01/07/2023 Mission spatiale européenne Euclid

Le télescope spatial européen Euclid a décollé samedi 7 juillet 2023de Cap Canaveral (Floride), pour être placé à 1,5 million de km de la Terre.

Sa mission : étudier l’énergie sombre et la matière noire, qui composent 95% de l’univers mais dont nous ne savons quasiment rien.

EUCLID observera donc des milliards de galaxies et l’évolution des grandes structures de l’univers à travers les âges jusqu’à 10 milliards d’années dans le passé, dans le domaine visible et proche infrarouge (longueur d’onde de 550 à 2000 nm). Pour ce faire, il est prévu de déterminer les décalages spectraux vers le rouge (appelé redshift et noté z) des sources observées par des méthodes spectrométriques et photométriques issues de mesures instrumentales et complémentées, pour les mesures photométriques, par l’assistance de télescopes terrestres pour des mesures dans le domaine visible.

Avec son immense couverture céleste et ses catalogues de milliards d’étoiles et de galaxies, l’intérêt scientifique des données de la mission dépasse le cadre de la cosmologie. Cette base de données abondera en sources l’ensemble de la communauté astronomique mondiale pour des décennies et constituera un réservoir d’objets astronomiques nouveaux pour des observations avec les télescopes le JWST, l’E-ELT, le TMT, ALMA, SKA ou le Vera C. Rubin Observatory.

Pour réaliser ce colossal travail de cartographie, EUCLID aura à son bord 2 instruments, un spectrophotomètre proche infrarouge appelé l’instrument NISP (Near Infrared Spectro Photometer) et un imageur travaillant dans le domaine visible, l’Instrument VIS (VISible Instrument), développés par un consortium international dirigé par la France, plus précisément par l’Institut d’Astrophysique de Paris (IAP/CNRS). Le consortium EUCLID regroupe plus de 2 200 personnes (dont 425 en France) réparties dans environ 250 laboratoires (dont 40 en France) de 16 pays. 

EUCLID est la 2ème mission M2 (dite moyenne) du programme scientifique obligatoire Cosmic Vision de l’ESA, une mission d’astronomie et d’astrophysique sélectionnée au SPC du 04 octobre 2011, puis adoptée au SPC du 20 juin 2012. C’est une mission principalement dédiée à la cosmologie, c’est-à-dire à l’étude de l’origine, de la nature, de la structure et de l’évolution de l’Univers qui va essayer d’accroître nos connaissances sur deux composantes encore mystérieuses de notre univers, l’énergie noire et la matière noire.

Le satellite EUCLID, dont la maîtrise d’œuvre (Prime Contractor) a été confiée à Thales Alenia Space Italie (Turin), quittera la Terre au cours de mars 2023du troisième semestre 2023. L’objectif de cette mission est de cartographier tout un pan de l’Univers pour essayer d’avancer un peu plus sur notre connaissance des origines et de l’évolution de l’Univers. La mission a principalement deux buts. Le premier est de comprendre pourquoi l’expansion de l’Univers s’accélère sous l’effet de cette mystérieuse « énergie noire », (ou « sombre »). Le second est de cartographier la non moins mystérieuse « matière noire » (ou « sombre »), puisque bien qu’invisible directement à nos yeux et aux instruments, elle participe, avec la matière visible (étoiles, nébuleuses, …etc) aux effets de gravitation qui lient entre elles les étoiles au sein des galaxies et les galaxies au sein des amas. En observant toujours plus loin, donc en remontant plus loin dans le temps, Euclid tentera de reconstruire l’évolution de notre univers au cours des 10 derniers milliards d’années sous les effets antagonistes de la matière noire et de l’énergie noire.

Au cours de sa mission nominale de 6 ans, EUCLID doit observer à peu près un tiers de la voûte céleste, soit un peu moins de 15 000 degrés², le reste étant occulté par le plan galactique (disque dans lequel tournent les galaxies de la Voie Lactée) et par le plan de l’écliptique (disque dans lequel tournent les planètes de notre système solaire). À ce relevé s’ajouteront des observations environ 10 fois plus profondes pointant vers trois champs situés près des pôles écliptiques, un au nord couvrant 20 degrés² et 2 au sud couvrant chacun 10 degrés². Ils seront visités régulièrement pendant toute la durée de la mission, et serviront de données d’étalonnage et de contrôle de stabilité des performances du télescope et des instruments, ainsi que de données scientifiques pour l’observation des galaxies et des quasars les plus lointains de l’Univers.

EUCLID observera donc des milliards de galaxies et l’évolution des grandes structures de l’univers à travers les âges jusqu’à 10 milliards d’années dans le passé, dans le domaine visible et proche infrarouge (longueur d’onde de 550 à 2000 nm). Pour ce faire, il est prévu de déterminer les décalages spectraux vers le rouge (appelé redshift et noté z) des sources observées par des méthodes spectrométriques et photométriques issues de mesures instrumentales et complémentées, pour les mesures photométriques, par l’assistance de télescopes terrestres pour des mesures dans le domaine visible.

Avec son immense couverture céleste et ses catalogues de milliards d’étoiles et de galaxies, l’intérêt scientifique des données de la mission dépasse le cadre de la cosmologie. Cette base de données abondera en sources l’ensemble de la communauté astronomique mondiale pour des décennies et constituera un réservoir d’objets astronomiques nouveaux pour des observations avec les télescopes le JWST, l’E-ELT, le TMT, ALMA, SKA ou le Vera C. Rubin Observatory.

Pour réaliser ce colossal travail de cartographie, EUCLID aura à son bord 2 instruments, un spectrophotomètre proche infrarouge appelé l’instrument NISP (Near Infrared Spectro Photometer) et un imageur travaillant dans le domaine visible, l’Instrument VIS (VISible Instrument), développés par un consortium international dirigé par la France, plus précisément par l’Institut d’Astrophysique de Paris (IAP/CNRS). Le consortium EUCLID regroupe plus de 2 200 personnes (dont 425 en France) réparties dans environ 250 laboratoires (dont 40 en France) de 16 pays. 

  • On sait que l’univers est en expansion, c’est-à-dire qu’il s’étire, chaque astre s’éloignant des autres. Mais on ignore encore pourquoi, et aussi pourquoi cette expansion accélère sous l’effet d’une mystérieuse énergie sombre. Dans cet univers en expansion, comment se forment et évoluent les grandes structures sous l’influence de la gravitation ?

