30/01/2024 Des « iles d’informations » rejetées par les trous noirs ?

Les trous noirs sont ainsi nommés parce qu’ils ne restituent jamais les informations qui tombent à l’intérieur de leur horizon des événements. Ce terme (event horizon en anglais), représente la frontière d’un trou noir à partir de laquelle la vitesse de libération doit atteindre celle de la lumière. Or comme nul ne peut atteindre cette vitesse, nul ne peut se libérer du trou noir. C’est ce que l’on nomme le paradoxe du trou noir. Cependant, selon le type de trou noir concerné, la taille et la forme de l’horizon seraient variables .

Pour un observateur extérieur  la matière tombant dans un trou noir apparaît comme perdue. Il en serait ainsi d’un engin spatial ayant fait l’erreur de trop se rapprocher de l’un de ceux-ci. Or la mécanique quantique postule que l’information ne peut jamais disparaître.

Dans les années 1970, Stephen Hawking avait fait admettre qu’un trou noir émettait une « radiation ». Celle ci était une réémission au moins partielle, de l’information tombée dans le trou. On a dit alors que le trou noir s’évaporait lentement, au moins partiellement. Pouvait-il s’évaporer jusqu’à disparaître, ce que Stephen Hawking avait nommé le paradoxe du trou noir?

Aujourd’hui il apparaît que certaines parties d’un trou noir, dites des « islands » peuvent en émerger pour être mesurées. Si cela était le cas, le paradoxe du trou noir pourrait être résolu ? A cette fin une hypothèse dite de la complémentarité a été proposée. Elle postule qu’une information tombant dans un trou noir pourrait se trouver copiée et mémorisée dans l’une de ces « iles ». Elle ne serait donc pas perdue pour un observateur extérieur. Ceci cependant apparaîtrait comme créant deux copies de la même information, ce qu’interdit également la mécanique quantique par le « non-cloning theorem ».

Pour résoudre cette difficulté, en 2012, des chercheurs proposèrent qu’un mur de feu, « firewall wall », se trouverait à l’ « event horizon » du trou noir, détruisant toute information à son contact. Ainsi serait détruit le double d’une information étant entrée dans le trou noir. Mais comment vérifier que cela serait bien le cas, compte-tenu de l’impossibilité d’y introduire un instrument scientifique ?

Il faudrait en effet que celui-ci ne dépasse pas la taille d’un atome pour échapper à la chute dans le trou noir. Il ne reste aujourd’hui aux chercheurs que la voie de la simulation numérique pour tenter de résoudre cette difficulté pratique, et d’autres du même genre associées au concept de trou noir

Référence

[Submitted on 5 Dec 2023 (v1), last revised 20 Dec 2023 (this version, v3)]

Islands Far Outside the Horizon

Raphael BoussoGeoff Penington

Information located in an entanglement island in semiclassical gravity can be nonperturbatively reconstructed from distant radiation, implying a radical breakdown of effective field theory. We show that this occurs well outside of the black hole stretched horizon. We compute the island associated to large-angular momentum Hawking modes of a four-dimensional Schwarzschild black hole. These modes typically fall back into the black hole but can be extracted to infinity by relativistic strings or, more abstractly, by asymptotic boundary operators constructed using the timelike tube theorem. Remarkably, we find that their island can protrude a distance of order ℓprhor−−−−−√ outside the horizon. This is parametrically larger than the Planck scale ℓp and is comparable to the Bohr radius for supermassive black holes. Therefore, in principle, a distant observer can determine experimentally whether the black hole information paradox is resolved by complementarity, or by a firewall.

Comments:27 pages, 4 figures, v3 added citations to arXiv:2004.05863 and arXiv:2011.08814
Subjects:High Energy Physics – Theory (hep-th); General Relativity and Quantum Cosmology (gr-qc); Quantum Physics (quant-ph)
Cite as:arXiv:2312.03078 [hep-th]
 (or arXiv:2312.03078v3 [hep-th] for this version)

28/01/2024 La conscience résulte-t-elle d’effets quantiques se produisant dans le cerveau ?

