06/03/2026 Origine des primates

Les primates constituerait l’une des plus anciennes lignées de ordre, dont l’apparition daterait de 80 à 65 millions d’années. Issus d’un ancêtre vraisemblablement insectivore (dont aucun fossile n’atteste l’existence à l’heure actuelle) qui évoluait au Crétacé supérieur, les Primates ont connu une radiation évolutive importante tout au long du Cénozoïque. Plusieurs divergences successives ont conduit à la formation des cinq grands ensembles de primates actuels : les lémuriens, les loris et galagos, les tarsiers, les singes du Nouveau Monde (Platyrrhiniens), et ceux de l’Ancien Monde (Catarrhiniens).

Par une curieuse ironie du sort, il revient au naturaliste français Georges Cuvier l’honneur d’avoir découvert le premier primate fossile. En effet, adhérant au fixisme comme la majorité de ses contemporains, la thèse du transformisme ou théorie évolutionniste à peine naissante, avait déclaré en 1812 : « L’homme fossile n’existe pas ». En 1821, il décrit l’espèce Adapis parisiensis, un fossile extrait des carrières de gypse de Montmartre, qu’il prend par erreur pour un ongulé (Adapis signifie « vers Apis », le taureau sacré égyptien)[]. La véritable nature de ces ossements ne sera comprise que près de quatre-vingts ans plus tard.

Le premier fossile explicitement attribué à un primate fut découvert en 1836 dans les Siwaliks, en Inde, par deux ingénieurs de l’armée britannique, William E. Baker et Henry Marion Durand. Il s’agissait d’un demi-maxillaire d’un singe de la taille d’un orang-outan, mais dont la dentition était semblable à celle des semnopithèques. Ce fossile est désormais reconnu comme l’holotype de l’espèce Procynocephalus subhimalayanus, un ancêtre probable des macaques.

Un an plus tard, en 1837, le paléontologue Édouard Lartet découvre à Sansan (Gers) les restes d’un grand singe, proche des gibbons. Nommé par la suite Pliopithecus antiquus, ce fossile met la communauté scientifique en émoi puisqu’il semble à la fois confirmer l’idée d’évolution et indiquer que des singes primitifs évoluaient autrefois sous des latitudes tempérées. Devant l’Académie des SciencesIsidore Geoffroy Saint-Hilaire proclame que « la découverte de la mâchoire fossile du singe de M. Lartet […] parait appelée à commencer une ère nouvelle du savoir humanitaire »[2]. Lartet se permet d’affirmer que « l’existence paléontologique de l’homme est une supposition qui n’a rien d’invraisemblable », ouvrant ainsi la voie à l’acceptation de l’existence de l’homme fossile

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