Pourquoi la gravitation générée par la matière composant gaz et galaxies de ces structures ne suffit-elle pas ? Existe-t-il une matière invisible à nos yeux, à nos instruments, une matière sombre ?

C’est ce que tentera de mettre en évidence Euclid, une mission inédite de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui quittera la Terre le 1e juillet 2023 et sur laquelle la France assure un rôle majeur. La mission Euclid regroupe un consortium de plus de 1 600 personnes, dont 350 en France, réparties dans 250 laboratoires de dix-sept pays.

Remonter le temps pour comprendre l’expansion de l’Univers

Euclid imagera des milliards de galaxies, images qui voyagent à la vitesse de la lumière. Les galaxies seront vues telles qu’elles étaient au moment où leur lumière a été émise, c’est-à-dire dans le passé : plus elles sont éloignées, plus l’image reçue est ancienne. L’expansion, l’allongement de la trame de l’univers provoque également un étirement des spectres de lumière vers les grandes longueurs d’onde, et pour la lumière visible vers le rouge, voire l’infrarouge.

Ce « décalage vers le rouge » permet de déterminer la distance à laquelle se trouve la source et donc indirectement de situer l’époque à laquelle la lumière a été émise (en utilisant par exemple le « diagramme de Hubble »). Euclid déterminera donc les décalages vers le rouge des galaxies qu’il imagera, pour reconstruire l’évolution de notre univers au cours des dix derniers milliards d’années.



Ainsi, en observant la distribution des galaxies formant les grandes structures de l’univers à différentes époques, Euclid nous aidera à comprendre pourquoi la trame de l’univers est en expansion (et donc pourquoi les objets célestes s’éloignent les uns des autres), mais aussi pourquoi cette expansion accélère sous l’effet d’une mystérieuse « énergie sombre ».

Peut-on voir la matière noire ?

Euclid va aussi nous permettre d’aborder le deuxième grand mystère cosmologique, celui de la « matière noire ». Cette matière inhabituelle est introduite dans les théories astrophysiques pour rendre compte de différentes observations (masses des galaxies et amas de galaxies, fluctuations du fond diffus cosmologique). En d’autres termes, sans matière noire, on n’arrive pas à prédire ce que l’on voit, même avec les théories les plus sophistiquées dont nous disposions sur l’Univers.

Mais la caractéristique principale de la matière noire est qu’elle interagit très peu avec la matière et la lumière (d’où son nom) : comment, dans ces conditions, peut-on espérer la détecter ? Euclid propose de détecter et localiser la matière sombre de manière indirecte en étudiant son effet gravitationnel sur l’image des galaxies. Pour ce faire, Euclid utilisera le phénomène lentilles gravitationnelles qui « courbent » les rayons lumineux passant dans un champ de gravitation, et ainsi déforment l’image des galaxies le traversant. C’est en étudiant ces déformations d’image qu’il sera possible de reconstituer la matière sombre présente.

Ainsi, Euclid permettra de cartographier la non moins mystérieuse « matière sombre » qui participe, avec la matière visible des étoiles et des nébuleuses, aux effets de gravitation qui lient entre elles les étoiles au sein des galaxies et les galaxies au sein des amas.

Euclid observera depuis l’espace pour éviter de regarder à travers l’atmosphère terrestre. En effet, celle-ci est turbulente, ce qui trouble les images et affecte leur résolution ; et le rayonnement infrarouge est très absorbé par les molécules d’eau et de gaz carbonique principalement présentes dans l’atmosphère, ce qui limite fortement la possibilité de réaliser des images et des spectres dans ce domaine de longueurs d’onde. Il imagera tout ce qu’il est possible de voir au-delà de la Voie lactée, soit environ un tiers de la voûte céleste, le reste étant occulté par le plan galactique (disque dans lequel tournent les étoiles de notre galaxie) et par le plan de l’écliptique (disque dans lequel tournent les planètes de notre système solaire).

Le télescope et ses instruments

Le satellite est équipé d’un télescope de type Korsch à 3 miroirs qui offre un grand champ de vue, équivalent à deux fois et demi la surface du disque lunaire. Il a été réalisé par Airbus Defence and Space à Toulouse, entièrement en carbure de silicium (SiC), un matériau thermiquement très. Il est maintenu à une température de -140 °C et intègre deux instruments, le NISP et le VIS.

Le NISP (pour near infrared spectro photometer) est un spectro-photomètre infrarouge réalisant en même temps les images des galaxies tout en dispersant leur lumière pour réaliser des spectres. Son grand plan focal de 66 millions de pixels, travaillant dans le proche infrarouge (0,9 à 2 micromètres) et refroidi à -180 °C, offre le plus grand champ de vue infrarouge jamais réalisé pour une mission spatiale. La partie opto-mécanique de l’instrument est également réalisée en SiC. Le NISP est de responsabilité française, réalisé sous la maîtrise d’œuvre du Laboratoire d’astrophysique de Marseille.

Pour suivre l’évolution des structures à différentes époques, les distances seront déterminées par la « méthode des BAO » (oscillations acoustiques de baryons), une méthode permettant d’obtenir une règle standard, un étalon dimensionnel pour mesurer des distances. L’objectif est de traiter 35 millions de galaxies.

Le VIS (visible instrument) est une caméra réalisant des images dans les longueurs d’onde visibles (0,55 à 0,9 micromètre), de responsabilité anglaise, sur laquelle sont présentes 3 contributions françaises, en particulier son immense plan focal totalisant environ 600 millions de pixels (équivalent à 300 téléviseurs HD), le deuxième plus grand jamais réalisé pour une mission spatiale après Gaia, permettant sur une même image de visualiser et de caractériser 50 000 galaxies.

Il est également réalisé en SiC et maintenu à une température de -120 °C. La déformation de certaines images de galaxies sous l’effet de lentilles gravitationnelles faibles induite par les effets de gravitation dus à la présence de matière entre ces galaxies et le télescope permettra de mettre en évidence et de localiser la matière sombre. L’objectif est de traiter un milliard et demi de galaxies.

Les distances seront déterminées en mesurant le « décalage vers le rouge » de chaque source observée par des méthodes spectrométriques (instrument NISP) et photométriques (instrument VIS) issues de mesures de luminosité réalisées à bord et complémentées par l’assistance de télescopes au sol.

