24/01/2025 La Chine sera-t-elle la première dans la course à la fusion nucléaire ?

On apprend que le tokamak supraconducteur expérimental avancé (EAST), également surnommé « le soleil artificiel » chinois, a maintenu un plasma stable à haut confinement pendant 1 066 secondes — un nouveau record dépassant de loin le précédent qui était de 403 secondes. Cette étape constitue une avancée majeure dans la recherche sur l’énergie de fusion, le seuil des 1 000 secondes de fonctionnement étant considéré comme une référence d’exploitabilité.

Les réacteurs à fusion génèrent de l’énergie par le biais de la même réaction thermonucléaire qui se produi au cœur du Soleil, d’où le surnom de « soleils artificiels ». Cette réaction consiste en une cascade de fusions de deux atomes légers (hydrogène) en un seul atome dans des conditions de température et de pression extrêmement élevées. Les physiciens cherchent depuis plus de 70 ans à reproduire cette réaction en laboratoire en raison de son potentiel énergétique quasi illimité. L’énergie produite sera également propre, notamment en raison de l’absence de déchets nucléaires.

Le consortium internationa ITER rassemble les représentants d’une cinquantaine de pays ayant décidé de s’unir pour mettre en commun l’essentiel des moyens qu’ils ont affecté à cet objectif. Mais chacun de ces pays conserve son indépendance dans cette démarche. Le siège de ITER est en France a Cadarache (voir https://www.iter.org/ )

Voir aussi https://www.sfen.org/rgn/fusion-nucleaire-decryptage-des-dernieres-avancees-en-chine-et-des-consequences-pour-iter/ NB. Attention, ce site n’est pas à jour

Référence

demonstrating fusion reactor technology.

Chinese « Artificial Sun » Sets New Record in Mileston

http://english.cas.ac.cn/newsroom/cas_media/202501/t20250121_899052.shtml

The Experimental Advanced Superconducting Tokamak (EAST), dubbed China’s « artificial sun, » maintained a steady-state high-confinement plasma operation for a remarkable 1,066 seconds on Monday, setting a new world record and marking a breakthrough in the quest for fusion power generation. 

The duration of 1,000 seconds is considered a key step in fusion research. The breakthrough, achieved by the Institute of Plasma Physics under the Chinese Academy of Sciences (ASIPP), greatly improved the original world record of 403 seconds, which was also set by EAST in 2023.

The ultimate goal of an artificial sun is to create nuclear fusion like the sun, providing humanity with an endless, clean energy source, and enabling space exploration beyond the solar system.

24/01/2025 Trump et Musk veulent « un monopole avec les pleins pouvoirs sur le spatial »… quelles conséquences pour Toulouse ?

Source

https://www.ladepeche.fr/2025/01/24/entretien-espace-trump-et-musk-veulent-un-monopole-avec-les-pleins-pouvoirs-sur-le-spatial-quelles-consequences-pour-toulouse-12465796.php

Cnes, Commandement de l’Espace, recherche, production industrielle des lanceurs et satellites… Toulouse et l’Occitanie sont au cœur du spatial européen et à la croisée de dizaines de programmes internationaux. Quel avenir pour la filière, avec l’arrivée d’Elon Musk dans le sillage de Donald Trump ?

Rédacteur en chef du site Aerospatium, Stefan Barensky analyse la menace.

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Un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros, 260 entreprises, 15 000 emplois, soit la moitié de la filière nationale : c’est le poids du spatial en Occitanie, première région de France et d’Europe dans ce secteur. Vu depuis Toulouse, capitale du spatial européen, quelles menaces représente Elon Musk en « président bis » dans l’ombre de Trump ?

Avant d’y venir, il faut d’abord rappeler la raison pour laquelle nous allons dans l’espace : pour assurer et protéger nos besoins souverains. Surveiller le climat, observer la terre et l’univers, garantir l’indépendance de notre renseignement, de notre défense, de nos communications face aux autres puissances… Ariane nous garantit l’accès à l’espace tandis que notre recherche nous permet de maintenir un très haut niveau de compétence chez nos scientifiques, très courtisés par les États-Unis. Mais structurellement, la recherche et l’exploration spatiales ignorent, elles, les frontières. Beaucoup de missions du Cnes et de l’Agence spatiale européenne sont ainsi des partenariats, notamment avec la Nasa. L’arrivée d’Elon Musk pose un grave problème pour la régulation du spatial commercial dans laquelle il va devenir juge et partie.p

Parce qu’il aggraverait la concurrence déloyale qu’il a imposée ?

