27/06/2024 L’hypothétique « planète neuf » pourrait être un mini-trou noir.

De plus en plus de cosmologistes pensent avoir observé, au delà des géantes gazeuses du système solaire, la présence d’une planète rocheuse semblable à la Terre. En attendant d’avoir pu l’observer directement, ils l’ont nommée « Planète neuf ».

Les frontières du systéme solaire comportent un certain nombre de planètes naines semblables à Pluton que les astronomes s’efforcent actuellement de découvrir. Mais la Planète neuf serait d’une taille plusieurs fois supérieure à celle de la Terre. Ceci peut être déduit de la façon dont son attraction gravitationnelle déforme les orbites des planètes naines observables.

Mais les astronomes, dont  Jakub Scholtz astronome théoricien à l’Université de Durham UK ne s’expliquent pas comment un objet aussi important aurait pu se former aussi loin du soleil. Ceci dit, s’il ne s’agissait pas d’une planète, que serait-ce ?

Jacob Scholtz pense que ce pourrait-être un mini-trou noir primordial, apparu peu après le Big Bang. Si ceci était exact il s’agirait d’une découverte très importante. Ce trou noir pourrait même comporter de la matière noire, matière invisible mais constituant l’essentiel de la matière de notre univers.

Son diamètre d’entrée serait de quelques centimètres.

Référence https://www.instagram.com/astro.voyagers/reel/C7zL12Xszvm/

27/06/2024 Le missile anti-navires ukrainien Neptune

Actuellement, la résistance de l’Ukraine face aux assauts russes dépend, pour partie, de l’approvisionnement en armes, et notamment en missiles, fourni par les Etats-Unis. Cela pourrait changer.

Ainsi initialement marin, le missile Neptune a été modifié et sert désormais à frapper des cibles terrestres de l’autre côté de la frontière russo-ukrainienne. comme l’indiquaient déjà certaines sources il y a quelques semaines, et comme le confirme désormais le commandement militaire ukrainien.

https://www.newsweek.com/ukraine-russia-neptune-anti-ship-missiles-krasnodar-rostov-oil-refineries-1914728

Les troupes ukrainiennes font désormais usage de Neptunes sur des cibles terrestres importantes en territoire russe, comme en Crimée occupée.

Le projectile, baptisé R-360, modifié ces derniers mois et désormais surnommé Long Neptune, est plus ou moins connu. Sa version initiale, conçue pour couler des navires, a notamment servi à couler le croiseur Moskva, ainsi que le rapportait korii. en avril 2022.

Lancé depuis la terre et non depuis les airs comme le Storm Shadow / SCALP-EG franco-britannique, le Neptune ou Long Neptune est désormais capable de viser des cibles au sol. Il serait doté d’une portée importante, de l’ordre de 400 kilomètres, comme le précisait  The War Zone en été 2023.

https://www.newsweek.com/ukraine-russia-neptune-anti-ship-missiles-krasnodar-rostov-oil-refineries-1914728

26/06/2024 Le temps serait-il une illusion quantique ?

Le temps pourrait ne pas être un élément fondamental de notre réalité. De nouvelles hypothèses suggèrent l’idée que le temps émerge du phénomène dit de l’intrication quantique. Ce terme signifie que si deux objets sont intriqués au sens de la physique quantique toute intervention sur l’un se répercute instantanément sur l’autre, quelque soit la distance qui les sépare, qu’il s’agisse de quelques centimètres dans un laboratoire ou d’une distance semblable à celle de la Terre à la Lune et au delà dans notre espace quotidien.

Pendant des siècles le temps a paru si indissociable de notre réalité qu’il n’a pas paru nécessaire de le définir . Les seuls débats portaient sur la manière de le mesurer, par la succession de la nuit au jour dans les temps préhistoriques, par des horloges de plus en plus sophistiquées aujourd’hui.

Cette perception a commencé à changer dans les années 1900. La mécanique quantique et la relativité restreinte et générale en ont donné des définitions contradictoires. Dans la relativité générale, le temps est lié à l’apparition de l’univers, d’où l’expression de l’espace-temps. Le temps peut se déformer ou s’étendre en fonction de la gravité. Au contraire, la mécanique quantique traite le temps comme un élément non malléable et qui ne change pas plus que les autres propriétés d’un objet quantique. Pour mesurer le pasage du temps, il faut un observateur qui consulte une horloge extérieure à l’objet.