Les deux instruments génèreront chaque jour environ 850 Gb de données à transmettre sur Terre. Le satellite intègre une mémoire de masse de 4Tbit stockant données scientifiques et données de télémétrie liées au fonctionnement des instruments. Il envoie chaque jour pendant quatre heures ces données vers la station sol de Cebreros en Espagne qui ensuite les transmet vers le Centre d’Opérations Mission situé au Centre ESOC de l’ESA à Darmstadt en Allemagne.

Cumulé sur les six ans de mission, le volume de donnée à traiter est impressionnant, de l’ordre de 170 millions de gigaoctets. Cela représente plusieurs centaines de milliers de disques durs d’ordinateurs personnels. Le traitement sera réalisé dans neuf centres de traitement, huit en Europe et un aux États-Unis. Pour la France, le centre de calcul de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules, à Villeurbanne réalisera à lui seul le traitement de 30 % des données.


Les laboratoires français impliqués dans le développement d’Euclid sont le Centre de Physique des Particules de Marseille, l’Institut de Physique des 2 Infinis de Lyon, le Laboratoire AstroParticules et Cosmologie, le Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie, l’Institut d’Astrophysique Spatiale, l’Institut d’Astrophysique de Paris, l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie, le Laboratoire Joseph-Louis Lagrange, le Laboratoire Astrophysique Instrumentation et Modélisation, le Laboratoire d’Etude du Rayonnement et de la Matière en Astrophysique, le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, l’Institut de Recherche sur les lois fondamentales de l’Univers et le Centre de Calcul de l’Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des Particules.

01/07/2023 L’hydrogène est lui-aussi un gaz à effet de serre.

D’après une nouvelle étude parue dans la revue scientifique Communications Earth & Environment  rejeter 1 tonne d’hydrogène dans l’atmosphère équivaut à relâcher près de 13 tonnes de dioxyde de carbone. Soit des conséquences climatiques deux fois plus élevées que les premières estimations, qui remontent au début des années 2000.

Une mauvaise nouvelle pour les industriels et les gouvernements. Plusieurs secteurs de l’industrie lourde et des transports — routier, ferroviaire, maritime et même l’aviation — comptaient sur ce gaz qui ne rejette pas de CO2 lorsqu’il est consommé, pour atteindre leurs objectifs de réduction des émissions de carbone.

Or aujourd’hui,  la quasi-totalité de l’hydrogène consommé dans le monde est fabriquée à partir de ressources fossiles, en particulier via le procédé très polluant de « vaporeformage de méthane », qui requiert du gaz naturel. Pour que l’hydrogène présente un intérêt en matière de transition énergétique, le premier défi consiste à déployer en un temps record une nouvelle filière industrielle hydrogène dont la production serait bas carbone. On parle d’hydrogène vert, l’hydrogène produit par le biais d’électricité renouvelable.

Dans les faits, ceci nécessitera la mise en place de nombreuses infrastructures pour produire, transporter, stocker et utiliser cet hydrogène . Or, comme pour tout gaz industriel, une petite partie de l’hydrogène produit s’échappera des différents équipements qui composent la chaîne de production « D’autant plus que l’hydrogène est une petite molécule, qui se diffuse facilement, selon Christophe Coutanceau, professeur à l’université de Poitiers et membre de la Fédération hydrogène du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). D’où l’intérêt de cette étude, qui nous rappelle qu’il faut limiter le plus possible les fuites de l’hydrogène, de la production à l’utilisation de ce gaz

L’hydrogène, dont la durée de vie est d’à peine deux ans et demi dans l’atmosphère, n’est pas un gaz à effet de serre comme les autres : « Il s’agit d’un gaz à effet de serre indirect : il perturbe la concentration et la durée de vie des autres gaz à effet de serre, il faut donc l’estimer via un modèle de chimie atmosphérique ».

En effet, l’hydrogène, même produit grâce à des énergies renouvelables, contribue au réchauffement en modifiant la concentration de méthane (CH4) qui, lui, provoque directement un puissant effet de serre. La molécule de dihydrogène s’oxyde en effet dans l’atmosphère en réagissant avec le radical hydroxyle (OH). Par conséquent, il reste un peu moins de OH pour détruire les molécules de méthane.  L’oxydation de l’hydrogène réagit aussi avec l’acide atmosphérique, ce qui contribue à produire de l’ozone troposphérique, un autre gaz à effet de serre. Enfin, le méthane, dont la durée de vie dans l’atmosphère augmente avec la présence d’hydrogène, génère lui-même de l’ozone et de la vapeur d’eau dans la stratosphère

Selon l’Agence internationale de l’énergie, lorsque les fuites sont comprises entre 1 et 3 % de l’hydrogène produit, transporté et utilisé, le recours à l’hydrogène « vert », c’est-à-dire produit par le biais d’électricité renouvelable, permet d’éviter 90 à 99 % des émissions de CO2  par rapport à l’utilisation d’énergies fossiles.

Par contre, l’intérêt climatique de l’hydrogène « bleu », produit par le procédé très polluant de vaporeformage de méthane (la production d’hydrogène à partir de gaz naturel qui se pratique actuellement) associé à une usine de captage et de séquestration de carbone, est discutable.

Dans le scénario où 60 % de l’hydrogène utilisé est « bleu » et le gros tiers restant est produit à partir d’électricité renouvelable, la quantité d’émissions de CO2 évitée par la filière considérée atteint seulement 3 à 61 % par rapport à l’utilisation de ressources fossiles, toujours pour un taux de fuite d’hydrogène compris entre 1 et 3 %. En cause : les fuites de méthane, inhérentes à la production d’hydrogène par vaporeformage de méthane.