Contrairement aux États qui investissent des milliards, lui a levé des fonds privés et a fait gonfler sa propre bulle. Sa R&D lui a principalement été offerte par la Nasa qui lui a ouvert ses armoires à brevets. Et aujourd’hui, il contrôle 7 000 des 10 000 satellites qui tournent… Non seulement il a saturé l’orbite basse avec Starlink en faisant croire que le géostationnaire, les orbites plus lointaines, sur lesquelles nous sommes très performants, n’avaient pas d’avenir, ce qui totalement faux.

Mais, surtout, Musk a ainsi montré qu’il voulait un monopole avec les pleins pouvoirs sur le spatial. Il a toujours rejeté toute coopération. Dans le meilleur des cas, on est ses clients, mais en aucun cas ses partenaires, or il va vouloir mettre sous tutelle la Nasa, au profit de ses seuls intérêts.

Entre Toulouse, Paris et Kourou, 2 400 salariés du Cnes travaillent sur plus de 150 missions et projets scientifiques. Cela impactera-t-il les programmes en cours comme le retour de l’homme sur la lune, avec Artémis ?

La science n’intéresse pas Elon Musk. Son obsession est de faire rêver les masses en allant seul sur Mars et que le monde l’aide à financer son Starship qui vient de connaître un spectaculaire échec, même si sa communication l’a présenté en succès.

Notre programme le plus en danger, dans ce contexte, c’est l’European Return Orbiter qui doit faire l’aller-retour vers Mars pour ramener des échantillons de la planète rouge. Mais s’il dénonce nos partenariats, ce sont les États-Unis qui se tireront une balle dans le pied.

Cnes, Commandement de l’Espace, recherche, production industrielle des lanceurs et satellites… Toulouse et l’Occitanie sont au cœur du spatial européen et à la croisée de dizaines de programmes internationaux. Quel avenir pour la filière, avec l’arrivée d’Elon Musk dans le sillage de Donald Trump ?

Trois modules Orion sont déjà livrés pour Artemis. Et un contrat, c’est un contrat… Même si le paiement se fait en service et non en dollars, ils sont nos débiteurs. Mais au-delà, il risque d’aggraver les difficultés de Boeing, de Northrop-Grumman et de Lockheed-Martin qui sont sur le lanceur et la capsule d’Artemis. Les élus du Congrès américain qui ont des usines dans leur État ne le laisseront pas faire.

D’un point de vue plus cynique, Musk et Trump n’ont rien à faire, non plus, du climat. Mais les besoins en données restent essentiels pour le reste du monde et cela devrait profiter au programme européen d’observation de la terre Copernicus, dont Toulouse est un maillon essentiel. Au surplus, dans l’espace, la coopération est la règle. Les Français ont volé avec les Soviétiques du temps de la guerre froide. Il y a peu, des astronautes européens se sont entraînés avec les Chinois. Ce qui ne se fait pas avec l’un se fera avec l’autre.





24/01/2025 Les avions de transport commercial du futur

Très critiquée pour son apport de gaz à effet de serre, l’industrie aérienne s’est donné pour objectif de réduire ses émissions avant 2050. La durée de vie des avions étant en moyenne de trente ans, ceci signifie que les prochaines générations doivent sans attendre viser cet objectif, dit de carboneutralité.

Mais comment y arriver ? Il faut pour cela combiner plusieurs technologies

En premier lieu vient la mise au point de nouveaux carburants dits SAF (pour sustinable aviation fuels). Ces carburants peuvent être produits de différentes façons, par exemple grâce au CO2 capté à la sortie des cheminées industrielles, recombiné chimiquement avec de l’énergie (verte) pour former à nouveau du carburant.