Le relativité générale et la physique quantique décrivent des objets situés à des échelles profondément différentes, depuis les étoiles et les atomes. Néanmoins, puisque tous ces éléments coexistent dans un univers unique, beaucoup de physiciens considèrent que la représentation du temps devrait y être identique. Alessandro Coppo du Conseil national italien de la recherche et des collègues ont décidé d’approndir cette hypothèse .

A cette fin, ils ont représenté dans une modélisation mathématique l’horloge comme constituée d’une série de petits aimants qui sont intriqués avec un oscillateur quantique, l’équivalent quantique d’un ressort. Ils ont alors constaté que ce système pouvait être décrit comme une version de l’équation de Schrodinger , célèbre équation utilisée pour décrire le comportement des particules quantiques.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quation_de_Schr%C3%B6dinger,

Mais elle en différait radicalement sur un point. Alors que l’équation de Schrodinger contenait une variable que nous appelons le temps, la nouvelle équation contenait une variable qui énumérait les états quantiques des aimants

voir ci-dessous Physical Review A, doi.org/mztc

Ils répétèrent alors ces calculs, en supposant que les aimants et l’oscillateur étaient assez grands pour que les effets quantiques n’altèrent pas leurs comportements. Ils faisaient l’hypothèse que le temps pouvait être une conséquence de l’intrication quantique, même pour des objets qui paraissent classiques. L’expérience leur donna raison.

Notons que ces hypothèses et ces tests seront fondamentaux pour préciser la future loi de la Gravitation quantique

Référence

Magnetic clock for a harmonic oscillator
Alessandro Coppo, Alessandro Cuccoli, and Paola Verrucchi
Phys. Rev. A 109, 052212 – Published 10 May 2024

ABSTRACT

We present an implementation of a recently proposed procedure for defining time, based on the description of the evolving system and its clock as noninteracting, entangled systems, according to the Page and Wootters approach. We study how the quantum dynamics transforms into a classical-like behavior when conditions related to macroscopicity are met by the clock alone, or by both the clock and the evolving system. In the description of this emerging behavior finds its place the classical notion of time, as well as that of phase-space and trajectories on it. This allows us to analyze and discuss the relations that must hold between quantities that characterize the system and clock separately, in order for the resulting overall picture to be that of a physical dynamics as we mean it.

Nos remerciements à NewScientist 8 june 2024 Karmela Padavic-Callaghan

26/06/2024 Production d’hydrogène à grande échelle

L’électrolyse de l’eau est un procédé électrolytique qui décompose l’eau (H2O) en dioxygène et dihydrogène gazeux grâce à un courant électrique. La cellule électrolytique est constituée de deux électrodes  en métal inerte dans la zone de potentiel et de pH considérée, typiquement du groupe du platine — immergées dans un électrolyte (ici l’eau elle-même) et connectées aux pôles opposés de la source de courant continu.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectrolyse_de_l%27eau

Son application dans le cas de la crise énergétique actuelle permettrait d’obtenir à partir d’une source de production d’énergie électrique de l’hydrogène moins polluant que le gaz naturel, puisque sa combustion redonne de l’eau.

Aujourd’hui on envisage en Europe avec le développement progressif du recours aux centrales nucléaires de fission, sur le modèle français, une production accrue d’électricité. Mais l’électricité ne se conserve pas. Il faut la stocker dans des batteries ou accumulateurs. La technologie de ceux-ci est restée archaïque. Ainsi l’obligation dans le cas des véhicules électriques modernes de transporter l’électricité dans des batteries lourdes et coûteuse enlève beaucoup de son intérêt au moteur électrique.

Il en est de même de l’hydrogène, résultat de l’électrolyse de l’eau. Concernant l’automobile, il ne se transporte que sous forme liquide, dans des bouteilles en acier. La moindre fuite peut provoquer des explosions catastrophique ou des incendies détruisant le véhicule er ses passagers

https://fr.wikipedia.org/wiki/Accumulateur_%C3%A9lectrique

Le Battolyser

Or y a plus de cent ans, Thomas Edison avait breveté une batterie nickel-fer, conçue initialement pour les véhicules électriques. Cette invention, bien qu’éclipsée par les moteurs à essence, fait un retour spectaculaire grâce aux chercheurs de l’Université de Delft qui l’ont transformée en une solution d’avenir pour la production d’hydrogène. On parle alors d’hydrogène vert.

