l’eau commence à bouillir.

Dans le cas des bulles qui se forment dans des champs quantiques, des phénomes étranges peuvent se produire au fur et à mesure de leur formation. Ainsi les champs quantiques peuvent basculer brutalement, redéfinissant les lois de la physique qui s’y appliquent localement et provoquant un chaos général. De plus ces bulles se développeraient à une vitesse proche de celle de la lumière, absorbant tout ce qui se trouverait sur leur passage.

L’apparition d’une telle bulle n’est pas obligée. Elle tient au hasard. A titre analogique, on peut se représenter le champ de Higgs comme un ballon se trouvant au sommet d’une colline dotée de plusieurs vallées en descendant. Le ballon peut rouler le long de la pente et s’arrêter dans l’une de ces vallées, même si ce n’est pas la plus basse.

C’est la situation dans laquelle le champ de Higgs se trouve actuellement. On parle d’état métastable. Mais parce que ce champ se conforme aux règles de la mécanique quantique, il peut mystérieusement emprunter un tunnel de moindre énergie. Il est possible d’évaluer les probabilités d’un tel changement mais non de préciser la date à laquelle il se produirait.

La stabilité du champ de Higgs dépend de la façon dont les autres particules élémentaires interagissent avec lui. Les bosons, portant les forces fondamentales, tendent à stabiliser le champ. Les fermions, qui sont les constituants de la matière, tels les quarks, rendent le champ moins stable, faisant courir le risque d’une transition de phase.

Les récentes mesures de ces particules au LHC ne sont pas rassurantes. Il apparaît de plus en plus que le Higgs est métastable. Autrement dit, l’univers paraît condamné. Il est difficile de prévoir quand le big slurp se produira, dans des milliards d’années ou bien plus tôt. De nombreux facteurs font penser que des champs gravitationnels puissants pourraient traverser le champ  de Higgs, le rendant proche d’une transition de phase. Ainsi, lorsque l’on fait bouillir de l’eau, les impuretés se trouvant dans celle-ci accélèrent l’ébullition..

Or de nombreuses impuretés se trouvent dans le Higgs. On cite en général les cordes cosmiques et les trous noirs. Les cordes cosmiques sont d’étroits fils de matière, récemment découverts, longs de plusieurs années lumière, qui perturbent les forces gravitationnelles en reliant les galaxies entre elles.

(à suivre)

Voir Volatile Cosmology, NewScientist, 23 nov. 24, p.33

30/11/2014 Les disques durs quantiques se rapprochent de la réalité pratique

L’informatique quantique est souvent décrite comme l’une des technologies les plus prometteuses du vingt et unième siècle. Capables de résoudre des problèmes d’une complexité impossible pour les ordinateurs classiques, ces ordinateurs du futur pourraient en effet transformer des domaines comme la cryptographie, la recherche médicale, les sciences des matériaux et l ‘informatique militaire tenue au secret. Cependant, cette révolution se heurte à une difficulté majeure : la gestion des erreurs dans les qubits, les unités d’information quantique.

Récemment, une équipe de chercheurs a franchi une étape décisive en développant une architecture qui pourrait permettre la création de disques durs quantiques capables de stocker de grandes quantités de données de manière fiable.

Le défi des qubits et des erreurs

Contrairement aux bits classiques, qui ne peuvent être que dans l’état 0 ou 1, les qubits exploitent les lois de la mécanique quantique pour exister dans plusieurs états à la fois, grâce à un phénomène appelé superposition. Cette propriété unique leur donne un potentiel de calcul iconsidérable, mais elle les rend également très fragiles. La moindre perturbation (un changement de température ou une interférence électromagnétique) peut modifier l’état d’un qubit et entraîner des erreurs dans les calculs.

Les qubits doivent donc être maintenus stables pendant les opérations, ce qui est un défi immense. Pour y parvenir, les chercheurs ont mis au point des systèmes de correction d’erreurs qui s’appuient sur des codes topologiques. Il s’agit de structures mathématiques complexes conçues pour protéger les données des qubits contre les perturbations. Ces codes organisent les qubits en réseaux ou en treillis où les erreurs peuvent être détectées et corrigées sans affecter les informations essentielles.

L’idée est d’exploiter les propriétés topologiques de ces réseaux pour rendre les systèmes plus fiables face aux aléas environnementaux. Cependant, ces méthodes présentent une limitation majeure : elles nécessitent un grand nombre de qubits physiques (ceux réellement présents dans la machine) pour stabiliser un seul qubit logique (celui qui contient l’information utile). En d’autres termes, pour chaque qubit logique, des dizaines, voire des centaines de qubits physiques doivent être mobilisés, ce qui alourdit considérablement la taille et la complexité des ordinateurs quantiques actuels. Cette contrainte rend difficile l’utilisation de ces machines pour des applications pratiques, freinant leur adoption à grande échelle.

C’est ici qu’intervient l’idée des chercheurs, publiée récemment dans la revue Nature Communications (cf. référence ci-dessous.) Ils ont développé une nouvelle architecture de correction d’erreurs basée sur un réseau tridimensionnel de qubits. Ce modèle utilise un code topologique avancé qui permet de corriger les erreurs non plus sur une seule ligne de qubits, mais sur des surfaces bidimensionnelles au sein de la structure 3D.