Le SAF brûlé produit lui aussi des gaz à effet de serre, mais puisque le CO2 utilisé dans sa fabrication se serait de toute façon re trouvé dans l’atmosphère, son bilan carbone est presque neutre. 

Plusieurs pays ont voté des cibles pour forcer les lignes aériennes à utiliser ces carburants. En Europe, par exemple, 2 % du carburant devra être du SAF en 2025, 6 % en 2030, 20 % en 2035 et 70 % en 2050. Mais ce carburant sera plus cher que du kérosène

Les inégalites entre les différentes régions du monde représentent aussi un autre problème.  Il est illusoire de penser que tous les pays auront accès à de l’électricité verte et au matériel nécessaire pour créer ces carburants .

Avions à hydrogène

L’hydrogène est généralement considéré comme la solution d’avenir dans l’industrie aérienne. Celui-ci doit être créé par hydrolyse de l’eau avec de l’électricité propre pour être vert, mais selon la technologie déployée (il y en a deux types), son utilisation dans un avion ne génère à peu près que de l’eau pour propulser le moteur.

Plusieurs projets d’avions à hydrogène sont en cours, dont certains par conversion de petits avions existants. L’entreprise anglo-américaine ZeroAvia, par exemple, prévoit de commercialiser en 2027 une version fonctionnant à l’hydrogène de ses avions ATR 72 (un appareil d’environ 70 places).

23/01/2025 Fiche de lecture

Futurs de nos cerveaux, un essai de Raphaël Gaillard

https://www.afcan.org/dossiers_techniques/intelligence_artificielle.html

Raphaël Gaillard est un ancien élève de l’École normale supérieure.
Professeur de psychiatrie-praticien hospitalier, il est aussi directeur du Pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie Paris 15 de l’hôpital Sainte-Anne et de l’université Paris Cité.

Il est également
-Rédacteur en chef de la revue L’Encéphale.
Chercheur en neurosciences cognitives et pharmacologie et Président de la Fondation Pierre Deniker pour la recherche et la prévention en santé mentale.
– résident de la Compagnie des Experts Médecins auprès de la Cour d’Appel de Paris

Outre ses contributions à quatre ouvrages (Actualités sur les maladies dépressives, Lavoisier, 2018 ; Troubles d’apprentissage chez l’enfant, Lavoisier, 2014 ; Les troubles bipolaires, Lavoisier, 2014 ; Manuel de psychiatrie clinique et psychopathologique de l’adulte, PUF, 2012), il a publié aux éditions Grasset, en 2022, Un coup de hache dans la tête, Folie et créativité.

Le second ouvrage de Raphaël Gaillard, L’homme augmenté, surprendra tous ceux qui, attirés par ce titre, s’attendaient à lire un essai sur les progrès de l’Intelligence artificielle dite elle-même augmentée.

A sa lecture, ils y trouveront surtout des mises en garde. Ils découvriront que les technologies servant aussi bien à la réparation du vivant qu’à son « augmentation », n’occupent qu’une place secondaire dans son esprit en comparaison du sentiment d’urgence anthropologique qui habite l’auteur, plus soucieux de soigner que d’augmenter l’homme.

Pour se prémunir des effets délétères des hybridations qui menacent la santé de l’homme, il préconise de recourir au livre, « cet objet associant écriture et lecture qui constitue la grande hybridation de l’humanité ».

Les deux premières partie traitent de sujets connexes, l’hybridation cerveaux-machines d’une part, les risques qu’introduit l’intelligence artificielle d’autre part. La dernière insiste sur le livre comme hybridation.

La première partie, portant sur les neurosciences et leurs applications, s’ouvre sur un chapitre consacré à Elon Musk, aujourd’hui pétulant vice-président des Etats-Unis, qui s’est donné pour objectif d’augmenter par la technologie la puissance de notre cerveau.

Suivent les relations d’expériences spectaculaires visant à tromper le cerveau d’un patient pour le soulager de douleurs ou restaurer chez lui des fonctions entravées par la maladie.

Les chapitres suivants indiquent de quelle manière ces interfaces utilisées pour le soin, souvent associées à des psychostimulants, pourraient bénéficier à des individus en bonne santé pour augmenter leur potentiel.