Il s’agit du Battolyser, une fusion entre une batterie et un électrolyseur. Celui-ci utilise les mêmes électrodes nickel-fer que celles imaginées par Edison. Couplé à un système d’électrolyse alcaline actuellement sur le marché, ce dispositif peut être alimenté par des sources d’énergie renouvelables telles que le solaire ou l’éolien. De plus, outre produire de l’hydrogène, le système peut également fonctionner comme un lieu de stockage d’énergie renouvelable, avec la possibilité de revendre l’énergie au réseau lors des pics tarifaires.

Il faut espérer que l’Union européenne rendra rapidement obligatoires des solutions de ce type;

Pour plus de détails, voir
https://www.battolysersystems.com/technol

25/06/2024 Fiche de lecture. Ray Kursweil. The singularity is near. When we merge with AI

Editeur Viking June 25/2024

Depuis la publication en 2005 de son premier livreThe Singularity Is Near  Ray Kursweil a été à juste titre considéré comme le meilleur expert au monde de l’Intelligence artificielle, AI. Il avait bien prévu le développement exponentiel de cette science et les innombrables applications qu’elle allait avoir dans les domaines technologiques, industriels et scientifiques. Des concepts comme l’AI augmentée, les machines intelligentes,les biotechnologies artificielles ont commencé à se réaliser à grande échelle et sont devenus familiers du grand public.

Dans cet ouvrage entièrement renouvelé, il apporte de nouvelles perspectives à ce qu’il avait nommé la Singularité. En 1999 il avait prévu que l’AI atteindrait le niveau de l’intelligence humaine en 2029 et que dans les années suivantes elle dépasserait celle-ci d’un facteur 1.000 à 1 million, en modifiant définitivement la place de l’homme sur la planète Terre.

Parmi les sujets dont il discute, il envisage la reconstruction du monde, atome par atome, avec des systèmes tels que les nanobots, une augmentation de la durée de vie humaine bien au delà de la limite de 120 ans, une réinvention de l’intelligence en connectant les cerveaux humains au cloud computing mondial. Il recense les secteurs où l’AI et les technologies associées modifieront les capacités d’innovation, assureront la généralisation des énergies renouvelables, réduiront les domaines de pauvreté et de violence.

Mais il ne veut pas cacher au lecteur les risques potentiels des biotechnologies, nanotechnologies et des systèmes à intelligence augmentée se substituant progressivement à l’intelligence humaine, jusqu’à tenter de faire revivre des morts par des combinaisons de leurs données personnelles et de leur ADN.

On peut regretter que l’auteur n’ait pas suffisamment évoqué le vaste domaines des applications spatiales, dans l’espace sous orbital comme dans l’espace lointain, celui des planètes habitables et de leurs satellites. L’homme n’est pas près d’y survivre durablement, sauf pour de courts séjours. Il devra déléguer cette tâche à des robots superintelligents.

24/06/2024. Les migrations de l’homo erectus

Des homo erectus vivaient en Ukraine, à Korolevo, il y a environ 1,4 million d’années.

C’est la découverte que viennent de faire des chercheurs de l’Académie Tchèque des sciences et de l’université d’Aahrus au Danemark.

Ils se sont appuyés sur la méthode dite des nuclides cosmogéniques pour calculer l’âge de la région dans laquelle des outils humains primitifs viennent d’être découverts.

La présence d’homo erectus à Korolovo pourrait aider à comprendre un autre mystère, la présence d’humains dans l’Arctique sibérien il y a 400.000 ans sur un site dit Diring Yuriakh. Des outils de pierre y ont été découverts enfouis à faible profondeur par les vents de sable. Aucun fossile n’a été retrouvé.

Il demeure donc impossible de préciser quels types d’humains s’étaient aventurés si haut dans le nord

L’hypothèse aujourd’hui la plus solide est que des populations étaient sortis d’Afrique et avaient gagné le Levant et l’Asie occidentale il y a environ 2,5 millions d’années. Elles étaient revenues de l’ouest vers l’est, peut-être dans la vallée du Danube et la plaine pannonienne dit aussi des Carpathes.