L’hypothèse dite de la conscience quantique selon laquelle la conscience résulte d’effets quantiques se produisant dans le cerveau  est de plus en plus répandue. Il serait trop facile de dire qu’elle fait appel à du peu connu, la physique quantique, pour expliquer l’inconnaissable, la conscience humaine. En fait, l’hypothèse a été formulée dès la fin des années 1980 par Roger Penrose mathématicien et philosophe des science bien connu et Stuart Ameroff généticien et co-inventeur avec Penrose en 1996 du concept de Orchestrated Objective Reduction, OrcOR (voir https://en.wikipedia.org/wiki/Orchestrated_objective_reduction ). Mais elle n’avait pas été développée faute de moyens pour la tester à l’époque.

Selon cette hypothèse la conscience apparaît quand des instabilités gravitationnelles dans la structure fondamentale de l’espace-temps font s’effondrer de petites structures dites microtubules qui se trouvent dans les neurones de toutes les espèces vivantes et plus généralement dans toutes leurs cellules. Sur les microtubules, voir in fine Note 1

Or aujourd’hui des expérimentations permettant de mettre à l’épreuve l’hypothèse de la conscience quantique sont devenues réalisables. Des chercheurs ont désormais proposé des expériences relevant de l’hypothèse selon laquelle de fragiles états quantiques peuvent persister dans le cerveau et aussi celle selon laquelle certains anesthésiants peuvent avoir des effets sur eux.

Désormais, comme le pense George Musser, auteur d’un article intitulé The Quantum mind que vient de publier la revue Newscientist (Newscientist 20 january 2024 p 33), l’hypothèse peut être mise à l’épreuve. Il faut pour cela utiliser des produits anesthésiants bien définis et des modèles réduits du cerveau vivant dit Brain Organoids. Il s’agit d’ensembles de neurones soigneusement prélevés et cultivés dans un plat, ayant généralement la taille d’une framboise. Mieux que les cultures conventionnelles de cellules, ils montrent comment les organes se développent et fonctionnent.

Note 1 Les microtubules

(Wikipedia )Les microtubules (MT) sont des fibres constitutives du cytosquelette des cellules eucaryotes, au même titre que les microfilaments d’actine et les filaments intermédiaires. Ils sont moins importants, pondéralement, chez les métaphytes (plantes) que chez les métazoaire (animaux). Les microtubules ont un diamètre d’environ 25 nm et une longueur variable du fait d’un déséquilibre récurrent entre la polymérisation lente côté + et la dépolymérisation brutale se faisant du même côté. Les microtubules sont ancrés sur le centrosome et le matériel péricentriolaire, et irradient dans tout le cytoplasme.

Les microtubules sont impliqués dans la mitose, processus dans lequel leurs variations de longueur permanentes jouent un rôle essentiel (formation de la plaque équatoriale des chromosomes). Le temps de demi-vie des microtubules non stabilisés est d’environ 15 s durant la métaphase et de 5 min durant l’interphase.

Les microtubules sont formés de dimères de tubulines constitués chacun de deux sous-unités, la tubuline α et la tubuline β, liées par des liaisons non covalentes. Les dimères sont assemblés en protofilaments qui constituent la paroi des microtubules dont l’intérieur semble « vide » sur les clichés de microscopie électronique.