Dans la seconde partie, Raphaël Gaillard veut montrer comment tirer parti de l’intelligence artificielle dont l’interaction avec notre propre intelligence pourrait avoir des effets critiques sur notre santé mentale si nous ne nous montrions pas à la hauteur de cet échange.

Pour le moment, selon lui, l’IA a une propension à construire de toutes pièces une réponse sans rapport avec la réalité. Il rappelle que l’usage désordonné des écrans et objets connectés n’est pas sans risques, notamment chez les jeunes

La dernière partie de l’essai est consacrée au livre en général et à ses vertus. Après un premier chapitre sur les techniques de neuromodulation, Raphaêl Gaillard qui a créé à Sainte-Anne l’Institut de ce nom https://www.ghu-paris.fr/fr/qui-sommes-nous-1éponyme montre au travers d’exemples qu’il est possible de soigner nombre de troubles mentaux résultant de l’IA, ce qu’il appelle les « psychopathologies de l’hybridation ».

Dans les chapitres conclusifs, il souligne les bienfaits que l’on peut tirer de la lecture et de l’écriture qui s’y associe souvent  : c’est ainsi, selon lui, que nous éduquons notre empathie. Il encourage la médecine narrative qui, au travers des récits de patients, des grands textes de la littérature ainsi que de l’écriture de leur propre vécu, permet d’éduquer les étudiants en médecine à l’écoute de leurs futurs patients.

Pour notre part, nous ferions obsever à l’auteur qu’il sous estime les possibilités futures de ce que l’on appelle désormais l’IA augmentée. Si comme prévu par Musk l’humanité occupe un jour proche la planete Mars, ce sera pas des hommes qui le feront, mais des robot humanoïdes augmentés par une super-IA cognitive

23/01/2025 Les forêts tropicales affrontent des températures mortelles

Dès aujourd’hui un petit pourcentage de feuilles dans la canopée des forets tropicales meurt et tombe. La température devient trop élevée pour qu’elles puissent continuer à pratiquer les processus photosynthétiques indispensables à leur survie. Or les spécialistes prévoient que, sauf changement, les arbres auront perdu toutes leurs feuilles dans quelques années. Les conséquences en seraient dramatiques pour le climat de la Terre toute entière.

Des expériences en laboratoire ont montré qu’au dessus d’une température moyenne de 47 degrés C, les feuilles de la foret tropicale ne peuvent plus jouer leur rôle nourrisseur. Elles meurent puis tombent progressivement. C’est tout l’écosystème qui en est affecté. Le processus est trop rapide pour que la forêt puisse s’adapter.

Une équipe du Smithsonian Tropical Research Institute à Panama étudie depuis quelques années les conséquences mondiales du réchauffement, en utilisant notamment un instrument dit ECOSTRESS placé dans la Station Spatiale Internationale ( voir Welcome to ECOSTRESS — ECOSTRESS).De plus, depuis 2020 des thermomètres ont été placés sur la canopée de la forêt. A partir de ces données un modèle a été réalisé. Il montre qu’un point de non retour dans la chute des feuilles risque d’être atteint prochainement si les températures locales s’élèvent en moyenne de 2 à 8 degrés C.

La déforestation continue que subit pour des objectifs spéculatifs la foret tropicale s’aggravera encore. Mais à terme ce sera tout le climat mondial qui sera affecté.

Référence

nature  Article

Published: 23 August 2023

Tropical forests are approaching critical temperature thresholds

Nature volume621, pages 105–111 (2023)

