13/03/2025 Des souris dispensent les premiers secours à des partenaires inconscientes

Les souris ne sont pas de très gros animaux. Elles n’ont pas de très gros cerveaux. Pourtant, quand il s’agit de porter assistance à d’autres souris inconscientes ou mourantes, elles font preuve d’une imagination et d’un dévouement que beaucoup d’humains pourraient leur envier.

Il existe de rares cas, rapportés par des éleveurs ou des chasseurs, dans lesquels des animaux de grande taille, s’efforcent de venir au secours à des semblables en difficulté. C’est le cas de chimpanzés sauvages léchant un autre chimpanzé blessé , de dauphins maintenant en surface un partenaire en difficulté ou d’éléphants portant secours à un autre éléphant malade. Mais en général l’indifférence règne.

Aujourd’hui, le biologiste Li Zhang de l ‘University of Southern California (USC) et des collègues ont filmé ce qui arrivait lorsqu’ils présentèrent à une souris de laboratoire une autre souris du même laboratoire mais anesthésiée. Dans une série de tests, ils constatèrent que l’animal bien portant consacrait 47% de son temps, sur une durée globale d’observation de 13 minutes, à tenter de communiquer avec sa partenaire inconscient.

La souris tournait autour d’elle anormalement vite, la léchait ou mordillait sa langue, toutes choses qu’elles ne font jamais face à une partenaire endormie. Si la souris anesthésiée donnait des signes de réveil, l’autre cessait ce manège.

Zhang découvrit par la suite que ces comportements salvateurs étaient pilotés par des neurones se trouvant dans l’amygdale et l’hypothalamus du cerveau contribuant à la sécrétion de l’hormone oxytocine

Sur le même sujet voir un autre compte rendu de recherche provenant d’une autre équipe ainsi qu’un troisième le mois suivant.

Sur l’oxytocne, voir https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2012/revue-medicale-suisse-333/l-ocytocine-hormone-de-l-amour-de-la-confiance-et-du-lien-conjugal-et-social

13/03/2025 Donald Trump refuse d’informer le WHO concernant l’explosion de grippe aviaire aux Etats-Unis

Au moment où la reprise brutale de la pandémie de grippe aviaire inquiète de plus en plus de gouvernements dans le monde, Donald Trump vient de refuser de communiquer à l’Organisation Mondale de la Santé les données statistiques dont dispose son gouvernement.

Une reprise de la grippe aviaire et surtout les cas de plus en plus nombreux de transmission à l’homme du virus H5N1 sont actuellement signalés par l’US Department of Agriculture. Une probable apparition de cas mortels semble en train de se produire chez les travailleurs agricoles du Nevada. Comme l’on sait, il n’existe pas de traitement efficace de cette maladie, sauf l’abattage préventif de milliers de volaillse.

Les experts redoutent que des mutations se produisent dans les variétés de virus en circulation, augmentant leur contagiosité chez les humains, et surtout le nombre des cas mortels pouvant en résulter. Le souvenir de la grippe espagnole est dans tous les esprits.

Rappelons que la grippe espagnole, également appelée « pandémie grippale de l’année 1918 », est une pandémie de grippe A (H1N1), due à une souche particulièrement virulente et contagieuse qui s’est répandue en mars 1918 et a fini par s’éteindre dans la seconde moitié de l’année 1919. Quelques derniers cas sporadiques ont eu lieu en Nouvelle-Calédonie en juillet 1921. Le nombre des morts a été de 20 à 50 millions, plus élevé que celui résultant de la Grande Guerre. (wikipedia)

Les Etats membres de l’OMS ont l’obligation de communiquer à celle-ci les risques d’épidémies pouvant être transfrontalières. Des mesures mondiales visant à prévenir l’extension de ces maladies, notamment dans les domaines du travail et du tourisme, peuvent alors être décidées .

Or un porte-parole de l’OMS vient de prévenir que la communication et la recherche sur ce virus deviendraient problématique alors que Donald Trump avait annoncé le retrait des Etats-Unis. Les raisons de cette décision n’ont pas encore été communiquées.

12/03/2025 Ni inflation, ni récession, mais pause.






Cet article résume en le modifiant sur certains points « The universe on pause » Newscientist 15 feb 2025

Cette pause, que beaucoup d’observateurs souhaiteraient retrouver dans la conjoncture économique actuelle, n’est sans doute pas réaliste. Le monde aurait besoin d’un certain niveau d’inflation pour ne pas tomber dans une récession dont les effets négatifs sont bien plus grands. Il est généralement admis que le mussolinisme puis le nazisme ont été des sous-produits de la crise de 1929. L’inflation résultant des économies de guerre a eu l’avantage de relancer la croissance en tous domaines.

En est-il de même dans l’histoire de l’univers. Il est généralement admis que l’univers tel que nous le connaissons est né d’une explosion gigantesque suivie d’une expansion continue mais lente, marquée peut-être récemment par une reprise d’expansion modérée.

Selon l’hypothèse de l’Univers cyclique, ce mouvement pourrait être répétitif :une inflation suivie d’un effondrement (big crunch) suivie d’un retour à l’inflation. Le cycle pourrait se répéter indéfiniment.

Une hypothèse plus récente suggère que l’univers, après le Big Bang et l’expansion, serait entré dans une phase de pause. L’univers garderait son état actuel, mais en conjuguant des phases de création et de destruction de matière. Dans cette hypothèse un tel cycle se renouvellerait en permanence, donnant globalement une impression de pause.

Pour ses auteurs, cette hypothèse pourrait permettre de réécrire l’histoire de l’univers. Durant les pauses, qui ne se traduiraient pas par un retour en arrière, mais par une inquiétante tranquillité, de nouveaux états ou époques pourraient apparaître.

Chaque état serait caractérisé par la domination d’une certaine forme d’énergie. Ainsi en serait-il de la période de l’inflation. Très courte car n’ayant duré que quelques fractions de seconde, elle fut dominée par l’apparition de particules dites « inflatons ».

Ensuite vint l’époque de la récession caractérisé par l’apparition d’un grand nombre de particules. Mais il s’agissait de particules d’énergie, telles que les photons, plutôt que de particules de matière.

Vint enfin l’ époque de la matière proprement dite. Il est admis aujourd’hui qu’en 10 milliards d’années environ, cette matière elle-même gagna en complexité, passant des molécules et des atomes aux étoiles, galaxies et amas de galaxies. Pour certains physiciens, il s’agit de la phase finale, dans laquelle le cosmos s’étend de plus en plus loin, alors que la matière se dilue de plus en plus vite.

Néanmoins d’autres physiciens remettent tout ceci en question. Ils n’envisagent pas un univers revenant à un état stable, mais quelque chose de beaucoup plus intrigant. Pour eux, l’histoire de l’univers aurait été ponctuée de périodes de calme. Ces périodes de calme cosmologique auraient remplacé des périodes entières de l’histoire cosmologique conventionnelle.

Pour la plupart des cosmologistes, cette succession d’époques apparaît comme une marche irréversible. Cependant l’affirmation du fait que l’énergie de l’univers se transforme continuellement est de plus en plus contestée. Citons Keith Dienes de l’Université de l’Arizona, Lucien Heurtier du King’s College London, Fei Huang du Weizmann Institute of Science en Israel, Tim Tait de l’University of California, Irvine et Brooks Thomas du Lafayette College de Pennsylvanie.

Ils émettent l’hypothèse que les périodes de stabilité dans l’expansion de l’univers étaient nombreuses et durables, et qu’elles pourraient revenir à l’avenir. Durant ces époques, la quantité de matière, radiation et même énergie noire restait constante, y compris durant l’expansion de l’univers. Une sorte d’équilibre s’établissait entre elles.

Ce n’était pas l’ intention des chercheurs précités de développer ces hypothèses. Ils s’intéressaient à l’hypothèse de séries de particules rapprochées entre elles par certaines propriétés telles que la masse, « towers set of particles » . On y retrouvait des superpartenaires plus lourds de particules déjà connues, dans une approche dite de la supersymétrie ( supersymmetry), ou des familles de matière noire cachées dans des extradimmensons (family of dark matter particles hiding in extra dimension)s), telles que les “axions” , particules évoquées par la Théorie des Cordes pour qu tout ce qui existe est fait de cordes vibrantes uni-dimensonnelles.