  • Référence
Climate benefit of a future hydrogen economy

volume3, Article number: 295 (2022) 

Published: 26 November 2022

  • Abstract

Hydrogen is recognised as an important future energy vector for applications in many sectors. Hydrogen is an indirect climate gas which induces perturbations of methane, ozone, and stratospheric water vapour, three potent greenhouse gases. Using data from a state-of-the-art global numerical model, here we calculate the hydrogen climate metrics as a function of the considered time-horizon and derive a 100-year Global Warming Potential of 12.8 ± 5.2 and a 20-year Global Warming Potential of 40.1 ± 24.1. The considered scenarios for a future hydrogen transition show that a green hydrogen economy is beneficial in terms of mitigated carbon dioxide emissions for all policy-relevant time-horizons and leakage rates. In contrast, the carbon dioxide and methane emissions associated with blue hydrogen reduce the benefit of a hydrogen economy and lead to a climate penalty at high leakage rate or blue hydrogen share. The leakage rate and the hydrogen production pathways are key leverages to reach a clear climate benefit from a large-scale transition to a hydrogen economy.

30/06/2023 La Terre a rencontré récemment un sursaut gamma potentiellement destructeur

La rencontre, passée inaperçue sauf de certains radio-astronomes, a eu lieu le 9 octobre 2022. Ce sursaut désigné du nom de GRB 221009A a été surnommé le BOAT, le plus brillant de tous les temps, the Brightest Of All Time , autrement dit l’explosion la plus énergétique jamais observée dans l’histoire du Cosmos.. Sans doute les humains n’en rencontreront-ils jamais de semblables dans les prochains siècles.

Un sursaut gamma  survient lorsque une étoile massive en fin de vie s’effondre et que son centre se transforme en trou noir. Des rayons X dits aussi en l’espèce rayons gamma sont relâchés alors que l’onde de choc entre en collision avec le gaz rejeté par l’explosion initiale de l’étoile.

GRB 221009A provient de la constellation du Sagittaire et se produisit il y a environ 1,9  milliard d’années, soit aujourd’hui à une distance de 2,4 milliards d’années-lumière de la Terre compte tenu de l’expansion de l’univers. Lorsque l’ étoile origine s’effondre pour devenir un trou noir, elle génère à partir des pôles deux puissants champs magnétiques dans lesquels la matière de l’étoile est projetée à une vitesse proche de celle de la lumière. Ceci produit une lumière si forte qu’ elle peut être détectée à des distances de plusieurs milliards d’années-lumière.

Cependant les mécanismes à l’origine d’un GRB aussi puissant sont mal connus et méritent d’être mieux étudiés. Un récent article publié dans Science Advances dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract propose des réponses.

Pour en savoir plus
https://www.esa.int/Space_in_Member_States/Belgium_-_Francais/Sommes-nous_a_l_abri_des_sursauts_gamma

Référence

SCIENCE ADVANCES
7 Jun 2023
Vol 9, Issue 23
DOI: 10.1126/sciadv.adi140
Abstract
Long-duration gamma-ray bursts (GRBs) are powerful cosmic explosions, signaling the death of massive stars. Among them, GRB 221009A is by far the brightest burst ever observed. Because of its enormous energy (Eiso ≈ 1055 erg) and proximity (z ≈ 0.15), GRB 221009A is an exceptionally rare event that pushes the limits of our theories. We present multiwavelength observations covering the first 3 months of its afterglow evolution. The x-ray brightness decays as a power law with slope ≈t−1.66, which is not consistent with standard predictions for jetted emission. We attribute this behavior to a shallow energy profile of the relativistic jet. A similar trend is observed in other energetic GRBs, suggesting that the most extreme explosions may be powered by structured jets launched by a common central engine.

29/06/2033 Un bruit de fond de l’univers a été entendu pour la première fois

Après 20 ans de recherche, ce bruit émis par le tourbillon de gigantesques trous noirs a été identifié grâce à une technique inédite de détection des ondes gravitationnelles.

Le bruit de fond émis par un tourbillon de gigantesques trous noirs a été identifié grâce à une technique inédite de détection des ondes gravitationnelles, selon des recherches publiées simultanément dans plusieurs revues scientifiques, jeudi 29 juin.

Ces résultats sont le fruit d’une vaste collaboration des plus grands radiotélescopes du monde, faisant partie du consortium International Puslar Timing Array (IPTA). Ils ont réussi à capter cette vibration de l’univers avec « la précision d’une horloge », selon les auteurs des travaux.

Prédites par Einstein en 1916 et détectées cent ans plus tard, les ondes gravitationnelles sont d’infimes déformations de l’espace-temps, semblables à des ondulations de l’eau à la surface d’un étang. Ces oscillations, qui se propagent à la vitesse de la lumière, naissent sous l’effet d’événements cosmiques violents, tels que la collision de deux trous noirs. Elles ont beau être liées à des phénomènes massifs, leur signal est extrêmement ténu.

« Une nouvelle fenêtre sur l’univers »

En 2015, les détecteurs d’ondes gravitationnelles Ligo (Etats-Unis) et Virgo (Europe)  dont certains pensaient qu’ils ne serviraient à rien, ont révolutionné l’astrophysique en détectant le frémissement ultra-bref – moins d’une seconde – de collisions entre des trous noirs.

Cette fois-ci, un signal bien plus étiré dans le temps a été reçu. Il trahit des ondes gravitationnelles générées par des trous noirs de « plusieurs millions à plusieurs milliards de fois la masse du Soleil », selon Gilles Theureau, astronome à l’Observatoire de Paris-PSL, qui a coordonné les travaux côté français.

Pour détecter ces ondes, les scientifiques ont utilisé un outil inédit : des pulsars de la Voie lactée. Ultra-compactes, ces étoiles tournent sur elles-mêmes à grande vitesse. A chaque tour, les pulsars envoient des « bip » réguliers, qui en font de « remarquables horloges naturelles », explique Lucas Guillemot, du Laboratoire de physique et de chimie de l’environnement et de l’espace (LPC2E) d’Orléans. Les scientifiques ont répertorié des groupes de pulsars, pour obtenir un « maillage céleste » dans les méandres de l’espace-temps. Cela leur a permis mesurer un infime dérèglement dans ce tic-tac, caractéristique des ondes gravitationnelles.

Quelle est la source de ces ondes ? L’hypothèse privilégiée envisage des couples de trous noirs supermassifs  prets à se percuter, développe Gilles Theureau. Un bruit de fond en continu que Michael Keith, du réseau européen EPTA (European Pulsing Timing Array), compare à un « restaurant bruyant avec beaucoup de gens parlant autour de vous ». Les mesures ne permettent pas encore de dire si ce bruit trahit la présence de quelques couples de trous noirs, ou de toute une population. « Nous ouvrons une nouvelle fenêtre sur l’univers », se félicite Gilles Theureau. Ces études, qui devront être approfondies, pourraient notamment éclaircir le mystère de la formation des trous noirs supermassifs.