On peut penser que ces migrations étaient provoquées par le besoin d’échapper à des changements climatiques

Référence

1 06 March 2024
East-to-west human dispersal into Europe 1.4 million years ago

Nature 
volume627, pages 805–810 (2024)

Abstract

Stone tools stratified in alluvium and loess at Korolevo, western Ukraine, have been studied by several research groups1,2,3 since the discovery of the site in the 1970s. Although Korolevo’s importance to the European Palaeolithic is widely acknowledged, age constraints on the lowermost lithic artefacts have yet to be determined conclusively. Here, using two methods of burial dating with cosmogenic nuclides4,5, we report ages of 1.42 ± 0.10 million years and 1.42 ± 0.28 million years for the sedimentary unit that contains Mode-1-type lithic artefacts. Korolevo represents, to our knowledge, the earliest securely dated hominin presence in Europe, and bridges the spatial and temporal gap between the Caucasus (around 1.85–1.78 million years ago)6 and southwestern Europe (around 1.2–1.1 million years ago)7,8. Our findings advance the hypothesis that Europe was colonized from the east, and our analysis of habitat suitability9 suggests that early hominins exploited warm interglacial periods to disperse into higher latitudes and relatively continental sites—such as Korolevo—well before the Middle Pleistocene Transition.

24/06/2024 Fusion nucléaire. Nouvelle avancée française

Début mai 2024, le réacteur WEST, basé en France, est resté allumé pendant 6 minutes à 50 millions de degrés, a-t-on appris le 6 mai.

Rappelons que pour créer la réaction de fusion , on insère quelques grammes de deux isotopes de l’hydrogène, du deutérium et du tritium. Lorsqu’ils sont chauffés à très haute température, leurs atomes vont se rencontrer, fusionner et provoquer la création d’un noyau lourd d’hélium. C’est ainsi que l’on obtient un plasma — un nouvel état de la matière — extrêmement chaud, et très dense.

Les neutrons obtenus ne sont pas « électriquement chargés », les bobines magnétiques ne peuvent donc pas les retenir. Ils percutent les parois à très haute vitesse. Grâce à eux, et à des parois conçue être isolantes , on peut récupérer une part importante de l’énergie produite par la réaction de fusion. Il s’agit principalement de transformer la chaleur accumulée en vapeur, afin d’alimenter des turbines et produire ainsi de l’électricité.

Le plus gros projet de réacteur à fusion nucléaire du monde est ITER, situé lui aussi au sud de la France, avec un budget estimé à 19 milliards d’euros. Encore en construction, et programmé pour la décennie 2030, il devra monter à 150 millions de degrés et parvenir à s’auto-entretenir. En attendant, la plupart des réacteurs actuels à fusion construits dans le monde, sur le même modèle mais bien plus petits, continuent d’expérimenter afin de résoudre peu à peu les problèmes physiques du procédé.

Ce n’est pas la première fois qu’un réacteur à fusion nucléaire atteint 50 millions de degrés. En Corée, le tokamak est monté à 100 millions de degrés en 2023, mais pendant 30 secondes puis, en 2024, durant 48 secondes. Les 6 minutes obtenues par WEST constituent donc une étape importante pour que l’on sache maintenir du plasma très chaud dans le temps.

Les équipes de WEST essayent notamment de résoudre la question des parois, qui doivent tout à la fois supporter la chaleur générée par le plasma, mais aussi permettre de récupérer l’énergie via le flux de neutrons. Initialement, les tokamaks utilisaient des murs en carbone, mais ces derniers absorbaient le tritium utilisé comme « carburant ». Depuis une décennie, les ingénieurs de WEST testent du tungstène, qui n’a pas ce défaut, et qui de plus résistent bien à la chaleur.

Ni WEST ni ITER ne produiront de l’électricité à titre commercial. Ce sont des réacteurs expérimentaux. Mais ils doivent ouvrir la voie à celle-ci.

Voir notre article précédent
21/06/2024 L’Allemagne est dorénavant dans la course à la fusion nucléaire

22/06/2024 Mobilisation dans le quantique français. Le programme Proqcima

Financé par le plan France 2030 https://www.economie.gouv.fr/france-2030, Proqcima est le programme par lequel le ministère des Armées finance des start-up du quantique pour un montant d’un demi-milliard d’euros. Le but est de les aider à développer un calculateur quantique universel, en vue d’une utilisation vers 2032. Les calculateurs quantiques actuels, dont les unités de calcul sont des qubits, sont encore extrêmement « bruyants ou bruités » et ne permettent pas de répondre à tous les besoins d’une informatique quantique professionnelle.