Comme les dimères de tubuline sont polarisés et qu’ils sont orientés de façon également polarisée le long de chaque protofilament, une extrémité des microtubules ne présente que des tubulines β, tandis que l’autre ne présente que des tubulines α. Ces deux ext extrêmement dynamique. Les deux extrémités des microtubules polymérisent et dépolymérisent en permanence. L’état des extrémités varie selon la concentration locale de dimères de tubuline et des propriétés cinétiques dynamiques des deux extrémités des microtubules. In vitro, l’extrémité (+), constituée de tubulines β exposées au solvant, est celle qui polymérise le plus vite. L’élongation d’un microtubule est liée à l’hydrolyse du GTP (guanosine triphosphate) qui libère de l’énergie. La molécule de GTP est scindée en deux entités: GDP+Pi, le Pi étant la molécule de phosphate inorganique. Ce tandem reste associée au dimère de tubuline avant que le Pi puis le GDP ne soient libérés en solution. Ce mécanisme génère un court segment le long du microtubule en cours d’élongation que l’on appelle: cap GDP-Pi. L’extrémité (−), constituée de tubulines α exposées au solvant, est celle qui dépolymérise le plus vite. Ainsi, à l’état d’équilibre (in vitro), un microtubule est soumis à un processus dit de treadmilling ou « tapis roulant » pendant lequel sa longueur reste constante alors que le nombre de dimères de tubulines gagnés à une extrémité égale celui de dimères perdus à l’autre. Si l’une des extrémités est « capée » (ou biochimiquement modifiée), ce processus est altéré, tout comme la dynamique du microtubule. In vivo comme in vitro, on peut observer des effondrements rapides ou, au contraire, la stabilisation des microtubules. Ces deux mécanismes sont mis à profit lors des chimiothérapies dans lesquelles on utilise de molécules qui modifient les propriétés dynamiques des deux extrémités des microtubules, par exemple, le taxol stabilise les microtubules, la colchicine, les vinblastines et autres vincristines, les déstabilisent.

( à suivre )

27/01 /2024 La France à l’honneur en Inde

En invitant Emmanuel Macron comme hôte d’honneur à la fête de la Constitution indienne qui s’est déroulée à New Delhi le Premier ministre indien Narendra Modi a souligné son partenariat stratégique avec la France. Cette constitution était entrée en vigueur le 26 janvier 1950, deux ans après l’indépendance.

La présence française illustre les liens entre les deux pays à travers un partenariat industriel et militaire. Un contingent de 150 légionnaires, emmené par la colonelle Anne-Laure Michel, commandant la base aérienne d’Istres, ainsi que deux chasseurs Rafale et un avion ravitailleur MRTT français ont ouvert le défilé.

La France espère de nouveaux contrats militaires avec l’Inde. Cependant son premier fournisseur d’armements reste la Russie suivie par les Etats-Unis. Des MiG-29  russes ont survolé Jaipur capitale du Rajasthan  aux côtés des Rafale indiens, signe du multi-alignement de l’Inde avec la Russie, mais aussi avec les Etats-Unis. D’ailleurs, Narendra Modi avait d’abord invité le président américain Joe Biden, qui n’a finalement pas donné suite sur fond de tensions après un projet d’assassinat d’un séparatiste sikh à New York.

Emmanuel Macron a assiste à cet événement avec le ministre des Armées Sébastien Lecornu, ainsi qu’avec des représentants des grandes entreprises françaises d’armement dont les PDG de Dassault Aviation, Naval Group, EDF et Cap Gemini.

Rappelons que l’Inde a déjà acheté 36 Rafale français pour son armée de l’Air et est en négociation pour  acquérir 26 Rafale Marine . Elle souhaite aussi consolider sa base industrielle de défense à travers des coentreprises avec des groupes français, de Dassault au missilier MBDA. Safran travaille aussi avec l’Indien HAL sur un nouveau moteur d’avion. Enfin, des discussions portent sur l’acquisition de trois sous-marins de la classe Scorpène construits par Naval Group. Enfin Paris espère aussi vendre aux Indiens six réacteurs nucléaires EPR.

A la fois première puissance démographique (1.43 milliard d’habitants) et cinquième économie mondiale, l’Inde est un poids lourd incontournable et de plus en plus courtisé. La France entend de son côté être un acteur de la zone Asie-Pacifique et une puissance d’équilibre entre le Nord et le Sud.

Malgré cette relation avec la France, l’Inde conserve de bonnes relations avec la Russie. La veille de l’arrivée d’Emmanuel Macron, le gouvernement indien a présenté les travaux préparatoires d’un corridor maritime visant à relier les ports à l’est du pays à ceux de l’Extrême-Orient russe. Il s’agit de créer de nouvelles routes maritimes pour les hydrocarbures, le charbon ou les engrais agricoles.

Le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC) n’est pas une idée nouvelle. Il y a deux mille ans, par cette route, les commerçants indiens fournissaient à Rome des marchandises d’une valeur de plus d’un milliard de sesterces par an, soit plus que ce qui était nécessaire pour soutenir l’Empire. 

