21/01/2024 Voir les premières étoiles nées peu après le Big Bang

Le télescope spatial JamesWebb est si puissant que quelque 12 mois après son lancement en 2022, il permet de voir les premières galaxies et étoiles apparues lors de ce que les astronomes appellent poétiquement l’aube de l’univers (the cosmic dawn) quelques quatre cent millions d’années après le Big Bang.

Ces étoiles apparaissent plus lumineuses qu’il était prévisible en théorie, suggérant qu’elles proviennent d’une époque ou les conditions de conversion du gas cosmique inter-galactique en étoiles étaient différentes de celles observées aujourd’hui. La différence de luminosité va de deux à cinq.

Ce phénomène peut trouver plusieurs explications. L’une étant qu’à cette époque les étoiles étaient plus massives que celles d’aujourd’hui et donnaient plus de lumière que les étoiles plus récentes.

La composition chimique de ces galaxies confirme que leur l’observation nous rapproche de ce qu’elles étaient à l’aube de l’univers . La quantité d’oxygène, de carbone et d’azote était moindre de 1 à 5% par rapport aux quantités d’aujourd’hui

20/01/2024 Le rôle probable des comètes dans l’apparition de la vie sur la Terre

La vie sur la planète Terre n’aurait pas pu apparaître sans la présence préalable de molécules dites prébiotiques, celles que l’on retrouve aujourd’hui dans tous les organismes vivants. Une molécule prébiotique est une molécule impliquée dans les processus menant à l’origine de la vie. Autrement dit une molécule organique formée sans l’intervention d’êtres vivants. Les molécules prébiotiques sont des précurseurs chimiques ou environnementaux de la vie.

La Terre était une planète présentant les conditions préalables indispensables à la vie (présence d’eau, température, pression, ensoleillement). Mais il n’y avait pas initialement de vie, en l’absence de molécules prébiotiques. Celles-ci ont pu y apparaître selon deux mécanismes différents, soit une synthèse endogène (intérieure) sur la jeune Terre, soit un apport exogène (à partir de l’espace).

Il y avait de nombreux types de synthèse endogène, décharges électriques dues à des orages, irradiation atmosphérique, (proton irradiation) , processus photochimiques , impacts à haute vitesse provenant de météores…

Cependant l’apport de molécules prébiotiques à partir de l’espace est un mécanisme de plus en plus pris en considération. Celles-ci auraient pu être apportées par des comètes, des astéroïdes, des particules de poussière interplanétaire. Récemment divers échantillons provenant de l’astéroïde Ryugu avaient montré que de nombreuses molécules prébiotiques pouvaient survivre à l’entrée dans l’atmosphère terrestre.

Celles-ci ne sont d’ailleurs pas indispensables. Les météores dits chondrites carbonées peuvent catalyser la formation de nombreuses molécules prébiotiques en conditions aqueuses (https://fr.wikipedia.org/wiki/Chondrite_carbon%C3%A9e) et ainsi fertiliser la jeune Terre.

Quant aux comètes, l’expérience a montré qu’elles peuvent contenir d’importantes quantités de molécules carbonées CHN ou Hydrocyaniques HCN nécessaires à l’apparition de la vie. Une comète peut impacter la Terre d’une façon ralentie (soft landing) en creusant un entonnoir qui se remplira d’eau riche en éléments préorganiques, où se développeront de premières formes de vie.l

Il est souvent demandé pourquoi l’on observe pas de tels mécanismes encore en action sur la Terre pour y apporter d’autres formes de vie. La réponse souvent faite est que la vie telle qu’existe aujourd’hui sur la Terre est si proliférante qu’elle éliminerait, ou rendrait invisible, tout nouvel apport de vie

Can comets deliver prebiotic molecules to rocky exoplanets?

R. J. Anslow

A. Bonsor

 and P. B. Rimmer

Published:15 November 2023
https://doi.org/10.1098/rspa.2023.0434

  • Abstract

In this work, we consider the potential of cometary impacts to deliver complex organic molecules and the prebiotic building blocks required for life to rocky exoplanets. Numerical experiments have demonstrated that for these molecules to survive, impacts at very low velocities are required. This work shows that for comets scattered from beyond the snow-line into the habitable zone, the minimum impact velocity is always lower for planets orbiting Solar-type stars than M-dwarfs. Using both an analytical model and numerical N-body simulations, we show that the lowest velocity impacts occur onto planets in tightly packed planetary systems around high-mass (i.e. Solar-mass) stars, enabling the intact delivery of complex organic molecules. Impacts onto planets around low-mass stars are found to be very sensitive to the planetary architecture, with the survival of complex prebiotic molecules potentially impossible in loosely packed systems. Rocky planets around M-dwarfs also suffer significantly more high velocity impacts, potentially posing unique challenges for life on these planets. In the scenario that cometary delivery is important for the origins of life, this study predicts the presence of biosignatures will be correlated with (i) decreasing planetary mass (i.e. escape velocity), (ii) increasing stellar-mass and (iii) decreasing planetary separation (i.e. exoplanets in tightly-packed systems).