Abstract

The critical temperature beyond which photosynthetic machinery in tropical trees begins to fail averages approximately 46.7 °C (Tcrit)1. However, it remains unclear whether leaf temperatures experienced by tropical vegetation approach this threshold or soon will under climate change. Here we found that pantropical canopy temperatures independently triangulated from individual leaf thermocouples, pyrgeometers and remote sensing (ECOSTRESS) have midday peak temperatures of approximately 34 °C during dry periods, with a long high-temperature tail that can exceed 40 °C. Leaf thermocouple data from multiple sites across the tropics suggest that even within pixels of moderate temperatures, upper canopy leaves exceed Tcrit 0.01% of the time. Furthermore, upper canopy leaf warming experiments (+2, 3 and 4 °C in Brazil, Puerto Rico and Australia, respectively) increased leaf temperatures non-linearly, with peak leaf temperatures exceeding Tcrit 1.3% of the time (11% for more than 43.5 °C, and 0.3% for more than 49.9 °C). Using an empirical model incorporating these dynamics (validated with warming experiment data), we found that tropical forests can withstand up to a 3.9 ± 0.5 °C increase in air temperatures before a potential tipping point in metabolic function, but remaining uncertainty in the plasticity and range of Tcrit in tropical trees and the effect of leaf death on tree death could drastically change this prediction. The 4.0 °C estimate is within the ‘worst-case scenario’ (representative concentration pathway (RCP) 8.5) of climate change predictions2 for tropical forests and therefore it is still within our power to decide (for example, by not taking the RCP 6.0 or 8.5 route) the fate of these critical realms of carbon, water and biodiversity3,4.

21/01/2025 L’Europe ne doit pas manquer son rendez-vous avec Encelade


Lors de son discours d’investiture, lundi 20 janvier, Donald Trump a formulé un nouveau but pour son mandat. « Nous poursuivrons notre destinée jusqu’aux étoiles, en envoyant des astronautes américains planter la bannière étoilée sur la planète Mars », a affirmé Donald Trump.

Ce vœu, déjà formulé lors de sa campagne présidentielle, rejoint l’avis de son désormais conseiller et fidèle allié, Elon Musk, lui-même patron de 
l’entreprise spatiale SpaceX.

Mais l’Agence Spatiale européenne, tout en participant aux missions sur Mars, fera aussi bien.. Ce sera l’objet des missions Juice et Encelade.

Mission Juice

Juice (pour Jupiter Icy Moons Explorer) désigne une sonde spatiale interplanétaire qui vient d’être lancée par l’ESA le 14 avril 2023 à partir du centre spatial de Guyane française (Kourou). Son objectif est d’orbiter afin de les étudier autour de trois « lunes » de Jupiter GanymedeCallisto et Europa. Ces lunes de taille planétaire sont supposées comporter d’importantes quantités d’eau salée et gelée à peu de profondeur sous leurs surface. Ceci pourrait les rendre habitables par des formes de vie extraterrestre encore à découvrir

Juice est la première mission interplanétaire à avoir été lancée sans la participation de la NASA. Son commanditaire principal est  Airbus Defence and Space. La sonde devrait atteindre Jupiter en Juillet 2031 après 8 ans de traversée. Après cela, elle orbitera à peu de distance autour de Ganymède, puis de Callisto et Europa.

https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/Juice

Site Français momentanément indisponible

Mission Encelade

Après la mission Juice actuellement en route vers Jupiter, l’ESA veut aller explorer la sixième lune de Saturne. Elle en fait sa « priorité absolue » dans le cadre de son programme Voyage 2050. Cependant, de nombreuses étapes restent encore à franchir avant d’envisager ce périlleux voyage d’ici les années 2040.

Avec ses 513 km de diamètre, un poids équivalant au centième de celui de la Terre et une température qui dépasse difficilement les -200°C, Encelade n’impressionne guère. C’est tout juste si l’on parvient à l’apercevoir avec un télescope d’amateur. L’astronome anglais William Herschel a d’ailleurs eu du mérite en découvrant ce satellite autour de Saturne dès 1789.

Pourtant, l’Agence spatiale européenne (ESA) envisage l’envoi d’une mission d’exploration en direction de ce monde discret, distant d’environ 1,4 milliard de kilomètres. Pourquoi ? Parce qu’Encelade, avec son probable océan sous-glaciaire, offre des perspectives intéressantes dans la recherche d’une vie extraterrestre, selon le rapport rendu dans le cadre du programme « Voyage 2050 » https://www.cosmos.esa.int/web/voyage-2050,…

En effet, Encelade, la lune glacée de Saturne, attire l’attention des scientifiques. Ce qui se cache sous sa surface gelée suscite un vif intérêt : un océan d’eau chaude et salée. L’Agence spatiale européenne (ESA) considère désormais l’étude de cette petite lune de 500 km de diamètre comme une priorité absolue. Elle pourrait offrir des indices cruciaux sur la vie dans notre Système solaire.

