1/09/2025 La guerre des drones

Des drones russes en Pologne

La Pologne a annoncé, jeudi, la limitation du trafic aérien à sa frontière orientale suite à l’intrusion d’une vingtaine de drones présumés russes sur son territoire.

28 restriction en vigueur jusqu’au début 9 décembre, à la demande de commandement de l’armée de l’air polonaise, « est mise en place pour assurer la sécurité nationale », a annoncé l’agence de navigation aérienne polonaise (PAZP) dans un communiqué. « Dans la zone EP R129 [une bande de territoire à la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine], il existe une interdiction de vol de 24 heures pour les aéronefs civils sans pilote [les drones] », selon l’agence.

Des drones ukrainins en Russie

Noscou pris pour cible. Le maire de Moscou Sergueï Sobianine a indiqué dans une série de messages sur les réseaux sociaux que 39 drones se dirigeant vers la capitale avaient été abattus. Jusqu’alors, Moscou avait rarement été ciblée

  • La Russie a indiqué avoir intercepté près de 300 drones ukrainiens dans la nuit de mardi à mercredi, l’une des attaques les plus importantes depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, qui a notamment visé Moscou et perturbé le trafic de plusieurs aéroports.

https://www.sudouest.fr/international/guerre-en-ukraine-moscou-pris-pour-cible-pres-de-300-drones-ukrainiens-interceptes-par-la-russie-24631590.phpene

Qu’attend la France ??

10/09/2025 Les cristaux (cristals) temporels

Dans une étude scientifique parue dans la revue Nature Materials le 4 septembre 2025. des physiciens de l’Université du Colorado précisent comment ils ont obtenu un cristal temporel visible au microscope, voire occasionnellement à l’œil nu.

De quoi s’agit-il ?’il Dans un cristal ordinaire, si la surface est si lisse, c’est parce que les atomes qui le composent sont liés dans une structure qui se répète dans l’espace, comme un maillage qui ne change jamais. Des physiciens se sont alors dits qu’il était possible de recréer cet agencement répétitif, mais dans le temps, puisque dans les lois de la physique, la symétrie existe à la fois dans l’espace et dans le temps. C’est le prix Nobel de physique 2004, Frank Wilczek, qui a émis l’idée le premier en 2012.

Quatre ans plus tard, des physiciens du Maryland ont réussi à observer une telle structure dans une expérience. Ils ont créé un ensemble quantique d’ions rangés en cercle, les ont refroidis jusqu’à ce qu’ils soient stables et immobiles. Une fois les ions immobiles, ils les ont bombardés avec des lasers pour les « exciter et créer une oscillation et un basculement des des ions

La symétrie était donc brisée, ce qui pourrait valoir l’appellation de cristal temporel. Mais, selon la théorie initiale, il y a un problème puisqu’une force externe influe sur le système.

Dans la nouvelle expérience 2025, les chercheurs ont trouvé une autre méthode. Ils se sont servis de cristaux liquides, les mêmes que l’on trouve dans les écrans LCD, et les ont enfermés entre deux plaques de verre colorées. Là, sous l’effet de certains types de lumière, les cristaux ont interagir entre eux et à produit re des mouvements qui se répétaient pendant plusieurs heures.

Un des auteurs, Ivan Smalyukh, précise ceci dans un communiqué de l’Université du Colorado : « Tout naît de rien. Tout ce que vous avez à faire faites est d’allumer une lumière ; alors tout ce monde de cristaux temporels émerge ». Ici, ce n’est pas directement la lumière qui influe sur les cristaux, mais plutôt le fait que sous son effet, les molécules colorées du verre changent d’orientation, ce qui exerce une pression sur les cristaux liquides piégés au milieu.

De l’informatique quantique aux billets de banque

Il y a donc bien une énergie extérieure, ce qui ne correspond pas tout à fait à la définition de Frank Wilczek selon qui le système devrait être complètement fermé. Reste qu’il y a plusieurs points intéressants : tout d’abord, le phénomène est visible au microscope, et même parfois à l’œil nu, ce qui est remarquable.

De plus puisque l’énergie apportée est minime, on peut commencer à penser à des applications de cette technologie. Les possibilités sont nombreuses dans le champ en pleine mutation de l’informatique quantique, mais pas uniquement. Les chercheurs évoquent la possibilité d’en placer sur des billets de banque pour éviter la contrefaçon et d’en utiliser dans le stockage de données en créant des structures plus grandes et plus complexes.

Tout cela semble lointain. Cependant, les cristaux temporels qui n’étaient qu’un concept théorique il y a 13 ans commencent déjà à faire leur apparition, ce qui laisse penser que les innovations autour de ce concept pourraient bien s’accélérer dans un avenir proche.

AI




09/09/2025 L’AI et la guerre en Ukraine

Notre rôle est de penser l’impensable, selon le directeur du CoLab financé par BAE Systems . C’est la raison pour laquelle nous étudions comment les systèmes de défense seront changés par l’introduction des technologies dites quantiques. Celles-ci s’appuient sur les propriétés des plus petites formes de matière, atomes, électrons et photons. 

Ryan Hanley est General Manager de Infleqtion UK https://info.infleqtion.com/news/category/Infleqtion+UK, qui commrtcialise les plus avancées de ces technologies, telles que la cryptogtaphie quantique. Aujourd’hui il propose des gravitational field monitors qui détectent les chars, les avions et même les troupes au sol par la façon dont ils altèrent le champ gravitationnel de la Terre.

Une autre technologie quantique prometteuse repose sur les

atomic accelerometers,https://m2lasers.com/quantum-accelerometer.htmlqui sont des outils de navigation précise et sure miniaturisés pour le champ de bataille.Ces outils ne peuvent pas etre déformés au contrairee des messages GPS , de moins en moins utilisables par les systèmes militaires.