L’axion (wikipedia) est une particule hypothétique, supposée stable, neutre et de très faible masse (entre quelques µeV et quelques meV). Son existence découle de la solution de Peccei-Quinn (en) (1977) au problème de violation de la symétrie CP en chromodynamique quantique1. Depuis, l’axion est proposé comme l’un des constituants possibles de la matière noire. De nombreuses expériences tentent aujourd’hui de trouver cette particule, parmi lesquelles on compte CAST2, située au CERN, mais aussi ADMX3, ainsi que des expériences de regénération de lumière à travers un mur, comme OSQAR4 et diverses autres

Pour beaucoup de physiciens, au delà de ces hypothèses, il conviendrait d’admettre qu’il existe des particules encore inconnues non prises en compte par le modèle standard des particules élémentaires. La matière noire est un signe que ce modèle est incomplet.. Il n’est pas impossible que la physique entre dans un nouveau type de stasis encore non identifié.

Au printemps 2020, Dienes et Heurtier simulèrent la façon dont certaines tours de particules affecteraient l’inflation du fait de la dégradation de la matière en résultant. Ils constatèrent que la matière et l’inflation s’équilibraient toujours d’une façon étrange. Les simulations s’orientaient constamment vers une certaine forme de stasis.

En 2022, rejoint par Doojin Kim de l »Université du Texas, ils montrèrent que la stasis se produisait si l’on ajoutait l’énergie noire au couple matière et radiation.

Suite en anglais

In 2022, the five collaborators, along with Doojin Kim at Texas A&M University who has since left the collaboration, published the recipe for static epochs of matter and radiation. A year later, they showed that stasis still occurs if you add dark energy to the mix: matter, radiation and dark energy could all share the energy density of the universe in fixed proportions, without one taking over. They found that epochs of cosmic stasis may replace existing epochs or find themselves spliced within the orthodox timeline.

Why does this happen? Ultimately, stasis occurs because heavier particles in these towers decay into lighter ones, emitting radiation in the process. As described earlier, when the universe expands, radiation dilutes faster than matter. But in this new view, the shortfall in radiation is filled in by new radiation from decaying particle towers. Similarly, all those extra particles mean that matter doesn’t dilute as quickly relative to dark energy, allowing the universe to also have a balance. “The idea that you could ‘pause’ the universe is really interesting,” says Erickcek. “Usually expansion [means] evolution. Stasis is a counterexample to that: you can still be expanding and not change the energy balance of the universe.”

Rewriting cosmology

There are many ways stasis can happen. Exactly when and how it appears depends on which ideas from beyond the standard model of particle physics you use, as that determines how many particles are in the towers, what the masses of those particles are and their rates of decay to lower levels in the towers.

It is even possible that we are entering or leaving a period of stasis now, says Heurtier. We know that the energy mixture of the universe has changed in relatively recent history because dark energy currently dominates, but a few billion years ago the universe was mostly made up of matter. Simulations show that large fluctuations like this can happen at the beginning or tail end of stasis periods, says Heurtier.

Read more

The wonder particle: How axions could solve more than just dark matter

If we are leaving a period of stasis, or if stasis emerged during the matter-dominated epoch, this may help resolve a cosmological puzzle called the Hubble tension. This is a small but significant mismatch between how quickly we measure the universe to be expanding now and how quickly we expect it to be expanding. The expectation is calculated by taking measurements of the cosmic microwave background (CMB), an afterglow emitted 380,000 years after the big bang, and then winding the clock forwards until today. However, that calculation depends on assumptions about what the energy content of the universe was immediately before, during and after the CMB was produced. “Perhaps this extrapolation is wrong because the traditional models haven’t taken into account periods of stasis during which different kinds of energy coexist,” says Heurtier.

What we do know is that stasis can’t happen in the period just before the CMB was emitted. Astrophysicists have made very precise measurements of this radiation, which neatly aligns with radiation measurements from an even earlier period, when light atomic nuclei such as helium were first created, called the big bang nucleosynthesis. All radiation is accounted for within this window of time, but stasis, by definition, requires the production of new radiation, either from decaying matter or, in some models, from dark energy. So these measurements rule out stasis epochs between 1 minute and 380,000 years after the big bang, says Erickcek.

A pause after the big bang

This means a period of stasis is more likely to come about during that first minute before big bang nucleosynthesis – a pause after the big bang, if you will. “That is when we’re imagining these things would have occurred,” says Dienes. Although that sounds like just the briefest flash in time, this first minute was exceptionally consequential.

That becomes clear when you think of the past in cosmologists’ preferred measure of time: the “e-fold”. This way of thinking allows us to talk about the universe’s age in terms of how quickly it expands, with each e-fold corresponding to the universe’s volume increasing by a factor of roughly 2.718 – meaning it expands exponentially according to the mathematical constant e. The universe’s entire history has taken place over about 120 e-folds, but this first minute of existence would correspond to about 50 to 60 of those e-folds. In that sense, this period accounts for about half of the universe’s history – any new stasis epochs that arise here may substantially alter the universe’s age in e-folds.

We still know very little about what happened before the big bang nucleosynthesis, including how inflation and reheating took place. “We really don’t have data about that,” says Dienes.

The astrophysicist who may be about to discover how the universe began

Astronomer Jo Dunkley is planning to use the Simons Observatory to snare evidence for inflation, the theory that the universe expanded at incredible speed after its birth

In standard models of inflation, energy stored in the inflaton field starts the expansion. But it isn’t clear exactly what this field is and why, after a tiny fraction of a second, it comes to an end. To explain that, physicists have to make a lot of assumptions, adding very specific features to the mysterious field. What’s more, traditional inflation automatically dilutes both matter and radiation, leaving the universe cold and empty when it ends. To get around that, we have to assume that some sort of reheating process took place that populated the cosmos with matter and radiation again. Then, somehow, this period transitions to the radiation-dominated epoch of the traditional timeline.

If all that sounds like rather a post-hoc rationalisation, it is. Towers of particles which necessarily cause periods of stasis, however, could smooth things over. For example, particle towers produced during reheating would populate the universe with matter and radiation as they decay. Then, after the entire tower has decayed, only radiation would remain. “From this point forward, we would rejoin the standard timeline,” says Dienes.

Read more

The universe could vanish at any moment – why hasn’t it?

Similarly, decaying particle towers can naturally lead to a universe that contains a large proportion of vacuum energy. This would rapidly accelerate the expansion of the universe for a sustained period of time. In other words, according to the team’s latest paper from June 2024, which is yet to be peer-reviewed, inflation could actually be a period of cosmic stasis.

Unlike conventional models of inflation, stasis explains how inflation ended without having to make extra assumptions. When the tower of particles has decayed, inflation ends of its own accord. And at that point, there would be loads of radiation present, so there is no need for reheating.

Exploring periods of stasis is worthwhile, says string theorist Joseph Conlon at the University of Oxford. However, he points out that many of these models entail towers with very heavy particles that decay too quickly to have a cosmological impact. On the other hand, if the particles involved were light, they would produce large extra dimensions – and since those haven’t yet been spotted, that is a mark against the hypothesis.

Searching for stasis

Still, there are several ways in which near-future observations could find evidence of cosmic stasis in its various forms, one of which involves gravitational waves. We now routinely detect these ripples in space-time, typically produced by the collision of massive objects such as black holes. And in 2023, a fainter hum called the gravitational wave background was detected. This lower-level oscillation of space-time may have been initiated during inflation, among other possibilities. In the next decade, space telescopes such as the Laser Interferometer Space Antenna (LISA) plan to map this background hum in detail in order to decipher its origin.

Dienes and his team are now figuring out how these observations would be affected by epochs of cosmic stasis. Adding new e-folds of time into the inflation epoch would change the predictions made by existing models, says Erickcek. Meanwhile, other periods of stasis would leave a unique imprint on the gravitational wave background, says Huang.

Wobbles in the lasers of the upcoming LISA telescope array may offer evidence of cosmic stasis

AEI/MM/exozet; GW simulation: NASA/C. Henze

Another possibility is that early periods of cosmic stasis would alter how matter is structured on small scales because the presence of radiation tends to prevent matter from clumping. This means lumps of dark matter would be smaller than those predicted by standard cosmology.