Pour mener à bien cette mission, l’Agence du numérique de défense (AND), https://www.defense.gouv.fr/and rattachée à la Direction générale de l’armement (DGA), a choisi d’engager cinq PME spécialisées dans le quantique pour une compétition sur huit ans.

Il s’agit de Alice&Bob, C12, Pasqal, Quandela et Quobly. Chacune mise sur une technologie différente pour encoder l’information quantique, qu’il s’agisse d’atomes neutres, de photons, de nanotubes de carbone ou de supraconducteurs.

D’où le choix d’une compétition par étapes, avec des points d’évaluation à 4 ans et 8 ans qui élimineront progressivement les entreprise les moins performantes. Dans quatre ans normalement, deux acteurs devront quitter le programme. Les restants auront encore quatre ans pour continuer à développer leur technologie. Et dans huit ans, il y en aura un ou deux qui passeront en industrialisation 

Le programme comportera deux grandes étapes : la première consistera à faire un ordinateur dit tolérant aux défauts, avec l’ambition d’obtenir des qubits logiques utilisables en pratique. D’ici 2032, si tout va bien, le ministère des Armées disposera de démonstrateurs.

Dans une seconde phase, dite « LSQ » (pour Large Squale Quantum), il faudra passer à des volumes de qubits logiques de 1 000, 10 000, 100 000 voire 1 million de qubits logiques pour faire des calculs hors de portée de ce qu’on peut imaginer aujourd’hui des calculateurs classiques . Sont visées, outre des applications strictement militaires restant confidentielles, des activités comme la cryptographie, en particulier pour déchiffrer des clés de chiffrement. Dans beaucoup de problèmes la seule façon d’être sûr d’avoir la bonne solution, c’est de tester toutes les solutions et de choisir celle qui obtient le meilleur résultat, ce qui prend énormément de temps.

En dehors des Armées, divers organismes nationaux de recherche seront intéressés, de même que de nombreuses entreprises du secteur privé. Ainsi le médical pour la recherche vaccinale, la finance ou la SNCF s’intéressent au quantique, dans l’optique de résoudre de nouveaux problèmes trop lourds pour des ordinateurs classiques.

De plus, le calculateur quantique ne remplacera jamais l’informatique actuelle. Ils ont chacun leurs forces et leurs faiblesses, et il faut leur apprendre à coopérer, dans la gestion courante comme dans la recherche de nouvelles solutions

Le rôle du ministère des Armées est d’essayer de faciliter la vie des start-up participantes, pour réussir dans un monde plus compétitif, où la France n’est pas seule.

Note

Ajoutons que le défi auquel doit faire face désormais la Défense ne se limite plus au Quantique. Il inclut le robot humanoide destiné à remplacer le plus souvent possible le militaire humain

22/06/2024 A l’intérieur de l’horizon des événements.

A l’intérieur d’un trou noir, tel que se les représente la cosmologie actuelle, l’univers se recourbe sur lui même juqu’à atteindre des densités inimaginables. La théorie de la relativité d’Einstein y devient inapplicable. Notre capacité de comprendre l’univers disparaît.

Mais ces effets ne se font sentir qu’à l’intérieur de l’horizon des événements du trou noir. Ce terme d’horizon des événements désigne   la frontière du trou noir à partir de laquelle la vitesse de libération atteint celle de la lumière. Autrement dit, pour franchir cette frontière et donc sortir du trou noir, il faudrait atteindre une vitesse supérieure à celle de la lumière, ce qui est impossible dans le cadre de la relativité générale.

Cet horizon des événements marque la frontière au delà de laquelle nous ne pouvons voir ce qui se passe à l’intérieur du trou noir. A l’inverse, elle marque la frontière au delà de laquelle les effets du trou noir, notamment l’imprédictabilité, cessent de nous concerner.

Ces caractères du trou noir en font une « singularité ».

Aujourd’hui certains théoriciens se demandent si de telles singularités ne pourraient pas se rencontrer dans notre univers, en dehors de toute référence à un trou noir. Ils sont incités à le faire dans le cadre des hypothèses découlant de la théorie de la gravité quantique. laquelle concerne le comportement des atomes et des particules.

Celles-ci changent la règle du jeu concernant la définition des singularités , selon Netta Engelhardt du MIT, théoricienne de la gravité quantique,, https://insidetrimeter.ca/fr/a-new-take-on-holography/).

