08/12/2024 L’Allemagne prendrait du retard dans son nécessaire réarmement

On ne rattrape pas en trois ans le retard pris pendant plusieurs décennies. En tout cas, l’Allemagne n’y est pas parvenue comme le signalent deux rapports émis par des instituts allemands, le Kiel Institute et le Dezernat Zukunft.

La sentence du Kiel Institute est sans appel: l’Allemagne se réarme trop lentement pour faire face à la Russie qui, selon Guntram Wolff, chercheur à l’Institut de Kiel et auteur principal du rapport, devient « une menace de plus en plus grande pour la sécurité de l’OTAN ». Ce chercheur est aussi l’un des experts de l’institut Brugel et a récemment rédigé un « mémo » adressé au futur commissaire à la Défense, poste confié récemment au Lituanien Andrius Kubilius.

Depuis 10 ans, le nombre de chars de la Bundeswehr est passé de 6684 à 339. Dans la même période, le nombre des obusiers est passé de 3214 à 121 et celui des avions de combat de 553 à 226. La guerre en Ukraine, qui a démarré le 24 février 2022 n’a pas conduit l’Allemagne à se mettre au plus vite en mode économie de guerre, indique le rapport. Dans les autres pays analysés par celui-ci (France, Royaume-Uni et Pologne), le recul n’est pas aussi important.

En 30 ans, Berlin aurait ainsi réussi à économiser environ 500 milliards d’euros au détriment de ses dépenses militaires, considérées comme « largement insuffisantes pour répondre au nouveau défi stratégique posé par la Russie ».

En 2022, soit quelques jours après l’attaque russe, le chancelier allemand Olaf Scholz avait bien annoncé un fonds de 100 milliards d’euros pour combler les nombreuses lacunes de la Bundeswehr.

Il aura fallu attendre 2023, soit une bonne année après l’attaque russe contre l’Ukraine, pour que l’Allemagne commence à augmenter ses dépenses de défense, dépassant même l’objectif de l’OTAN de 2 % du PIB.

Selon le rapport, « il faudrait à l’Allemagne jusqu’à un siècle pour ramener son inventaire militaire au niveau d’il y a vingt ans ». En tenant compte du rythme actuel d’acquisition, l’Allemagne mettra 15 ans pour rétablir les capacités de 2004 pour les avions de combat, quarante ans pour les chars et cent ans pour les obusiers.

Un calendrier inquiétant au regard de la Russie qui a fortement augmenté sa capacité de production d’armements. Moscou serait « désormais en mesure de produire en six mois autant d’armes que l’ensemble des forces armées allemandes en service », avance l’auteur du rapport.

Cette inquiétude est partagée en Allemagne par le think tank Dezernat Zukunft. Cette organisation estime que Berlin doit augmenter son budget défense de 100 milliards d’euros pour rattraper son retard et dépasser le seuil de 2% de son PIB à l’armement. Il y a seulement un an, l’Allemagne était loin de cet objectif avec seulement 1,49% de son PIB qui était consacré à la défense.

Malgré l’accord budgétaire restreint conclu en juin dernier du fait de la limite constitutionnelle d’emprunt de l’Allemagne, le budget de la défense augmentera cette année de 1,2 milliard d’euros , rapportait le site Euractive. Un montant jugé insuffisant par les partenaires de la coalition, le SPD de centre gauche, les Verts et le FDP libéral. Le ministre de la Défense Boris Pistorius réclamait un supplément de 6,7 milliards d’euros pour 2025.

L’avenir de l ‘industrie stratégique est sombre. Le fonds défense de 100 milliards d’euros annoncé en 2022 sera épuisé en 2028. Pour maintenir l’objectif des 2% de l’Otan, Berlin devra augmenter son budget de 52 milliards à 80 milliards d’euros en 2024. Pour la presse allemande, cette situation n’est ni plus ni moins qu’un « échec de l’État« .

Référence

ABSTRACT

War is back in Europe and as it becomes long-lasting, the question of armament gains central importance. This report finds that Russian military industrial capacities have been rising strongly in the last two years, well beyond the levels of Russian material losses in Ukraine. Meanwhile, the build-up of German capacities is progressing slowly. We document Germany’s military procurement in a new Kiel Military Procurement Tracker and find that Germany did not meaningfully increase procurement in the one and a half years after February 2022, and only accelerated it in late 2023. Given Germany’s massive disarmament in the last decades and the current procurement speed, we find that for some key weapon systems, Germany will not attain 2004 levels of armament for about 100 years. When taking into account arms commitments to Ukraine, some German capacities are even falling. The new Tracker provides detailed information on quantities, value of the orders, predicted delivery dates, as well as the companies from which Germany procures. The situation of slow and insufficient procurement can and needs to be remedied. Failing on deterrence would mean a higher likelihood of a costly war. Instead of Germany pursuing a “war economy”, as some have argued, Germany’s defence budget needs to durably and credibly increase. Higher and credible long-term demand will lead to increasing supply capacities. A long-term European armament strategy is needed. Germany and Europe need to focus on speed in procurement, on cost effectiveness through economies of scale in an integrated European market, on innovation, and on technological superiority. Tracking military rearmament is essential to the security of the continent. JEL Codes: H41, H56, H60, L64

08/12/2024 La Russie n’a pas encore acquis le savoir-faire nécessaire à l’emploi des armes hypersoniques

Les missiles hypersoniques sont manœuvrables une bonne partie de leur trajectoire, et ont la capacité à se déplacer et à maintenir des vitesses supérieures à Mach 5, c’est-à-dire cinq fois la vitesse du son. Dès l’invasion de l’Ukraine le ministère de la Défense avait fait état de l’envoi de missiles réputés hypersoniques dans la région d’Ivano-Frankivsk dans l’Ouest de l’Ukraine. Il s’agissait d’une première mondiale.

L’arsenal hypersonique de la Russie comprend les missiles KH-47M2 Kinzhal (ou Kinjal) et Avangard, ainsi que le Zircon. Le Kinzhal a été déployé plusieurs fois contre des cibles en Ukraine. Lancé depuis un avion MiG-31K ou Tu-22M3 à Mach 2,7, il utilise une propulsion par fusée pour atteindre une vitesse maximale de Mach 10. L’autre arme hypersonique de la Russie, l’Avangard, est un véhicule planant hypersonique conçu pour transporter des ogives nucléaires. Il n’a pas été utilisé opérationnellement, même avec des têtes conventionnelles.