Par ailleurs aujourd’hui les ressources d’information acquises peuvent être analysées et exploitées par l’Intelligence Artificielle AI .Ces ressouces auraient été abondamment utiliées par l’armée ukkainienne pour comprendre les échanges d’information cryptés entre les uniées russes engagées dans le Donbas et le commandement

Selon Nick Beecroft, International Cybersecurity Lead de BAE Systems Digital Intelligence, un outil d’AI dit Avengers aurait radicalement transformé l’identification des objectifs.

Il va de soi que lorsque les technologies se recoupent et se superposent, leur efficacité augmente d’autant.

A suivre

Ddevelopments on the ground in Ukraine and is impressed at how quickly engineers have learned to harness cutting edge digital technologies. One of the most recent AI-based developments, known as Avengers, has radically scaled-up target identification. “It offers the equivalent of a significant team of military intelligence analysts in a plug-in app,” Beecroft says.

Progress in robotics and automation is also transforming the battlespace. “Most of the magic happens where the technologies overlap,” says Nick Colosimo, head of Group Science & Technology at BAE Systems.

Ukrainian forces are combining AI with crowdsourced data and mapping software to create whole new digital warfare tools

One example is highly accurate sensors combined with smaller, cheaper, energy-efficient processors that run AI systems, which analyse the data being gathered. Add in cheap, powerful actuators that drive machinery such as propellers for drones, and you have a powerful foundation for long-range intelligence gathering. Then there’s the emerging techniques such as neuromorphic computing that aims to copy the efficiency of biological systems. “The growth of all of these things together means it’s easier than ever to build useful and effective robots,” Colosimo says.

At the moment, battlespace robots look like standard military hardware: drones, self-driving supply trucks and autonomous underwater vehicles, for example. But it won’t be long before they look and behave more like people, Colosimo reasons. That’s because  we’ll eventually need robots that operate in our homes and factories using the same tools that we do. “It’s easier to slot a humanoid robot into that world,” he adds.

Tech convergence

All this will be enhanced by the convergences of technologies: quantum computers that use machine learning techniques, for instance. “It will allow you to perform unbelievably enormous complex problem-solving that was previously impossible,” Colosimo says.

This progress is coming faster than anyone expected. Simona Soare, a senior lecturer in Strategy and Technology at Lancaster University, has analysed NATO’s endeavours over the last few decades. She has identified an exponential increase in the complexity and functionality of software – including AI – over this time. “This pace is set to accelerate,” Soare says.

Making the most of these emerging technologies will require a radical re-think about how military technologies are developed and delivered, Soare reckons. In some instances, it might make sense to scrap existing systems rather than find ways to improve them. “Sometimes it’s easier to build a system from scratch than to work out what needs to be replaced in your existing system,” she says. This strategy also makes serendipitous breakthroughs more likely. “Someone who has a blank slate can make progress in surprising ways,” she adds.

Ensuring innovation is rapid enough to keep bad actors in check means changes in approach are needed now. “There’s a lot riding on the way we choose to adopt our ability to innovate, and whether we can adopt at the pace of warfare,” Stockel says.

Battlespace AI is now a vital resource

Artificial intelligence (AI) is everywhere, but how can we best put it to work? Shrewd deployment will be crucial in future conflicts, according to Mike Speirs, a senior leader at applied AI company Faculty AI.

“The 20th century was the age of industrial warfare: tanks, planes, aircraft carriers and so on,” he says. Now, data-gathering is as important as firepower. “The 21st century is the age of cognitive warfare where strategic advantage comes from superior sensing, understanding and adapting. It’s about algorithms and the speed of decision-making.”

In other words, wars are won by those who understand the battlespace better and faster, and AI will be a crucial advantage. Speirs sees a range of areas where AI will make a strategic difference. One is predictive logistics that forecast supply requirements. Then there is collaboration between human and machine intelligence, whether for weapon firing or for dealing with disinformation on social media. But perhaps most important will be working out the intent of potential adversaries. “These days there is simply too much information available for human analysts,” he says.

08/09/2025 Les tortues géantes des Galapagos

Elles ont fasciné les marins, captivé Charles Darwin. Mais, au milieu du XIXe siècle, les tortues géantes des Galapagos avaient disparu. Des scientifiques ont organisé leur retour.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tortue_g%C3%A9ante_des_Gal%C3%A1pagos

Les Îles Galápagos tiennent leur nom des tortues géantes qui les peuplent depuis des millions d’années. Des animaux hybrides comme celui-ci vivent dans une aire isolée de l’île Isabela, devenue un véritable laboratoire de la recherche génétique.

En octobre 1820, un baleinier de Nantucket, l’Essex, jeta l’ancre dans les eaux turquoise de l’île Floreana, aux Galápagos. Leurs baleinières accostées au rivage, les marins se frayèrent un chemin dans les roches basaltiques, les épais buissons et les cactus. Empruntant des voies piétinées par des reptiles d’un autre âge, ils étaient « sur le qui-vive quant à l’objet de leur recherche », écrivait le mousse Thomas Nickerson.

Leur cible ? Les tortues géantes des Galápagos. Elles étaient différentes d’une île à l’autre, mais toutes fournissaient leur viande aux marins. Quand les baleiniers américains découvraient une petite tortue, ils la renversaient, lui liaient les pattes avec des sangles en toile et la portaient comme un sac à dos. Les plus grosses, certaines pesant plus de 225 kg, étaient suspendues à de longues perches et transportées par quatre à six hommes jusqu’au bateau en traversant les chaos de roche volcanique.

