La Chine a réussi à réduire sa pollution de 50% en 12 ans.© Nick Hui
Des climatologues ont analysé les effets des politiques anti-pollution chinoises sur les vingt dernières années. Si le pays a atteint ses objectifs, ceux-ci ont entraîné un réchauffement inattendu de la planète.
En 2013, Pékin a pris une décision claire : éradiquer la pollution de l’air. Finis les brouillards toxiques et les épaisses fumées qui, sur les photographies du pays, choquaient le monde entier. Les centrales à charbon encore en activité ont été pourvues d’épurateurs, l’industrie a été soumise à d’autres standards et les règles en matière de pollution se sont affinées. Résultat : le pays a réduit sa pollution atmosphérique de 50 %. Mais cela a entraîné des effets indésirables.
En réduisant de moitié la pollution atmosphérique, la Chine a éliminé deux tiers du dioxyde de soufre présent dans l’air. Selon une étude publiée dans Geophysical Research Letters en février 2026, cela a déjà des conséquences sur la température de la planète… mais pas dans le bon sens.
Les aérosols ont des effets refroidissant sur la Terre
Réduire le taux de dioxyde de soufre dans l’air, c’est exactement ce vers quoi les politiques environnementales chinoises tendaient. En effet, ce gaz contribue à créer des pluies acides et des brouillards épais. Mais il est aussi une pièce essentielle dans le refroidissement de la planète. Dans l’atmosphère, le dioxyde de soufre forme des aérosols qui reflètent les rayons du soleil et les renvoient vers l’espace, ce qui évite à la Terre de trop se réchauffer.
Selon les chercheurs, la réduction du taux de dioxyde de soufre en Chine a provoqué un réchauffement de la planète équivalent à un tiers du réchauffement dû aux gaz à effet de serre. Plus précisément, les spécialistes ont calculé que les politiques chinoises ont entraîné une hausse de 0,06 ou 0,07 °C entre 2007 et 2025. Cela pourrait paraître dérisoire mais c’est en réalité 12 % du réchauffement global sur cette période.
Une découverte qui donne une nouvelle perspective aux études climatiques
Les chercheurs ont modélisé les émissions de gaz à effet de serre et d’aérosols dans l’atmosphère asiatique pour tenter de mieux comprendre comment le changement climatique évolue. Si la Chine a atteint ses objectifs contre la pollution, l’Inde, elle, a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre sur la même période. Une manière de rappeler et de démontrer que les actions des nations ont des effets bien au-delà de leurs frontières.
Ces résultats ne sont évidemment pas la preuve que la pollution était une bonne chose et qu’il faudrait la voir revenir. En revanche, cela permet de rappeler que le climat est une science complexe. Les modèles futurs devront donc désormais prendre en compte les effets temporaires de la disparition des aérosols en plus des effets durables de la réduction des émissions de gaz à effet de serre