La puissance et la rapidité des missiles hypersoniques laissent peu de place au doute quant à leur efficacité sur le papier. Il semblerait toutefois que peu d’unités aient été lancées par Moscou sur les positions ukrainiennes. Selon certaines sources, l’emploi a été limité par des défis de fabrication. Ainsi, les missiles nécessitent des matériaux et une ingénierie avancés pour être capable de résister à de fortes chaleurs et une pression intenses. De plus ses composants électroniques sont difficiles à assembler.

Du fait des sanctions, la Russie n’aurait pas été capable de les produire à grande échelle, donnant la priorité aux chaînes de montage des drones et à la remise en états de ses chars soviétiques, dont le stock diminue très vite vu les pertes qu’ils subissent.

De surcroît, il a été observé en Ukraine que les missiles hypersoniques actuellement construits sont vulnérables aux systèmes de défense aérienne conventionnels. Le 4 mai 2023, soit un peu plus d’un an après l’envoi présumé du premier missile hypersonique par la Russie, l’Ukraine a affirmé avoir intercepté un Kinzhal pour la première fois à l’aide d’un système de défense aérienne américain Patriot. Douze jours plus tard, Kiev rapportait en avoir intercepté six, par le même moyen. Selon The Economist, les missiles Kinzhal abattus en mai 2023 volaient à des vitesses inférieures à celle attendue d’un hypersonique. Par ailleurs, un rapport de l’Institut Kiel en Allemagne indique que le taux d’interception des Patriot contre le Kinzhal est d’environ 25 %.

Peu nombreuses et vulnérables, les armes hypersoniques russes ont donc déçu sur le terrain et n’ont donc pas apporté les avantages significatifs recherchés par Moscou. Les systèmes continueront toutefois de progresser en technicité, stimulés par des techniques de pointe telles que l’intelligence artificielle. Et alors, rien ne pourra plus les empêcher de tenir un rôle primordial dans les conflits de demain.

07/12/2024.Le point de vue officiel de la Russie concernant l’opération militaire spéciale en Ukraine




Il s’agit d’un extrait de la conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en date du 13 novembre 2024. Nous le republions ici à la date du 7 décembre car il garde toute son actualité

Sur la crise ukrainienne

Il y a 10 ans, le 14 novembre 2014, le Président ukrainien Piotr Porochenko, par son décret N° 875/2014, a mis en œuvre la décision du Conseil de sécurité nationale et de défense du 4 novembre 2014 sur les mesures urgentes pour stabiliser la situation socio-économique dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Cela a marqué le début du blocus financier, économique et de transport du Donbass, dont la population s’est retrouvée littéralement enfermée par le régime de Kiev. Pourquoi de telles mesures ont-elles été prises contre le Donbass? Parce que la population a refusé de reconnaître la dictature des nationalistes radicaux arrivés au pouvoir après un coup d’État armé anticonstitutionnel à Kiev en février 2014, orchestré par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, sous le « grognement » et les « jappements » des assistants baltes de l’Otan, ainsi que de la Pologne. Donetsk et Lougansk n’ont pas accepté tout cela. La population s’est levée pour défendre ses droits et libertés légitimes, préservant les institutions légitimes du pouvoir.

N’ayant pas réussi à vaincre les courageux habitants du Donbass à l’aide de l’armée régulière et des unités punitives bandéristes des « bataillons de volontaires », les « dirigeants » néonazis d’Ukraine ont décidé d’épuiser la région, de priver ses habitants de moyens de subsistance, de les faire souffrir et de les affamer. Le Président ukrainien de l’époque, Piotr Porochenko, s’adressant aux habitants du Donbass, disait que sa population et leurs enfants vivraient dans des caves, tandis que les enfants d’autres régions d’Ukraine recevraient tout le nécessaire et vivraient dans l’aisance. Tout cela s’est fait avec le consentement tacite de l’Occident, qui n’a jamais réprimandé mais, au contraire, a encouragé de telles actions et une telle rhétorique.

Aujourd’hui, le régime de Kiev poursuit sa terreur contre la population civile de Russie, soumettant les infrastructures civiles à des bombardements d’artillerie quotidiens et à des attaques de drones.

Le 10 novembre, entre 00h00 et 08h00, heure de Moscou (UTC+3), les forces armées ukrainiennes ont effectué un raid massif utilisant au total 84 drones, dont 34 dans la région de Moscou, 22 dans la région de Briansk, 7 dans les régions d’Oriol, de Koursk et de Kalouga, 3 dans la région de Rostov, et 2 dans les régions de Toula et de Belgorod.

Le 8 novembre a été une journée tragique pour les habitants de Gorlovka. Après l’attaque d’un drone kamikaze ukrainien sur un véhicule de service des travailleurs du réseau électrique, deux électriciens sont morts et le chauffeur a été grièvement blessé. Je tiens à souligner qu’il s’agit de civils.

Une femme est morte à cause de la détonation d’une munition à fragmentation non explosée. Deux hommes ont été blessés par des frappes de drones. Au total, du 8 au 11 novembre, 10 personnes ont été blessées dans la République populaire de Donetsk.

Le 9 novembre, une personne est morte et deux ont été blessées suite au bombardement barbare par les nazis ukrainiens d’un centre d’hébergement temporaire à Novaïa Kakhovka dans la région de Kherson.

Du 8 au 12 novembre, les combattants ukrainiens ont tiré 231 munitions et lancé 110 drones sur les infrastructures civiles et les maisons résidentielles de la région de Belgorod. 2 personnes sont mortes et 11 ont été blessées.