Une fois à bord, les marins entassaient les captives à l’envers les unes sur les autres et les laissaient parfois un an sans nourriture. « Elles ne mangent ni ne boivent, et on ne prend pas le moindre souci d’elles, écrivait le premier lieutenant de l’Essex Owen Chase. Elles sont éparpillées sur le pont, on leur marche dessus ou on les range dans la cale selon les besoins. » Sur l’île Floreana, l’équipage captura soixante tortues à carapace en forme de selle. Leur viande, racontait Thomas Nickerson, était « la plus riche et la plus goûteuse qui m’ait jamais contenté ». Puis le navire mit le cap sur une zone de pêche à la baleine où, un mois plus tard, il fut percuté par un cétacé

Au cours du naufrage, les marins récupérèrent autant de tortues que pouvaient en contenir leurs petites baleinières ; ils les mangèrent durant leur funeste périple vers les côtes sud-américaines, avant de s’entre-dévorer. Quant aux autres tortues, elles sombrèrent, et quelques-unes dérivèrent sans doute plus loin.

L’Essex n’était pas le seul, loin de là, à décimer les populations de ces reptiles des Galápagos. Quand Darwin débarqua à Floreana en 1835, lors du voyage qui allait voir naître sa théorie de l’évolution, il entendit parler de baleiniers qui s’étaient emparés de 700 tortues d’un coup. « Leur nombre s’est bien entendu grandement réduit sur cette île », a-t-il noté. Les historiens estiment que, entre 1774 et 1860, quelque 100 000 de ces animaux sur les 300 000 qui peuplaient l’archipel à l’arrivée des Espagnols, en 1535, furent capturés par les navires de passage, entraînant un fort déclin de chacune des quinze espèces des Galápagos et menant trois d’entre elles à l’extinction. La tortue de Floreana, vue pour la dernière fois dans les années 1850, fut la première à disparaître.

Le nord de l’île Isabelaest couvert de roches magmatiques provenant du volcan Wolf. C’est là que, près de cent cinquante ans après la disparition de la tortue de Floreana, une population inhabituelle de tortues a été découverte.

Mais, presque deux siècles tard, elle devrait être la première espèce éteinte des Galápagos à revenir sur ses terres ancestrales. Son retour survient après que la « résurrection » du « loup terrible » (Canis dirus) disparu depuis plus de 10 000 ans a fait la une et que les scientifiques recherchent les gènes de créatures éteintes de longue date, comme les mammouths laineux.

Mais, quand ceux-ci reviendraient dans un monde qui a vécu des millénaires sans eux, les descendants des tortues de Floreana réinvestiront des lieux où celles-ci évoluaient il y a peu et joueront à nouveau un rôle crucial dans un écosystème qui a désespérément besoin d’eux.

Pour accomplir cette prouesse, et réparer l’un des préjudices majeurs de l’histoire des Galápagos, des chercheurs dédiés à cette cause n’ont pas seulement travaillé aux limites du séquençage génétique pour identifier une espèce aujourd’hui disparue ; ils ont aussi exploré les coins les plus reculés de l’archipel et retrouvé quantité d’os et de carapaces dans les archives poussiéreuses des musées.

Cette aventure scientifique a commencé en 2000, quand des experts en conservation arpentant la végétation touffue des ravins au pied du volcan Wolf, au nord-ouest de l’île Isabela, ont confirmé des observations passées signalant la présence de tortues à l’allure différente. Leur carapace était en forme de selle, ce qui les distinguait de leurs consoeurs à carapace bombée, plus fréquentes sur les pentes plus en hauteur et plus humides du volcan.

« Il y avait des groupes de tortues qui n’avaient pas l’air d’être à leur place », se souvient le biologiste en conservation James Gibbs, Explorateur pour National Geographic et directeur du Galápagos Conservancy, un organisme de protection et de restauration des écosystèmes sauvages de l’archipel. Pour en savoir plus, il décida avec son équipe de prélever des échantillons sanguins « sur chaque tortue d’apparence inhabituelle ». Ils ont donc posé des marqueurs d’identification sur autant d’animaux que possible et ont expédié les prélèvements à leur partenaire de recherche Adalgisa Caccone, biologiste de l’évolution à l’université Yale, aux États-Unis, et également Exploratrice pour National Geographic.

Mais, en analysant l’ADN des échantillons, elle n’a pas réussi à identifier les séquences envoyées : aucune ne correspondait avec celles des espèces de tortues vivantes enregistrées dans sa base de données génétiques. Elle les surnomma alors « aliens ».

Les tortues comme celle-ci, élevées au centre de reproduction de Santa Cruz, seront réintroduites sur l’île Floreana, d’où elles ont disparu. Environ 300 de ces hybrides sont aujourd’hui prêts à être relâchés, après l’éradication des rats et des chats , prédateurs potentiels.

Les chercheurs ont alors envisagé la possibilité que des tortues d’autres îles aient rejoint le rivage depuis des baleiniers comme l’Essex. La baie de Banks, devant le versant occidental du volcan, était en effet le dernier mouillage pour de nombreux navires en route vers les zones de chasse à la baleine, et les marins jetaient parfois par-dessus bord leur surplus de tortues avant de hisser les voiles. Quelques-unes auraient pu nager jusqu’au rivage, gravir les pentes du volcan, s’installer parmi les tortues indigènes et, finalement, se reproduire avec elles. Les baleiniers étaient responsables de la perte de nombre de ces bêtes – ils en mangeaient la plupart et en ramenaient certaines comme trophée ou animal de compagnie. Mais, si cette hypothèse se vérifiait, ils auraient peut-être aussi assuré sans le savoir leur survie génétique. Ce n’est qu’après des années d’avancées dans le séquençage que les chercheurs auraient le moyen de comprendre que les marins avaient bien fourni des indices pour « ressusciter » une espèce.

