04/10/2023 L’évolution de l’univers paraît se ralentir

Ne faudra-t-il pas revoir nos modèles du cosmos ? L’évolution de l’univers nous apparait résulter de deux forces agissant de façon contradictoire: la force d’expansion et la force de gravité. La force d’expansion est le nom du phénomène qui voit à grande échelle les galaxies et amas de galaxies composant l’univers s’éloigner les uns des autres. Cet écartement mutuel, que l’on pourrait prendre pour un mouvement des galaxies dans l’espace, s’interprète en réalité par un gonflement, une dilatation, de l’espace lui-même, les galaxies étant de ce fait amenés à s’éloigner les uns des autres. 

La force de gravité, à plus petite échelle, voit au contraire les objets composant l’univers s’effondrer sur eux-mêmes.

Cela signifierait, selon le modèle de la cosmologie actuellement le plus répandu, dit lambda-CDM, qu’avec le temps le réseau des galaxies deviendrait de plus en plus dense tandis que des vides cosmiques dépourvue de toute matière seraient de plus en plus nombreux.

Cependant des chercheurs de l’Université de Michigan, référencés ci-dessous, en rassemblant un grand nombre de données intéressant l’évolution des galaxies après le Big Bang, croient pouvoir montrer que la force d’expansion s’est régulièrement ralentie. On pourrait en déduire que le modèle lambda-CDM est erroné, mais la communauté des cosmologistes paraît estimer aujourd’hui que l’expansion de l’univers observable se ralentit effectivement.

Comment expliquer cela ? Faut-il faire appel à des particules encore inconnues, notamment des particules de matière noire interagissant avec la matière d’une façon encore mal comprise ? L’hypothèse qu’il s’agirait là d’un début de la fin de l’expansion de l’univers, précédant une contraction comme le fait le modèle de l’univers cyclique envisagée par la théorie des cordes, sera sans doute aussi évoquée.

Référence

Evidence for Suppression of Structure Growth in the Concordance Cosmological Model

Nhat-Minh Nguyen, Dragan Huterer, and Yuewei Wen
Phys. Rev. Lett. 131, 111001 – Published 11 September 2023

Abstract

We present evidence for a suppressed growth rate of large-scale structure during the dark-energy-dominated era. Modeling the growth rate of perturbations with the “growth index” γ, we find that current cosmological data strongly prefer a higher growth index than the value γ=0.55 predicted by general relativity in a flat Lambda cold dark matter cosmology. Both the cosmic microwave background data from Planck and the large-scale structure data from weak lensing, galaxy clustering, and cosmic velocities separately favor growth suppression. When combined, they yield γ=0.633+0.025−0.024, excluding γ=0.55 at a statistical significance of 3.7σ. The combination of fσ8 and Planck measurements prefers an even higher growth index of γ=0.639+0.024−0.025, corresponding to a 4.2σ tension with the concordance model. In Planck data, the suppressed growth rate offsets the preference for nonzero curvature and fits the data equally well as the latter model. A higher γ leads to a higher matter fluctuation amplitude S8 inferred from galaxy clustering and weak lensing measurements, and a lower S8 from Planck data, effectively resolving the S8 tension.

03/10/2023 A la recherche d’étoiles composées de matière noire

On appelle matière noire les quelques 70% de matière composant l’univers. Elle est ainsi nommée car elle n’est pas directement visible à la lumière ordinaire. Mais les cosmologistes supposent son existence pour expliquer des phénomènes qui sont eux bien visibles au sein du cosmos, tels que la formation des galaxies et amas de galaxies. Ceux-ci n’existeraient pas en l’absence d’importantes quantités de matière noire autour de laquelle ils graviteraient.

Plusieurs modèles scientifiques existent pour tenter de caractériser les propriétés de la matière noire. L’un des plus connu est celui des « wimps » (Weakly Interacting Massive Particles). Selon ce modèle, la matière noire serait constituée de particules massives, donc sensibles à la gravitation, qui interagiraient faiblement avec la matière ordinaire La masse d’une particule de cette matière serait de 1 à 100 000 fois plus importante que celle d’un proton.

Voir https://www.cea.fr/comprendre/Pages/matiere-univers/essentiel-sur-matiere-noire.aspx

L’hypothèse selon laquelle il existerait des étoiles composées de matière noire a été présentée pour la première fois en 2007 par Katherine Freese de l’université d’Austin. Apparues aux origines de l’univers, les étoiles composées de matière noire pourraient être de taille équivalente à celle du système solaire. Leur énergie proviendrait non de la fusion nucléaire comme celle des autres étoiles, mais des processus spécifique de formation de la matière noire, d’où leur nom d’étoiles noires (black stars). Depuis 16 ans cependant, la preuve de leur existence n’avait pu être apportée.