Le 9 novembre, à l’entrée du village de Stary Khoutor, un civil est mort et sa femme a reçu de multiples blessures par éclats suite à l’explosion d’une voiture sur une munition. Le 10 novembre à Chebekino, les drones ukrainiens ont attaqué deux fois un immeuble d’habitation, tuant un civil. Le 11 novembre, dans le village de Dronovka, une personne a été blessée par l’explosion d’une mine. Le même jour, une attaque ennemie par drone a visé un dépôt pétrolier dans le district de Stary Oskol. L’incendie résultant de l’explosion d’un des réservoirs a été maîtrisé. Il n’y a pas eu de victimes.

Une habitante de la ville libérée de Gorniak dans la République populaire de Donetsk a raconté aux médias l’horreur vécue lorsqu’elle a été témoin des tirs d’un char ukrainien sur des maisons résidentielles, puis est elle-même devenue une cible dans sa voiture, subissant une commotion suite à un tir et y survivant miraculeusement.

Hollywood a réalisé de nombreux films d’horreur, des thrillers sur la torture des gens, des civils, sur des monstres absolus qui font irruption dans les maisons, tirent sur les gens, les enferment, les brûlent, etc. Peut-être qu’au département d’État ou à la Maison Blanche, ils pourraient simplement allumer la télévision, regarder les chaînes (qu’ils essaient de couper et d’interdire) et voir ce même thriller, mais pas avec des acteurs, en direct avec des civils dans les rôles principaux. Cette « série » dure depuis de nombreuses années avec l’argent des contribuables américains. C’est exclusivement grâce aux livraisons d’armements américains et au « travail » que la Maison Blanche fait avec ses « alliés » pour augmenter ces livraisons. Je comprends que maintenant, il est de coutume de remettre le prix de l’Académie au régime de Kiev. À vrai dire, cette terrible « série » réelle ne vise pas les prix. Les gens espèrent survivre, avoir la paix, que la justice, la vérité et la droiture triompheront. Et c’est ce qui arrivera.

Les militaires russes qui nettoient la région de Koursk des nazis ukrainiens ont une fois de plus constaté la pratique des combattants d’utiliser des civils comme « boucliers humains » près de leur équipement militaire dans la région du village de Pliokhovo.

Tous ceux impliqués dans ces crimes et d’autres du régime de Kiev devront répondre de leurs actes selon toute la rigueur de la loi.

Les tribunaux russes, sur la base des preuves recueillies par le Comité d’enquête, continuent de prononcer des sentences contre les néonazis ukrainiens et les mercenaires étrangers pour crimes de guerre.

Pour le bombardement d’infrastructures civiles de Marioupol du 2 mars au 2 avril 2022, la Cour suprême de la République populaire de Donetsk a condamné huit combattants de la section de mortiers des forces armées ukrainiennes, D. Sivets, Iou. Galatski, L. Boulava, I. Jarenko, S. Beliak, Ia. Bojkov, P. Beï et V. Kirilenko, à des peines de prison allant de 15 à 17 ans.

Bogdan Titski, organisateur et dirigeant de l’attaque en 2018 contre le Centre russe pour la science et la culture à Kiev, leader de l’organisation nationaliste radicale ukrainienne Comité noir (reconnue comme terroriste sur le territoire de la Fédération de Russie), a été condamné par contumace à 14 ans de prison. Sa culpabilité a été pleinement prouvée pour des crimes prévus par plusieurs articles du Code pénal de la Fédération de Russie (appels publics à des activités terroristes; organisation et direction d’une attaque contre les locaux de service de personnes jouissant d’une protection internationale). Il a été établi que le 18 février 2018, sous la direction de Bogdan Titski, pas moins de 300 extrémistes ont lancé des pierres et du liquide colorant sur le bâtiment du Centre russe pour la science et la culture à Kiev, ont brisé les vitres des fenêtres et inscrit des slogans antirusses sur la façade, causant des dommages matériels.

Bogdan Titski est recherché au niveau international. Les enquêtes se poursuivent pour poursuivre pénalement toutes les personnes impliquées dans les attaques contre les installations diplomatiques russes en Ukraine.

Une affaire pénale a été ouverte contre le mercenaire géorgien Alexi Bibitchadze, qui s’occupe depuis longtemps de la formation de mercenaires et participe directement au conflit armé en tant que mercenaire sur le territoire russe. Il a été établi qu’avec d’autres mercenaires étrangers et combattants ukrainiens, il a envahi la région de Koursk en août de cette année, où, dans le but de terroriser la population, de causer des dommages matériels importants et de déstabiliser les activités des autorités, il a commis des actes criminels visant à tuer et à tenter de tuer des civils. L’enquête tente de localiser Alexi Bibichadze et ses complices.

L’enquête criminelle visant sept combattants du 202e bataillon de la 103e brigade de défense territoriale ukrainienne, A. Volochine, V. Archoulik, S. Karaïev, A. Doïttchouk, Z. Sigeritch, A. Koulbab et O. Vovk, est terminée. Ils sont accusés d’avoir commis des actes terroristes dans la région de Koursk. Il a été établi qu’au début du mois d’août de cette année, ces personnes ont ouvert le feu à plusieurs reprises sur des militaires et des civils russes dans les villages de Krasnooktiabrskoïe, Snagost et Komarovka du district de Korenevo. Suite à des actions d’enquête planifiées et d’investigation, ils ont tous été arrêtés et placés en détention. Les suspects ont pris connaissance des documents de l’affaire pénale, qui a été transmise au procureur pour approbation de l’acte d’accusation et renvoi devant le tribunal.

Les organes d’enquête russes poursuivent leur travail pour traduire en justice les nazis ukrainiens pour crimes de guerre et autres crimes.