Référence

The second data release from the European Pulsar Timing Array III. Search for gravitational wave signals

https://inspirehep.net/literature/2672722

Jun 28, 2023

Abstract: (arXiv)

We present the results of the search for an isotropic stochastic gravitational wave background (GWB) at nanohertz frequencies using the second data release of the European Pulsar Timing Array (EPTA) for 25 millisecond pulsars and a combination with the first data release of the Indian Pulsar Timing Array (InPTA). We analysed (i) the full 24.7-year EPTA data set, (ii) its 10.3-year subset based on modern observing systems, (iii) the combination of the full data set with the first data release of the InPTA for ten commonly timed millisecond pulsars, and (iv) the combination of the 10.3-year subset with the InPTA data. These combinations allowed us to probe the contributions of instrumental noise and interstellar propagation effects. With the full data set, we find marginal evidence for a GWB,  gravitational wave background , with a Bayes factor of four and a false alarm probability of 4% 4%. With the 10.3-year subset, we report evidence for a GWB, with a Bayes factor of 60 60 and a false alarm probability of about 0.1% 0.1% (≳3� ≳3σ significance).

The addition of the InPTA data yields results that are broadly consistent with the EPTA-only data sets, with the benefit of better noise modelling. Analyses were performed with different data processing pipelines to test the consistency of the results from independent software packages. The inferred spectrum from the latest EPTA data from new generation observing systems is rather uncertain and in mild tension with the common signal measured in the full data set. However, if the spectral index is fixed at 13/3, the two data sets give a similar amplitude of (2.5±0.7)×10−15 2.5±0.7)×10−15 at a reference frequency of 1 yr−1 1yr−1. By continuing our detection efforts as part of the International Pulsar Timing Array (IPTA), we expect to be able to improve the measurement of spatial correlations and better characterise this signal in the coming years.

29/06/2023. Lutte contre le changement climatique. Rapport du HCC


France
Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a publié, mercredi 28 juin, son cinquième rapport annuel. Celui-ci, intitulé « Acter l’urgence, engager les moyens » dresse une analyse des impacts du changement climatique et des limites de la prévention et de la gestion de crise en France, du suivi des émissions de gaz à effet de serre et des politiques associées, des budgets carbone, des leviers pour l’action climatique nationale et internationale, et présente la nouvelle méthode d’évaluation de l’action publique en France du Haut conseil pour le climat, ainsi que ses recommandations pour améliorer l’action publique en matière de climat.

Rapport complet https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2023/06/HCC_RA_2023_.pdf

Nous en extrayons les points suivants

Partout sur le globe, les effets du dérèglement climatique se font ressentir. En janvier 2023, la synthèse de six grands jeux de données internationales réalisée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) montre que, sous l’effet de l’augmentation constante des concentrations de gaz à effet de serre et de la chaleur accumulée, les huit dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées au niveau mondial. Le changement climatique n’attend pas. Il est temps d’agir.

Depuis les années 1800, les effets du changement climatique s’intensifient sur l’ensemble du globe. Les activités humaines influent tragiquement sur les concentrations de gaz à effet de serre de plus en plus massives qui atteignent leur niveau le plus élevé depuis deux millions d’années.

Ainsi, l’une des conséquences directes est l’augmentation de la température à la surface du globe. Actuellement, elle est supérieure de 1,1 °C par rapport à la température enregistrée dans les années 1800. On considère également que la dernière décennie (2011-2020) est la plus chaude jamais enregistrée.

Pourtant, lors de rendez-vous internationaux dédiés au climat, scientifiques et évaluateurs gouvernementaux ont convenu de l’importance de contenir la hausse de la température globale à 1,5 °C afin de mieux prévenir les effets climatiques. Malgré cela, et sur la base des plans climatiques nationaux actuels, le réchauffement de la planète devrait atteindre 2,8 °C d’ici la fin du siècle.

Ainsi, d’un pôle à l’autre, on distingue chaque année un nombre de plus en plus important de catastrophes climatiques, qui sont également de plus en plus répétitives et de plus en plus destructrices pour les hommes et la biodiversité.

Essentiellement liées aux activités humaines, les causes du changement climatique sont multiples : hausse de la consommation de combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz, l’agriculture intensive, les engrais contenant de l’azote, la déforestation intensive, la surproduction…

Si de nombreuses personnes pensent que les effets du changement climatique se traduisent par des températures plus élevées, il est primordial de comprendre que les conséquences sont bien plus larges et plus graves. En effet, la Terre est un système où tout est lié, chaque changement a un impact à court ou long terme.

Ainsi, les conséquences du changement climatique se traduisent le plus souvent par des épisodes climatiques graves et de plus en plus longs sur l’ensemble du globe : sécheresses intenses, pénuries d’eau, incendies, élévation du niveau de la mer, inondations, fonte des glaces polaires, tempêtes catastrophiques et déclin de la biodiversité mais également des phénomènes migratoires importants souvent liés à des problématiques alimentaires ou des conflits pour la gestion des ressources naturelles.

Les 2 pôles en première ligne des bouleversements climatiques

Selon une étude réalisée par le CNRS, les régions polaires sont au cœur du changement climatique qui touche l’ensemble de la planète. En effet, c’est dans ces régions que les bouleversements climatiques sont les plus forts.

Diminution de la surface de la banquise, de son épaisseur, les effets visibles à l’œil nu sont importants. Chaque année, des millions de kilomètres carrés disparaissent.

L’amplification polaire du changement climatique, qui conduit les hautes latitudes à se réchauffer près de deux fois plus vite que les régions tempérées, entraîne la diminution progressive de certaines zones englacées.

Si l’on s’intéresse de plus près à la banquise arctique, les scientifiques se posent la question de savoir si celle-ci disparaîtra complètement dans la prochaine décennie. Les impacts vont plus loin : le réchauffement touche également en permanence les sols gelés. Habituellement gelés sur plusieurs centaines de mètres, ils dégèlent désormais même en dehors de la saison “chaude” sur un mètre de profondeur environ et présentent depuis quelques années des effondrements très nets, signes de dégel plus profond.