Les scientifiques oeuvrent à la sauvegarde des tortues géantes des Galápagos depuis le milieu du XXe siècle, alors qu’il n’en restait plus que quelques milliers dans l’archipel. Si les baleiniers avaient disparu, les tortues continuaient d’être les proies des animaux qu’ils avaient ramenés : les rats, les cochons, les chiens, les fourmis (qui s’attaquent aux oeufs et aux petits), les chèvres et les ânes qui piétinent et dévorent leurs réserves de nourriture. Les responsables du parc national des Galápagos savaient qu’ils devaient agir vite s’ils ne voulaient pas risquer de perdre encore des espèces. Or, au début des années 1960, les équipes de conservation disposaient d’un arsenal assez limité pour parvenir à les sauver.

Pour la suite, voir

https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2020/01/une-tortue-des-galapagos-sex-symbol-dun-programme-de-reproduction-reussi

07/09/2025 Une nouvelle radiothérapie révolutionnaire efface les traces de cancer chez un patient sur cinq

Au jour du 3 septembre 2025 le site Slate a publié un article qui semble impotant dans le traitement de certains cancers. En voici les principaux éléments

https://www.slate.fr/sante/nouvelle-radiotherapie-revolutionnaire-efface-traces-cancer-patient-radioligand-colon-poumon-novartis

Un essai clinique démontre l’efficacité spectaculaire de la thérapie par radioligand: jusqu’à 21% des patients traités ne présentaient plus aucune trace de la maladie après six mois. Une avancée que les oncologues qualifient d’«événement inédit».

Il faudra sans doute encore dix à quinze ans pour bâtir un écosystème global capable d’absorber la demande et en garantir l’efficacité

démnt le monde de la cancérologie: une nouvelle forme de radiothérapie ciblée, la thérapie par radioligand développée par Novartis, a permis d’effacer totalement les traces de cancer chez certains patients en seulement six mois. Les oncologues, parmi lesquels Michael Morris du Memorial Sloan Kettering, un centre de recherche sur le cancer basé à New York, parlent d’un «événement jamais vu», rapporte un article du Financial Times. Et pour cause: jusqu’à 21% des participants ont présenté des scanners exempts de toute maladie après traitement.

Contrairement à la radiothérapie classique, généralement administrée en externe et susceptible d’endommager les tissus sains, la thérapie par radioligand consiste à infuser des radio-isotopes directement dans le sang. Le but est de cibler les récepteurs présents sur les cellules cancéreuses afin de permettre une irradiation ultra sélective et limitant les effets indésirables. Cette technique marque une rupture dans la manière d’aborder les cancers métastatiques, longtemps considérés comme incurables.

La multinationale suisse, pionnière du secteur, s’est imposée grâce au rachat d’Advanced Accelerator Applications –fondée par des chercheurs du CERN– puis de la biotech américaine Endocyte. Ces acquisitions ont permis à Novartis de lancer les traitements Lutathera, destiné aux tumeurs gastro-intestinales, puis Pluvicto contre le cancer de la prostate, avec une homologation américaine en 2022. La société s’est rapidement retrouvée en tête d’une course mondiale à l’innovation, talonnée par d’autres laboratoires comme Lilly, AstraZeneca ou Sanofi.

Le succès de la radiothérapie par radioligand suscite une compétition féroce: de nouveaux acteurs émergent, tout comme les fournisseurs d’isotopes radioactifs, essentiels à la fabrication du médicament. Novartis a sécurisé une part importante de la production mondiale de lutétium, tandis que les concurrents explorent d’autres isotopes comme l’actinium, parfois importés de Russie. Petit détail qui a son importance: le médicament doit être produit, contrôlé et livré à chaque patient en quelques jours à peine, sous peine de perdre en efficacité.

Usines fortifiées et protocoles stricts

Les laboratoires de Novartis à Bâle (Suisse) ont été renforcés par 40 tonnes de plomb pour assurer la sécurité du personnel, qui porte jusqu’à deux dosimètres pour surveiller l’exposition aux radiations. L’administration de la thérapie implique parfois l’isolement des patients dans des chambres plombées, avec une gestion rigoureuse des déchets biologiques radioactifs.

Au-delà du cancer de la prostate, Novartis teste sept autres thérapies par radioligand dans quinze essais cliniques, avec des études préliminaires sur des cancers du poumon, du sein, du pancréas et du côlon. L’entreprise s’efforce de développer des médicaments capables de cibler des mutations génétiques spécifiques présentes dans les tumeurs, afin d’épargner au maximum les cellules saines.

La montée en puissance de Pluvicto, qui a généré près de 1,4 milliard de dollars de ventes en 2024 (1,2 milliard d’euros environ), pourrait porter la valeur du marché à plus de 25 milliards annuels (21,4 milliards d’euros environ), si les promesses sont tenues. Novartis a construit un écosystème de production complexe, avec des sites aux États-Unis, en Europe, en Chine et au Japon, créant un avantage concurrentiel difficile à rattraper pour les rivaux.

L’expansion de la radiothérapie par radioligand, vue comme le futur du traitement du cancer, dépend de plusieurs facteurs: les fonds investis, bien sûr, mais également la formation des cliniciens et l’édification de nouvelles infrastructures hospitalières. Il faudra sans doute encore dix à quinze ans pour bâtir un écosystème global capable d’absorber la demande et démocratiser cette innovation.

Malgré ces obstacles logistiques et réglementaires, Novartis garde une longueur d’avance, estimant être prêt à surmonter la plupart des problématiques industrielles. L’entreprise investit massivement dans la recherche de solutions sur mesure pour chaque type de cancer, marquant une nouvelle frontière dans la médecine nucléaire.

07/09/2025 Apparition de cancers pulmonaires chez les non-fumeurs

Un cancer du poumon appelé aussi cancer bronchopulmonaire ou cancer bronchique est une maladie des cellules des bronches ou plus rarement, des cellules qui tapissent les alvéoles pulmonaires .