Maintenant, voyons comment tout cela est évalué en Occident. Ils dirigent tout cela. Ils nous ont parlé de conférences de paix, de plans de paix, d’initiatives de paix. Étant donné que les superviseurs du régime de Kiev sont les membres de l’Otan et les dirigeants de certains pays (les Anglo-Saxons, en premier lieu), il serait bon de citer le commentaire du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte du 12 novembre: « Nous devons réaffirmer notre engagement à maintenir le cap de la guerre. »

Vous demanderez, comment peut-on concilier dans les mêmes têtes, d’une part, la tenue de pseudo-conférences de paix et la promotion de soi-disant initiatives de paix avec une déclaration directe d’un cap sur la guerre? La réponse est simple. On peut les concilier dans une même tête parce que l’un des deux points est un mensonge. Le mensonge, ce sont les « initiatives de paix » que les Occidentaux et leurs protégés de Kiev présentent. Il me semble que chaque État et journaliste, figure publique qui traite de ce sujet, gagnerait à lire attentivement et à réfléchir, à noter ces déclarations de Mark Rutte, afin que la prochaine fois que Vladimir Zelenski ou quelqu’un d’autre de Kiev, ainsi que leurs superviseurs au département d’État, à la Maison Blanche, à Downing Street, au Foreign Office, à Bruxelles, Paris, Berlin raconteront à la communauté internationale leurs initiatives de paix, tous se souviennent que le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte a déclaré le 12 novembre de cette année que les membres de l’Otan doivent faire plus que simplement « maintenir l’Ukraine dans la lutte ». Ils doivent augmenter le « prix » pour Vladimir Poutine et ses amis « autoritaires ». Cette déclaration officielle n’est pas un appel à la désescalade, aux négociations de paix ou à un règlement politico-diplomatique de la situation. C’est un appel à poursuivre le bain de sang.

Cela est également soutenu par les déclarations d’autres pays de l’Otan. Regardez ce que déclarent à Washington tant ceux qui sont encore à la Maison Blanche que ceux qui s’apprêtent à y venir. Ils disent tous qu’il faut continuer sur la même voie.

Prenons par exemple la déclaration du Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell à Kiev, où il s’est rendu pour une visite d’adieu le 9 novembre. Le haut fonctionnaire européen sortant plaidait pour une aide massive aux forces armées ukrainiennes et la levée des restrictions sur les frappes en profondeur contre la Russie.

On a l’impression que quand ils l’ont nommé diplomate de l’UE, ils ont tout confondu. Ils auraient dû le nommer coordinateur des livraisons d’armes de l’Otan. Bien que, d’un autre côté, ce soit apparemment la même chose.

Josep Borrell a déclaré qu’il a toujours appelé à aider « plus et plus vite ». C’est soi-disant son appel constant, mais il reste d’actualité: plus d’aide militaire, d’efforts d’entraînement, de livraisons, d’argent, ainsi que l’autorisation de frapper l’adversaire sur son territoire.

Tout cela confirme que les plans de l’Occident n’incluent pas l’établissement de la paix. Ils ont toujours l’intention de poursuivre la guerre hybride contre la Russie par l’intermédiaire du régime de Kiev et jusqu’au « dernier Ukrainien ».

Le 7 novembre s’est tenu à Budapest le quatrième sommet de la Communauté politique européenne. Parmi les participants se trouvait Vladimir Zelenski. Il a tenté d’utiliser cette tribune aussi pour promouvoir des idées « périmées », comme lui-même, dans l’esprit de sa « formule de paix » sans issue, parlant de « l’inadmissibilité d’un cessez-le-feu », de concessions à la Russie, etc. C’est ce que dit un homme (je parle de Vladimir Zelenski) qui a déjà « exterminé » sa population, et est sur le point d’en arriver aux adolescents.

Selon lui, « un cessez-le-feu sans garanties de sécurité signifierait l’occupation complète de l’Ukraine ». En même temps, il mendiait hystériquement les actifs russes soi-disant appartenant à Kiev gelés en Europe pour un montant de 300 milliards de dollars, afin que le régime bandériste puisse déterminer lui-même à quelles fins les dépenser. Vladimir Zelenski ferait mieux de transférer ses propres biens et propriétés immobilières à l’Ukraine. Alors d’autres fonds ne seraient pas nécessaires.

Comme nous le voyons, le financement et l’approvisionnement en armes de la junte de Vladimir Zelenski se traduisent pour ses alliés européens par de sérieux problèmes politiques et économiques. Dans l’UE, les budgets se ruinent depuis longtemps et les coalitions partisanes se désintègrent, sans parler des cotes de popularité des autorités qui chutent. Les Européens ont même été gênés de diffuser en direct les déclarations de Vladimir Zelenski. Ils réalisent que le « commis voyageur » de Kiev n’est intéressé que par l’argent. Les Européens comprennent que leurs citoyens le comprennent aussi. Tous réalisent que Vladimir Zelenski ne se soucie pas de son propre pays ni de son peuple. Il n’y a qu’une seule question: quand comprendront-ils que le sort du peuple ukrainien et le pays lui-même n’ont jamais intéressé Vladimir Zelenski. Il ne se soucie que de ses propres ambitions politiques. Il a simplement fait confiance à l’Occident, qui a commencé à l’utiliser à ses propres fins.

Nous avons noté les publications dans la presse britannique concernant l’intention du Premier ministre britannique Keir Starmer et du Président français Emmanuel Macron d’essayer de convaincre le Président américain sortant Joe Biden d’autoriser Kiev à frapper avec des missiles Storm Shadow la Russie en profondeur avant l’investiture de Donald Trump. Selon les médias, Londres espère que la Maison Blanche donnera enfin son accord pour une telle démarche.

Le même jour, dans une interview à un média français, le ministre français des Armées Sébastien Lecornu a annoncé avoir signé un ordre concernant le transfert d’environ 10 missiles à longue portée Scalp à l’Ukraine, avec lesquels Paris espère que Kiev pourra frapper au-delà de la ligne de front.

Je voudrais dire à Sébastien Lecornu que lorsque le régime de Kiev frappera « au-delà de la ligne de front », il ne faudrait pas qu’il touche l’ambassade de France.

Ces publications coïncident avec des informations apparues sur les réseaux sociaux ukrainiens concernant l’intention du régime de Vladimir Zelenski de faire passer les missiles occidentaux reçus pour des produits de fabrication ukrainienne, en modifiant leur marquage, pour des frappes contre la Russie. C’est une escroquerie sanglante dans le style de Vladimir Zelenski et de toute cette bande. Nous comprenons parfaitement que sans l’approbation de ses superviseurs, cela serait impossible.