19/01/2024 La vie artificielle bientôt parmi nous

Des chercheurs annoncent avoir créé une lignée de levure dans laquelle la moitié des 16 chromosomes sont synthétiques. C’est un grand pas en avant dans la perspective de voir une première cellule complexe doté d’un génome entièrement artificiel . Il s’agit d’un projet conduit à la New York University Langone Health L’objectif est de réaliser une plateforme pour optimiser la création de levures utiles en matière de santé humaine

Depuis un certain temps déjà ont été produits des virus et des bactéries dotés de génomes entièrement synthétiques. Mais la tâche est plus difficile dans le cas des levures, qui sont des cellules complexes ou eucaryotes (dotées de chromosomes à ADN) analogues à celles de toutes les plantes et animaux vivant sur Terre.

Les versions synthétiques de tous les chromosomes de levures ont déjà été réalisées, mais il faut désormais les assembler dans un génome correspondant à celui de la levure envisagée. Ceci prendra une année au moins car il faudra « débugger » les chromosomes artificiels, selon le terme informatique, autrement dit en extraire pour les détruire tous les éléments ayant des résultats non recherchés.

L’équipe a aussi ajouté 3.000 sites au génome artificiel pour y assurer la reproduction d’éléments jugés favorables.

Certains biologistes estiment indispensable de veiller à ce que ces nouvelles variétés ne s’échappent pas dans la nature avant que tous leurs effets n’aient été étudiés. D’autres pensent qu’il s’agit d’un vœu pieux.

Référence

Debugging and consolidating multiple synthetic chromosomes reveals combinatorial genetic interactions
  • Yu Zhao
  • Camila Coelho 13
  • Amanda L. Hughes 13
  • Lars M. Steinmetz 17
  • Yizhi Cai
  • Summary
    The Sc2.0 project is building a eukaryotic synthetic genome from scratch. A major milestone has been achieved with all individual Sc2.0 chromosomes assembled. Here, we describe the consolidation of multiple synthetic chromosomes using advanced endoreduplication intercrossing with tRNA expression cassettes to generate a strain with 6.5 synthetic chromosomes. The 3D chromosome organization and transcript isoform profiles were evaluated using Hi-C and long-read direct RNA sequencing. We developed CRISPR Directed Biallelic URA3-assisted Genome Scan, or “CRISPR D-BUGS,” to map phenotypic variants caused by specific designer modifications, known as “bugs.” We first fine-mapped a bug in synthetic chromosome II (synII) and then discovered a combinatorial interaction associated with synIII and synX, revealing an unexpected genetic interaction that links transcriptional regulation, inositol metabolism, and tRNASerCGA abundance. Finally, to expedite consolidation, we employed chromosome substitution to incorporate the largest chromosome (synIV), thereby consolidating >50% of the Sc2.0 genome in one strain.
  • Jef D. Boeke November 08, 2023
    DOI:https://doi.org/10.1016/j.cell.2023.09.025

19/01/2024 Le trou noir le plus distant jamais observé

Des astronomes de la Yale University ont découvert au centre de la galaxie UHZ-1 le trou noir le plus distant jamais observé, à 31.000 milliards d’années lumière de la Terre. Cette observation permettra peut-être de comprendre comment de tels trous noirs supermassifs ont eu le temps de se former si tôt après le Big Bang. Ils ont utilisé pour cela le nouveau James Webb Space Telescope JWST. L’observation a été confirmée par le Chandra X-ray Observatory utilisant les rayons X.

Ils estiment que ce trou noir a du se former 470 millions d’années après le Big Bang quand l’univers n’était âgé que de 3% de son âge actuel.. Il avait de 10 à 100 millions de fois la masse du soleil.

Ces chiffres rendent difficile à comprendre le mécanisme de la formation de ce trou noir. Ils ne sont pas compatibles avec ceux concernant les trous noirs supermassifs habituels. S’il avait commencé comme une étoile qui se serait effondrée sur elle-même, comment aurait-il pu devenir si important en si peu de temps ?

Récemment un autre mécanisme intéressant la formation des trous noirs avait été évoqué. Si suffisamment de gaz intergalactique pénétrait le centre d’une galaxie et s’y condensait directement sous la forme d’un trou noir, les conditions d’apparition d’un trou noir super massif seraient réunies.

La recherche de tels trous noirs pourrait dans l’avenir devenir une priorité.

https://www.newscientist.com/article/2402016-astronomers-have-found-the-most-distant-black-hole-ever-confirmed/

18/01/2024 Bientôt de l’oxygène sur la planète Mars

Une procédure de synthèse chimique robotisée a permis de développer un catalyseur producteur d’oxygène à partir de minéraux martiens trouvés sur 5 météorites provenant de cette planète. L’objectif est de permettre à de futurs explorateurs humains de respirer sans avoir à apporter de bouteilles de gaz.

Dans ce but, Yi Luo et des collègues de l’Université des Sciences et technologies de Chine à Hefei ont mis au point un robot entièrement automatique. Il a utilisé un laser pour analyser la matière en provenance de Mars. Des quantités significatives de fer, calcium, , magésium, aluminium et manganèse y ont été identifiées.

Plutôt que faire des essais en laboratoire pour mettre au point le futur catalyseur martien, l’équipe à utilisé un robot à base d’intelligence artificielle pour proposer les combinaisons les plus efficaces. Ce catalyseur pourra travailler jusqu’à la température de moins 37°, courante sur la Planère rouge, et pendant 6 jours sans interruption.

Cette réalisation est une nouvelle preuve du fait que les humains ne pourront jamais explorer l’espace profond sans un large appel à l’ intelligence artificielle.