Le cancer du poumon e est un cancer fréquent, en nette progression chez la femme. Le facteur de risque principal est le tabagisme actif mais aussi passif. D’autres facteurs environnementaux ou professionnels sont reconnus comme cancérigènes.

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cancer-poumon/comprendre-cancer-poumon

Ceci dit, il ne suffit pas de cesser de fumer pour diminuer les risques. Une étude parue en 2023 dans Nature a mis en lumière le rôle de la pollution atmosphérique dans l’apparition de cancers pulmonaires chez des non-fumeurs. L’exposition prolongée aux particules fines déclenche une inflammation du poumon, qui stimule la croissance de cellules déjà porteuses de mutations. Trois ans passés dans une zone urbaine très polluée suffiraient à enclencher ce processus.

De cette découverte découle une piste thérapeutique inattendue: plutôt que de cibler uniquement les mutations, pourquoi ne pas agir sur l’inflammation elle-même? Bloquer certaines protéines du système immunitaire, comme l’interleukine-1, a par exemple permis de freiner l’apparition de tumeurs chez la souris exposée à la pollution.

Ces traitements pourraient offrir une protection précieuse aux personnes à haut risque, qu’il s’agisse des porteurs de mutations héréditaires, des anciens fumeurs, ou de ceux déjà traités pour un premier cancer.

Cette approche encore émergente annonce peut-être un tournant majeur qui fera de la lutte contre le cancer non plus uniquement une guerre d’éradication des «mauvaises» cellules, mais une stratégie d’équilibre, nourrissant la vitalité des cellules protectrices et maîtrisant les réponses inflammatoires de l’organisme avant même que les cancers n’apparaissent. Un pari qui, à mesure que l’espérance de vie s’allonge et que le cancer touche une proportion croissante de la population, pourrait devenir l’un des enjeux médicaux majeurs des prochaines décennies.

Référence

Clément Poursain – 5 septembre 2025
Santérecherchecancergénétiquecellulescancers

Sur le même sujet

Une nouvelle radiothérapie révolutionnaire efface les traces de cancer chez un patient sur cinq

06/09/2025 Aurait-t-on trouvé un nouveau moyen de prévenir l’apparition du cancer ?


En réalité, les mutations dites «conductrices», qui favorisent l’émergence d’un cancer, ne sont pas rares dans notre organisme, sans pour autant déclencher systématiquement de graves maladies.

On en trouve par exemple dans environ un quart des cellules de la peau en apparence normale. Passé la quarantaine, plus de la moitié de l’œsophage et près de 10% de la muqueuse de l’estomac sont déjà tapissés de cellules porteuses de ces anomalies génétiques. Ces zones visiblement à risque ont également été détectées dans le côlon, les poumons ou encore les ovaires.

https://a70e239a1e0eb6f56017a989836fea73.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-45/html/container.html

Alors, pourquoi ces cellules, qui semblent prêtes à basculer dans la malignité, ne forment-elles pas systématiquement des tumeurs? La réponse en train d’émerger est fascinante. Les cellules mutées ne vivent en fait pas seules, leur destin dépend aussi de leurs voisines, parfois dotées de mutations bénéfiques qui limitent la prolifération des plus dangereuses.

Dans ce microcosme biologique, la compétition fait rage et il semble que renforcer les cellules saines «protectrices» pourrait devenir une stratégie prometteuse pour prévenir le cancer. Cette idée découle d’une compréhension nouvelle de la dynamique des tissus. Comme chaque division cellulaire s’accompagne de mutations aléatoires, les couches superficielles de nos organes (peau, œsophage, estomac) deviennent un champ de bataille génétique. Les cellules les plus adaptées survivent et poussent hors du tissu celles qui le sont moins.


Les cellules précancéreuses elles-mêmes peuvent se voir délogées par d’autres, mieux armées. Des expériences menées chez la souris montrent même que de minuscules tumeurs encore embryonnaires peuvent être neutralisées de cette manière.

Cette compétition pourrait expliquer pourquoi certaines altérations génétiques apparaissent tôt dans la vie, mais ne mènent pas toujours à un cancer. Des prises de sang successives révèlent que le nombre de cellules potentiellement à risque varie au fil du temps, certaines disparaissant, d’autres renaissant. La médecine pourrait-elle alors orienter cette rivalité en faveur des cellules les plus protectrices?

https://a70e239a1e0eb6f56017a989836fea73.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-45/html/container.html

C’est ce qu’ont tenté des chercheurs britanniques du Wellcome Sanger Institute. En étudiant une mutation fréquente du gène PIK3CA, connu pour favoriser la croissance cellulaire, ils ont observé que les cellules ainsi altérées modifiaient leur métabolisme de façon à supplanter leurs voisines.

Surprise: en administrant à des souris de la metformine, un antidiabétique bien connu, ils ont induit le même changement métabolique chez les cellules saines, leur permettant de rivaliser d’égal à égal et d’empêcher la conquête des cellules mutées.

A contrario, un régime riche en graisses a offert un terrain favorable aux cellules cancérigènes, un constat qui résonne avec les données liant obésité et cancer de l’œsophage.

Des limites

Mais cette approche a ses limites et les mutations «bénéfiques» ne le sont pas universellement: une altération protectrice pour l’œsophage peut être neutre, voire dangereuse, dans la peau. Pour cartographier ce paysage génétique complexe, les chercheurs s’appuient désormais sur l’outil CRISPR, capable de modifier rapidement et précisément des gènes dans des cellules vivantes.

«Nous pouvons examiner 15.000 gènes en trois mois», se félicite l’équipe de Phil Jones du Wellcome Sanger Institute –un travail qui aurait pu prendre plusieurs années autrefois.

Ces travaux redéfinissent aussi notre compréhension des causes profondes du cancer, les mutations n’étant pas les seuls facteurs à surveiller. Les facteurs environnementaux jouent un rôle essentiel, en grande partie via les inflammations chroniques. De nombreuses substances réputées cancérigènes ne provoquent pas directement de mutations, mais entretiennent des micro-inflammations persistantes qui «réveillent» les cellules précancéreuses.