Nous voudrions rappeler à Washington, Londres, Paris et Bruxelles qu’ils continuent de jouer avec le feu. Le Président russe Vladimir Poutine a clairement indiqué notre réaction: si l’Ukraine reçoit l’autorisation pour les frappes mentionnées, nous considérerons cela comme une entrée effective des pays de l’Otan dans un conflit armé direct avec la Russie. Cela changera l’essence et la nature du conflit avec toutes les conséquences qui en découlent. La réponse à l’utilisation de systèmes occidentaux à longue portée contre le territoire de notre pays sera pour eux inévitable et dévastatrice.

Les faits énumérés confirment une fois de plus la pertinence de l’opération militaire spéciale pour la dénazification et la démilitarisation de l’Ukraine et l’élimination des menaces émanant de son territoire. Comme l’ont déclaré les autorités russes, tous ses objectifs seront atteints.

07/12/2024 Coopération militaire franco-indienne

L’Inde se veut une puissance d’équilibre entre la Russie et les Etats-Unis. C’est un peu le cas de la France, particulièrement dans le domaine de l’armement. Aussi il n’est pas surprenant d’apprendre aujourd’hui qu »un accord stratégique avec la France devrait être conclu d’ici janvier 2025, renforçant considérablement les capacités maritimes de l’Inde.

Cette collaboration franco-indienne s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, marqué par l’expansion maritime chinoise et les activités navales pakistanaises dans la région indo-pacifique.

L’acquisition prévue de 26 avions de chasse Rafale-M constitue un pilier majeur de cet accord. Ces appareils, spécialement conçus pour les opérations maritimes, viendront équiper le fleuron de la marine indienne, le porte-avions INS Vikrant. (Indian Naval Ship Vikrant https://en.wikipedia.org/wiki/INS_Vikrant_(2013)

Le Rafale-M se distingue par sa structure renforcée et son train d’atterrissage adapté aux catapultages et appontages sur porte-avions. Les caractéristiques techniques du Rafale-M en font un atout précieux pour la marine indienne :

  • Vitesse maximale : supérieure à Mach 1,8
  • Rayon d’action en combat : plus de 1 850 km
  • Armement varié : missiles air-air Meteor, missiles de croisière SCALP-EG, missiles anti-navires Exocet
  • Technologie de pointe : radar RBE2-AA AESA, système de guerre électronique SPECTRA

  • Cette acquisition s’inscrit dans la continuité de la collaboration franco-indienne en matière d’aviation de combat. En effet, l’Indian Air Force a déjà intégré 36 Rafale entre 2019 et 2022, validant l’efficacité de ces appareils dans diverses missions.

Le volet sous-marin de l’accord prévoit la construction de trois nouveaux sous-marins de classe Scorpène. Ces submersibles, fruit d’une collaboration entre l’Inde et le groupe Naval, viendront compléter la flotte existante de six sous-marins Scorpène, dont le dernier a été livré en 2021.

Il s’agit de sous-marins à propulsion diésel-électrique, la propulsion nucléaire étant réservée aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins dont l’Inde à ce jour n’envisage pas de se doter.

Les Scorpène, construits localement au chantier naval Mazagon Dock Limited à Mumbai, offrent des capacités avancées :

CaractéristiqueDescription
PropulsionDiesel-électrique avec système AIP MESMA
Armement6 tubes lance-torpilles de 533 mm (norme OTAN)
Capacité d’emport18 torpilles lourdes, missiles anti-navires SM39 Exocet ou mines
Systèmes de combatSUBTICS et sonar S-Cube de Thales

L’amiral Dinesh K. Tripathi, chef de la marine indienne, a souligné l’importance de ces acquisitions dans un contexte où l’Inde surveille étroitement les mouvements navals en océan Indien. La présence croissante de navires de recherche et de suivi par satellite chinois, ainsi que la collaboration militaire sino-pakistanaise, poussent New Delhi à renforcer sa flotte pour maintenir l’équilibre stratégique dans cette région cruciale.

Il n’est pas exclu que la collaboration entre l’Inde et la France se poursuive à l’avenir dans le domaine des drones de combat terrestres, aériens et navals. Chacun des deux pays auraient beaucoup à y gagner face à la Chine

06/12/2024 Sous marins australiens. Une nouvelle bombe

Après l’annulation du « contrat du siècle » qui avait failli provoquer une rupture diplomatique entre la France et l’Australie (relire https://www.lefigaro.fr/international/crise-des-sous-marins-ce-que-la-france-n-a-pas-voulu-voir-20210927

l’Australie avait dévoilé un accord de compensation massive avec le fabricant français de sous-marins Naval Group, mettant un terme financier à un conflit qui avait envenimé les relations entre Canberra et Paris pendant près d’un an. Le premier ministre australien Anthony Albanese avait déclaré que l’entreprise française avait accepté un «règlement juste et équitable» de 555 millions d’euros, pour la rupture du gigantesque contrat de 56 milliards d’euros, qui avait occasionné une crise diplomatique entre Paris et Canberra.

Aujourd’hui nouvelle bombe. Les sous-marins français sont rentrés en grâce à Canberra. Dans un article publié le 5 décembre sur son site d’analyse et de commentaires The Strategist, l’ancien sous-marinier Peter Briggs, et ex-directeur du Submarine Institute of Australia, attaque à la mitrailleuse lourde  le programme de sous-marins Aukus, qui prévoit à la fois l’achat de sous-marins nucléaires américains d’occasion Virginia, et le développement d’un nouvel engin à propulsion nucléaire en partenariat avec le Royaume-Uni. Il préconise à l’inverse l’achat de douze sous-marins français de classe Suffren.

