La pyramide de Khéops n’aurait peut-être pas été érigée sous le règne du pharaon éponyme. En comparant l’érosion de différentes pierres, un ingénieur en conclut qu’elle pourrait remonter à plusieurs dizaines de milliers d’années plus tôt.
La grande pyramide de Gizeh, ou pyramide de Khéops, serait-elle plus ancienne qu’on ne le pense ? Une nouvelle étude de l’Université de Bologne, publiée jeudi 29 janvier, vient relancer le débat. L’ingénieur italien Alberto Donini y remet en question la datation qui situe sa construction vers 2 560 avant notre ère, sous le règne du pharaon Khéops. Il estime que l’érosion visible à la base du monument pourrait indiquer une origine antérieure, qui remonterait « possiblement jusqu’à la fin du Paléolithique ».
Alberto Donini s’appuie sur une méthode qu’il appelle la « méthode d’érosion relative ». Elle consiste à comparer l’usure de surfaces calcaires similaires, exposées au même environnement, mais sur des durées différentes.
Des pierres exposées depuis plus de 40 000 ans ?
À Gizeh, les blocs de parement qui recouvraient autrefois la pyramide ont été retirés au Moyen Âge, notamment après le séisme de 1 303. Certaines pierres sont donc présentes sur le site depuis environ 675 ans, alors que d’autres le seraient depuis bien plus longtemps, depuis son édification. « La différence d’érosion entre ces surfaces permet d’estimer le temps d’exposition des pierres les plus anciennes », explique l’auteur.
Dans son rapport, il analyse douze points de mesure répartis autour de la pyramide. À plusieurs endroits, les surfaces anciennes présentent une dégradation « nettement plus marquée » que celles récemment mises à nu. L’usure observée dans certains recoins correspondrait à plus de 5 700 ans d’exposition, mais d’autres points indiqueraient plus de 20 000 ans, et parfois plus de 40 000 ans, avec une moyenne « autour de 22 900 avant notre ère ».
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Le chercheur insiste sur le fait que son approche ne cherche pas à fournir de date exacte, mais plutôt un ordre de grandeur. En tenant compte des écarts entre les mesures, il propose une fourchette large. « Il y aurait 68 % de chances que la construction se situe entre environ 9 000 et 36 000 avant notre ère », conclut Alberto Donini, qui précise qu’il s’agit d’une étude préliminaire.
Ses résultats s’opposent drastiquement à la chronologie défendue par l’égyptologie classique, basée sur les textes, les inscriptions, les outils retrouvés sur le site et les datations au carbone 14. Alberto Donini avance ici l’idée que la pyramide aurait pu exister avant Khéops et avoir été réutilisée ou restaurée à son époque, une hypothèse qui n’est pas nouvelle et a déjà été maintes fois rejetée par la communauté scientifique.