Ce n’est que récemment, du fait d’observations faites par le Télescope spatial James Webb JWST, que l’hypothèse des étoiles noires a été relancée. Certains astronomes y ont vu une preuve, non seulement de l’existence de la matière noire, mais aussi de l’existence du Trou Noir Supermassif se trouvant au centre de notre galaxie . Celui-ci résulterait de la fusion d’étoiles devenues noires après avoir consommé tout leur combustible de matière. La même processus expliquerait la présence des autres Trous Noirs cosmologiques.

La matière noire pourrait intervenir également dans l’existence des étoiles ordinaires. La densité de celle-ci n’y serait que de 0,1%, mais cela serait suffisant pour produire les trillions de trillions d’interactions par seconde qui ferait briller l’étoile tout au long de sa vie.

Dans le cadre du projet JADES de la Nasa, JWST Advanced Deep Extragalactic Survey , une nouvelle série d’observations faites par le JWST seront étudiées et leur résultats publiés. Certains cosmologistes espèrent que l’hypothèse des Etoiles noires n’y sera pas confirmée.

Rappelons que le futur Télescope de la Nasa, dit Roman Space Telescope, qui devrait être lancé en 2027, devrait apporter de nouveaux éléments de réponse à ces interrogations.

02/10/2023 Signes de relance de l’activité cérébrale chez des patients à l’agonie (near death)

La très grande majorité des personnes à l’agonie décèdent sans s’en rendre compte. Si elles échangent des propos terminaux avec leur entourage, elles ne signalent rien de particulier. Elles n’ont d’ailleurs généralement pas la force de parler.

Par contre, un certain nombre de patients en état de mort imminente mais ayant finalement survécu relatent avoir eu des visions de décorporation ou sortie du corps, une perception visuelle dans toutes les directions simultanément, la  sensation d’avoir la capacité de  traverser  les obstacles physiques (les murs, la matière…), le rappel complet de leur propre existence, le souvenir d’un tunnel, la rencontre avec des entités spirituelles ou des personnes proches décédées, la vision d’une lumière, un sentiment d’amour infini, de paix et de tranquillité, l’impression de posséder une connaissance omnisciente, l’impression qu’il n’y a plus d’écoulement du temps, l’impression d’une expérience ineffable et d’union avec des principes divins ou supranormaux.

On parle d’EMI (Expérience de Mort Imminente)

Cependant, rares sont les EMI qui associent tous ces éléments et on observe une certaine variation inter-individuelle. Une part importante d’EMI comporte des sensations négatives. De plus il faut souligner que tous les témoignages d’EMI sont le fait de personnes qui finalement ne sont pas mortes. Même quand l’état de mort clinique a pu être diagnostiqué à leur sujet, et tout en reconnaissant que l’expérience qu’elles ils ont vécue peut être réelle et partageable, il n’en reste pas moins que cette expérience ne peut pas, par nature, être assimilée à celle de la mort effective, mais reste tout au plus celle de personnes vivantes placées dans une situation de mort  imminente 

Par ailleurs tous les témoignages d’EMI sont le fait de personnes qui en fin de compte ne sont pas mortes. Même quand l’état de mort clinique a pu être diagnostiqué à leur sujet, et tout en reconnaissant que l’expérience qu’ils ont vécue peut être réelle et partageable, il n’en reste pas moins que cette expérience ne peut pas, par nature, être assimilée à celle de la mort effective (cf Wikipedia )

Aujourd’hui l’observation par électroencéphalogramme du cerveau de quatre personnes mourantes relatant avoir de telles visions et ayant accepté de servir de témoin a montré que les oscillations neurales ou brain waves caractéristiques de l’activité cérébrale pouvaient manifester une suractivité au moment de la mort.

Ce fut le cas chez deux de ces personnes . Une suractivité des aires cérébrales bilatérales considérées comme le siège de la mémoire consciente, aires dites jonctions temporo-pariéto-occipitales, a été observées. Cette suractivité a duré quelques minutes. Mais on n’a pas su si elle s’était accompagné de visions .

Chez les deux autres témoins, aucune suractivité ne fut observée. Mais leur cerveau travaillait sans doute encore suffisamment pour augmenter leur rythme cardiaque et maintenir leur état de conscience alors que leur niveau d’oxygène dans le sang diminuait.

Source

Surge of neurophysiological coupling and connectivity of gamma oscillations in the dying human brain

Gang Xu https://orcid.org/0000-0001-6233-0388Temenuzhka Mihaylova https://orcid.org/0000-0002-9323-5823Duan Li+5, and Jimo Borjigin https://orcid.org/0000-0001-7246-4232 borjigin@umich.edu

Edited by Giulio Tononi, University of Wisconsin-Madison, Madison, WI; received September 23, 2022; accepted March 27, 2023 by Editorial Board Member Jeremy Nathans

May 1, 2023

https://doi.org/10.1073/pnas.2216268120

Is it possible for the human brain to be activated by the dying process? We addressed this issue by analyzing the electroencephalograms (EEG) of four dying patients before and after the clinical withdrawal of their ventilatory support and found that the resultant global hypoxia markedly stimulated gamma activities in two of the patients. The surge of gamma connectivity was both local, within the temporo–parieto–occipital (TPO) junctions, and global between the TPO zones and the contralateral prefrontal areas. While the mechanisms and physiological significance of these findings remain to be fully explored, these data demonstrate that the dying brain can still be active. They also suggest the need to reevaluate role of the brain during cardiac arrest.

