21/02/2025 Le premier processeur quantique au monde alimenté par des qubits topologiques 

Microsoft a dévoilé son premier processeur de calcul quantique le 19 février, rejoignant ainsi un ensemble d’autres entreprises qui poursuivent cette technologie susceptible de remplacer les cryptomonnaies.

La puce Majorana 1 de Microsoft combine des semi-conducteurs et des supraconducteurs. Selon l’entreprise, elle utilise une matière différente des trois états classiques — solide, liquide et gaz. Satya Nadella, président et PDG de Microsoft, affirme que cette avancée permettra de créer un ordinateur quantique en quelques années, plutôt qu’en plusieurs décennies.

Conçu avec une nouvelle catégorie de matériaux révolutionnaire appelée topoconducteur, Majorana 1 marque une avancée structurante vers l’informatique quantique concrète. 

Les ordinateurs quantiques promettent de révolutionner la science et la société – mais seulement lorsqu’ils atteindront une échelle autrefois considérée comme lointaine et insaisissable, et que leur fiabilité sera assurée par la correction des erreurs quantiques. Aujourd’hui,on constate des avancées rapides en matière d’informatique quantique : 

  • Majorana 1 : le premier Quantum Processing Unit (QPU) au monde alimenté par un coeur topologique, conçu pour accueillir jusqu’à un million de qubits sur une seule puce. 
  • Un qubit topologique protégé physiquement.  Il s’agit d’un nouveau type de matériau permettantde concevoir un type de qubit radicalement différent, petit, rapide et contrôlé numériquement. 
  • Une feuille de route matérielle pour aboutir à un calcul quantique fiable, c’est-à-dire une trajectoire pour aller d’un matériel à un seul qubit jusqu’aux matrices permettant la correction des erreurs quantiques.  Microsoft construira le FTP d’un ordinateur quantique évolutif d’ici quelques années, et non des décennies, dans le cadre de la phase finale du programme DARPA US2QC
  • Source Microsoft

21/02/2025 Google affirme avoir atteint la suprématie quantique

Les ingénieurs de Google ont-ils atteint la suprématie quantique ? Qu’est-ce que l’informatique quantique et quels sont ses avantages ? Qu’est-ce qui nous empêche d’atteindre la suprématie quantique pour le moment ? Un entre-deux quantique / classique est-il envisageable, en attendant ?

Google affirme avoir atteint « la suprématie quantique », c’est à dire avoir réalisé à l’aide d’un ordinateur quantique une opération impossible à résoudre avec un ordinateur classique. En l’occurrence une opération réalisée en 3 minutes 20 qui aurait pris plus de 10 000 ans à l’ordinateur actuel le plus performant. Cet article a été immédiatement retiré du site de la NASA sur lequel il a été publié. Mais cela n’a pas empêché de faire frémir les acteurs privés et académiques engagés dans la course à l’ordinateur quantique. Sommes-nous à l’orée d’une nouvelle ère ou était-ce un effet d’annonce prématuré ?

A suivre

20/02/2025 L’Europe doit-elle préparer une guerre contre la Russie qu’elle sera seule à financer et seule à mener ?




Le Pentagone, relayé par Donald Trump à la Maison Blanche, considère manifestement que la Russie n’est plus un danger pour l’Amérique. Il a raison. Jamais Moscou, épuisé par des années de guerre froide, ne prendra le risque d’attaquer l’Amérique, où que ce soit. Si il y avait trois ans, ses blindée avaient envahi le sud de l’Ukraine et le Donbass, c’était seulement pour éviter que ne se ne constitue aux frontière de la Russie et à 1.800.000 km de Moscou, une entité politique et militaire aux mains des Etats-Unis.

Aujourd’hui ce but est atteint. Volodomir Zelinski, le président de l’Ukraine, malgré ses discours incendiaires se limitera à l’envoi sur la banlieue de Moscou et sur les sites pétroliers proches,, de quelques drones et missiles peu dangereux.

Donald Trump a bien compris que le véritable danger pour les Etats-Unis serait une guerre conduite par la Chine sur les établissements américains dans le Pacifique. Même si Pékin ne manifeste pas actuellement d’intention belliqueuse, la guerre qu’il continue à mener contre Formose n’est pas un bon signe. Le Japon lui-même commences à s’en inquiéter.