Bien que sa taille soit modeste par rapport à d’autres lunes de Saturne et à d’autres corps célestes de notre Système solaire, Encelade est pleine de mystères sous sa surface gelée. La découverte de son océan souterrain, dont le volume est estimé à  quinze millions de kilomètres cubes, est révolutionnaire dans notre exploration de l’espace.

Cette découverte remarquable a été rendue possible grâce aux observations de la sonde spatiale Cassini de la NASA. Au cours de ses explorations autour de Saturne, Cassini a en effet détecté des panaches d’eau jaillissant de la surface gelée d’Encelade. Ces jets d’eau, qui s’échappaient de fractures dans la croûte de la lune, ont captivé l’attention des scientifiques et ont ouvert la voie à des recherches plus approfondies .

Ils constituent en effet une révélation majeure. Ils fournissent non seulement des preuves irréfutables de l’existence d’un océan « souterrain », mais ils offrent également une occasion sans précédent d’étudier de près la composition chimique de son eau. Les panaches d’Encelade seraient en effet riches en composés organiques et en substances chimiques qui pourraient fournir les conditions propices à la vie microbienne.

Certains chercheurs dotés d’une imagination fertile imaginent même que dans cette mer puis sur ses rivages aient pu se développer de nombreuses espèces animales complexes à l’exemple de ce qui s’est fait sur la Terre.

20/01/2025 Différences entre pulsar et quasar (rappel)

Les pulsars

Un pulsar est une étoile à neutron en rotation rapide. .Les étoile à neutrons sont des astre principalement composé de neutrons maintenus ensemble par les forces de gravitation. Elles sont le résidu compact issu de l’effondrement gravitationnel du cœur de certaines étoiles massives lorsque celles-ci ont épuisé leur combustible nucléaire, c’est-à-dire leur hydrogène. Celui-ci est le carburant majeur des étoiles et sa fusion est le premier maillon de la chaîne de nucléosynthèse, c’est-à-dire de la production des autres éléments chimiques composant l’univers.

Un pulsar émet périodiquement des radiations électromagnétiques, entournant sur lui-même jusqu’à plusieurs centaines de fois par seconde et balayant l’espace de son faisceau d’énergie à chaque rotation, tel un phare. Le pulsar J0030 effectue 205 rotations par seconde.

Un pulsar est fait de trois couches : un cœur solide, un manteau liquide ; une croûte mince et durcie. Il est composé presque entièrement de neutrons et son diamètre ne dépasse pas 20km . Sa masse est en moyenne 1 à 2 fois celle du soleil.

Les pulsars proviennent de la transformation explosive d’une étoile massive. Leurs émissions radio sont émises au nord et au sud des pôles magnétiques. Leur identification est difficle. Pour plusieurs centaines observés, il y a sans doute des centaines de millions dans notre galaxie

https://astronomes.com/etoile-massive/pulsar/

Les quasars

Un quasar (source de rayonnement quasi-stellaire, quasi-stellar radiosource) est un trou noir supermassif au centre d’une région extrêmement lumineuse (noyau actif de galaxie). Les quasars sont les entités les plus lumineuses de l’Univers. Bien qu’il y ait d’abord eu une certaine controverse sur la nature de ces objets, jusqu’au début des années 1980, il existe maintenant un consensus scientifique selon lequel un quasar est typiquement la région compacte entourant un trou noir supermassif au centre d’une galaxie massive. Leur taille est de 10 à 10 000 fois le rayon de Schwarzschild du trou noir et leur émission d’énergie provient de la zone du disque d’accrétion qui l’entoure.

Leur redshift ou décalage vers le rouge montre qu’ils sont très lointains , bien plus que les pulsars. Ils peuvent produire assez d’énergie pour illuminer une galaxie, c’est-à-dire l’équivalent de millions de soleils. A ce jour plus de 200.000 quasars ont été identifiés.