Astrophysicists are becoming adept at detecting these slight differences by observing how dark matter warps the light from stars behind them, an effect called microlensing. Likewise, timing arrays based on pulsars, astronomical objects that emit bright bursts of radiation at well-defined intervals, can detect small changes due to gravitational tugs from lumps of dark matter. “It’s hard – but there’s hope,” says Erickcek.

Already, others are beginning to explore the new paradigm of cosmic stasis. In August 2024, James Halverson and Sneh Pandya at Northeastern University in Massachusetts found that cosmic stasis arises from decaying towers of axions within models of string theory known as the axiverse.

Less than a century ago, the big bang seemed counterintuitive to most cosmologists. Now, the team who stumbled upon stasis hope that other researchers will embrace the unexpected once again and see that stillness may be as innate a part of the universe as change. Assuming that towers of particles exist, says Thomas, “some kind of stasis is likely going to be a part of nature”.














12/03/2025 Ni inflation, ni récession, mais pause.

Cet article résume en le modifiant sur certains points « The universe on pause » Newscientist 15 feb 2025

Cette pause, que beaucoup d’observateurs souhaiteraient retrouver dans la conjoncture économique actuelle, n’est sans doute pas réaliste. Le monde aurait besoin d’un certain niveau d’inflation pour ne pas tomber dans une récession dont les effets négatifs sont bien plus grands. Il est généralement admis que le mussolinisme puis le nazisme ont été des sous-produits de la crise de 1929. L’inflation résultant des économies de guerre a eu l’avantage de relancer la croissance en tous domaines.

En est-il de même dans l’histoire de l’univers ? Il est généralement admis que l’univers tel que nous le connaissons est né d’une explosion gigantesque suivie d’une expansion continue mais lente, marquée peut-être récemment par une reprise d’expansion modérée.

Selon l’hypothèse de l’Univers cyclique, ce mouvement pourrait être répétitif :une inflation suivie d’un effondrement (big crunch) suivie d’un retour à l’inflation. Le cycle pourrait se répéter indéfiniment.

Une hypothèse plus récente suggère que l’univers, après le Big Bang et l’expansion, serait entré dans une phase de pause. L’univers garderait son état actuel, mais en conjuguant des phases de création et de destruction de matière. Dans cette hypothèse un tel cycle se renouvellerait en permanence, donnant globalement une impression de pause.

Pour ses auteurs, cette hypothèse pourrait permettre de réécrire l’histoire de l’univers. Durant les pauses, qui ne se traduiraient pas par un retour en arrière, mais par une inquiétante tranquillité, de nouveaux états ou époques pourraient apparaître.

Chaque état serait caractérisé par la domination d’une certaine forme d’énergie. Ainsi en serait-il de la période de l’inflation. Très courte car n’ayant duré que quelques fractions de seconde, elle fut dominée par l’apparition de particules dites « inflatons ». Ensuite vint l’époque de la récession caractérisé par l’apparition d’un grand nombre de particules. Mais il s’agissait de particules d’énergie, telles que les photons, plutôt que de particules de matière.

Vint enfin l’ époque de la matière proprement dite.Il est admis aujourd’hui qu’en 10 milliards d’années environ, cette matière elle-même gagna en complexité, passant des molécules et des atomes aux étoiles, galaxies et amas de galaxies. Pour certains physiciens, il s’agit de la phase finale, dans laquelle le cosmos s’étend de plus en plus loin, alors que la matière se dilue de plus en plus vite.

Néanmoins d’autres physiciens remettent tout ceci en question. Ils n’envisagent pas un univers revenant à un état stable, mais quelque chose de beaucoup plus intrigant. Pour eux, l’histoire de l’univers aurait été ponctuée de périodes de calme. Ces périodes de calme cosmologique auraient remplacé des périodes entières de l’histoire cosmologique conventionnelle.

Les conséquences de ce phénomène seraient considérables. Toutes une série d’énigmes, notamment la question de la matière noire, trouveraient des réponses. De plus ces réponses pourraient être démontrées expérimentalement.

Pour la clarté de l’exposé, nous devons ici rappeler les grandes lignes de l’histoire traditionnelle de l’univers. Le Big Bang se produisit il a quelques 14 milliards d’années. L’expansion généra une série d’époques, chacune d’elles dominée par une forme différente d’énergie. La première époque fut l’inflation, accélération rapide d’une durée de quelques fragments de seconde. Elle fut dominée par une forme d’énergie intrinsèque au vide de l’espace-temps, l’énergie du vide, générée par des particules élémentaires dites inflatons. Rappelons que, suivant la terminologie classique,

l’énergie du vide est une énergie sous-jacente à l’Univers, qui existe partout dans l’espace, à travers l’Univers. Il s’agit de l »énergie de point zéro d’un système quantique, où le « système physique » ne contient pas de matière.

Après l’inflation, l’univers entra dans une période de réchauffement pendant laquelle l’énergie du vide fut convertie en matière mais surtout en radiations. Ce fut l’époque de la radiation, ainsi nommée parce qu’à l’époque il y eut davantage de radiations, principalement des photons, que de matière. Mais plus l’univers s’est étendu, plus la radiation se dilua, laissant place à la matière. Aussi, aujourd’hu il est légitime d’évoquer l’ère de la matière.

Pour la plupart des cosmologistes, cette succession d’époques apparaît comme une marche irréversible. Cependant l’affirmation du fait que l’énergie de l’univers se transforme continuellement est de plus en plus contestée. Citons Keith Dienes de l’Université de l’Arizona, Lucien Heurtier du King’s College London, Fei Huang du Weizmann Institute of Science en Israel, Tim Tait de l’University of California, Irvine et Brooks Thomas du Lafayette College de Pennsylvanie.

Ils émettent l’hypothèse que les périodes de stabilité dans l’expansion de l’univers étaient nombreuses et durables, et qu’elles pourraient revenir à l’avenir. Durant ces époques, la quantité de matière, radiation et même énergie noire restait constante, y compris durant l’expansion de l’univers. Une sorte d’équilibre s’établissait entre elles.

Ce n’était pas l’ intention des chercheurs précités de développer ces hypothèses. Ils s’intéressaient à l’hypothèse de séries de particules rapprochées entre elles par certaines propriétés telles que la masse, « towers set of particles » . On y retrouvait des superpartenaires plus lourds de particules déjà connues, dans une approche dite de la supersymétrie supersymmetry, ou des familles de matière noire cachées dans des extradimmensons (family of dark matter particles hiding in extra dimension)s, telles que les “axions” , particules évoquées par la Théorie des Cordes pour qu tout ce qui existe est fait de cordes vibrantes uni-dmmensonnelles.

L’axion (wikipedia) est une particule hypothétique, supposée stable, neutre et de très faible masse (entre quelques µeV et quelques meV). Son existence découle de la solution de Peccei-Quinn (en) (1977) au problème de violation de la symétrie CP en chromodynamique quantique1. Depuis, l’axion est proposé comme l’un des constituants possibles de la matière noire. De nombreuses expériences tentent aujourd’hui de trouver cette particule, parmi lesquelles on compte CAST2, située au CERN, mais aussi ADMX3, ainsi que des expériences de regénération de lumière à travers un mur, comme OSQAR4 et beaucoup d’autres.

Pour beaucoup de physiciens, au delà de ces hypothèses, il conviendrait d’admettre qu’il existe beaucoup de particules encore inconnues non prises en compte par le modèle standard des particules élémentaires. La matière noire est un signe que ce modèle est incomplet.. Il n’est pas impossible que la physique entre dans un nouveau type de stasis encore non identifié.

Au printemps 2020, Dienes et Heurtier simulèrent la façon dont certaines tours de particules affecteraient l’inflation du fait de la dégradation de la matière en résultant. Ils constatèrent que la matière et l’inflation s’équilibraient toujours d’une façon étrange. Les simulations évoluèrent toujours vers une certaine forme de stasis.

En 2023, ils montrèrent que la stasis se produisait si l’on ajoutait l’énergie noire au couple matière et radiation.

Suite. Non traduit

In 2022, the five collaborators, along with Doojin Kim at Texas A&M University who has since left the collaboration, published the recipe for static epochs of matter and radiation. A year later, they showed that stasis still occurs if you add dark energy to the mix: matter, radiation and dark energy could all share the energy density of the universe in fixed proportions, without one taking over. They found that epochs of cosmic stasis may replace existing epochs or find themselves spliced within the orthodox timeline.

