Moscou en possède à peine 10 exemplaires et Kiev vient d’endommager l’un d’entre eux. L’Ukraine s’est félicité, dans des déclarations officielles de l’état-major général des forces armées publiées ce vendredi, d’avoir touché un avion-espion russe A-50.
Selon le communiqué publié sur Telegram, l’avion de détection et de contrôle aéroporté a été endommagé lors d’une frappe en profondeur sur le territoire russe le 17 mars sur l’usine de réparation d’avions n° 123 dans la ville de Staraïa Russa, à 800 km du front.
Un avion de 75 000 kg
Cette confirmation fait suite aux premiers rapports faisant état de dégâts aux infrastructures de l’installation, une évaluation plus poussée indiquant désormais qu’un avion de grande valeur a été touché. L’A-50 se trouvait à l’usine pour maintenance et « attendait peut-être une modernisation », selon l’état-major ukrainien.
S’il possède plusieurs appellations, l’A-50, ou Iliouchine A-50 ou Beriev A-50, ou encore « Mainstay » selon l’OTAN, est un modèle « très rare » d’avion espion, de fabrication russe. Moscou en possède moins d’une dizaine, chacun étant estimé à presque 300 millions d’euros, selon l’Institut international d’études stratégiques.
Dans le conflit russo-ukrainien, les avions A-50 jouent un rôle central dans le soutien des opérations aériennes, notamment la détection des aéronefs ukrainiens, le guidage des frappes de missiles et l’amélioration de la connaissance de la situation pour les forces russes. Tout dommage subi par ces appareils est considéré comme ayant des conséquences opérationnelles majeures.
Depuis son premier vol en 1978, l’A-50, modernisé depuis avec des systèmes numériques, est un mastodonte des airs, d’environ 50 mètres de long et de large pour 75 000 kg. Il est notamment capable, malgré sa vitesse relativement lente (800 km/h) de détecter plus d’une centaine de cibles ennemies comme des avions jusqu’à 400 km, grâce à son radar « Shmel ».