Le plan rivalise avec l’initiative chinoise de la Ceinture et de la Nouvelle Route de la Soie, annoncée en 2013, qui vise à relier l’Asie, l’Afrique et l’Europe. L’administration Biden a l’intention de compléter son offensive diplomatique au Moyen-Orient par un grand accord avec l’Arabie saoudite, qui comprend la normalisation des relations entre le royaume et Israël, afin de contribuer à faire du Moyen-Orient une région plus prospère, plus stable et plus intégrée. 

Outre l’aspect géopolitique, l’IMEC est important du point de vue des infrastructures et de la connectivité. Le projet comprendra deux corridors distincts : le corridor oriental, qui reliera l’Inde au golfe Persique, et le corridor septentrional, qui reliera le golfe à l’Europe.  

Le long de la voie ferrée, des câbles seront posés pour l’électricité, les données à haut débit et les pipelines d’énergie, en particulier l’hydrogène propre. Il complétera et renforcera les itinéraires maritimes et routiers existants ainsi que les chaînes d’approvisionnement régionales, dans le but d’accroître l’efficacité, de créer des emplois, de réduire les émissions et d’améliorer les échanges commerciaux. 

Pour sa part, la France espère encourager sa coopération scientifique et technique déjà très bonne avec les laboratoires indiens, notamment dans le domaine de la santé.

26/01/2024 Pourquoi le dernier singe géant a-t-il disparu.

Ce singe a été nommé Gigantopitecus blacki. Il était proche des orangs outangs mais debout mesurait plus de 3 mètres. Il pesait à l’âge adulte plus de 300 kg. Il a vécu plus de 2 millions d’années.

Les primatologues en savent un peu plus sur lui aujourd’hui grâce à l’analyse d’une énorme dent fossilisée retrouvée en 1935 dans une droguerie de Hong Kong. Cette dent était alors présentée comme ayant appartenu à un dragon.

D’autres restes fossiles ont été depuis retrouvés dans des grottes de la province de Guangxi, en Chine du sud. Ils ont montré que G.blacki était un herbivore, vivant dans un environnement forestier. Cependant, peu avant et pendant la disparition du primate, entre 295.000 et 2I5.000 ans bp, le milieu naturel avait supporté d’importants changements climatiques auxquels l’espèce n’avait semble-t-il pas su s’adapter. Ceci ne fut pas le cas des 3 espèces d’orangs outangs qui survécurent à ces événements sans doute parce qu’ils surent modifier leurs comportements alimentaires

Référence

  1. nature  
  2. articles  
  3. The demise of the giant ape Gigantopithecus blacki

Article

The demise of the giant ape Gigantopithecus blacki

Nature volume 625, pages535–539 (2024)

  • Abstract

The largest ever primate and one of the largest of the southeast Asian megafauna, Gigantopithecus blacki1, persisted in China from about 2.0 million years until the late middle Pleistocene when it became extinct2,3,4. Its demise is enigmatic considering that it was one of the few Asian great apes to go extinct in the last 2.6 million years, whereas others, including orangutan, survived until the present5. The cause of the disappearance of G. blacki remains unresolved but could shed light on primate resilience and the fate of megafauna in this region6. Here we applied three multidisciplinary analyses—timing, past environments and behaviour—to 22 caves in southern China. We used 157 radiometric ages from six dating techniques to establish a timeline for the demise of G. blacki. We show that from 2.3 million years ago the environment was a mosaic of forests and grasses, providing ideal conditions for thriving G. blacki populations. However, just before and during the extinction window between 295,000 and 215,000  years ago there was enhanced environmental variability from increased seasonality, which caused changes in plant communities and an increase in open forest environments. Although its close relative Pongo weidenreichi managed to adapt its dietary preferences and behaviour to this variability, G. blacki showed signs of chronic stress and dwindling populations. Ultimately its struggle to adapt led to the extinction of the greatest primate to ever inhabit the Earth.