Pourquoi l’Afrique paie déjà le prix du dérèglement climatique

Alors que l’Afrique ne représente qu’environ 2 à 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle en subit les conséquences de manière disproportionnée.

En effet, les pays africains sont parmi les plus fragiles face au dérèglement climatique. Manque d’infrastructures, gestion de l’eau complexe, stress hydrique, système d’alerte insuffisant, insécurité alimentaire et déplacements de population importants sont autant de causes qui font que l’Afrique paie déjà le prix fort face aux impacts du dérèglement climatique.

Le rapport «État du climat en Afrique 2021» illustre comment les phénomènes météorologiques extrêmes

https://www.one.org/fr/infos/

Des estimations montrent ainsi que le stress hydrique touche environ 250 millions de personnes sur le continent africain et pourrait entraîner le déplacement de 700 millions de personnes d’ici à 2030. De plus, d’ici à 2030, et selon toute probabilité, quatre pays africains sur cinq ne disposeront pas de ressources en eau gérées de manière durable afin de faire face à ces conséquences terribles.

Quels pays en font le moins pour lutter contre le changement climatique ?

Selon les chiffres publiés en 2023 du Climate Change Performance Index (CCPI), la France a été rétrogradée à la 28e place du classement. Elle fait moins bien que le Danemark, le Maroc ou l’Égypte dans la lutte contre le changement climatique. Ce classement annuel international de l’indice de protection climatique des principaux pays émetteurs des gaz à effet de serre analyse les données de 59 pays, Union Européenne comprise, responsables d’environ 90 % des émissions dans le monde.

On observe également que des pays comme l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis, la Russie, l’Australie, la Chine sont parmi les moins appliqués pour lutter contre le changement climatique.

28/06/2023. Six galaxies surprenantes

En février 2023, des astronomes ont annoncé que parmi les galaxies les plus éloignées observées par le Telescope spatial James Webb (JWST), il s’en trouvaient six qui apparaissaient plus brillantes et par conséquent plus étendues et plus anciennes que celles qu’ils pensaient trouver. L’une de celle-ci, estimée s’être formée 700 millions d’années après le Big Bang, contenait plus de 100 milliards d’étoiles, à peu près autant que la Voie Lactée n’en avait accumulé en 12 milliards d’années. Ceci n’avait pas de sens.

Faut-il remettre en cause les scénarios actuels intéressant l’évolution de l’Univers. Il ne s’était pas écoulé suffisamment de temps depuis les origines pour que tant de matière se forme et se transforme en étoiles. Le modèle standard de la cosmologie, initialisé par la théorie de la relativité générale d’Einstein, devait-il être repensé ?

Déjà avec l’introduction de la matière noire et de l’énergie noire, celle-ci responsable de l’accélération de la vitesse d’expansion de l’univers, le modèle standard avait du être adapté. Avec le concept de Cold Dark Matter ou CDM, la matière noire froide (ou CDM, de l’anglais Cold dark matter) serait une forme de matière  noire hypothétique dont les particules se déplacent lentement par rapport à la vitesse de la lumière  (d’où le qualificatif de froide) qui interagit faiblement avec la matière ordinaire et le rayonnement électromagnétique (noire).

Mais les six galaxies qui venaient d’être découvertes auraient du former beaucoup plus d’étoiles si elles avaient respecté le modèle standard, même adapté . Pour résoudre les contradictions actuelles, il va falloir poursuivre les observations du Télescope James Webb et simultanément affiner les modèles théoriques concernant la formation de l’univers. Ainsi va la science.

Voir https://www.syfy.com/syfy-wire/jwst-spies-hulking-galaxies-near-the-dawn-of-the-universe

26/06/2923. Les onze grands programmes chinois

La Chine n’est pour le moment que la 3e puissance nucléaire du monde, loin derrière la Russie et les Etats-Unis. La Russie et les États-Unis, avec 5.244 armes nucléaires disponibles, possèdent 90 % des armes nucléaires mondiales. Arrive ensuite la Chine, avec ses 410 ogives.

Mais celle-ci ambitionne de devenir la première puissance économique mondiale. Pour cela elle compte réaliser onze grands programmes économiques, dont certains sont déjà engagés.

Des pluies et des neiges artificielles sur le Tibet

Le plateau tibétain étant le plus gros pourvoyeur en eau douce d’Asie (les principaux fleuves de la région y prennent leur source), la Chine tente d’y installer le plus grand dispositif d’ensemencement des nuages au monde. A terme, plusieurs dizaines de milliers de soufflantes utiliseraient le vent pour faire monter des particules d’iodure d’argent dans le ciel et provoquer des précipitations.
Ambition : Faire pleuvoir 10 milliards de m3 d’eau par an (7 % des besoins de la Chine)..

Un réseau géant de réseaux de transports en Afrique

En 2015, Pékin a signé un protocole d’accord avec l’Union africaine pour aider à bâtir et à financer un immense maillage d’infrastructures (autoroutes, voies ferrées à grande vitesse, liaisons aériennes) entre les 54 capitales des pays africains. Résultat le plus visible aujourd’hui, 6 200 km de voies ferrées déjà aménagées ou en cours en Afrique orientale et centrale (Soudan, Ethiopie, Kenya, Angola, Nigeria…).

Mieux exploiter l’Arctique

Satellites d’observation braqués sur la région, missions d’exploration scientifique, investissements dans des exploitations de gaz… la Chine avance ses pions dans le cercle polaire arctique. En effet, elle mise sur le développement de la nouvelle route maritime du Nord-Est (pour gagner 15 à 20 jours de transport) et compte sur le réchauffement climatique pour que s’ouvre une route transpolaire encore plus courte.

Les routes de la soie à grande vitesse

Lancé en 2013, un tentaculaire réseau d’infrastructures (autoroutes, ports, voies ferrées, ponts, pipelines, télécoms…) est en train de voir le jour en Asie et en Asie centrale. Déjà rejoint par 71 pays, ce chantier e devrait s’étendre jusqu’aux continents européens et africains. Coût total estimé : au moins 1 000 milliards de dollars.