Cette approche augmente la capacité du système à gérer les erreurs, même à mesure qu’il grandit. En corrigeant les erreurs sur des surfaces plus larges, l’architecture devient non seulement plus efficace, mais également plus compacte. Cela signifie qu’elle nécessite moins de qubits physiques pour stabiliser le système, ce qui libère ainsi davantage de ressources pour les calculs et réduit la taille relative globale des ordinateurs quantiques.

De plus elle ouvre la voie à un concept longtemps attendu : celui de systèmes de mémoire quantique fiables et compacts, souvent surnommés disques durs quantiques. Ces dispositifs pourraient stocker des quantités massives de données quantiques tout en minimisant les pertes liées aux erreurs. Cela permettrait non seulement de conserver les informations quantiques sur de longues périodes, mais aussi de les transférer efficacement entre différents systèmes.

Les applications potentielles de cette technologie sont vastes. En cryptographie, elle pourrait renforcer la sécurité des données contre les cyberattaques futures. Dans la recherche scientifique, elle permettrait de simuler des molécules complexes avec une précision inégalée, ce qui accélérerait le développement de nouveaux matériaux ou médicaments. De plus, les progrès dans le stockage et la manipulation des données quantiques pourraient transformer des secteurs entiers, de la communication à l’intelligence artificielle.

Bien que cette avancée soit majeure, elle ne marque pas la fin du chemin. De nombreux défis restent à relever avant de pouvoir construire un ordinateur quantique universel pleinement fonctionnel. Ces machines, capables d’exécuter n’importe quel type de calcul, nécessiteront des systèmes encore plus robustes et efficaces pour gérer les qubits et les données qu’ils contiennent.

Cependant, cette nouvelle architecture constitue un pas décisif. En réduisant la quantité de qubits nécessaires pour corriger les erreurs, elle libère des ressources qui pourront être consacrées à des calculs complexes, ce qui rapproche ainsi les ordinateurs quantiques de leur potentiel réel. Bien plus elle pourrait transformer la manière dont les ordinateurs quantiques sont construits et utilisés.

Référence

Layer codes

  • Published: 04 November 2024
  • a

Nature Communications 
volume15, Article number: 9528 (2024) 

  • Abstract

Quantum computers require memories that are capable of storing quantum information reliably for long periods of time. The surface code is a two-dimensional quantum memory with code parameters that scale optimally with the number of physical qubits, under the constraint of two-dimensional locality. In three spatial dimensions an analogous simple yet optimal code was not previously known. Here we present a family of three dimensional topological codes with optimal scaling code parameters and a polynomial energy barrier. Our codes are based on a construction that takes in a stabilizer code and outputs a three-dimensional topological code with related code parameters. The output codes are topological defect networks formed by layers of surface code joined along one-dimensional junctions, with a maximum stabilizer check weight of six. When the input is a family of good quantum low-density parity-check codes the output codes have optimal scaling. Our results uncover strongly-correlated states of quantum matter that are capable of storing quantum information with the strongest possible protection from errors that is achievable in three dimensions.

30/11/2024. La France et ses valeurs

L’État islamique (appelé aussi Daech est une organisation terroriste politicomilitaire, d’idéologie salafiste djihadiste ayant proclamé le 29 juin 2014 l’instauration d’un califat sur les territoires sous son contrôle. De l’été 2014 au printemps 2019, il forme un proto-État en Irak et en Syrie où il met en place un système totalitaire.

Alors que le Moyen-Orient vit au rythme des tensions entre Israël et l’Iran depuis le raid sans précédent du Hamas sur le sol de l’État hébreu, le 7 octobre, les combattants de l’organisation djihadiste État islamique (EI, ou Daech, acronyme du nom arabe) ont redoublé leur rythme d’attaques en Syrie et en Irak cette année”, fait remarquer The Wall Street Journal.

Cent cinquante-trois attentats au cours des six premiers mois de 2024 ont été perpétrés par des cellules de combattants “ciblant des points de contrôle, faisant exploser des voitures piégées et complotant pour renverser les autorités en place.

L’objectif de l’EI est le même dans toute l’Europe et notamment en France. Selon les rapports officiels un certain nombre de communes françaises constatent désormais que de plus en plus de jeunes français musulmans se font proposer de participer à la mise en place en France d’ associations se référant aux objectifs de l’EI.

La France pourtant ne manquent pas de valeurs susceptibles de mobiliser sa jeunesse. Ces derniers jours la reconstruction de la cathédrale Notre Dame de Paris, qui a fait appel des milliers de compétences très diverses, en a donné l’exemple. Chacun peut s’en persuader, non seulement en visitant ce monument multi centenaire, mais grâce aux images qui circulent dorénavant sur Internet.

Mais la France n’est pas seulement celle de ses Cathédrales. C’est aussi le pays qui joue un rôle essentiel au Centre Européen de Recherche Nucléaire (CERN) pour la mise en place du futur Collisionneur circulaire de particules, dont les performences seront très supérieurs à celles de l’actuel Grand collisionneur de hadrons (en anglais : Large Hadron Collider — LHC) mis en fonction en 2008 au CERN 

L’étude de faisabilité du FCC en cours, dont l’achèvement est prévu en 2025, vise à déterminer la viabilité technique et financière du FCC au CERN, en s’intéressant en particulier aux aspects géologiques, à l’impact environnemental, à la conception des infrastructures, au génie civil et aux détecteurs, ainsi qu’à la R&D sur les technologies devant assurer l’efficience et la durabilité des collisionneurs proposés.