Le diagnostic de Peter Briggs est sans concession. « Le plan Aukus pour les sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire (SSN) a toujours été défectueux, désormais les risques s’accumulent,  Nous devons être prêts à abandonner le plan d’achat des huit SSN prévus. »

L’article souligne plusieurs défis majeurs auxquels l’Australie pourrait faire face dans le cadre de ce partenariat :

  1. Retards et incertitudes dans la livraison des sous-marins nucléaires : Le projet AUKUS repose sur l’engagement de l’Australie à acquérir des sous-marins nucléaires de nouvelle génération. Toutefois, la fabrication de ces navires est complexe et pourrait entraîner des retards significatifs. Les sous-marins de type Virginia ou Astute sont en cours de production pour les États-Unis et le Royaume-Uni, mais leurs coûts sont astronomiques et leur disponibilité incertaine.
  2. La question du transfert technologique : Bien que les États-Unis et le Royaume-Uni s’engagent à fournir des technologies de pointe à l’Australie, l’incertitude demeure concernant la possibilité pour l’Australie de maîtriser totalement ces technologies, ce qui pourrait limiter l’indépendance stratégique de l’Australie dans le futur.
  3. Les tensions géopolitiques avec la Chine : Le partenariat AUKUS est une réponse directe à l’expansion militaire de la Chine dans la région Indo-Pacifique. Cependant, la Chine a clairement exprimé son opposition à cette initiative, et les tensions croissantes pourraient entraîner des répercussions économiques et diplomatiques pour l’Australie.

Face à ces risques, Peter Briggs propose que l’Australie se tourne plutôt vers la France pour une solution alternative. Plus précisément, il suggère que l’Australie devrait se préparer en partenariat avec la France à construire des sous-marins nucléaires à propulsion française, en particulier ceux de la classe Suffren.

Il insiste sur les avantages de la solution française

  1. Technologie éprouvée : Les sous-marins à propulsion nucléaire Suffren sont déjà en production en France et ont montré leur efficacité. La France a une longue histoire de conception et de maintenance de sous-marins nucléaires, ce qui garantit une expertise éprouvée dans le domaine.
  2. Capacité de production localisée : Contrairement à la dépendance vis-à-vis des États-Unis et du Royaume-Uni, l’Australie pourrait bénéficier d’un partenariat plus équitable avec la France, en termes de transfert de technologie et de production locale. Cela renforcerait l’indépendance de l’Australie en matière de défense et réduirait les délais de livraison.
  3. Moins de risques géopolitiques : Avec un partenariat franco-australien, l’Australie pourrait éviter certaines tensions géopolitiques associées à l’AUKUS, en particulier avec la Chine. En outre, la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et acteur clé en Europe, pourrait offrir à l’Australie une approche stratégique plus équilibrée vis-à-vis de ses partenaires.

Sa conclusion est claire. Bien que le partenariat AUKUS puisse sembler être une solution rapide et ambitieuse, il présente trop de risques à long terme pour l’Australie. Le pays devrait plutôt se préparer à une alternative plus sûre et plus indépendante, en explorant la possibilité de construire des sous-marins nucléaires à propulsion française. Ce choix pourrait non seulement garantir une meilleure maîtrise technologique mais aussi éviter les risques géopolitiques associés à un trop grand alignement avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

Voir Wikipedia Classe Suffren

https://fr.wikipedia.org/wiki/Classe_Suffren_(sous-marin)

06/12/2024. La France et l’uranium du Niger

Le spécialiste français de l’uranium Orano a affirmé que les autorités nigériennes avaient « pris le contrôle opérationnel » de sa filiale minière au Niger, mercredi 4 décembre

« Depuis plusieurs mois, Orano alerte sur les ingérences que le groupe subit dans la gouvernance de la Somaïr [Société des mines de l’Aïr], dont il est actionnaire majoritaire et opérateur au Niger à 63,4%r [à le reste étant détenu par l’Etat du Niger], écrit le groupe français. En effet, les décisions prises lors des conseils d’administration de la société ne sont plus appliquées et, de fait, Orano constate aujourd’hui que les autorités nigériennes en ont pris le contrôle opérationnel », selon le communiqué publié par le groupe français. « Les dépenses de production qui se poursuivent sur le site dégradent chaque jour davantage la situation financière de la société »,

Le 23 octobre, l’entreprise avait annoncé que dans ces conditions, « fortement dégradée[s] », sa filiale allait « suspendre » sa production à partir du 31 octobre, faute de pouvoir « continuer à travailler » dans le pays, dirigé par un régime militaire issu d’un coup d’Etat perpétré en juillet 2023. En juin, le Niger avait, en effet, retiré à Orano le permis d’exploitation d’un des plus grands gisements au monde, celui d’Imouraren, avec des réserves estimées à 200 000 tonnes.

« Dans ce contexte, l’application de la résolution adoptée par le conseil d’administration de la Somaïr, le 12 novembre, de suspendre les dépenses liées aux activités de production pour prioriser le paiement des salaires et de préserver l’intégrité de l’outil industriel est volontairement empêchée », poursuit le communiqué.

Au total, 1 150 tonnes de concentré d’uranium issues de stock de 2023 et 2024, soit près de la moitié de la production moyenne annuelle du site, sont actuellement bloquées, d’une valeur marchande estimée à « 200 millions d’euros », selon le groupe, dont le capital est détenu à 90 % par l’Etat français. Le Niger fournit 4,7 % de la production mondiale d’uranium naturel, loin derrière le Kazakhstan (45,2 %), selon des chiffres de 2021 de l’agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA).

Cet épisode illustre les tensions entre le Niger et la France à laquelle le régime militaire a tourné le dos depuis son arrivée au pouvoir. L’uranium nigérien pourrait intéresser d’autres pays : en novembre, le ministre des mines nigérien, Ousmane Abarchi, avait invité des sociétés russes à venir explorer et exploiter les ressources naturelles du pays.

Ceci dit, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle pour la France et en premier lieu le CEA

D’une part les investissement français dans le programme international ITER seront certainement accélérés. ITER vise à remplacer la fission nucléaire par la fusion https://www.iter.org/fr/en-quelques-mots Or il a été dit que les pays maitrisant la fusion maitriseront le monde. Mais il faudra attendre quelques décennies. En attendant, le CEA investit dans deux projets de haute importance. Il s’agit de Astrid et Allegro

Astrid

Le CEA est chargé par le gouvernement de ce programme (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration) Astrid de démonstrateur industriel de réacteur à neutrons rapides (refroidi au sodium). Après une première phase d’avant-projet « sommaire », le CEA a rendu à l’État un dossier présentant l’avancement de ses recherches dans le cadre de la loi et clôturant la première phase d’avant-projet. 