25/01/2024 Capituler devant une machine en pleine décrépitude

C’est ce qu’une nouvelle fois, et de leur plein gré, les Européens se préparent à faire à l’occasion des prochaines élections présidentielles américaines. Celles-ci verront s’affronter deux candidats indignes à des titres différents de gouverner la première économie du monde.

Aujourd’hui Trump, l’ancien homme d’affaires paraît plébiscité alors qu’à la Maison Blanche il avait multiplié les décisions malheureuses, tant au plan économique que diplomatique et militaire.

Loin d’empêcher son retour, les procès auxquels il doit faire face ont au contraire accentué un réflexe quasiment maffieux, au bénéfice de celui qu’une publicité de campagne présente, comme un don de Dieu ».( God Made Donald Trump).

Cet aveuglement condamne à l’échec la candidature de l’ancienne gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, en dépit d’un parcours exemplaire. L’occasion de voir une femme Présidente des Etats-Unis sera remise à plus tard. Sur ce plan l’Amérique n’aura rien à envier à la Russie et à la Chine.

En face Joe Biden, le présumé futur candidat démocrate, ridiculisera s’il est élu les Etats-Unis. Il aura 82 ans en fin de mandature. Aujourd’hui il multiplie les confusions mentales. Ainsi il vient de confondre lors d’un meeting de campagne son adversaire républicaine avec l’ancienne speaker (présidente) démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Par ailleurs Joe Biden n’a pas réussi à convaincre les électeurs que l’économie s’améliorait malgré des chiffres favorables, de nombreux Américains souffrant toujours des coûts élevés de l’alimentation et du logement.

Autres difficultés pour le candidat démocrate : l’immigration et le casse-tête de la frontière mexicaine, le soutien à la guerre d’Israël contre le Hamas qui divise son parti ou encore le Congrès qui bloque sa demande de fonds supplémentaires pour l’Ukraine.

Le refus de Joe Biden de mentionner les multiples affaires judiciaires de Donald Trump, pour ne pas donner l’impression d’influencer le système judiciaire, l’a aussi privé de l’une de ses principales armes contre le républicain.

Mais la principale faille de Joe Biden reste probablement son âge. Ses quelques chutes et maladresses de langage sont scrutées à la loupe.

Le lobby militaro-industriel en proie aux conflits d’intérêts.

Face aux contradictions et conflits d’intérêt du pouvoir politique américain, les bons esprits européens se rassurent en disant que c’est en fait le Lobby militaro industriel américain qui dirige le monde occidental, et que ce lobby sait ce qu’il veut.

Ce n’est manifestement pas le cas, comme le montre un document qui vient d’être présenté par le Pentagone. Il s’agit du document NDIS (“la” NDIS, ou ‘National Defense Industrial Strategy’) proposant une stratégie pour l’établissement d’une base industrielle de défense aux USA. Un chercheur du groupe d’analyse et de réflexion EMP, ancien officier des forces armées et planificateur au Pentagone, David T. Pyne, dit qu’« il est peu probable qu’elle fonctionne correctement ». Cela signifie, selon ce jugement pondéré, qu’il est probable qu’elle ne fonctionnera jamais

Il n’ y a qu’une chose que Washington sache bien faire à cet égard, empêcher les alliés occidentaux d’avoir des stratégies propres, et fabriquer ses armements en conséquence.

Voir  2022 National Defense Strategy (NDS) https://www.businessdefense.gov/NDIS.html

24/01/2024 On a retrouvé une petite partie de la masse manquante de l’univers

Des scientifiques ont cartographié pour la première fois un vent galactique, le réservoir de gaz d’une galaxie et ainsi observé une partie de sa masse ou matière “manquante”, selon une étude parue le 16 septembre.

“Les galaxies sont rarement des îlots passifs d’étoiles” mais plutôt des structures dynamiques, dont on peine à étudier la formation et l’évolution, selon l’astrophysicien Nicolas Bouché. De plus, selon une hypothèse aujourd’hui dominante, les galaxies sont majoritairement constituées d’une mystérieuse matière noire, de nature inconnue et donc invisible. Le reste, estimé environ à 16%,  correspond à la matière baryonique, celle composant les atomes et molécules de l’Univers visible. De plus, l’observation des galaxies ne révèle que 20% de cette matière baryonique. C’est le reste qui est appelé “matière manquante”

Or aujourd’hui une équipe internationale menée par des chercheurs du Centre de recherche d’astrophysique de Lyon (CRAL) a cartographié une nébuleuse de matière manquante nommée Gal1 à l’aide du spectrographe Muse, couplé au Très Grand Télescope (VLT) de l’Observatoire européen austral installé dans le désert chilien de l’Atacama.