On prévoit un nouveau tunnel d’une circonférence de 90,7 km, d’une profondeur moyenne de 200 m, et huit sites en surface pour au plus quatre expériences. Le tunnel abriterait initialement le FCC-ee, un collisionneur électron-positon permettant des mesures de précision dans le cadre d’un programme de recherche mené sur une période 15 ans à compter du milieu de la décennie 2040. Une deuxième machine, le FCC-hh, serait alors installée dans le même tunnel, réutilisant ainsi l’infrastructure existante, comme lorsque le LHC a remplacé le LEP. Le FCC-hh vise à atteindre des énergies de collision de 100 TeV, en faisant entrer en collision des protons et également des ions lourds ; il pourrait être en service jusqu’à la fin du 21 e siècle. 

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/02/25/naissance-d-un-futur-accelerateur-de-particules-geant-pour-l-infiniment-petit_6218516_1650684.html

29/11/2024 Homo naledi appartient-il à l’espèce humaine?

Homo naledi est une espèce disparue et découverte en 2015 en Afrique du Sud. Mais tant qu’aucune datation précise ne sera attribuée à ses fossiles, on ne pourra pas déterminer sa place dans l’arbre évolutif de l’espèce humaine.

https://www.mnhn.fr/fr/qui-est-homo-naledi

Une ancienne espèce du genre humain, jusqu’à présent inconnue, avait été mise au jour dans une grotte en Afrique du Sud. En 2013 et 2014, des scientifiques ont trouvé plus de 1.550 os appartenant à au moins 15 individus, parmi lesquels des bébés, de jeunes adultes et des personnes plus âgées.

Tous présentent une morphologie homogène et appartiennent à une « nouvelle espèce du genre humain qui était jusque-là inconnue », ont annoncé conjointement l’université sud-africaine du Witwatersrand à Johannesburg, la National Geographic Society et le ministère sud-africain des Sciences lors d’une conférence de presse à Maropeng, près de Johannesburg, où a eu lieu la découverte.

Cette nouvelle espèce du genre humain a été baptisé Homo Naledi (Naledi signifie « étoile » en Sesotho). Les scientifiques pensent que ces humains vivaient dans une grotte et ont possiblement utilisé du feu.

Le muséum d’histoire naturelle de Londres avait qualifié de « remarquable » cette découverte majeure. « Certains aspects de l’Homo naledi, comme ses mains, ses poignets et ses pieds, sont très proches de celles de l’homme moderne. Dans le même temps, son petit cerveau et la forme de la partie supérieure de son corps sont plus proches d’un groupe pré-humain appelé australopithèque », avait expliqué le professeur Chris Stringer,

Cette découverte pourrait permettre d’en savoir davantage sur la transition, il y a environ 2 millions d’années, entre l’australopithèque primitif et le primate du genre homo, notre ancêtre direct.

Rappel

Homo est le genre qui réunit Homo sapiens et les espèces apparentées. Il apparait à la fin du Pliocène ou au début du Pléistocène, selon l’attribution des plus anciens fossiles faite par les paléoanthropologues. Depuis quelque 2,5 millions d’années, le genre Homo a produit un buissonnement d’espèces, en raison de sa dispersion géographique précoce dans tout l’Ancien Monde et de son développement dans des niches écologiques variées.

Toutes les espèces du genre Homo sont aujourd’hui éteintes, sauf Homo sapiens. Les dernières espèces apparentées, Homo floresiensisHomo luzonensisHomo denisovensis et Homo neanderthalensis, ont disparu il y a entre 50 000 et 30 000 ans. 2.

Cette situation démographique aurait divisé les humains en petits groupes distincts qui, progressivement, ont pu développer des différences anatomiques suffisamment importantes pour donner naissance à des populations survivantes distinctes. C’est ainsi que seraient apparus les Néandertaliens, les Dénisoviens et l’Homo sapiens11.

Des chercheurs émettent cependant des doutes vis-à-vis des dates (celles-ci étant déterminées par le choix arbitraire d’une durée de génération de 24 ans) et de l’estimation de la taille de population efficace (en) proposées par l’étude. Pour Thierry Grange, généticien spécialiste des populations anciennes, la différence de dates « peut-être 200 000 ans en plus ou en moins ».

Chris Stringer, paléoanthropologue au Natural History Museum (Londres) estime peu probable une si faible population sur près de 100 000 ans12. La paléogénéticienne Céline Bon rappelle que cette étude est basée sur la théorie de la coalescence qui repose sur des hypothèses simplificatrices discutables (âge de reproduction, tous les couples avec le même nombre d’enfants…)

Référence

Homo naledi, a new species of the genus Homo from the Dinaledi Chamber, South Africa

Lee R Berger and others

PMCID: PMC4559886  PMID: 26354291

See commentary « The many mysteries of Homo naledi« , e10627.

See « Geological and taphonomic context for the new hominin species Homo naledi from the Dinaledi Chamber, South Africa« , e09561.