Mieux maitriser le plus long fleuve d’Asie, le Mékong

La Chine a déjà construit dix barrages (d’une capacité totale de 20 gigawatts) sur la portion chinoise du Mékong. Et elle en prévoirait neuf autres. En aval, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam s’inquiètent de la raréfaction des poissons et de l’appauvrissement des terres (qui ne reçoivent plus les sédiments du fleuve), donc de la sécurité alimentaire des 60 millions de paysans vivant de pêche et de culture sur les rives du Mékong et de ses affluents.
Ambition : Fournir de l’électricité aux mégapoles et aux usines de l’est de la Chine.

Une armada de centrales nucléaires flottantes

Le premier des vingt réacteurs atomiques installés sur cargo que la Chine projette de faire circuler en mer de Chine méridionale devrait être opérationnel d’ici à 2020. Une zone sujette aux typhons, où transite un tiers du commerce maritime mondial… Et sous haute surveillance des marines américaines, philippines et vietnamiennes, en raison de conflits territoriaux sur les îles Spratleys et Paracels.
Ambition : Alimenter en l’électricité les îlots transformés en bases militaires et les plateformes pétrolières chinoises de la zone.

Un nouveau détroit en Thaïlande

Objet : Percer un canal de 135 km au travers de l’isthme de Kra, qui sépare la Thaïlande de la Malaisie, une idée folle ? Des entrepreneurs chinois la promeuvent pourtant, car elle raccourcirait de 1 200 km la route maritime entre la mer de Chine méridionale et l’océan Indien, par laquelle transitent 80 % des importations chinoises de pétrole. Coût : environ 24 milliards d’euros.
Ambition : Accélérer les temps de transport, court-circuiter le détroit de Malacca, saturé et contrôlé par la marine américaine.

Objectif Mars !

La Chine l’a montré avec sa sonde Chang’e 4 envoyée sur la face cachée de la Lune début 2019 : elle n’en est plus à rattraper son retard sur les Américains et les Russes, elle veut gagner la bataille de l’espace. Mieux, son regard s’est déjà fixé sur Mars. Son objectif ? Préparer la voie à une base permanente : envoi d’un premier robot Rover dès 2020, missions de collecte d’échantillons (sol, rochers…) entre 2025-2030, enfin mission d’astronautes dans les années 2030.
Ambition : Coloniser la planète Mars et y chercher des matières premières.

Des panneaux solaires géants dans l’espace

Depuis 2008, les scientifiques chinois étudient une technologie permettant de capter de l’énergie solaire à partir d’une station orbitale, et de l’envoyer en continu sur la Terre. Les défis à relever sont nombreux, à commencer par le lancement d’un satellite de plus de cinq tonnes dans l’espace.. Américains, Russes et Japonais travaillent sur des projets similaires qui, s’ils fonctionnaient, fourniraient à la planète une énergie inépuisable.
Ambition : Envoyer une station solaire orbitale d’ici à 2050.

Dominer les télécoms

Pas de 4G sans la Chine ! En matière d’équipements de télécommunication, les groupes chinois ont distancé leurs concurrents occidentaux. Et comptent bien faire de même pour la future 5G. Inquiets de voir ce secteur hautement sensible dominé par des entreprises proches du pouvoir chinois, les Etats-Unis comptent les exclure du marché de la 5G et incitent leurs alliés à en faire autant.
Ambition : Dominer la téléphonie du futur.

Planter des milliards d’arbres pour contrer l’avancée du désert

Le district de Duolun, situé au sud-est du désert de Gobi, a toujours été sec. Mais des décennies de surexploitation agricole et de surpâturage en ont transformé des portions entières en désert aride. Coupables : le changement climatique, mais surtout la croissance de la population. Il faudra replanter ici comme dans une grande partie du territoire

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On notera que, le 31 mai 2021 , « pour faire face à la forte baisse du taux de natalité et au vieillissement de la population dans le pays », la Chine a annoncé porter la limite du taux de natalité à trois enfants par famille. La mesure a été formellement adoptée le 20 août 2022.

27/06/2023 Programme SCAF. Un grand pas en avant pour la coopération franco-allemande

Les industriels sont enfin parvenus à un accord pour le coûteux et complexe projet d’avion de combat européen dit SCAF, ou Système de Combat Aérien du Futur, après plus d’un an d’oppositions entre Dassault et Airbus, soutenu par l’Allemagne. « Après des négociations intenses, un accord entre industriels a pu être atteint pour la prochaine phase du programme » de Système de combat aérien du futur a indiqué le ministère allemand de la Défense dans un communiqué diffusé à Berlin. »L’accord politique sur le SCAF est un grand pas en avant et – surtout dans le contexte international actuel – un signal important de l’excellente coopération entre la France, l’Allemagne et l’Espagne », a réagi la Présidence française de la République

L’avion de chasse du futur se trouvera au cœur d’un système de combat aérien interconnecté à base de drones pilotés par Intelligence Artificielle (IA). En 2040, si tout se passe bien, une meute de drones de combat pilotés par IA et ravitaillé en carburant automatiquement escorteront un nouvel avion furtif européen dit de sixième génération, le seul appareil  piloté par un humain. Celui-ci sera assisté par un copilote virtuel installé dans le cockpit. Cette intelligence artificielle pourra prendre en charge certaines tâches pour que le pilote puisse mener sa mission avec moins de pression mentale.

Au même moment, une cinquantaine de drones plus petits pesant entre 100 et 200 kilos, dont certains seront spécialisés dans le brouillage des radars, seront largués d’un A400M. L’ensemble se dirigera immédiatement vers les positions ennemies pour saturer leurs défenses. Tous seront interconnectés.

Après avoir fait le plein, de leur côté, les drones ailiers de l’avion furtif viendront le précéder. Lourdement armés, ces drones de plusieurs tonnes seront connectés à l’essaim d’aéronefs qui mène sa mission de saturation des défenses et de brouillage. Leur rôle sera d’assister les troupes au sol amies et compléter le nettoyage des systèmes de défense ennemis au sol et en l’air. Avec l’accord des militaires au sol, l’IA de ces drones ira les détruire de façon autonome. Tous seront interconnectés et tous se synchroniseront pour agir de la façon la plus efficiente depuis leurs positions respectives. Mais aucun d’eux ne ne pourra ouvrir le feu si un opérateur humain leur interdit de le faire

À l’issue de cette première opération de nettoyage , les troupes au sol avanceront et le SCAF continuera à les assister pour identifier ces menaces et pour les frapper.