Why does this happen? Ultimately, stasis occurs because heavier particles in these towers decay into lighter ones, emitting radiation in the process. As described earlier, when the universe expands, radiation dilutes faster than matter. But in this new view, the shortfall in radiation is filled in by new radiation from decaying particle towers. Similarly, all those extra particles mean that matter doesn’t dilute as quickly relative to dark energy, allowing the universe to also have a balance. “The idea that you could ‘pause’ the universe is really interesting,” says Erickcek. “Usually expansion [means] evolution. Stasis is a counterexample to that: you can still be expanding and not change the energy balance of the universe.”

Rewriting cosmology

There are many ways stasis can happen. Exactly when and how it appears depends on which ideas from beyond the standard model of particle physics you use, as that determines how many particles are in the towers, what the masses of those particles are and their rates of decay to lower levels in the towers.

It is even possible that we are entering or leaving a period of stasis now, says Heurtier. We know that the energy mixture of the universe has changed in relatively recent history because dark energy currently dominates, but a few billion years ago the universe was mostly made up of matter. Simulations show that large fluctuations like this can happen at the beginning or tail end of stasis periods, says Heurtier.

Read more

The wonder particle: How axions could solve more than just dark matter

If we are leaving a period of stasis, or if stasis emerged during the matter-dominated epoch, this may help resolve a cosmological puzzle called the Hubble tension. This is a small but significant mismatch between how quickly we measure the universe to be expanding now and how quickly we expect it to be expanding. The expectation is calculated by taking measurements of the cosmic microwave background (CMB), an afterglow emitted 380,000 years after the big bang, and then winding the clock forwards until today. However, that calculation depends on assumptions about what the energy content of the universe was immediately before, during and after the CMB was produced. “Perhaps this extrapolation is wrong because the traditional models haven’t taken into account periods of stasis during which different kinds of energy coexist,” says Heurtier.

What we do know is that stasis can’t happen in the period just before the CMB was emitted. Astrophysicists have made very precise measurements of this radiation, which neatly aligns with radiation measurements from an even earlier period, when light atomic nuclei such as helium were first created, called the big bang nucleosynthesis. All radiation is accounted for within this window of time, but stasis, by definition, requires the production of new radiation, either from decaying matter or, in some models, from dark energy. So these measurements rule out stasis epochs between 1 minute and 380,000 years after the big bang, says Erickcek.

A pause after the big bang

This means a period of stasis is more likely to come about during that first minute before big bang nucleosynthesis – a pause after the big bang, if you will. “That is when we’re imagining these things would have occurred,” says Dienes. Although that sounds like just the briefest flash in time, this first minute was exceptionally consequential.

That becomes clear when you think of the past in cosmologists’ preferred measure of time: the “e-fold”. This way of thinking allows us to talk about the universe’s age in terms of how quickly it expands, with each e-fold corresponding to the universe’s volume increasing by a factor of roughly 2.718 – meaning it expands exponentially according to the mathematical constant e. The universe’s entire history has taken place over about 120 e-folds, but this first minute of existence would correspond to about 50 to 60 of those e-folds. In that sense, this period accounts for about half of the universe’s history – any new stasis epochs that arise here may substantially alter the universe’s age in e-folds.

We still know very little about what happened before the big bang nucleosynthesis, including how inflation and reheating took place. “We really don’t have data about that,” says Dienes.

The astrophysicist who may be about to discover how the universe began

Astronomer Jo Dunkley is planning to use the Simons Observatory to snare evidence for inflation, the theory that the universe expanded at incredible speed after its birth

In standard models of inflation, energy stored in the inflaton field starts the expansion. But it isn’t clear exactly what this field is and why, after a tiny fraction of a second, it comes to an end. To explain that, physicists have to make a lot of assumptions, adding very specific features to the mysterious field. What’s more, traditional inflation automatically dilutes both matter and radiation, leaving the universe cold and empty when it ends. To get around that, we have to assume that some sort of reheating process took place that populated the cosmos with matter and radiation again. Then, somehow, this period transitions to the radiation-dominated epoch of the traditional timeline.

If all that sounds like rather a post-hoc rationalisation, it is. Towers of particles which necessarily cause periods of stasis, however, could smooth things over. For example, particle towers produced during reheating would populate the universe with matter and radiation as they decay. Then, after the entire tower has decayed, only radiation would remain. “From this point forward, we would rejoin the standard timeline,” says Dienes.

Read more

The universe could vanish at any moment – why hasn’t it?

Similarly, decaying particle towers can naturally lead to a universe that contains a large proportion of vacuum energy. This would rapidly accelerate the expansion of the universe for a sustained period of time. In other words, according to the team’s latest paper from June 2024, which is yet to be peer-reviewed, inflation could actually be a period of cosmic stasis.

Unlike conventional models of inflation, stasis explains how inflation ended without having to make extra assumptions. When the tower of particles has decayed, inflation ends of its own accord. And at that point, there would be loads of radiation present, so there is no need for reheating.

Exploring periods of stasis is worthwhile, says string theorist Joseph Conlon at the University of Oxford. However, he points out that many of these models entail towers with very heavy particles that decay too quickly to have a cosmological impact. On the other hand, if the particles involved were light, they would produce large extra dimensions – and since those haven’t yet been spotted, that is a mark against the hypothesis.

Searching for stasis

Still, there are several ways in which near-future observations could find evidence of cosmic stasis in its various forms, one of which involves gravitational waves. We now routinely detect these ripples in space-time, typically produced by the collision of massive objects such as black holes. And in 2023, a fainter hum called the gravitational wave background was detected. This lower-level oscillation of space-time may have been initiated during inflation, among other possibilities. In the next decade, space telescopes such as the Laser Interferometer Space Antenna (LISA) plan to map this background hum in detail in order to decipher its origin.

Dienes and his team are now figuring out how these observations would be affected by epochs of cosmic stasis. Adding new e-folds of time into the inflation epoch would change the predictions made by existing models, says Erickcek. Meanwhile, other periods of stasis would leave a unique imprint on the gravitational wave background, says Huang.

Wobbles in the lasers of the upcoming LISA telescope array may offer evidence of cosmic stasis

AEI/MM/exozet; GW simulation: NASA/C. Henze

Another possibility is that early periods of cosmic stasis would alter how matter is structured on small scales because the presence of radiation tends to prevent matter from clumping. This means lumps of dark matter would be smaller than those predicted by standard cosmology.

Astrophysicists are becoming adept at detecting these slight differences by observing how dark matter warps the light from stars behind them, an effect called microlensing. Likewise, timing arrays based on pulsars, astronomical objects that emit bright bursts of radiation at well-defined intervals, can detect small changes due to gravitational tugs from lumps of dark matter. “It’s hard – but there’s hope,” says Erickcek.

Already, others are beginning to explore the new paradigm of cosmic stasis. In August 2024, James Halverson and Sneh Pandya at Northeastern University in Massachusetts found that cosmic stasis arises from decaying towers of axions within models of string theory known as the axiverse.

Less than a century ago, the big bang seemed counterintuitive to most cosmologists. Now, the team who stumbled upon stasis hope that other researchers will embrace the unexpected once again and see that stillness may be as innate a part of the universe as change. Assuming that towers of particles exist, says Thomas, “some kind of stasis is likely going to be a part of nature”.

08/03/2025 La Planète et ses Empires

En géopolitique, qu’est-ce qu’un Empire ? Le terme n’est pas nouveau. L’histoire à connu l’Empire romain (Imperium romanum), l’Empire britannique (British Empire) et quelques autres :

Empire mongol (24 000 000 km2 en 1279)
Dynastie Qing (14 700 000 km2 en 1790)
Empire espagnol (13 700 000 km2 en 1810)
Second empire colonial français (11 500 000 km2 )
Califat omeyyade (11 100 000 km2 en 720) :
Empire russe (22 800 000 km2 en 1917)
Dynastie Qing (14 700 000 km2 en 1790)
Empire espagnol (13 700 000 km2 en 1810)
Second empire colonial français (11 500 000 km2 )

  • Aujourd’hui, à quoi reconnaît-on un Empire ? D’abord à la volonté d’en être un. Cette volonté s’impose sans discussions à tous les constituants géographiques et politiques de l ‘ Empire  concerné. Ainsi faire partie de l’empire colonial français était la volonté de tous les gouvernements indigènes de l’Afrique subsaharienne .