Abstract

Homo naledi is a previously-unknown species of extinct hominin discovered within the Dinaledi Chamber of the Rising Star cave system, Cradle of Humankind, South Africa. This species is characterized by body mass and stature similar to small-bodied human populations but a small endocranial volume similar to australopiths. Cranial morphology of H. naledi is unique, but most similar to early Homo species including Homo erectus, Homo habilis or Homo rudolfensis. While primitive, the dentition is generally small and simple in occlusal morphology. H. naledi has humanlike manipulatory adaptations of the hand and wrist. It also exhibits a humanlike foot and lower limb. These humanlike aspects are contrasted in the postcrania with a more primitive or australopith-like trunk, shoulder, pelvis and proximal femur. Representing at least 15 individuals with most skeletal elements repeated multiple times, this is the largest assemblage of a single species of hominins yet discovered in Africa.




28/11/2024 Il y a-t-il eu de la vie sur Mars ?

Une belle météorite a été découverte sur Terre en 2011. Après analyse, il s’est avèré qu’elle provient de Mars et qu’elle date d’il y a environ 4,43 milliards d’années. Elle a été répertoriée sous le nom de Black Beauty. Or, c’est un peu avant cette époque que les planètes de notre système solaire ont gagné une croûte solide. Autrement dit, la météorite donne une idée de l’évolution de Mars juste après sa formation.

Les chercheurs de l’Université Curtin en Australie ont étudié un zircon issu de Black Beauty et les résultats sont stupéfiants. Le zircon est une pierre fine (qualifiée parfois de semi-précieuse) naturelle ayant une forte dispersion (appelée aussi «les feux») ainsi qu’un éclat sub-adamantin. On le trouve dans un large éventail de couleurs tel que jaune, brun, orange, rouge, violet, bleu et vert.

Or ce caillou possède une signature géochimique prouvant qu’il a été en contact avec de l’eau liquide. C’est déjà une découverte importante, mais elle ne s’arrête pas là. Plus précisément, Black Beauty a été en contact avec un fluide hydrothermal chaud.

Ce sont ceux que l’on trouve dans les environnements volcaniques ou sous l’eau, au niveau des dorsales océaniques. D’après de plus en plus d’études, la vie serait apparue sur la Terre il y a plus de 4 milliards d’années au niveau de ces sources hydrothermales. Si elles ont existé sur Mars, comme c’est le cas sur Terre, il est donc très probable que les phénomènes ayant entraîné la création des organismes vivants ont également eu lieu sur la planète rouge. Reste à comprendre ce qui s’est passé pour que la vie y ait disparu.

Référence

Science Advances Vol. 10, No. 47

Share on Zircon trace element evidence for early hydrothermal activity on Mars

Authors Info & Affiliations 

22 Nov 2024 Vol 10, Issue 47

DOI: 10.1126/sciadv.adq3694

Abstract

Finding direct evidence for hydrous fluids on early Mars is of interest for understanding the origin of water on rocky planets, surface processes, and conditions essential for habitability, but it is challenging to obtain from martian meteorites. Micro- to nanoscale microscopy of a unique impact-shocked zircon from the regolith breccia meteorite NWA7034 reveals textural and chemical indicators of hydrothermal conditions on Mars during crystallization 4.45 billion years ago. Element distribution maps show sharp alternating zoning defined by marked enrichments of non-formula elements, such as Fe, Al, and Na, and ubiquitous nanoscale magnetite inclusions. The zoning and inclusions are similar to those reported in terrestrial zircon crystallizing in the presence of aqueous fluid and are here interpreted as primary features recording zircon growth from exsolved hydrous fluids at ~4.45 billion years. The unique record of crustal processes preserved in this grain survived early impact bombardment and provides previously unidentified petrological evidence for a wet pre-Noachian martian crust.

28/11/2024 Nous reproduisons ici en partie la rubrique que Wikipedia consacre à Boualem Sansal, que le pouvoir Algérien vient de faire arrêter à l’indignation générale

Boualem Sansal, né le 15 octobre 1949 à Theniet El Had (Algérie), est un écrivain francoalgérien d’expression française, principalement romancier mais aussi essayiste. Il publie ses ouvrages en Algérie, en France ou en Allemagne. Il est le lauréat de plusieurs prix littéraires, dont le grand prix du roman de l’Académie française 2015 pour son roman 2084 : la fin du monde.

Biographie

Famille et formation

Boualem Sansal est né le 15 octobre 1949 à Theniet El Had, village des monts de l’Ouarsenis, en Algérie. Son père, Abdelkader Sansal, est d’origine marocaine1, et issu d’une famille du Rif au Maroc qui s’installe en Algérie. Sa mère, Khdidja Benallouche, a reçu une instruction et une éducation occidentales2.

Boualem Sansal a une formation d’ingénieur de l’École nationale polytechnique ainsi qu’un doctorat d’économie. Il a été enseignantconsultantchef d’entreprise et haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie algérien.

Débuts littéraires

Son ami Rachid Mimouni (1945-1995) l’encourage à écrire. Sansal, bien que grand lecteur, ne se vouait pas à l’écriture. Il commence pourtant à écrire en 1997, alors que la guerre civile algérienne (la « décennie noire ») bat son plein. Il cherche à entrer dans l’esprit de ses compatriotes, pour tenter de comprendre puis d’expliquer ce qui a mené à l’impasse politique, sociale et économique de son pays, et à la montée de l’islamisme3.