Les quasars ne sont pas en rotation. Ils sont plus anciens que les pulsars

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quasar#:

19/01/2025 Identification de l’isopropanol dans l’espace

Les avancées en astronomie continuent de défier notre compréhension de l’univers et de son fonctionnement. Récemment, une découverte extraordinaire a été effectuée par des chercheurs qui ont détecté pour la première fois la présence d’un composé chimique d’isopropanol dans l’espace interstellaire.

Cette découverte a été réalisée grâce aux observations du télescope ALMA, situé dans le désert chilien d’Atacama, et marque une étape cruciale dans notre quête de connaissance des composés chimiques présents dans le cosmos.

La présence de cette molécule d’alcool dans un nuage moléculaire soulève de nouvelles questions sur la formation des molécules complexes dans l’univers et sur leur rôle potentiel dans la composition chimique des corps célestes du système solaire.

À travers cet article, nous explorerons la signification de cette découverte, les méthodes utilisées pour l’identifier, et les implications potentielles pour nos connaissances actuelles en astrophysique.

L’identification de l’isopropanol dans l’espace constitue un jalon significatif dans le domaine de l’astronomie moléculaire. Pour la première fois, des astronomes ont réussi à repérer une molécule d’alcool, l’isopropanol, dans un nuage moléculaire interstellaire. Cette découverte a été rendue possible grâce à la sensibilité exceptionnelle du télescope ALMA. Ce dernier, situé dans le désert d’Atacama au Chili, permet aux scientifiques d’observer des phénomènes cosmiques avec une précision inégalée. Le télescope a capté le rayonnement spécifique émis par l’isopropanol, permettant ainsi de l’identifier parmi les nombreuses autres molécules présentes dans la région observée.

Cette découverte n’est pas seulement une première dans l’histoire de l’astronomie moléculaire, mais elle ouvre également la voie à de nouvelles investigations sur la formation et la présence de molécules complexes dans l’espace interstellaire. Les chercheurs espèrent que l’identification de l’isopropanol ne sera que le début d’une série de découvertes similaires, qui pourraient nous aider à mieux comprendre la chimie de l’univers. En outre, cette découverte pourrait avoir des répercussions sur notre compréhension des processus chimiques ayant lieu dans d’autres parties de la galaxie, et potentiellement sur d’autres galaxies.

Le télescope ALMA, acronyme de Atacama Large Millimeter/submillimeter Array, a joué un rôle fondamental dans la découverte de l’isopropanol. ALMA est composé de 66 antennes réparties sur le plateau de Chajnantor, à 5 000 mètres d’altitude, dans le désert d’Atacama. Cet emplacement stratégique offre des conditions idéales pour l’observation des ondes millimétriques et submillimétriques, qui sont essentielles pour l’étude des phénomènes astrophysiques tels que la formation des étoiles, des galaxies, et des molécules complexes. ALMA est considéré comme l’un des instruments les plus puissants pour l’observation de l’univers froid et distant.

Sagittarius B2 est une région particulièrement intéressante de notre galaxie. Située près du centre galactique, cette région est connue pour être un véritable « nid d’étoiles », où de nombreuses étoiles sont en formation. C’est également dans cette région que l’isopropanol a été découvert, soulignant son potentiel en tant que laboratoire naturel pour l’étude des processus chimiques dans l’espace.

Sagittarius B2 abrite une multitude de molécules différentes, et jusqu’à présent, 276 molécules ont été détectées dans cette région. Cette diversité moléculaire fait de Sagittarius B2 un sujet de recherche privilégié pour les astrophysiciens qui cherchent à comprendre comment les molécules complexes se forment et évoluent dans le vide interstellaire. En étudiant cette région, les scientifiques espèrent également découvrir comment ces molécules peuvent participer à la composition chimique des corps célestes tels que les planètes et les comètes.

Voir aussi

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alcool_isopropylique#:~:text=L’alcool%20isopropylique%20(aussi%20connu,propan%2D1%2Dol).