Ce terme de gravité quantique désigne l’ambition actuelle visant à unifier la physique quantique et la physique classique, qui pour certains conduit à considérer que le monde classique émerge du monde quantique comme une projection holographique

https://insidetheperimeter.ca/fr/a-new-take-on-holography/

« Mais que sont exactement les singularités ? » demande Evita Verheijden de Harvard, fondatrice de la Black Hole initiative . »On ne comprend pas ce qu’elles désignent. On ne sait même pas comment les décrire ».

Certes, en 1965 le grand cosmologiste Roger Penrose avait montré que celles-ci sont des conséquences obligées de la relativité générale, se produisant chaque fois que la matière s’effondre en un trou noir d’une densité presque infinie, dont rien ne peut s’échapper, même la lumière.

Ceci est connu comme la « weak cosmic censorship hypothesis »  https://en.wikipedia.org/wiki/Cosmic_censorship_hypothesis suggérant que la nature interdit les singularités trop visibles ou nues. Le terme de censorship convient aux physiciens puisque le concept de singularités nues contredit le principe selon lequel la science peut essayer de prévoir ce qui arrive.

Cependant récemment des théoriciens ont démontré que des singularités nues pouvaient apparaître en conséquence de la relativité générale et des hypothèses sur la gravité. Ainsi dans la théorie des cordes, des « cordes noires » instables (black strings) comparables aux trous noirs pourraient apparaître et s’étendre dans l’univers en laissant derrière elles des singularités nues. D’autres théoriciens suggèrent que celles-ci peuvent aussi apparaître lorsque deux trous noirs entrent en collision.

Cependant, lorsque l’on regarde de nuit un ciel obscur, on n’aperçoit pas ces solidarités nues. Cela ne veut évidemment pas dire qu’elles n’existent pas. En 2023, Engelhardt et ses collègues du MIT ont essayé de comprendre les raisons de cette censure cosmique. Ils ont proposé une raison originale  (voir référence ci-dessous)

Plutôt que rechercher des preuves de singularités nues dans une théorie classique de l’espace temps, ils ont préféré situer cette recherche dans le cadre encore en développement de la gravité quantique, laquelle vise à réaliser une synthèse entre la physique esinsténienne et la mécanique quantique. ;

Nous n’en dirons pas plus ici, renvoyant le lecteur à l’article du New Scientist, 15 juin 2024 Inside the Event Horizon p.32


Voir Référence ci-dessous
https://doi.org/10.48550/arXiv.2402.03425

[Submitted on 5 Feb 2024 (v1), last revised 19 Mar 2024 (this version, v2)]

Cryptographic Censorship

Netta EngelhardtÅsmund FolkestadAdam LevineEvita VerheijdenLisa Yang

We formulate and take two large strides towards proving a quantum version of the weak cosmic censorship conjecture. We first prove « Cryptographic Censorship »: a theorem showing that when the time evolution operator of a holographic CFT is approximately pseudorandom (or Haar random) on some code subspace, then there must be an event horizon in the corresponding bulk dual. This result provides a general condition that guarantees (in finite time) event horizon formation, with minimal assumptions about the global spacetime structure. Our theorem relies on an extension of a recent quantum learning no-go theorem and is proved using new techniques of pseudorandom measure concentration. To apply this result to cosmic censorship, we separate singularities into classical, semi-Planckian, and Planckian types. We illustrate that classical and semi-Planckian singularities are compatible with approximately pseudorandom CFT time evolution; thus, if such singularities are indeed approximately pseudorandom, by Cryptographic Censorship, they cannot exist in the absence of event horizons. This result provides a sufficient condition guaranteeing that seminal holographic results on quantum chaos and thermalization, whose general applicability relies on typicality of horizons, will not be invalidated by the formation of naked singularities in AdS/CFT.

21/06/2024 L ‘Allemagne est dorénavant dans la course à la fusion nucléaire




Si l’Allemagne a renoncé à la fission nucléaire en ayant 
fermé début 2023 ses derniers réacteurs nucléaires, elle n’a pas complétement oublié l’atome. Le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (BMBF) soutient depuis longtemps la recherche sur la fusion au Max Planck Institute for Plasma Physics (IPP) à Garching et Greifswald, au Karlsruhe Institute of Technology (KIT) et au Research Center Jülich (FZJ).FZJ). « Ce financement institutionnel est complété par un deuxième pilier avec le nouveau programme de financement de projets », a déclaré le ministère.