En 1999, il publie son premier romanLe Serment des barbares, qui reçoit le prix du premier roman et le prix Tropiques. Il y écrit :

« L’Université […], elle enseigne en arabe, ce qui se conçoit, à des étudiants qui ne pratiquent que leur langue et c’est marre

4 : l’algérien, un sabir fait de 

tamazight, d’un arabe venu d’ailleurs, d’un 

turc médiéval, d’un français XIXe et d’un soupçon d’anglais new-age

5. »

Cet ouvrage connaît un très grand succès de librairie : Sansal est invité au printemps 2000 au festival du premier roman de Chambéry et, en été, au festival Les Nuits & les Jours de Querbes. Depuis, il multiplie les rencontres avec ses lecteurs, en France ou en Allemagne.

Consécration littéraire et tensions avec le pouvoir algérien

En 2003, Boualem Sansal est rescapé du séisme meurtrier qui touche sa région à Boumerdès. Après avoir été porté disparu pendant un certain temps, il est retrouvé grâce à un appel lancé par la télévision algérienne.

La même année, c’est en France qu’est publié son troisième roman, Dis-moi le paradis, description de l’Algérie post-coloniale, à travers les portraits de personnages que rencontre le personnage principal, Tarik, lors de son voyage à travers ce pays. Le ton est très critique envers le pouvoir algérien, se moquant de Boumédiène, critiquant ouvertement la corruption à tous les niveaux de l’industrie et de la politique, l’incapacité à gérer le chaos qui a suivi l’indépendance, et attaquant parfois violemment les islamistes. Il critique également l’arabisation de l’enseignement6. En réponse à l’ouvrage, il est renvoyé de son poste au ministère de l’Industrie.

En 2005, s’inspirant de son histoire personnelle, il écrit Harraga7 (harraga signifie « brûleur de route », surnom que l’on donne à ceux qui partent d’Algérie, souvent en radeau dans des conditions dramatiques, pour tenter de passer en Espagne). Pour la première fois, les personnages principaux sont deux femmes : Lamia, médecin pédiatre qui vit dans la misère à Alger, et Cherifa qu’elle recueille alors que cette dernière est enceinte de cinq mois8. Encore une fois, le ton est très critique envers le pouvoir algérien9.

En 2006, son nouveau livre Poste restante, Alger, une lettre ouverte à ses compatriotes, est censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté6, mais il décide de rester en Algérie. En 2007, il publie Petit éloge de la mémoire, récit épique de l’aventure berbère.

Son roman Le Village de l’Allemand, sorti en janvier 2008, est censuré en Algérie, car il fait le parallèle entre islamisme et nazisme. Le livre raconte l’histoire du SS Hans Schiller, qui fuit en Égypte après la défaite allemande, et se retrouve ensuite à aider l’Armée de libération algérienne, pour finalement devenir un héros de guerre et se retirer dans un petit village perdu10. Le livre s’inspire d’un destin réel, découvert par la presse dans les années 1980.

En mars 2008, il choisit de se rendre au Salon du livre de Paris, malgré la polémique soulevée dans le monde arabe quant au choix d’Israël comme invité d’honneur et l’appel au boycott venant des pays arabes et de certains intellectuels11. Il s’en explique par la formule : « Je fais de la littérature, pas la guerre », ajoutant : « La littérature n’est pas juive, arabe ou américaine, elle raconte des histoires qui s’adressent à tout le monde11. » Ce choix aggrave sa situation en Algérie.

En 2011, Boualem Sansal habite près d’Alger, dans la ville de Boumerdès12. Il publie un livre très personnel, écrit trois mois après la mort de sa mère12. Ce nouveau roman, Rue Darwin, est l’histoire d’une famille prise dans la guerre d’Algérie et dont le personnage de Yaz ressemble beaucoup à Sansal ; la rue Darwin est une rue où l’auteur a vécu dans son enfance, à cent mètres de la maison d’Albert Camus12.

En février 2012, il fait partie du jury de la Berlinale 2012, sous la présidence de Mike Leigh13 et, en mai de la même année, participe à la troisième édition du Festival international des écrivains à Jérusalem, suscitant de nombreuses critiques dans le monde arabe14,15. Il fait un récit plein d’humour de son voyage16.

En 2018, il participe à l’écriture d’un ouvrage commun, Le Nouvel Antisémitisme en France, sous la direction de Philippe Val, dans lequel il écrit que le gouvernement français participe « au plan de conquête de la planète par la soumission de ses habitants à l’islam », ce que lui reproche Nicolas Lebourg17, chercheur et membre à l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès18.

Il publie une nouvelle fable futuriste et prophétique, Le Train d’Erlingen, ou La Métamorphose de Dieu chez Gallimard, réflexion sur les crises migratoires et la montée en puissance de l’islamisme en Europe. Il déclare :

« Oui, l’Europe a peur de l’islamisme, elle est prête à tout lui céder. […] La réalité en boucle n’a pas d’effet sur les gens, en apparence du moins. On l’a vu en Algérie durant la décennie noire : les gens qui, au début, s’émouvaient pour une victime du terrorisme ont fini après quelques mois de carnage par ne ressentir d’émotion que lorsque le nombre des victimes par jour dépassait la centaine, et encore devaient-elles avoir été tuées d’une manière particulièrement horrible. Terrible résultat : plus les islamistes gagnaient de terrain et redoublaient de cruauté, moins les gens réagissaient. L’info tue l’info, l’habitude est un sédatif puissant et la terreur, un paralysant violent

19. »

Arrestation en 2024

Il obtient en 2024 la nationalité française. Selon son ami Xavier Driencourt, il cherche alors à « s’installer en France »20 où son épouse est hospitalisée21.