C’est dans cette partie du monde que doivent désormais se trouver les porte-avions américains et les bases aériennes. L’Otan n’a plus désormais d’interêt. Si les Européens tiennent toujours à la pérennité de cette structure, ils devront se passer de la présence américaine et de ses financements militaires pour se déterminer seuls..

Or ceci aura un coût. Donald Trump exige que les États européens consacrent 5 % de leur PIB à leur défense, un niveau impossible à atteindre, précise un rapport relayé par L’Express.

Récemment aux États-Unis, le nouveau secrétaire d’État à la défense, Peter Hegseth, a déclaré qu’un plan de paix durable et la survie de l’Otan nécessitaient que « nos alliés européens entrent dans l’arène et prennent en main leur sécurité conventionnelle sur le continent ». C’est ce que l’on appelle communément un lâchage en règle.

Un lâchage en règle qui se traduirae en milliards de dollars à la charge de l’Union européenne et des Etats-membres. C’ est ce qu’ont essayé de calculer les journalistes économiques de Bloomberg, en prenant en compte la reconstruction nécessaire de l’Ukraine, la constitution d’une solide défense pour assurer sa sécurité sur le long terme, et la nécessité suscitée pour l’Europe de bâtir une dissuasion militaire crédible pour freiner les éventuelles ardeurs expansionnistes de la Russie de Vladimir Poutine.

Selon Alberto Nardelli et Jennifer Welch, rebâtir une Ukraine ravagée par la guerre coûterait 175 milliards de dollars sur 10 ans. S’il était envisagé d’envoyer un corps de 40 000 militaires sur le terrain, pour sécuriser le pays, cela coûterait 30 milliards de dollars supplémentaires sur la même période – mais bien plus de soldats pourraient être nécessaires pour dissuader la Russie, a prévenu le président ukrainien.

Pourquoi, alors, ce total de 3 100 milliards de dollars ? C’est parce que le reste de la somme correspond à ce que l’Europe devrait dépenser pour solidifier sa défense, constituer d’amples stocks d’armes et de munitions, recruter et entraîner (beaucoup) plus de soldats face à la masse russe, mieux équiper ses forces aériennes ; bref, faire de son flanc Est un bloc suffisamment bien défendu pour que Vladimir Poutine ne soit pas tenté de l’attaquer.

de s’y frotter. « Il y a un océan entre eux et nous », a expliqué Donald Trump le 3 février, en parlant des États-Unis et de la Russie. « Ce n’est pas le cas pour eux », ajouta t-il à propos de l’Europe.

Si la cible des 5 % du PIB dépensés dans la défense semble impossible à atteindre en l’état, les discussions européennes actuelles tournent autour d’un objectif de 3,5 %.

C’est à peine plus raisonnable : sur une décennie et selon les calculs de Bloomberg, cela coûterait 2 700 milliards de dollars à l’Europe. Un montant énorme, que les économies déjà exsangues des États qui la composent devraient financer par de la dette.

De plus de telles dépenses pour faire face à la Russie contraindraient les gouvernements européens à couper ailleurs dans les budgets. L’éducation ou la santé, notamment, pourraient être les victimes de ces rééquilibrages forcés par le nouveau repli américain.

19/02/2025 Les conséquences possibles de la dénatalité mondiale

La baisse actuelle de la natalite (dite aussi baisse du taux de reproduction) laisse prévoir selon une étude récente de l’Institut Mac Kinsey un effondrement de la population qui affectera les principales économies mondiales dès la seconde moitié du 21e siècle. En effet, les deux tiers de l’humanité vivent actuellement dans des pays dont le taux de remplacement qui est de 2,1 enfants par famille n’est plus assuré.

En conséquence, selon les prévisions de l’ONU, la population mondiale diminuera de 20 à 50%. Le profil des âges s’inversera, passant de la pyramide à l’obélisque, au fur et à mesure de l’augmentation du nombre des personnes âgées et de la diminution du nombre des jeunes gens.