Vient ensuite la mise en commun d’un appareil militaire puissant. Celui-ci s’impose à tous les constituants de l ‘Empire, Mais ceux ci à leur tour souhaitent contribuer au renforcement de l’appareil, quoi qu’il en leur coûtera, notamment sous forme de pertes humaines. Ils en tirent la perspective d’accroître leurs profits matériels, l’étendue de leurs conquêtes territoriales et, dans l’immédiat, de renforcer le contrôle policier sur leur population.

On reconnaît aussi un Empire à la volonté d’imposer son pouvoir à la plus grande partie des continents et des mers de la planète, y compris des Pôles, Pôle Nord et de plus en plus Pôle Sud. De nos jours s’ajoutera la présence dans l’espace, espace sous-orbital, espace interplanétaire, planètes habitables du système solaire proche.

Combien d’Empires compte aujourd’hui la Terre ? En faisant vite, nous répondrons que trois Empires se disputent le pouvoir sur la planète et à terme dans l’espace. Il s’agit de l’Empire américain, de l’Empire russe, de l’Empire chinois ? Ils ont tous trois leurs faiblesses mais tous trois aussi ont la volonté  de les dépasser.

Quant à l ‘Europe, elle ne constitue pas un Empire.. Elle n’en a pas pour le moment les capacités militaires, politiques et scientifiques. Plus gravement, elle ne le veut pas, se satisfaisant de servir de « proxy « à ses alliés de l’Empire américain.

07/03/2025 Les terres rares. Enjeux pour l’Europe et pour la France

Publié le 19 mai 2023

Par : Dominique Viel – ancien haut fonctionnaire, Présidente du groupe d’experts sur les ressources minérales de la transition bas carbone

Téléphones portables, disques durs, écrans, vélos ou voitures électriques, turbines d’éoliennes, robots : ni les nouvelles technologies, ni la transition verte ne sont pensables sans les terres rares. Mais elles sont difficiles à extraire et la Chine joue d’une position dominante. Quelles sont les politiques à développer compte tenu de ces enjeux ?

Sommaire

  1. Les terres rares : carte d’identité
  2. Terres rares, les enjeux du futur
  3. Peut-on implanter une filière de recyclage en Europe ?
  4. Quelles possibilités de substitution aux terres rares ?

Les terres rares sont présentes un peu partout dans la croûte terrestre. Leur rareté désigne leur très faible concentration, qui nécessite l’extraction de grands volumes de matière. Globalement l’extraction, la purification, le traitement et la séparation des terres rares sont coûteux en énergie, en eau et en produits chimiques polluants.

Les terres rares sont utilisées dans de nombreux objets électroniques et numériques. Les besoins en technologies bas-carbone, notamment pour les moteurs de véhicules électriques et hybrides ou les éoliennes en mer, pourraient selon l’Agence internationale de l’énergie, multiplier la consommation de terres rares par sept d’ici 2040.

Sortir de la dépendance par rapport au quasi-monopole de la Chine, faciliter l’émergence d’une filière du recyclage, et accélérer les possibilités de substitution. La France et l’Europe ne manquent pas d’enjeux sur les terres rares. 

À quoi servent les terres rares ?

Les terres rares sont constituées de 17 éléments : 15 lanthanides : Lanthane ; Cérium ; Praséodyme ; Néodyme ; Prométhium ; Samarium ; Europium ; Gadolinium ; Terbium ; Dysprosium ; Holmium ; Erbium ; Thulium ; Ytterbium et Lutécium, ainsi que Scandium et Yttrium. Les terres rares légères sont utilisées pour leurs propriétés magnétiques exceptionnelles, et les terres rares lourdes (celles qui ont le plus de valeur) servent à repousser le point de température où les aimants perdent leur magnétisme.

Elles sont omniprésentes, surtout dans quatre secteurs industriels qui représentent 10% de l’économie mondiale (Institut polytechnique UniLaSalle, Comment concilier l’exploitation des terres rares et l’environnement ?, 3 avril 2023) :

  • numérique (téléphones portables, disques durs, écrans) ;
  • énergie (turbines d’éoliennes en mer, moteurs de voitures électriques et hybrides) ;
  • médical (appareils, robots) ;
  • armement.

Leurs usages sont diversifiés (données pour 2021):

  • le premier (31%) étant les aimants permanents (utilisés dans les générateurs, les volants magnétiques, les alternateurs, les moteurs de jouets, d’horlogerie) ;
  • les catalyseurs (18%) (utilisés dans les pots catalytiques des voitures) ;
  • les alliages métallurgiques (18%) (utilisés dans la construction aéronautique, militaire, médicale, etc.) ;
  • le polissage (13%) (utilisé sur la surface de nombreux produits industriels) ;
  • les verres et céramiques (11%) ;
  • le reste représentant 9%.

Les aimants permanents connaissent une croissance débridée. L’éolien et la mobilité bas carbone en consomment 35% du marché mondial, dont la Chine assure 91% de la production. Leur forte croissance (la consommation sera multipliée par trois d’ici 2030 pour l’éolien, et par dix pour les véhicules électriques) pourrait se heurter à une offre limitée des terres rares.

Pourquoi les appelle-t-on terres « rares » ?

Au XVIIIe siècle, au moment de leur identification par Lavoisier, les terres rares étaient moins abondantes que d’autres terres connues à l’époque (chaux, alumine, silice, etc.). La première terre rare, l’Ytterbium, fut découverte par hasard en 1787 par Arrhenius dans une carrière près de Stockholm. Aujourd’hui, ce sont les difficultés à les extraire et à les raffiner qui les rendent rares :

  • pour extraire 1 kilo de gallium, il faut casser 50 tonnes de roches, pour 1 kilo de Lutecium, il s’agit de 1 200 tonnes de roches ;
  • leur raffinage passe par l’utilisation d’acides sulfuriques et nitriques, qui contaminent les eaux et les sols avoisinants, générant chez les humains cancers, malformations et infertilité ;
  • leur contenu en thorium ou en uranium radioactif constitue une autre source de pollution, qui a justifié l’arrêt des activités de la raffinerie de terres rares à La Rochelle (Rhône-Poulenc), délocalisées en Chine. Dans les années 1980 l’usine purifiait 50% du marché mondial de terres rares.

Quels sont les pays producteurs ?

Selon l’Institut des études géologiques des États-Unis (USGS), la production mondiale de terres rares, 280 000 tonnes, se répartit entre :

  • Chine 168 000 tonnes, soit 60% du marché mondial ;
  • États-Unis 42 000 tonnes, soit 15% ;
  • Birmanie 25 000 tonnes, soit 9% ;
  • Australie 22 000 tonnes, soit 8% ;
  • Thaïlande 8 000 tonnes, soit 3%.

De petits producteurs complètent le panorama : Brésil, Burundi, Inde, Madagascar et Russie.

Les prix des terres rares varient en fonction de l’usage et de la rareté de chaque élément. En 2021, le Lanthane ou le Cerium étaient vendus, au kilo, un peu plus de cinq dollars le kilo, alors que le Terbium dépassait 1 709 dollars.

Jusqu’aux années 1980, les États-Unis dominaient le marché des terres rares. Une main-d’œuvre moins chère, des gisements plus importants et des lois environnementales souples ont permis à la Chine de faire baisser les prix de vente et, depuis 1995, de devenir le premier producteur mondial. La Chine est en effet le seul pays à accepter des coûts environnementaux très élevés, dus à des techniques productives médiocres mais peu chères.

La Chine joue de cette position dominante. En 2000, pour privilégier ses industries, elle a réduit de 40% ses exportations, ce qui a provoqué une envolée des prix. En 2010, elle a institué des taxes et des quotas sur ces exportations, ce qui l’a fait condamner par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à deux reprises. En 2011, elle a suspendu ses exportations dans le contexte d’un conflit avec le Japon. En parallèle, la Chine investit dans l’extraction de terres rares un peu partout dans le monde, pour accroître sa souveraineté et pour conserver le moins de pollution possible à l’intérieur de ses frontières.  

Tout cela a poussé l’Occident à la recherche de nouvelles sources, et, à partir de la fin des années 2010, des projets de mines et d’usines de raffinage se sont multipliés en Australie et au Canada. En 2013, les États-Unis ont réactivé la mine à ciel ouvert de Mountain Pass en Californie, fermée en 1998 après le déversement accidentel de milliers de litres d’eau radioactive.