Urbanisation, pollution, reflux gastriques répétés ou infections chroniques fournissent autant de terrains inflammatoires favorables à la transformation tumorale.

https://a70e239a1e0eb6f56017a989836fea73.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-45/html/container.html

Ainsi, une étude parue en 2023 dans Nature a mis en lumière le rôle de la pollution atmosphérique dans l’apparition de cancers pulmonaires chez des non-fumeurs. L’exposition prolongée aux particules fines déclenche une inflammation du poumon, qui stimule la croissance de cellules déjà porteuses de mutations. Trois ans passés dans une zone urbaine très polluée suffiraient à enclencher ce processus. On retrouve un schéma analogue avec le rayonnement solaire ou certaines bactéries chroniques de l’intestin.

De cette découverte découle une piste thérapeutique inattendue: plutôt que de cibler uniquement les mutations, pourquoi ne pas agir sur l’inflammation elle-même? Bloquer certaines protéines du système immunitaire, comme l’interleukine-1, a par exemple permis de freiner l’apparition de tumeurs chez la souris exposée à la pollution.

Ces traitements pourraient offrir une protection précieuse aux personnes à haut risque, qu’il s’agisse des porteurs de mutations héréditaires, des anciens fumeurs, ou de ceux déjà traités pour un premier cancer.

Cette approche encore émergente annonce peut-être un tournant majeur qui fera de la lutte contre le cancer non plus uniquement une guerre d’éradication des «mauvaises» cellules, mais une stratégie d’équilibre, nourrissant la vitalité des cellules protectrices et maîtrisant les réponses inflammatoires de l’organisme avant même que les cancers n’apparaissent. Un pari qui, à mesure que l’espérance de vie s’allonge et que le cancer touche une proportion croissante de la population, pourrait devenir l’un des enjeux médicaux majeurs des prochaines décennies.

Référence

Clément Poursain – 5 septembre 2025

Santérecherchecancergénétiquecellulescancers

Sur le même sujet

Une nouvelle radiothérapie révolutionnaire efface les traces de cancer chez un patient sur cinq

L’Amoc

L’Amoc Atlantic meridional overturning circulation, est une part essentielle de la circulation d’eau océanique en Atlantique Nord. Or une étude récente vient de montrer qu’avec le réchauffement climatique il risquait dans les prochaines années de disparaître.t.

L’Amoc conditionne du système climatique global. Il apporte des eaux tropicales chaude vers l’Europe et vers l’Arctique. Là il s’y refroidit et forme courant de retour profond qui stabilise les eaux tropicales. Or les observations mntrent depuis frd siècles il n’a jamais été aussi faible De nouveaux modles prévoient que sa disparirition totale serit envigeable 50 à 100 ans plus tard99 plus tard.

Les scientifiques avaient prévenu qu’il faudraitr éviter à tout ptix t prix la disparion de l’Amoc sinon les été seraient brulants et les hivers glcialsal

En mai 2025, une étude publiée dans Nature avait mis en évidence une étendue d’eau froide (cold blob) au sud du Groenland, signe selon ses auteurs que ² les eaux ne plongent pas dans les profondeurs aussi vite qu’elles le devraient. Et donc, que l’AMOC s’affaiblit plus rapidement que prévu.

Les effets du dérèglement climatique ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Dans le scénario d’un arrêt de l’AMOC, la France, au lieu de suffoquer se refroidirait. D’après l’étude parue dans Environmental Research Letters, ce phénomène entraînerait en effet un « fort refroidissement » de l’Europe de l’Ouest (en raison d’une baisse du transport de chaleur dans l’air de plus de 80 %).  

« L’Europe serait méconnaissable par rapport à aujourd’hui », a quant à lui averti le climatologue britannique David Thornalley, co-auteur de l’étude parue dans Nature, dans les colonnes du Daily Mail. Les températures pourraient atteindre jusqu’à –30°C en Écosse. « On assisterait à un nombre considérable de réfugiés climatiques et les tensions géopolitiques s’intensifieraient », a-t-il ajouté. Le Vieux continent verrait également ses précipitations chuter et avec elles, ses rendements agricoles. 

En Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud, régions très dépendantes de l’agriculture de subsistance, les volumes de précipitations annuels pourraient être réduits de 20 à 30 %, ont déjà estimé d’autres études. Le phénomène ajouterait 50 cm à la montée déjà importante du niveau de la mer

« L’océan est déjà en train de changer, a souligné Jonathan Baker, du Meteo Office Hadley Centre au Royaume-Uni. Même si un effondrement est peu probable, un affaiblissement majeur est attendu, ce qui pourrait à lui seul avoir de graves conséquences sur le climat européen dans les décennies à venir. ‘

bL’effondrement effondremennnt de l’Amoc est de plus en plus prévible




L’AmocC Atlantic meridional overturning circulation, est une part essentielle de la circulation d’eau océanique dans l’Alantique Nord. Or une étude récente vient de monter qu’avec le réchauffement climatique, l’Apc risquait dans les prochaines années de disparaître. Si il ne disparaissait pas complètement, il perdrait toute efficacité dans l’atténuation des différences de tempétueusement entre lesrégions bénéficient de son influencet.

L’Amoc est une part importante du système climatique global. Il apporte des eaux tropicales chaude vers l’Europe et vers l’Arctique. Là il s’y refroidit et forme un courant de retour profond qui stabilise les aux tropicales. Or les observations des climatologues montren que depuis 1600 ans il n’a jamais été aussi faible. De nouveaux modèes prévoient que sa disparition pourrait survenir 50 à 100 ans plus tard99 plus tard.