Les économies avancées, y compris celle de la Chine, verront la part de la population en âge de travailler tomber de 67% aujourd’hui à 59% en 2050. Ceci touchera toutes les régions du monde aujourd’hui les plus peuplées, à l’exception de l’Afrique sus-saharienne. Les travailleurs et les consommateurs deviendront de plus en plus âgés. Les seniors qui comptaient pour un quart de la consommation mondiale, doubleront cette part en 2097.

Les pays en voie de développement fourniront une partie de plus en plus importante de la force de travail et de la consommation faisant de leur productivité et de leur prospérité des facteurs vitaux pour la croissance globale.

Comme les économies ne pourront pas supporter les normes actuelles concernant les revenus d’activité et de retraite, dans les pays développés et la Chine, la croissance du PIB par habitant diminuera de 0,4% chaque année en moyenne de 2023 à 2050 et de 0;8 % dans certains pays, à moins que la productivité de la croissance n’augmente de 2 à 4 fois ou que l’on travaille de 1 à 5 heures de plus par semaine.

Les systèmes de retraite devront faire appel à au moins 50% des revenus du travail pour financer une augmentation de 1,5 fois l’écart entre la consommation globale et les revenus des seniors.

Au vu des conséquences du changement démographique, il est clair que les sociétés entrent dans des eux mal cartographiées. En l’absence d’action, les jeunes générations vont hériter d’une croissance économique diminuée, aux conséquences géopolitiques désastreuses.

_________________________________________

Nous pourrions pour notre part faire remarquer aux experts de MacKinsey qu’ils n’ont pas tenu compte d’évènements probables susceptibles de modifier dans des sens différents leurs estimations:

-numérisation accrue du monde par un appel exponentiel aux technologies de l’information et de l’IA avancée-

-exploitation des grandes profondeurs océaniques de la planète Terre.

-extensions des zones de conflits armées et appel à des technologies militaires qui impacteront nécessairemnt les domaines civils

– colonisation progressive de la Lune, de la planète Mars et de ses satellites Phobos et Deimos

Référence

https://www.mckinsey.com/~/media/mckinsey/mckinsey global institute/our research/dependency and depopulation confronting the consequences of a new demographic reality/dependency-and-depopulation-confronting-the-consequences-of-a-new-demographic-reality.pdf

19/02/2025 Iter. Succès important du CEA

Des scientifiques ont franchi un jalon important sur la voie de la fusion nucléaire en maintenant un plasma pendant plus de 22 minutes – un record – dans le réacteur opéré par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Cadarache (Bouches-du-Rhône), a annoncé l’organisme mardi. Un résultat qui améliore de 25 % le précédent record de durée, obtenu par le tokamak chinois East, il y a quelques semaines. 

Promesse d’une énergie propre, sûre, peu coûteuse et quasi inépuisable, la fusion nucléaire fait l’objet de recherches fondamentales depuis des décennies. Elle consiste à reproduire les réactions qui se produisent au cœur des étoiles, en assemblant deux noyaux d’atomes dérivés de l’hydrogène. C’est le processus inverse de la fission, utilisée dans les centrales nucléaires actuelles, qui consiste à casser les liaisons de noyaux atomiques lourds.

Le tokamak West du CEA est parvenu à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes le 12 février. Il bat ainsi très largement le record précédent de durée de plasma obtenu dans un tokamak. Cette avancée démontre que la connaissance des plasmas et leur maîtrise technologique sur de longues durées sont devenues bien plus matures, laissant espérer que des plasmas de fusion puissent être stabilisés sur de longues durées dans des machines comme Iter.

Communiqué du CEA

Le tokamak West du CEA est parvenu à maintenir un plasma pendant plus de 22 minutes le 12 février. Il bat ainsi très largement le record précédent de durée de plasma obtenu dans un tokamak. Cette avancée démontre que la connaissance des plasmas et leur maîtrise technologique sur de longues durées sont devenues bien plus matures, laissant espérer que des plasmas de fusion puissent être stabilisés sur de longues durées dans des machines comme Iter.

Un projet scientifique futuriste et sans précédent est en plein essor à Cadarache, au cœur de la Provence. Réunissant des pays peu habitués à collaborer comme l’Inde, la Chine, la Russie, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Europe, le consortium ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) construit pièce par pièce ce qui deviendra peut-être le prototype de l’énergie de demain.