Le 21 novembre 2024, le magazine Marianne révèle que, arrivé le 16 novembre à Alger, Sansal a été arrêté par la police algérienne22 et mis en garde à vue. Il risque des peines de prison pour « atteinte à l’unité nationale », une procédure pénale étant ouverte contre lui. Celle-ci serait liée à de récentes déclarations faites au média Frontières : « Quand la France a colonisé l’Algérie, toute la partie ouest de l’Algérie faisait partie du Maroc : Tlemcen, Oran et même jusqu’à Mascara. Toute cette région faisait partie du royaume23,24. »

Oeuvres

Romans

Nouvelles

  • 2001 : La Voix, Gallimard / Le Monde
  • 2004 : La Femme sans nom, Littera et l’Aube
  • 2005 : « La vérité est dans nos amours perdues », dans Des nouvelles d’Algérie, éd Métailié
  • 2005 : « Homme simple cherche évènement heureux », Le Monde
  • 2005 : « Tous les bonheurs ne valent pas le déplacement », Magazine des Beaux Arts
  • 2006 : « La terrible nouvelle », Le Monde
  • 2008 : « Ma mère » in Ma mère (collectif), Chèvrefeuille étoilée
  • 2008 : « Rendez-vous à Clichy-sous-Bois : Mohand ou la mort au coin de la rue » in Des nouvelles de la banlieue (collectif), Textuel/Ivre d’images

Essais

  • 2006 : Poste restante : Alger : lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, éd. Gallimard, « Folio » n° 4702
  • 2007 : Petit Éloge de la mémoire : Quatre Mille et Une Années de nostalgie, éd. Gallimard, « Folio » n° 4486
  • 2013 : Gouverner au nom d’Allah : Islamisation et Soif de pouvoir dans le monde arabe, éd. Gallimard
  • 2017 : L’Impossible Paix en Méditerranée, avec Boris Cyrulnik, dialogue animé par José Lenziniéditions de l’Aube
  • 2020 : France-Algérie, Résilience et Réconciliation en Méditerranée, avec Boris Cyrulnik, dialogue , éditions Odile Jacob, (ISBN 978-2-7381-5168-1)
  • 2021 : Où va la France ?, tribune publiée dans Le Figaro35
  • 2021 : Lettre d’amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et aux nations de la terre, Gallimard
  • 2024 : Le Français, parlons-en !éditions du Cerf

Livres techniques

  • 1986 : La Combustion dans les turboréacteurs, éd. OPU, Alger
  • 1989 : La Mesure de la productivité, éd. OPU, Alger

Autres

  • 2001 : La Médiation dans l’art contemporain, musée du Jeu de Paume, Paris
  • 2002 : « Alger, mon amour », dans Amours de villes, villes africaines, coéd. Fest’Africa / Dapper littérature
  • 2003 : « L’âge de raison », dans Journal intime et politique, Littera-l’Aube
  • 2003 : « Souvenirs d’enfance et autres faits de guerre », dans L’Algérie des deux rives, coéd. Fayard / Mille et une nuits, Paris
  • 2005 : « L’odyssée de la mémoire », Senso Magazine, Paris
  • 2006 : Les Guerres d’Algérie, université de Berkeley
  • 2006 : La Question linguistique en Algérie, Lyriades
  • 2007 : C’était quoi, la France, éd. Gallimard, Paris
  • 2012 : Manifeste pour l’hospitalité des languesGilles PellerinHenriette WalterWilfried N’Sondé, Boualem Sansal, Jean-Luc Raharimanana et Patrice Meyer-Bisch, éd. La Passe du vent
  • 2017 : « La France, État altéré »36, dans The New York Times
  • 2024 : Sous la dir. Daniel Salvatore Schiffer L’Humain au centre du monde – Pour un humanisme des temps présents et à venir. Contre les nouveaux obscurantismesÉditions du Cerf, 392 pages

En revue

Prix littéraires

Il est le troisième écrivain algérien à le recevoir après Tahar Djaout et Kamel Daoud, trois écrivains engagés contre les excès du pouvoir algérien ou de l’islamisme44.

28/11/2024 L’hypothèse du miroir. L’univers serait accompagné d’un « anti-univers »

L’Univers semble plus simple que ce que les théories actuelles ne l’imaginent. Les observations récentes, des vastes étendues cosmiques aux plus petites particules, ne révèlent pas la complexité attendue par les scientifiques. Ce constat remet en question les grands modèles de la cosmologie moderne, comme la théorie des cordes et l’inflation cosmique.

Depuis des décennies, la théorie des cordes suggère que l’Univers est composé de minuscules boucles de matière en vibration. Mais pour fonctionner, elle introduit des dimensions supplémentaires de l’espace, invisibles et repliées sur elles-mêmes. L’inflation, de son côté, propose que l’Univers aurait connu une expansion fulgurante juste après le Big Bang. Ceci expliquerait pourquoi il semble aussi uniforme. Cependant, malgré leurs qualités théoriques, ni l’une ni l’autre de ces hypothèses n’a reçu de preuves concrètes jusqu’à présent.

Deux physiciens, dont Latham Boyle, proposent une alternative simple et audacieuse: un Univers symétrique où le Big Bang aurait créé un « reflet temporel ». Dans leur hypothèse du « miroir », l’Univers serait accompagné d’un anti-univers, évoluant en sens inverse dans le temps, tout en respectant une symétrie appelée CPT, un principe qui équilibre la matière et l’antimatière dans le temps et l’espace.