Par ailleurs nous voudrions souligner l’importance des technologies permettant la synthèse de l’oxygène, indispensable à la vie et très rare dans l’univers.

Référence

Automated synthesis of oxygen-producing catalysts from Martian meteorites by a robotic AI chemist
Abstract

Living on Mars requires the ability to synthesize chemicals that are essential for survival, such as oxygen, from local Martian resources. However, this is a challenging task. Here we demonstrate a robotic artificial-intelligence chemist for automated synthesis and intelligent optimization of catalysts for the oxygen evolution reaction from Martian meteorites. The entire process, including Martian ore pretreatment, catalyst synthesis, characterization, testing and, most importantly, the search for the optimal catalyst formula, is performed without human intervention. Using a machine-learning model derived from both first-principles data and experimental measurements, this method automatically and rapidly identifies the optimal catalyst formula from more than three million possible compositions. The synthesized catalyst operates at a current density of 10 mA cm−2 for over 550,000 s of operation with an overpotential of 445.1 mV, demonstrating the feasibility of the artificial-intelligence chemist in the automated synthesis of chemicals and materials for Mars exploration.

17/01/2024 Avec le Covid 19, des macaques redécouvrent l’âge de pierre

Les paléoanthropologues considèrent généralement que c’est par l’utilisation systématique d’outils de pierre que les premiers hominina se distinguèrent de la faune environnante Les Hominina sont une sous-tribu d’hominidés qui inclut le genre Homo et les genres éteints apparentés, tels que les Australopithèques ou les Paranthropes. Cette sous-tribu rassemble toutes les espèces de la lignée humaine, qui s’est séparée de la lignée des chimpanzés il y a au moins 7 millions d’années. 

On a pensé pendant longtemps que leur capacité d’imaginer, de fabriquer et d’utiliser des outils permettait de distinguer les individus du genre Homo des autres grands singes. Personne ne doute que les hommes préhistoriques aient intentionnellement taillé des pierres tranchantes à arêtes vives. L’apparition de cette technologie est même considérée comme un tournant dans l’évolution de l’Homme, devenant chasseur-cueilleur.

C’était sous estimer les macaques.

Le macaque, selon wikipedia, est un genre de primates de la famille des Cercopithecidae. Ces singes catarhiniens sont largement répandus en Asie, de l’Inde jusqu’au Japon et à la ligne Wallace, ainsi qu’en Afrique du Nord et à Gibraltar. Ce sont en effet les seuls primates, à l’exception de l’Homme, qui soient présents sur deux (voire trois) continents et surtout qui se soient acclimatés largement au-dessus de la zone intertropicale.

Les macaques passent plusieurs heures par jour à rechercher leur nourriture : fruitsherberacinesécorcesgrainesbourgeons et feuilles, mais aussi des insectes, des fleurs et quelques champignons. Les macaques sont surtout frugivores dans les pays tropicaux. Mais les fruits sont moins abondants dans les régions tempérées et les graines et les feuilles forment l’essentiel de leur régime alimentaire. Au nord du Japon, les macaques ne trouvent plus grand-chose à manger pendant l’hiver. Durant cette saison, ils doivent se contenter de brindilles et de l’écorce des arbres.

Des anthropologues proposent de voir la chose différemment et de tourner le regard vers les singes d’aujourd’hui, plus précisément vers les macaques à queue longue du Parc national d’Ao Phang Nga en Thaïlande. Et si certaines de ces pierres à arêtes vives n’étaient en fait que des accidents ?

Autrement dit, les éclats modernes ressemblent à s’y méprendre à ce qu’on imagine être les plus vieilles pierres taillées, datant de 3,3 millions d’années à 1,56 million, et supposément fabriquées par l’ancêtre d’Homo sapiens. Se pourrait-il que celles-ci soient en fait des éclats obtenus de façon non volontaire ? C’est l’hypothèse, non conventionnelle, que les anthropologues développent dans un article publié dans la revue « Science », au mois de mars.

Pour eux, leur travail confirme que la production d’outils en pierre n’est pas réservée aux humains et à leurs ancêtres, mais qu’il ouvre une réflexion plus large sur la paléontologie. De fait, 20 à 30 % des éclats tranchants conservés dans les collections préhistoriques ne sont en fait des productions accidentelles. Ils imaginent qu’avant de vouloir produire des pierres tranchantes, les premiers hominidés en ont peut-être produit de façon non intentionnelle. Ils proposent même une chronologie : la production involontaire par cassage de noix aurait précédé la production volontaire.

Les chimpanzés utilisent toutes sortes d’objets, feuilles, mousses, tiges, bâtons de bois, et des pierres. Ils sélectionnent précautionneusement les pierres sur le chemin qui les mènent à l’endroit où ils les cassent. Ce comportement sophistiqué s’explique par des capacités cognitives a priori plus avancées par rapport aux autres singes. On sait que les gorilles utilisent très peu d’outils. Les macaques, eux, en font un usage à la fois moins prononcé et d’une moindre complexité : l’outil sera moins modifié ou moins sélectionné. Cela dit, il faut garder en tête que les chimpanzés sont plus étudiés que les autres espèces 

Il y a deux manières : soit un singe peut se retrouver dans les mêmes conditions que ses congénères et réapprend par lui-même, soit il observe les autres et expérimente, c’est-à-dire essaye de reproduire les gestes des individus qui les maîtrisent. Chez les chimpanzés, on observe une transmission familiale avec un enseignement de la mère qui prend la pierre de son petit et lui montre les gestes, mais cela reste rare, l’observation prédomine. Maîtriser le cassage de noix avec une pierre, le marteau, sur une autre grosse pierre, l’enclume, nécessite une dizaine d’années.

