12/03/2026 Rencontre de la Terre avec une météorite interplanétaire

Dimanche 8 mars, aux alentours de 18 h 55, une boule de feu suivie d’une traînée lumineuse a traversé le ciel d’Europe. Se déplaçant du sud-ouest vers le nord-est, elle a été observée par de nombreuses personnes en Belgique, en France, en Allemagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas.

14 juin 2025, village de Kamperland, aux Pays-Bas : alors que l’orage menace au bord de la mer du Nord, une vacancière voit apparaître à environ 5 mètres d’elle une lumière orange de la taille d’une balle de tennis durant 2 à 3 secondes.

Peu après le22 juin 2025, le tonnerre gronde au-dessus d’une zone résidentielle de Hambourg, quand soudain une habitante se retrouve face à un objet éblouissant flottant à environ 2,5 mètres du sol – il semble émettre un “bruit métallique”douloureux pour les oreilles.

Les journaux sont emplis de ces récits de foudre en boule, que l’on pourrait résumer ainsi : le surgissement pendant un orage – mais parfois aussi par temps clair – d’une boule lumineuse statique, ou se déplaçant à l’horizontale, bruyante ou pas, d’environ 10 à 20 centimètres de diamètre, émettant une lumière comparable à celle d’une ampoule à incandescence de 100 watts pendant plusieurs secondes.

Un phénomène qui se produit aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des maisons ou des avions ; la boule de feu est susceptible de foudroyer des gens, mais aussi de traverser des fenêtres, laissant derrière elle des fissures circulaires. Des témoignages souvent sincères, mais difficilement exploitables par les scientifiques qui tentent de comprendre ce phénomène, réduits à analyser avec un œil suspicieux les photographies d’amateurs ou les clichés pris par les systèmes de détection de météorite.

On dispose de très peu de vidéos de valeur scientifique sur ce phénomène par nature imprévisible et éphémère”, selon Alexander Keul, chercheur en psychologie environnementale à l’université de Salzbourg, en Autriche. “Je ne connais aucune photographie ou vidéo qui fasse consensus au sein de la communauté scientifique,  déplore Karl Stephan, chercheur en physique atmosphérique à l’université d’État du Texas. J’ai récemment vu les images d’une caméra de vidéosurveillance dans le Montana, filmées en août 2023, qui semblaient bien montrer une foudre en boule, mais après analyse, cela ressemble à du métal en fusion provenant d’une ligne électrique. Nous aurions besoin de données objectives, d’analyses de spectres lumineux… Et les tentatives de reconstitution en laboratoire sont pour l’instant incomplètes.”

Les physiciens ont tenté toutes sortes d’explications de ces “foudres globulaires”, de l’oxydation des nanoparticules de silicium générées par les éclairs frappant le sol, jusqu’aux trous de vers spatio­temporels. “Plus de vingt théories différentes ont été proposées, mais aucune d’entre elles ne fonctionne complètement. Je penche actuellement pour la désintégration de particules subatomiques rares, qui libèrent spontanément une petite partie de leur masse sous forme d’énergie, confie Karl Stephan. Mais au cours de ma carrière, j’ai eu plusieurs hypothèses privilégiées… et cela pourrait encore changer.”

Les témoins du phénomène ont également entendu une déflagration, un peu comme un bang supersonique, comme le montrent de nombreuses publications sur les réseaux sociaux.

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Un objet lumineux d’une sorte d’« étoile filante très brillante »

Contrairement aux premières inquiétudes, contexte international oblige, il ne s’agissait ni d’un missile, ni de débris spatiaux, mais d’un météore, explique l’agence spatiale européenne (ESA), qui enquête sur le phénomène.

L’équipe Planetary Defence du programme de sécurité spatiale de l’ESA estime que le bolide à l’origine du météore (le phénomène lumineux observé) mesurait jusqu’à quelques mètres de diamètre. « Des objets de cette taille frappent la Terre à une fréquence variant de quelques semaines à quelques années », précise-t-elle.

L’objet a en tout cas échappé aux grands télescopes qui scrutent le ciel nocturne. Mais « ce n’est pas inhabituel », selon l’ESA. « À ce jour, seuls dix objets spatiaux naturels ont été détectés avec succès avant leur entrée dans l’atmosphère. Les petits objets qui s’approchent de la Terre depuis des régions du ciel plus lumineuses et visibles de jour (même au crépuscule, comme dans le cas présent) échappent à la plupart des observateurs ».

À son entrée dans notre atmosphère, le bolide s’est en tout cas fragmenté en plusieurs morceaux, des météorites, dont certaines se sont notamment écrasées sur le toit d’un immeuble dans la ville allemande de Coblence-Güls, selon Bild. Si aucun blessé n’est à déplorer, l’impact a laissé dans la toiture un trou de 30 centimètres.

D’après le réseau Meteorite Belgium, qui a pu photographier des fragments, ces derniers semblent caractéristiques des météorites HED (pour Howardites-Eucrites-Diogénites), des roches magmatiques assez similaires à celles que l’on peut trouver sur Terre.

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