Abstract

The brain is assumed to be hypoactive during cardiac arrest. However, animal models of cardiac and respiratory arrest demonstrate a surge of gamma oscillations and functional connectivity. To investigate whether these preclinical findings translate to humans, we analyzed electroencephalogram and electrocardiogram signals in four comatose dying patients before and after the withdrawal of ventilatory support. Two of the four patients exhibited a rapid and marked surge of gamma power, surge of cross-frequency coupling of gamma waves with slower oscillations, and increased interhemispheric functional and directed connectivity in gamma bands. High-frequency oscillations paralleled the activation of beta/gamma cross-frequency coupling within the somatosensory cortices. Importantly, both patients displayed surges of functional and directed connectivity at multiple frequency bands within the posterior cortical “hot zone,” a region postulated to be critical for conscious processing. This gamma activity was stimulated by global hypoxia and surged further as cardiac conditions deteriorated in the dying patients. These data demonstrate that the surge of gamma power and connectivity observed in animal models of cardiac arrest can be observed in select patients during the process of dying.

01/10/2023 Les solitons topologiques

Un soliton est une onde solitaire qui se propage sans se déformer dans un milieu non linéaire et dispersif. On en trouve dans de nombreux phénomènes physiques de même qu’ils sont la solution de nombreuses équations aux dérivées partielles non linéaires.

La topologie est la branche de la géométrie qui étudie les propriétés d’objets géométriques préservées par déformation continue sans arrachage ni recollement, comme un élastique que l’on peut tendre sans le rompre.

Les solitons topologiques sont des objets cosmiques décrits par la (discutée) théorie des cordes. Si ces objets existaient, ils permettraient de résoudre un paradoxe persistant concernant les trous noirs.

Ainsi un soliton topologique est une région de l’espace-temps qui se courbe sur elle-même et dans laquelle la lumière finit par tomber. Mais ce faisant, le soliton topologique ne devient pas entièrement obscur en son centre. En y regardant de près, on verrait la lumière y tourbillonner. Cependant la théorie des cordes postulant que les objets ont de nombreuses dimensions, la forme exacte du soliton topologique dans toutes ses dimensions ne devrait pas pouvoir être observée dans notre espace en 3-D

Peut-on sur ces bases mieux comprendre ce que sont les trous noirs. Les trous noirs réels sont difficiles à photographier en 2 dimensions car ils absorbent toute la lumière qui y entre. néanmoins en 2019 le Event Horizon Telecope EHT en a fourni une image remarquable.

Des chercheurs de la Johns Hopkins University (Maryland) se sont demandés si d’autres objets de l’espace-temps pourraient présenter des caractères comparables. Ils ont retenu le soliton topologique. A la suite de quoi ils ont simulé et visualisé la lumière que produirait l’un de ceux-ci. Ils ont fait apparaître une image semblable à celle que produirait un trou noir s’il était observé par l’EHT.

Ils ont pu montrer cependant que la lumière entrant dans un soliton topologique rebondissait sur ses bords, si bien que le centre conservait une certaine luminosité – ce qui n’est pas le cas dans les trous noirs. Ce travail a été publié dans un article dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract.

Si les signaux venant de l’espace et jusqu’ici interprétés comme provenant de trous noirs provenaient effectivement de solitons topologiques, cela permettrait de résoudre le paradoxe dit des trous noirs. Ceux-ci semblent violer les lois de la physique quantique en détruisant la lumière et les informations concernant les objets qui tombent dans leur sein.

Pour l’avenir, il serait possible d’en déduire quel type de théorie de la future gravitation quantique serait le plus pertinent.

Source

Imaging topological solitons: The microstructure behind the shadow

Pierre Heidmann, Ibrahima Bah, and Emanuele Berti

Phys. Rev. D 107, 084042 – Published 25 April 2023

ABSTRACT

We study photon geodesics in topological solitons that have the same asymptotic properties as Schwarzschild black holes. These are coherent states in string theory corresponding to pure deformations of spacetime through the dynamics of compact extra dimensions. We compare these solutions with Schwarzschild black holes by computing null geodesics, deriving Lyapunov exponents, and imaging their geometries as seen by a distant observer. We show that topological solitons are remarkably similar to black holes in apparent size and scattering properties, while being smooth and horizonless. Incoming photons experience very high redshift, inducing phenomenological horizonlike behaviors from the point of view of photon scattering. Thus, they provide a compelling case for real-world gravitational solitons and topological alternatives to black holes from string theory.

30/09/2023 La théorie de la gravitation presque quantique

Devant l’impossibilité de réunir les deux grandes théories qui expliquent de façon différente ce que nous appelons la réalité, la théorie einstenienne de la gravitation et la mécanique quantique, un nombre croissant de physiciens théoriciens évoquent ce qu’ils considèrent comme un nouveau paradigme, la théorie de la gravité presque quantique.