Il y a beaucoup d’exemples d’autres espèces qui elles aussi se servent d’outils Les corvidés (la famille des geais, choucas, pies, corbeaux…) en général sont très habiles. Le corbeau de Nouvelle-Calédonie, par exemple, coupe des petites plantes en forme de crochet pour déloger les larves des trous d’arbre. Les pinsons des Galapagos utilisent des tiges ; le vautour d’Égypte des pierres pour casser les œufs d’Autruche. Les loutres cassent les coquillages avec des cailloux. Les cétacés sont assez habiles également: certains dauphins placent des éponges devant leur rostre pour attraper des oursins sans être piqués et d’autres transportent des petites murènes et les positionnent pour déloger d’autres espèces de poissons.

Mais les macaques comme toutes les autres espèces utilisant des outils ne le font que pressés par la nécessité faute d’autres sources plus accessibles . C’est le cas des macaques évoqués dans l’article de recherche dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract.

Ils devraient remercier le Covid 19

Référence

Influence of COVID-19 on the emergence of stone-tool use behavior in a population of common long-tailed macaques (Macaca fascicularis fascicularis) in Thailand
Raza MuhammadTitiporn KaikaewSuchada PanjanSuthirote MeesawatWipaporn ThabthimthongSunchai PayungpornJirawat ApipattarachaiwongSreetharan KanthaswamyYuzuru HamadaLydia V. LunczSuchinda Malaivijitnond

First published: 27 November 2023

https://doi.org/10.1002/ajp.23580

Abstract

Stone tool use is a rare behavior across nonhuman primates. Here we report the first population of common long-tailed macaques (Macaca fascicularis fascicularis) who customarily used stone tools to open rock oysters (Saccostrea forskali) on a small island along the Thai Gulf in Koh Ped (KPE), eastern Thailand. We observed this population several times during the past 10 years, but no stone-tool use behavior was observed until our survey during the coronavirus disease 2019 (COVID-19) pandemic in July 2022. KPE is located in Pattaya City, a hotspot for tourism in Thailand. Tourists in this area frequently provided large amounts of food for the monkeys on KPE. During the COVID-19 curfew, however, tourists were not allowed to access the island, and monkeys began to face food scarcity. During this time, we observed stone-tool use behavior for the first time on KPE. Based on our observations, the first tool manipulation was similar to stone throwing (a known precursor of stone tool use). From our observations in March 2023, we found 17 subadult/adult animals performing the behavior, 15 of 17 were males and mostly solitary while performing the behavior. The M. f. fascicularis subspecies was confirmed by distribution, morphological characteristics, and mtDNA and SRY gene sequences. Taken together, we proposed that the stone tool use behavior in the KPE common long-tailed macaques emerged due to the COVID-19 food scarcity. Since traveling is no longer restricted many tourists have started coming back to the island, and there is a high risk for this stone tool-use behavior to disappear within this population of long-tailed macaques.

17/01/2024 Semaines d’enfer à Gaza

Les attaques d’Israël à Gaza diffèrent des attaques du Hamas contre les Israéliens en ce sens que les meurtres commis par Israël le sont «à distance» et donc peu visibles .

C’est le terme qu’emploie Steven Waugh, actuel représentant de l’Unicef en Palestine. Le raid du 7 octobre du Hamas contre Israël a vu des hommes armés du Hamas franchir la barrière frontalière et attaquer directement les Israéliens avec des armes à feu, des couteaux et des explosifs. Les hommes armés ont poursuivi des festivaliers, attaqué des kibboutzniks et leur ont tiré dessus, se sont battus au corps à corps et ont lancé des grerenades. L’attaque a été brutale, souvent sauvage et certainement meurtrière».

Par contre les bombes larguées à des milliers de mètres et les obus d’artillerie lancés sur Gaza à des kilomètres de distance provoquent la mort et la destruction à grande échelle, mais ils sont exécutés à distance. Les résultats meurtriers sont invisibles pour ceux qui les ont provoqués et la source est invisible pour les victimes qui souffrent et meurent».

 Les exécutions sommaires et les prises d’otages dont le Hamas et d’autres groupes armés se sont rendus responsables le 7 octobre sont des crimes de guerre et doivent être condamnés, mais les autorités israéliennes ne peuvent utiliser ces attaques pour justifier leurs propres attaques illégales et les sanctions collectives imposées aux civils dans la bande de Gaza assiégée, ainsi que la torture, la détention arbitraire et les autres atteintes aux droits humains infligées à des détenus palestiniens. L’interdiction de la torture ne souffre aucune suspension ou dérogation, même, et surtout, dans des périodes comme celle que nous traversons. » 

Pour sa part Amnesty International dénonce depuis des décennies la torture infligée par les autorités israéliennes dans des centres de détention en Cisjordanie. Cependant, ces quatre dernières semaines, des vidéos et des photos ont été largement diffusées en ligne, montrant des soldats israéliens frappant et humiliant des Palestiniens et Palestiniennes détenus les yeux bandés, dénudés, les mains attachées  Selon les autorités de Gaza plus de 19.000 Palestiniens ont été tués dans l’enclave à la suite des représailles d’Israël après le raid du 7 octobre. 70% en étaient des femmes et des enfants.