Plutôt que fissionner les atomes lourds comme l’uranium, ITER va fusionner des atomes légers dérivés de l’hydrogène. Avec pour perspectives des ressources illimitées (l’hydrogène est abondant et gratuit) et l’absence de déchets radioactifs qui posent problème aux centrales actuelles, l’énergie de fusion pourrait bouleverser le lancinant problème de l’énergie.

Atteindre une telle durée est un jalon essentiel pour des machines comme Iter, qui devront maintenir des plasmas de fusion pendant plusieurs minutes. Il faut en effet maîtriser le plasma, instable par nature, et s’assurer que les composants placés face à lui sont capables de supporter ses rayonnements, sans dysfonctionner ni le polluer.

Ce sont deux des objectifs que se fixent les chercheurs du CEA et qui expliquent le record actuel.

Dans les prochains mois, l’équipe de West compte prolonger ses efforts, en atteignant de très longues durées de plasma, de l’ordre de plusieurs heures cumulées, mais aussi en chauffant ce plasma à encore plus haute température pour se rapprocher au mieux des conditions attendues dans les plasmas de fusion.

18/02/2025 Découverte de deux jeunes étoiles complètement glacées

Des astronomes japonais ont découvert dans une région éloignée de la Voie Lactée deux objets jamais observés jusqu’à présent. Il semble s’agir de deux jeunes étoiles complètement enfermées dans une enveloppe de glace. Elles sont suffisamment éloignées l’une de l’autre pour appartenir à un même système ou avoir été formées par un processus identique.

Les astronome japonais avaient fait appel au télescope spatial japonais AKARI qui scanne la Voie Lactée en lumière infrarouge. Mais celui-ci n’a pas assez de résolution pour permettre d’identifier ces objets.

Ils reprirent leurs observation en faisant appel à un radiotélescope beaucoup plus puissant, l’Atacama Large Millimiter/submillimeter Array (ALMA) au Chili. Mais sans plus de succès. Les observations d’ALMA montrèrent seulement que ces objets étaient relativement petits par rapport aux nuages de gaz chauds voisins qui ont entre 1 à 10 fois la taille de notre système solaire et qu’ils étaient composés de monoxyde de carbone et monoxyde de silicium résultant généralement de violentes explosions cosmiques.

Cependant l’abondance de glace ne parait pas compatible avec l’hypothèse d’une explosion ou de mécanismes de production d’étoiles analogues. Ces objets ont des propriétés contradictoires, suffisamment froids pour produire de la glace, et suffisamment chauds pour émettre en infrarouge comme une étoile.

Des observations pour rechercher des objets semblables se poursuivront en faisant appel au James Webb Space Telescope.

Voir arXiv.doi.org/n3n4

18/02/2025 Les viroïdes sont-ils vivants ?

En 1967 le virologueTheodor Diener découvrit dans un tube à essai où il avait isolé l’agent causant la maladie de la pomme de terre dite maladie des tubercules en fuseau que ce n’était pas un virus comme il le pensait, mais un organisme encore plus petit.

Il lui fallu quatre ans pour démontrer qu’il s’agissait d’une simple molécule d’ADN qui infectait les cellules des pommes de terre avant de se reproduire. Il suggéra de la nommer un viroïde. Il s’agissait de l’agent réplicant le plus simple jusqu’alors identifié. Celui-ci élargissait ainsi d’un coup notre compréhension de ce qu’est la vie.

Curieusement cette découverte n’eut alors aucun écho. Ce fut seulement tout récemment en 2020 que le sujet des viroïdes fut abordé à nouveau par Benjamin Lee du National Center for Biotechnology Information à Bethesda, Maryland.

Depuis, ce fut une explosion de découvertes. On connaît aujourd’hui des milliers d’organismes et de microorganismes dotés de noms exotiques tels qu’obélisques, ribozyvirus et satellites. On les découvre partout mais on ignore le plus souvent leur rôle exact, non plus que leur éventuelle dangerosité.

Mais comme il s’agit de réplicateurs sous la forme la plus simple, ils obligent à repenser notre définition de la vie. On peut estimer d’ailleurs qu’ils remontent à l’origine même de celle-ci sur la Terre.

Note

Les viroïdes consistent en une séquence d’ARN sans même l’enveloppe d’une capside. Comme les virus ils se rerpduisent en entrant dans une cellule hote et en détournant ses modes de reproduction.