Il est certain que la physique ne pouvait pas aborder la seconde partie du 21 siècle en expliquant que l’univers pouvait se comprendre en faisant appel à deux théories explicatives apparemment contradictoires, mais toutes deux prouvées par l’expérience .

Pour l’une de celle-ci, la physique classique dite aussi théorie  de la gravitation, le temps et l’espace constituent la base de notre connaissance du monde, un système étant parfaitement défini au regard de sa position dans l’un et dans l’autre.

Pour l’autre, la mécanique quantique, un système quantique, tel qu’une simple onde-corpuscule, peut se trouver dans une superposition cohérente d’états, qui traduit la potentialité de tous ses états possibles. Sa présence à un endroit donné, son énergie deviennent alors probabilistes : ainsi, un atome peut être à la fois dans son état fondamental stable et dans un état excité (c’est-à-dire possédant une énergie supérieure, acquise par exemple par l’absorption d’un photon). Or un photon peut être à un endroit et à un autre en même temps. On ne peut être certain qu’il est en un seul lieu que si l’on effectue une mesure. Le processus de mesure impose alors à l’onde-corpuscule un état défini.

Cependant aujourd’hui, ces explications ne suffisent plus. Elles ne permettent pas de comprendre la gravité, ni pourquoi il y a tant de matière dans l’univers, et si peu d’anti-matière. Elles ne disent rien à propos de ce que l’on appelle l’énergie noire et la matière noire.

De plus, dans les années 1960 et suivantes, le Modèle Standard des Particules censé initialement recenser les 17 particules basiques paru devoir être revu.. Il a fallu par exemple tenir compte des muons, particules élémentaires semblables à l’électron, mais avec une masse supérieure.

Le Boson de Higgs enfin, générateur du champ de Higgs, donnant leur masse à toutes les particules dans l’univers, fut mis en évidence par le Grand collisionneur de Hadrons en France en juillet 2012. Depuis le LHC n’a pas découvert de nouvelles particules importantes, ce qui peut surprendre.

Pour en savoir plus

https://www.quora.com/How-can-the-theory-of-quantum-mechanics-be-merged-with-the-theory-of-general-relativity-gravitational-force-and-remain-correct-at-microscopic-length-scales-What-verifiable-predictions-does-any-theory-of-quantum gravity make

https://en.wikipedia.org/wiki/Quantum_gravity

29/09/2023 Le Plan français de sobriété énergétique

L’heure est en France à la recherche des économies d’énergie. A cette fin, la Première ministre, Élisabeth Borne, et la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, ont présenté le 6 octobre 2022 un Plan de Sobriété énergétique. L’objectif en est pour la France de sortir de sa dépendance aux énergies fossiles et de réduire de 40 % sa consommation d’énergie d’ici 2050. Cela suppose de transformer durablement les habitudes et comportements.

La stratégie énergétique française, annoncée par le Président de la République à Belfort en février dernier, repose sur quatre piliers :

1. la sobriété énergétique, c’est-à-dire consommer moins . C’est surtout dans le domaine de la consommation d’électricité que des économies seraient rapidement réalisables. Les entreprises et les services publics sont les premiers concernées. Mais les particuliers le sont aussi. C’est ce que montre le document officiel 20 solutions pour réduire sa consommation d’électricité

2. l’efficacité énergétique, c’est-à-dire consommer autrement . La notion d’efficacité (ou efficience) énergétique d’un système se définit par le rapport entre le niveau d’énergie utile qu’il délivre et celui de l’énergie consommée, nécessaire à son fonctionnement. Voir youmatter.world.fr .

3. l’accélération du développement des énergies renouvelables (EnR) ; Il s’agit du domaine le plus connu. Les énergies renouvelables sont alimentées par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées. Elles sont bien acceptées en principe. Mais en pratique, l’implantation des équipements lourds qu’elles exigent soulève souvent une grande hostilité chez les personnes et intérêts directement impactées.

4. La relance de la filière nucléaire française.  Longtemps présentées par les filières concurrentes comme présentant des risques inacceptables, les centrales nucléaires dites de fission regroupent un total de 56 réacteurs dont 32 produisent chacun une puissance électrique de 900 MWe, 20 réacteurs de 1300 MWe, tandis que les quatre derniers délivrent 1450 MWe. Un 57ème réacteur est actuellement en construction à Flamanville, dans la Manche.

Mais désormais l’avenir n’est plus dans la fission, il est dans le fusion. Hébergeant le centre de recherche de Cadarache, la France avec le réacteur à fusion thermonucléaire ITER dispose d’une expérience encore unique au monde.