Ce modèle du « miroir » pourrait expliquer plusieurs énigmes de la cosmologie moderne. Il donnerait, par exemple, une réponse élégante à l’énigme de la matière noire. Selon cette réponse, des particules hypothétiques appelées neutrinos « droitiers », invisibles sauf par leur influence gravitationnelle, pourraient constituer cette matière. Et cette hypothèse est vérifiable: si elle est exacte, un des trois types de neutrinos connus devrait être sans masse, une propriété en cours d’examen par les chercheurs.

Les chercheurs se sont aussi intéressés à la question de l’entropie, un concept lié à l’organisation de l’Univers. Selon eux, un Univers simple, plat et en expansion, comme celui que nous observons, serait l’état le plus probable et le plus stable. Cette approche, fondée sur des calculs de probabilité, pourrait expliquer pourquoi notre Univers est aussi uniforme, sans avoir besoin de recourir à l’inflation.

Mieux encore, des variations quantiques dans cet Univers « miroir » suffiraient à expliquer la formation des structures observées, comme les galaxies, sans engendrer d’ ondes gravitationnelles jusqu’à maintenant non détectées de façon incontestable.

Référence

[Submitted on 5 Aug 2024]

On Interstellar Quantum Communication and the Fermi Paradox

Latham Boyle

Since it began \cite{CocconiMorrison}, the search for extraterrestrial intelligence (SETI) has focused on interstellar \emph{classical} communication. Recently, Berera \cite{Berera:2020rpl} pointed out that, at certain frequencies, photon qubits can retain their quantum coherence over interstellar (and even intergalactic) distances, raising the prospect of interstellar \emph{quantum} communication. This is an intriguing possibility, since quantum communication permits certain tasks that would be impossible with classical communication, and allow exponential speed-ups for others. (We suggest some motivations in the interstellar context.) But quantum coherence alone is not sufficient for quantum communication: here, for the first time, we analyze the \emph{quantum capacity} Q of an interstellar channel. We point out that, to have non-zero quantum capacity Q>0, interstellar communication over a distance L must use wavelengths λ<26.5cm (to avoid depolarization by the cosmic microwave background), and \emph{enormous} telescopes of effective diameter D>0.78λL−−−√ (to satisfy quantum erasure constraints). For example, for two telescopes of diameter D on Earth and Proxima Centauri, this implies D>100km! This is a technological threshold that remains to be crossed in order for reliable one-way quantum communication to become possible, and suggests a fundamental new resolution of the Fermi paradox.


The Fermi paradox is the discrepancy between the lack of conclusive evidence of advanced extraterrestrial lifeand the apparently high likelihood of its existence

27/11/2024 Des Rafale F5 et des drones de combat pour la Marine française

En juillet 2021, l’amiral Vandier , chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], s’était inquiété d’une possible réduction de la flotte de chasseurs-bombardiers embarqués Rafale Marine [ou RFM] dans les années à venir, en raison de l’usure des appareils les plus anciens [ceux entrés en service en 2002.

Rappelons que la Marine nationale fut la première à mettre en œuvre des Rafale F1 dotés uniquement de capacités air-air en 2001. Actuellement, elle en possède 42 exemplaires, portés au standard Rafale Marine F3R.

« Nous sommes vigilants quant à l’âge moyen de notre flotte [17 ans à l’époque] afin qu’il ne diverge pas trop de celui l’armée de l’Air [alors de 12 ou 13 ans], ce qui nous exposerait à des problèmes de communauté de flotte », avait-il insisté

Mais la LPM 2024-30 avait fait l’impasse sur le renouvellement partiel des Rafale M F3R de la Marine étant donné qu’il avait été décidé de donner la priorité à d’autres dépenses;

Entré en service en 2002, le Rafale Marine, aujourd’hui au standard F3, est l’avion de combat le plus moderne en service en France (certains disent dans le monde). Avion polyvalent doté d’une capacité d’intervention à long rayon d’action avec ravitaillement en vol, il s’agit d’une arme adaptable destinée à une grande diversité de missions :

  • pénétration et attaque au sol par tous les temps
  • capacité de ravitailleur
  • attaque à la mer par tous temps et à distance de sécurité
  • reconnaissance tactique et stratégique
  • dissuasion nucléaire.

La Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 étant en cours d’élaboration, l’amiral Vandier souligna de nouveau la nécessité de renouveler une partie des Rafale M lors de ses auditions parlementaires liées à l’armée de l’Air et de l’Espace, afin, notamment, de lui permettre de remplacer les appareils prélevés sur sa dotation pour honorer les contrats conclus avec la Grèce et la Croatie. C’est pourquoi par compensation tous les Rafale commandés au titre des 4e et 5e tranches de production [82 avions au total] lui seront destinés.

La Marine avait plaidé pour être la première servie quand l’avion de combat de nouvelle génération [NGF, New Generation Fighter], issu du programme SCAF [Système de combat aérien du futur], serait opérationnel. Mais ceci ne devrait pas être le cas avant… 2040.

