13/02/2026 Les intraterrestres

Sous la surface de la Terre, dans le noir complet, des micro-organismes, presque immobiles, attendent des séismes ou des éruptions pour sortir d’un sommeil qui dure parfois des millions d’années.

Enfoui dans la croûte terrestre et les sédiments marins, se cache un royaume microscopique ignoré de tous. Ou presque. Ces « intraterrestres », comme aime à les appeler la biologiste Karen G. Lloyd de l’USC Dornsife, vivent dans les conditions les plus extrêmes que peut offrir la planète bleue, notamment l’obscurité la plus totale. Ces microbes, considérés comme endormis, survivent dans cet état à travers des centaines de milliers, voire des millions d’années, mais pourraient bien un jour se réveiller.

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Ce qui intéresse les scientifiques, pour l’heure, est de savoir comment ces organismes continuent de se développer pendant des millénaires alors qu’ils sont plongés dans un long sommeil.

Réglés sur l’heure géologique

Pour comprendre ces formes de vie, il faut changer d’échelle de temps, explique Karen G. Lloyd dans son ouvrage Intraterrestres : À la découverte de la vie la plus étrange sur Terre, publié par l’université de Princeton. La chercheuse rappelle que, pour eux, le jour et la nuit n’ont aucun sens. Enterrés trop profondément dans les entrailles de la Terre, ils ne perçoivent ni le soleil ni les saisons. En revanche, ils pourraient être sensibles à des rythmes beaucoup plus lents tels que le déplacement des plaques tectoniques, la formation ou l’affaissement d’une île, ou l’apparition progressive de fissures dans la croûte terrestre.

« La biologie que j’ai apprise à l’école considérait ces événements comme des moteurs de l’évolution d’une espèce, et non d’un individu. Nous savons pourtant que les individus sont également capables de changer en fonction des rythmes de leur environnement. La fourrure d’un renard arctique (Vulpes lagopus) passe par exemple du blanc au brun lorsque la neige fond chaque printemps. Des rythmes sont bien suivis par les personnes et les animaux », expose l’auteure de cette vaste étude.

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Un autre secret d’immortalité

Ces cellules pourraient être ainsi prédisposées, sur le plan évolutif, à « compter sur un phénomène aussi lent que l’engloutissement d’une île » sur plusieurs millions d’années, de la même manière que notre journée, à nous humains, est rythmée par le lever et le coucher du soleil. Mais comment ces microbes, qui se divisent très rarement, font-ils pour se reproduire ? La clé résiderait dans leur adaptation, lente mais continue, à ce mode de vie, qui impose notamment des changements physiologiques.

Ces microbes ont des métabolismes « ultra-lents » et produisent des enzymes adaptées à l’environnement pauvre de ce sous-sol, signe qu’ils sont faits pour cette vie au ralenti.

« Peut-être attendent-ils quelque chose qui n’arrivera que des milliers d’années plus tard », suggère Karen Lloyd e

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