Ce réacteur expérimental a été conçu pour produire un plasma de fusion équivalent à 500 MW de puissance thermique pendant des durées de 400 secondes. Pour  la phase d’exploitation d’ITER , après le premier plasma en 2025, les équipements de collecte de l’énergie seront installés. Cette étape majeure devrait se terminer vers 2028. Elle permettra de valider la phase de pré-fusion, c’est-à-dire de production d’énergie avec de l’hydrogène classique, du deutérium ou de l’hélium.

Après cette phase, la machine sera disponible pendant dix-huit mois pour les scientifiques qui souhaiteraient mener des expériences.

Dans un deuxième temps, à partir de 2030, des systèmes de chauffage complémentaires indispensables pour parvenir à un plasma de fusion, seront installés. C’est le cas du système de chauffage par injection de particules neutres qui permet d’accélérer les noyaux d’hydrogène à très grande vitesse pour augmenter le chauffage du plasma afin de le porter à la température de fusion de 150 millions de degrés, température nécessaire pour un plasma auto-entretenu.

En 2032 une nouvelle campagne de travail sur la machine sera offerte aux physiciens ; en parallèle sera finalisée la construction de l’installation du cycle du combustible, qui séparera l’hélium produit au sein du plasma par la fusion de l’hydrogène et recyclera le tritium et le deutérium produits par la fusion pour les stocker temporairement et les réinjecter dans la machine. L’objectif est qu’en 2035 ITER atteigne sa pleine puissance.

Un deuxième réacteur de démonstration dit DEMO devrait suivre avant la phase d’installation.

Ces délais pourraient être raccourcis, si la France y mettait les moyens.

Remarquons que l’Allemagne, présentée comme une grande nation industrielle, en est encore à chercher comment se passer du gaz russe.

28/09/2023 Les trous noirs extrèmes de Kerr

En astrophysique, un trou noir est un objet céleste si compact que l’intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper .Ceci ne veut pas dire qu’il donnerait accès à d’autres univers, comme certains l’avaient longtemps dit.

Il existe plusieurs variétés de trous noirs. Le plus souvent cité est le trou noir supermassif nommé Sagittarius A* se trouvant au centre de notre galaxie;

Voir Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_noir

Les trous noirs dits « extrêmes de Kerr » représentent une sous-catégorie particulière. Contrairement aux trous noirs typiques, leurs horizons intérieurs et extérieurs coïncident, et leur rotation atteint une vitesse maximale théoriquement infinie au centre du trou noir.

Rappelons que l’horizon d’un trou noir ou horizon des évènements représente la frontière d’un trou noir à partir de laquelle la vitesse de libération atteint celle de la lumière. Selon le type de trou noir concerné, la taille et la forme de l’horizon sont variables.

Or les calculs ont révélé que la géométrie de l’espace-temps près de l’horizon de ces trous noirs extrêmes de Kerr est sensible à de nouvelles formes de physique encore inconnues découlant d’énergies plus élevées.

Les trous noirs extrêmes de Kerr pourraient détenir des clés pour sonder des phénomènes physiques inconnus. Ces objets célestes, caractérisés par des forces gravitationnelles théoriquement infinies au niveau de leur horizon, mettent en lumière des limites inattendues de la physique fondamentale.

Les trous noirs extrêmes de Kerr représentent une sous-catégorie particulière. Contrairement aux trous noirs typiques, ces entités ont des horizons intérieurs et extérieurs coïncidant, et leur rotation atteint une vitesse maximale. Elle ne devient infinie qu’au centre du trou noir.

Les calculs ont également révélé que la géométrie de l’espace-temps près de l’horizon de ces trous noirs est sensible à de nouvelles formes de physique découlant d’énergies plus élevées.

Bien que les chercheurs aient encore des questions à résoudre, notamment celle de savoir si les singularités peuvent être éliminées par des phénomènes physiques, leurs travaux ouvrent la voie à de nouvelles recherches. Une équipe de chercheurs des Universités de Californie, de Varsovie et de Cambridge a mené une étude théorique sur ces objets . Publiée dans la revue Physical Review Letters, l’étude suggère que les propriétés uniques de ces trous noirs pourraient en faire des sujets idéaux pour sonder de nouvelles lois de la physique.

Maciej Kolanowski, Gary Horowitz et Jorge Santos, les auteurs de cette étude, avaient déjà montré que ces trous noirs étaient affectés par des forces de marée infinies si une constante cosmologique était présente. Toutefois, ces effets disparaissaient lorsque cette constante est nulle.

Ce résultat est en opposition totale avec le modèle des trous noirs standards, où les forces de marée ne deviennent infinies qu’au centre du trou noir. Les calculs ont également révélé que la géométrie de l’espace-temps près de l’horizon de ces trous noirs est sensible à de nouvelles formes de physique encore inconnues apparaissant à des énergies plus élevées.

L’étude montre que les trous noirs extrêmes de Kerr pourraient être de puissants outils pour sonder des phénomènes physiques inexplorés. Bien que les chercheurs aient encore des questions à résoudre, notamment celle de savoir si les singularités peuvent être éliminées par des causes à découvrir, leurs travaux ouvrent la voie à de nouvelles recherches.