En Europe, plusieurs sites prometteurs ont été identifiés en Scandinavie et au Groenland. En janvier 2023, le groupe Suédois LKAB a annoncé la découverte d’un gisement de plus d’un million de tonnes, soit 1% des réserves mondiales identifiées. Le gisement se trouve à Kiruna, en Laponie suédoise, un territoire utilisé pour l’élevage des cerfs par le peuple des Sami. LKAB aura beaucoup à faire pour obtenir l’acceptabilité sociale nécessaire au bon déroulement des opérations, car un gisement comparable, celui de Nora Kärr, également en Suède, est resté gelé pour des raisons environnementales de 2017 à 2020, et, si les études ont repris, la question de l’exploitation est toujours en suspens. L’éventuelle exploitation n’interviendra pas avant dix ou quinze ans, délai minimum pour ouvrir une mine et la mettre en service.

Terres rares, les enjeux du futur

Où se trouvent les réserves de terres rares ?

En 2021, l’USGS estime à 120 millions de tonnes les réserves mondiales de terres rares, dont 90% se trouvent :

  • en Chine : 44 millions de tonnes, soit 37% ;
  • au Vietnam : 21,6 millions de tonnes, soit 18% ;
  • au Brésil : 20,4 millions de tonnes, soit 17% ;
  • en Russie : 20,4 millions de tonnes, soit 17%.

Au rythme de production actuel (280 000 tonnes) et au vu de ces réserves, le monde dispose d’au moins 430 ans de consommation de terres rares devant lui.  

Ces données évoluent au fur et à mesure de l’exploration. L’Arctique aurait le second potentiel du monde de terres rares après la Chine, mais ses réserves ne sont pas encore prouvées. On parlerait alors de mille ans d’exploitation assurée.   

Quel est le potentiel de la France ?

En France, les principaux sites géologiques susceptibles d’être exploités pour des terres rares sont situés en Bretagne, en Guyane et en Polynésie.

En Bretagne, des gisements existent en Ille-et-Vilaine, dans les Côtes-d’Armor et dans le Finistère. Ils sont trop modestes pour justifier l’ouverture d’une filière d’extraction, mais, en cas d’envolée des cours, le site d’Ille-et-Vilaine permettrait une production marginale.  

En Guyane, des permis de recherche ou d’exploitation sont accordés pour des « bouquets » de minerais qui comprennent des terres rares, mais aucun grand gisement n’a été identifié.

Les fonds océaniques du côté de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, pourraient recéler des ressources en terres rares. Mais, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) n’y fait pas de recherche pour le moment, car les métaux des roches océaniques sont en général pauvres en terres rares comparées aux roches terrestres. La teneur en terres rares la plus élevée observée lors de découvertes japonaises récentes à plus de 5 000 mètres de profondeur n’est que de 0,3%, à comparer à celle des gisements les plus importants, 5%, ou celle des gisements moyens, autour de 1%.

Par ailleurs, l’exploitation minière de l’océan détériorerait les fonds marins et mettrait en péril des espèces et des populations humaines qui dépendent de leur bon état. En effet, des panaches de particules sédimentaires se déposent sur la faune alentour, tandis que le passage des machines sur les grands fonds détruit les habitats de la faune abyssale. Dans les conditions actuelles, la France ne dispose donc pas actuellement de potentiel minier de terres rares.

Peut-on implanter une filière de recyclage en Europe ?

Une première expérience sans suite

En 2012, le groupe Solvay lançait l’industrialisation d’un procédé innovant de recyclage des terres rares contenues dans les ampoules basse consommation. À l’époque, la hausse des prix qui avait suivi la contraction des exportations chinoises faisait craindre des difficultés d’approvisionnement. Un partenariat avec l’éco-organisme Recylum, spécialisé dans les lampes, assurait la collecte des lampes.  

En 2016, le prix des terres rares retrouva son niveau d’avant crise, et le procédé perdit sa compétitivité. La substitution des lampes à fluorescence par des LED contraignit à mettre un terme à l’activité.

De nouvelles perspectives

L’Union européenne a récemment pris conscience de l’enjeu que représente le recyclage pour développer une industrie de production d‘aimants permanents. Le European Critical Raw Materials Act,  publié  le 16 mars 2023, fixe l’objectif d’augmenter de 15% les capacités de recyclage des matériaux critiques, dont les terres rares.

Aujourd’hui, seulement 1% des terres rares sont recyclées, car leur présence en petites quantités fait qu’il est difficile de les séparer des autres métaux. Cependant, la France bénéficie d’atouts : quatre entreprises françaises ont développé des technologies innovantes qui permettent de mieux séparer les terres rares, tout en allégeant les coûts d’eau et d’énergie, et en minimisant les impacts environnementaux.

Comme il n’y aurait pas de sens à recycler les matériaux pour les renvoyer dans les usines chinoises, les entreprises françaises seront à la fois opérateurs de recyclage et productrices de terres rares, chacune dans une filière différente : automobiles pour Carester, éoliennes pour MagREEsources, aimants à haute performance pour Orano, domotique et petits moteurs électriques pour REEfine.  

Enfin, le recyclage ne remplacera jamais totalement l’extraction et le traitement des terres rares. En effet :

  • une bonne partie des produits concernés ont une durée de vie longue : environ 30 ans pour une éolienne, 10 ans pour un véhicule, etc. ; il faut donc un certain temps avant que ces produits, devenus déchets, puissent être recyclés ;
  • la massification des déchets qui permet le recyclage repose sur la performance de la collecte, qui, en théorie, ne peut dépasser 80% du gisement ; le point de départ est actuellement si bas qu’il ne pourra monter que progressivement ;
  • le taux de croissance du marché des terres rares est tel, à horizon prévisible, qu’il devancera toujours de très loin les possibilités de recyclage.   

Quelles possibilités de substitution aux terres rares ?

Actuellement pas d’alternatives à performance équivalente

Des progrès en recherche et développement (R&D) suscitent parfois des espoirs, mais la voie vers l’industrialisation s’avère souvent plus longue que prévu. En 2021, un groupe allemand a communiqué sur un procédé pour produire des aimants permanents sans terres rares, mais rien n’est encore sorti du laboratoire. En 2018, Toyota a annoncé une innovation permettant de passer du Néodyme au Lanthane et au Cerium, plus abondants et moins chers. Cette innovation demande de compenser la baisse de performance des aimants par des technologies préservant la résistance des métaux à la chaleur. L’industrialisation du procédé est attendue d’ici une dizaine d’années.   

Seules des ruptures technologiques vont permettre une substitution des terres rares

En ce qui concerne les véhicules électriques ou hybrides, la recherche porte en premier sur la disparition de l’utilisation des aimants. C’est le cas de Renault et de sa Megane Electric avec des aimants permanents au rotor bobiné au cuivre, dont les fils spécialement disposés et triés résistent à la force centrifuge du rotor. Le courant est modulé afin de limiter la consommation électrique de la batterie à grande vitesse ou sur autoroute.
Concernant les véhicules Tesla, ses premiers modèles étaient dotés de moteurs à induction à courant alternatif sans terres rares. En mars 2023, Tesla a annoncé un moteur plus efficace, moins cher, et sans trace de terres rares. Il s’agit de diviser par deux le coût de production des voitures électriques pour viser le marché de masse. Mais le nouveau procédé reste un mystère.

En ce qui concerne les éoliennes en mer, de nouvelles technologies à partir de supraconducteurs réduisent voire suppriment la dépendance aux terres rares. Les supraconducteurs permettent en effet aux courants de haute intensité de circuler sans perdre d’énergie du fait de la résistance électrique.

En 2018, Envision Energy, société danoise, a mis à l’essai un générateur supraconducteur sur l’une de ses éoliennes. Cette technologie réduirait le poids de l’éolienne, une aubaine pour les éoliennes offshore, de plus en plus puissantes.
En 2018 également, l’entreprise française Jeumont Electric, investie avec huit partenaires européens, envoyait en Allemagne la première machine utilisant la supraconductivité dans les génératrices de turbines éoliennes, pour être testée avant d’être exploitée sur une éolienne au Danemark.
En 2019, les États-Unis, via le département de l’énergie, ont financé quatre projets de développement d’éoliennes de plus de 10 MW, pour réduire ou supprimer le recours aux terres rares par l’utilisation de supraconducteurs.