Berlin est bien décidé à passer à la vitesse supérieure. « L’objectif du financement des projets est de faire avancer les technologies, les composants et les matériaux nécessaires à une centrale électrique à fusion dans une première phase d’ici le début des années 2030. Dans la deuxième phase, l’accent est mis sur l’intégration dans une conception de centrale électrique. Le programme de financement est ouvert à la technologie et aborde à la fois la technologie de confinement magnétique et la fusion laser », explique le gouvernement.

Pour réaliser la construction d’une centrale électrique à fusion le plus rapidement possible, le programme est essentiellement basé sur la recherche collaborative orientée vers l’application sous forme de partenariat public-privé. Les projets sur des sous-technologies spécifiques doivent être menés conjointement par des institutions de recherche, des universités et l’industrie. Le ministère a déclaré que cela permet de prendre en compte dès le début les nouvelles découvertes de la recherche et de transférer les connaissances à l’industrie nationale pour une utilisation ultérieure.

« La crise énergétique nous a montré à quel point un approvisionnement énergétique propre, fiable et abordable est important », a déclaré la ministre Bettina Stark-Watzinger. « Et la fusion est une énorme opportunité pour résoudre tous nos problèmes énergétiques. Grâce à son excellente infrastructure de recherche et à une industrie forte, l’Allemagne offre d’excellentes conditions pour la construction de centrales électriques à fusion »,

« C’est là que nous intervenons avec notre nouveau programme de financement – nommé Fusion 2040 et nous voulons ouvrir la voie à la première centrale électrique à fusion en Allemagne. Nous voulons construire un écosystème de fusion composé d’industrie, de start-ups et de science afin qu’une centrale électrique à fusion en Allemagne devienne une réalité le plus rapidement possible ».

« La course mondiale est lancée. Je voudrais que nous en Allemagne soyons parmi les premiers à construire une centrale électrique à fusion. Nous ne devons pas manquer cette énorme opportunité, surtout en ce qui concerne la croissance et la prospérité », a déclaré la ministre.

En septembre de l’année dernière, Stark-Watzinger a annoncé que l’Allemagne augmenterait considérablement le financement de la recherche sur la fusion avec un montant supplémentaire de 370 millions d’euros au cours des cinq prochaines années. Avec les fonds déjà réservés aux institutions de recherche, le ministère fournira plus d’un milliard d’euros pour la recherche sur la fusion d’ici 2028.

La fusion en France

Ceci dit l’Allemagne aura du mal à rattraper son retard.

En France, le  Commissariat à l’énergie atomique (CEA) participe à l’essor de la technologie, indique Phys.org. L’institut de recherche exploite le réacteur à fusion West (autrefois nommé Tore Supra) dans le sud de la France. Situé à Cadarache, tout près du projet ITER, le réacteur possède la particularité d’avoir une couche interne recouverte de  tungstène.

Durant six minutes, le réacteur West a entretenu un plasma contenant des atomes d’hydrogène (les isotopes deutérium et tritium) afin de former des atomes d’hélium afin de récupérer l’énergie de cette réaction. Il s’agit d’une durée record pour une chauffe à 50 millions de degrés pour l’infrastructure.

Surtout, le réacteur de type tokamak a bien géré les 1,15 gigajoules d’énergie injectée. La structure a ainsi généré 15 % d’énergie supplémentaire grâce à un plasma deux fois plus dense qu’au cours des précédents essais. C’est bien la combinaison d’une température élevée et d’une forte densité qui garantit la création d’une source d’énergie fiable et durable

Cependant, le revêtement du réacteur à fusion West en tungstène peut s’avérer extrêmement contraignant. Si ce revêtement présente l’avantage de laisser glisser le plasma, il peut également ruiner la création d’énergie. Car il suffirait qu’un fragment minime de tungstène se retrouve dans le plasma pour le refroidir fortement, en engendrant une altération de la réaction.

De plus si un revêtement au carbone est beaucoup plus facile à dompter au sein d’un réacteur tokamak, cette matière peut retenir le combustible. Cela représente un trop grand risque de voir les essais de longue durée devenir infructueux, notamment pour des modèles de grande taille.

Or, le réacteur West sert de base expérimentale pour le projet pilote Iter, censé devenir le plus grand tokamak au monde. Cette installation doit entrer en service en 2030 et aura pour objectif de démontrer la faisabilité de compter sur la fusion nucléaire comme source d’énergie propre, constante et durable.