16/01/2024 Importantes décisions européennes concernant la fusion nucléaire

La fusion nucléaire, indispensable pour prendre la suite de l’actuelle fission et considérée comme une source d’énergie propre, pourrait bientôt devenir une réalité grâce aux efforts de Gauss Fusion https://www.gauss-fusion.com/ On peut considérer qu’il s’agit d’une heureuse retombée du programme international ITER dont le siège est à Cadarache , France

Gauss Fusion est une jeune entreprise européenne fondée par cinq entreprises industrielles privées de renom :
Alcen en France https://www.alcen.com/fr,
ASG en Italie https://www.asgint.com/en/home/
Bruker en Allemagne https://www.bruker.com/en.html
Research Instruments en Allemagne https://research-instruments.de/en/,
IDOM en Espagne https://www.idom.com/en/.

Après de nombreuses réflexions et analyses de ses équipes scientifiques, Gauss Fusion a récemment annoncé sa décision stratégique de choisir le stellarator https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-stellarator-5877/ comme base pour le développement de sa future centrale à fusion nucléaire. L’opération marque un tournant majeur dans la course à la production d’énergie de fusion renouvelable en Europe.

Le choix du stellarator par Gauss Fusion est basé sur plusieurs avantages significatifs de cette technologie. Le plus notable est la réduction des coûts d’électricité, résultant de la fiabilité et de la stabilité accrues du stellarator. Cette décision a été saluée par Milena Roveda https://www.linkedin.com/posts/milena-roveda-5a55b5174_fusionista-fusionwithintegrity-fusionpower-activity-7069262733086449664-vSaS PDG de Gauss Fusion, comme une avancée substantielle dans la commercialisation de l’énergie de fusion renouvelable en Europe.

La vision de Gauss Fusion repose sur une approche progressive de la production d’énergie de fusion, visant à minimiser les risques d’investissement et les coûts de construction tout en augmentant la flexibilité du processus de planification. Pour y parvenir, l’entreprise développe des technologies innovantes, notamment un système magnétique révolutionnaire, un circuit de combustible optimisé et des techniques de maintenance à distance.

Gauss Fusion prévoit également de déposer des brevets dans les cinq prochaines années pour ces technologies, en se concentrant particulièrement sur le développement des systèmes de couverture tritigène et de cycles du combustible, qui ont le plus faible niveau de maturité technique dans les centrales à fusion.

La couverture tritigène (également connue sous le nom de couverture de fusion, couverture de lithium ou simplement couverture) est un élément clé dans de nombreuses conceptions de  réacteurs à fusion Elle a trois objectifs. Le premier est d’agir comme un mécanisme de refroidissement, absorbant l’énergie des neutrons produits dans le plasma par la réaction de fusion nucléaire entre le deutérium et le tritium (réaction DT). Le second objectif est de produire davantage de tritium, qui serait autrement difficile à obtenir en des quantités suffisantes, grâce à l’interaction des neutrons avec le lithium contenu dans la couverture. Enfin, la couverture tritigène sert également de blindage, empêchant les neutrons de haute énergie de s’échapper vers les régions à l’extérieur de la chambre du réacteur, protégeant ainsi les parties les plus sensibles aux rayonnements (telles que les aimants ohmiques ou supraconducteurs) contre les dommages et l’activation neutronique. Wikipedia

Depuis ses débuts, Gauss Fusion a cherché à collaborer étroitement avec des partenaires industriels pour la construction des composants de ses installations de fusion. L’entreprise insiste sur l’importance des partenariats public-privé et de l’intégration des résultats de ses recherche au profit des entreprises européennes actuelles et futures, telles que Wendelstein-7X, https://en.wikipedia.org/wiki/Wendelstein_7-X IFMIF-DONES https://ifmif-dones.es/ et ITER.

La collaboration étroite entre l’industrie et la recherche a également convaincu la professeure Sibylle Günter, directrice scientifique de l’Institut Max Planck de physique des plasmas en Allemagne, de l’importance de cette décision. Elle a déclaré : “Nous voulons contribuer à construire le plus rapidement possible une centrale à fusion qui repose sur notre travail scientifique avec Wendelstein-7X. C’est une étape importante pour Gauss Fusion qui, grâce à son expérience industrielle et technique unique, contribue au développement et à la promotion de l’énergie de fusion. Cela peut considérablement faciliter la voie vers une centrale à fusion magnétique.”

15/01/2024 La France devrait faire davantage appel à l’énergie magmatique

La France n’est pas à court d’énergie contrairement à d’autres pays, notamment l’Allemagne. Elle dispose déjà d’une quantité importante de centrales nucléaires de fission (56 réacteurs à ce jour).   Elle sera la première, sauf accident, à bénéficier de la fusion nucléaire en cours de test à Cadarache (programme Iter). Son parc de centrales hydroélectrique est très satisfaisant.  EDF exploite 425 centrales hydrauliques et plus de 600 barrages en France.

Par contre, la France est peu présente dans l’électricité marémotrice, en dehors de la centrale de la Rance. Elle ne fait pas encore sérieusement appel à l’énergie éolienne, sauf dans le cas de petits équipements appartenant à des particuliers . Mais dans les deux cas, cette absence est favorable à l’environnement.