Les scientifiques avaient prévenu qu’il faudraitr éviter à tout prix la disparion de l’Amoc sinon les été seraient brulants et les hivers glacials

En mai 2025, une étude publiée dans Nature avait également mis en évidence une étendue d’eau froide (cold blob) au sud du Groenland, signe selon ses auteurs que les eaux ne plongent pas dans les profondeurs aussi vite qu’elles le devraient. Et donc, que l’AMOC s’affaiblit plus rapidement que prévu.



Les effets du dérèglement climatique ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Dans le scénario d’un arrêt de l’AMOC, la France, au lieu de suffoquer à longueur de temps prendrait plutôt… un gros coup de froid. D’après l’étude parue dans Environmental Research Letters, ce phénomène entraînerait en effet un « fort refroidissement » de l’Europe de l’Ouest (en raison d’une baisse du transport de chaleur dans l’air de plus de 80 %).  

« L’Europe serait méconnaissable par rapport à aujourd’hui », a quant à lui averti le climatologue britannique David Thornalley, co-auteur de l’étude parue dans Nature, dans les colonnes du Daily Mail. Les températures pourraient atteindre jusqu’à –30°C en Écosse. « On assisterait à un nombre considérable de réfugiés climatiques et les tensions géopolitiques s’intensifieraient », a-t-il ajouté. Le Vieux continent verrait également ses précipitations chuter et avec elles, ses rendements agricoles. 

En Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud, régions très dépendantes de l’agriculture de subsistance, les volumes de précipitations annuels pourraient être réduits de 20 à 30 %, ont déjà estimé d’autres études. Cerise sur le gâteau, le phénomène ajouterait 50 cm à la montée déjà importante du niveau de la mer (+1,1 mètre d’ici 2100 dans le scénario pessimiste du GIEC, avec un risque de 5 % d’atteindre +2,38 mètres). 

Si ce sombre scénario digne du film Le Jour d’après, dans lequel l’arrêt complet du Gulf Stream déclenche une série de catastrophes sur la côte américaine, ne devrait pas se produire au cours de ce siècle, ce « problème » ne concerne pas seulement de lointaines générations futures. « L’océan est déjà en train de changer, a souligné Jonathan Baker, du Met Office Hadley Centre au Royaume-Uni. Même si un effondrement est peu probable, un affaiblissement majeur est attendu, ce qui pourrait à lui seul avoir de graves conséquences sur le climat européen dans les décennies à venir. Mais l’avenir de la circulation atlantique est toujours entre nos mains. » 

05/08/2025 L’activité cérébrale

La neurobiologie dispose d’outils pour enregistrer la dynamique de cette activité électrique, à diverses échelles spatiales et temporelles. Petit à petit, on a découvert que, quelle que soit l’échelle à laquelle on l’observe, l’activité cérébrale évolue dans le temps et selon sa localisation dans le cerveau. Qui plus est, les dynamiques spatiales et temporelles des activités électriques enregistrées sont très irrégulières, et le cerveau est capable de passer d’un type d’activité électrique à un autre, très différent. Ces dynamiques complexes et leurs changements seraient associés au traitement de l’information par le cerveau.

lorsqu’une information nouvelle arrive dans le cerveau, elle modifie la dynamique de fond préexistante, et c’est sans doute cette interaction d’un stimulus et de cette dynamique qui permet au cerveau de répondre au stimulus de façon adaptée et reproductible. Cette conception est fondée sur des dynamiques spatio-temporelles complexes, dont nous allons discuter l’origine et la façon dont elles peuvent être utilisées par le cerveau pour traiter l’information. Nous examinerons d’abord quelques sources possibles de hasard : hasard au niveau des molécules, des cellules, des réseaux. Et pourtant, de ce désordre, naît un ordre à grande échelle, ou du moins un fonctionnement dynamique cohérent et reproductible.

Aléas à tous les niveaux

Quelles sont les causes possibles des dynamiques complexes observées expérimentalement ? À l’échelle moléculaire, les neurones émettent des impulsions électriques grâce à des protéines insérées dans leur membrane externe – des canaux ioniques –, qui peuvent être ouvertes, et laisser passer des ions, ou fermées, et empêcher ce passage.

Or l’état des canaux fluctue de façon aléatoire dans le temps, la probabilité d’ouverture et de fermeture dépendant notamment du potentiel de membrane, c’est-à-dire de la différence de potentiel de part et d’autre de la membrane (ou schématiquement de la différence des concentrations ioniques). Cette propriété explique l’émission d’impulsions électriques par les neurones. Notons que la forme des impulsions produites par ce mécanisme aléatoire est néanmoins remarquablement constante.

Comme c’est le cas pour tous les types de cellules, le comportement des neurones résulte des réactions biochimiques et des régulations génétiques intracellulaires. Or les dynamiques temporelles de ces réactions ou voies de régulation ont une composante aléatoire, ce qui a aussi des conséquences importantes sur le comportement électrique des neurones.

La transmission des impulsions électriques entre neurones est assurée par les neurotransmetteurs présents dans les zones de contact entre deux neurones, les synapses. Or la quantité de neurotransmetteurs libérés à chaque événement de transmission est très variable, de sorte que l’impulsion émise par un neurone en réponse à un autre a elle aussi une importante composante aléatoire. À l’échelle du neurone, la diversité des types de neurones et de leurs réponses à un même stimulus est considérable. D’une part, le nombre de sous-types de neurones dans le cortex est grand (sans doute des dizaines), et ils ont des comportements différents. D’autre part, des études expérimentales ont montré que la réponse d’un neurone à certains stimulus peut être très variable. Enfin, des études théoriques indiquent que le comportement électrique d’un neurone, même isolé des autres, peut présenter une dynamique chaotique.