L’observation de Gal1, une galaxie âgée d’environ un milliard d’années, a mis en évidence “un nuage de gaz produit par ces vents galactiques, qui s’échappe des deux côtés du disque de la galaxie, par deux cônes asymétriques”.

De dimensions gigantesques, ce nuage persistant s’étend jusqu’à plus de 80.000 années lumière du centre de Gal1. À titre de comparaison, le diamètre de notre Voie lactée est d’environ 100.000 années lumière.

Malgré sa taille, cette nébuleuse de gaz représente seulement “environ 10 à 20% de la masse de la galaxie observée. Elle agit comme un réservoir de matière, dans lequel la galaxie puise pour alimenter sa formation d’étoiles.

Une partie du nuage retomberait dans le disque galactique pour former ces étoiles, dont certaines, en finissant par exploser, renverraient de la matière vers la nébuleuse, le tout dans un cycle ininterrompu.

C’est grâce à un heureux concours de circonstances ― et au remarquable instrument Muse ― que les scientifiques ont fait la découverte. En fait, les astronomes n’ont pas observé cette galaxie par hasard. Depuis déjà plusieurs années, ils avaient remarqué à proximité de Gal1 la présence d’un quasar, un des objets les plus flamboyants de l’univers.

Ces “phares galactiques” permettent souvent d’identifier des gaz environnants, du magnésium dans le cas de celui-ci. “Nous avons alors détecté ce même élément dans la galaxie, et donc la présence du gaz qui lui est associé”, rapporte Nicolas Bouché. L’observation des deux cônes de gaz n’a été rendue possible, de surcroît, que parce que la galaxie se présentait quasiment de profil pour l’observation.

Les astronomes connaissaient déjà ce type de nébuleuse dans l’univers proche de nous, et donc récent Mais on ne faisait que supposer leur existence pour des galaxies jeunes, encore en formation, comme Gal1, saisie quand l’Univers, plus jeune, avait sept milliards d’années, soit à peu près la moitié de son âge actuel.

Les chercheurs vont maintenant observer plusieurs galaxies, pour “comprendre pourquoi Gal1 a un nuage et d’autres pas, et quelles conditions favorisent sa présence”.

Références

https://www.huffingtonpost.fr/science/article/espace-une-partie-de-la-matiere-manquante-de-l-univers-decouverte_186304.html

Voir aussi Wired.com
https://www.wired.com/story/astronomers-have-found-the-universes-missing-matter/

MUSE
Multi Unit Spectroscopic Explorer – MUSE
https://www.eso.org/sci/facilities/develop/instruments/muse.html

23/01/2024 Découvrir le multivers

Le terme de multivers, dans une de ses acceptions, signifie que notre univers serait une bulle en cours d’inflation (expansion) . En dehors de cet univers-bulle il existerait un nombre indéterminé d’autres univers-bulle. Tous seraient plongés dans un espace éternellement en expansion qui leur fournirait l’énergie nécessaire. Dans des circonstances favorables, nous pourrions communiquer avec l’un ou plusieurs de ces univers- bulle.

Pour les physiciens qui partagent cette hypothèse, elle justifierait que les théoriciens puissent imaginer l’existence d’univers profondément différents, les uns pouvant héberger la vie, par exemple, et d’autres ne le pouvant pas. Mais ces hypothèses n’auraient guère d’intérêt car pour le moment elles ne seraient pas vérifiables.

Cependant un nombre croissant de chercheurs proposent désormais des méthodes pour préciser ce que serait un univers bulle et surtout ce qui se produirait si l’un de ceux-ci entrait en collision avec un autre.