La géothermie

Qu’en est-il de la géothermie, consistant à exploiter la chaleur centrale de la Terre La géothermie est à la fois la science qui étudie les phénomènes thermiques internes du globe terrestre, et la technique qui vise à les exploiter. Par extension, la « géothermie » désigne aussi parfois l’énergie géothermique issue de l’énergie de la Terre, qui est convertie en chaleur.

C’est une énergie qui n’émet aucun gaz à effet de serre et sa matière première, la chaleur de la Terre, est totalement gratuite. Par contre, les équipements permettant de l’exploiter ne le sont pas

Il existe 3 formes de ressources géothermiques pour produire de l’électricité.

Par réservoir de vapeur. Lorsque l’eau de gisement est partiellement vaporisée, elle est récupérée sous la forme de vapeur sèche directement utilisable pour faire tourner les turbines des centrales géothermiques. Mais ces gisements de vapeur sont relativement rares. Les plus connus sont Lardarello (Italie), Geysers (Californie) et Matsukawa (Japon).
Par réservoir d’eau chaude. Pendant sa remontée vers la surface, l’eau chaude subit une baisse de pression. Elle se transforme alors en vapeur, de sorte qu’en tête de puits, sort un mélange eau-vapeur dont on peut utiliser la phase gazeuse pour alimenter des turbines.
Par roches fracturées. elle consiste à récupérer la chaleur de roches chaudes en profondeur dans des sous-sols composés de roches naturellement fracturées, grâce à de l’injection d’eau :
  • De l’eau froide est injectée à 5 000 m de profondeur par un puit.
  • L’eau circule dans les fractures et se réchauffe au contact de la roche chaude à plus de 200 °C.
  • L’eau est pompée par la centrale pour remonter à la surface par un 2e puits.
  • En surface, par l’intermédiaire d’un échangeur thermique, l’eau chaude du circuit primaire se transforme en vapeur dans le circuit secondaire.
  • La vapeur entraîne une turbine et un alternateur qui produit de l’électricité.
  • L’eau est ensuite renvoyée dans les roches.

Cette technique est en cours de développement à Soultz-sous-Forêts.

L’exploitation magmatique directe

Cette technique n’existe pas encore, compte tenu de ses coûts et de l’absence de besoins urgents. Nous pensons que dans les prochaines années, il serait important de s’y intéresser, notamment en France.

La France métropolitaine dispose d’un certain nombre de sites anciennement volcaniques, tels que le Massif Central. Il semble que les poches magmatiques ne soient pas trop éloignée de la surface (1 à 2 kms) . Elles devraient donc être accessibles par des sondages industriels profonds.

L’exploitation se ferait de la même façon que pour la géothermie dite par roche fracturée mais à une plus grande échelle.

Plus généralement dans l’avenir maitriser l’exploitation des ressources terrestres situées en grande profondeur deviendra une nécessité.
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Annexe. Qu’est-ce qu’un magma
source Wikipedia

Un magma est une roche entièrement ou partiellement fondue. Il comporte nécessairement une phase liquide, généralement composée de silicatesa et contenant des gaz dissous. Il comporte souvent aussi, en suspension dans le liquide, une phase gazeuse (des bulles) et une ou plusieurs phases solides (des cristaux), qui proviennent respectivement de l’exsolution partielle des gaz dissous et de la solidification partielle du liquide par décompression et refroidissement.

Le magma peut aussi comporter des éléments solides provenant des roches à travers lesquelles le magma est remonté : fragments de roches mantelliques ou crustales (xénolithes) et/ou cristaux isolés (xénocristaux).

Les magmas se forment à haute température et sous haute pression par fusion partielle de la croûte terrestre ou du manteau. Moins denses que les roches solides de la lithosphère, ils sont entraînés vers le haut par la poussée d’Archimède, sous forme de dykes ou de diapirs. Selon le contraste entre leur densité et celle des roches traversées, les magmas s’arrêtent à une certaine profondeur (plutons) ou s’épanchent en surface (laves). Leur refroidissement complet conduit à la formation de roches magmatiques (roches plutoniques pour les plutons, roches volcaniques pour les laves).

Les magmas résultent directement (volcanisme) ou indirectement (intrusion) de l’évacuation de la chaleur terrestre (en). Pour évacuer une chaleur centrale avoisinant 5 000 °C1, les seuls mécanismes de la conduction et le rayonnement sont insuffisants. L’évacuation est ainsi assurée principalement par le phénomène de la convection mantellique qui brasse le manteau terrestre en mettant en mouvement2 du matériel solide rendu ductile par les températures très élevées. Cette convection « est la cause première de toutes les manifestations d’activité de la Terre solide (volcanismetectonique des plaquesorogenèsechamp magnétique3) ». Aux limites supérieures des cellules de convection, au terme de leur lente remontée diapirique vers la surface, les péridotites du manteau supérieur subissent une décompression adiabatique4 au niveau des dorsales océaniques, ce qui entraîne leur fusion partielle qui se produit à une profondeur relativement faible (20 à 30 km) et la formation de magmas basaltiques5. La dispersion de chaleur est réalisée aussi au niveau des points chauds ou du mouvement des plaques lithosphériques dont la collision ou la subduction produit la fusion partielle des roches enfouies, et la formation de magmas primaires ou différenciés. Sur Terre, la dissipation d’énergie thermique se fait ainsi à 95 % au niveau des limites de plaques (dorsales, subduction et collision) et seulement pour 5 % par les points chauds6. « Il en résulte que le magmatisme de la Terre est également une expression des transferts de la chaleur interne. De cette façon, le magmatisme participe au refroidissement général et inéluctable du globe »7.