Le SCAF, un système de systèmes

Ce scénario futuriste est presque pour demain, avec comme chef d’orchestre de ce système le NGF pour New Generation Fighter, le futur remplaçant du Rafale. Tout tourne autour de cet aéronef avec l’assistance des IA, le combat collaboratif en « cloud », différents types de drones et d’autres engins hétérogènes en l’air, auxquels s’ajouteront progressivement d’autres éléments supplémentaires au sol et sur mer. Synchronisés en temps réel, ils mèneront tous leur mission de façon interconnectée et fluide.

Ce n’est pas de la science-fiction militaire, cet ensemble porte déjà le nom de Scaf, pour Système de combat aérien du futur. Pour les militaires, le Scaf n’est donc pas qu’un avion, mais un système global incluant des drones et autres aéronefs aux tâches variées et complémentaires. On devrait même y intégrer le Rafale en version F5. Cette version de l’avion de chasse de Dassault devrait être opérationnelle dès 2030 et disposera, elle aussi, de capacités de combat collaboratif avec le drone européen Eurodrone, ainsi que des aptitudes à la guerre électronique. D’ailleurs, le standard F4.1 du Rafale actuel a déjà la capacité d’échanger des données avec ses ailiers.

Le développement de l’engin et de ses systèmes reposera sur sept piliers. Pour chacun d’eux, un industriel pilotera le développement avec ses partenaires. Ainsi, la conception de l’avion sera dirigée par Dassault accompagné d’Airbus et d’Indra. La motorisation sera pilotée par Safran avec pour partenaires, MTU Aero Engines et ITP Aero. Pour ce qui est des drones, Airbus prend la main, accompagné de MBDA et Satnus. Pour les autres parties du programme SCAF et notamment la connectivité, le « cloud » et les capteurs, on retrouve les mêmes sociétés avec quelques spécialistes, dont Thales ou encore FMCS.

Maintenant que les feux sont au vert pour avancer concrètement sur la feuille de route, il faudra patienter jusqu’à 2040 pour voir cet ensemble interconnecté prendre l’air. Cette échéance est déjà très optimiste.

27/06/2023 Poutine plus fort que jamais, ou comment le FSB a doublé la CIA

Il s’agit de l’information de première importance donnée sur internet par l’ancien diplomate indien M. K. BHADRAKUMAR le 26 juin 2923.

On en trouve une traduction en français sous le titre Comment le FSB a doublé la CIA et un commentaire sur le site DeDefensa de notre ami Philippe Grasset auquel nous nous référons souvent
https://www.dedefensa.org/article/mk-mene-lenquete-sur-prigojine

Les éléments à retenir sont ce qui suit

Dans l’affaire Prigojine, le Kremlin a adopté une stratégie très réfléchie. D’après les informations disponibles à ce jour, elle comporte les cinq éléments clés suivants :

1.  La priorité absolue est d’éviter l’effusion de sang afin que la vie continue et que l’attention portée à la guerre en Ukraine, qui est à un point critique, n’en pâtisse pas ;

2.  Dans l’immédiat, faire en sorte que les quelques combattants renégats de Wagner et Prigojine quittent Rostov-sur-le-Don et retournent dans leurs camps à Lougansk ;

3.  Séparer cliniquement Prigojine du reste du groupe Wagner (en fait, aucun commandant ou officier de Wagner n’a rejoint sa révolte) ;

4.  Offrir l’immunité à l’ensemble du groupe Wagner, – à l’exception des participants au coup d’État, bien entendu, – et faciliter leur intégration formelle au sein du ministère de la défense. En d’autres termes, la logique qui sous-tend la création du groupe Wagner par le ministère de la défense (et une agence de sécurité interne top secrète dont le nom n’a pas été révélé) reste valable. Il ne s’agira plus d’une force quasi-étatique mais elle aura un domicile et un nom et sera dirigée par des commandants militaires professionnels désignés au lieu de chasseurs de fortune en roue libre comme Prigojine).

5.  Faire partir Prigojine pour la Biélorussie, ce qui n’a pas été difficile une fois qu’il a compris qu’il devait demander la clémence de nul autre que Poutine (qui a accepté que l’oligarque se rende en toute sécurité en Biélorussie). 

26/06/2023 Table des matières à ce jour

26/06/2023 Le téléscope en orbite POEMMA

25/06/2023 La particule Oh mon Dieu

24/06/2023 D’Euclid à Titan

24/06/2023. Vivement la fusion nucléaire

24/06/2023 Une guerre nucléaire mondiale est-elle inévitable ?

23/06/2023 Ce que l’on nomme l’espèce humaine

22/06/2023 A quand un intercepteur endo-atmosphérique européen ?

21/06/2023 La cosmologie à la recherche d’une nouvelle particule, l’axion

21/06/2023 Fonctionnement du cerveau. Une découverte importante

19/06/2023. Un embryon humain synthétique

18/06/2022 Contrôler des robots par la pensée

17/06/2023. Comment disparaitront les ecdysozoaires marins…

17/06/2023 Quel lanceur succédera à Ariane 6 ?

16/06/2023. Que fera l’Ukraine des F-16 américains ?

16/06/2023 Faut-il négliger la menace de guerre nucléaire que vient de formuler un conseiller de Vladimir Poutine ?

15/06/2023 Qu’est-ce que la  » théorie presque quantique « ou « almost quantum theory » ? 

14/06/2023. Comment voit la coquille Saint-Jacques ?

14/06/2023 A propos de l’actuelle montée de l’extrême droite en Allemagne ?

12/06/2023. Nos lecteurs trouveront ici quelques précisions concernant les travaux évoqués par le récent article du Newscientist daté du 4 mars 2023 « Another level of weirdness »

12/06/2023. Taille du pénis et attractivité masculine

12/08/23 Le projet européen IMAGINE

11/06/2023 L’Union européenne ne pourra pas échapper aux prochaines invasions migratoires

10/06/2023. L’odyssée des neutrinos

10/06/2023 Des modèles réduits de trous noirs dans un espace-temps de laboratoire

09/06/2023 « Cténophore »: le premier animal marin à être sorti des océans pour vivre sur terre

09/06/2023 Une nouvelle Guerre Froide américaine, cette fois-ci avec la Chine, est-elle en préparation ?

08/06/2023 Les « canulards » américains

07/06/2023 Recycler les couches et culottes de protection dans la construction