Reférence

Extremal Kerr Black Holes as Amplifiers of New Physics
Gary T. Horowitz, Maciej Kolanowski, Grant N. Remmen, and Jorge E. Santos
Phys. Rev. Lett. 131, 091402 – Published 31 August 2023

  ABSTRACT

We show that extremal Kerr black holes are sensitive probes of new physics. Stringy or quantum corrections to general relativity are expected to generate higher-curvature terms in the gravitational action. We show that in the presence of these terms, asymptotically flat extremal rotating black holes have curvature singularities on their horizon. Furthermore, near-extremal black holes can have large yet finite tidal forces for infalling observers. In addition, we consider five-dimensional extremal charged black holes and show that higher-curvature terms can have a large effect on the horizon geometry.

  • Received 8 April 2023

DOI:https://doi.org/10.1103/PhysRevLett.131.091402

Published by the American Physical Society

27/09/2023 Un bel avenir pour les BCI

Les BCI ou Brain Computer Interface sont des implants cérébraux permettant à des personnes paralysées des membres supérieurs de commander des micro-ordinateurs en utilisant les claviers de ceux-ci. La firme américaine Synchron https://synchron.com expérimente de tels implants avec une autorisation de l’US Food ans Drug Administration accordée en 2021.

Depuis, deux essais cliniques ont montré l’efficacité de cette procédure. Des patients volontaires dotés de cet interface ont pu mouvoir les muscles de leur bras pour actionner le clavier d’un ordinateur. Dans le même temps un système de détection des mouvements oculaires pouvait le cas échant les renseigner sur la fiabilité des ordres transmis.

Deus essais cliniques ont été organisés pour vérifier le succès de ces dispositifs, l »un, SWITCH, impliquanr quatre volontaires en Australie, l’autre, COMMAND, cinq aux Etats-Unis. Ils ont pu procéder avec succès à des opérations simples telles qu’envoyer des e-mails ou payer des factures.

La procédure utilisée par Synchron pour introduire des implants appropriés dans le cerveau vise à ne pas faire appel à des opérations à cerveau ouvert. Elle utilise la technique bien éprouvée des « electrode array » ou Stentrode, réseau d’électrodes introduites dans la veine jugulaire et permettant l’accès aux vaisseaux sanguins proches du cortex moteur https://alsnewstoday.com/news/aan-2022-stentrode-brain-device-safe-allows-hand-free-computer-control-trial-data/

Dans le cadre de cette procédure, les électrodes n’ont pas un accès direct aux neurones cérébraux, ce qui réduit les risques d’infection.

En cas de succès, Synchron envisage de commercialiser son dispositif. Elon Musk s’est dit intéressé pour son entreprise Neuralink.

27/09/2023 Nouvelle hypothèse concernant l’évolution des reptiliens avant le triassique

Un fossile d’une espèce de reptile jusqu’ici inconnu vivant il y a environ 250 millions d’années en Chine du temps des dinosaures, peut modifier les hypothèses actuelles concernant l’évolution des reptiliens.

Ce fossile a été découvert en 2019 et nommé Psorausphargis.

Les roches où il a été découvert ont montré qu’il vivait dans des lagons d’eau salée. Il était un des plus grands reptiles marins existant à cette époque. L’examen de ses restes ont fait penser qu’il se nourrissait d’invertébrés marins tels que le  siphonophore géant de la famille des Apolemia, un invertébré cousin des méduses actuelles. et de petits poissons.

Il s’agissait d’un des plus grands reptiles vivant à cette époque. Il se protégeait des autres prédateurs par de grandes écailles plates, analogues à celles des crocodiles. Il paraît proche des iguanes marins modernes. Mais son long cou le rapproche aussi des dinosaures marins très abondants à cette époque. Il s’agissait sans doute d’un ancêtre des plésiosaures très nombreux dans les mers un peu plus tard.

Cette découverte conforte l’hypothèse suggérée par de récentes études génétiques selon laquelle les tortues, les reptiles et les oiseaux d’aujourd’hui proviennent d’un grand groupe commun qui les réunissait il y a 250 millions d’années dans le Triassique supérieur.

Référence
An armoured marine reptile from the Early Triassic of South China and its phylogenetic and evolutionary implications