De plus, non seulement les populations de neurones sont nombreuses, mais chaque neurone est connecté à d’innombrables neurones. Une cellule pyramidale du cortex, par exemple, est connectée à environ 10 000 autres neurones et reçoit de l’ordre de 70 000 impulsions électriques élémentaires plus ou moins indépendantes chaque seconde. Ce bombardement a un aspect aléatoire et engendre un « bruit synaptique », une activité de fond intense et irrégulière qui influe sur la façon dont les neurones réagissent à un stimulus.

Enfin, le réseau des connexions entre neurones a lui-même une structure partiellement aléatoire, qui engendre dans certains cas des comportements chaotiques. De surcroît, les connexions entre neurones sont dynamiques : l’influence d’un neurone sur un autre varie dans le temps. Ce phénomène, dit de plasticité synaptique, est en grande partie responsable des changements de comportements dynamiques des réseaux de neurones cérébraux.

Distinguer le bruit du chaos

Ainsi, le fonctionnement du cerveau, de l’échelle moléculaire à l’échelle des réseaux de neurones, constitués de millions de cellules, est soumis à de multiples sources de complexité dynamique se manifestant sous forme de bruit ou de chaos. En quoi le bruit se distingue-t-il du chaos ? D’un point de vue expérimental, le bruit est une composante aléatoire qui se superpose à la partie déterministe d’un signal. Mathématiquement, le bruit est souvent représenté par une suite de variables aléatoires indépendantes. Et dans un système bruité, la connaissance des conditions initiales ne permet pas de connaître l’évolution future du système.

Dans un système chaotique déterministe, la connaissance des conditions initiales autorise en théorie à déterminer l’évolution du système à long terme. En revanche, pour que l’on puisse prédire cette évolution, il faudrait connaître l’état initial avec une précision infinie… Ce qui n’est évidemment pas possible. Or la plus petite erreur sur l’état initial engendre, à long terme, un comportement imprévisible. Ainsi, les systèmes chaotiques sont soumis à l’aléa résultant de la connaissance imparfaite des conditions initiales. Dès lors, pour savoir si un signal représente une dynamique chaotique, on doit l’analyser au moyen d’algorithmes de traitement adaptés.

En outre, on sait montrer mathématiquement qu’un système est chaotique en extrapolant son évolution temporelle sur des temps infinis. Le système est chaotique s’il évolue vers un état caractérisé par ce que l’on nomme un attracteur étrange. Un attracteur est une région de l’espace des phases vers laquelle convergent toutes les trajectoires des points associés au système étudié (l’espace des phases permet de représenter les variables indépendantes d’un système en fonction du temps). Il existe des attracteurs dits étranges : dans l’espace des phases, à proximité d’un attracteur étrange, deux trajectoires initialement très proches s’écartent rapidement.

En revanche, les systèmes chaotiques présentent, comme les systèmes bruités, une grande régularité statistique. Ainsi, les moyennes réalisées au fil du temps des quantités mesurables ne sont pas sensibles aux conditions initiales et évoluent de façon très régulière. C’est, par exemple, le cas d’un gaz, dont le comportement est décrit par des grandeurs telles que pression, volume, température, qui sont déterministes et constantes à l’équilibre, bien que la dynamique des molécules qui constituent ce gaz soit aléatoire. Cette régularité statistique est une clé d’un fonctionnement efficace du cerveau.

Comment mettre en évidence le chaos cérébral ?

Lors d’une expérience in vivo, aucun système ne peut être maintenu indéfiniment (ni même quelques instants) dans le même état. Dès lors, comment montre-t-on que le cerveau a, aux différentes échelles évoquées, un comportement chaotique ? Les études expérimentales portant sur des neurones isolés (voire sur une partie seulement d’un neurone) révèlent, dans certains cas, une dynamique chaotique. Qui plus est, John Guckenheimer et Ricardo Oliva, de l’Université Cornell, par exemple, ont montré que les équations les plus précises dont on dispose aujourd’hui pour décrire l’activité d’un neurone isolé (les équations de Hodgkin-Huxley) ont parfois un comportement chaotique.

Par ailleurs, les mathématiciens travaillent aussi sur des réseaux de neurones formels. Ce sont des modèles inspirés du fonctionnement des neurones, où chaque élément est relié à des éléments qui le précèdent (l’équivalent des neurones présynaptiques) et à un élément qui le suit (le neurone post-synaptique), la force de la connexion synaptique pouvant varier. On a mis en évidence du chaos dans de tels réseaux.

De très nombreuses études ont tenté de caractériser la dynamique des réseaux de neurones in vivo à une échelle plus globale, en particulier dans le signal fourni par les enregistrements d’électroencéphalographie. Au début des années 1980, l’étude des électroencéphalogrammes d’êtres humains durant l’éveil ou le sommeil peu profond a révélé la présence de chaos déterministe.

De même, Walter Freeman, à l’Université de Berkeley, a proposé une hypothèse pour expliquer la dynamique des mécanismes de reconnaissance des odeurs dans le bulbe olfactif. Dans son modèle, la reconnaissance d’une odeur particulière se matérialise par un changement drastique : on passe brusquement d’un attracteur étrange à un autre attracteur de caractéristiques différentes et spécifiques de l’odeur.

Enfin, on a montré, in vitro, que des neurones isolés de calamar géant ou des petits réseaux isolés de cochon d’inde ou de certains crustacés présentent une dynamique chaotique. Les preuves de chaos dans les dynamiques enregistrées in vivo sont rares, car le système évolue sans cesse au gré des informations internes et externes qu’il reçoit. Pourtant, Henri Korn et Philippe Faure, de l’Institut Pasteur, à Paris, en ont confirmé l’existence en étudiant l’activité synaptique de neurones de poissons.

Source

(B. Cessac) a ainsi montré en collaboration avec Jacques-Alexandre Sépulchre, de l’Institut non linéaire de Nice)