C’était sans compter sur le standard F5 du Rafale, dont le développement a été confirmé par la LPM 2024-30. Devant être capable d’emporter le futur missile de croisière à capacité nucléaire ASN4G, le Rafale F5 sera très différent des précédents standards. En effet le radar, les contre-mesures électroniques et le calculateur nécessaire à la connectivité auront été modernisés . Les capacités de calcul permettant de traiter des centaines de milliers d’informations nécessitent un câblage que le Rafale actuel n’est pas capable de supporter.

En octobre 2024, le ministère des Armées a annoncé que les premières commandes relatives au développement du Rafale F5 ainsi qu’à celui du drone de combat [UCAV] censé l’accompagner avaient été récemment notifiées aux industriels concernés.

Le programme « Rafale F5 » donnera l’opportunité à la Marine nationale de remplacer une partie de ses avions de combat embarqués. Il est prévu de notifier la 6e tranche de production du Rafale en 2029. Celle-ci sera composée d’avions au standard F5. Parmi les 45 avions devant être commandés, 12 seront destinés à la Marine nationale soit l’équivalent de la dotation d’une flottille.

Selon le ministère des Armées, le Rafale F5 est « attendu pour 2030 ». Il « vise à améliorer les capacités opérationnelles des forces aériennes françaises, autant pour les missions conventionnelles que pour les missions liées à la dissuasion nucléaire, en réponse à l’évolution rapide des menaces »

De plus , pour la Marine nationale, le Rafale F5 sera aussi l’occasion de renforcer le groupe aérien embarqué [GAe] du porte-avions Charles de Gaulle, ainsi que celui de son successeur, le PA NG, grâce au drone de combat avec lequel il sera associé.

Pour en savoir plus

Rafale F5 https://www.defense.gouv.fr/dga/actualites/rafale-standard-f5-premieres-commandes-notifiees-aux-industriels

Drone aérien embarqué marine nationale
https://croixdeguerre-valeurmilitaire.fr/marine-nationale-les-drones-aeriens-embarques-une-plus-value-operationnelle/

26/11/2024 La « fuite atmosphérique » de l’eau sur Mars

Mars, autrefois une planète analogue à la Terre c’est à dire comportant des océans et des fleuves, présente aujourd’hui un paysage aride et désertique. Les caractéristiques de sa surface témoignent d’un passé où l’eau coulait abondamment :

Au cours des 3 derniers milliards d’années, une partie de cette eau s’est infiltrée dans le sous-sol martien. Le sort du reste est demeure une énigme pendant des années. John Clarke, chercheur au Center for Space Physics de l’Université de Boston, dirige une équipe déterminée à résoudre ce problème.

Selon lui, pour comprendre la quantité d’eau présente jadis et son évolution, il faut étudier comment les atomes d’eau s’échappent dans l’espace, Cette fuite atmosphérique est au cœur des recherches actuelles sur Mars.

L’analyse des données recueillies par les satellites Hubble et MAVEN a permis à son équipe de suivre le taux actuel d’échappement des atomes d’hydrogène de l’atmosphère martienne. En extrapolant ces informations, ils ont pu retracer la perte d’eau de la planète au fil du temps, offrant ainsi une image plus nette de Mars durant son passé plus humide et chaud.

La photodissociation de l’eau sur Mars

Sur Mars, la lumière solaire décompose les molécules d’eau dans l’atmosphère en atomes d’hydrogène et d’oxygène. Ce processus, appelé photodissociation, libère deux types d’hydrogène : l’hydrogène ordinaire et un isotope plus lourd, le deutérium. En raison de sa masse supérieure, le deutérium s’échappe plus lentement de l’atmosphère martienne que ne le fait l’hydrogène normal.

Au fil du temps, il s’est échappé davantage d’hydrogène ordinaire que de deutérium, ce qui entraîne une augmentation du rapport deutérium/hydrogène dans l’atmosphère. La mesure de ce ratio permet aux scientifiques d’estimer la quantité d’eau autrefois présente sur Mars.

Les recherches récentes ont révélé que l’atmosphère de la planète est bien plus dynamique qu’on ne le pensait il y a une décennie. Elle se réchauffe et se refroidit rapidement, parfois en quelques heures seulement. Cette turbulence est influencée par la distance variable de Mars par rapport au Soleil, distance qui fluctue jusqu’à 40% au cours d’une année martienne.

Ces découvertes ont conduit à deux conclusions majeures :

– L’atmosphère de Mars est bien plus dynamique qu’on ne le pensait il y a une décennie. Elle se réchauffe et se refroidit rapidement, parfois en quelques heures seulement. Cette turbulence est influencée par la distance variable de Mars par rapport au Soleil, qui fluctue jusqu’à 40% au cours d’une année martienne.

– Lorsque Mars est plus proche du Soleil, les molécules d’eau s’élèvent plus rapidement dans l’atmosphère, libérant de l’hydrogène et du deutérium à haute altitude.

Ces variations saisonnières expliquent pourquoi les taux d’échappement de l’hydrogène et du deutérium varient considérablement tout au long de l’année martienne.

Mars, avec la Terre et Vénus, se trouvent dans la « zone habitable » du système solaire, où de l’eau liquide existe ou pourrait exister. Chacune de ces planètes a évolué dans des conditions très différentes, offrant aux scientifiques des laboratoires naturels pour étudier l’évolution des planètes et la présence éventuelle de vie dans les systèmes planétaires proches.

Adapté de https://armees.com/la-nasa-sait-enfin-ce-quil-est-advenu-de-toute-leau-sur-mars/#google_vignette