En 2022, France Relance a retenu, pour le financer, le prototypage d’un supraconducteur pour éoliennes en mer de grande puissance. Le projet est porté par une filiale de General Electric, Steam Power, dont un accord de rachat par EDF a été signé en novembre 2022.  

Ainsi, sur toute la chaîne de valeur des terres rares, la France et l’Europe sont dans un rapport de dépendance marqué par rapport à la Chine. La situation peut même être qualifiée d’instable et de dangereuse face aux possibilités de restriction de la Chine sur ses exportations à base de terres rares, en raison de la hausse prévue de la consommation chinoise.

Il existe néanmoins des ouvertures pour l’Europe pour diminuer cette dépendance : potentiel d’exploitation minière de terres rares dans l’Arctique européen, perspectives de recyclage, en particulier des aimants permanents, passage aux technologies de supraconduction. Ces stratégies permettraient de retrouver une part de souveraineté si elles étaient toutes les trois menées à leur terme, et pas seulement l’une ou l’autre.

Les terres rares. Quels enjeux pour France?

Téléphones portables, disques durs, écrans, vélos ou voitures électriques, turbines d’éoliennes, robots : ni les nouvelles technologies, ni la transition verte ne sont pensables sans les terres rares. Mais elles sont difficiles à extraire et la Chine possède une position dominante. Quelles sont les politiques à développer compte tenu de ces enjeux ?

Les terres rares sont présentes un peu partout dans la croûte terrestre. Leur rareté désigne leur très faible concentration, qui nécessite l’extraction de grands volumes de matière. Globalement l’extraction, la purification, le traitement et la séparation des terres rares sont coûteux en énergie, en eau et en produits chimiques polluants.

Constitution

Les terres rares sont constituées de 17 éléments : 15 lanthanides : Lanthane ; Cérium ; Praséodyme ; Néodyme ; Prométhium ; Samarium ; Europium ; Gadolinium ; Terbium ; Dysprosium ; Holmium ; Erbium ; Thulium ; Ytterbium et Lutécium, ainsi que 2 autres, Scandium et Yttrium. Les terres rares légères sont utilisées pour leurs propriétés magnétiques exceptionnelles, et les terres rares lourdes (celles qui ont le plus de valeur) servent à repousser le point de température où les aimants perdent leur magnétisme.

Usages

  • numérique (téléphones portables, disques durs, écrans) ;
  • énergie (turbines d’éoliennes en mer, moteurs de voitures électriques et hybrides) ;
  • médical (appareils, robots) ;
  • armements

Ni les nouvelles technologies, ni la transition verte ne sont pensables sans les terres rares. Mais elles sont difficiles à extraire et la Chine joue d’une position dominante. Quelles sont les politiques à développer compte tenu de ces enjeux ?

Sortir de la dépendance par rapport au quasi-monopole de la Chine, faciliter l’émergence d’une filière du recyclage, et accélérer les possibilités de substitution. La France et l’Europe ne manquent pas d’enjeux sur les terres rares. 

Leurs usages sont de plus en plus diversifiés (données pour 2021):

  • le premier (31%) étant les aimants permanents (utilisés dans les générateurs, les volants magnétiques, les alternateurs, les moteurs de jouets, d’horlogerie) ;
  • les catalyseurs (18%) (utilisés dans les pots catalytiques des voitures) ;
  • les alliages métallurgiques (18%) (utilisés dans la construction aéronautique, militaire, médicale, etc.) ;
  • le polissage (13%) (utilisé sur la surface de nombreux produits industriels) ;
  • les verres et céramiques (11%) ;
  • le reste représentant 9%.

Les aimants permanents connaissent une croissance débridée. L’éolien et la mobilité bas carbone en consomment 35% du marché mondial, dont la Chine assure 91% de la production. Leur forte croissance (la consommation sera multipliée par trois d’ici 2030 pour l’éolien, et par dix pour les véhicules électriques) pourrait se heurter à une offre limitée des terres rares.

Pays producteurs

Selon l’Institut des études géologiques des États-Unis (USGS), la production mondiale de terres rares, 280 000 tonnes, se répartit entre :

  • Chine 168 000 tonnes, soit 60% du marché mondial ;
  • États-Unis 42 000 tonnes, soit 15% ;
  • Birmanie 25 000 tonnes, soit 9% ;
  • Australie 22 000 tonnes, soit 8% ;
  • Thaïlande 8 000 tonnes, soit 3%.

De petits producteurs complètent le panorama : Brésil, Burundi, Inde, Madagascar et Russie.

Prix

Les prix des terres rares varient en fonction de l’usage et de la rareté de chaque élément. En 2021, le Lanthane ou le Cerium étaient vendus, au kilo, un peu plus de cinq dollars le kilo, alors que le Terbium dépassait 1 709 dollars.

Jusqu’aux années 1980, les États-Unis dominaient le marché des terres rares. Mais one main-d’œuvre moins chère, des gisements plus importants et des lois environnementales souples ont permis à la Chine de faire baisser les prix de vente et, depuis 1995, de devenir le premier producteur mondial. La Chine est en effet le seul pays à accepter des coûts environnementaux très élevés, dus à des techniques productives médiocres mais peu chères.

La Chine prufite de cette position dominante. En 2000, pour privilégier ses industries, elle a réduit de 40% ses exportations, ce qui a provoqué une envolée des prix. En 2010, elle a institué des taxes et des quotas sur ces exportations, ce qui l’a fait condamner par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à deux reprises. En 2011, elle a suspendu ses exportations dans le contexte d’un conflit avec le Japon.

En parallèle, la Chine investit dans l’extraction de terres rares un peu partout dans le monde, pour accroître sa souveraineté et pour conserver le moins de pollution possible à l’intérieur de ses frontières.  

Nouvelles sources

Tout cela a poussé l’Occident à la recherche de nouvelles sources. A partir de la fin des années 2010, des projets de mines et d’usines de raffinage se sont multipliés en Australie et au Canada. En 2013, les États-Unis ont réactivé la mine à ciel ouvert de Mountain Pass en Californie, fermée en 1998 après le déversement accidentel de milliers de litres d’eau radioactive.

En Europe, plusieurs sites prometteurs ont été identifiés en Scandinavie et au Groenland. En janvier 2023, le groupe Suédois LKAB a annoncé la découverte d’un gisement de plus d’un million de tonnes, soit 1% des réserves mondiales identifiées. Le gisement se trouve à Kiruna, en Laponie suédoise, un territoire utilisé pour l’élevage des cerfs par le peuple des Sami.

LKAB aura beaucoup à faire pour obtenir l’acceptabilité sociale nécessaire au bon déroulement des opérations, car un gisement comparable, celui de Nora Kärr, également en Suède, est resté gelé pour des raisons environnementales de 2017 à 2020. Si les études ont repris, la question de l’exploitation est toujours en suspens. L’éventuelle exploitation n’interviendra pas avant dix ou quinze ans, délai minimum pour ouvrir une mine et la mettre en service.

05/03/2025 Des scientifiques russes réaniment des rotifères congelés depuis 24.000 ans

Le réchauffement climatiques permet d’accéder à divers organismes jusqu’ici congelés dans le permafrost. Certains d’entre eux peuvent être ranimés. C’est le cas des Rotifères dits bdelloid rotifers mentionnés dans l’article dont on trouvera ci-dessous des extraits

Les Rotifères constituent un embranchement du règne animal. Ce sont de petits organismes bilatériens protostomiens syndermés mesurant entre 50 µm et 3 mm qui ont souvent une forme de trompette, cylindrique ou sphérique. Wikipédia .

Les rotifères sont des organismes dits extremophiles. Ils peuvent supporter des glaciations prolongées ou des chaleurs solaires extrêmes.

Ils ont été retrouvés dans des parties du permafrost gelé sans interruption depuis la fin du Pléistocène (2,6 millions d’années jusqu’à 11.700 ans bp). Ils étaaient dans un état dit de cryptobiose

La cryptobiose est un état de vie « au ralenti » dans lequel certaines espèces de tardigrades arrivent à accéder. Durant cette phase, leur métabolisme fonctionne à 1 % par rapport au reste du temps. Leurs corps sont ainsi moins demandeurs en termes de ressources et ils se satisfont de conditions de vie plus rudes.

Ils accumulent ainsi des protéines spéciales dite chaperonnes dont le rôle est de prévenir les dommages potentiellement causés par la chaleur sur la structure des protéines.