Andrzej S Wolniewicz and others

August 8 2023

  1. https://doi.org/10.7554/eLife.83163
  2. Abstract
    Sauropterygia was a taxonomically and ecomorphologically diverse clade of Mesozoic marine reptiles spanning the Early Triassic to the Late Cretaceous. Sauropterygians are traditionally divided into two groups representing two markedly different body plans – the short-necked, durophagous Placodontia and the long-necked Eosauropterygia – whereas Saurosphargidae, a small clade of armoured marine reptiles, is generally considered as the sauropterygian sister-group. However, the early evolutionary history of sauropterygians and their phylogenetic relationships with other groups within Diapsida are still incompletely understood. Here, we report a new saurosphargid from the Early Triassic (Olenekian) of South China – Prosaurosphargis yingzishanensis gen. et sp. nov. – representing the earliest known occurrence of the clade. An updated phylogenetic analysis focussing on the interrelationships among diapsid reptiles recovers saurosphargids as nested within sauropterygians, forming a clade with eosauropterygians to the exclusion of placodonts. Furthermore, a clade comprising Eusaurosphargis and Palatodonta is recovered as the sauropterygian sister-group within Sauropterygomorpha tax. nov. The phylogenetic position of several Early and Middle Triassic sauropterygians of previously uncertain phylogenetic affinity, such as Atopodentatus, Hanosaurus, Majiashanosaurus, and Corosaurus, is also clarified, elucidating the early evolutionary assembly of the sauropterygian body plan. Finally, our phylogenetic analysis supports the placement of Testudines and Archosauromorpha within Archelosauria, a result strongly corroborated by molecular data, but only recently recovered in a phylogenetic analysis using a morphology-only dataset. Our study provides evidence for the rapid diversification of sauropterygians in the aftermath of the Permo-Triassic mass extinction event and emphasises the importance of broad taxonomic sampling in reconstructing phylogenetic relationships among extinct taxa.

26/09/2023 L’heptaméron ou le monde à 7 pôles

Nous lisons ce texte de Alexandre Douguine dans https://www.geopolitika.ru/article/novyy-mnogopolyarnyy-poryadok-geptarhiya-i-eyo-smysly

transduction anglaise

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2023/09/24/le-nouvel-ordre-multipolaire-l-heptarchie-et-ses-significati-6462794.html

Extraits

L’ordre mondial évolue si rapidement aujourd’hui que les institutions associées à la politique internationale n’ont pas le temps d’y répondre de manière adéquate et de le comprendre pleinement. En Russie, il existe une théorie timide selon laquelle le droit international est quelque chose de solide et de stable, qui prend en compte les intérêts de toutes les parties, tandis que la théorie des « règles » et de l’ordre fondé sur des règles promue par l’Occident collectif et les élites nord-américaines est une sorte d’astuce pour consolider l’hégémonie de Washington. Cette question mérite d’être examinée plus en détail.

L’ordre mondial prémoderne

Résumons les mutations fondamentales de l’ordre mondial au cours des 500 dernières années, c’est-à-dire depuis le début de l’ère moderne.

Avant le début de l’ère des Grandes Découvertes Géographiques (qui coïncide avec le passage du Prémoderne au Moderne, de la société traditionnelle à la société moderne), le monde était divisé en zones de plusieurs civilisations autonomes. Celles-ci échangeaient entre elles à différents niveaux, parfois de manière conflictuelle, mais aucune ne remettait en cause l’existence même de l’autre, acceptant tout tel que c’était.

Ces civilisations sont les suivantes: 

   – L’écoumène chrétien occidental (catholique) ;

    – L’écoumène chrétien oriental (orthodoxe) ;

    Empire chinois (y compris ses satellites culturels – Corée, Viêt Nam, en partie Japon et certains États d’Indochine) ;

    – Indosphère (comprenant en partie l’Indochine et les îles indonésiennes) ;

    – L’Empire iranien (y compris les régions d’Asie centrale sous forte influence iranienne) ;

    – L’Empire ottoman (héritant dans les grandes lignes de la plupart des dominations abbassides – y compris le Maghreb et la péninsule arabique) ;

    – Un certain nombre de royaumes africains indépendants et développés ;

    – Deux empires américains (Inca et Aztèque).

Chaque civilisation comprenait plusieurs pouvoirs et souvent de nombreux groupes ethniques très différents. Chaque civilisation avait une identité religieuse distincte qui s’incarnait dans la politique, la culture, l’éthique, l’art, le mode de vie, la technologie et la philosophie.

En substance, il s’agissait du zonage de l’humanité à l’époque où toutes les sociétés, tous les États et tous les peuples vivaient dans les conditions d’une société traditionnelle et construisaient leur existence sur la base de valeurs traditionnelles. Toutes ces valeurs étaient sacrées, profondément religieuses. En même temps, elles étaient différentes pour chaque civilisation. Parfois plus, parfois moins, selon le cas, mais en général, toutes les civilisations acceptaient l’existence des autres comme une évidence (si, bien sûr, elles se rencontraient).

Il est intéressant de noter que l’Occident et l’Orient chrétiens se sont considérés comme des écoumènes distincts, comme deux empires, avec une prédominance du rôler papal en Occident et du rôle impérial en Orient (de Byzance à Moscou, la Troisième Rome).

Il s’agit du premier modèle de relations internationales. Il n’existait pas de droit international général à cette époque, car chaque civilisation représentait un monde complet et totalement autonome – non seulement une culture souveraine, mais aussi une compréhension parfaitement originale de l’existence environnante, de la nature. Chaque empire vivait dans son propre cosmos impérial, dont les paramètres et les structures étaient déterminés sur la base de la religion dominante et de ses principes.