19/01/2025 Les tunnels intergalactiques

Les supernovas, ces explosions stellaires gigantesques sont au cœur de la formation des tunnels cosmiques dits aussi tunnels intergalatiques. Lorsqu’une étoile massive arrive en fin de vie, elle explose en une supernova, libérant d’énormes quantités d’énergie et de matière dans l’espace. Ce processus spectaculaire est à l’origine des bulles de plasma chaud 1) qui, au fil du temps, se transforment en un réseau complexe de cavités et de canaux.

Ces structures interstellaires ne sont pas simplement des vestiges d’événements passés, mais jouent un rôle actif dans l’Univers en influençant la propagation des rayons cosmiques et la formation de nouvelles étoiles. En effet, les matériaux expulsés lors des supernovas se mélangent au milieu interstellaire, créant des environnements propices à la naissance de nouvelles étoiles et planètes. Ainsi, les tunnels cosmiques ne sont pas seulement des curiosités astronomiques, mais des éléments cruciaux de l’écosystème galactique.

La complexité de ces autoroutes célestes réside dans leur capacité à relier différentes régions de la galaxie. Les canaux, similaires à des artères cosmiques, transportent des éléments lourds essentiels à la formation des planètes et de la vie. Ce réseau interstellaire pourrait ainsi jouer un rôle déterminant dans la distribution de la matière à travers l’Univers, influençant la composition chimique des systèmes stellaires et la diversité des environnements planétaires. Comprendre ce réseau complexe de canaux pourrait donc nous offrir des indices précieux sur les processus qui façonnent notre galaxie et, par extension, l’Univers tout entier.

La découverte des tunnels interstellaires a des implications considérables pour la science et la technologie. Tout d’abord, elle ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de la dynamique galactique et des interactions entre les étoiles et les galaxies. En analysant la structure et la distribution de ces canaux, les chercheurs peuvent mieux comprendre les processus qui façonnent notre galaxie et, par conséquent, l’Univers dans son ensemble. De plus, cette découverte pourrait influencer le développement de nouvelles technologies spatiales, en fournissant des indices sur la manière dont les ressources peuvent être distribuées et utilisées dans l’espace interstellaire.

  1. Un plasma est un gaz ionisé. C’est un mélange d’électrons (de charge électrique négative) et d’ions chargés positivement. A l’échelle de l’Univers, le plasma représente jusqu’à 99 pour cent de la matière présente. Parmi ses caractéristiques, un plasma affiche une grande sensibilité aux champs électriques et magnétiques.

19/01/2025 Une éruption infrarouge dans le trou noir supermassif de notre galaxie


Le trou noir supermassif Sagittarius A* (Sgr A*), situé au centre de notre galaxie, la Voie Lactée, continue de fasciner les astronomes du monde entier. Bien que relativement calme pour un trou noir de cette taille, Sgr A* connaît des éruptions occasionnelles qui fournissent des informations précieuses sur les environnements extrêmes qui entourent ces objets

Ces études ont révélé que l’activité autour du trou noir est alimentée par un disque d’accrétion, une structure composée de matière tombant progressivement vers le trou noir

Des lignes de champ magnétique traversent ce disque et leur reconnexion libère d’énormes quantités d’énergie. Ce phénomène, connu sous le nom de rayonnement synchrotron, se produit lorsque des électrons sont accélérés à des vitesses proches de celle de la lumière par des champs magnétiques intenses. En clair, ce processus transforme l’énergie magnétique en lumière et en chaleur.

Cependant, une gamme de longueurs d’onde manquait encore à l’appel : l’infrarouge moyen. Ce déficit soulevait des questions sur ce qui pourrait se produire à des fréquences intermédiaires par rapport à celles précédemment observées. Grâce à des instruments de pointe tels que le Submillimeter Array (SMA) et le télescope spatial James Webb (JWST), les chercheurs ont enfin comblé cette lacune.

L’équipe a détecté une éruption en MIR qui s’est produite environ dix minutes avant une augmentation de l’activité en submillimétrique. Cette séquence temporelle valide les modèles existants sur le rayonnement synchrotron et apporte des preuves supplémentaires du rôle de la reconnexion magnétique dans la dynamique du disque d’accrétion.