L’hypothèse du multivers s’est précisée à partir des efforts faits pour comprendre l’apparition de notre propre univers. L’hypothèse du Big Bang n’explique pas la raison pour laquelle ce Bang se serait produit et surtout pourquoi il se serait arrêté. Dans l’hypothèse du multivers au contraire on pourrait admettre que l’espace puisse continuer à s’étendre ailleurs, dans d’autres univers-bulle (Hypothèse de l’éternelle inflation)

Par ailleurs, dans l’hypothèse du multivers, il serait possible de préciser ce que l’on entendrait par un espace vide. Il faudrait distinguer entre de faux vides, où demeureraient quelques forces primordiales, et des vides absolus. Un faux vide pourrait récupérer son énergie avec une explosion, ce qui expliquerait le terme de Big Bang. Il s’agirait du premier évènement dans l’histoire de notre univers, selon Hiranya Peiris, de l’University College London.

Aujourd’hui les théoriciens discutent vivement de la question du comportement d’une bulle de vide absolu. Leurs parois atteindraient la vitesse de la lumière alors qu’elles s’étendraient. L’incertitude quantique les caractériserait.

Certains ont entrepris de simuler les bulles à vide du multivers et leurs éventuelles collisions par diverses hypothèses numériques ou instrumentales. Nous ne les décrirons pas ici

Mais leurs résultats publiés en preprint en décembre 2023 n’apparaissent pas très concluants

Il semble qu’il faille attendre l’entrée en service des calculateurs quantiques pour mettre un peu d’ordre dans les questions et les réponses.

Références

New Scientist Finding the multiverse Miriam Frankel 14 october 2023 p 33

Quanta Magazine
https://www.quantamagazine.org/physicists-study-how-our-universe-might-have-bubbled-up-in-the-multiverse-20210125/

22/01/2024 Peut-on résoudre la contradiction entre l’expansion de l’univers et la force de gravité ?

Ce fut Georges Lemaître qui le premier en 1929 émit l’hypothèse que l’univers était resté en expansion après le Big Bang initial pour justifier le fait observé par Hubble que les galaxies paraissaient à l’observation s’éloigner les unes les autres. Sans cette expansion, pourquoi en application de la loi de gravité ne retomberaient-elles pas les unes sur les autres  après que les effets du Big Bang auraient cessé de se faire sentir ?

Personne à cette époque n’avait voulu reconnaître que le mètre-étalon avec lequel on mesurait les distances et les temps était valable pour de petites distances et de courts intervalles de temps mais cessait d’être utilisable si on voulait l’appliquer à l’échelle cosmologique.

Ce n’était pourtant n’est que du bon sens. Comment à l’échelle de l’univers et sans disposer de la moindre référence objective extérieure affirmer que cet univers serait en expansion ?

Mais comment de la même façon affirmer que si l’univers était en expansion (centrifuge ) tous les corps ayant une masse, nous-mêmes en premier lieu, serions centripètes, c’est-à-dire que nous tendrions en fonction de la force de gravité à peser vers un centre où les poids seraient, sinon infinis, du moins non mesurables à notre échelle ?

Apparemment les cosmologistes échappent à cette contradiction en affirmant qu’à l ‘échelle de l’univers tout entier, les lois de la nature ne sont pas les mêmes qu’à notre niveau, le niveau local. Mais en ce cas comment pourrions-nous, nous qui sommes implacablement rivés à ce niveau local. prétendre faire des hypothèses concernant la façon dont les choses se passeraient au niveau général ?

L’observation des images du cosmos actuellement rapportées par le Télescope Spatial James Webb montre que des milliards de galaxies, pour ne pas dire plus, constituent l’univers visible. Dans ces galaxies se trouvent certainement des planètes dotées d’être ayant des cerveaux analogues aux nôtres. Beaucoup de scientifiques supposent qu’ils se représentent l’univers de la même façon que nous. Mais si ce n’était pas le cas ?

21/01/2024 La tempête solaire ayant frappé les Alpes françaises il y a 14.300 ans

Il s’agissait de la plus importante tempête solaire enregistrée dans les archives géologiques de la Terre.