Les viroïdes infectent l’intérieur des cellules en tant que particules d’ARN uniquement, sans capside ni enveloppe. Ils n’ont qu’un seul ARN circulaire qui contient très peu de nucléotides (250 à 400), leur génome s’organise en bâtonnet (génome à 70 % apparié) mais la séquence nucléotidique ne code aucune protéine. Contrairement aux virus dont l’ARN peut être copié dans le cytoplasme ou le noyau, l’ARN des viroïdes est copié dans le noyau ou dans les chloroplastes, selon la famille. Cette réplication se fait grâce aux enzymes de la cellule hôte comme les ARN polymérases.

A la différence des agents subviraux comme les acides nucléiques satellites ou les virusoïdes, ils se répliquent de manière autonome et ne dépendent pas de la coinfection avec un virus assistant. Ils infectent les plantes avec un spectre d’hôte plus ou moins large et provoquent des pathologies telles qu’une réduction de la croissance allant jusqu’à la déformation, la nécrose, la chlorose, le rabougrissement et même la mort de la plante.

    Wikipedia

    17/02/2025 L’altermagnétisme

    Les conclusions d’une étude conduite par des chercheurs de l’ETH Zurich, publiée à l’automne dernier dans Nature, nous informent de l’existence d’un nouveau type de magnétisme. Leurs travaux s’inscrivent dans la continuité de ceux entrepris depuis quelques années pour mieux comprendre ce phénomène apparemment banal avec lequel nous interagissons tout au long de notre vie

    Ce point commun, c’est qu’ils sont magnétiques pour la même raison. Ce que l’on ignore parfois, c’est qu’il existe une autre façon de rendre un matériau magnétique.

    Au milieu des années 1960, un physicien japonais du nom de Yosuke Nagaoka a imaginé un type de magnétisme d’un nouveau genre. Il faisait interagir des électrons dans un matériau expérimental. Celui-ci était obtenu en superposant des couches atomiquement minces de deux matériaux semi-conducteurs différents, le diséléniure de molybdène et le disulfure de tungstène.

    Afin d’en étudier les propriétés magnétiques, les scientifiques l’ont éclairé au moyen d’une lumière laser et ont mesuré la force avec laquelle la lumière était réfléchie. Puis, ils ont rempli le matériau d’électrons et ont mesuré la magnétisation correspondante.

    Ils ont constaté que, jusqu’à un remplissage d’un électron par site de l’isolant connu sous le nom d’isolant de Mott), le matériau restait paramagnétique, c’est-à-dire doté d’une faible aptitude à s’aimanter. Alors qu’ils continuaient d’intégrer des électrons au réseau, le matériau s’est brusquement comporté comme ferromagnétique (un matériau est ferromagnétique si tous ses moments magnétiques contribuent positivement à son aimantation.

    Dans un matériau ferromagnétique, tous les spins peuvent être alignés par l’application d’un champ magnétique et le rester après la suppression de celui-cicréant ainsi une aimantation rémanente. Cette aimantation peut être inversée par l’application d’un autre champ magnétique, ce qui permet d’utiliser ces matériaux comme mémoires informatiques. La technique a donné naissance à la spintronique, dans laquelle les informations sont codées par le spin des électrons plutôt que par la charge.

    Dans les années 1930, il était apparu qu’il était courant que les spins d’atomes voisins s’orientent dans des directions opposées, de sorte que leur aimantation nette s’annulait (antiferromagnétisme). Parce que cette disposition décalée des spins est beaucoup plus stable que la dispositio uniforme, les matériaux antiferromagnétiques sont presque impossibles à aimanter.

    Récemment, des dispositifs spintroniques ont été constitués à partir de matériels antiferromagnétiques : bien que plus difficiles à manipuler, leurs spins peuvent basculer jusqu’à 1 000 fois plus rapidement que ceux des ferromagnétiques, ce qui permet un stockage et un traitement des informations plus performants et plus économes en énergie..