Lors de la remontée de la roche ductile vers la surface, le magma se refroidit et peut cristalliser sans émerger pour former une roche plutonique dans des réservoirs (chambre magmatiquepluton), des dykes lorsqu’il reste confiné dans des fissures discordantes, ou encore des sills lorsque le magma s’insère dans une fissure en concordance avec les structures encaissantesb. Si le magma atteint la surface, il jaillit par les cratères des volcans sous forme de lave dont la composition détermine le caractère plus ou moins fluide ou visqueux.

La température de ces laves varie de 500 à 550 °C, pour la carbonatite (au Kenya), à 1 200 °C, par exemple pour les volcans d’Hawaï.

Un magma est considéré comme acide, intermédiaire, basique ou ultrabasique en fonction de sa teneur en silice (%pds SiO2)c :

  • riche en silice (plus de 65 %), le magma est « acide » et sa viscosité est élevée ;
  • avec une teneur intermédiaire entre 52 et 65 %, le magma est dit « intermédiaire » ;
  • pauvre en silice (moins de 52 % mais plus de 45), le magma est « basique » et sa viscosité est faible,
  • très pauvre (moins de 45 % de silice), il est « ultrabasique ».

Cette teneur en silice aura donc une incidence sur le comportement du magma lors de sa remontée (vitesse de déplacement, et caractère effusif ou explosif de l’éruption volcanique si le magma parvient en surface).

Les gaz contenus dans le magma peuvent être de la vapeur d’eau (qui peut diminuer la température de fusion jusqu’à 100 °C) ou le dioxyde de carbone.

Dans le manteau terrestre : entre 50 et 150 km de profondeur, les conditions de pression et de température permettent la fusion partielle du manteau. Cette zone a été découverte grâce à sa faculté de ralentir la propagation des ondes sismiques et a été appelée zone à faible vitesse, en anglais low velocity zone, acronyme LVZ. Le taux de fusion du manteau est de l’ordre de 5 à 15 %, en masse, du matériau mantellique, rarement plus de 20 %.

  • Dans un environnement géodynamique de subduction d’une plaque océanique sous une plaque continentale, se forme une chaîne de montagne de type cordillère. Un magma primaire se forme par interaction entre des fluides de déshydratation de la plaque plongeante et le matériau péridotitique du coin de manteau. Lors de sa remontée, notamment à travers une lithosphère continentale potentiellement sur-épaissie tectoniquement (prisme d’accrétion, écaillage de la croûte, compression), le magma évolue chimiquement par cristallisation fractionnée et assimilation, aboutissant à une série différenciée de roches magmatiques typiques, dite de volcanisme andésitique.
  • Dans un environnement géodynamique de subduction d’une plaque océanique sous une autre plaque océanique, le processus de magmatogenèse primaire est essentiellement le même. Mais la lithosphère que traversent ces magmas, de type océanique est donc moins épaisse (typiquement 30 km contre le double dans le cas précédemment décrit). Les magmas qui en résultent forment la série dite calco-alcaline, et les édifices volcanique s’organisent en un arc volcanique insulaire.
  • Au niveau des rides médio-océaniques, les lithosphères s’écartent, la croûte basaltique est amincie et fracturée et la pression dans le manteau diminue. Le magma sort en formant une nouvelle croûte océanique. Sous la mer, le magma s’épanche en pillow lava (ou lave en coussin).
  • Au niveau de points chauds (en anglais hot spots) : même si leur origine reste assez énigmatique, certains chapelets d’îles volcaniques en sont les effets très visibles. À l’une des extrémités du chapelet, un volcan actif est dû au percement de la lithosphère qui le porte, par le magma ascendant dans le point chaud. La plaque se déplaçant sous l’effet de la tectonique des plaques, alors que la position du point chaud reste « fixe », les volcans sont emportés loin de la zone volcanique et deviennent inactifs. L’alignement de ces volcans éteints à partir d’un volcan actif forme le chapelet symptomatique des points chauds. Plusieurs chaînes d’îles de l’océan Pacifique (dont Hawaï) sont des témoignages de ce mécanisme.

14/01/2024 Des particules fantômes, les neutrinos

Adaptation d’un article du NewScientist du 6 janvier 2024, intitulé Ready to blow

Le neutrino est une particule élémentaire du modèle standard de la physique des particules. Les neutrinos sont des fermions de spin ½, plus précisément des leptons. Ils sont électriquement neutres. Il en existe trois « saveurs » : électroniquemuonique et tauique.

L’existence du neutrino a été postulée pour la première fois en 1930 par Wolfgang Pauli pour expliquer le spectre continu de la désintégration bêta ainsi que l’apparente non-conservation du moment cinétique, et sa première confirmation expérimentale remonte à 1956.

Parce que la découverte de ces particules est récente et parce qu’elles interagissent faiblement avec la matière, au début du 21e siècle de nombreuses expériences sont consacrées à connaître leurs propriétés exactes. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Neutrino

On n’a pas encore clairement compris ce qui provoque les supernovas, autrement dit l’explosion lumineuse d’une étoile ayant épuisé son combustible. Toutes les 10 secondes dans l’univers se produit cet événement catastrophique. Aujourd’hui pourtant l’on considère que ces particules élusives que sont les neutrinos jouent un rôle essentiel dans ces événements. Comprendre ce rôle devrait aider à élaborer une nouvelle théorie concernant la physique des particules .