Ce réacteur devra permettre de mettre en œuvre une politique de préservation des ressources en assurant une utilisation aussi complète que possible du plutonium par multirecyclage, une meilleure utilisation de la ressource en uranium et la démonstration de la faisabilité, sur des quantités significatives, de transmutation des actinides mineurs (radioéléments à vie longue). Par ailleurs, il répondra aux exigences de sûreté et de résistance à la prolifération.

En parallèle de ce développement, le cycle du combustible associé a été examiné au travers, d’une part des études de conception d’un atelier destiné à produire le combustible de ce réacteur (AFC-atelier de fabrication du combustible), et d’autre part au travers des études de faisabilité d’une installation permettant la séparation et la transmutation des actinides mineurs en vue de diminuer la radiotoxicité intrinsèque des déchets nucléaires.

Allegro

Les réacteurs à neutrons rapides refroidis au gaz procèdent d’un concept totalement innovant. Le CEA a développé une Recherche et Développement de haut niveau concernant cette la filière qui a la particularité d’associer neutrons rapides et haute température.

Contrairement à Astrid, il ne s’agit pas d’un démonstrateur industriel, les recherches n’étant pas encore suffisamment avancées. Les efforts portent essentiellement sur le combustible et la sûreté en collaboration avec la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie afin de construire dans l’un de ces trois pays un réacteur expérimental baptisé Allegro.

La filière RNR gaz en est à ses débuts et en l’absence de retour d’expérience, le réacteur sera d’une puissance limitée.

Voir aussi https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/uranium-naturel

05/12/2024 L’espérance de vie à la naissance cesse partout de croître

Après avoir dans tous les pays augmenté régulièrement depuis le 19 siècle et plus particulièrement dans la première moitié du 20 siècle, la durée moyenne de la vie humaine commence partout à diminuer. Ceci malgré des conditions de vie en amélioration même dans les pays pauvres, assortie après les deux guerres mondiales d’une nette diminution des conflits.

Ceci suggère à de nombreux démographes qu’il existe une limite intrinsèque à la durée de la vie humaine, comparable à celles qui se manifestent dans toutes les espèces vivantes. Cette vie pourrait ne pas se poursuivre au delà de 70 à 80 ans , n’atteignant qu’exceptionnellement 100 à 110 ans.

Le démographe Jay Olshansky de l’Université de l’Illinois à Chicago ( Jay Olshansky https://publichealth.uic.edu/profiles/s-jay-olshansky/ a analysé toutes les dates de mortalité de 1999 à 2019 dans 9 pays développés comprenant les Etats-Unis. La date de 2019 ne devait pas être dépassée pour éviter toute influence de la pandémie due du Covid 19.

Il a observé que l’espérance de vie à la naissance avait augmenté de 6,5 ans dans tous les pays, atteignant même 78,8 ans aux Etats-Unis et 85 ans à Hong Kong. S’appuyant sur ces chiffres, il a constaté que l’espérance de vie avait diminué depuis 2019 dans tous les pays, sans jamais dépasser en moyenne 84 ans pour les hommes et 90 ans pour les femmes.

Il en a déduit que seule une infime minorité de nouveaux-nés d’aujourd’hui pourrait espérer devenir centenaire et ce en relativement bonne santé. L’abus des opioides dans certains milieux ne fera qu’aggraver ces prévisions. S’y ajoutera un moindre remboursement des services de santé

Source

Nature ageing, doi.org/nms6

05/12/2024. Les futurs systèmes quantiques pourront défier la loi de l’entropie

L’entropie est la mesure du degré de désorganisation et de hasard d’un système . Elle est liée à la deuxième loi de la thermodynamique. La deuxième loi de la thermodynamique stipule que, à moins qu’une énergie extérieure ne soit fournie, un système verra son entropie (désordre) rester la même ou augmenter au fil du temps.

Or il apparaît aujourd’hui qu’un état quantique localisé peut rester à jamais intact contrairement aux lois fondamentales de la physique pour qui aucune structure ou modèle ne peut survivre indéfiniment à la marche imposée par la nature vers plus de désordre, autrement dit vers une entropie croissante.

Depuis le début du 19e siècle, les physiciens ont admis qu’un système composé de nombreuses particules plus ou moins chaudes ne peut adopter spontanément un état plus ordonné que ce qu’il était. Le système devient de plus en plus tiède avec le temps, c’est-à-dire moins ordonné. Ainsi par analogie un panier plein de pommes vertes et de pommes rouges en désordre ne deviendra jamais un panier où les pommes seraient toutes vertes d’un côté et toutes rouges de l’autre.

En fait la seconde loi de la thermodynamique impose à tout système ordonné de devenir progressivement désordonné dans un processus que l’on nomme la termalisation

La thermalisation est un processus observé en physique. D’une façon générale, la notion de température est liée à celle d’équilibre thermodynamique, sachant que les systèmes que l’on considère en tous domaines sont plus ou moins en déséquilibre. Ainsi les pommes du panier évoqué ci-dessous pourront éventuellement toutes pourrir de sorte qu’il ne sera plus possible de les distinguer.

Cependant dans les années 1950 le physicien Philipp Anderson des laboratoires Bell commença à imaginer des scénarios dans lesquelles les particules pouvaient échapper à la thermalisation. Il étudiait la physique quantique pour laquelle les particules ont aussi des propriétés d’ondes.

En physique, la dualité onde-corpuscule aussi appelée dualité onde-particule est un principe selon lequel tous les objets physiques peuvent présenter parfois des propriétés d’ondes et parfois des propriétés de corpuscules et de particules. Anderson a étudié des situations dans lesquelles des particules pouvaient échapper à la thermalisation et rester de façon stable des ondes, ondes microscopiques il est vrai.

En 2016 John Imbrie à l’Université de Virginie réussit à démontrer qu’un ensemble constitué de nombreuses particules quantiques pouvait indéfiniment échapper à la thermalisation. Ce phénomène est désormais connu sous le nom de MBL Many body localisation.