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À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un système bipolaire a vu le jour. Désormais, tous les pays « souverains » nominalement reconnus ne le sont plus, et seuls deux des trois camps idéologiques subsistent. La paix de Yalta a consolidé la division du pouvoir entre les camps capitaliste et socialiste, et l’ONU est devenue l’expression de ce nouveau modèle d’ordre mondial. Le droit international est désormais fondé sur la parité (essentiellement nucléaire) entre l’Ouest capitaliste et l’Est socialiste. Les pays du Mouvement des non-alignés se voient accorder une certaine liberté d’équilibre entre les pôles.

Les années 2000 ont été marquées par une situation particulière où tous les systèmes de relations internationales et, par conséquent, tous les types de droit international fonctionnaient simultanément. Des civilisations longtemps oubliées et effacées se sont réaffirmées sous une forme renouvelée et ont commencé à s’institutionnaliser, comme en témoignent les BRICS, l’OCS, l’Union économique eurasienne, etc. Le prémoderne s’est mêlé au postmoderne.

Dans le même temps, de nombreuses dispositions du système westphalien ont été préservées dans le droit international par inertie. La souveraineté des États nationaux est toujours reconnue comme la principale norme des relations internationales, même si ce n’est que sur le papier. Des réalistes comme S. Krasner [6] ont franchement reconnu que la thèse de la souveraineté appliquée à toutes les puissances de l’ordre mondial moderne, à l’exception des vraies grandes puissances, est une pure hypocrisie et ne correspond à rien dans la réalité. Mais la diplomatie mondiale continue à jouer le monde westphalien, dont il ne reste que des ruines fumantes.

Heptapolarité

Aujourd’hui, après le 15ème sommet des BRICS, une telle heptapolarité de sept civilisations est largement esquissée :

    – Occident libéral ;

    – Chine maoïste-confucianiste ;

    – Russie eurasienne orthodoxe ;

    – Inde védantique ;

    – Monde islamique (sunnite-chiite) ;

    – Amérique latine ;

    – l’Afrique.

Ses contours sont assez clairement dessinés. Mais bien sûr, ce modèle n’est pas encore devenu un nouveau système de droit international. Nous en sommes encore loin.

Cependant, nous devons être attentifs à la profondeur de la rupture totale et radicale avec l’Occident pour justifier le droit à l’existence des civilisations et de leurs valeurs traditionnelles. Tous les pôles devront rejeter les postulats de base de l’Occident qui leur ont été inculqués de manière constante et compulsive, ainsi qu’à l’ensemble de l’humanité, depuis le début du Nouvel Âge :

    – l’individualisme,

    – le matérialisme,

    – l’économisme,

    – la technologie comme destin,

    – le scientisme,

    – la laïcité,

    – la domination de l’argent,

    – la culture de l’hédonisme et de la décadence,

    – le progressisme, etc.

Tout cela doit être retiré de la culture de toute personne qui revendique un pôle indépendant, une civilisation distincte. Aucune des grandes cultures, à l’exception de la culture occidentale, n’est fondée sur ces principes. Toutes les valeurs traditionnelles y sont totalement opposées.

La libération progressive de l’idéologie coloniale de l’Occident prédéterminera également les paramètres de base d’un nouveau système de relations internationales et d’un nouveau modèle de droit international.

Pour l’instant, les partisans d’un ordre multipolaire sont appelés à contrer de manière réactive l’enracinement des règles dictées par l’Occident global, qui s’accroche au moment unipolaire tout en connaissant un processus de lente agonie. Mais bientôt, cela ne suffira plus, et les pays des BRICS élargis – les civilisations qui ont (re)fait surface – devront poser la question du sens du sacré, de la Tradition et de ses valeurs, de l’éternité et de la dimension transcendante de l’existence.


Le nouveau nomos de la Terre est devant nous. Une bataille féroce s’engage pour en dessiner les contours. Tout d’abord en Ukraine, qui est le front entre l’ordre mondial unipolaire et l’ordre mondial multipolaire. Et toutes les structures des différentes couches du droit international – de l’antique classique au westphalien, du bipolaire à l’unipolaire – sont clairement présentes dans cette guerre brutale pour les significations et les orientations du nouveau monde qui est en train de se créer sous nos yeux.

Notre réaction

Ne pas confondre le scientisme et la science

On peut dans l’ensemble accepter les postulats de ce texte. Nous n’y reviendrons pas ici . Mais il comporte un point qui est inadmissible. Ce point consiste à confondre le scientisme et la science.

La science, sous ses formes rudimentaires, non comprise par les premiers humains, a permis à ceux-ci d’évoluer de l’état de primate à celui d’homo sapiens. Dans l’avenir elle devrait permettre d’accéder au système solaire proche, voire au delà.

Ils accepteront ce faisant de devenir partiellement, pour compléter leur potentiel biologique, des « homo artificialis » Mais leurs valeurs fondamentales ne devraient pas disparaître pour autant. Elles devraient au contraire se renforcer