    ____________________________________________

    En 2018, à la recherche d’un matériau qui serait à la fois spintronique et antiferromagnétique, le physicien Libor Šmejkal a étudié à l’université Johannes-Gutenberg de Mayence les propriétés du dioxyde de ruthénium RuO2. Ses calculs suggèrent qu’il ne devrait pas avoir d’aimantation permanente de ce matériau, analogue à celle d’unn un matériau antiferromagnétique normal. Par contre, soumis à un courant électrique il devrait se comporter comme un matériau ferromagnétique : les forces magnétiques dans le matériau dévieraient les électrons du courant, conduisant à une forte tension dans la direction perpendiculaire.

    En 2020, une équipe chinoise a confirmé expérimentalement ces propriétés paradoxales du dioxyde de ruthéniuum. En 2021, Šmejkal  a créé le terme d’altermagnétisme et proposé une explication : dans ces matériaux, un atome sur deux est tourné de 90° et son spin de 180°

    Selon les prévisions théoriques, plus de 200 composés chimiques devraient être altermagnétiques. Les preuves expérimentales ont été recherchées activement, dans l’espoir de développer de nouveaux dispositifs électroniques.

    En 2023, le comportement altermagnétique a été est confirmé pour 14 matériaux (les mieux étudiés étant le dioxyde de ruthénium RuO2 et le tellurure de manganèse MnTe5)

    Référence

    Nature
    February 2024 New type of magnetism splits from convention
    https://www.nature.com/articles/d41586-024-00190-w

    17/02/2025 L’altermagnétisme

    Les conclusions d’une étude conduite par des chercheurs de l’ETH Zurich, publiée à l’automne dernier dans Nature, nous informent de l’existence d’un nouveau type de magnétisme.

    Il existe un point commun entre chacun des aimants avec lesquels nous avons interagi au cours de notre vie. Ce point commun, c’est qu’ils sont magnétiques pour la même raison. Ce que l’on ignore parfois, c’est qu’il existe une autre façon de rendre un matériau magnétique.

    Au milieu des années 1960, un physicien japonais du nom de Yosuke Nagaoka a imaginé un type de magnétisme d’un nouveau genre. Il faisait interagir des électrons dans un matériau expérimental. Celui-ci était obtenu en superposant des couches atomiquement minces de deux matériaux semi-conducteurs différents : le diséléniure de molybdène et le disulfure de tungstène.Afin d’en étudier les propriétés magnétiques, les scientifiques l’ont éclairé au moyen d’une lumière laser et ont mesuré la force avec laquelle la lumière était réfléchie. Puis, ils ont rempli le matériau d’électrons et ont mesuré la magnétisation correspondante.

    Ils ont constaté que, jusqu’à un remplissage d’un électron par site du réseau moiré (aussi connu sous le nom d’isolant de Mott), le matériau restait paramagnétique, c’est-à-dire doté d’une faible aptitude à s’aimanter. Alors qu’ils continuaient d’intégrer des électrons au réseau, le matériau s’est brusquement comporté comme ferromagnétique (un matériau est ferromagnétique si tous ses moments magnétiques contribuent positivement à son aimantation.

    Dans un matériau ferromagnétique, tous les spins peuvent être alignés par l’application d’un champ magnétique et le rester après sa suppression, créant ainsi une aimantation rémanente. Cette aimantation peut être inversée par l’application d’un autre champ magnétique, ce qui permet d’utiliser ces matériaux comme mémoires informatiques. Cette technique a donné naissance à la spintronique, dans laquelle les informations sont codées via le spin des électrons plutôt que par la charge.

    Dans les années 1930, il était apparu qu’il était beaucoup plus courant que les spins d’atomes voisins s’orientent dans des directions opposées, de sorte que leur aimantation nette s’annule (antiferromagnétisme). Parce que cette disposition décalée des spins est beaucoup plus stable que la disposition uniforme, les matériaux antiferromagnétiques sont presque impossibles à aimanter.

    récemment, des dispositifs spintroniques ont été constitués à partir d’antiferromagnétiques : bien que plus difficiles à manipuler, leurs spins peuvent basculer jusqu’à 1 000 fois plus rapidement que ceux des ferromagnétiques, ce qui permet un stockage et un traitement des informations plus performants et plus économes en énergie1.