Le terme de tempête solaire désigne couramment mais improprement une éruption solaire ou éruption chromosphérique. Il s’agit d’un événement primordial de l’activité du Soleil. La variation du nombre d’éruptions solaires permet de définir un cycle solaire d’une période moyenne de 11,2 ans

La tempêté solaire se produit périodiquement à la surface de la photosphère et projette au travers de la chromosphère des jets de matière ionisée qui se perdent dans la couronne à des centaines de milliers de kilomètres d’altitude au niveau de l’équateur solaire . Wikipedia

Quand un événement de cette ampleur se reproduira dans le futur, comme prévisible, il s’agira d’une catastrophe mondiale, renvoyant temporairement les civilisations à l’époque préindustrielle. Tous les réseaux électriques et radio-téléphoniques seront projetés dans un black-out de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Tous les satellites deviendront incontrôlables et retomberont sur la Terre.

L’histoire a conservé le souvenir de la tempête dite de Carrington, s’étant produit en 1859. La plus grande tempête solaire jamais enregistrée aux temps modernes a eu lieu en 1859 au cours d’un maximum solaire d’à peu près la même intensité que celui dans lequel nous entrons, d’après la NASA.

Cette tempête a été baptisée l’évènement de Carrington, du nom de l’astronome britannique Richard Carrington qui remarqua les violentes éruptions solaires et fut le premier à faire le lien entre l’activité solaire et les perturbations géomagnétiques sur Terre.

Au cours de l’évènement de Carrington, des aurores boréales ont été observées jusqu’à Cuba et Honolulu au sud, et des aurores australes jusqu’à Santiago du Chili au nord. Les éruptions étaient si violentes que les « habitants du nord-est des Etats-Unis pouvaient lire leur journal à la seule lumière des aurores », a déclaré Daniel Baker, du Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale de l’université du Colorado, lors d’une conférence de géophysique en décembre 2016.

De plus, les perturbations géomagnétiques furent si intenses que des opérateurs télégraphiques américains signalèrent que leurs équipements produisaient des étincelles, dont les plus violentes causèrent des incendies, selon Ed Cliver, astrophysicien au Laboratoire de recherche de l’US Air Force à Bedford, dans le Massachussetts.

Or récemment, Tom Heaton de l’Université de Leeds, UK, et son équipe ont retrouvé des traces d’une tempête solaire au moins deux fois plus importante dans des restes de troncs de pins maritimes fossilisés dans les Alpes françaises, sur les rives de la Durance . Ils y trouvèrent des traces de carbone 14, un carbone qui a deux fois plus de neutrons que la normale et est produit par des particules de haute énergie frappant l’atmosphère terrestre. Ils ont noté un très haut taux de carbone remontant à 14.300 ans bp.

Cette éruption avait été certainement accompagnée d’un très haut taux de rayons gamma. Ces rayons peuvent endommager l’ADN et créer des cancers.

Référence

A radiocarbon spike at 14 300 cal yr BP in subfossil trees provides the impulse response function of the global carbon cycle during the Late Glacial

Edouard Bard 

 See all authors 

Published:09 October 2023

https://doi.org/10.1098/rsta.2022.0206

Abstract

We present new 14C results measured on subfossil Scots Pines recovered in the eroded banks of the Drouzet watercourse in the Southern French Alps. About 400 new 14C ages have been analysed on 15 trees sampled at annual resolution. The resulting Δ14C record exhibits an abrupt spike occurring in a single year at 14 300–14 299 cal yr BP and a century-long event between 14 and 13.9 cal kyr BP. In order to identify the causes of these events, we compare the Drouzet Δ14C record with simulations of Δ14C based on the 10Be record in Greenland ice used as an input of a carbon cycle model. The correspondence with 10Be anomalies allows us to propose the 14.3 cal kyr BP event as a solar energetic particle event. By contrast, the 14 cal kyr BP event lasted about a century and is most probably a common Maunder-type solar minimum linked to the modulation of galactic cosmic particles by the heliomagnetic field. We also discuss and speculate about the synchroneity and the possible causes of the 14 cal kyr BP event with the brief cold phase called Older Dryas, which separates the Bølling and Allerød millennium-long warm phases of the Late Glacial period.