Malheureusement les supernova se produisant suffisamment près de la Terre pour pouvoir être convenablement étudiées sont rares. La dernière observée date de 1987 et les quelques 25 neutrinos recueillis à cette occasion n’ont pas été suffisamment nombreux pour étudier le phénomène. Aujourd’hui cependant plusieurs détecteurs de neutrinos ont été mis en place sur la planète et la prochaine supernova se produisant à la bonne distance suscite déjà une grande excitation chez les physiciens des neutrinos, tels Joachim Kopp de l’université Johannes Gutemberg en Allemagne ou Kate Scholberg de la Duke Universiy en Caroline du Nord.

Les neutrinos, avant d’être observés, avaient été évoqués en tant qu’entité mathématique par Wolfgang Pauli en 1930. Il pensait qu’ils étaient sans masse et sans charge électrique. Aujourd’hui encore ils sont appelés « particules fantômes » (ghostly particles). Des milliards d’entre eux traversent le petit doigt de notre main sans être observées. Elles ne se révèlent qu’en interagissant avec d’autres particules dans le cadre de ce que l’on nomme la force nucléaire faible. L’on ne sait donc que peu de choses sur elles.

Mais ces particules sont indispensables à toutes les théories qui voudraient aujourd’hui remplacer le modèle standard de la physique des particules élémentaires, dont l’on sait qu’il est incomplet. Selon celui-ci, les neutrinos sont des particules sans masse qui ne se présentent qu’en trois saveurs distinctes, électron, muon et tau. 2) Mais les premières observations des neutrinos produits par le soleil aussi bien que dans les rayons cosmiques en haute atmosphère ont montré qu’ils pouvaient changer de saveur. De plus ce changement n’est possible que s’ ils ont une masse. Or l’origine de celle-ci ne peut être expliquée par le modèle standard.

Les scientifiques ont étudié des solutions permettant à ce qu’ils nomment des oscillations du neutrino de se produire en tant que compléments du modèle standard. Celles-ci incluent le fait que les particules puissent posséder trois masses discrètes (non continues). Dépendante de l’énergie du neutrino et de la distance qu’il a parcourue, la probabilité qu’il change de saveur peut être calculée. Malheureusement, pour diverses raisons que nous ne résumerons pas ici, ces saveurs elles-mêmes ne peuvent être précisées.

Les physiciens des particules ont obtenu la création de trois coûteuses Deep Underground Neutrino Experiment (DUNE) aux Etats-Unis, au Japon et en Chine. Ces stations seront dotées de bassins d’eau qui signaleront la rencontre d’un neutrino accéléré avec une molécule d’eau. En faisant varier l’accélération on devrait pouvoir préciser comment les neutrinos changent de forme.

Par ailleurs les bassins pourront capter les neutrinos arrivant en grand nombre de l’espace à la suite de l’effondrement d’une étoile, phénomène dit supernova Les premières études de ces neutrinos cosmologiques ont déjà montré que leur énergie sera très supérieure à celle obtenue dans un accélérateur de particules.

En dehors des neutrinos, ces stations ont déjà permis de préciser l’existence d’autres particules hypothétiques produites par les supernova., les axions, les photons noirs et un autre type de neutrino dit stérile. Toutes sont supposées constituer la matière noire qui serait présente dans l’univers en bien plus grande quantité que la matière ordinaire mais qui n’a encore été jamais observée véritablement.

Malheureusement, contrairement aux accélérateurs de particules qui produisent des faisceaux de neutrinos bien contrôlés, les supernova produisent des flux de particules chaotiques et donc encore mal étudiés.

Notes

1) La saveur, en physique des particules, est une caractéristique permettant de distinguer différents types de leptons et de quarks, deux sous-familles des fermions. Les leptons se déclinent en trois saveurs et les quarks en six saveurs. Les saveurs permettent de distinguer certaines classes de particules dont les autres propriétés (charge électriqueinteractivité, etc.) sont similaires. Les dénominations des saveurs ont été introduites par Murray Gell-Mann, baptisant le quark étrange lors de la détection du kaon en 1964.







Malheureusement les supernova se produisant suffisamment près de la Terre pour pouvoir être convenablement étudiées sont rares. La dernière observée date de 1987 et les quelques 25 neutrinos recueillis à cette occasion n’ont pas été suffisamment nombreux pour étudier le phénomène. Aujourd’hui cependant plusieurs détecteurs de neutrinos ont été mis en place sur la planète et la prochaine supernova se produisant à la bonne distance suscite déjà une grande excitation chez les physiciens des neutrinos, tels Joachim Kopp de l’université Johannes Gutemberg en Allemagne ou Kate Scholberg de la Duke Universiy en Caroline du Nord.


Les neutrinos, avant d’être observés, avaient été évoqués en tant qu’entité mathématique par Wolfgang Pauli en 1930. Il pensait qu’ils étaient sans masse et sans charge électrique. Aujourd’hui encore ils sont appelés « particules fantômes » (ghostly particles). Des milliards d’entre eux traversent le petit doigt de notre main sans être observées. Elles ne se révèlent qu’en interagissant avec d’autres particules dans le cadre de ce que l’on nomme la force nucléaire faible. L’on ne sait donc que peu de choses sur elles.