    Récemment, en 2018, à la recherche d’un matériau qui serait à la fois spintronique et antiferromagnétique, le physicien Libor Šmejkal a étudié à l’université Johannes-Gutenberg de Mayence les propriétés du dioxyde de ruthénium RuO2. Ses calculs suggèrent qu’il ne devrait pas avoir d’aimantation permanente de ce matériau, comme un matériau antiferromagnétique normal. Par contre, soumis à un courant électrique il devrait se comporter comme un matériau ferromagnétique : les forces magnétiques dans le matériau dévieraient les électrons du courant, conduisant à une forte tension dans la direction perpendiculaire.

    En 2020, une équipe chinoise a confirmé expérimentalement ces propriétés paradoxales du dioxyde de ruthéniuum. En 2021, Šmejkal  a créé le terme d’altermagnétisme et proposé une explication : dans ces matériaux, un atome sur deux est tourné de 90° et son spin de 180°

    Selon les prévisions théoriques, plus de 200 composés chimiques devraient être altermagnétiques. Les preuves expérimentales ont été recherchées activement, dans l’espoir de développer de nouveaux dispositifs électroniques.

    En 2023, le comportement altermagnétique a été est confirmé pour 14 matériaux (les mieux étudiés étant le dioxyde de ruthénium RuO2 et le tellurure de manganèse MnTe5)

    Référence

    Nature February 2024

    New type of magnetism splits from convention

    https://www.nature.com/articles/d41586-024-00190-w

    16/02/2025 Mesurer la taille des neutrinos

    Voir précédemment
    https://europesolidaireeu.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=12226&action=edit

    Les neutrinos dont des particules élémentaires dont la masse est tellement faible qu’ils sont quasiment impossibles à détecter. Chaque seconde, ils sont 60 milliards à traverser chaque centimètre carré de notre planète (y compris les corps humains) sans laisser de trace.

    Issus de phénomènes astrophysiques extrêmes, comme les explosions d’étoiles, les neutrinos interagissent très peu avec la matière et peuvent donc voyager quasi éternellement sans être modifiés.

    Aujourd’hui cependant, une première mesure directe de la taille des neutrinos suggère qu’ils sont au moins aussi grands que le noyau d’un atome. Mais ils peuvent être potentiellement des milliards de fois plus grands.

    Une des difficultés dans la mesure de la taille des neutrinos tient au fait que, selon la mécanique quantique, les particules en général ne sont pas sphériques au sens propre. Ce sont des ondes qui vibrent en voyageant dans l’espace.

    Les physiciens mesurent la taille d’une particule en observant son paquet d’ondes (wave packet). Il s’agit d’une étendue bien définie à l’intérieur de laquelle les ondes vibrent fortement et à l’extérieur de laquelle la particule s’efface brutalement .

    Mesurer le paquet d’ondes d’ un neutrino est difficile parce que ces particules interagissenr rarament avec la matière ordinaire. Jusqu’à présent le paquet d’ondes a été calculé indirectement, avec des marges d’incertitue variant de 1 à des milliards.

    Cependant récemment  Joseph Smolsky de la Colorado School of Mines et ses collègues ont découvert que les neutrinos sont au moins des centaines de fois plus grands que précédemment estimé soit plus grands que les noyaux des atomes courants.

    Pour cela, ils ont mesuré du beryllium radioactif au moment où il se dégradait en lithium, processus dit capture d’électron. Quand ceci se produit, un élecrton de l’atome de beryllium se combine avec un proton du noyau en produisant un neutron. L’atome est alors propulsé dans une certaine direction en générant un neutrino dans la direction opposée.

    En plaçant dans des détecteurs supraconducteurs très précis le beryllium au moment où il se transformait en lithium ils ont pu mesurer avec précision les atomes de lithium et en inférer les propriétés du neutrino.

    Ils ont découvert que les neurinos mesuraient au moins 6 picomètres, soit des centaines de fois plus que le noyau de l’atome.

    Evaluer l’importance du paquet d’ondes du neutrino est important dans la perpective de la construction de futurs détecteurs de neutrinos capables de mesurer combien souvent le neutrino oscille ou switch, selon trois types de mesure. Mieux connaitre les oscillation des neutrinos sera important pour déterminer le rapport entre matière et antimatière dans l’univers

    Référence

    NewScientist
    https://www.newscientist.com/article/2468207-how-big-is-a-neutrino-were-finally-starting-to-get-an-answer/