Cependant la preuve d’Imbries impliquait un jugement sur l’énergie de ces particules qui est devenu le sujet d’un débat concernant la possibilité de MBL. Les études tant expérimentalesque mathématiques n’avaient en fait pas réussi à prouver qu’un système avait passé l’épreuve de MBL

Aujourd’hui Andrew Lucas de l’Université de Colorado Boulder a pu montrer en utilisant uniquement les mathématiques que de tels systèmes quantiques localisés existaient et pouvaient rester inchangés. Autrement dit il confirma l’existence de MBL.

Les chercheurs espèrent à partir de ce résultat définir des règles permettant de réaliser plus efficacement et avec plus de sécurité les futurs calculateurs quantiques attendus par tous.

CF ci-dessous. doi.org/nmtd

Eigenstate Localization in a Many-Body Quantum System

Chao YinRahul Nandkishore, and Andrew Lucas

  • Phys. Rev. Lett. 133, 137101 – Published 23 September, 2024

DOI: https://doi.org/10.1103/PhysRevLett.133.137101

Abstract

We prove the existence of extensive many-body Hamiltonians with few-body interactions and a many-body mobility edge: all eigenstates below a nonzero energy density are localized in an exponentially small fraction of “energetically allowed configurations” within Hilbert space. Our construction is based on quantum perturbations to a classical low-density parity check code. In principle, it is possible to detect this eigenstate localization by measuring few-body correlation functions in efficiently preparable mixed states.

04/12/2024 Découverte en Afrique du Sud de micro-organismes primitifs vivant à l’intérieur de roches âgées de 2 milliards d’années

Cette découverte apporte des arguments intéressants concernant l’apparition de la vie sur la Terre. Contrairement à ce qui avait été affirmé précédemment, la Terre a pu héberger des formes de vie primitive très tôt après son formation en tant que planète il y a 4,55 milliards d’années. La découverte intéressera également la recherche de la vie sur d’autres planètes.

L’on savait déjà que dans les profondeurs de la croûte terrestre, sans lumière solaire et privés de tout oxygène et ressources alimentaires, des milliards de microorganismes avaient réussi à s’implanter. Il s’agit de microbes à croissance extrêmement lente, pouvant demander des milliers voire des millions d’années pour se diviser. Les roches les plus anciennes dans lesquelles de tels organismes ont été trouvés jusqu’ici se trouvent dans des sédiments du sous-sol marin dont l’âge ne dépasse pas 100 millions d’années.

Aujourd’hui Yohei Suzuki et des chercheurs de l’université de Tokyo ont découvert des colonies microbiennes vivant dans le produit d’un sondage carroté réalisé dans le Bushveld Igneous Complex en Afrique du Sud, une région de roches volcaniques s’étant formée il y a deux milliards d’années. Le sondage carotté est une technique d’investigation géotechnique qui consiste à prélever des échantillons de sol intacts, appelés carottes, à différentes profondeurs. Ces carottes sont des cylindres de terre extraits à l’aide d’un outil spécial, le carottier, qui est enfoncé dans le sol puis retiré avec l’échantillon.

En étudiant les carottes, ils y ont découverts que les microbes y vivant étaient encore pleinement actifs. Il s’agissait pourtant d’espèces microbiennes très primitives en termes d’évolution. Les chercheurs espèrent en les étudiant découvrir ce qu’étaient les premières formes de vie sur la Terre, voire ce qu’elles auraient pu être – ou pourraient être, sur Mars.

Référence

Microbial ecology

https://link.springer.com/article/10.1007/s00248-024-02434-8

Subsurface Microbial Colonization at Mineral-Filled Veins in 2-Billion-Year-Old Mafic Rock from the Bushveld Igneous Complex, South Africa
Abstract

Recent advances in subsurface microbiology have demonstrated the habitability of multi-million-year-old igneous rocks, despite the scarce energy supply from rock-water interactions. Given the minimal evolution coupled with exceedingly slow metabolic rates in subsurface ecosystems, spatiotemporally stable igneous rocks can sustain microbes over geological time scales. This study investigated a 2-billion-year-old mafic rock in the Bushveld Igneous Complex, South Africa, where ultradeep drilling is being executed by the International Continental Scientific Drilling Program (ICDP). New procedures were successfully developed to simultaneously detect indigenous and contaminant microbial cells in a drill core sample. Precision rock sectioning coupled with infrared, fluorescence, and electron microscopy imaging of the rock section with submicron resolution revealed microbial colonization in veins filled with clay minerals. The entry and exit of microbial cells in the veins are severely limited by tight packing with clay minerals, the formation of which supplies energy sources for long-term habitability. Further microbiological characterization of drilled rock cores from the Bushveld Igneous Complex will expand the understanding of microbial evolution in deep igneous rocks over 2 billion years.



03/12/2024 De premières roues en pierre

La découverte récente en Israël d’un ensemble de petites pierres cylindriques percées d’un trou central âgées de 12.000 ans peut faire penser qu’il s’agit d’un premier exemple de pierres dites spindle whorls ou verticiles de fuseau destinés à stabiliser la rotation d’un fuseau pendant la filature.

La roue néolithique était ainsi inventée. Mais on peut se demander pourquoi l’usage de telles roues ne s’est pas généralisé, en augmentant progressivement la taille des roues. La solution était sans doute difficile à mettre en œuvre faute d’outils adéquats pour percer des pierres sans les faire éclater.

Cependant ces roues aurait pu servir de modèles pour faire des roues en bois aux multiples usages

Reference

12,000 year-old spindle whorls and the innovation of wheeled rotational technologies
  • Talia Yashuv  ,
  • Leore Grosman 

‘The wheel and axle’ revolutionized human technological history by transforming linear to rotary motion and causing parts of devices to move. While its ancient origins are commonly associated with the appearance of carts during the Bronze Age, we focus on much earlier wheel-shaped find–an exceptional assemblage of over a hundred perforated pebbles from the 12,000-year-old Natufian village of Nahal Ein-Gev II, Israel. We analyze the assemblage using 3D methodologies, incorporating novel study applications to both the pebbles and their perforations and explore the functional implications. We conclude that these items could have served as spindle whorls to spin fibres. In a cumulative evolutionary trend, they manifest early phases of the development of rotational technologies by laying the mechanical principle of the wheel and axle. All in all, it reflects on the technological innovations that played an important part in the Neolithization processes of the Southern Levant.