Nous avons précédemment ici évoqué les hypothèses selon lesquelles de tels organismes circuleraient ainsi dans l’espace galactique et intergalactique pour y apporter la vie.

Pour en savoir plus voir https://www.livescience.com/rotifer-frozen-24000-years-revived.html

06/03/2025 Des organismes terrestres pourraient survivre dans l’espace

Le Centre Allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR) vient de rendre public le rapport de son expérience Biomex, durant laquelle des organismes terrestres ont été soumis aux conditions extrêmes de l’espace.

Le Centre Allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR) vient de rendre public le rapport de son expérience Biomex, durant laquelle des organismes terrestres ont été soumis aux conditions extrêmes de l’espace.

L’expérience Biomex s’est déroulée entre 2014 et 2016 sur la plateforme Expose-R2 de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale (ISS). Sous le contrôle du responsable scientifique de Biomex, Jean-Pierre Paul de Vera, des échantillons de différents organismes, des bactéries, des algues et des champignons ont été confrontés, dans des caissons, au vide spatial et aux rayonnements ultraviolets intenses pendant 533 jours.

« Les prochaines étapes de recherche seraient une nouvelle mission appelée BioSigN, pour Bio-Signatures et Niches Habitables, sélectionnée par l’ESA et qui devrait également être réalisée sur l’ISS » indique Jean-Pierre Paul de Vera. « Nous essaierons de répondre à la question de savoir si la vie des fossiles ou les biomolécules des océans et des grands fonds marins pourraient être détectables après une exposition spatiale. La raison d’utiliser des micro-organismes et des molécules provenant des océans fait sens si nous examinons les océans glacés de notre voisinage dans le système solaire, comme les lunes glacées de Jupiter et de Saturne qui sont très actives ». En effet, les geysers de ces lunes glacées projettent de l’eau et du gaz enrichi en substances organiques dans l’espace. Le but de cette mission sera de déterminer l’origine de ces molécules et de voir si l’on peut détecter la vie à ces endroits.

La résistance de certaines biomolécules et de certains organismes aux conditions spatiales est déja étable. C’est le cas des archées, micro-organismes unicellulaires présents sur Terre depuis plus de 3 milliards d’années. Ils sont qualifiés d’« extrêmophiles » en raison de leur résistance hors du commun. Ce sont les organismes les plus susceptibles d’exister sur d’autres planètes. Ils l’ont prouvé lors de l’expérience en résistant à un an et demi d’exposition au vide spatial et aux conditions de vie martiennes.

Cette découverte laisse espérer la possibilité de recherches systématiques de telles bio-signatures sur Mars, à la recherche d’une forme de vie potentielle passée ou présente. Connaître le type d’organismes à même de supporter ces conditions va en effet permettre aux chercheurs de développer des outils susceptibles de détecter la présence de formes de vie lors de futures missions sur Mars.

Le projet Biomex présente tout de même certaines limites. « Nous devons tenir compte du fait que le temps d’exposition maximal dans l’espace était d’environ un an et demi. Nous ignorons s’il existe une dépendance temporelle au-delà des paramètres testés qui pourrait donner une réponse beaucoup plus négative à la question de la survie dans l’espace » commente Jean-Pierre Paul de Vera. Patrice Coll, directeur du Laboratoire Inter-universitaire des systèmes Atmosphériques (LISA) commente les résultats de cette expérience. « Je ne peux pas dire que ces résultats m’étonnent. Depuis la caractérisation d’un environnement habitable par le passé, comme le cratère Gale, la possibilité d’une vie passée, ou à minima d’une activité probiotique ou biochimique, ne peut être exclue. Les résultats présentés ici confirment ces théories mais sont loin de démontrer que la vie a existé ou existe dans l’environnement de Mars. »
Biomex ouvre cependant la porte à d’autres étapes de recherches.

« Les prochaines étapes de recherche seraient une nouvelle mission appelée BioSigN, pour Bio-Signatures et Niches Habitables, sélectionnée par l’ESA et qui devrait également être réalisée sur l’ISS » indique Jean-Pierre Paul de Vera. « Nous essaierons de répondre à la question de savoir si la vie des fossiles ou les biomolécules des océans et des grands fonds marins pourraient être détectables après une exposition spatiale. La raison d’utiliser des micro-organismes et des molécules provenant des océans fait sens si nous examinons les océans glacés de notre voisinage dans le système solaire, comme les lunes glacées de Jupiter et de Saturne qui sont très actives ». En effet, les geysers de ces lunes glacées projettent de l’eau et du gaz enrichi en substances organiques dans l’espace.

Le but de cette mission sera de déterminer l’origine de ces molécules et de voir si l’on peut détecter la vie à ces endroits.

En termes moins prudents, nous dirions pour notre part que des bio-organismes analogues à ceux trouvés sur la Terre pourraient vivre dans les océans glacés de nombreux astres du système solaire, tels que les océans qui se trouveraient sur les lunes satellites de Jupiter et Saturne.

Ils pourraient également survivre dans l’espace interplanétaire, le temps de passer d’un de ces astres à un astre voisin présentant également des conditions favorables à la vie. Pour passer d’un de ces astres à la Terre, l’eau et les molécules prébiotiques s’y trouvant pourraient avoir être projetés dans l’espace galactique par l’un de ces geysers.

De là, après une traversée interplanétaire plus ou moins longue, ils auraient pu etre introduit sur la Terre par des météorites. C’est déjà le cas aujourd’hui, où la Terre reçoit des éléments de sol marsien provenant d’astéroides ayant frappé Mars avant de rebondir sur la Terre où ils ont pu être analysés.

La Terre aurait définitivement plus de liens avec la planète rouge qu’il n’apparait au premier abord. En effet, des chercheurs ont découvert, dans une étude publiée par la revue scientifique Science Advances le 16 août 2024, qu’environ “200 météorites” proviendraient d’environ “10 évènements d’impact sur la surface de Mars”. 

Les molécules prébiotiques pourraient ainsi voyager d’une planète à l’autre dans un système solaire, d’une galaxie à l’autre et pourquoi pas au sein de l’univers tout entier, dans les espaces intergalactiques. A ces échelles le temps ne compte pas.

O5/03/2025 La vie se propage dans l’espace

Comment la vie complexe que l’on connaît sur la Terre y est-elle apparue ?

L’origine de la vie sur Terre demeure incertaine. Les plus anciens micro-organismes fossiles observés sont datés d’au moins 3,5 Ga durant le Paléoarchéen. comme semblent l’indiquer des restes fossilisés retrouvés dans les roches sédimentaires. La Terre elle-même est devenue habitable il y a 4 milliards d’années, à la fin de l’Hadéen, les conditions nécessaires à l’émergence de la vie s’y trouvant réunies.

Compte tenu de ces chiffres, il a fallu fort peu de temps pour que la vie y apparaisse et s’y multiplie quasi à l’infini, sous un grand nombre de formes dont l’essentiel a disparu, mais dont l’ H Sapiens d’aujourd’hui est le représentant le plus connu.

Se pose alors inévitablement la question de savoir si dans l’univers la Terre est la seule planète ayant connu cette évolution. Ceci semble difficilement admissible. D’après les dernières données recueilles par les observatoires spatiaux, il y aurait dans l’univers visible 2.000.000.000.000 galaxies analogues à la Voie lactée. Ces galaxies comptent en moyenne quelques centaines de milliards d’étoiles et de 5 à 10 fois plus de planètes de type terrestre.

Les galaxies s’organisent en amas de galaxies. Un amas de galaxies, ou amas galactique, est l’association de plus d’une centaine de galaxies liées entre elles par la gravitation

Les amas de galaxies se regroupent ensuite eux-mêmes en superamas, des structures colossales, de l’ordre de 150 millions d’années-lumière et composées de plusieurs dizaines d’amas chacune. Dans l’univers visible, il y aurait quelque 10 millions de superamas.

Dans ces conditions il paraît évident qu’ii y a de la vie analogue à la vie terrestre sur quelques uns de ces planetes. Si vie il y a elle a quasi nécessairement donné naissan ce à des hommes semblables aux humains terrestres. Mais ils sont trop éloignés pour que nous puissions communiquer avec eux.

Et Dieu dans tout cela ? Qu’en pensent les croyants, chrétiens ou musulmans notamment ?